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À Gaza, même la survie nous est interdite

Même la survie nous est interdite. Trois ans depuis le début de cette agression horrible, un an depuis l’entrée en vigueur du prétendu cessez-le-feu, la situation est toujours tragique et dramatique dans la bande de Gaza.

Ziad Medoukh *

Plus de 2 300 000 Palestiniens, abandonnés par la communauté internationale officielle, survivent dans des immeubles à moitié détruits ou dans des tentes déchirées, plantées parfois sur les ruines de leur maison.

Le bilan provisoire donné par le ministère de la Santé de l’Autorité palestinienne de Ramallah et approuvé par les organisations internationales est terrible. 75 000 morts, parmi eux, 22 000 enfants, 9 000 femmes, 150 000 blessés, 10 000 disparus encore sous les décombres. Depuis ce cessez-le-feu fragile, presque 1 600 morts et 6 000 blessés. Je ne sais pas de quoi parler. Des morts, des blessés, de la destruction massive, de la pénurie de tout ? Des déplacements forcés, de l’angoisse, de la peur, de l’inquiétude, de l’insécurité, de l’absence de perspective ?

L’occupation bombarde n’importe où, n’importe quand

Tout est horrible à Gaza. La situation ne cesse de se dégrader pour tous les Palestiniens de Gaza. C’est vrai, les bombardements sont actuellement moins intensifs mais ils continuent. L’occupation bombarde n’importe où, n’importe quand. Elle vise, selon ses arguments, des activistes, des militants, des responsables des factions militaires ou des partis politiques, mais elle tire sur une voiture où se trouve cinq ou six personnes, il y a toujours des civils qui tombent. Les bombardements touchent un centre médical, un marché, une clinique, n’importe quel appartement, une maison et donc forcément toujours des civils. La communauté internationale et les médias n’en parlent pas, malheureusement.

Personnellement, je survis comme tous les Palestiniens de Gaza. Ma maison a été totalement détruite, mon frère assassiné avec sa femme et ses enfants. J’ai perdu beaucoup de membres de ma famille, des cousins, des proches, des collègues, des amis, des voisins. Chaque foyer a ses morts, un membre de famille prisonnier par l’occupation et dont on n’a pas de nouvelles. 85 % des habitants de Gaza vivent dans des tentes. Ceux qui le peuvent louent très cher une petite chambre, un appartement ou une petite maison. Ces maisons sont visées, fragiles. Même la survie nous est interdite parce que l’occupation ne nous laisse pas tranquilles : soit elle bombarde, soit elle détruit ; elle interdit l’entrée des camions pour le secteur privé, ou ceux pour les organisations internationales débordée.

Le système de santé s’est totalement effondré. 15 grands hôpitaux ont été visés. Il reste seulement quelques cliniques et des centres médicaux qui fonctionnent seulement grâce à la volonté des médecins, des infirmières avec peu de moyens. Les équipements médicaux ne passent pas et quand ils tombent en panne, c’est difficile de trouver des pièces détachées ou des pièces de rechange. Donc tout est interdit.

Gaza devenue la ville la plus chère au monde

Un seul passage, celui de Kerem Shalom au sud de la bande de Gaza, est partiellement ouvert. 150 à 200 camions passent chaque jour avec des choses inutiles : des chips, des biscuits, des gâteaux, des sodas, des boissons gazeuses. Par contre, les choses essentielles comme les tentes, le matériel médical, les fruits, les légumes, la viande, le poulet, la fourniture scolaire, les ustensiles de cuisine, le gaz, les carburants et l’essence ne passent pas. C’est pour cela que tout est très cher à Gaza qui est devenue la ville la plus chère au monde. Une bouteille de gaz de 10 kg coûte 400 €, avant l’agression elle coûtait à peine 40 €. C’est un exemple concret. Si tu as les moyens tu l’achètes, sinon tu es obligé de cuisiner sur le feu de bois.

Dans cette ville dévastée, on souffre de la pénurie de tout : médicaments, eau potable, électricité, nourriture et autres, horrible ! En hiver, la situation sera dramatique pour les habitants des tentes parce qu’elles sont abîmées et que les nouvelles tentes plus solides ne passent toujours pas.

Mon vécu est un peu différent parce que j’écris, je témoigne pour les médias. J’ai publié quatre livres en français ces trois dernières années, deux récits et deux recueils de poésie, mais même si j’en écrivais des dizaines, voire des centaines, je ne pourrais pas décrire exactement cette horrible réalité.

Tous les articles, tous les témoignages des journalistes palestiniens, des activistes dans des organisations internationales, des médecins étrangers qui ont réussi à venir pour soigner les patients, tous nos témoignages ne sont rien par rapport à la réalité.

En ce qui me concerne, j’ai été malade ces derniers trois mois : tout d’abord, des problèmes de genou. Les médecins m’ont conseillé d’aller dans des piscines or toutes les piscines sont détruites. Aller à la plage est difficile. Depuis trois ans, je n’y ai pas mis les pieds parce qu’il y a des tentes partout et que la marine israélienne tire sur les gens qui approchent de la mer, même sur les pêcheurs. J’ai été obligé de mettre de l’huile d’olive sur mon genou parce que les crèmes et les pommades que m’ont conseillées les médecins sont inefficaces. Les médicaments qui entrent pour les organisations internationales sont soit introuvables, soit périmés donc inutiles et inefficaces.

Après j’ai eu des difficultés respiratoires. Je n’ai pas pu faire de radio des poumons parce qu’il n’y a pas d’appareils médicaux. On m’a conseillé de voir s’il y a un problème de cœur. J’ai fait deux fois des échographies ; ça va, mais les analyses sont incomplètes parce non seulement il n’y a pas les équipements médicaux nécessaires mais aussi que les matières et les produits pour ces appareils ne peuvent pas entrer à Gaza.

15 000 patients attendent leur évacuation

Ensuite, ma prothèse dentaire est tombée. Je suis allé chez trois dentistes différents et j’ai payé très très cher. Mais la prothèse est retombée chaque fois, une semaine après. On ne peut pas la réparer parce qu’il n’y a pas le matériel nécessaire. C’est très embêtant parce que je ne peux pas manger normalement. C’est difficile de se soigner à Gaza. J’ai beaucoup souffert. Il y a une petite amélioration aujourd’hui mais j’ai toujours des difficultés respiratoires. Mais mon cas n’est rien par rapport à celui de 15 000 patients qui ont des maladies chroniques et qui attendent leur évacuation.

Le passage de Rafah n’ouvre que deux jours par semaine. Moins de 30 malades sortent par jour. À ce rythme, il faudra quatre ans pour évacuer tous les malades de Gaza. On doit supporter l’insupportable.

Le 30 septembre dernier, j’ai perdu ma mère, Elle a laissé un grand vide. Ma mère, c’était une grande chose pour moi : c’était un territoire, c’était un espace, c’était une patrie. C’était pour moi Gaza. C’est elle qui m’a élevé, c’est elle qui m’a éduqué, c’est elle qui m’a aidé à trouver le chemin de la vie, de l’éducation. Ma mère représente tout pour moi : c’est elle Gaza, c’est elle la Palestine. C’est grâce à elle et à mon père disparu il y a 22 ans, que j’ai la patience et le respect des autres. Ils m’ont montré la non-violence, à aimer l’éducation et les enfants, à donner et à respecter. Tout est terrible après la disparition de maman, je suis bouleversé, atterré, j’ai beaucoup de peine à l’accepter, mais voilà. Heureusement, elle a habité chez moi avant son hospitalisation, je me suis occupé d’elle avec ma femme et mes enfants pendant deux mois. Mais après, sa santé s’est dégradée et elle a passé deux semaines à l’hôpital jusqu’à son décès le 30 septembre. Lors de son enterrement et de ses funérailles, il y avait un monde fou parce qu’elle était aimée par tout le monde et qu’elle aidait tout le monde. Il y avait du monde malgré les bombardements, malgré les conditions difficiles de Gaza, le transport, le déplacement, des milliers de personnes qui sont venues à la maison de deuil pendant trois jours, dans la ville de Gaza.

J’ai également été entouré par des milliers de personnes dans les pays francophones et dans le monde entier qui m’ont envoyé des messages ou qui m’ont appelé. Merci beaucoup les amis pour votre soutien. Ça a soulagé un peu donc ma souffrance, mais la douleur c’est la douleur. Et donc pour moi c’est difficile. Jusqu’à maintenant je ne crois pas encore qu’elle soit partie. Elle restera toujours gravée dans mon cœur, dans ma mémoire. C’est difficile d’écrire et de raconter. Jusqu’à son dernier souffle, elle parlait de l’espoir, de l’avenir, de la libération de la Palestine, de la reconstruction de Gaza, et surtout elle nous a donné des conseils pour traverser le chemin de l’avenir. Que ma mère repose en paix.

Mais malgré la situation horrible, trois éléments positifs.

Les cours ont repris, dans 730 points éducatifs

D’abord l’éducation. Malgré la destruction de presque 320 écoles et 15 grandes universités de Gaza, en dépit de l’assassinat de 10 000 professeurs, enseignants, personnels de l’éducation et élèves, parmi eux 1 450 étudiants, et 295 professeurs universitaires, depuis le début de cette agression. Les cours ont repris, dans 730 points éducatifs partout dans la bande de Gaza – des centres éducatifs dans des immeubles visés, dans des tentes éducatives, dans les camps de déplacés, dans des écoles où s’étaient installés des déplacés qui avaient tout perdu mais qui ont accepté de retourner sous les tentes pour permettre aux enfants de poursuivre leurs cours.

Le taux de scolarisation est actuellement autour de 87 % et c’est un signe positif. L’éducation est devenue une forme de résistance par la non-violence et un signe d’espoir pour l’avenir. Même l’université a repris, souvent virtuellement.

Deuxième aspect positif : la résilience de cette population qui a décidé de rester, de ne pas partir. Une population qui s’adapte, qui demande seulement à vivre ou à survivre.

L’occupation impose des entraves, des obstacles, la fermeture de passages, l’interdiction de faire passer les matériaux de construction, bloque l’entrée de beaucoup de produits, continue de bombarder et de détruire. Mais la population, avec sa volonté remarquable, sa patience extraordinaire, continue de survivre avec l’espoir d’un changement politique rapide.

Troisième aspect, la solidarité internationale. Malgré le silence complice des dirigeants de la communauté internationale officielle, la population bouge. Personnellement, je reçois tous les jours des photos, des vidéos de manifestations, de rassemblements, des projections, des films, des débats, des soirées de solidarité partout dans les pays francophones qui montrent que la cause palestinienne ne sera jamais oubliée et que la population pourra influencer les politiques et les pousser à changer leur position. Elle a commencé à travers le boycott, l’interdiction de livrer des armes dans les ports et les aéroports européens. La mobilisation populaire dans ces pays dit non à l’occupation et à la colonisation, oui à la justice et à la paix en Palestine.

Personnellement, je continue de m’occuper de centres éducatifs, des enfants, et des étudiants et diplômés de français, avec lesquels on organise des activités de soutien psychologique pour les enfants. J’ai réussi cette année à trouver de petits boulots pour 10 diplômés de français comme professeurs de français et comme animateurs francophones dans les centres éducatifs, et dans les associations avec de petites rémunérations grâce au soutien des amis solidaires francophones que je tiens à remercier pour leur soutien et pour leur encouragement. On va donc continuer notre mission, même si les conditions sont difficiles.

La population de Gaza aime beaucoup la vie. Elle va vivre malgré tout, même si elle se sent parfois oubliée, enfermée, abandonnée par le reste du monde. Elle s’adapte, espère une amélioration des conditions de vie et attend un changement politique et surtout, un rôle plus actif de la communauté internationale pour imposer le droit international et la justice à Gaza et en Palestine. En attendant, à Gaza la dévastée, chaque jour est une lutte pour survivre !

* Professeur de français dans les universités de Gaza.

Page Facebook de l’auteur.

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Israël survivra-t-il à quatre années de plus sous Netanyahu ?

A l’ouverture des bureaux de vote, ce mardi 27 octobre 2026, une chose doit être claire : quatre années de plus avec le gouvernement actuel constituent une perspective terrifiante pour Israël, estime l’auteur de cet article paru le journal israélien Haaretz du 25 octobre 2026. **

Gideon Levy *

Donald Trump a déjà livré le premier mauvais présage : une victoire de Benjamin Netanyahu, a promis le président états-unien, serait immédiatement suivie d’une nouvelle guerre contre l’Iran. Cela devrait suffire à terrifier tous les Israéliens raisonnables et à les empêcher de dormir.

Difficile d’imaginer pire désastre qu’un nouveau cycle d’affrontements absurdes avec Téhéran, mais la liste des catastrophes qui se profilent est bien plus longue et bien plus effrayante.

La guerre comme seule promesse

Que Trump pense pouvoir renforcer le soutien à Netanyahu en promettant un nouveau cycle d’affrontements est profondément déprimant. Dans les dernières années du règne de Netanyahu, la guerre est devenue la seule promesse proposée. C’est le premier dommage irréversible que la droite a infligé à Israël par l’intermédiaire des grands médias : banaliser la promesse de guerre.

Quatre années de plus laisseront une empreinte indélébile sur le visage d’Israël. À leur terme, on peut le craindre, la publication de ces mots sera peut-être interdite. Peut-être Haaretz lui-même sera-t-il interdit.

Une loi interdisant de critiquer les soldats israéliens est déjà à l’étude. La prison pour «Naza» et Haaretz. Faire de toute remise en question du bien-fondé du sionisme un délit pénal grave est dans les tuyaux. Nous y sommes presque : il ne manque qu’un mandat. Accordez-le-leur et vous verrez. Le coup de force du gouvernement poursuivra sa course, avec davantage de succès cette fois. Une défaite électorale du camp du changement mettra à genoux le mouvement de protestation contre Netanyahu.

Tous les bons à rien, les politiciens corrompus et racistes, reviendront au pouvoir, avec une détermination encore plus grande. La victoire ne fera qu’aiguiser leur appétit.

Si le fiasco du 7 octobre et les guerres de vengeance sur plusieurs fronts qui ont suivi, toutes aussi absurdes les unes que les autres, ne suffisent pas à faire tomber Netanyahu et son gouvernement de droite, alors rien ne les fera jamais tomber. Si l’incroyable succession d’échecs du gouvernement, des transports à l’éducation en passant par la police, ne permet pas de lui porter le coup fatal qui le ferait s’écrouler, alors nous saurons tous que les Israéliens méritent ce gouvernement et que ce gouvernement mérite les Israéliens.

Il est tout simplement impossible de comprendre comment les partis de la coalition au pouvoir parviennent ne serait-ce qu’à franchir le seuil électoral, comment ils peuvent avoir la moindre chance de l’emporter de nouveau.

Le changement véritablement spectaculaire viendra de la communauté internationale. Elle en a assez. Jusqu’à présent, c’étaient les organisations de la société civile, presque partout, qui en avaient assez d’Israël. Encore un mandat de ce genre, et les gouvernements les rejoindront et passeront à l’offensive. Israël sera mis à genoux. Tous ceux qui demandent : «À quoi nous sert le reste du monde, de toute façon ?» tomberont des nues.

C’est là que réside le grand espoir, bien sûr, mais le prix sera insupportable. Les plans d’action sont déjà dans les tiroirs, prêts à en être sortis. Essayez donc de voir comment réagiront l’Europe et les Etats-Unis après quatre nouvelles années de Netanyahu ; quatre nouvelles années au cours desquelles Israël aura fait un pied de nez arrogant au monde entier et à l’exigence commune qui l’unit : que les Palestiniens obtiennent leurs droits.

La vie sous sanctions sera bien plus dure qu’on ne l’imagine ici. Elles toucheront le destin, le portefeuille, la dignité et la liberté de chaque Israélien. Elles seront d’autant plus sévères qu’elles succéderont à des décennies de retenue et de patience dont aucun État voyou n’a jamais bénéficié à un tel degré. Elles déferleront comme un torrent libérateur. Après des années vécues à l’ombre de la Shoah, des sentiments de culpabilité légitimes et de leur exploitation cynique par Israël, des mensonges présentant Israël comme la seule démocratie et comme un pays qui aspire à la paix, la grande explosion surviendra, et elle fera mal.

La fin de l’immunité d’Israël

Fini David contre Goliath, fini le «peuple élu», l’unique victime de l’histoire. À la place, un État voyou d’apartheid qui maltraite des milliers de détenus emprisonnés sans procès, perpètre des pogroms contre des innocents, a commis un génocide à Gaza et dont le premier ministre est recherché par la Cour pénale internationale de La Haye.

Une victoire de la droite annoncera la fin de l’immunité d’Israël. Cela aussi est une perspective dont on peut se réjouir, mais, là encore, pas du lourd tribut qui sera exigé.

Derrière le rideau des isoloirs, face aux bulletins de tous les partis, même avec les convictions de droite les plus ultranationalistes, la soif de vengeance contre les Arabes et le sentiment dominant de supériorité absolue, il est essentiel, cette fois, de se souvenir aussi du prix à payer. Cette fois, ça va nous coûter cher.

*  Journaliste et écrivain israélien, membre de la direction du quotidien Haaretz

** Le titre e le intertitres sont de la rédaction.

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D’Oradour sur Glane à Hébron | Même barbarie, même force aveugle

Benyamin Netanyahu et Yoav Gallant sont sous mandat d’arrêt international émis par la CPI. Bezalel Smotrich, le ministre extrémiste des Finances et des Colonies et Itamar Ben Gvir, le ministre raciste de la Sécurité – qui réserve la peine de mort par pendaison aux seuls Palestiniens – devraient aussi être sous mandat d’arrêt. Il faut espérer que les pays démocratiques exécutent ces mandats et interdisent, à tout le moins, le passage des criminels israéliens dans leur espace aérien. (Ph. L’armée israélienne expulse 2 600 Palestiniens d’Hébron : une opération de punition collective dans l’impunité la plus totale).

Mohamed Larbi Bouguerra *

«Nous sommes en guerre depuis trois ans… Votre désir de vengeance est sain, vous ne devriez pas avoir honte de le dire. Nous en avons assez de ces c… qui disent que l’ennemi est comme nous. Nous devons l’anéantir.» (Émission ‘‘Patriotes’’ du 7 octobre 2026 de la Chaîne 14 israélienne dévouée à Netanyahu à 100%).  

Dans la France occupée, le 10 juin 1944, l’armée nazie de Hitler, exécute un effroyable massacre dans le village d’Oradour/Glane situé à une vingtaine de kilomètres de Limoges. La population de ce bourg votait socialiste avant l’arrivée du Maréchal Pétain qui acceptait la collaboration avec les occupants allemands. Elle alimentait de diverses façons les nombreux foyers de résistance des Forces Françaises de l’Intérieur (FFI) des alentours qui infligeaient aux Allemands de lourdes pertes.

La division SS Das Reich investit avec des blindés et des engins sur chenilles. Elle encercle le village pour le couper du monde, puis les Allemands rassemblent toute la population et demandent qu’on leur indique les caches d’armes et les villageois qui possèdent une arme. Ils séparent ensuite les femmes et les enfants qu’ils enferment dans l’église où ils mettent le feu après qu’une bombe de gaz mortel n’a pas fonctionné et fusillent les hommes faisant au total 642 victimes et un village dévasté, aujourd’hui encore en ruine.

Yinon Magal, ancien député à la Knesset (Parlement israélien) proche du PM Netanyahu déclare : «Voilà à quoi devrait ressembler tout le territoire de Gaza, sans une seule maison, pierre sur pierre» (Télérama, n° 4006, 21 octobre 2026, p. 33). Israël a tué plus de 1000 Palestiniens en Cisjordanie depuis le 7 octobre.

Résistance à Hébron

Vendredi 23 octobre 2026, deux résistants palestiniens de Hébron (Al-Khalil), Firas et Hammouda al-Jaaba, à bord d’une voiture bien fournie en d’armes automatiques – provenant d’un réseau de résistants en Turquie, semble-t-il – attaquent un check-point sur la route 35 près de Hébron, tenu par l’armée d’occupation, tuant deux soldats et blessant trois autres. Après une course poursuite, des drones et des hélicoptères, les militaires sionistes les ont abattus.

Pour le chef d’état-major de l’armée sioniste, Eyal Zamir, «c’était une attaque grave. Une grande quantité de munitions a été trouvée dans le véhicule utilisé par les terroristes… Ces munitions étaient destinées à être utilisées dans une attaque à plus grande échelle.» (Le Monde, 25-26 octobre 2026, p. 2)

«Il ne fait aucun doute que ce réseau terroriste a opéré sous le nez des responsables du renseignement de l’armée israélienne et du Shin Bet, malgré un avertissement général selon lequel le Hamas avait l’intention de mener des attaques dans la région avant les élections prévues ce mardi», regrette le journal anglophone de droite israélien The Jerusalem Post du 25 octobre 2026.

Les élections générales israéliennes prévues pour le mardi 27 octobre présageant un mauvais score en faveur de Netanyahou, celui-ci a annoncé «une opération militaire d’une ampleur jamais vue depuis la guerre des Six Jours» pour rallier à sa cause sionistes religieux et autres messianiques. (Lire Jack Khoury, Haaretz, 24 octobre 2026).

Du coup, dans la nuit de vendredi à samedi, 250 familles palestiniennes – soit près de 2000 personnes – des quartiers Al- Jalda et Deir Balah – densément peuplés – ont été évacuées de leurs maisons car elles se trouvaient dans le voisinage du logement des deux résistants qui ont attaqué l’armée d’occupation, selon Khaled Fahd al-Qawasmi, maire-adjoint de Hébron qui ajoute que les familles n’ont été autorisées à prendre avec elles que le strict nécessaire pour aller soit dans un centre d’accueil préparé par la mairie soit chez des proches.

Al-Qawasmi apprend par ailleurs que les bulldozers de l’armée sont entrés en action dans les deux quartiers pour démolir des habitations. Israël veut tout détruire, dans le cadre du nettoyage ethnique voulu par Smotrich et Ben Gvir, ces ministres racistes et suprémacistes ; comme cela a été fait en 2025 pour les camps de réfugiés à Jenine, Tulkarem et Naplouse mettant dehors plus de 30 000 Palestiniens.

L’armée israélienne affirme que l’opération durera plusieurs jours. Elle a bloqué les entrées et les sorties de la ville ainsi que ceux de la ville proche de Halhul autorisant cependant les gens à sortir par trois points de contrôle après accord des services de sécurité. Les militaires se sont lancés à la recherche de suspects de «terrorisme» et d’armes.

De son côté, Netanyahu déclare : «Nous allons saisir toutes les armes et toutes les structures terroristes seront démolies.» Exactement comme disait le général Lammerding de l’armée allemande à Oradour/Glane en 1944 !

Tout aussi clair, le ministre sioniste de la Défense éructe : «Tout le quartier du clan à Hébron d’où les terroristes ont émergé aujourd’hui sera vidé de ses habitants et l’infrastructure de terreur sera traitée et démolie. C’est le seul langage que le terrorisme djihadiste comprend. Comme à Gaza et au Liban.»

Les services israéliens prétendent que les deux résistants palestiniens viennent d’un clan auquel appartiennent d’anciens prisonniers palestiniens libérés dans le cadre de l’échange avec le soldat Gilad Shalit.

Netanyahu, Gallant et Smotrich devraient être sous mandat d’arrêt

L’ONG des droits de l’homme israélienne B’Tselem condamne les plans de déplacement des populations et déclare : «Israël annonce ses crimes en préparation. Netanyahou et Katz ont fait état de leur intention de vider leur voisinage à Hébron et de rééditer le déplacement massif et la destruction infligés aux camps de réfugiés de Cisjordanie. Hébron est déjà sous cordon militaire et les démolitions ont commencé près du site de l’attaque. C’est clairement l’‘‘Elimination Project’’ (Projet d’élimination). Les gouvernements ont été avertis. Ils doivent agir maintenant pour prévenir une nouvelle vague de nettoyage ethnique et de crimes de guerre.»

Les responsables des massacres commis par les Nazis allemands en France, en Ukraine, en Pologne, en Italie ont été jugés au procès de Nuremberg et condamnés.

Benyamin Netanyahu et Yoav Gallant sont sous mandat d’arrêt international émis par la CPI. Bezalel Smotrich, le ministre extrémiste des Finances et des Colonies et Itamar Ben Gvir, le ministre raciste de la Sécurité – qui réserve la peine de mort par pendaison aux seuls Palestiniens – devraient aussi être sous mandat d’arrêt.

Il faut espérer que les pays démocratiques exécutent ces mandats et interdisent, à tout le moins, le passage des criminels israéliens dans leur espace aérien.

La barbarie et la force aveugle exercées par Israël en Palestine occupée sont une honte pour l’Occident comme pour les pays arabes.

* Professeur honoraire à la Faculté des sciences de Tunis et ancien directeur associé de recherche au CNRS, Paris.

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Bayt Mal Al-Qods soutient les oléiculteurs palestiniens

L’Agence Bayt Mal Al-Qods Acharif, relevant du Comité Al-Qods, présidé par le Roi Mohammed VI, a lancé, mardi 6 octobre dans la localité d’Al-Ram, au nord d’Al-Qods, la campagne « Aouna 2026 », destinée à soutenir les agriculteurs palestiniens durant…

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