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Stromausfälle im Sommer: Fast jedes dritte Unternehmen verlor mindestens 20 Arbeitstage

Die Kosten der Betriebsausfälle infolge der Stromausfälle im Sommer 2026 werden auf 1.269,6 Millionen tunesische Dinar (1,269 Milliarden Dinar) geschätzt. Dies geht aus einer Untersuchung Mehr

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Sécuriser l’énergie au service de l’irrigation : l’agriculture appelle à une stratégie d’anticipation

Au-delà du bilan des pertes causées par les coupures d’électricité de l’été 2026, la question centrale reste la suivante : comment garantir un approvisionnement électrique fiable et continu aux exploitations agricoles, aux forages et aux stations d’irrigation, alors que les épisodes de délestages et les vagues de chaleur risquent de se reproduire ?

La réponse ne peut pas se limiter à la réparation des dégâts après coup. Elle suppose une stratégie globale, associant solutions de secours, investissements dans les énergies renouvelables et coordination entre les différents acteurs de la chaîne agricole.

C’est dans ce cadre qu’une rencontre de type « cercle de réflexion » organisé par l’IACE a été consacrée au secteur agricole, avec une attention particulière portée à l’huile d’olive et aux céréales. Elle a réuni des producteurs, des exportateurs, des financiers, des banquiers et des transporteurs, autour des perspectives 2026-2030.

Les institutions citées comprennent le ministère de l’Agriculture, l’Office des céréales et l’Office de l’huile, ainsi que celles dédiées à l’investissement extérieur.

Une chose est sûre: la nécessité dépasse le simple débat d’idées. Intervenant lors de la rencontre, Ibrahim Medini, Ingénieur général agronome et expert en diplomatie économique a rappelé l’utilité de ces espaces d’échange : « Ce cercle de réflexion doit permettre de brasser des idées et d’apprendre à travailler ensemble, ce qui est le plus important entre producteurs, exportateurs, financiers, banquiers, jusqu’aux transporteurs ».

Une filière oléicole à préserver

Un ancien responsable du secteur oléicole a retracé l’évolution de la filière de l’huile d’olive, soulignant que le travail technique et structurel avait démarré il y a une cinquantaine d’années au sein de l’Office national de l’huile. À cette époque, la production moyenne tournait autour de 100 000 tonnes seulement.

Il a également évoqué la privatisation du secteur et sa participation à la nouvelle structuration de la filière. « Vu de loin, ce secteur est un point lumineux, alors que d’autres secteurs traversent une période plus sombre. J’espère que nous continuerons ainsi, de mieux en mieux », a-t-il déclaré.

L’impact des coupures sur l’irrigation

Les échanges ont notamment mis en lumière l’impact indirect des coupures d’électricité sur l’agronomie et les infrastructures agricoles en Tunisie. Les interruptions ont affecté les pompes des forages et des bassins, ainsi que les stations d’épuration, perturbant la campagne d’irrigation et l’alimentation en eau des parcelles productives.

Interrogé sur les solutions d’anticipation, Mnawer Sghaier a proposé la mise en place de solutions de secours : groupes électrogènes, panneaux photovoltaïques et, dans certaines zones d’altitude, énergie éolienne. « Ce ne sont pas les solutions qui manquent. Il faut bien les étudier pour instaurer une stratégie qui nous mette à l’abri des mauvaises conséquences sur l’irrigation, et qui permette de donner à l’arbre ce dont il a besoin au moment opportun »
a-t-il expliqué.

Concernant l’impact direct de l’été, il a confirmé que les pertes étaient  » loin d’être négligeables », sans pouvoir communiquer de chiffre précis lors de la rencontre.

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IACE : 96 % des entreprises touchées par les coupures d’électricité !

L’Institut arabe des chefs d’entreprises (IACE) a publié, dans la journée du 27 octobre 2026, les résultats de son enquête sur les conséquences économiques des coupures d’électricité de l’été. A cet égard, l’étude décrit des perturbations quasi générales : 96 % des répondants déclarent avoir subi des coupures, dont 58,3 % plusieurs fois par jour. Dans le détail, on note que 55 % de l’échantillon concernent des entreprises industrielles, 39 % des services marchands et pour.6 % des entreprises commerciales. Plus encore, ces secteurs accusent une perte de 13 jours d’activité en moyenne. 

Sur les deux mois étudiés, la perte moyenne atteint 13 jours d’activité. Près de trois entreprises sur dix (29 %) ont perdu au moins 20 jours, l’équivalent d’un mois ouvré complet.

Les équipements ont également souffert : près des deux tiers des répondants signalent des dommages matériels, touchant surtout les moteurs, les compresseurs et les machines de production, devant le matériel informatique et les serveurs.

Crédit photo: photo générée avec l’IA

Une perte de valeur ajoutée de 1 269,6 MD

La perte directe de valeur ajoutée liée aux arrêts d’activité est estimée à 1 269,6 MD. L’industrie manufacturière en concentre 671,5 MD, devant les services marchands (316,1 MD) et le commerce (282,1 MD). L’IACE précise que ce chiffre ne comprend ni les dommages matériels ni les pertes de clientèle et encore moins les éventuelles pénalités, qui viennent s’y ajouter.

Sur le plan commercial, 63,5 % des entreprises déclarent une baisse de leur chiffre d’affaires. Une proportion qui atteint 83 % dans l’industrie. Parmi les sociétés exportatrices, 29,4 % disent avoir manqué des délais, avec des pénalités ou une perte de client. Tandis que 8,3 % ont recouru à la sous-traitance ou à l’importation pour compenser. Par ailleurs, 30,5 % des entreprises signalent une hausse du coût de leurs intrants, alors que les hausses de prix de vente restent rares.

La sécurisation de l’approvisionnement, un risque pour l’investissement

Avant l’été, 56 % des entreprises interrogées ne disposaient d’aucun équipement de secours. Depuis, 74 % envisagent d’investir dans les douze prochains mois pour sécuriser leur alimentation électrique : pour 18 % d’entre elles, la décision est prise, pour 56 %, le projet est à l’étude. En parallèle, 51,9 % des entreprises reportent un projet d’investissement.

Pour l’IACE, cet arbitrage fait peser un risque sur la compétitivité. Groupes électrogènes, panneaux photovoltaïques ou batteries réduisent l’exposition aux coupures, mais leur coût mobilise des ressources au détriment des investissements productifs. Et leur efficacité dépend des besoins électriques, des conditions techniques et des capacités de financement. Les perspectives restent préoccupantes : toutes les entreprises qui se sont prononcées anticipent une récurrence des tensions sur le système électrique en 2027.

Des indemnisations introuvables

Aucune entreprise interrogée n’a confirmé avoir été indemnisée. Et 1 % déclare avoir des demandes en cours ou refusées. L’IACE appelle à clarifier les procédures applicables et à distinguer les dommages déclarés, les demandes en cours, les refus et les indemnisations effectivement versées.

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Forum de l’IACE – Géopolitique de l’énergie : le choc de 2026 oblige la Tunisie à choisir

A l’occasion de la 9ᵉ édition du Forum de l’IACE, jeudi 22 octobre 2026, un panel consacré aux tendances de la géopolitique et de l’énergie a réuni trois intervenants autour d’un même constat : le choc de 2026 impose à la Tunisie de choisir sa stratégie, en diversifiant ses sources et ses partenaires plutôt qu’en rêvant d’une indépendance totale.

Pour Nidhal Ouerfelli, expert du CEA, la géopolitique ne dicte pas les choix énergétiques d’un pays : elle fixe des contraintes que la décision politique doit éclairer sans s’y soumettre.

Il a d’abord clarifié les termes. La sécurité énergétique ne se réduit pas à un taux d’indépendance, simple ratio entre production et consommation nationales. Elle englobe la continuité des approvisionnements, leur coût, la solidité des infrastructures et la capacité de résilience. La Tunisie l’illustre : outre le gaz algérien, elle importe centrales, systèmes de commande et logiciels.

Par ailleurs, le conflit opposant Israël et les États-Unis à l’Iran constitue, estime-t-il, le plus grand choc d’offre depuis la Seconde Guerre mondiale. Environ un cinquième du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) mondiaux transite par le détroit d’Ormuz et les stocks stratégiques de l’OPEP, situés derrière ce verrou, sont devenus inutilisables. Le pétrole a pourtant mieux résisté que prévu, avec un baril autour de 138 dollars, loin des 250 à 300 dollars redoutés. Le vrai maillon faible est le GNL : production, raffinage et transport sont touchés, et le gaz européen a atteint environ 87 euros le MWh. Il a aussi averti que la transition déplace les dépendances plus qu’elle ne les supprime : le raffinage des matériaux critiques est concentré en Chine.

L’interdépendance, clé diplomatique

L’ancien diplomate Hatem Atallah en tire les conséquences. Aucun pays n’étant totalement indépendant, la Tunisie doit viser l’interdépendance : les meilleurs accords sont ceux que chaque partie trouve plus avantageux de maintenir que de violer. Il plaide pour des négociations globales avec l’Italie et l’Europe, sur les thèmes de l’énergie, la migration, l’investissement et le commerce, avec un volet recherche et innovation.

Il invite aussi à n’accepter que les projets qui répondent aux priorités nationales, même financés à 100 %, pour éviter que le pays ne serve surtout les besoins de décarbonation européens. Enfin, il appelle à regarder le monde tel qu’il est, à la manière d’Henry Kissinger et à préparer dès maintenant l’après-guerre.

Sécurité plutôt que souveraineté

L’expert en énergie Sami Ben Rejeb a tenu le propos le plus tranché. Pour lui, l’énergie est devenue une arme : en 2026, ce sont d’abord les infrastructures énergétiques qui ont été visées, comme les bases militaires l’étaient lors de la guerre d’Irak de 2003. Il rappelle que les États-Unis ont ressorti des tiroirs la technologie du gaz de schiste après l’embargo de 1973 et sont devenus premier exportateur d’hydrocarbures. La Chine, dont 80 % du pétrole viendrait du Moyen-Orient via le détroit de Malacca, s’est lancée dans les renouvelables depuis plus de vingt ans, non par souci climatique mais par logique de sécurité.

Concernant la Tunisie, il distingue deux notions. La souveraineté suppose de maîtriser tous ses moyens énergétiques ; la sécurité accepte d’importer, pourvu que l’énergie soit garantie au moindre coût. La première lui paraît peu raisonnable pour le pays, la seconde atteignable par une double diversification : celle des fournisseurs et celle des sources.

L’Algérie, souligne-t-il, n’est pas un robinet ouvert. Le gazoduc Transmed alimente d’abord l’Italie, la Tunisie ne percevant qu’une redevance et une part limitée. Le blackout algérien de l’été 2026 rappelle aussi que 10 à 15 % de l’électricité tunisienne provient de ce voisin. Il regrette qu’aucune centrale thermique n’ait été construite depuis 2019 et que l’idée d’un terminal d’importation de GNL, soulevée dans le débat public, n’ait pas abouti. Quant aux renouvelables, ils deviennent difficiles à gérer au-delà de 20 % du réseau sans stockage massif.

Il appelle à ne fermer aucune porte. Le gaz de schiste : une étude nationale lancée en 2015 s’est heurtée à des résistances politiques et écologiques, alors que l’Algérie conclut des conventions avec des sociétés américaines. Les concessions attirent des investisseurs étrangers et des financements, mais le régime d’autorisation favorise les producteurs locaux, au prix d’un coût plus élevé. L’hydrogène vert pose la question de l’eau. Et les petits réacteurs nucléaires modulaires méritent d’être mis sur la table.

Décider maintenant

Trois voix, un message : la géopolitique pèse, mais elle n’excuse pas l’absence de choix. Pour la Tunisie, il s’agit de définir ses priorités, de diversifier ses fournisseurs et ses sources et de négocier en position d’interdépendance. Des stratégies qui, rappelle Sami Ben Rejeb, se construisent sur vingt ans.

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Sami Ben Rejeb appelle la Tunisie à diversifier ses approvisionnements énergétiques

Dans un monde où l’énergie est de plus en plus utilisée comme arme de pression géopolitique, la Tunisie ne peut plus se permettre de dépendre d’un seul fournisseur ou d’une seule source d’approvisionnement. Intervenant lors de la 9e édition du Forum de l’IACE, consacrée aux « Tendances de la géopolitique et de l’énergie », organisée ce jeudi 22 octobre 2026 au siège de l’Institut arabe des chefs d’entreprise (IACE).

L’expert en énergie Sami Ben Rejeb appelle à diversifier les sources et les pays fournisseurs afin de sécuriser l’approvisionnement du pays, protéger le pouvoir d’achat des citoyens et préserver la compétitivité des entreprises. “Il faut repenser notre approche énergétique en Tunisie”, nous affirme dans une déclaration à leconomistemaghrebin.com. Selon lui, bien que le pays se situe en marge des conflits internationaux, il en subit directement les conséquences, notamment à travers la hausse des prix des hydrocarbures et des autres ressources énergétiques, ainsi que par les répercussions géopolitiques.

La solution, selon Sami Ben Rejeb, consiste à adopter une véritable stratégie de sécurité énergétique, fondée sur la diversification des pays fournisseurs et des sources d’énergie. L’objectif est de garantir l’approvisionnement des citoyens, même en cas de conflit, de panne technique ou de perturbation des flux d’importation. « Il faut assurer une énergie à coût abordable pour le commun des citoyens, mais aussi pour les industriels, afin qu’ils puissent produire et rester concurrentiels à l’échelle internationale », explique-t-il.

Réduire la dépendance au gaz algérien

Pour illustrer cette nécessité, Sami Ben Rejeb rappelle que la Tunisie dépend fortement du gaz naturel algérien, qui couvre environ les deux tiers de sa production d’électricité. « Il faut préserver cette relation de bon voisinage avec l’Algérie, mais aussi envisager la construction de stations d’importation de gaz naturel liquéfié », recommande-t-il. Cette option permettrait de diversifier les pays d’origine des approvisionnements et de sécuriser l’apport énergétique au-delà du gaz algérien.

Il cite, à titre d’exemple, le blackout survenu en Algérie durant l’été 2026, qui a directement contribué aux coupures d’électricité en Tunisie. « Il faut poursuivre cette logique pour que le citoyen dispose d’électricité durant toutes les saisons de l’année et 24 heures sur 24 », conclut-il.

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Nidhal Ouerfelli : « Il faut redessiner notre stratégie énergétique à la lumière des enjeux géopolitiques »

La Tunisie doit-elle attirer les grands data centers ? Énergie, eau, souveraineté : ces questions s’imposent désormais avec acuité. Face à un monde en mutation, dont les équilibres énergétiques restent incertains, de quelle marge de manœuvre la Tunisie dispose-t-elle pour diversifier ses solutions énergétiques et préserver son indépendance ? 

À l’occasion de la 9e édition du Forum de l’IACE, consacrée à la géopolitique énergétique, Nidhal Ouerfelli, ancien ministre et expert en transition énergétique au CEA, analyse l’impact des data centers sur la demande mondiale d’électricité et d’eau, ainsi que la position de la Tunisie face à cet enjeu stratégique. Il convient de noter que le sujet des data centers a été évoqué dans le cadre de l’analyse de l’évolution de la demande mondiale d’électricité. Il précise à cet effet que la Tunisie ne dispose pas aujourd’hui des moyens énergétiques nécessaires pour accueillir de grands centres de données, mais peut valoriser sa position géostratégique pour devenir une plateforme énergétique régionale.  

Rencontré en marge de cet événement,  Nidhal Ouerfelli a souligné dans une déclaration à leconomistemaghrebin.com que : « Si la demande mondiale d’énergie progresse en moyenne de 1,3 à 1,5 % par an, celle de l’électricité croît environ deux fois plus vite, à près de 3 % annuellement. » Il estime que cette hausse est tirée par deux principaux vecteurs : le développement des véhicules électriques et l’expansion des data centers, ces infrastructures qui alimentent notamment l’intelligence artificielle, la simulation et le calcul de haute performance.

Nidhal Ouerfelli relève également qu’en 2025, le solaire a, pour la première fois, couvert une part des besoins énergétiques mondiaux supérieure à celle du charbon, du gaz naturel et du pétrole.

Des infrastructures très énergivores

Le marché mondial compte environ 11 400 data centers. Près de 40 % sont situés aux États-Unis. Tandis que le reste se répartit principalement entre la Chine et l’Europe. « Ce sont des infrastructures hyper-énergivores », souligne Nidhal Ouerfelli. D’ailleurs, il constate que l’ensemble des data centers consomme aujourd’hui un peu moins que la consommation annuelle d’électricité de la France. Soit davantage que la consommation de l’Arabie saoudite et environ 20 à 22 fois celle de la Tunisie. Ces centres nécessitent non seulement de grandes quantités d’électricité, mais aussi d’importantes ressources en eau pour le refroidissement. « Ils ont besoin de ce couple énergie-eau », résume-t-il.

Aux États-Unis, une partie de ces infrastructures est alimentée par le nucléaire. « On parle presque d’une centrale nucléaire pour un data center », indique l’expert, qui précise toutefois ne pas disposer du nombre exact de centrales concernées. Sur les quelque 11 400 data centers recensés dans le monde, environ 4 000 à 5 000 se trouvent aux États-Unis, pays qui bénéficie d’une capacité importante de production d’électricité nucléaire.

La Tunisie doit-elle attirer les grands data centers ?

Face à cette croissance de la demande, Nidhal Ouerfelli appelle la Tunisie à choisir ses axes de bataille. « Je ne vois pas véritablement d’opportunité autour de la mise en place de grands data centers en Tunisie, tout simplement parce que nous manquons d’énergie » affirme-t-il. Il souligne que cette contrainte ne concerne pas seulement la Tunisie, mais une partie de la région. 

Installer des infrastructures aussi énergivores dans un contexte de stress hydrique et de déficit énergétique n’apparaît donc pas comme une priorité. Il estime en revanche que le pays doit « oser la rupture » avec sa stratégie énergétique actuelle, en tirant parti de sa position géographique et géostratégique, de ses capacités de formation, de recherche et développement, ainsi que de sa proximité avec l’Europe, particulièrement l’Italie. Il cite également les ressources énergétiques des pays voisins : le gaz naturel algérien et le pétrole libyen.

Énergies renouvelables : une nouvelle dépendance à éviter

Nidhal Ouerfelli met aussi en garde contre une transition énergétique pensée uniquement sous l’angle climatique, sans intégrer la dimension géopolitique. « Le recours aux énergies renouvelables peut nous placer dans une autre forme de dépendance énergétique » prévient-il. Il ne s’agirait plus d’une dépendance aux ressources fossiles, mais aux matériaux stratégiques nécessaires à la fabrication des panneaux solaires, des éoliennes, des batteries et des véhicules électriques.

Or, poursuit-il, la Chine concentre aujourd’hui une part majeure du raffinage et de la transformation de ces matériaux critiques. « Sortir de la dépendance du pétrole et du gaz ne doit pas nous faire tomber dans une dépendance géopolitique aux matériaux critiques » alerte-t-il.

Pour l’expert, l’énergie reste avant tout une question de puissance. Après le pétrole, devenu un instrument géopolitique majeur lors des chocs pétroliers, le gaz s’impose désormais comme un levier d’influence internationale.

Nidhal Ouerfelli : « Si nous ne sommes pas à la table, nous serons au menu »

Concernant la Tunisie, Nidhal Ouerfelli estime que le pays dispose déjà de stratégies et de réflexions, notamment la stratégie énergétique adoptée en 2023. Le premier défi, selon lui, est l’exécution rapide. « Une stratégie se mesure à son taux d’exécution et non seulement à son adoption ou aux lois votées » insiste-t-il.

Le deuxième axe consiste, ajoute-t-il, à dépasser le statut de pays de transit du gaz et éventuellement, à l’avenir, de l’électricité pour devenir un véritable pays plateforme. Cela suppose d’investir dans l’énergie, de conclure des contrats de long terme, de contrôler les flux et de renforcer la souveraineté et l’indépendance énergétiques du pays. La diplomatie doit, dans ce cadre, jouer un rôle central. « Il faut une diplomatie agressive, au service de l’énergie et de l’intérêt national » affirme Nidhal Ouerfelli, citant l’exemple de l’Italie.

Son message final est clair : « Il faut redessiner notre stratégie énergétique à la lumière des enjeux géopolitiques et des risques qui en découlent : risques climatiques, dépendances, émissions de CO2 et nécessité de diversification. L’objectif principal doit rester la création de valeur économique et industrielle. Et si nous ne sommes pas autour de la table pour discuter et négocier, nous serons au menu. »

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Hatem Atallah : « La diplomatie, un acteur clé de nos priorités stratégiques et énergétiques »

Hatem Atallah, ancien ambassadeur, est intervenu lors de la pré-session consacrée au thème « Les tendances de la géopolitique et de l’énergie », organisée par l’IACE (Institut arabe des chefs d’entreprise) lors de la 9ème édition du Forum de l’IACE, ce jeudi 22 octobre 2026 à son siège.

L’ancien diplomate juge nécessaire de « prendre les choses telles qu’elles sont et de travailler sur cette base pour défendre nos intérêts et préserver notre marge de souveraineté nationale ». Cette souveraineté, ajoutera-t-il, repose, en premier lieu, sur la capacité du pays à déterminer ses choix et ses orientations fondamentales.

Hatem Atallah a également rappelé que la transition énergétique soulève des interrogations géopolitiques majeures. Les Européens, « nos partenaires et voisins directs les plus proches », cherchent à diversifier leurs sources d’approvisionnement et à accélérer leur décarbonation. C’est, a-t-il expliqué, leur objectif, leur vision et la stratégie qu’ils sont contraints de suivre. « Le risque pour la Tunisie, c’est de se retrouver face à des projets qui répondent davantage à la demande extérieure qu’aux besoins nationaux, qu’il s’agisse des besoins domestiques ou de la maîtrise des coûts de l’énergie », s’inquiète-t-il.

 

Lire aussi : Géopolitique énergétique : Nidhal Ouerfelli alerte sur un choc d’offre historique en 2026   

Il a conclu que si la diplomatie, les relations internationales et la géopolitique mondiale influencent les choix du pays, elles ne sont pas les seuls facteurs déterminants. « Il y a aussi la réalité intérieure, les contraintes budgétaires, les dimensions sociales, les contraintes environnementales et d’autres éléments à prendre en compte dans l’établissement de ces choix ».

Et de conclure: « C’est précisément dans cette détermination des choix que s’exerce la souveraineté nationale. La diplomatie demeure, dans ce contexte, l’acteur principal sur le plan extérieur, non seulement pour la mise en œuvre de la stratégie du pays, mais aussi pour le conseil et l’orientation, afin que chaque étape franchie réponde aux priorités nationales tout en anticipant les difficultés et les évolutions géopolitiques possibles ».

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Géopolitique énergétique : Nidhal Ouerfelli alerte sur un choc d’offre historique en 2026   

À l’occasion de la 9e édition du Forum de l’IACE, consacrée à la géopolitique énergétique, Nidhal Ouerfelli, ancien ministre et expert en transition énergétique au CEA, a dressé un tableau alarmant du paysage énergétique mondial. Il a notamment souligné la vulnérabilité des approvisionnements liée à leur concentration autour du détroit d’Ormuz.

L’expert n’a pas manqué de souligner que l’année 2026 est marquée par le plus grand choc d’offre de l’histoire énergétique. Pour en expliquer l’ampleur, il a rappelé qu’un cinquième des flux mondiaux de pétrole et de gaz naturel liquéfié (GNL) transite par le détroit d’Ormuz. Ensuite, il a mis en avant la concentration des capacités de réserve de l’OPEP en Arabie saoudite, aux Émirats arabes unis et au Koweït, soulignant ainsi le poids stratégique de cette région dans l’équilibre énergétique mondial.

Alors quid de l’ énergie dans le bassin méditerranéen à l’horizon 2050 ?

Pour Nidhal Ouerfelli, l’objectif à l’horizon 2050 consiste à tripler la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique de la Méditerranée, avec une progression un peu plus marquée sur la rive sud que sur la rive nord. Et concernant la rive sud, le gaz reste présent dans le mix énergétique. Le stockage devrait jouer un rôle essentiel, car on ne peut pas s’appuyer sur une production électrique intermittente et variable sans disposer de capacités de gaz, de stockage et de pilotabilité en secours. Il faudrait donc une capacité de stockage d’électricité d’environ 10 %. Tout cela nécessite à l’échelle de la Méditerranée, estime-t-il, des investissements très importants. La mise en place de ce scénario (horizon 2050) requiert, selon le scénario plus bas, 3 700 milliards d’euros, tandis que les scénarios de l’Observatoire méditerranéen de l’énergie évoquent jusqu’à 6 800 milliards d’euros d’investissements nécessaires pour atteindre cet objectif. C’est également un défi majeur.
D’ où la question : qu’est-ce qui nous conduit à cette transition énergétique, ou plutôt à cette nécessité de transition ? “Elle nous renvoie à une autre difficulté. L’objectif initial était de sortir du pétrole et du gaz, notamment pour éviter les conflits et les tensions géopolitiques liés à ces énergies. Or, on se retrouve aujourd’hui dans une configuration différente.
Ce schéma de l’AIE, publié en septembre dernier, montre les besoins énergétiques liés au transport et à la production. J’en ai retenu deux exemples. Pour répondre à cet objectif, la construction d’un véhicule électrique nécessite aujourd’hui, en moyenne, environ dix fois plus de ressources critiques et de métaux rares ou nouveaux matériaux ».
Il poursuit l’explication: « De même, en ce qui concerne les besoins en matières premières, exprimés en kilogrammes par mégawatt de capacité : pour une centrale à gaz, on se situe autour d’une centaine de kilos ; pour le pétrole et le nucléaire, un peu plus. Tandis que pour construire un parc éolien, il faut environ 5 000 kilos, soit 5 tonnes par mégawatt. Pour l’éolien, les besoins en matières premières sont donc environ quatre à six fois supérieurs, notamment en lithium, en manganèse, en cuivre, en cobalt et autres métaux”.
Cette réflexion sur la transition énergétique, avec la sortie progressive du pétrole, du charbon et du gaz au profit des énergies renouvelables et bas carbone, fait apparaître un autre constat : les ressources existent à l’échelle mondiale, mais les capacités de raffinage de ces minerais et matériaux critiques se concentrent essentiellement dans un seul pays, la Chine. Et d’ajouter : “Nous passons donc d’une dépendance géopolitique liée à la production et au transport des énergies fossiles à une nouvelle forme de dépendance, celle liée cette fois aux capacités de raffinage des matériaux indispensables à la production d’énergie et d’électricité. Il y a ainsi une nouvelle centralisation, de nature différente, autour d’un pays qui domine aujourd’hui le raffinage de ces matériaux critiques”.

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