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Lutte contre la corruption : avec une telle détermination, l’heure de la victoire sonnera bientôt

Par Kamel ZAIEM

Fidèle à ses principes, le président de la République, Kaïs Saïed, ne lâche pas prise dans sa guerre contre la corruption. Face aux tares qui grippent le fonctionnement des services publics et face à des mafias qui font de la résistance et qui défient tous les citoyens en leur imposant leurs sales manœuvres qui ont causé une injustifiable hausse des prix, il va falloir passer à la vitesse supérieure pour répondre aux attentes du peuple et c’est ce que compte faire le chef de l’Etat pour les contrecarrer et les éliminer.

C’est un secret de Polichinelle que de révéler que la corruption sévit depuis de longues années en Tunisie, compromettant son développement économique, érodant la confiance du public et entravant les progrès à tous les niveaux.

Devant un tel constat qui peine à changer, le ton vient d’être donné pour renforcer la lutte contre les corrompus et les barons de la corruption. Le président Kaïs Saïed a toujours fait preuve d’une grande détermination à démanteler les lobbies qui corrompent les institutions du pays, insistant sur le fait que la lutte contre ces groupes d’intérêts est et restera une priorité pour l’Etat.

Et c’est avec cette même détermination que Saïed est revenu à la charge. Le président de la République, Kaïs Saïed, a présidé,  une réunion du Conseil des ministres au palais de Carthage. Selon un communiqué de la présidence de la République, le chef de l’État a consacré le début de cette réunion à plusieurs questions liées à la situation sociale et économique du pays, notamment le fonctionnement des services publics et la hausse des prix.

Il a souligné la nécessité de répondre à l’ensemble des revendications du peuple tunisien et de surmonter les difficultés auxquelles celui-ci est confronté, quelle qu’en soit l’origine.

Le président de la République a affirmé, à ce propos, que «c’est la volonté ferme et sincère qui finira par triompher». Sachant que la volonté du peuple est inébranlable et finira toujours par s’imposer.

Kaïs Saïed a également réaffirmé sa détermination à poursuivre la lutte contre la corruption, assurant que le peuple tunisien recouvrera l’intégralité de ses droits. Il a estimé que l’importance des responsabilités exigeait de chacun d’adopter «l’esprit d’un combattant sur le front de la confrontation», tout en affirmant que les attentes du peuple tunisien ne seraient pas déçues, quelles que soient l’ampleur des difficultés et l’intensité de la bataille.

Le chef de l’État a souligné que le peuple tunisien avait fait le choix irrévocable de la liberté, estimant que les accusations portées contre lui étaient liées à sa revendication de liberté et d’émancipation.

Il a affirmé que toutes les tentatives visant à entraver ce processus se heurteraient à la volonté populaire, ajoutant que «l’histoire avance et qu’aucun retour en arrière n’est possible».

 

De nouvelles décisions en route

D’ailleurs, cette détermination à sévir contre la corruption ne date pas d’aujourd’hui. Saïed l’a annoncé depuis un bon bout de temps : «La lutte anti-corruption tout comme l’instauration de la justice sont notre «choix ultime et irréversible et les efforts se poursuivent sans relâche afin que l’Etat et ses différents services publics soient à la hauteur des attentes des citoyens».

Pour revenir au dernier conseil des ministres, il y a lieu de rappeler que le président de la République a annoncé que de nouvelles décisions seraient prises, précisant qu’il ne s’agirait pas de simples déclarations ou communiqués.

Il a estimé que «le communiqué le plus éloquent sera celui qui interviendra après la victoire», malgré ceux qui, selon lui, imaginent que ce processus est voué à l’échec ou misent sur les pièges qu’ils auraient tendus et les conflits qu’ils auraient orchestrés.

Il a également évoqué des manœuvres qui seraient menées, selon ses propos, soit de leur propre initiative, soit en réponse à des «injonctions de parties qui nourrissent encore des ambitions de domination et de colonisation».

En conclusion, Kaïs Saïed a affirmé que «notre grand peuple a exprimé sa volonté, continue de l’exprimer et la verra se concrétiser», assurant que «l’heure de la victoire viendra, malgré ceux qui ont conspiré et continuent de conspirer pour lui nuire».

 

Un état des lieux effrayant

Selon Transparency International, l’indice de perception de la corruption de la Tunisie stagne depuis plusieurs années entre 39 et 40 points dans la moyenne basse à l’échelle mondiale.

C’est dire que la corruption a pris une place importante dans la vie quotidienne de la plupart des Tunisiens. Les conséquences de la corruption à grande échelle sur la Tunisie se font ressentir sur l’économie du pays. Par exemple, le surendettement, la baisse du pouvoir d’achat, des pertes financières massives pour l’État, la fuite des cerveaux et la perte en valeur des diplômes sont directement ou indirectement causés par la corruption massive.

Les données de certaines institutions spécialisées indiquent que le score de la Tunisie, qui était supérieur à la moyenne des 50 points au début des années 2000, a dégringolé à 43 points au début des années 2010 et à son plus bas niveau aujourd’hui… Sur les 180 pays couverts régulièrement depuis 2021, la Tunisie a perdu 22 places au classement mondial et 7 places au classement africain.

«Sur les 180 pays couverts par la mesure de Transparency International, 148 affichent une corruption qui a stagné ou s’est aggravée, dont la Tunisie.

Ces mêmes institutions rappellent qu’il n’existe aucun remède miracle contre la corruption et que certains éléments liés à l’économie politique locale et au cadre juridico-institutionnel sont essentiels à la réussite de toute politique anticorruption. Pour une lutte efficace contre la corruption, la volonté politique adossée uniquement à des mesures coercitives ne peut pas réussir. L’exemple tunisien en est la preuve. Pour juguler ce phénomène destructeur sur le plan socioéconomique, il est impératif de réformer les institutions et en premier lieu l’administration fiscale.

 

Un engagement collectif

Outre le renforcement des lois et des réglementations, il est aussi important de garantir la transparence des informations financières, budgétaires et administratives pour qu’elles soient accessibles au public. La transparence décourage les actes de corruption. Il est capital d’user de technologies, de dématérialiser un maximum d’opérations et d’actes administratifs et de mettre en place des systèmes de paiement électroniques pour réduire les opportunités de corruption.

Simplifier les procédures administratives et réduire les interactions humaines dans les processus bureaucratiques pour limiter les possibilités de corruption est le moyen le plus efficace pour mettre fin aux tentations de gain d’argent facile et pour couper la route devant les barons de la corruption.

C’est dire que cette guerre menée contre la corruption ne peut pas vaincre ce mal sans le concours de toutes les forces vives du pays. Le président de la République, à travers son courage et sa détermination, est en train de donner l’exemple et de consentir des sacrifices pour aller au bout de ses intentions et de ses objectifs qui visent à libérer le pays de ces mafias, mais il va falloir faire preuve d’union sacrée contre ce phénomène pour assurer plus de chances de réussite. Tous les Tunisiens sont concernés par cette guerre qui ne peut être gagnée que collectivement. Et c’est au niveau de la mentalité que beaucoup de choses doivent changer pour mettre en échec toutes les tentatives des spécialistes de la corruption.

 

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Moi Président(e)…

Juriste, militante des droits des enfants et conseillère de Paris depuis mars 2026, Rania Kissi, née à Oujda, est aussi porte-parole de Marine Tondelier, candidate à la présidentielle de 2027. Pour « Moi Présidente », elle défend une écologie populaire…

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A la recherche d’une solution politique en Libye : s’inspirer de l’initiative tunisienne pour y parvenir

Par Kamel ZAIEM

Les concertations ont repris entre les trois pays, la Tunisie, l’Algérie et l’Egypte, pour trouver une solution politique définitive en Libye. Il s’agit d’un retour aux initiatives de la Tunisie et de son président qui ont toujours appelé au dialogue pour arriver à une paix conçue par les Libyens eux-mêmes qui satisfait toutes les parties engagées. Cette fois-ci, c’est à Alger, autre pays directement concerné par ce qui se passe du côté de Tripoli, que Tunisiens, Algériens et Egyptiens discutent des opportunités de paix en Libye, sur la base de ce qui était proposé, depuis quelque temps, par le président de la République, Kaïs Saïed…

C’est dans cette optique que le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, a reçu, avant-hier dimanche, le ministre tunisien des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger, Mohamed Ali Nafti. Ce dernier était en visite en Algérie pour participer à la réunion du Mécanisme de concertation tripartite sur la Libye, qui a réuni les chefs de la diplomatie de la Tunisie, de l’Algérie et de l’Égypte.

Sur le dossier libyen, Nafti a affirmé la convergence des positions des dirigeants politiques tunisiens et algériens : soutien à un règlement politique global entre toutes les composantes de la scène libyenne, sous l’égide des Nations unies, et poursuite de la coordination au sein du Mécanisme tripartite Tunisie-Algérie-Égypte, afin de hâter une solution politique en Libye.

Nafti a transmis au président Tebboune les salutations du président Kaïs Saïed ainsi que ses félicitations à l’occasion du 72e anniversaire du déclenchement de la Révolution algérienne. Il a souligné la qualité des relations tuniso-algériennes, fondées sur la confiance mutuelle et une concertation permanente au plus haut niveau. Il a également réaffirmé la volonté commune de renforcer la coopération bilatérale dans différents domaines, au service du développement et d’un partenariat solidaire. Il a évoqué les efforts des différents secteurs pour bien préparer les prochaines échéances bilatérales, conformément à la volonté des deux dirigeants.

Le ministre a salué l’accueil de la réunion tripartite par l’Algérie, qui témoigne, selon lui, de l’attachement des trois pays à la régularité de ce rendez-vous et de leur responsabilité historique partagée envers la Libye.

A ce propos, le président tunisien, Kaïs Saïed, a toujours mis en exergue l’importance de «la coordination et des concertations» établies entre la Tunisie et l’Algérie en vue de «rétablir la paix en Libye» et de «relancer un dialogue inter-libyen rassembleur». C’est ce même discours que le chef de l’Etat a transmis, il n’y a pas longtemps, à la cheffe par intérim de la Mission d’appui des Nations unies en Libye (Manul) lors de l’une de ses visites en Tunisie, insistant sur le rôle capital des pays voisins de la Libye dans l’identification d’une solution pacifique à la crise dans ce pays, soulignant, à ce titre, la coordination et les concertations établies entre la Tunisie, l’Algérie et l’Egypte pour réaliser la stabilité en Libye.

Le président tunisien a réitéré au cours de son entretien avec l’émissaire onusienne la disposition de la Tunisie à «contribuer à la relance du processus politique en accueillant un dialogue national regroupant les différentes composantes du peuple libyen». Il a, par ailleurs, réaffirmé la position de la Tunisie à l’égard de cette crise «visant à trouver un règlement politique global qui préserve l’unité et la souveraineté de la Libye dans le cadre d’un dialogue interlibyen rassembleur sous les auspices des Nations unies».

S’alignant sur la position de la Tunisie, le président algérien a évoqué, dans la foulée, «une possible solution algéro-tunisienne», au conflit en Libye, affirmant que le règlement de cette crise «passe impérativement par la table du dialogue et que l’usage des armes n’est et ne sera jamais la solution».

La nécessaire restauration de la souveraineté du peuple libyen

Toujours dans cette optique de recherche de solutions pacifiques pour ce pays, on se rappelle des propos du président tunisien à l’ouverture du Forum de dialogue politique libyen organisé par la Tunisie. Le président Kaïs Saïed a déclaré, à cette occasion, que la solution à la crise libyenne réside dans la restauration de la souveraineté du peuple, et non pas dans le recours aux armes ou à la détonation des balles : «La solution (en Libye) n’émanera pas des armes ou de la détonation des balles (…) La solution réside dans le fait que le peuple libyen retrouve sa pleine souveraineté sur chaque parcelle de son territoire national».

Il a également affirmé que «le peuple libyen est capable de surmonter toutes les difficultés et tous les obstacles». Et de poursuivre en disant : «Nous procédons avec la même détermination et la même volonté sincère pour trouver une solution afin de surmonter cette crise, quelles que soient sa complexité et la gravité des difficultés».

Et d’ajouter : «Le peuple libyen a le droit de réaliser son propre destin, en se munissant d’une nouvelle légitimité qui émane de lui seul, et il n’y a pas de place pour une quelconque tutelle, sous quelque titre ou forme que ce soit. L’adhésion à la légitimité internationale exige une foi inébranlable dans la loi, et sachant que la légitimité est limitée dans le temps, il est impératif, par conséquent, d’user d’un soin particulier pour mettre en place une légitimité issue de la seule volonté des citoyens et des citoyennes libyens».

 

Des soucis communs

Insistant sur la nécessité d’aboutir à une solution pacifique en Libye, la Tunisie, l’Algérie et l’Egypte mesurent l’importance de concertations communes pour y parvenir, sachant que chacun de ces trois pays ne peut que louer toute initiative allant dans ce sens pour assurer la paix dans toute la région de l’Afrique du Nord.

La Tunisie est, comme on le sait, confrontée à des enjeux vitaux avec son voisin libyen. Et cet intérêt de haute importance ne se limite pas au poste de Ras Jedir, le fameux passage frontalier entre les deux pays. Directement concerné par ce qui se passe dans ce pays, Tunis maintient une position de neutralité à l’égard des deux camps et privilégie le dialogue libyo-libyen. Cette retenue lui permet de conserver des relations avec l’ensemble des acteurs et de confirmer le principe de non-ingérence étrangère qu’il ne cesse de défendre.

Pour l’Algérie, la question libyenne touche avant tout à la sécurité de sa longue frontière méridionale. Alger redoute qu’une Libye fragmentée ou fortement militarisée ne favorise les trafics et la circulation des groupes armés dans l’ensemble de la bande sahélienne. Sa position reste fondée sur quelques principes constants.

A Alger, on fait tout pour éviter à la Libye une solution militaire, appelant à un processus conduit par les Libyens eux-mêmes sous l’égide des Nations unies, des élections comme issue politique et le départ des forces et des mercenaires étrangers.

De même, Alger craint de voir d’autres pays (Etats-Unis, Turquie, France…) imposer leur propre plan de paix. Il cherche surtout à éviter qu’un éventuel arrangement négocié sans les pays voisins ne marginalise leurs intérêts directs.

Quant à l’Egypte, qui entretient des relations étroites avec l’Est tout en maintenant le contact avec Tripoli, l’idéal serait de parvenir à une solution libyo-libyenne qui assure l’unité territoriale du pays et qui garantit le départ des forces étrangères et des mercenaires. L’Égypte entend aussi préserver une place particulière dans toute future architecture sécuritaire, compte tenu de sa frontière avec la Libye et de ses intérêts importants dans l’Est, qu’ils soient liés à la sécurité nationale, à l’économie ou à la main-d’œuvre.

C’est dire que ces trois pays défendent une même approche malgré des préoccupations différentes. Avec l’Égypte, les deux pays ont maintenu leur mécanisme de concertation sur la Libye afin de soutenir une solution politique libyenne, préserver l’unité du pays et limiter les ingérences extérieures. Ce cadre leur permet de faire entendre la voix des pays voisins face à des initiatives américaines, européennes et moyen-orientales qui se basent sur d’autres intérêts.

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Conseil des ministres : le Président Kaïs Saïed réitère l’engagement de l’État à garantir tous les droits des citoyens

Le Président de la République, Kais Saïed, a présidé, lundi, au palais de Carthage, une réunion du Conseil des ministres.

Selon un communiqué de la présidence de la République, le Chef de l’Etat a évoqué plusieurs dossiers liés à la situation sociale et économique, dont notamment, la marche des services publics et la flambée des prix. 

Il a, dans ce contexte, souligné la nécessité de répondre aux revendications du peuple et d’oeuvrer à  surmonter les difficultés, quelle qu’en soit l’origine, affirmant que « seule la volonté ferme et sincère finira par l’emporter. »

« Quant à l’écume inconsistante, elle s’en va. Ce qui est utile aux hommes demeure sur terre », a-t-il martelé en citant un verset du saint coran. 

Tout en promettant de mener une guerre sans répit ni trêve contre la corruption, le Chef de l’Etat a souligné que le peuple tunisien est résolu à  recouvrer l’intégralité de ses droits. 

Il a, à ce propos, affirmé que la responsabilité nationale exige de chacun un esprit de combattant, rien de moins qu’un engagement total sur ce front, soulignant que les Tunisiens n’attendront pas en vain et que la bataille, aussi rude soit-elle, tournera en leur faveur.

S’adressant à ceux qui n’ont de cesse de fulminer des accusations contre le peuple tunisien, le président Saïed a répondu frontalement: « ce peuple s’est juré libre. » 

Ses seules « fautes » ? Réclamer la liberté, l’émancipation. « Que ces accusations soient les bienvenues », « et « malheur à ceux qui mentent et accusent à tort », a-t-il lancé, ajoutant que toute tentative visant à freiner cette marche se brisera contre la volonté populaire. 

« L’histoire avance. Jamais elle ne recule. », a-t-il encore martelé.

Tout en réitérant que des décisions sont à venir, le Chef de l’Etat a précisé qu’il ne s’agira « ni de déclarations ni de communiqués », seul comptera l’après-victoire, le véritable message. 

Répliquant à ceux qui misent sur l’échec de ce processus ou qui continuent de tendre des pièges  de leur propre initiative ou en réponse à des « diktats nostalgiques » de l’hégémonie et du colonialisme », le président Saïed a assuré que le peuple tunisien verra sa volonté se concrétiser. 

« L’heure de la victoire sonnera », a-t-il conclu « malgré ceux qui ont tramé des complots et continuent de le faire. »

(D’après TAP)

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Nations unies : la Tunisie défend un ordre international fondé sur la force du droit

Par Ahmed NEMLAGHI

À l’occasion de la Journée des Nations unies, la Tunisie réaffirme son attachement au multilatéralisme, à la souveraineté des États et au droit des peuples à disposer librement de leur destin. Une position qui s’inscrit dans la vision défendue par le président de la République, Kaïs Saïed, pour qui aucune paix durable ne peut être construite sur la domination, les ingérences ou l’application sélective du droit international.

Dans un monde traversé par les conflits armés, les rivalités géopolitiques et les fractures économiques, la question de l’efficacité du système multilatéral se pose avec une acuité particulière. Créée au lendemain de la Seconde Guerre mondiale pour préserver les générations futures du fléau de la guerre, l’Organisation des Nations unies demeure un cadre essentiel de dialogue entre les peuples et les États. Pourtant, sa capacité à faire respecter les principes qui fondent son existence est régulièrement mise à l’épreuve.

C’est dans ce contexte que la Tunisie a réaffirmé, à l’occasion de la Journée des Nations unies, son attachement au droit international et à la consolidation du rôle de l’Organisation dans la préservation de la paix et de la sécurité internationales. Elle a également appelé à une réforme profonde de ses structures et de ses mécanismes de fonctionnement, afin de restaurer sa crédibilité et de lui permettre de répondre plus efficacement aux défis contemporains.

Cette déclaration traduit une orientation diplomatique fondée sur une conviction essentielle : la paix ne peut être durable lorsque les règles communes sont appliquées de manière inégale, que la souveraineté des peuples est contestée ou que les intérêts des puissances prennent le pas sur les principes du droit.

Pour le président de la République, Kaïs Saïed, la défense du droit international constitue un enjeu qui dépasse les considérations juridiques. Elle touche à la liberté des peuples, à l’indépendance des États et à leur capacité à déterminer leurs propres choix politiques, économiques et sociaux.

La position tunisienne repose sur des principes clairement affirmés : l’égalité souveraine des États, la non-ingérence dans les affaires intérieures, le règlement pacifique des différends et la primauté du dialogue. Ces principes constituent les fondements d’un ordre international dans lequel aucun État ne devrait pouvoir imposer sa volonté aux autres par la force, la pression ou la menace.

La Charte des Nations unies consacre cette ambition. Elle établit un cadre juridique destiné à prévenir les conflits, à favoriser la coopération internationale et à promouvoir des relations pacifiques entre les nations. Sa portée ne peut toutefois être pleinement réalisée que si ses dispositions sont respectées par tous, indépendamment de la puissance militaire, économique ou politique des États concernés.

C’est précisément là que réside l’une des principales contradictions du système international actuel : les principes sont universels, mais leur application demeure souvent confrontée aux rapports de force. Lorsque les violations du droit ne donnent pas lieu à des réponses cohérentes, la confiance dans les institutions internationales s’érode et la tentation du recours unilatéral à la force gagne du terrain.

Réformer l’ONU pour restaurer sa crédibilité

L’appel tunisien à une réforme profonde de l’Organisation des Nations unies s’inscrit dans cette recherche d’un multilatéralisme plus efficace et plus équitable.

Depuis sa création, l’ONU a joué un rôle important dans la prévention et la gestion des conflits, les opérations de maintien de la paix, l’action humanitaire, la lutte contre les épidémies, la réduction de la pauvreté et la promotion des droits humains. Ses agences et ses institutions spécialisées contribuent également aux politiques de développement, à la protection de l’enfance, à l’autonomisation des femmes et des jeunes ainsi qu’à l’action climatique.

Ces acquis ne doivent cependant pas masquer les limites auxquelles l’Organisation se heurte, notamment lorsque les divisions entre grandes puissances paralysent les mécanismes de décision ou entravent la mise en œuvre des résolutions. Une institution qui ne parvient pas à faire respecter les principes qu’elle proclame risque de voir son autorité affaiblie et les populations concernées perdre confiance dans sa capacité à les protéger.

La réforme défendue par la Tunisie vise donc à renforcer la cohérence entre les engagements internationaux et leur application concrète. Elle suppose des institutions plus représentatives, des mécanismes de décision plus efficaces et une volonté politique renouvelée de placer l’intérêt collectif au-dessus des calculs de puissance.

L’objectif n’est pas d’affaiblir l’ONU mais de lui permettre d’assumer pleinement sa mission. Dans cette perspective, le multilatéralisme ne peut se réduire à la coexistence formelle des États autour d’une même table. Il doit devenir un instrument réel de prévention des conflits, de règlement pacifique des différends et de protection des droits des peuples.

L’attachement de la Tunisie à la souveraineté nationale et à la non-ingérence s’inscrit dans l’expérience historique d’un pays qui a accédé à l’indépendance en 1956 et rejoint l’Organisation des Nations unies la même année.

Cette mémoire donne une portée particulière à la défense du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. L’indépendance ne représente pas seulement la fin d’une domination extérieure. Elle consacre également le droit d’une nation à choisir librement son avenir et à organiser ses priorités en fonction des aspirations de sa population.

Dans la vision portée par le président de la République, la souveraineté ne saurait être considérée comme un privilège réservé aux États les plus puissants. Elle constitue un principe fondamental des relations internationales, qui doit s’appliquer à tous les peuples sans distinction.

Cette conception implique de rejeter les ingérences et les pressions qui visent à imposer des choix nationaux de l’extérieur. Elle exige également que la coopération internationale repose sur le respect mutuel, l’égalité souveraine et la prise en compte des intérêts communs. La souveraineté ne signifie toutefois pas l’isolement. Elle permet, au contraire, de construire des partenariats librement consentis, dans lesquels les États coopèrent sans renoncer à leur autonomie de décision.

La Palestine, révélateur des contradictions internationales

La défense du droit à l’autodétermination trouve une illustration majeure dans la question palestinienne, que la Tunisie place au premier rang des causes justes auxquelles elle demeure attachée.

Le droit du peuple palestinien de déterminer librement son avenir, de vivre dans la dignité et de disposer d’un État indépendant et souverain constitue un enjeu central de la crédibilité du système international. La persistance du conflit et les souffrances infligées aux populations civiles soulèvent une question fondamentale : comment prétendre défendre un ordre fondé sur le droit lorsque les principes de protection des civils, d’autodétermination et de respect du droit international humanitaire ne sont pas garantis de manière effective ?

Pour la diplomatie tunisienne, la solidarité avec le peuple palestinien s’inscrit dans une conception universelle de la justice. Elle ne relève pas uniquement d’une proximité historique ou régionale, mais du refus que la force puisse priver un peuple de ses droits fondamentaux.

Cette position rappelle que la paix ne peut être confondue avec la seule interruption des hostilités. Elle suppose une solution politique juste et durable, fondée sur le respect des droits, la fin de la domination et la possibilité pour les peuples concernés de décider de leur avenir.

La question palestinienne met ainsi en lumière la nécessité d’un système international capable de faire prévaloir les règles communes sur les intérêts particuliers. Tant que les principes du droit seront soumis aux rapports de force, la confiance dans les institutions multilatérales restera fragile.

La déclaration tunisienne insiste également sur la complémentarité entre la paix et le développement. Cette articulation est essentielle, car les conflits détournent des ressources considérables des besoins sociaux, économiques et humains des populations.

Les guerres, les rivalités entre puissances et les conflits par procuration aggravent les inégalités, détruisent les infrastructures, provoquent des déplacements de populations et compromettent les perspectives de développement. Les ressources consacrées aux affrontements ne peuvent alors être mobilisées pour l’éducation, la santé, la protection sociale ou la transition écologique.

Une paix durable ne peut donc reposer uniquement sur des arrangements diplomatiques ou des dispositifs de sécurité. Elle exige également des conditions économiques et sociales permettant aux peuples de vivre dans la dignité, de bénéficier des fruits du développement et de participer aux décisions qui engagent leur avenir.

C’est dans cet esprit que la Tunisie met en avant le rôle de la coopération onusienne dans la réalisation de ses objectifs nationaux de développement. Le Cadre de coopération des Nations unies pour le développement durable 2027-2031 est présenté comme devant s’articuler avec le Plan national de développement, afin de renforcer l’appropriation nationale des priorités et de faire de la coopération internationale un levier au service des besoins du pays.

Une diplomatie fondée sur la constance des principes

À l’occasion du 81e anniversaire de la création de l’ONU et du 70e anniversaire de l’adhésion de la Tunisie à l’Organisation, le message tunisien réaffirme la continuité de ses principes diplomatiques : respect du droit international, souveraineté des États, non-ingérence, dialogue et règlement pacifique des différends.

La Tunisie souligne également la contribution de ses compétences nationales aux différentes instances et agences onusiennes ainsi que sa participation aux initiatives de maintien de la paix et de coopération internationale. Ces engagements illustrent la place que le pays entend occuper au sein du système multilatéral.

Mais la défense des principes doit s’accompagner d’une action diplomatique constante et de résultats concrets. La crédibilité du droit international dépend de la capacité des États à soutenir les mécanismes de prévention des conflits, à défendre les droits des peuples de manière cohérente et à promouvoir des solutions pacifiques aux crises.

Au fond, la vision défendue par le président de la République repose sur une exigence simple : substituer la force du droit au droit du plus fort. Dans un monde marqué par les rivalités et les incertitudes, la Tunisie rappelle que la paix ne peut être imposée durablement par la domination, pas plus que la liberté des peuples ne peut être subordonnée aux intérêts géostratégiques.

L’avenir du multilatéralisme dépendra de la capacité de l’ONU et de ses membres à faire vivre concrètement les engagements de sa Charte. Car la paix véritable ne résulte pas du silence des armes seulement, elle se construit dans le respect des droits, la reconnaissance de la souveraineté des peuples et la volonté de faire du développement une ambition partagée par l’humanité.

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Profil | Le destin contrarié de Olfa Hamdi

Olfa Hamdi, 38 ans, l’ancienne PDG de la compagnie aérienne nationale Tunisair qu’elle a dirigée pendant quelques semaines début 2021, et présidente d’un fantomatique parti créé en 2022 et appelé la Troisième République, est un cas vraiment à part sur la scène politique tunisienne. Venue de nulle part (du monde des affaires, dit-on) et portée par une soif démesurée de pouvoir, elle s’était jetée dans la mêlée, corps et âme et sans filet, faisant feu de tout bois et ne reculant devant aucun danger. Pour elle comme pour le pays, les choses n’ont pas évolué dans le sens qu’elle souhaitait. Loin s’en faut…

Latif Belhédi

Ambitieuse et sûre d’elle, Olfa Hamdi avait annoncé, en 2024, son intention de se présenter à l’élection présidentielle, mais elle n’a pas pu participer au scrutin, faute d’avoir atteint l’âge minimal requis de 40 ans. C’est cette témérité frisant l’insouciance que certains apprécient chez elle qui lui a valu une condamnation par le tribunal militaire à quatre ans de prison pour des chefs d’accusation incluant notamment le complot contre la sûreté de l’État et l’incitation des militaires à la désobéissance.

Incarcérée depuis son arrestation le 15 février dernier à l’aéroport international de Tunis-Carthage, à son retour d’un voyage à l’étranger, en vertu d’un avis de recherche émis à la demande de la justice militaire, on n’a pas beaucoup entendu ses partisans, si tant est que son parti compte suffisamment de membres pour la défendre et exiger sa libération. En réalité, on a peu entendu ces derniers, qui se sont évaporés du jour au lendemain, et la jeune femme n’a pas trouvé grand monde pour porter sa voix. A tel point qu’on a failli l’oublier jusqu’à ce que son avocat, Akram Moussa, annonce l’ouverture de son procès et communique à l’AFP sa condamnation par le tribunal militaire de Tunis à quatre ans de prison, au terme de deux procédures distinctes, chacune ayant abouti à une peine de deux ans de prison, assorties d’une amende de 40 000 dinars, un montant suffisamment dissuasif pour faire réfléchir à l’avenir tout quidam qui aurait envie de s’engager en politique.

En vérité, c’est très chèrement payé pour quelques publications sur les réseaux sociaux, dans lesquelles Olfa Hamdi critiquait le président de la république Kaïs Saïed et les forces armées. Selon son avocat, Olfa Hamdi fait l’objet de trois procédures judiciaires au total et avait déjà été condamnée, dans une affaire précédente, à deux ans de prison.

Si à Tunis, la condamnation de Mme Hamdi n’a pas suscité une grande émotion, elle n’a pas manqué de faire réagir aux États-Unis, son second pays où un porte-parole du département d’État a confirmé à l’AFP que Washington est au courant des poursuites judiciaires engagées contre la citoyenne tuniso-américaine et suit la situation de près. Service minimum en somme pour ne pas provoquer des fritures sur la ligne entre Washington et Tunis dont les relations semblent traverser une période d’entente cordiale, la Tunisie collaborant assez activement sur les plans sécuritaire et militaire.

Olfa Hamdi, dont la voix n’a plus été entendue depuis huit mois, peut toujours faire appel de ses condamnations. Sa libération dépend désormais du bon vouloir de ceux qu’elle critiquait il y a encore quelques mois et qui ont réussi à la faire taire.

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Moi Président(e)… Fatima-Ezzahra Benomar : « Je supprimerais le 49.3 »

Face aux inégalités, la militante Fatima-Ezzahra Benomar ne croit guère aux demi-mesures. Travail précaire, discriminations, rente immobilière…Elle s’attaquerait aux mécanismes qui, selon elle, entretiennent les écarts sociaux.   En bref Fatima-Ezzahra Benomar propose l’abolition de la prison. Elle dénonce les…

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