Chiffre de la semaine : 149 incarcérations après les violences et pillages du week-end
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Dans un communiqué publié lundi 19 octobre, la présidence indique qu’Emmanuel Macron a demandé au ministre de déployer « au plus vite sur le terrain de nouveaux modes d’action (…) contre les casseurs », tout en pointant des « défaillances d’anticipation et de renseignements » ayant contribué aux débordements. Ce refus intervient alors que l’exécutif est confronté à de nombreuses interrogations sur la préparation et la conduite du dispositif de maintien de l’ordre. Les affrontements ont entraîné des dégradations et des pillages dans plusieurs grandes villes, tandis que les tensions se sont prolongées dimanche à Paris, où la CRS 8, spécialisée dans les violences urbaines, a de nouveau été déployée.
L’ampleur de la mobilisation, qui a dépassé les 600 000 participants selon les estimations rapportées par la presse, a relancé le débat sur les moyens engagés et la capacité des services de renseignement à anticiper les risques. Les bilans des interpellations et des blessés ont varié selon les sources et les moments de leur publication.
Emmanuel Macron a promis dimanche soir, dans une allocution solennelle, de faire toute la transparence sur la stratégie de maintien de l’ordre. La présidente de l’Assemblée nationale a, de son côté, proposé la création d’une commission d’enquête sur les opérations de sécurité et leurs éventuels dysfonctionnements.
Le maintien de Laurent Nuñez à son poste vise, selon l’Élysée, à préserver la continuité du commandement dans une période jugée sensible. Il ne met toutefois pas fin aux interrogations sur les responsabilités dans les défaillances évoquées par le chef de l’État.
Parallèlement, le Premier ministre Sébastien Lecornu doit réunir les partis politiques et les organisations syndicales afin de tenter de désamorcer la crise. Le gouvernement entend conjuguer fermeté face aux auteurs de violences et dialogue avec les acteurs politiques et sociaux. La tâche s’annonce délicate. Les oppositions demandent des explications sur la gestion des manifestations. Tandis que les divergences persistent sur les réponses à apporter à la colère sociale et aux débordements.
Des groupes se réclamant des « Gilets jaunes » appellent à poursuivre les perturbations et les blocages logistiques. Ils souhaitent faire de la journée de grève interprofessionnelle du 5 novembre le point de départ d’un mouvement de grève et de blocage général reconductible. Cet appel intervient alors que le gouvernement cherche à éviter une nouvelle escalade, sans perdre de vue les revendications liées au pouvoir d’achat et au coût de la vie.
La crise place ainsi l’exécutif devant un double défi : rétablir la sécurité publique et répondre au mécontentement social. Le refus de la démission du ministre de l’Intérieur maintient la chaîne de commandement en place, mais la question de l’anticipation des violences et de la préparation des opérations devrait rester au centre du débat politique dans les prochains jours.
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Mobilisation d’ampleur à Tunis. Samedi 17 octobre, entre 3 000 et 6 000 manifestants, selon les estimations, ont répondu à l’appel de neuf organisations, dont l’UGTT, la LTDH et l’Ordre des avocats, pour une marche nationale placée sous le slogan « Tunisie d’abord… le peuple au-dessus de toute considération ».
Retour en images sur les temps forts de la marche.


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Une marche de protestation est prévue ce samedi 17 octobre 2026 à Tunis, organisée à l’appel d’organisations nationales et de partis politiques de différentes obédiences. Mise sous le slogan : «La Tunisie d’abord, et le peuple avant tout», elle vise à protester contre la détérioration de la situation économique, sociale et politique et la concentration des pouvoirs entre les mains de l’exécutif et exiger le respect des droits et des libertés et la libération des détenus politiques et d’opinion. (Photo d’archives: Manifestation anti-Saïed du 20 août 2026).
Latif Belhedi
La marche a été décidée et annoncée, le 29 septembre, suite à une réunion des principales organisations nationales : l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), la Ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH) et le Conseil de l’ordre des avocats tunisiens (Coat), qui avaient reçu le Prix Nobel de la Paix en 2015 pour leur rôle dans la réussite du dialogue national avant alors sauvé le pays d’une grave crise politique. Elle a reçu le soutien de plusieurs autres organisations, tel que le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT), ainsi que de partis politiques de diverses obédiences dont les militants vont devoir défiler sans arborer leur appartenance partisane, une manière de taire leurs divergences doctrinaires et politiques et présenter le visage d’une opposition unie face aux périls menaçant le pays.
Cette marche n’est pas la première du genre, elle fait suite à plusieurs autres qui partaient d’un même constat : la détérioration de la situation générale dans le pays marquée par la baisse du pouvoir d’achat, la hausse du chômage et la précarité croissante de franges importantes de la population. Sans oublier la dégradation des services publics (santé, éducation et transport) et les inquiétudes quant aux libertés publiques et individuelles, notamment la liberté d’expression et d’association et le droit de manifester pacifiquement.
Tout en insistant sur l’indépendance de la justice et le droit à un procès équitable et en rejetant toute restriction aux activités politiques, associatives et syndicales, les initiateurs de la marche défendent le droit à un travail décent, à une rémunération équitable et à une vie digne.
La marche d’aujourd’hui intervient dans un contexte tendu. Les relations entre l’UGTT et les autorités sont dégradées depuis des années et le dialogue social est quasiment à l’arrêt. La centrale syndicale a d’ailleurs annoncé une grève générale pour le 21 janvier 2026, invoquant la défense des libertés syndicales.
Estiment ne plus être entendues par le pouvoir politique, aujourd’hui incarné par l’hyperprésidence de Kaïs Saïed, en poste depuis 2019, les organisations nationales ont choisi la rue pour faire entendre leurs voix et leurs revendications.
Il reste cependant à savoir si la mobilisation d’aujourd’hui, quelle que soit son ampleur, trouvera un écho auprès du locataire du palais de Carthage, qui est resté, jusque-là, totalement indifférent aux protestations populaires, assimilant ses opposants à des agents de l’extérieur traitres à la nation, dont il pense être l’unique incarnation.
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Le samedi 17 octobre 2026, une marche de protestation, qualifiée de «nationale, unitaire et populaire» se tiendra à Tunis avec pour mot d’ordre : «La Tunisie d’abord… Le peuple au-dessus de toute considération», appelant ainsi à dépasser les divergences idéologiques et les divisions politiques ayant toujours traversé les rangs de l’opposition.
Décidée le 29 septembre au siège de l’UGTT par une coordination réunissant l’UGTT, la Ligue tunisienne de défense des droits de l’homme (LTDH), l’Ordre national des avocats de Tunisie et de nombreuses autres organisations de la société civile, cette marche succède à plusieurs autres organisée au cours des derniers mois pour protester contre la dégradation des conditions de vie de la population sur fond de crise sociale et économique (recul des services publics, érosion du pouvoir d’achat, chômage, précarité, pénuries d’eau, de médicaments et de produits de base).
Les organisateurs entendent aussi protester contre l’impuissance du pouvoir mis en place par Kaïs Saïed au lendemain du «coup de force» du 25 juillet 2021 face aux difficultés dont souffrent les citoyens, et exiger la restauration des libertés muselées et de la démocratie démantelée, selon leurs termes.
«Les acquis de la révolution de la liberté et de la dignité sont presque totalement remis en cause. Les libertés de la presse, d’expression, de création et d’association ont été successivement attaquées ; la justice est instrumentalisée ; les procès et les condamnations se multiplient contre militant·es, avocat·es, journalistes, syndicalistes et opposant·es. Les organisations qui défendent les droits, dont la LTDH, l’UGTT et l’Ordre des avocats, sont entravées, menacées ou suspendues», lit-on dans un appel à une réunion publique de solidarité à Paris
vendredi 16 octobre 2026, de 19h à 22h, au Maltais Rouge (40 rue de Malte, 75011), en soutien à la marche nationale de Tunis du 17 octobre, signé par le Comité pour le respect des libertés et des droits de l’Homme en Tunisie (CRLDHT), la Fédération des tunisiens citoyens des deux rives (FTCR), l’Association démocratique des tunisiens en France (ADTF), l’Union des travailleurs immigrés tunisiens (UTIT) et l’Association défendre la justice en Tunisie (ADJT), et soutenu par seize associations françaises.
«Aujourd’hui, c’est le droit de manifester pacifiquement, dernier espace d’expression collective, qui est frontalement visé : arrestations nocturnes, poursuites contre de simples participant·es, pénalisation de la solidarité elle-même», ajoutent les auteurs dudit appel, qui exigent, par ailleurs, entre autres revendications, «la libération immédiate de toutes les prisonnières et de tous les prisonniers politiques et d’opinion».
I. B.
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