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Liste grise du GAFI: la Côte d’Ivoire et la RDC signent leur sortie

C’est une double victoire pour l’Afrique. À l’issue de sa plénière, le GAFI a retiré Monaco, la Bulgarie, la RDC et la Côte d’Ivoire de sa «liste grise», ces pays ayant achevé leurs plans d’action contre le blanchiment d’argent.

Pour Abidjan, c’est l’aboutissement de deux ans d’efforts. La Côte d’Ivoire s’était engagée en octobre 2024, avec le GIABA, à corriger ses défaillances. Elle a ensuite satisfait aux exigences de son plan d’action grâce à des réformes institutionnelles, législatives, réglementaires et opérationnelles. En juin dernier, le GAFI avait déjà jugé le plan «pour l’essentiel achevé» et approuvé l’envoi d’une mission sur place.

Kinshasa, elle, sort d’une longue épreuve. Placée sous surveillance renforcée en octobre 2022, la RDC est retirée de la liste après quatre ans. Son ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde, salue une «avancée historique». Il en attend notamment de meilleures relations avec les banques correspondantes et des transactions internationales plus fluides.

Au-delà de ces deux cas, le bilan de la plénière est favorable: aucun pays n’entre sur la liste, qui passe de 22 à 18 juridictions. La liste noire reste inchangée, avec l’Iran et la Corée du Nord.

Reste à ne pas relâcher l’effort. Le retrait ne signifie pas la fin des efforts engagés, et il ne fait pas disparaître les risques liés à la criminalité financière. Pour les deux pays, l’enjeu est désormais de transformer ce succès en confiance durable auprès des banques et des investisseurs.

 

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Tourisme tunisien: les atouts sont là, les connexions peinent à suivre

La Tunisie ne manque ni de patrimoine, ni de richesses naturelles, ni d’infrastructures touristiques. C’est ce qui ressort du Travel & Tourism Development Index (TTDI) 2026 du Forum économique mondial (WEF),  analysé par l’IACE, qui place cette destination au-dessus des moyennes nord-africaine et MENA pour ses ressources culturelles (3,4), naturelles (3,1) et ses services et infrastructures touristiques (3,3).

Elle fait également mieux que la moyenne mondiale pour ses ressources culturelles et naturelles, dont les scores s’établissent respectivement à 2,5 et 3. Quant à la compétitivité-prix, elle constitue son principal point fort, avec un score de 5,2, supérieur à la moyenne MENA (4,81), mais inférieur à celle de l’Afrique du Nord (5,60).

Derrière ces indicateurs, il y a donc davantage qu’un état des lieux des ressources: leur capacité à devenir de véritables leviers pour le tourisme entre aussi en ligne de compte.

C’est plus nuancé dans les moyens de faciliter l’accès à la destination et de mieux exploiter son potentiel touristique. Le transport aérien ne récolte que 2,2 points, contre 3,83 en Afrique du Nord et 4,62 dans la région MENA. Les infrastructures terrestres et portuaires affichent 2,5, là encore en dessous des moyennes régionales (3,13 et 3,77). Le numérique n’est pas mieux loti: avec 3,8 pour la préparation aux TIC, la Tunisie reste sous les moyennes nord-africaine (4,47), MENA (5,33) et mondiale (5,2). La priorisation du tourisme reste également en retrait. Cet indicateur, qui couvre notamment les dépenses publiques, la qualité des données et la stratégie de marque, s’établit à 3,4, contre 4,82 et 4,47 dans les deux régions, et 4,5 à l’échelle mondiale. Même la sécurité, qui constitue pourtant un point d’appui, ne dépasse pas 4,8, contre 5,87 en Afrique du Nord, 6,09 dans la région MENA et 5,7 dans le monde.

La diversification de l’attractivité constitue enfin un autre levier. Les ressources associées aux déplacements non liés aux loisirs: rayonnement des villes, grandes entreprises et établissements d’enseignement supérieur, affichent un score de 2,5, proche des moyennes régionales, mais inférieur à la moyenne mondiale (2,7). Si ces facteurs ne dépendent pas uniquement de la politique touristique, ils peuvent néanmoins contribuer à attirer d’autres profils de visiteurs et à élargir les motifs de déplacement vers la Tunisie.

Le véritable enjeu ne réside donc pas tant dans le volume des actifs disponibles que dans leur capacité à générer de la valeur économique. Dans cette perspective, l’IACE préconise une diversification de l’offre selon les segments et les territoires, afin d’accroître les dépenses touristiques, de prolonger les séjours et d’atténuer les effets de la saisonnalité. Il propose également une démarche concertée, associant collectivités, entreprises et investisseurs, pour faire émerger des produits commercialisables à partir de ressources encore insuffisamment exploitées.

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La connectivité aérienne en Tunisie creuse l’écart avec la région en matière de tourisme

 

Chaque année, le Forum économique mondial (WEF) évalue, à travers l’indice de développement du voyage et du tourisme (TTDI), les conditions de développement du tourisme dans 110 économies. Sécurité, coût de la vie, infrastructures, connectivité numérique, patrimoine naturel et culturel: autant de critères pris en compte dans cet indice. Celui-ci ne mesure pas les performances touristiques en termes d’arrivées ou de recettes, mais apprécie la qualité de l’environnement propice au développement durable du secteur et à sa résilience face aux crises. La notation est établie sur une échelle de 1 à 7.

L’édition 2026 met en évidence d’importants déséquilibres entre les différents piliers évalués en Tunisie. Si la compétitivité-prix affiche un score de 5,2, les infrastructures de transport aérien ne dépassent pas 2,2, soit le résultat le plus faible parmi les piliers examinés.

Au-delà de ce faible niveau, c’est surtout la stagnation du score tunisien qui interpelle: après 2,2 en 2019, puis 2,3 en 2024, il revient à 2,2 en 2026. Dans le même temps, la moyenne mondiale du pilier a progressé de 7,2% entre 2024 et 2026, tandis que 92% des économies évaluées ont amélioré leurs résultats. La Tunisie ne régresse donc pas nécessairement en valeur absolue, mais décroche relativement à des pays qui accélèrent leurs efforts.

Ce décrochage est particulièrement visible à l’échelle régionale. Le score moyen atteint 3,83 en Afrique du Nord et 4,62 dans l’ensemble MENA, soit des écarts respectifs de 1,6 et 2,4 points avec la Tunisie. Il s’agit du différentiel régional le plus important parmi les piliers étudiés. À l’échelle mondiale, les Émirats arabes unis occupent la première place sur cette dimension.

Les infrastructures terrestres et portuaires constituent un autre point de fragilité, avec un score de 2,5, contre 3,13 en Afrique du Nord et 3,77 dans la région MENA. La moyenne mondiale étant restée stable, ce décalage traduit surtout un déficit structurel de performance.

Ces résultats ne suffisent toutefois pas à établir un lien de causalité direct entre infrastructures et performances touristiques. Ils révèlent plutôt des insuffisances persistantes en matière d’accessibilité. Celle-ci dépend également, comme le souligne le WEF, des politiques de visas et de l’efficacité de la gestion des frontières.

Dans ce contexte, l’IACE recommande de cartographier précisément les déficits de connectivité par marché émetteur et par territoire, et de conditionner les incitations au développement de la desserte aérienne à des résultats concrets et mesurables.

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Tourisme: la Tunisie maintient son score, mais perd du terrain face à ses concurrents

La Tunisie recule dans le classement 2026 du Travel & Tourism Development Index (TTDI) du Forum économique mondial. Elle se positionne désormais au 82e rang sur 110 économies, avec un score de 3,62 sur 7, contre la 78e place en 2024 et la 77e en 2019. Cette baisse doit toutefois être nuancée, car les chiffres montrent une réalité plus complexe.

En réalité, le score de la Tunisie est resté quasiment stable : 3,58 en 2019, contre 3,62 en 2024 et en 2026. Les données recalculées selon la méthodologie 2026 du WEF (Forum économique mondial) montrent ainsi que le pays n’a pas perdu de terrain en valeur absolue. C’est surtout la progression des autres pays qui explique son recul relatif.

Ce recul s’explique notamment par la dynamique mondiale. Entre 2024 et 2026, 101 économies sur 110 (92 %) ont amélioré leur score, faisant progresser la moyenne d’environ 2,1 %, soit sa plus forte hausse depuis 2019. Restée au même niveau, la Tunisie figure parmi les neuf économies sans progression. Son recul au classement traduit donc avant tout un décalage avec le rythme de progression observé ailleurs.

Il faut toutefois bien comprendre ce que mesure cet indice. Le TTDI ne renseigne ni sur le volume des arrivées, ni sur les dépenses des touristes, ni sur les recettes touristiques. Il évalue plutôt les conditions dans lesquelles le secteur évolue et les politiques mises en œuvre pour en assurer un développement durable et résilient. Cette évaluation s’appuie sur 17 piliers et 102 indicateurs. Le 82e rang ne correspond donc pas à un classement des destinations selon leur fréquentation touristique.

La comparaison avec les autres économies de la région confirme la stabilité du classement tunisien. La Tunisie reste 10e sur 12 pays de la zone MENA, à 0,36 point de la moyenne régionale (3,98), comme en 2024. Pourtant, la moyenne de la région a progressé de 2,5 %. Le Maroc se distingue par une hausse de 5,5 % et un gain de sept places, tandis que l’Algérie progresse de 3,6 % et gagne quatre rangs.

La lecture du classement appelle néanmoins une précaution. Les scores sont très resserrés : 0,45 point seulement sépare le 63e rang (3,97) du 89e (3,52). De faibles variations peuvent donc modifier sensiblement le classement. Sur le fond, la tendance reste néanmoins claire : entre 2019 et 2026, la Tunisie progresse de 1,1 %, contre au moins 3,4 % pour chacune des sept économies de comparaison retenues par l’IACE.

L’attention doit donc moins porter sur le rang obtenu que sur les conditions nécessaires aux progrès du secteur.

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ESG-Mena: des entreprises qui s’activent loin des projecteurs

Les entreprises de la région Mena réalisent en moyenne neuf bilans ESG par an, témoignant d’une activité soutenue. Mais si leurs efforts sont bien réels, ils restent peu visibles à l’extérieur, les résultats étant rarement partagés avec le grand public. Comment expliquer ce décalage entre l’ampleur des actions menées et leur faible visibilité?

Dans la région Mena, l’ESG s’impose désormais comme un enjeu prioritaire pour les entreprises. C’est ce qui ressort du Mena ESG Report 2025 de Cicero & Bernay, réalisé sur la base d’une enquête auprès de 361 dirigeants issus de plus de 20 secteurs. Ainsi, 99% d’entre elles priorisent au moins deux des trois piliers (environnemental, social, gouvernance), et 52% les traitent au même niveau. Leur engagement remonte à huit ans en moyenne, même si une entreprise sur cinq s’est lancée il y a moins de deux ans.

Les motivations diffèrent d’un pays à l’autre: la réglementation constitue le principal facteur en Arabie saoudite et en Égypte (36% dans les deux cas), tandis que la rentabilité à long terme prédomine au Koweït (41%) et à Oman (35%). Au Liban, c’est davantage la dimension éthique qui motive les répondants (36%).

Reste toutefois à déterminer la mesure dans laquelle ces efforts sont véritablement reconnus et valorisés. En effet, 99% des entreprises affirment mesurer leur impact, mais les méthodes diffèrent. Les notations et indices ESG sont cités par 45% d’entre elles, les retours qualitatifs des parties prenantes par 42% et les indicateurs internes par 37%. Seules 31% s’appuient sur des référentiels comme GRI (Global Reporting Initiative), SASB (Sustainability Accounting Standards Board) ou TCFD (Task Force on Climate-related Financial Disclosures). On observe également des différences selon les secteurs: la finance et l’IT privilégient les chiffres, tandis que la construction et l’ingénierie accordent plus d’importance aux retours qualitatifs.

Les entreprises assurent un suivi assez fréquent de cette mesure, avec une moyenne de 8,7 communications par an. Environ deux tiers d’entre elles publient au moins chaque trimestre, tandis que 45% communiquent tous les mois. Néanmoins, ces communications restent principalement destinées à des acteurs internes, tandis que les publications externes sont encore peu fréquentes et souvent irrégulières. À noter que le dialogue avec les parties prenantes reste également limité: seules 38% des entreprises organisent des échanges réguliers pour recueillir leurs avis et ajuster leur démarche.

Selon le rapport Mena ESG Report 2025, la mesure de l’impact ESG dans la région se heurte à plusieurs difficultés, sans qu’aucune ne se démarque véritablement des autres. Les obstacles les plus fréquemment cités sont le manque d’organisations tierces pour accompagner les entreprises (36%), l’insuffisance des moyens de mesure (34%), le manque de clarté dans la répartition des responsabilités liées aux projets (30%) et l’absence d’indicateurs standardisés (29%). La situation est particulièrement marquée en Jordanie, où 68% des entreprises pointent un manque de ressources et 64% un accompagnement extérieur insuffisant. Un constat plus encourageant ressort toutefois de l’étude: les entreprises qui font appel à des prestataires externes rencontrent nettement moins de difficultés, ce qui souligne l’apport de l’expertise extérieure dans la mise en œuvre de leur démarche de durabilité.

À l’horizon des douze prochains mois, 47% des répondants envisagent de préserver un équilibre entre les trois piliers, tandis que la priorité accordée à l’environnement recule de 8%. La mesure de l’impact reste le défi majeur en Jordanie (44%), aux Émirats arabes unis (44%) et à Oman (42%).

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