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La Suisse alerte sur le risque d’une nouvelle crise de l’euro

L’augmentation de la dette publique en Europe et aux États-Unis pourrait déstabiliser l’économie mondiale et provoquer une nouvelle crise de la zone euro, avertit la ministre suisse des Finances, Karin Keller-Sutter.

Dans un entretien accordé à la radiotélévision publique suisse, SRF, en marge des réunions annuelles du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale à Bangkok, Karin Keller-Sutter a évoqué les risques liés à l’accumulation des dettes souveraines, dans un contexte marqué également par les tensions sur les prix de l’énergie. Malgré le niveau relativement faible de son propre endettement, la Suisse ne serait pas à l’abri d’une crise touchant les grandes économies. L’interconnexion des marchés financiers rend en effet les pays vulnérables aux difficultés budgétaires de leurs partenaires.

La ministre a notamment cité les États-Unis et la France parmi les pays dont la situation financière mérite une attention particulière. « Nous avons la France : cela pourrait conduire à une crise de l’euro », a-t-elle averti, selon Reuters. La situation française concentre les préoccupations en raison de l’importance de la dette publique, des déficits budgétaires persistants et d’une croissance économique modérée. Les divisions politiques compliquent par ailleurs l’adoption de mesures destinées à rétablir les comptes publics. Ces tensions alimentent les interrogations des marchés sur la capacité de Paris à engager durablement l’assainissement de ses finances publiques.

L’avertissement suisse intervient alors que les responsables économiques internationaux appellent les gouvernements européens à maîtriser leur endettement, sans compromettre les perspectives de croissance. La hausse des coûts de financement et les incertitudes économiques renforcent la nécessité de politiques budgétaires crédibles.

Au-delà des difficultés propres à chaque pays, le risque tient à leur possible propagation : une crise de la dette dans une grande économie pourrait rapidement affecter les marchés financiers et raviver les tensions au sein de la zone euro.

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Assemblées annuelles 2026 BM-FMI : l’appel de Banga pour un nouveau modèle de développement

S’exprimant depuis Bangkok lors de la séance plénière des Assemblées annuelles 2026 du Groupe de la Banque mondiale et du FMI, Ajay Banga a dévoilé sa vision stratégique pour les 50 prochaines années. Le président de la Banque mondiale prône un changement de cap pragmatique : substituer à l’altruisme traditionnel un développement fondé sur des intérêts économiques communs, l’investissement privé et la création d’emplois.

En direct de Bangkok, les dirigeants mondiaux et ministres des Finances réunis pour la séance plénière des Assemblées annuelles 2026 ont assisté à une prise de parole décisive du président du Groupe de la Banque mondiale, Ajay Banga, lit-on dans un compte rendu de l’institution de Bretton Woods. Évoquant un « moment charnière » pour la gouvernance économique globale, Ajay Banga a dressé un diagnostic sans concession tout en traçant une feuille de route ambitieuse pour les cinq décennies à venir.

Le défi démographique : 1,2 milliard de jeunes à insérer

Au cœur des préoccupations exprimées figure la transition démographique mondiale et l’urgence de l’emploi youth. « Au cours des 10 à 15 prochaines années, 1,2 milliard de jeunes atteindront l’âge de travailler, avec des conséquences majeures pour la croissance et la stabilité mondiales », a prévenu le patron de l’institution multilatérale.

Pour répondre à ce défi colossal, la Banque mondiale a engagé un plan de transformation profonde entamé il trois ans, explique-t-on. Un tournant stratégique dont les résultats commencent à porter leurs fruits : « Après trois années consacrées à la mise en œuvre rigoureuse et disciplinée d’un plan de travail visant à transformer l’institution, les premiers résultats commencent à se concrétiser et dépassent les attentes », s’est félicité Ajay Banga.

Dans cet ordre d’idées, le rendez-vous de 2026 à Bangkok marque la convergence des réformes engagées depuis trois ans : après la réforme institutionnelle en 2024 et le recentrage stratégique sur la création d’emplois en 2025, l’édition 2026 fait le bilan des réussites concrètes. En effet, face aux « contraintes budgétaires des États, au surendettement des pays en développement, aux conflits armés et à la fragmentation géopolitique », le chef de la BM appelle à une « rupture doctrinale ». Il s’agit de s’éloigner d’une logique de développement axée principalement sur l’altruisme ou l’aide publique pour adopter un modèle pragmatique, fondé sur l’optimisation rigoureuse des ressources existantes ; la mobilisation massive des investissements (notamment privés) ; des partenariats basés sur des intérêts économiques mutuels et des résultats mesurables.

Dans un contexte macroéconomique international sous tension, cet appel de Bangkok résonne comme une invitation aux décideurs et investisseurs internationaux à considérer le développement non plus comme une charge, mais comme un gisement d’opportunités économiques durables.

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Le FMI lance un avertissement alarmant concernant les déficits américains

La directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Kristalina Georgieva, a lancé un avertissement sans équivoque dans lequel elle souligne que le plan de Scott Bessent, visant à réduire la dette croissante et le déficit budgétaire par la croissance ne donnera pas de résultats assez rapidement pour la première économie mondiale.

« Les autorités misent énormément sur une forte croissance aux États-Unis. La croissance est certes un atout, mais elle ne peut à elle seule permettre les ajustements nécessaires au rythme requis », a déclaré la patronne du FMI, depuis Bangkok en marge des réunions annuelles du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale.

A rappeler que Scott Bessent, qui n’est pas présent à Bangkok, a affirmé ces dernières semaines que les États-Unis seraient en mesure de redresser leur dette et leur déficit en s’appuyant sur la forte croissance de l’économie américaine. « Ce qui compte, c’est le ratio dette/PIB, et nous allons commencer à infléchir cette courbe, pour la faire baisser », a-t-il expliqué la semaine dernière. « Cela pourrait se produire très rapidement ». La dette américaine a atteint des niveaux inédits. Ce qui est l’une des principales causes de la flambée des coûts d’emprunt à long terme, suscitant des inquiétudes dans le monde entier, comme le rapporte Bloomberg.

Pour sa part, la présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde, a commenté la question en ces termes : « J’ai entendu la directrice générale du FMI insister sur les principes budgétaires à respecter », faisant référence à l’ampleur du déficit américain. « Il s’agit clairement d’un problème que tous les pays concernés doivent prendre en compte ».

Le Bureau du budget du Congrès (CBO) avait averti en février que le ratio dette/PIB en 2030 dépasserait le record historique de 106 % enregistré en 1946. La dette publique totale des États-Unis a dépassé les 40 000 milliards de dollars pour la première fois. Tandis que le déficit a atteint 2 000 milliards de dollars et devrait dépasser 6 % du PIB au cours de l’exercice fiscal actuel.

Déséquilibres mondiaux

Concernant la question plus générale des déséquilibres mondiaux, Mme Georgieva a déclaré que le FMI « tire la sonnette d’alarme face à l’escalade des déséquilibres mondiaux excessifs ». « Nous devons examiner quels sont les principaux facteurs qui contribuent à cette situation – il s’agit principalement de la Chine et des États-Unis ». Elle a ajouté que la Chine doit stimuler la consommation intérieure, tandis que les autres économies doivent se concentrer sur la réduction de la dette et des déficits, ainsi que sur la maîtrise de leurs dépenses.

L’écart entre les pays excédentaires – comme la Chine et le Japon – et les économies déficitaires – comme les États-Unis – est revenu à son plus haut niveau depuis la période précédant la crise financière mondiale de 2007-2008, note Bloomberg.

« Pour faire simple, la Chine doit augmenter ses dépenses, les États-Unis doivent augmenter leur épargne et l’Europe doit stimuler ses investissements », suggère-t-elle.

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