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Riadh Ben Fadhel condamné à 20 ans de prison | Al-Qotb dénonce «un verdict inique»  

A la suite de la condamnation de son coordinateur général, l’homme d’affaires Riadh Ben Fadhel, incarcéré depuis le 14 novembre 2023, à vingt ans de prison, ainsi que 18 autres co-accusés à 9 ans de prison, pour des accusations relevant de délits économiques (blanchiment d’argent, corruption administrative et financière dans la gestion des biens confisqués), le parti Al-Qotb (centre-gauche), a publié, ce vendredi 30 octobre 2026 le communiqué reproduit ci-dessous.    

Le pouvoir ne s’est pas contenté des lourdes peines de prison infligées à ses opposants, ni des longues années d’incarcération qu’il a accumulées ; il ajoute aujourd’hui vingt ans de prison à la peine du camarade Riadh Ben Fadhel.

C’est ainsi que ce régime a choisi d’affronter ses opposants : par l’emprisonnement, les sévices et la vengeance, faisant payer le prix fort de la liberté à quiconque ose exprimer une opinion divergente et défendre ses convictions.

Depuis sa cellule, Riadh Ben Fadhel vient en aide aux malades, enseigne la langue, fait la lecture aux autres détenus, soutient ses camarades et insuffle espoir et détermination autour de lui. La prison ne l’a pas coupé de la vie, et les barreaux n’ont pu lui arracher sa foi en la liberté. Il continue de galvaniser les énergies, convaincu que cette injustice est éphémère, qu’il retrouvera la liberté et que, un jour, la liberté triomphera du despotisme.

Au sein du parti Al-Qotb, tout en condamnant ce verdict inique, nous affirmons que notre camarade Riadh Ben Fadhel paie aujourd’hui le prix de ses prises de position, de son courage et de son militantisme.

Nous gardons en mémoire toutes les initiatives politiques et militantes qu’il a lancées dès le premier jour du coup de force, et nous mesurons pleinement les efforts qu’il a déployés pour résister à l’autoritarisme et défendre la démocratie ainsi que la justice sociale.

Nous savons également que ce qu’il subit aujourd’hui ne vise rien d’autre qu’un homme dont la boussole est restée claire, les positions constantes, et dont l’engagement indéfectible en faveur de la liberté et de la justice demeure inébranlable.

Une peine de vingt ans de prison ne résume pas seulement l’ampleur de l’injustice infligée à Riadh Ben Fadhel ; elle révèle également la nature d’un régime qui, face à ses opposants, ne trouve plus d’autre réponse que la sanction et la vengeance, et qui ne perçoit plus la divergence politique que comme un crime passible d’emprisonnement.

Les plaidoiries des avocats, qui se sont prolongées pendant des heures hier, ont mis en évidence le vide du dossier, dépourvu de preuves sérieuses justifiant une condamnation — et une condamnation d’une telle sévérité — tout en soulignant les nombreuses contradictions et irrégularités ayant entaché l’instruction et l’enquête.

Or, il était manifeste, dès le début des poursuites, que les arguments de la défense, les clarifications, les pièces justificatives et les plaidoiries ne trouveraient aucune oreille attentive. L’issue était, en réalité, scellée d’avance : une condamnation préétablie, à l’instar d’autres dossiers et jugements visant des militants politiques — des procédures instrumentalisées pour porter un coup à l’action politique.

Ce verdict ne concerne pas seulement Riadd Ben Fadhel ; il constitue une nouvelle illustration des crimes politiques perpétrés par ce régime à l’encontre de ses opposants, ainsi que de tous ceux qui ont rêvé d’un État fondé sur la liberté, la dignité et la justice sociale, et qui ont choisi de lutter et de résister pour défendre leurs droits et la patrie qu’ils chérissent.

Ni les cellules de détention ni le poids des chaînes ne dureront.

Liberté pour Riadh Ben Fadhel, et liberté pour tous les prisonniers d’opinion et les détenus politiques.

Nous poursuivrons notre lutte pour une Tunisie placée sous le signe de la liberté, de la démocratie et de la justice sociale.

Le rendez-vous avec la liberté est inéluctable.

Riad Ben Fadhel est libre, libre, libre !

Traduit de l’arabe.

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Riad Ben Fadhl condamné à 20 ans de prison, 18 autres prévenus écopent de neuf ans

La chambre criminelle spécialisée dans les affaires de corruption financière près le Tribunal de première instance de Tunis a condamné, jeudi 29 octobre 2026, Riad Ben Fadhl, coordinateur général du parti Al Qotb, à vingt ans de prison. Dix-huit autres prévenus poursuivis dans la même affaire ont écopé de neuf ans d’emprisonnement chacun. Le dossier porte sur des soupçons de blanchiment d’argent et de corruption financière et administrative liés à la gestion et à l’acquisition de biens confisqués après la révolution.

Le jugement a été rendu en première instance, selon les informations publiées par plusieurs médias, vendredi 30 octobre. La majorité des dix-huit autres prévenus comparaissaient libres dans le cadre de cette affaire.

Près de trois ans de détention

L’affaire remonte à novembre 2023. Riad Ben Fadhl avait été arrêté le 14 novembre à son retour de l’étranger, à l’aéroport de Tunis-Carthage. Dix jours plus tard, le juge d’instruction du Pôle judiciaire économique et financier avait émis un mandat de dépôt à son encontre.

Depuis, sa détention s’est prolongée au fil des audiences et des reports successifs. Le 12 octobre 2026, la chambre criminelle avait encore rejeté les demandes de remise en liberté présentées pour lui et plusieurs autres prévenus, avant de fixer une nouvelle audience au 29 octobre.

Au cœur des investigations figuraient les conditions d’acquisition de biens confisqués après la chute du régime de Ben Ali. La défense avait notamment soutenu que les opérations concernées avaient été réalisées dans le cadre de procédures officielles d’adjudication et d’appels d’offres, affirmant que les offres présentées respectaient les règles applicables.

Une précédente condamnation annulée en appel

Le parcours judiciaire de Riad Ben Fadhl avait également été marqué par une autre affaire, distincte de celle des biens confisqués.

Le 30 mai 2024, il avait été condamné en première instance à quatre ans et six mois de prison, assortis d’une amende de deux millions de dinars, dans un dossier portant sur des infractions douanières et financières. Les faits concernaient notamment des opérations d’exportation, l’ouverture de comptes bancaires à l’étranger dans des conditions jugées irrégulières et le non-rapatriement de recettes d’exportation.

Cette condamnation avait toutefois été annulée en appel le 22 avril 2025, après la régularisation de sa situation financière auprès des autorités concernées et la présentation de justificatifs de règlement des dettes et contentieux en cause.

Cette décision n’avait pas entraîné sa libération, sa détention se poursuivant dans le cadre de l’affaire relative aux biens confisqués, qui vient désormais de donner lieu à une condamnation à vingt ans de prison en première instance.

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Tunisie : Le déficit énergétique atteint 10,48 milliards de dinars, les réserves en baisse

Le déficit commercial énergétique de la Tunisie a atteint 10,480 milliards de dinars, soit environ la moitié du déficit commercial global, tandis que les réserves en devises sont tombées à l’équivalent de 93 jours d’importation au 23 octobre 2026, contre 107 jours un an auparavant. Ces indicateurs ont été présentés jeudi 29 octobre par la ministre des Finances, Mechkat Salma Khaldi, lors d’une audition consacrée à l’exécution du budget de l’État pour l’année 2026.

Devant les commissions des finances et du budget de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) et du Conseil national des régions et des districts (CNRD), la ministre a estimé que les indicateurs économiques affichaient une stabilité relative, malgré les risques et les défis auxquels le pays reste confronté.

Les importations progressent plus vite que les exportations

Les échanges commerciaux illustrent les pressions qui pèsent sur les équilibres extérieurs. Selon les chiffres présentés par la ministre, les importations ont augmenté de 13,1%, contre une progression de 8,6% des exportations. Cet écart contribue à accentuer les tensions sur la balance commerciale et à accroître les besoins de financement extérieur, a souligné Mechkat Salma Khaldi.

Le déficit commercial énergétique constitue un autre point de vigilance. Il s’est établi à 10,480 milliards de dinars, représentant environ 50% du déficit commercial global, selon les données communiquées lors de l’audition.

La ministre a également évoqué les répercussions potentielles de la crise géopolitique au Moyen-Orient, notamment sur les échanges commerciaux et les prix de l’énergie.

Les recettes touristiques et les transferts en hausse

Les recettes touristiques ont progressé de 3,7%, tandis que les transferts des Tunisiens résidant à l’étranger ont augmenté de 4,4%. Ces deux sources de devises contribuent au financement d’une partie du déficit extérieur, a indiqué la ministre. Leur évolution intervient dans un contexte marqué par la nécessité de préserver les équilibres financiers du pays.

Au 23 octobre 2026, les réserves en devises s’élevaient à 24,180 milliards de dinars, correspondant à 93 jours d’importation. À la même période de l’année précédente, elles couvraient 107 jours d’importation.

Le gouvernement veut intégrer progressivement le secteur informel

Lors de son intervention, la ministre des Finances a également insisté sur les effets de l’expansion du secteur informel. Selon elle, ce phénomène crée une concurrence déloyale pour les entreprises opérant dans le secteur formel, réduit les ressources de l’État et compromet l’égalité des chances entre les opérateurs économiques.

Elle a par ailleurs fait état de formes de collaboration entre certains acteurs du secteur formel et des activités informelles, estimant nécessaire de renforcer les mécanismes de contrôle et de suivi. Le gouvernement a élaboré un plan visant à intégrer progressivement les activités informelles dans le cadre légal, afin d’élargir l’assiette de l’activité économique formelle et de renforcer le respect des obligations fiscales et législatives.

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Lutte contre le blanchiment: ce que exige désormais le CMF

Le Conseil du Marché Financier (CMF) vient de publier  un guide pratique élargi pour renforcer la prévention du blanchiment d’argent, du financement du terrorisme et de la prolifération des armes. Destiné aux intermédiaires en bourse et aux sociétés de gestion de portefeuilles, ce document précise les mesures de vigilance et de contrôle attendues de ces professionnels.

Face aux risques de circulation de capitaux d’origine illicite, la prévention ne peut se limiter à un simple contrôle des transactions. Elle suppose également de connaître les clients, de retracer l’origine des fonds et de détecter les opérations inhabituelles. C’est dans cette optique que le CMF entend mettre à la disposition des professionnels un référentiel concret pour mieux appliquer les exigences légales et réglementaires en vigueur.

D’après communiqué, ce guide s’appuie notamment sur la loi organique n° 2015-26 du 7 août 2015, modifiée et complétée par la loi organique n° 2019-9 du 23 janvier 2019, ainsi que sur la législation relative au marché financier et le règlement du CMF du 23 janvier 2026.

Au cœur de cette démarche figure l’approche fondée sur les risques. Concrètement, les établissements concernés sont appelés à identifier et à évaluer les vulnérabilités liées à leurs clients, aux opérations réalisées, aux produits et services proposés, aux canaux de distribution et aux zones géographiques concernées. Cette cartographie doit évoluer au gré des risques, notamment lors du lancement de nouveaux produits ou services.

Encore faut-il que cette vigilance se traduise dans les pratiques quotidiennes. Le guide insiste ainsi sur la vérification de l’identité des clients et des bénéficiaires effectifs, ces personnes physiques qui détiennent ou contrôlent réellement une entité. Lorsque le risque est jugé élevé, les contrôles doivent être renforcés, notamment par la collecte d’informations supplémentaires et la vérification de l’origine des fonds et du patrimoine.

Par ailleurs, le CMF met l’accent sur la gouvernance interne. Le conseil d’administration, la direction générale, la fonction de conformité et l’audit interne doivent intervenir selon une répartition claire des responsabilités. La fonction de conformité doit, à cet égard, disposer de l’indépendance et des moyens nécessaires pour remplir ses missions.

La détection des opérations suspectes constitue un autre maillon essentiel du dispositif. Les transactions inhabituelles doivent être examinées au regard du profil du client et de son activité. Si les éléments recueillis font naître un soupçon, une déclaration peut être requise, dans le strict respect de la confidentialité et sans en informer le client ou un tiers. Le guide rappelle également les obligations relatives aux sanctions financières ciblées, notamment la vérification des listes applicables et le gel des avoirs concernés conformément à la législation en vigueur.

Enfin, le régulateur souligne que l’efficacité de ces mesures repose aussi sur la formation continue du personnel, la traçabilité des opérations et la réalisation d’audits internes indépendants. Il appelle les établissements concernés à revoir leurs procédures et à coopérer avec les autorités compétentes, dont la Commission tunisienne des analyses financières (CTAF).

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