❌

Lese-Ansicht

Bettina Heinen-Ayech, une œuvre marquée par la lumière et les paysages de la Tunisie

Du 23 au 25 octobre 2026, à l’occasion de son 30e anniversaire, la foire internationale d’art ARTfair Innsbruck, en Autriche, rendra hommage à la peintre Bettina Heinen-Ayech (1937–2020), artiste germano-algérienne dont l’œuvre fut profondément marquée par la lumière et les paysages de la Tunisie.

Installée dès 1963 à Guelma, dans l’est de l’Algérie, à proximité de la frontière tunisienne, Bettina Heinen-Ayech entretint pendant près de six décennies une relation particulièrement étroite avec la Tunisie.

Elle parcourut régulièrement le pays, peignant ses paysages, ses villes historiques, ses villages et ses habitants. De Tabarka à Tunis et Carthage, de Nabeul à Kairouan, d’El-Djem à Gafsa, elle trouva dans la diversité des paysages tunisiens une source d’inspiration constante.

L’exposition internationale d’Innsbruck constitue aujourd’hui une nouvelle reconnaissance majeure pour cette artiste qui consacra l’essentiel de sa vie à la peinture et dont la Tunisie occupa une place importante dans l’univers artistique et personnel.

Une relation privilégiée avec la Tunisie depuis 1963

En février 1963, quelques mois après l’indépendance de l’Algérie, Bettina Heinen-Ayech s’installe à Guelma auprès de son époux, Abdelhamid Ayech (1926–2010).

La proximité géographique de Guelma avec la Tunisie favorise très rapidement ses voyages dans le pays voisin, qu’elle découvre et apprend à aimer dès cette époque.

À partir de 1963, la peintre effectue régulièrement des séjours en Tunisie, parcourant différentes régions avec ses couleurs, ses pinceaux et son matériel de peinture.

Ces voyages deviennent une composante durable de son existence et de sa création artistique.

La Tunisie lui offre une remarquable diversité de paysages, de lumières et d’atmosphères : le littoral méditerranéen, les montagnes boisées du Nord-Ouest, les anciennes cités, les plaines agricoles, les villages de l’intérieur et les paysages arides du Sud.

Elle ne se contente pas de visiter ces lieux. Fidèle à sa pratique de la peinture sur le motif, elle s’y installe pour travailler directement devant la nature, cherchant à saisir les variations de lumière, les couleurs et le caractère particulier de chaque région.

Au fil des décennies, cette proximité donne naissance à une œuvre tunisienne importante, témoignage pictural d’un attachement profond au pays.

Tabarka : une source d’inspiration particulièrement intense

Parmi toutes les régions tunisiennes qu’elle découvre, Tabarka et ses environs occupent une place privilégiée dans son œuvre.

Située non loin de Guelma, sur la côte méditerranéenne, cette région devient l’une de ses destinations de prédilection.

Bettina Heinen-Ayech y revient régulièrement pour peindre les montagnes verdoyantes, les forêts, les reliefs descendant vers la mer, les villages et les paysages côtiers.

Elle est particulièrement sensible à la rencontre entre la végétation luxuriante du Nord-Ouest tunisien et les couleurs changeantes de la Méditerranée.

Les contrastes entre les montagnes, les forêts, la mer et la lumière méditerranéenne lui offrent des possibilités picturales qu’elle explore inlassablement.

Son travail dans la région de Tabarka s’inscrit ainsi parmi les expressions les plus personnelles de sa relation artistique avec la Tunisie.

De Tunis à Carthage, de Kairouan à Gafsa : une peintre à la découverte du pays

L’intérêt de Bettina Heinen-Ayech pour la Tunisie ne se limite toutefois pas à la région de Tabarka.

Au cours de ses nombreux séjours, elle découvre et peint également Tunis et Carthage, où l’histoire, l’architecture et la lumière méditerranéenne constituent autant de sujets d’inspiration.

Elle travaille aussi à Nabeul, sur la péninsule du Cap Bon, région dont les paysages et la vie quotidienne nourrissent son regard de peintre.

Dans l’intérieur du pays, elle se rend notamment à Kairouan, ville chargée d’histoire, ainsi qu’à El-Djem, célèbre pour son patrimoine architectural antique.

Plus au sud, ses voyages la conduisent jusqu’à Gafsa, où elle découvre d’autres couleurs, d’autres reliefs et des paysages annonçant les régions présahariennes.

Ces déplacements témoignent de sa volonté de connaître la Tunisie dans toute sa diversité, bien au-delà des grands centres urbains et des destinations touristiques.

Pour elle, chaque région possède une identité propre, une lumière particulière et une atmosphère que la peinture peut exprimer.

Ses œuvres tunisiennes constituent ainsi un témoignage artistique de plusieurs décennies de rencontres avec les paysages et la culture du pays.

Une artiste également présente dans la vie culturelle tunisienne

La relation de Bettina Heinen-Ayech avec la Tunisie ne fut pas uniquement celle d’une peintre voyageuse. Elle exposa à plusieurs reprises ses œuvres à Tunis, participant ainsi à la vie artistique et culturelle de la capitale. Ces expositions lui permirent de présenter sa peinture au public tunisien et de faire connaître son regard personnel sur les paysages de l’Afrique du Nord.

Son attachement à la Tunisie s’exprimait également à travers les relations humaines nouées au fil de ses séjours et son intérêt constant pour la culture et les habitants du pays.

Pour cette artiste profondément européenne par sa formation, mais dont l’existence fut intimement liée au Maghreb, les frontières nationales ne constituaient pas des frontières artistiques.

L’Algérie et la Tunisie formaient deux espaces voisins, différents et complémentaires, qui nourrissaient sa sensibilité et sa création.

Sa peinture témoigne ainsi d’une rencontre durable entre les traditions picturales européennes et les paysages de l’Afrique du Nord.

Une carrière artistique reconnue sur les deux rives de la Méditerranée

Née en Allemagne en 1937, Bettina Heinen-Ayech manifeste très tôt un talent exceptionnel pour la peinture.

Formée dans l’environnement artistique de la colonie de peintres de Solingen, elle bénéficie notamment de l’enseignement du peintre Erwin Bowien (1899–1972).

Dès sa jeunesse, elle participe à d’importantes expositions en Europe et développe progressivement un langage pictural personnel, caractérisé par une grande liberté de couleur, une sensibilité particulière à la lumière et une approche expressive du paysage.

Son installation en Algérie en 1963 marque une étape déterminante de son parcours.

Durant près de six décennies, elle peint aussi bien en Afrique du Nord que dans différents pays européens, maintenant un dialogue artistique permanent entre les deux rives de la Méditerranée.

En Algérie, son œuvre bénéficie d’une reconnaissance institutionnelle importante.

Le Musée national des beaux-arts d’Alger lui consacre notamment deux grandes rétrospectives, en 1993 et 2004, et conserve des œuvres de l’artiste dans ses collections.

En 2014, le Musée national public Cirta de Constantine organise une nouvelle grande rétrospective consacrée à son parcours artistique.

Elle reçoit également plusieurs distinctions officielles, parmi lesquelles le Grand Prix de la ville d’Alger en 1976, ainsi que des hommages des institutions culturelles algériennes.

Mais sa carrière dépasse largement le cadre d’un seul pays.

Ses voyages et ses expositions témoignent de l’itinéraire d’une artiste qui a construit une œuvre originale au croisement de plusieurs cultures.

La Tunisie, une patrie artistique de cœur

Pour Bettina Heinen-Ayech, la Tunisie ne fut jamais une simple destination de voyage.

La proximité avec son lieu de résidence à Guelma, la fréquence de ses séjours et les liens humains qu’elle y développa firent de ce pays une partie familière et précieuse de son existence.

Elle y revint pendant des décennies, découvrant sans cesse de nouveaux sujets et retrouvant des paysages auxquels elle était profondément attachée.

Tabarka, Tunis, Carthage, Nabeul, El-Djem, Kairouan et Gafsa comptent ainsi parmi les lieux qui ont nourri son inspiration.

Son œuvre constitue aujourd’hui un témoignage artistique de cette relation particulière avec la Tunisie.

Lorsqu’elle s’éteint en 2020, Bettina Heinen-Ayech laisse derrière elle un ensemble pictural considérable qui reflète près de soixante-dix années de création artistique, dont une partie importante est consacrée aux paysages et aux habitants du Maghreb.

Reconnaissance internationale pour une artiste géniale

Du 23 au 25 octobre 2026, à l’occasion de son trentième anniversaire, la foire internationale ARTfair Innsbruck rendra un hommage exceptionnel à Bettina Heinen-Ayech.

Une importante présentation muséale permettra au public international de découvrir un ensemble représentatif de son œuvre, illustrant les différentes étapes de sa carrière.

Une attention particulière sera portée à sa peinture inspirée par l’Afrique du Nord, où elle développa un langage pictural personnel, marqué par l’intensité de la lumière méditerranéenne et la diversité des paysages.

Cet hommage constitue une nouvelle étape dans la reconnaissance internationale d’une artiste dont l’existence et la création furent profondément marquées par les échanges entre l’Europe et le Maghreb.

Pour son fils, Dr Haroun Ayech, qui se consacre aujourd’hui à la sauvegarde et à la transmission de l’héritage artistique de sa mère, cette manifestation possède une signification particulière : «Ma mère entretenait avec la Tunisie une relation très profonde. Dès son installation à Guelma en 1963, elle s’est rendue régulièrement dans ce pays voisin qu’elle aimait beaucoup. Elle y a parcouru et peint de nombreuses régions, avec une prédilection particulière pour Tabarka, mais aussi Tunis, Carthage, Nabeul, Kairouan, El-Djem et Gafsa.

La Tunisie faisait véritablement partie de son univers artistique et affectif. Elle y avait ses habitudes, ses souvenirs et de nombreux sujets d’inspiration. Elle était également heureuse d’avoir pu présenter ses œuvres à plusieurs reprises au public tunisien. Voir aujourd’hui sa peinture honorée à l’échelle internationale est pour moi une grande joie. J’y vois également un hommage aux paysages, à la lumière et à la culture de la Tunisie, ce pays auquel ma mère était si profondément attachée.»

Une nouvelle grande exposition en Allemagne en 2027

Cette reconnaissance internationale se poursuivra dès le début de l’année prochaine.

Du 16 janvier au 4 avril 2027, le Kunstmuseum Schwaan, en Allemagne, consacrera une nouvelle grande exposition à Bettina Heinen-Ayech.

Cette manifestation présentera un vaste panorama de sa création, depuis les premières années de sa carrière jusqu’aux œuvres de sa maturité inspirées par les paysages européens et nord-africains.

Des œuvres des peintres Erwin Bowien et Amud Uwe Millies, deux autres représentants importants de la colonie artistique de Solingen, compléteront cette présentation.

Cette exposition offrira une nouvelle occasion de faire découvrir au public européen le parcours exceptionnel d’une artiste qui fit de la peinture un dialogue permanent entre les cultures, les paysages et les peuples.

L’article Bettina Heinen-Ayech, une œuvre marquée par la lumière et les paysages de la Tunisie est apparu en premier sur Kapitalis.

  •  

17 octobre 1961 : une trentaine de maires appellent à la reconnaissance du massacre

Bilan inconnu, Des édiles, principalement d’Île-de-France, ont signé un texte commun pour réclamer la reconnaissance du massacre du 17 octobre 1961. En bref Une trentaine de maires demandent la reconnaissance du massacre du 17 octobre 1961 comme un crime d’État.…

L’article 17 octobre 1961 : une trentaine de maires appellent à la reconnaissance du massacre est apparu en premier sur lecourrierdelatlas.

  •  

L’Algérie ouvre davantage ses portes aux investisseurs sud-africains

L’Algérie veut donner une nouvelle impulsion à son partenariat économique avec l’Afrique du Sud. Et ce, en misant sur le développement des investissements et la multiplication des projets communs.

Le directeur général de l’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI), Omar Rekkache, a réaffirmé le 15 octobre la disponibilité de son organisme à accompagner les investisseurs sud-africains souhaitant développer des projets en Algérie. Il s’exprimait lors d’une rencontre à Alger avec Zanele Sani, directrice générale des relations économiques bilatérales avec l’Afrique au ministère sud-africain du Commerce, de l’Industrie et de la Concurrence. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre de la visite de travail de la responsable sud-africaine. Laquelle était organisée à l’occasion d’une réunion ministérielle consacrée au suivi des décisions de la septième session de la Grande Commission bilatérale de coopération, tenue à Alger en décembre 2024.

Les discussions ont porté sur les possibilités de renforcer les échanges économiques, de développer des partenariats entre entreprises et de lancer des projets d’investissement conjoints dans plusieurs secteurs. Les deux parties ont également évoqué le partage d’expériences en matière de promotion de l’investissement.

À cette occasion, le responsable algérien a présenté les réformes engagées pour améliorer le climat des affaires et simplifier les démarches administratives en Algérie. Il a notamment mis en avant le rôle du guichet unique de l’investissement, chargé d’accompagner les porteurs de projets, de l’enregistrement initial jusqu’à leur entrée en exploitation.

Un partenariat stratégique à concrétiser

Parallèlement à ces échanges, une réunion ministérielle coprésidée par le chef de la diplomatie algérienne, Ahmed Attaf, et son homologue sud-africain, Ronald Lamola, a permis de faire le point sur la mise en œuvre des engagements bilatéraux.

L’Algérie et l’Afrique du Sud ont réaffirmé leur volonté de faire de leur partenariat un modèle de coopération africaine fondé sur la confiance, la solidarité et la convergence des intérêts. Elles ont également souligné la nécessité d’intensifier les échanges commerciaux et de favoriser les investissements entre leurs opérateurs économiques.

Cette dynamique s’appuie sur la déclaration de partenariat stratégique des deux pays adoptée lors de la visite du président sud-africain Cyril Ramaphosa en Algérie, en décembre 2024.

L’enjeu consiste désormais à transformer les engagements politiques en réalisations économiques, en mobilisant les capacités industrielles et commerciales des deux partenaires au service de projets durables.

L’article L’Algérie ouvre davantage ses portes aux investisseurs sud-africains est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

  •  

Sonatrach renforce son partenariat avec les acteurs énergétiques américains 

Le Président-directeur général (PDG) du groupe Sonatrach, Noureddine Daoudi, a tenu une série de rencontres aux Etats-Unis, avec les dirigeants des compagnies énergétiques américaines ExxonMobil, Halliburton et Devon Energy, durant lesquelles le renforcement du partenariat a été examiné, selon un communiqué du groupe. Ces rencontres, tenues dans le cadre de la visite de travail aux […]

  •  

Algérie-Tunisie | Sécuriser les contrats et les créances avant le contentieux

Les relations économiques entre l’Algérie et la Tunisie connaissent un regain de dynamisme. Bien qu’encore en-deçà des aspirations des deux peuples, cette évolution ouvre des perspectives réelles aux entreprises des deux pays, mais elle impose aussi davantage de rigueur dans la préparation des opérations transfrontalières. Un contrat commercial ne se sécurise pas uniquement par le choix du droit applicable ou d’une juridiction. Il se sécurise aussi par la maîtrise de l’origine de la marchandise, du circuit bancaire, du transport, des spécifications techniques, de la réception, de la preuve et, en dernier ressort, du recouvrement.

Me Brahim Nouni *

La relation entre les deux pays repose déjà sur un cadre institutionnel structuré. L’Accord commercial préférentiel algéro-tunisien, entré en vigueur le 1er mars 2014, prévoit des avantages tarifaires pour certaines catégories de produits, sous réserve des conditions fixées par l’accord, notamment en matière d’origine.

Plus récemment, la 23e session de la Grande commission mixte algéro-tunisienne de coopération, tenue en décembre 2025, a abouti à la signature de vingt-cinq accords, mémorandums d’entente et programmes exécutifs couvrant notamment l’investissement, l’industrie, l’énergie, les finances et le transport. Parmi eux figure un programme de coopération entre l’Agence algérienne de promotion de l’investissement et la Tunisia Investment Authority pour la période 2026-2027.

La partie algérienne a également réaffirmé en juillet 2026 sa volonté de poursuivre le travail commun afin que les mécanismes bilatéraux débouchent sur des projets concrets et durables.

Pour l’entreprise tunisienne qui souhaite travailler en Algérie, comme pour l’entreprise algérienne qui développe ses opérations en Tunisie, la question n’est donc pas d’opposer ouverture économique et réglementation. Il s’agit plutôt d’intégrer suffisamment tôt les exigences juridiques, techniques et financières dans la structure même de l’opération.

Le régime préférentiel doit être vérifié avant de fixer le prix

L’existence d’un accord commercial préférentiel ne signifie pas que toute marchandise tunisienne entrant en Algérie bénéficie automatiquement d’un avantage tarifaire, ni que toute marchandise algérienne entrant en Tunisie en bénéficie dans les mêmes conditions.

Le produit concerné, son classement et son origine doivent être examinés. Cette question devient particulièrement importante lorsque le produit incorpore des composants provenant de plusieurs pays ou lorsqu’une partie de sa transformation a été réalisée hors d’Algérie ou de Tunisie.

Pour l’entreprise, la vérification doit intervenir avant que le prix soit définitivement arrêté. Lorsqu’une marge commerciale est calculée en tenant compte d’une exonération ou d’une réduction de droits et que celle-ci ne peut finalement être appliquée, l’équilibre économique du contrat peut être affecté.

Il est donc utile que le contrat identifie clairement les documents d’origine attendus et la partie chargée de les fournir. Il ne s’agit pas de créer une obligation nouvelle, mais de faire correspondre le contrat au régime commercial que les parties entendent effectivement utiliser.

En Algérie, le calendrier bancaire doit être coordonné avec l’expédition

Dans les ventes vers l’Algérie, le circuit bancaire ne peut pas être dissocié de la logistique. La note n° 01/DGC/2026 de la Banque d’Algérie, datée du 14 mai 2026, rappelle le principe de la domiciliation bancaire préalable à l’expédition des biens importés et prévoit que la date figurant sur les documents de transport ou d’expédition soit postérieure à celle de la domiciliation, sous réserve des cas prévus par la réglementation.

Cette règle a une conséquence très concrète. La réception d’un bon de commande par un fournisseur tunisien ne devrait pas nécessairement être assimilée, à elle seule, à une autorisation immédiate d’expédier.

Le calendrier commercial doit être coordonné avec le traitement bancaire de l’opération. Cette organisation permet d’éviter qu’une marchandise soit déjà en circulation alors que les formalités nécessaires au traitement régulier de l’importation ne sont pas encore finalisées.

Cette exigence ne doit pas être présentée comme étrangère au contrat. Elle fait partie des conditions pratiques de son exécution.

Le contrat doit parler le même langage que la technique

Dans les opérations industrielles, les difficultés apparaissent souvent avant même la question juridique. Une machine a été livrée, mais atteint-elle le rendement convenu ? Un équipement fonctionne, mais respecte-t-il les performances prévues ? Une installation a été mise en service, mais répond-elle réellement au cahier des charges ?

Le terme «conforme» ne suffit pas lorsque aucune référence précise ne permet de mesurer cette conformité.

L’offre technique, le cahier des charges, les plans, les fiches de performance, les normes retenues et, lorsque cela est nécessaire, les protocoles d’essai doivent pouvoir être reliés au contrat.

Le juriste ne remplace pas l’ingénieur, et l’ingénieur ne remplace pas le juriste. Mais dans les contrats techniques, les deux lectures doivent se rejoindre.

La même logique s’applique aux Incoterms®. Ils sont utiles pour répartir certaines obligations relatives à la livraison, au transport, aux coûts et au transfert des risques, mais ils ne remplacent pas le contrat. Ils ne règlent pas, à eux seuls, le transfert de propriété, les caractéristiques de la marchandise, les modalités de paiement, les garanties, les conséquences de l’inexécution, le droit applicable ou le règlement du différend.

Le choix de l’Incoterm doit surtout correspondre au circuit réel de la marchandise et désigner avec précision le lieu ou le port concerné. Ce qui paraît être un simple détail rédactionnel peut devenir déterminant lorsqu’un dommage survient pendant le transport ou qu’un coût
inattendu apparaît.

La réception est souvent le point de rencontre entre la technique et le paiement

Une difficulté fréquente tient à l’utilisation imprécise des termes «livraison», «réception», «mise en service» ou «acceptation».

Pour le fournisseur, la prestation peut être achevée dès la remise physique de la marchandise. Pour le client, elle peut ne l’être qu’après installation, essai ou vérification des performances.

Cette différence peut déterminer la date d’exigibilité d’une facture, le point de départ d’une garantie ou l’existence de réserves.

Dans les opérations techniques, les parties peuvent donc organiser contractuellement une procédure de réception adaptée au projet. Selon le cas, il peut être utile de prévoir des essais avant expédition, après installation ou à l’issue d’une période de fonctionnement.

Ces mécanismes ne doivent pas être présentés comme des obligations légales générales. Ils sont des instruments contractuels de sécurisation lorsqu’ils correspondent à la nature de l’opération. Leur valeur apparaît surtout le jour où une créance devient litigieuse.

Une entreprise qui dispose du contrat, du bon de commande, de la preuve de livraison, des documents techniques et d’un procès-verbal de réception se trouve dans une position différente de celle qui doit reconstituer l’exécution plusieurs mois après les faits à partir de messages dispersés.

Le recouvrement commence avant l’impayé

Le recouvrement d’une créance ne commence pas avec la mise en demeure. Il commence au moment où le contrat est exécuté.

Une facture n’existe jamais isolément. Elle renvoie à une commande, à une prestation, à une livraison, à une réception ou à un autre événement contractuel qui doit pouvoir être établi.

La qualité du dossier documentaire devient alors essentielle. Bons de commande, bons de livraison, factures, procès-verbaux, réserves, courriers et courriels professionnels peuvent devenir les pièces centrales d’un litige.

Cette question prend une importance supplémentaire lorsque les équipes commerciales et techniques communiquent par courrier électronique ou messagerie professionnelle. Une modification de commande, un report de délai, une validation technique ou une réserve peuvent être décidés de manière informelle, puis devenir déterminants plusieurs mois plus tard.

L’entreprise doit donc organiser la conservation de sa preuve au fur et à mesure de l’exécution du contrat.

Il en va de même pour les modifications techniques. Un changement de quantité, de référence, de délai ou de prestation doit laisser une trace suffisamment claire pour permettre de déterminer ce qui a été demandé, par qui, à quel prix et avec quelles conséquences.

Cette discipline protège le fournisseur, qui doit pouvoir établir la réalité d’une prestation supplémentaire, mais également le client, qui doit pouvoir vérifier qu’une facturation additionnelle correspond bien à une modification qu’il a autorisée.

Penser le contentieux jusqu’à l’exécution

Lorsque le différend ne peut être évité, la question n’est pas uniquement de savoir quel tribunal saisir.

Il faut également se demander où se trouvent les actifs et dans quelles conditions la décision obtenue pourra produire ses effets.

L’Algérie et la Tunisie disposent d’un cadre bilatéral ancien en matière de coopération judiciaire, notamment à travers la Convention relative à l’assistance mutuelle et à la coopération judiciaire et juridique du 26 juillet 1963. Les conditions applicables à la reconnaissance et à l’exécution d’une décision doivent néanmoins être examinées au cas par cas.

L’existence d’une convention ne signifie pas qu’une décision étrangère devient automatiquement exécutoire.

Le même raisonnement vaut pour l’arbitrage. L’Algérie et la Tunisie sont toutes deux parties à la Convention de New York de 1958 sur la reconnaissance et l’exécution des sentences arbitrales étrangères.

Cela offre un cadre international important, mais ne signifie pas que l’arbitrage soit nécessairement la meilleure solution pour tous les contrats.

La valeur de l’opération, sa complexité, les coûts, le lieu d’exécution et la localisation des actifs doivent être pris en considération.

Le droit local doit intervenir suffisamment tôt

Pour une entreprise tunisienne ou internationale qui développe une opération en Algérie, le droit algérien ne devrait pas être examiné uniquement lorsque le différend est déjà né. Il intervient en amont, dans la structure du contrat, la conformité documentaire, les formalités bancaires, les pouvoirs de signature, les modalités de réception, les conditions de paiement et la préparation de la preuve.

Dans les opérations importantes, la coordination entre la direction juridique de l’entreprise, ses conseils habituels, ses responsables techniques et financiers et le conseil intervenant en droit algérien permet d’identifier plus tôt les difficultés susceptibles d’affecter l’exécution.

Le rôle du conseil local ne commence donc pas nécessairement devant le juge. Il peut précisément consister à éviter qu’une difficulté technique, bancaire ou documentaire ne devienne un contentieux.

La dynamique économique entre l’Algérie et la Tunisie offre aujourd’hui de nouvelles possibilités aux opérateurs des deux pays.

L’enjeu consiste à accompagner cette proximité économique par une préparation contractuelle à la même hauteur.

Un bon contrat ne doit pas seulement dire ce que les parties souhaitent faire. Il doit permettre de comprendre comment l’opération sera exécutée, documentée, payée et, si nécessaire, protégée.

C’est à cette condition que le développement des échanges peut se traduire par des relations commerciales plus sûres, plus prévisibles et plus durables.

* Avocat en Algérie. 

L’article Algérie-Tunisie | Sécuriser les contrats et les créances avant le contentieux est apparu en premier sur Kapitalis.

  •  

‘‘Je suis un écrivain !’’ | Ahmed Zitouni, le rire du pendu

Par-delà l’exil, la folie, la mort et l’humour, Ahmed Zitouni laisse une œuvre singulière que ce volume posthume, ‘‘Je suis un écrivain !’’, édité en 2026 par AssoAZ, l’Association Ahmed Zitouni, fondée par Françoise Zitouni, l’épouse de l’auteur, et ses proches, à la suite du décès de ce dernier en juin 2024, à l’âge de 74 ans, rassemble, sous une forme hybride : archives, entretiens, textes autobiographiques, synopsis de ses livres publiés et révélation de plusieurs ouvrages inédits. Un ensemble qui ressemble autant à une rétrospective qu’à une dernière prise de parole.

Djamal Guettala

Comment classer ce livre ? La question n’est pas secondaire. Le livre refuse d’emblée les catégories habituelles. Ce n’est pas un roman, ni une biographie classique. C’est un testament littéraire. Après «Approches», qui occupent une large première partie et prennent parfois la forme d’un manifeste d’écrivain, viennent les archives : lettres, hommages et documents consacrés notamment à Mohammed Dib et Malek Alloula. Six entretiens réalisés entre 1983 et 2019 permettent ensuite de suivre les différentes étapes du parcours de Zitouni. Le dernier, intitulé «Donné pour mort, voilà l’aiguillon à l’origine de ma résurrection en Algérie », revient sur cette relation particulière entre disparition littéraire en France et retour dans le pays d’origine.

Le lecteur découvre ensuite les synopsis de ses ouvrages publiés, quatre textes présentés comme inédits ou posthumes et, dans les dernières pages, un appel à la création d’une association destinée à accompagner la mémoire et la diffusion de son œuvre.

Le livre ressemble ainsi à un écrivain qui aurait voulu laisser derrière lui non seulement ses textes, mais aussi les éléments nécessaires pour les relire.

Le rire comme arme littéraire

Ce qui frappe dans le parcours de Zitouni, c’est d’abord son rapport à l’humour. Les archives critiques réunies dans le volume montrent que cette dimension avait été très tôt repérée. Jérôme Garcin évoque dans L’Événement du Jeudi un «féroce éclat de rire». D’autres critiques insistent sur la caricature, la rage ou la violence comique de cette écriture.

Chez Zitouni, le rire n’est pourtant jamais décoratif. Il devient une manière de déplacer le regard sur l’exil, le racisme, la marginalité et la mort. L’écrivain refuse notamment de s’enfermer dans le rôle du représentant d’une «littérature immigrée» chargée de raconter la souffrance de l’étranger. La critique des Temps modernes citée dans le volume souligne déjà cette volonté de sortir du registre attendu de «l’immigratitude».

Zitouni transforme alors les situations les plus sombres en matière littéraire. Ses personnages peuvent être fous, morts, pendus, marginalisés. Dans ‘‘La Veuve et le Pendu’’, un écrivain se pend et sa veuve, au lieu de le décrocher, fouille ses papiers. Dans ‘‘Au début était le mort’’, un mort devient une star parce qu’il a tué son chien. Mais ces personnages parlent. Ils pensent. Ils se moquent du monde et souvent d’eux-mêmes.

Cette position explique la place particulière de la mort dans son œuvre. Le mort n’est pas toujours celui qui se tait. Chez Zitouni, il peut devenir celui qui raconte.

La singularité de Zitouni passe aussi par son travail sur les mots. «Bicot», «bicophobe», «mortocratie» : son vocabulaire ne cherche pas la neutralité. Il récupère les mots qui enferment pour les retourner. Dans ‘‘La Raison du plus fou’’, le terme «bicophobe» pousse jusqu’à l’absurde la logique du racisme intériorisé : celui qui est désigné comme «bicot» devient celui qui finit par redouter ou rejeter les autres «bicots». Le mot ne cherche pas seulement à provoquer. Il met en scène une violence qui finit par être retournée contre celui qui la subit.

La «mortocratie», autre néologisme associé à ‘‘Au début était le mort’’, prolonge cette entreprise. La mort devient alors un système, presque une administration, tandis que les médias peuvent transformer le cadavre en objet de récit et de consommation. Quant à «immigratitude», terme repris par la critique, il résume à lui seul le rapport conflictuel de Zitouni aux catégories identitaires.

L’écrivain ne refuse pas l’histoire de l’immigration ; il refuse qu’elle devienne une prison littéraire. Sa langue avance ainsi par collision : tragique et burlesque, Algérie et France, mémoire intime et histoire collective.

De la folie à la mémoire algérienne

Trois œuvres permettent particulièrement de mesurer cette diversité. Avec ‘‘La Veuve et le Pendu’’, Zitouni place le suicide et la littérature au cœur d’un dispositif où la mort n’empêche pas le récit. Le projet, réécrit au fil des années, témoigne d’un rapport physique à l’écriture que l’auteur évoque lui-même dans les documents réunis ici.

‘‘La Raison du plus fou’’ déplace la question vers la folie et le politique. Des internés d’un établissement psychiatrique imaginent une organisation révolutionnaire. L’asile devient un poste d’observation de la société et de ses exclusions. La folie n’est plus seulement une maladie : elle permet de regarder autrement ceux qui se prétendent raisonnables.

Avec ‘‘Houria, le livre de la mémoire et de l’oubli’’, l’écrivain revient vers l’Algérie et vers une mémoire intime liée à la rupture de 1962. Un amour d’enfance perdu à Oran devient le point de départ d’une recherche qui traverse plusieurs décennies. Le passé individuel rejoint ici une histoire collective dont les blessures ne sont pas refermées.

Ces trois livres dessinent une même obsession : comment continuer à vivre avec ce qui a disparu ?

C’est peut-être dans ‘‘La Lettre à Ada’’ que cette question trouve sa réponse la plus dépouillée. Dans ces dernières pages, le personnage public de Zitouni — l’écrivain provocateur, ironique, parfois féroce — s’efface derrière le père. Une promesse faite à sa fille lorsqu’elle avait cinq ans devient le point de départ d’un projet d’écriture.

Séparés entre Paris et Aix-en-Provence, confrontés à la maladie et à la perspective de la mort, le père et la fille se retrouvent dans une parole qui doit être transmise. Le ‘‘Journal du vieil écrivain’’ prend alors une dimension particulière. À la manière de Shéhérazade, raconter permet de retarder la fin. Chaque récit devient une nuit supplémentaire, un délai accordé à la mémoire.

Ce passage donne une autre profondeur au reste du volume. La mort, omniprésente dans les romans, cesse d’être seulement un objet de provocation ou de fiction. Elle devient une réalité intime. Derrière le rire du pendu, il y a donc un homme qui veut encore transmettre.

Un écrivain difficile à enfermer

Réduire Ahmed Zitouni à la littérature de l’immigration serait passer à côté de l’essentiel. Son œuvre est nourrie par l’exil et par l’expérience algérienne, mais elle les transforme en une matière beaucoup plus vaste : la mort, la folie, la mémoire, l’amour, la maladie, le langage et la solitude.

Son personnage littéraire avance sur une ligne de crête. Il peut être grotesque et tragique dans la même scène, victime et provocateur, marginal et observateur du monde. C’est cette tension qui donne à son écriture sa singularité.

‘‘Je suis un écrivain !’’ vaut ainsi moins comme simple réhabilitation d’un auteur que comme invitation à relire une œuvre. Les archives, les entretiens, les synopsis et les textes inédits montrent un écrivain soucieux de sa propre trace, mais aussi conscient de la fragilité de cette trace.

Le titre prend alors une autre dimension. ‘‘Je suis un écrivain !’’ n’est pas seulement une affirmation. C’est une revendication adressée à ceux qui l’ont classé, caricaturé, oublié ou réduit à une catégorie.

Deux ans après la disparition d’Ahmed Zitouni, le volume prend aussi la forme d’un hommage. Édité par l’association qui porte son nom, il ne cherche pas seulement à saluer sa mémoire. Il rassemble ce qui peut permettre à son œuvre de continuer à circuler, à être lue et discutée. Les archives, les entretiens et les textes réunis ici constituent autant de passerelles entre l’écrivain disparu et les lecteurs qui ne l’ont pas encore découvert.

Au terme du livre, une question demeure : que deviendra cette œuvre après son auteur ? L’appel à accompagner sa mémoire et la diffusion de ses écrits apporte un début de réponse. Il ne suffit pas de constater qu’Ahmed Zitouni a écrit. Il reste désormais à lire, transmettre, rééditer et discuter cette littérature qui a choisi le rire pour affronter la mort et la fiction pour interroger la mémoire.

Ahmed Zitouni aura passé une partie de son œuvre à écrire depuis les marges. Ce volume posthume permet enfin de regarder cette œuvre dans son ensemble. Deux ans après sa mort, l’hommage prend ainsi une forme qui lui ressemble davantage : non pas refermer le livre sur un écrivain disparu, mais le rouvrir.

Biographie et bibliographie de l’auteur.

L’article ‘‘Je suis un écrivain !’’ | Ahmed Zitouni, le rire du pendu est apparu en premier sur Kapitalis.

  •  

Tebboune: D’ici à la fin de l’année 2027, on aura une économie forte !

Le président Abdelmadjid Tebboune fixe un nouveau cap pour l’économie algérienne. Il donne son évaluation des politiques menées jusque-là qui, selon lui, ont permis au pays de réaliser un important bond pour se placer en tant que «3e économie performante en Afrique, rapporte El Watan.. Intervenant lors de la troisième rencontre avec les opérateurs économiques […]

  •  

L’Algérie achète environ 600 000 tonnes de blé

L’Algérie, à travers l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC) a acheté environ 600 000 tonnes de blé meunier (blé tendre) à l’issue d’un appel d’offres international clôturé mardi 13 octobre, selon des négociants européens cités par Reuters. D’après ces mêmes sources, les achats ont dans un premier temps été annoncés à des prix situés entre […]

  •  

Citron pressé | Boualem Sansal ou l’arroseur arrosé

De la polémique sur l’immigration à la récupération politique de son image, le parcours médiatique de l’écrivain français d’origine algérienne Boualem Sansal interroge les rapports entre littérature, pouvoir et instrumentalisation des figures intellectuelles. Derrière la célébration d’un écrivain présenté comme un symbole absolu de la liberté se dessine une question essentielle : où s’arrête l’admiration sincère d’un auteur et où commence son exploitation politique ? Question que l’écrivain doit du reste se poser à lui-même…

Dr Abderrahmane Cherfouh *

À force de renier ses principes, on finit par se confronter aux conséquences de ses propres choix. Le temps finit parfois par rendre à chacun le fruit de ses actes. Dans un récent entretien, l’écrivain Boualem Sansal se lamentait de l’accueil qui lui est désormais réservé à Paris après son feuilleton éditorial et ses déclarations fracassantes, résumant son quotidien par cette formule : «C’était matin et soir, j’étais l’ingrat et le salaud». L’ironie est le désespoir de ceux que le spectacle du monde a cessé de faire rire.

Voilà un homme qui découvre, feignant la surprise, des qualificatifs que le peuple algérien lui attribue pourtant depuis des années. Sauf que cette fois, ce ne sont pas les Algériens qui le pointent du doigt, mais ses propres soutiens du microcosme parisien.

En se retournant contre le système qui l’a médiatiquement fabriqué après avoir renié la patrie qui l’a nourri et formé, Sansal fait face au miroir de ses propres turpitudes. L’instrument de l’extrême droite française est en train de réaliser, à ses dépens, qu’un mercenaire idéologique n’a pas d’amis : il n’a que des utilisateurs.

La fabrication d’une icône par une droite en manque de symboles

À Paris, le monde politique et les médias confondent trop souvent les enjeux électoraux avec la valeur littéraire d’un écrivain.

Dès qu’un auteur instrumentalise les thèmes incandescents de l’époque — l’autoritarisme, le fanatisme et les fractures géopolitiques —, une partie du complexe médiatique s’empresse de lui tailler un costume sur mesure : celui du «martyr absolu». C’est ainsi que s’est écrite la saga de Boualem Sansal, ou l’histoire stupéfiante d’un esprit aux prophéties apocalyptiques métamorphosé en icône nationale par une droite en quête de symboles.

Invité régulier des plateaux télévisés, l’écrivain n’a jamais hésité à surenchérir sur le lexique de l’extrême droite. Lors d’un entretien diffusé dans l’émission Les Conversations en mai 2024, alors que son interlocuteur évoquait prudemment la question de l’immigration, l’auteur coupait court pour imposer sa vision des choses : «Vous parlez d’immigration, mais c’est une invasion !» En qualifiant les flux migratoires de «colonisation à l’envers» et en affirmant sur CNews ou dans les colonnes du Figaro que la France perdait une guerre culturelle face à un projet de conquête, l’écrivain offrait sur un plateau d’argent la caution rêvée aux tenants du choc des civilisations.

Mais comment en est-on arrivé là ? Comment faire d’un écrivain jusque-là peu connu du grand public une star de dimension mondiale ? Le secret de cette élévation médiatique réside notamment dans la ferveur des campagnes politiques françaises. À l’approche d’échéances électorales majeures, la droite s’est disputé sa présence. Bruno Retailleau affichait fièrement son amitié avec lui et l’invitait à son premier meeting, dans une mise en scène qui a viré au fiasco. En cherchant à ériger une figure au discours si particulier en «faiseur de présidents», ce courant politique a rejoué le mythe de Frankenstein : il a façonné sa propre créature médiatique, un avatar idéologique nourri de surenchères, qui a fini par échapper à ses géniteurs.

Cet affaissement éthique et la dérive du débat public — où la course aux voix et le règne de l’image ont fini par banaliser la xénophobie et ériger des provocateurs en modèles de franc-parler — n’étaient en réalité que les signes avant-coureurs de cette séquence. C’est précisément dans cette brèche que s’engouffre l’intelligence cynique de Boualem Sansal : celle d’un auteur qui a su trouver sa place dans un écosystème médiatique avide de figures clivantes et de symboles politiques, échangeant une caution idéologique contre une visibilité et des dividendes considérables.

De l’intellectuel d’œuvre à l’intellectuel de plateau

Poussé sur le devant de la scène médiatique, Sansal y est resté non pas en raison de la profondeur d’une œuvre — car une simple succession de romans ne compose pas nécessairement une œuvre véritable —, mais parce qu’il s’est installé en symbiose parfaite avec une époque qui a fait de l’exclusion et du discours identitaire son terrain de prédilection. Nous assistons à une perversion des valeurs capable de transformer la moindre posture en événement de première importance.

L’époque est bien révolue où un intellectuel se définissait d’abord par la rigueur de son travail, par une création exigeante qui fondait sa légitimité lorsqu’il intervenait dans les affaires du siècle. Voltaire, Victor Hugo, Émile Zola, André Gide, Jean-Paul Sartre ou Pierre Bourdieu furent tous des créateurs qui ne devaient leur renommée qu’à leur talent, à la force de leurs écrits et à l’indépendance de leur pensée.

Aujourd’hui, peu importe la valeur ou la nullité d’une production : ce sont les médias, et la télévision en premier lieu, qui consacrent les intellectuels, décident qui l’est et qui ne l’est pas, modifiant radicalement leur statut. Il ne s’agit plus d’écrire les livres les plus substantiels pour être reconnu, mais d’être le plus visible possible, d’occuper l’antenne et les unes des journaux comme Le Monde ou Le Figaro. Grâce aux réseaux de connivence parisiens, l’auteur s’assure une place au soleil.

Dans cet échange de bons procédés, Sansal apporte aux médias la caution dont ils ont besoin pour leurs polémiques, tandis que les médias entretiennent sa réputation et le couronnent roi. Mais cette dépendance servile à l’égard de ceux qui l’ont fait roi — et qui peuvent du jour au lendemain le précipiter dans les oubliettes — se répercute sur la nature même de sa production. Tout se fait au détriment de la rigueur, du sérieux et de la vérité historique.

Faute d’innover et de créer, ces figures de plateau se distinguent toutes par un silence assourdissant sur les tragédies réelles du monde contemporain, qu’il s’agisse des massacres en Palestine, du drame du Soudan ou du blocus subi par Cuba. On assiste au contraire à leur alignement inconditionnel sur les politiques d’occupation, à leur soutien inlassable et inconditionnel à Israël et aux États-Unis, à leur dénigrement permanent du Sud Global et à leur obsession anti-immigrés. À chacun son fonds de commerce idéologique : pour peu qu’il soit rentable, son détenteur peut se permettre n’importe quelle fantaisie, jusqu’à soutenir qu’un raciste n’est qu’un humaniste persécuté.

Le prisme colonial : du ressentiment au reniement

Pour comprendre la mécanique de Sansal, il faut analyser le cadre mental dans lequel il s’est enfermé. Nous faisons face à une forme de racisme idéologique, tout aussi pernicieux que le racisme biologique. Il s’agit du logiciel propre aux esprits coloniaux et impérialistes : «Tu dois penser comme moi, adopter mes dogmes, sinon tu es considéré comme l’ennemi.»

Un esprit libre et véritablement universaliste sait travailler sur ce qui rassemble les êtres humains tout en acceptant ce qui les sépare. L’esprit colonial, lui, rejette viscéralement la différence. Si vous ne pensez pas comme lui, si vous ne validez pas ses obsessions, vous ne serez jamais le bienvenu. C’est ce fascisme identitaire qui caractérise aujourd’hui le discours de Sansal et qui est en train de subir un choc violent face au principe de réalité.

On peut légitimement s’interroger sur la trajectoire psychologique de l’écrivain : s’agit-il d’une naïveté politique sidérante, d’un aveuglement tragique sur les signaux et les marqueurs idéologiques qui l’entourent ? Ou alors, plus simplement, faut-il admettre que Sansal est irrémédiablement tombé, par le biais de ses frustrations et de ses ressentiments pathologiques, dans la sphère la plus réactionnaire ? Les notions d’«extrême droite», de neutralité ou de clairvoyance politique semblent désormais frappées d’un flou artistique absolu dans son esprit, masquant à peine un alignement total sur des dogmes xénophobes.

En diabolisant systématiquement les musulmans et les immigrants sous le qualificatif d’«envahisseurs», Sansal a tenté d’appliquer la stratégie classique du bouc émissaire. Mais ce principe politique comporte une règle d’or : il n’est jamais payant à long terme. Il finit toujours par se retourner contre son propre initiateur. En s’attaquant avec la même hargne aux voix laïques et progressistes qui dénonçaient ses amalgames, Sansal s’est définitivement aliéné ses soutiens historiques.

L’imposture du «Voltaire» autoproclamé face au miroir d’Émile Zola

Tant que Sansal servait les intérêts de ses promoteurs, ses courtisans les plus zélés n’hésitaient pas à le parer de vertus philosophiques indues, allant jusqu’à le qualifier grotesquement de «Voltaire algérien». Quelle insulte à l’esprit des Lumières et à l’honnêteté intellectuelle ! Voltaire, Sartre ou Beauvoir ont marqué l’Histoire en choisissant d’écouter leur conscience au détriment de la raison d’État ou des opportunismes de carrière. Sansal, lui, n’est qu’un pamphlétaire aux indignations sélectives.

Où est la conscience de ce prétendu «Voltaire» face aux tueries de masse perpétrées à Gaza ? Lors de son voyage en Israël en 2012, balayant les critiques relatives à l’occupation, Sansal déclarait toute honte bue : «Ma liberté de penser et de parler passe avant toute chose… Je suis venu avec joie et je reviendrai.» Plus tard, au micro de la radio Kan Reshet Bet, il scellait cette sélectivité morale en affirmant, sans le moindre mot pour la tragédie palestinienne : «Mon amitié avec Israël est ce que le régime algérien ne pouvait pas supporter», réduisant ainsi un conflit d’occupation à une simple «guerre civile». Ce refus de voir la souffrance des opprimés trahit une faillite morale absolue.

Comment ne pas éprouver une vive indignation en songeant, par contraste, au sort d’Émile Zola ? Candidat malheureux à dix-neuf reprises à l’Académie française, le titan du naturalisme et l’auteur de ‘‘J’accuse… !’’ a payé son engagement en faveur d’Alfred Dreyfus au prix de la haine, des menaces et de l’exil. Son combat demeure l’un des exemples les plus marquants du courage intellectuel. Un siècle plus tard, les institutions déroulent le tapis rouge devant un «athée mystique à double visage» dont la seule arme est l’amalgame anti-laïque et la provocation marchande.

La trahison éditoriale et la qualification juridique

Le cynisme marchand a fini par achever le personnage. Après avoir bénéficié de la mobilisation de son éditeur historique Gallimard et de soutiens européens pour sa libération, Sansal a cédé aux sirènes financières en rejoignant les écuries Grasset (groupe Hachette-Bolloré) contre un chèque mirobolant d’un million d’euros. Ce marchandage a suscité la désillusion de ses soutiens, jusque dans les rangs du Parlement belge et de l’Académie royale de Belgique, où ses pairs lui ont infligé un réquisitoire mémorable sur sa déchéance éthique.

Au-delà de la faillite morale, les propos répétés de Sansal relèvent d’une responsabilité civique et légale. Classer les êtres humains, désigner des communautés entières (musulmans, immigrants) sous le sceau de l’«invasion» ou de la menace constitue une forme intolérable de discrimination.

En droit français, de tels dérapages dépassent la simple liberté d’opinion :

  • L’article 24 de la loi du 29 juillet 1881 sanctionne l’incitation à la haine, à la violence ou à la discrimination envers un groupe de personnes en raison de leur origine ou de leur religion.
  • L’article 225-1 du Code pénal définit et réprime sévèrement les discriminations portées aux droits fondamentaux des individus.

Cet homme irresponsable ne saurait se draper plus longtemps dans le manteau de la laïcité. Il s’agit désormais d’informer les esprits éclairés et les vrais défenseurs des libertés que cet auteur n’est qu’un agitateur anti-laïque, dont les amalgames tombent sous le coup des principes civiques les plus élémentaires.

Le syndrome du citron pressé et le verdict de la postérité

Le vent tourne en France et l’autorité usurpée de Boualem Sansal s’émousse irrémédiablement. La dénonciation est désormais lancée, et elle se poursuivra de bouche à oreille, sur la toile et dans les médias indépendants.

Sansal est définitivement devenu semblable à ce citron que l’on presse jusqu’à la dernière goutte pour alimenter les polémiques des plateaux télévisés. Une fois totalement asséché, il sera mis au rebut par ceux-là mêmes qui l’ont instrumentalisé.

Traité de «salaud» et d’«ingrat» par le Tout-Paris littéraire et politique qu’il a tenté de berner, il subit aujourd’hui un juste retour des choses. L’arroseur est arrosé. L’Histoire retiendra qu’à force de nourrir son ego de contrevérités, d’amalgames répréhensibles et de reniements, Boualem Sansal aura fini par s’isoler totalement : rejeté par la patrie qu’il a trahie, méprisé par le système qui l’a utilisé, et condamné par la conscience des hommes libres.

* Médecin algérien au Canada.

L’article Citron pressé | Boualem Sansal ou l’arroseur arrosé est apparu en premier sur Kapitalis.

  •  

61 Marocains arrêtés en Algérie : Tunis au cœur de l’itinéraire présumé

Les autorités algériennes ont annoncé, dimanche 11 octobre 2026, l’arrestation de 61 ressortissants marocains soupçonnés d’avoir préparé des actes de sabotage en Algérie. Selon la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN), les suspects seraient entrés dans le pays en passant par la Tunisie, avant de rejoindre la ville d’Oran. L’affaire soulève des questions sur les conditions de leur déplacement et les accusations portées contre eux.

D’après le communiqué de la DGSN, repris par plusieurs médias algériens et internationaux, les arrestations ont eu lieu au début du mois d’octobre à Oran, dans le cadre du démantèlement présumé d’un réseau criminel organisé.

Un itinéraire passant par Tunis et la région d’El Kala

Les suspects seraient arrivés par avion à Tunis avant de rejoindre la région d’El Kala, dans la wilaya d’El Tarf, à proximité de la frontière tunisienne. Ils auraient ensuite emprunté des sentiers montagneux et des passages forestiers isolés pour pénétrer sur le territoire algérien, avant de se rendre par voie terrestre à Oran.

Parmi les 61 personnes interpellées figurerait un ancien militaire de l’armée marocaine. Les autorités algériennes ont également annoncé la saisie de passeports marocains et de sommes d’argent en dirhams marocains et en euros.

Lire aussi : Comment l’Algérie veut se positionner sur deux secteurs hautement stratégiques pour la Tunisie

Selon la version officielle algérienne, les personnes arrêtées auraient préparé des actions susceptibles de porter atteinte à la sécurité et à l’ordre publics. Toutefois, le communiqué relayé par les médias ne précise pas la nature des actes envisagés, les cibles potentielles ni les éléments matériels permettant d’étayer ces accusations.

Les suspects ont été présentés devant le procureur de la République près le pôle pénal spécialisé d’Oran, selon les autorités algériennes. Les accusations annoncées ne constituent pas, à ce stade, une preuve de culpabilité.

Des accusations de sabotage sans précisions sur les projets visés

Cette affaire intervient dans un contexte de relations particulièrement tendues entre Alger et Rabat. Les deux pays ont rompu leurs relations diplomatiques en 2021, tandis que leur frontière terrestre commune demeure fermée depuis 1994.

À ce stade, les informations disponibles font état de 61 ressortissants marocains, sans confirmation spécifique de l’arrestation de femmes marocaines ni d’éléments établissant leur éventuelle appartenance à un service de renseignement.

L’article 61 Marocains arrêtés en Algérie : Tunis au cœur de l’itinéraire présumé est apparu en premier sur webdo.

  •  

CAN de futsal 2026 : le Maroc veut défendre son titre

Les Lions de l’Atlas sont déterminés à défendre leur titre continental lors de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) de futsal, prévue du 12 au 21 octobre au Maroc, a indiqué le sélectionneur de l’équipe nationale de futsal, Hicham Dguig,…

L’article CAN de futsal 2026 : le Maroc veut défendre son titre est apparu en premier sur lecourrierdelatlas.

  •  

‘‘La Mission’’ de Mohamed Benchicou | Derrière Tiguentourine, les questions qui dérangent

Il faut relire ‘‘La Mission’’ (Koukou Éditions, Algérie, 2014). Pas comme un thriller. Comme un document politique déguisé en roman. Publié en 2014 chez Koukou Éditions, le livre de Mohamed Benchicou revient sur l’attaque du complexe gazier de Tiguentourine, au sud-est de l’Algérie, non loin de la frontière libyenne, en janvier 2013, pour explorer ce que l’événement pourrait dissimuler : intérêts énergétiques, rivalités au sommet de l’État et stratégies étrangères.

Djamal Guettala

L’auteur ne se limite pas au récit de la prise d’otages. Il bâtit une intrigue autour d’une question autrement sensible : les intérêts économiques et les luttes de pouvoir ont-ils pu peser sur le destin de ce site stratégique ? La question nourrit le roman ; elle ne constitue pas, à elle seule, une preuve.

Le 16 janvier 2013, un groupe armé attaque le complexe gazier de Tiguentourine, près d’In Amenas. Des centaines de personnes sont prises en otage. L’intervention des forces algériennes met fin à la crise, au prix de lourdes pertes humaines. L’attaque marque durablement l’industrie gazière algérienne et les relations du pays avec ses partenaires étrangers.

Un an plus tard, Benchicou choisit de déplacer le regard. Dans ‘‘La Mission’’, Tiguentourine n’est pas seulement le théâtre d’une opération terroriste : le site devient le point de rencontre d’intérêts industriels, de convoitises financières et de rivalités politiques. La dimension romanesque lui permet de relier des éléments qui, dans le débat public, restent souvent séparés.

L’auteur donne lui-même la clé de son approche : «Je n’ai été amené à connaître Tatiana que parce que l’attaque de Tiguentourine est une affaire de fric, de luttes d’influence, de rivalités de pouvoirs…»

Cette phrase annonce le parti pris du livre. Les faits historiques sont établis : l’attaque, la prise d’otages et l’intervention militaire. Les connexions politiques et économiques mises en scène par Benchicou relèvent, elles, de sa construction romanesque. Cette frontière doit rester claire, sans pour autant réduire le livre à un simple exercice de fiction.

Les intérêts gaziers et les rivalités du pouvoir

Dans le récit, British Petroleum occupe une place centrale. L’entreprise britannique exploite le site avec ses partenaires. Benchicou imagine qu’après la catastrophe de Deepwater Horizon, BP cherche à céder ses actifs algériens et à revoir le modèle de sécurité de ses installations. La question de la propriété et de la protection du complexe devient alors un ressort majeur de l’intrigue.

Mikhail Fridman, homme d’affaires russe né à Lviv, apparaît sous les traits de Tatiana-Johanna dans les ramifications du récit. Intéressé par le rachat du site, il incarne les convoitises financières qui entourent cette infrastructure stratégique. Sir William Thompson, envoyé en mission par Downing Street, est chargé d’examiner la situation. À travers lui, Benchicou introduit la dimension britannique et les calculs diplomatiques liés aux intérêts énergétiques.

Ces éléments donnent sa cohérence à l’intrigue, mais ne démontrent pas qu’une opération de cession, les manœuvres étrangères et l’attaque terroriste auraient été coordonnées dans la réalité. Le roman construit un scénario politique ; il ne livre pas une démonstration judiciaire.

L’analyse s’étend ensuite aux rapports de force algériens. Mohamed Mediène, dit Toufik, et le DRS occupent une place importante dans la représentation d’un pouvoir traversé par les rivalités. Benchicou suggère que l’attaque pourrait s’inscrire dans une recomposition des équilibres sécuritaires et politiques. Cette lecture doit être attribuée à l’auteur : aucune conclusion judiciaire ne permet d’établir que Toufik ou des acteurs étrangers auraient organisé ou facilité l’attaque.

L’arrière-plan est celui de l’Algérie de 2013-2014, au moment où se prépare le quatrième mandat d’Abdelaziz Bouteflika. Benchicou rapproche intérêts pétroliers, puissances étrangères et continuité du régime dans une formule accusatrice : «la connivence entre des capitales occidentales, la pègre pétrolière internationale et l’autocratie archaïque locale qui ambitionnait de se reconduire pour un quatrième mandat».

Cette formule résume sa charge politique. Elle exprime une interprétation romanesque des rapports entre argent, pouvoir et intérêts étrangers, non une conclusion établie sur les responsabilités dans le drame de Tiguentourine.

Le livre a été accueilli favorablement, mais sa portée politique semble être restée au second plan. Or, au-delà de l’intrigue, son intérêt réside aussi dans les questions qu’il soulève sur la vulnérabilité des infrastructures stratégiques et sur les rapports entre souveraineté nationale et intérêts économiques.

Un livre qui résiste au temps

Depuis la parution de ‘‘La Mission’’, le paysage politique algérien a changé. Bouteflika a obtenu son quatrième mandat, avant de quitter le pouvoir. Mohamed Mediène a été écarté de la tête du DRS, ensuite réorganisé puis dissous. Ces événements éclairent le contexte dans lequel Benchicou écrivait ; ils ne confirment pas rétrospectivement ses hypothèses sur Tiguentourine.

La portée du livre tient ailleurs : dans sa volonté de dépasser le récit immédiat d’un attentat pour interroger les intérêts et les rapports de force qui entourent les lieux stratégiques. On peut discuter ses hypothèses, contester ses rapprochements et rappeler les limites de sa démonstration. On ne peut ignorer la question qui traverse son récit : derrière les événements, quels intérêts se croisent et quelles vérités restent à établir ?

Mohamed Benchicou est mort le 24 septembre 2026. Avec ‘‘La Mission’’, il laisse un texte qui témoigne de sa manière d’interroger le pouvoir et de mettre en cause les récits trop vite refermés. Relire ce livre ne revient pas à transformer ses hypothèses en certitudes, mais à reprendre les questions qu’il a posées. Cette mission n’est pas terminée.

L’article ‘‘La Mission’’ de Mohamed Benchicou | Derrière Tiguentourine, les questions qui dérangent est apparu en premier sur Kapitalis.

  •  

Hydrocarbures et hydrogène : Oran au cœur des enjeux énergétiques euro-méditerranéens

L’Algérie entend consolider son rôle dans les échanges énergétiques régionaux tout en préparant l’évolution de son modèle de production. Cette ambition était au centre de la 14e édition du Salon et de la Conférence sur l’énergie et l’hydrogène en Afrique et en Méditerranée, NAPEC 2026, organisée du 5 au 7 octobre au Centre des conventions Mohamed-Benahmed, à Oran.

La manifestation a rassemblé environ 450 exposants et 230 intervenants représentant des entreprises nationales et internationales, des fournisseurs de technologies ainsi que des sociétés d’ingénierie et de réalisation de projets. L’ouverture a été présidée par Mohamed Arkab, ministre d’État chargé des Hydrocarbures et des Mines, en présence notamment du ministre de l’Énergie et des Énergies renouvelables, Mourad Adjal, et de responsables des principaux groupes énergétiques algériens.

Sécurité des approvisionnements et diversification énergétique

Placée sous le thème « Vers une nouvelle approche du mix énergétique : de la transition énergétique à l’addition énergétique », cette édition a mis l’accent sur la nécessité de concilier trois objectifs : garantir la sécurité des approvisionnements, préserver l’accessibilité des prix et réduire les émissions de carbone.

Cette approche traduit les défis auxquels sont confrontés les pays producteurs comme les économies importatrices. La demande énergétique continue de croître dans plusieurs régions, tandis que les tensions géopolitiques, les incertitudes sur les marchés et les impératifs climatiques conduisent les États à diversifier leurs sources et à renforcer leurs infrastructures.

Pour l’Algérie, les hydrocarbures demeurent un pilier économique et un instrument majeur de coopération avec ses partenaires, notamment européens. Le développement de nouvelles technologies, l’amélioration de la performance des installations existantes et l’optimisation de la production figurent parmi les axes examinés lors des rencontres professionnelles.

Les grands groupes énergétiques au rendez-vous

Le NAPEC a réuni des acteurs nationaux et internationaux de l’industrie, dont Sonatrach et Sonelgaz, aux côtés de groupes et de fournisseurs de technologies tels que TotalEnergies, Eni, ExxonMobil, Equinor, Chevron, SLB, Halliburton et Baker Hughes.

Les échanges ont porté sur les technologies appliquées aux hydrocarbures, la valorisation des gisements matures, l’amélioration de la productivité des puits et l’optimisation des infrastructures. Ces enjeux sont essentiels pour prolonger la durée de vie des actifs existants, améliorer leur rendement et limiter les coûts de production.

La présence d’entreprises d’ingénierie et d’équipementiers a également ouvert un espace de discussion sur les solutions techniques susceptibles d’accompagner les évolutions du secteur, de l’efficacité énergétique aux technologies de réduction des émissions.

L’hydrogène, une nouvelle dimension de la coopération régionale

L’hydrogène figure parmi les dossiers structurants de cette édition. Pour l’Algérie et plusieurs pays méditerranéens, son développement représente une possibilité de diversification des échanges énergétiques, sous réserve de réunir les conditions économiques, industrielles et logistiques nécessaires.

Le sujet s’inscrit dans une dynamique régionale plus large. Le 1er octobre, l’Algérie, la Tunisie, l’Italie, l’Autriche et l’Allemagne ont signé à Alger une déclaration ministérielle en faveur du corridor SoutH2, un projet destiné à développer les échanges d’hydrogène entre l’Afrique du Nord et l’Europe. Cette initiative illustre l’intérêt croissant pour les infrastructures susceptibles de relier les zones de production aux futurs centres de consommation.

Lire aussi: Le corridor SoutH2 pourra-t-il atteindre ses objectifs dès 2030?

Le passage des annonces aux projets opérationnels dépendra toutefois de plusieurs facteurs : coût de production, disponibilité de l’électricité renouvelable, infrastructures de transport, cadre réglementaire et existence d’une demande suffisamment solide. Les partenariats industriels et les investissements de long terme seront déterminants pour rendre ces filières compétitives.

Un espace de partenariats et d’investissement

Au-delà de l’exposition, le NAPEC constitue une plateforme de rencontres entre autorités publiques, entreprises énergétiques et fournisseurs de solutions techniques. Les conférences et les tables rondes ont permis d’aborder les possibilités de coopération entre pays producteurs et consommateurs, ainsi que les évolutions du secteur face aux contraintes économiques et environnementales.

Pour l’Algérie, l’enjeu est double : préserver la place des hydrocarbures dans l’économie et les exportations tout en préparant progressivement une diversification énergétique. La concrétisation de cette ambition dépendra de la capacité à attirer des investissements, à transférer des technologies et à développer des projets dont la rentabilité peut être démontrée.

Le NAPEC 2026 aura ainsi servi de cadre aux échanges sur les perspectives du secteur énergétique africain et méditerranéen. Les résultats à long terme se mesureront cependant moins au nombre de participants qu’aux partenariats conclus, aux investissements engagés et aux projets effectivement réalisés.

L’article Hydrocarbures et hydrogène : Oran au cœur des enjeux énergétiques euro-méditerranéens est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

  •  

A la recherche du bonheur en Tunisie

L’autre jour, en naviguant sur le Web, histoire de «tuer» le temps (une expression courante chez nous mais qui est à mon avis la plus stupide qui puisse exister puisque le temps est par définition la ressource la plus rare de la vie et que chaque heure et chaque minute que nous vivons ne se renouvelleront pas et sont perdues à jamais), je suis tombé sur une information qui m’a fait tiquer : selon le World Happiness Report 2026, publié par le Wellbeing Research Centre de l’Université d’Oxford avec Gallup et le réseau des Nations Unies, la Tunisie est classée au 105e rang sur 147 pays avec un indice global de bonheur de 4,798/10 , alors que la Finlande où l’hiver dure pourtant six mois par an avec des températures qui descendent jusqu’à-15 C° ou -30 C°, arrive au premier rang et ce depuis plusieurs années consécutives,  avec un indice global de bonheur de 7,764/10.

Dr. Sadok Zerelli *

Certes il y a des pays où les habitants se déclarent plus malheureux que nous, tels que le Maroc (112e) ou l’Égypte (139e) mais c’est une maigre consolation lorsqu’on sait qu’à côté de chez nous, l’Algérie nous surclasse de loin et arrive, on ne sait par quel miracle, à la 83e position.

Intrigué par ces résultats, j’ai poussé ma recherche plus loin pour essayer de comprendre comment cet indice du bonheur dans un pays est calculé et quelle est sa valeur scientifique si jamais il en a une.

Modalités de calcul et signification

Il s’est avéré que le rapport utilise une question appelée «Cantril Ladder» : on demande aux personnes de situer leur vie sur une échelle de 0 à 10, de la pire vie possible à la meilleure vie possible. Le classement 2026 utilise la moyenne des réponses recueillies entre 2023 et 2025. 

Pour expliquer les différences entre pays, six grands facteurs sont étudiés :

1. PIB par habitant — niveau matériel et économique;

2. soutien social — possibilité de compter sur des proches en cas de difficulté;

3. espérance de vie en bonne santé;

4. liberté de choisir sa vie;

5. générosité — notamment le fait de donner à des œuvres caritatives;

6. perception de la corruption — confiance dans les institutions et les entreprises. 

Le rapport précise une chose très importante : ces six facteurs ne sont pas additionnés pour fabriquer le classement. Le classement est directement fondé sur l’évaluation que les personnes donnent de leur propre vie. Les six facteurs servent principalement à expliquer pourquoi les évaluations diffèrent d’un pays à l’autre.

Pour la Tunisie, le chiffre 4,798/10 est assez parlant : il signifie que l’évaluation moyenne de leur vie par les Tunisiens est inférieure au milieu de l’échelle.

Mais cela ne signifie pas nécessairement que les Tunisiens sont «malheureux» au sens psychologique. Le bonheur dépend aussi de dimensions que le classement ne saisit pas complètement : famille, amitié, sentiment d’appartenance, sécurité, espoir dans l’avenir, dignité, sentiment d’être utile, liberté réelle, confiance dans l’avenir, etc.

Définition du bonheur 

Chacun(e) peut avoir sa propre définition du concept de bonheur. Pour moi, je distinguerais d’abord bonheur et satisfaction. Quelqu’un peut être très satisfait de sa vie parce qu’il possède une bonne situation, une famille, une sécurité matérielle et de bonnes institutions, tout en ressentant intérieurement un grand vide. Inversement, quelqu’un qui connaît des difficultés matérielles peut connaître de véritables moments de bonheur grâce à l’amour, à l’amitié, à la solidarité ou simplement à la beauté d’un moment.

Cette distinction étant faite, le bonheur est pour moi un état intérieur dans lequel une personne peut regarder sa vie, avec ses joies, ses pertes, ses regrets et ses incertitudes, et se dire : «Malgré tout, ma vie mérite d’être vécue.»

Il comporte, à mes yeux, plusieurs dimensions :

– le plaisir : les petits moments agréables, un repas, une musique, un paysage, un rire;

– l’amour et les liens : avoir quelqu’un avec qui partager ce que l’on ressent;

– le sens : sentir que son existence n’est pas complètement vaine;

– la liberté intérieure : pouvoir penser et choisir sans être entièrement prisonnier du regard des autres;

– la paix avec soi-même : accepter progressivement ce que l’on a été, ce que l’on n’a pas réussi à être et ce que l’on ne sera jamais;

– la gratitude : savoir encore voir ce qui est beau au milieu de ce qui ne l’est pas;

– l’espérance : avoir une raison de se lever demain, même petite.

Ma conception du bonheur rejoint celle des plus grands philosophes, tels qu’Épicure qui dit en substance : je n’ai pas besoin de beaucoup de choses pour être heureux : l’amitié, la tranquillité, quelques plaisirs simples et l’absence de souffrance peuvent suffire, ou Spinoza qui va encore plus loin : le bonheur n’est pas simplement quelque chose que nous recevons ; c’est quelque chose que nous comprenons et construisons intérieurement. Plus nous comprenons pourquoi nous sommes ce que nous sommes et pourquoi nous désirons ce que nous désirons, plus nous devenons libres.

Mon expérience du bonheur avec Karen Polenski

Pour illustrer mon propos et la définition que j’ai donnée du bonheur, je voudrais partager avec les lecteurs et lectrices l’expérience personnelle et réelle que j’ai vécue en la matière.

Lorsque j’étais enseignant-invité (Visiting Scholar) au Massashuttes Institut of Technology (MIT) à Boston aux USA, durant l’année universitaire 1983-1984, j’avais fait la connaissance, parmi d’autres enseignants, de Professor Keren Polensky, une vieille fille d’une cinquantaine d’années, qui a consacré toute sa vie à la recherche et à la publication d’un grand nombre d’articles et de livres sur les modèles de planification régionale.

Nous avions sympathisé parce qu’elle s’intéressait beaucoup à la Tunisie, un pays dont elle n’avait jamais entendu parler, et me posait beaucoup de questions sur notre modèle de planification régionale, notre stratégie de développement, notre niveau de vie, nos habitudes et traditions, etc.

Quelques mois après mon retour des USA, je l’avais invitée à venir découvrir la Tunisie, ce qu’elle accepta avec plaisir.

Je me rappelle qu’elle était arrivée à l’aéroport de Tunis-Carthage, habillée d’un vieux jean et d’une vieille veste et ayant un sac à dos comme seul bagage.

Je lui avais proposé de faire le circuit touristique classique : visite des souks de la médina, de Sidi Bou Saïd, des ruines de Carthage, du musée du Bardo, etc., ce qu’elle refusa tout net, et m’informa qu’elle était venue uniquement pour découvrir les oiseaux de la Tunisie !

En fait, il s’était avéré qu’elle était une passionnée du «bird-watching», une passion, comme la chasse ou la pêche chez nous, très en vogue parmi les intellectuels américains.

Elle m’avait demandé de la balader en voiture dans les campagnes des différentes régions de notre pays, ce que nous avions fait pendant toute la semaine de son séjour.

Je la vois encore, assise à côté de moi, un gros livre répertoriant toutes les espèces d’oiseaux dans le monde entier, avec leur nom et photo, observant le ciel avec de grosses jumelles et me criant de temps à autre subitement : «Stop, Stop, please !»

Je donnais un coup de frein sec en croyant que j’allais écraser un chien ou un chat et me mettais sur le bas-côté de la route. Elle se mettait alors à rechercher frénétiquement le nom de l’oiseau qu’elle venait de voir avec ses jumelles et, lorsqu’elle le trouvait, elle sautillait de joie comme une petite fille ou comme si elle avait obtenu le Prix Nobel d’économie !

Je me rappelle qu’après son départ, très heureuse d’avoir vu et identifié un grand nombre d’oiseaux, je m’étais donné une belle gifle en me disant : «Imbécile de Sadok, tu cherches partout le bonheur sans l’avoir jamais trouvé, alors qu’il est si facile à atteindre : il suffit de lever les yeux vers le ciel !»

Cette expérience avec Karen Polensky m’a prouvé que le bonheur n’est pas dans l’amour avec un petit «a» ou un grand «A», ni dans un compte bancaire bien garni, ni d’habiter dans une grosse villa, ni de rouler dans une voiture Mercedes, ni de porter une montre Rolex, ni de posséder un iPhone, etc. : le bonheur est en chacun de nous et il appartient à chacun de nous de le chercher au fond de lui-même et non pas dans les biens matériels ou dans la compagnie des autres.

En conclusion, je n’irais pas jusqu’à recommander aux Tunien(ne)s de devenir amateur(ce)s de «Bird-watching», car se balader seul(e))s dans les champs d’oliviers de Sfax ou de tomates du Cap Bon avec un gros livre sous le bras et des jumelles braquées sur le ciel et sauter de temps à autre de joie pour avoir reconnu une espèce d’oiseau comporte un risque très élevé de se faire embarquer dans l’Isusu du premier paysan qui passe par là et de se retrouver interné à l’hôpital Razi à Manouba !

Mais, la recherche du bonheur mérite de prendre ce risque, non ?

* Economiste universitaire, consultant d’institutions internationales.  

L’article A la recherche du bonheur en Tunisie est apparu en premier sur Kapitalis.

  •  

Tunisie-Algérie :  la réalisation d’une centrale électrique de 1.400 MW en projet

Le ministère de l’Énergie et des Énergies renouvelables algérien a annoncé, dans un communiqué publié le 1er octobre 2026, qu’à l’issue d’une séance de travail réunissant le ministre de l’Equipement et de l’Habitat, chargé de la gestion du ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, Slah Zouari, et le ministre algérien de l’Énergie et des Énergies renouvelables, Mourad Adjal, la réalisation d’une centrale électrique à cycle combiné d’une capacité de 1.400 mégawatts (MW) en Tunisie figure parmi les principaux projets inscrits dans le cadre du partenariat énergétique entre les deux pays.

Lors de cette rencontre, tenue en marge de la deuxième réunion ministérielle des ministres de l’Énergie des pays partenaires du projet de corridor sud de l’hydrogène «SouthH2», le ministre Slah Zouari a indiqué que les investissements nécessaires à la réalisation de la centrale devraient être déterminés prochainement, afin d’accélérer le lancement des différentes étapes du projet et de permettre sa concrétisation dans les meilleurs délais.

«Une délégation technique tunisienne se rendra prochainement en Algérie. Cette visite aura pour objectif d’examiner de manière approfondie les différents aspects techniques et opérationnels liés à la réalisation de cette infrastructure énergétique», a-t-il affirmé.

Ainsi, selon le communiqué du ministère algérien, les discussions ne se sont pas limitées au projet de la centrale électrique. Elles ont également porté sur les moyens de réactiver le Comité maghrébin de l’électricité (COMELEC), dans le but de renforcer la coopération énergétique à l’échelle régionale.

 

L’Algérie s’engage à soutenir l’approvisionnement énergétique tunisien

Dans cette continuité, le ministre algérien a réaffirmé l’engagement de l’Algérie à poursuivre son soutien à la Tunisie, notamment en matière d’approvisionnement énergétique, conformément aux orientations du président algérien, Abdelmadjid Tebboune.

«L’Algérie a réaffirmé sa volonté de poursuivre ses exportations d’énergie vers la Tunisie durant l’été 2026, malgré les circonstances exceptionnelles qu’a connues le pays», a souligné le ministre algérien.

Par ailleurs, Mourad Adjal a insisté sur l’importance d’intensifier les efforts et de renforcer la coordination entre la Société algérienne de distribution de l’électricité et du gaz (Sonelgaz) et la Société Tunisienne de l’Électricité et du Gaz (STEG).

«Cette coopération vise notamment à consolider un partenariat davantage structuré, fondé sur une vision prospective et capable de répondre aux défis et aux besoins énergétiques futurs des deux pays», selon le communiqué du ministère algérien.

 

Centrale électrique : un projet dès mai 2026

Il convient de rappeler que le projet de la centrale électrique de 1.400 MW avait déjà été évoqué en mai 2026.

La réalisation d’une centrale électrique à cycle combiné en Tunisie avait alors été au cœur d’une rencontre tenue en Algérie, le 24 mai 2026, entre le ministre algérien de l’Énergie et des Énergies renouvelables, Mourad Adjal, et une délégation de la Société Tunisienne de l’Électricité et du Gaz (STEG), conduite par son PDG, Fayçal Trifa.

Selon l’Agence de presse algérienne (APS), le ministre algérien Mourad Adjal avait, à cette occasion, donné des instructions aux responsables de Sonelgaz afin de renforcer la coordination avec la STEG et de l’accompagner dans la prise en charge de ses différents besoins énergétiques.

En outre, en 2025, Sonelgaz et la STEG avaient déjà signé un mémorandum d’entente destiné à renforcer leur coopération et à consolider leurs relations.

Selon un communiqué du ministère algérien de l’Énergie et des Énergies renouvelables, ce mémorandum établit le cadre général ainsi que les mécanismes devant permettre la mise en œuvre d’actions conjointes, notamment dans les domaines de la production, du transport et de la distribution de l’électricité, ainsi que du transport et de la distribution du gaz naturel et de la maintenance des infrastructures électriques.

Nouha MAINSI

 

L’article Tunisie-Algérie :  la réalisation d’une centrale électrique de 1.400 MW en projet est apparu en premier sur Le Temps News.

  •  

Coupures d’électricité : la Tunisie face à la dépendance énergétique algérienne

Un simple retour ponctuel de la chaleur et voilà que ressurgit le spectre de l’été traumatique pour les Tunisiens. Après près de quatre semaines quasiment épargnée par les délestages, Tunis a de nouveau connu une coupure d’électricité ce 6 octobre,…

L’article Coupures d’électricité : la Tunisie face à la dépendance énergétique algérienne est apparu en premier sur lecourrierdelatlas.

  •  

Quand le Maghreb entre dans le scénario du cinéma français

Longtemps cantonnés aux marges des récits, les héritages maghrébins ont progressivement gagné le centre du cinéma français. Du 30 octobre 2026 au 21 mars 2027, le Palais de la Porte Dorée retrace plus de six décennies de films, de carrières…

L’article Quand le Maghreb entre dans le scénario du cinéma français est apparu en premier sur lecourrierdelatlas.

  •  

Robert Ménard jugé après un refus de mariage sous OQTF

Robert Ménard comparaît aujourd’hui devant le tribunal correctionnel de Montpellier, après avoir refusé de marier un homme sous OQTF en 2023.   En bref Robert Ménard comparaît le 30 septembre devant le tribunal correctionnel de Montpellier. Il est poursuivi pour…

L’article Robert Ménard jugé après un refus de mariage sous OQTF est apparu en premier sur lecourrierdelatlas.

  •  

A Saint-Jean-du-Gard, le Y.S. Festival célèbre le cinéma algérien

Pour sa première édition, le Y.S. Festival a mis à l’honneur 23 courts-métrages algériens, dont 18 en compétition. Au terme de trois jours de projections, deux films se partagent les six prix décernés par le festival : « Taezrit »,…

L’article A Saint-Jean-du-Gard, le Y.S. Festival célèbre le cinéma algérien est apparu en premier sur lecourrierdelatlas.

  •  

Portrait. Ouassila Arras, une mémoire en chantier

Des matériaux de chantier aux tapis détissés, Ouassila Arras place la transmission au cœur de sa pratique. Entre la France et l’Algérie, l’artiste explore les silences, les mémoires et les histoires qui se transmettent d’une génération à l’autre. Son travail…

L’article Portrait. Ouassila Arras, une mémoire en chantier est apparu en premier sur lecourrierdelatlas.

  •  
❌