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3e édition du Salon national des arts plastiques : Désormais un rendez-vous annuel fixe

Dévoilant les nouveautés, Mme Ahlam Bou Sandel a mis l’accent sur une scénographie inédite, conçue pour être particulièrement vivante et interactive. La mise en espace qui sera révélée lors du vernissage promet, selon elle, d’offrir une expérience d’immersion renouvelée aux visiteurs et de sublimer les œuvres exposées. La Presse — Placée sous le patronage du […]

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Mes Humeurs – Une lettre disparaît, une autre déraille

La Presse — Il suffit parfois d’une lettre pour que l’imagination prenne la tangente, mercredi dernier, devant l’émission La Grande Librairie, mon regard s’est arrêté sur une plaque de rue apparue à l’écran. On y lisait le nom de Georges Perec, mais amputé d’un «e». Un nom écorché, une voyelle envolée, une anomalie qui avait […]

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La XXVIe Semaine de la langue italienne dans le monde se déploie dans huit villes tunisiennes

La XXVIe Semaine de la langue italienne dans le monde se déroule du 9 au 29 octobre 2026 dans huit villes tunisiennes, autour du thème « Langue géniale : imaginer, concevoir, créer avec l’italien », selon les organisateurs. Alors que la semaine officielle se tient du 19 au 25 octobre, la programmation tunisienne s’étend sur […]

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Le Rio Cinéma – Rencontre Ibn Khaldoun : Hommage à Mahmoud Messaâdi

Le Rio Cinéma de Tunis abrite, le 22 octobre 2026, de 17h00 à 19h00, à l’occasion de sa  « Rencontre Ibn Khaldoun », un événement consacré à la vie et à l’œuvre de Mahmoud Messaâdi, figure majeure de la pensée et de la littérature tunisiennes. Une soirée pluridisciplinaire, entre présentations, lectures, images, réflexions collectives et […]

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Le ténor tunisien Hassen Doss distingué à Rome

Le ténor tunisien Hassen Doss a reçu, à Rome, le Prix international d’Excellence Euro-Méditerranéen 2026 — également connu sous le nom d’«Oscar de la Méditerranée» — pour son parcours artistique et sa contribution à la promotion de la culture, de la coopération et du dialogue entre les peuples des deux rives de la Méditerranée.

La distinction a été remise le 14 octobre, lors de la quatrième édition de cet événement, qui s’est tenu dans la salle Giovanni Spadolini du ministère italien de la Culture. La cérémonie a réuni des représentants de l’ambassade de Tunisie en Italie, des diplomates, des responsables institutionnels ainsi que des personnalités issues des milieux universitaires, culturels et médiatiques.

Le prix a été remis au chanteur lyrique tunisien par Dündar Kesapli, président de l’Association des journalistes de la Méditerranée, à l’origine de cette initiative visant à mettre à l’honneur des personnalités s’étant distinguées dans les domaines de la culture, de l’art, de la diplomatie, des médias, du sport ou de l’engagement social.

« Je suis profondément ému», a déclaré Hassen Doss à l’agence Tap, soulignant la portée symbolique de recevoir une telle distinction en Italie — pays doté d’une immense tradition lyrique — aux côtés de personnalités internationales, telles que l’ancien capitaine de l’AS Rome, Francesco Totti.

Le ténor a qualifié ce prix d’aboutissement d’un long cheminement marqué par l’engagement, la persévérance et le travail.

Formé à l’Institut de musique de Sousse et à l’Institut supérieur de musique de Tunis, Hassen Doss est considéré comme l’un des pionniers de la diffusion du chant lyrique en Tunisie. Au cours de sa carrière, il a contribué à rapprocher le public tunisien de l’opéra, en proposant une fusion originale entre technique vocale lyrique, tradition musicale arabe et sonorités contemporaines. Parmi ses expériences les plus marquantes, on peut citer ses participations au Festival international de Carthage, en 2018 et 2022, ainsi que sa contribution aux versions tunisiennes de ‘‘Carmen’’ de Georges Bizet et de ‘‘La Traviata’’ de Giuseppe Verdi. Son répertoire comprend par ailleurs des airs d’opéra, des chansons italiennes et napolitaines, ainsi que des compositions originales en dialecte tunisien.

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Tunisie | Mesures pour impulser les exportations d’huile d’olive et de dattes

Dorra Borji, directrice générale du commerce extérieur au ministère du Commerce et du Développement des exportations, a affirmé que son département travaille sur une stratégie intégrée visant à soutenir et à développer les exportations d’huile d’olive et de dattes. Cette démarche s’accompagne d’un renforcement des mécanismes de financement et des facilités bancaires destinés aux professionnels actifs dans ces deux secteurs.

Mme Borji, citée par Diwan FM, intervenait lors d’une journée d’information, organisée en collaboration avec le Conseil bancaire et financier (CBF), le vendredi 16 octobre 2026, et qui avait pour objectif de faire connaître les mécanismes et les facilités financières et bancaires disponibles pour financer les activités de transformation, de promotion et d’exportation de ces deux produits phares de l’agriculture tunisienne.

Cette rencontre s’inscrivant dans le cadre de l’évaluation des résultats de la saison écoulée et de la préparation de la nouvelle saison, fait suite à une série de réunions entre les établissements bancaires et les professionnels, au cours desquelles le secteur bancaire a été encouragé à renforcer le financement des filières de l’huile d’olive et des dattes.

Les échanges ont également permis de mettre en lumière l’existence de mécanismes et de facilités financières dont certaines entreprises — notamment les PME — n’avaient pas une connaissance suffisante.

La directrice générale du Commerce extérieur a passé en revue les principaux indicateurs enregistrés durant la saison 2025-2026, indiquant que la valeur des exportations d’huile d’olive a atteint environ 5 milliards de dinars. Et celles de dattes ont franchi, pour la première fois de leur histoire, le seuil du milliard de dinars, pour s’établir à 1,011 milliard de dinars.

Mme Borji a souligné l’importance stratégique de ces deux produits pour le soutien des exportations nationales, précisant que le secteur agroalimentaire constitue le deuxième contributeur aux exportations tunisiennes : l’huile d’olive représente environ 61 % du total des exportations alimentaires, tandis que les dattes en représentent près de 10 %.

Stockage, financement et promotion pour soutenir les exportations

Concernant la stratégie adoptée pour les prochaines campagnes, Mme Borji a indiqué que le plan d’action pour le secteur de l’huile d’olive repose sur trois axes principaux — le stockage, le financement et la promotion — mis en œuvre en coordination avec les différents ministères concernés.

Les établissements bancaires ont, pour leur part, intégré les produits saisonniers parmi leurs priorités en matière de financement, a-t-elle aussi indiqué, en insistant, également, sur la nécessité de poursuivre les efforts visant à diversifier les marchés extérieurs, au-delà des destinations traditionnelles (Europe et Etats-Unis), soulignant que les dattes tunisiennes sont actuellement exportées vers 86 pays à travers différents continents.

Dans ce contexte, Mme Borgi a révélé que le ministère de l’Agriculture a récemment organisé une mission de prospection au Sénégal, dans le but d’explorer de nouvelles opportunités pour les produits tunisiens et de renforcer leur présence sur les marchés africains.

I. B.

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Tunisie | Bardo Collections fait rimer design contemporain et transformation de déchets

Bardo Collections, une galerie de design contemporain située à Tunis, accueille depuis le 18 septembre 2026 et jusqu’au 2 janvier 2027 l’exposition intitulée «Les Restes Anthropiques» de l’architecte et designer franco-grec Thomas Egoumenides, résident en Tunisie depuis onze ans.

Fondée en 2024 par Khansa Garbi, Selma Feriani et Chacha Atallah, qui en assure la direction artistique, cette galerie basée à La Goulette, cité balnéaire et portuaire située au nord de Tunis, se propose de transformer des déchets industriels en objets de design, en alliant créativité, durabilité environnementale et artisanat local. Elle se consacre à la production, à l’exposition et à la promotion du design de collection issu du «Sud global», avec une attention particulière portée à l’Afrique du Nord et au Moyen-Orient.

Selon son site officiel, Bardo Collections collabore avec des artistes et des designers, qu’ils soient émergents ou confirmés, en privilégiant l’expérimentation des matériaux, la fabrication locale et la valorisation du patrimoine artisanal.

Parmi les créateurs représentés figurent Aymen Mbarki, Myriame Dachraoui, Fares Thabet et Skander Khlif.

À travers «Bardo Collections Studio», la galerie propose également des services de conception sur mesure destinés aux collectionneurs, aux architectes et aux aménagements d’intérieurs.

Thomas Egoumenides et ses Tables-Anthropes.

Figure centrale de l’exposition actuelle, Thomas Egoumenides récupère des résidus issus de la transformation industrielle du plastique pour les métamorphoser en tables basses, étagères sculpturales, lampes et candélabres. Inspirée par la «Théogonie» d’Hésiode, l’exposition interroge le consumérisme et la possibilité de redonner de la valeur et une fonction à des matériaux délaissés. Cette initiative confirme l’ambition de la galerie : promouvoir un design contemporain ancré dans les cultures méditerranéennes et africaines, capable de conjuguer innovation, mémoire et durabilité.

I. B. (avec Ansa).  

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Nabeul célèbrera le mariage de l’harissa et de la pizza

Ce sera l’un des rendez-vous les plus originaux de la douzième édition du Festival de l’harissa de Nabeul, qui se tiendra du 30 octobre au 1er novembre 2026 dans cette ville côtière tunisienne, considérée comme l’une des capitales de la production de la célèbre sauce à base de piments rouges.

L’événement, organisé par l’Association pour la sauvegarde de la ville de Nabeul (ASVN), accueillera des pizzaiolos italiens experts, invités à proposer une réinterprétation de la pizza napolitaine agrémentée d’une sauce à base d’harissa.

Selon le quotidien La Presse, deux pizzaiolos napolitains sont attendus ; ils animeront des démonstrations gastronomiques visant à mettre en valeur la rencontre entre les traditions culinaires des deux rives de la Méditerranée.

Parmi les nouveautés de cette année, le festival s’étendra au-delà de ses espaces habituels à Dar Nabeul — siège de l’association organisatrice — pour investir l’avenue Habib Bourguiba, en plein centre-ville. Une structure d’exposition y sera installée pour accueillir une trentaine de producteurs et artisans, proposant des dégustations ainsi que la vente d’harissa traditionnelle et de ses diverses variantes.

Le programme culturel et scientifique restera, quant à lui, concentré à Dar Nabeul, avec trois conférences consacrées au patrimoine gastronomique local, des ateliers de préparation artisanale de l’harissa, des démonstrations culinaires, ainsi que des activités autour de la mosaïque, de la calligraphie et de la céramique — un autre fleuron de l’artisanat régional. Des spectacles folkloriques et diverses animations sont également au programme. L’objectif, a expliqué le directeur du festival, Samir Kerkeni, à la radio Diwan FM, est de valoriser l’harissa de Nabeul, de préserver le patrimoine alimentaire régional et de promouvoir de nouveaux usages du produit dans la gastronomie internationale.

Traditionnellement préparée à partir de piments rouges séchés au soleil, d’ail, de sel et de coriandre, l’harissa est l’un des ingrédients les plus emblématiques de la cuisine tunisienne ; elle est utilisée au quotidien comme condiment et entre dans la composition de nombreux plats.

En décembre 2022, l’Unesco a inscrit les savoir-faire, connaissances et pratiques culinaires et sociales liés à l’harissa tunisienne sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité, reconnaissant ainsi sa valeur culturelle et son rôle dans la transmission des traditions familiales et communautaires.

Le festival de Nabeul, créé en 2015, vise donc à conjuguer la préservation d’un patrimoine gastronomique profondément ancré dans l’identité tunisienne avec la promotion de l’artisanat, du tourisme et de nouvelles opportunités économiques. Dans ce contexte, la pizza à l’harissa devient un symbole du dialogue gastronomique entre la Tunisie et l’Italie.

I. B.

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Perle de la Méditerranée | Une revue consacrée aux îles de la Galite

Raconter et protéger l’un des écosystèmes insulaires les plus précieux et les moins connus de la Méditerranée. Tel est l’objectif de «Perle de la Méditerranée», une nouvelle revue consacrée à l’archipel tunisien de La Galite, situé au large des côtes septentrionales du pays. Le premier numéro, couvrant la période de janvier à juillet 2026, vient de paraître.

Cette initiative, annoncée par l’association environnementale tunisienne Méditerranée Action Nature (MAN) et relayée par l’agence de presse TAP, s’inscrit dans le projet «Consolidation d’une gestion efficace et durable de l’archipel de La Galite», financé par le Critical Ecosystem Partnership Fund (CEPF), un fonds international dédié à la conservation de la biodiversité.

La publication vise à sensibiliser le public à l’importance de la protection des écosystèmes marins et terrestres de l’archipel, à valoriser son patrimoine historique et culturel, et à documenter les actions de conservation menées sur place, tout en favorisant le partage des connaissances entre chercheurs, associations environnementales et institutions.

Le premier numéro propose plusieurs rubriques thématiques, notamment «Activités environnementales» — consacrée aux programmes et initiatives de protection — et «Sous la loupe», qui examine en détail les caractéristiques des espèces animales et végétales ainsi que des habitats naturels. Un espace est spécifiquement dédié à l’histoire de l’archipel, tandis que la rubrique photographique «Images de La Galite» invite les lecteurs à découvrir les paysages insulaires, la faune marine et la richesse biologique de la zone.

Situé à environ 46 kilomètres au nord du Cap Negro, l’archipel comprend l’île principale de La Galite et plusieurs îlots environnants. Cette zone, qui se distingue par une grande biodiversité marine et terrestre, constitue un patrimoine naturel tunisien majeur, faisant l’objet de programmes de conservation et de suivi environnemental.

Le projet soutenu par le CEPF, confié à l’association MAN, bénéficie d’un financement d’environ 170 000 dollars pour la période allant de décembre 2025 à décembre 2028.

Parmi les interventions prévues figurent le renforcement de la participation des acteurs locaux à la gestion de la zone, l’implication des pêcheurs dans le suivi des écosystèmes coralligènes, la promotion de pratiques touristiques durables ainsi que la définition d’actions en faveur de la restauration écologique des milieux terrestres.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre d’un engagement plus large de la Tunisie visant à renforcer la protection de son patrimoine marin.

Selon l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), les aires protégées couvrent actuellement moins de 3 % des eaux marines tunisiennes, alors que le pays a lancé un programme visant à contribuer à l’objectif international de protéger au moins 30 % des écosystèmes terrestres et marins d’ici 2030.

I. B. (avec Ansa).

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Rencontre à l’IRMC à Tunis sur le sionisme, une idéologie coloniale

L’Institut de recherche sur le Maghreb contemporain (IRMC) organise une rencontre-débat autour de l’ouvrage ‘‘Le sionisme, une invention européenne. Genèse d’une idéologie’’ de Sonia Dayan-Herzbrun, professeure émérite de sociologie politique à l’Université Paris-Cité (Lux Editeur, Québec, Canada, 17 octobre 2025, 128 pages), le mardi 20 octobre 2026 à partir de 17h30, en présence de l’auteure de l’ouvrage.

Le sionisme, dans ses différentes déclinaisons, est et a toujours été une idéologie coloniale dont on constate aujourd’hui les conséquences effroyables. Ce n’est pas dans la tradition rabbinique mais bien au cœur de la modernité européenne que le sionisme plonge ses racines. Dans l’Occident chrétien, on considérait les diverses communautés de religion juive comme un peuple en exil, originaire d’une terre mythique à la géographie indéterminée. Jusqu’à l’ère moderne, la relation à ce lieu est restée pour les Juifs essentiellement symbolique, voire mystique. Ce n’est qu’à la fin du XIXe siècle qu’elle cherchera à s’ancrer dans une réalité géographique et politique, sous l’impulsion de ce qu’on appelle le «sionisme chrétien». Une forme de messianisme se combine alors au projet de colonisation de la Palestine et d’expansion de l’Empire britannique.

Répondant aux attentes du sionisme chrétien, le sionisme politique de Theodor Herzl et de ses successeurs s’inscrit au confluent de plusieurs courants d’idées très présents en Europe entre le XIXe et le XXe siècle : les nationalismes, les utopies coloniales et l’orientalisme. L’unité de la nation se fait autour d’un récit qui transforme la Bible en livre historique fiable et nie le passé de la terre sur lequel il est censé se dérouler. Toutes les manipulations politiques deviennent alors possibles jusqu’à l’instauration de l’Etat d’Israël, son expansion par l’expropriation violente des terres des Palestiniens et les interminables guerres contre ses voisins au Proche-Orient : Egypte, Liban, Syrie et jusqu’en Iran.

Cet expansionnisme est illustré par concept géopolitique et religieux du Grand Israël (Eretz Yisrael HaShlema, en hébreu) qui désigne l’extension de l’État d’Israël sur l’ensemble de ses supposées frontières bibliques, la fameuse «Terre promise» décrite dans la Bible et qui s’étendrait du Nil à l’Euphrate, c’est-à-dire de l’Egypte à l’Irak. Ce concept colonialiste, illustré par le drapeau même d’Israël (où les deux traits bleus symbolisent les deux fleuves), fonde la politique belliqueuse et expansionniste du gouvernement d’extrême-droite actuel en Israël, conduit par le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Prennent part à la discussion de l’ouvrage : Amin Allal, chercheur en science politique (IRMC), et Adrien Thibault, chercheur en sociologie et science politique (IRMC).

I. B.

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Bettina Heinen-Ayech, une œuvre marquée par la lumière et les paysages de la Tunisie

Du 23 au 25 octobre 2026, à l’occasion de son 30e anniversaire, la foire internationale d’art ARTfair Innsbruck, en Autriche, rendra hommage à la peintre Bettina Heinen-Ayech (1937–2020), artiste germano-algérienne dont l’œuvre fut profondément marquée par la lumière et les paysages de la Tunisie.

Installée dès 1963 à Guelma, dans l’est de l’Algérie, à proximité de la frontière tunisienne, Bettina Heinen-Ayech entretint pendant près de six décennies une relation particulièrement étroite avec la Tunisie.

Elle parcourut régulièrement le pays, peignant ses paysages, ses villes historiques, ses villages et ses habitants. De Tabarka à Tunis et Carthage, de Nabeul à Kairouan, d’El-Djem à Gafsa, elle trouva dans la diversité des paysages tunisiens une source d’inspiration constante.

L’exposition internationale d’Innsbruck constitue aujourd’hui une nouvelle reconnaissance majeure pour cette artiste qui consacra l’essentiel de sa vie à la peinture et dont la Tunisie occupa une place importante dans l’univers artistique et personnel.

Une relation privilégiée avec la Tunisie depuis 1963

En février 1963, quelques mois après l’indépendance de l’Algérie, Bettina Heinen-Ayech s’installe à Guelma auprès de son époux, Abdelhamid Ayech (1926–2010).

La proximité géographique de Guelma avec la Tunisie favorise très rapidement ses voyages dans le pays voisin, qu’elle découvre et apprend à aimer dès cette époque.

À partir de 1963, la peintre effectue régulièrement des séjours en Tunisie, parcourant différentes régions avec ses couleurs, ses pinceaux et son matériel de peinture.

Ces voyages deviennent une composante durable de son existence et de sa création artistique.

La Tunisie lui offre une remarquable diversité de paysages, de lumières et d’atmosphères : le littoral méditerranéen, les montagnes boisées du Nord-Ouest, les anciennes cités, les plaines agricoles, les villages de l’intérieur et les paysages arides du Sud.

Elle ne se contente pas de visiter ces lieux. Fidèle à sa pratique de la peinture sur le motif, elle s’y installe pour travailler directement devant la nature, cherchant à saisir les variations de lumière, les couleurs et le caractère particulier de chaque région.

Au fil des décennies, cette proximité donne naissance à une œuvre tunisienne importante, témoignage pictural d’un attachement profond au pays.

Tabarka : une source d’inspiration particulièrement intense

Parmi toutes les régions tunisiennes qu’elle découvre, Tabarka et ses environs occupent une place privilégiée dans son œuvre.

Située non loin de Guelma, sur la côte méditerranéenne, cette région devient l’une de ses destinations de prédilection.

Bettina Heinen-Ayech y revient régulièrement pour peindre les montagnes verdoyantes, les forêts, les reliefs descendant vers la mer, les villages et les paysages côtiers.

Elle est particulièrement sensible à la rencontre entre la végétation luxuriante du Nord-Ouest tunisien et les couleurs changeantes de la Méditerranée.

Les contrastes entre les montagnes, les forêts, la mer et la lumière méditerranéenne lui offrent des possibilités picturales qu’elle explore inlassablement.

Son travail dans la région de Tabarka s’inscrit ainsi parmi les expressions les plus personnelles de sa relation artistique avec la Tunisie.

De Tunis à Carthage, de Kairouan à Gafsa : une peintre à la découverte du pays

L’intérêt de Bettina Heinen-Ayech pour la Tunisie ne se limite toutefois pas à la région de Tabarka.

Au cours de ses nombreux séjours, elle découvre et peint également Tunis et Carthage, où l’histoire, l’architecture et la lumière méditerranéenne constituent autant de sujets d’inspiration.

Elle travaille aussi à Nabeul, sur la péninsule du Cap Bon, région dont les paysages et la vie quotidienne nourrissent son regard de peintre.

Dans l’intérieur du pays, elle se rend notamment à Kairouan, ville chargée d’histoire, ainsi qu’à El-Djem, célèbre pour son patrimoine architectural antique.

Plus au sud, ses voyages la conduisent jusqu’à Gafsa, où elle découvre d’autres couleurs, d’autres reliefs et des paysages annonçant les régions présahariennes.

Ces déplacements témoignent de sa volonté de connaître la Tunisie dans toute sa diversité, bien au-delà des grands centres urbains et des destinations touristiques.

Pour elle, chaque région possède une identité propre, une lumière particulière et une atmosphère que la peinture peut exprimer.

Ses œuvres tunisiennes constituent ainsi un témoignage artistique de plusieurs décennies de rencontres avec les paysages et la culture du pays.

Une artiste également présente dans la vie culturelle tunisienne

La relation de Bettina Heinen-Ayech avec la Tunisie ne fut pas uniquement celle d’une peintre voyageuse. Elle exposa à plusieurs reprises ses œuvres à Tunis, participant ainsi à la vie artistique et culturelle de la capitale. Ces expositions lui permirent de présenter sa peinture au public tunisien et de faire connaître son regard personnel sur les paysages de l’Afrique du Nord.

Son attachement à la Tunisie s’exprimait également à travers les relations humaines nouées au fil de ses séjours et son intérêt constant pour la culture et les habitants du pays.

Pour cette artiste profondément européenne par sa formation, mais dont l’existence fut intimement liée au Maghreb, les frontières nationales ne constituaient pas des frontières artistiques.

L’Algérie et la Tunisie formaient deux espaces voisins, différents et complémentaires, qui nourrissaient sa sensibilité et sa création.

Sa peinture témoigne ainsi d’une rencontre durable entre les traditions picturales européennes et les paysages de l’Afrique du Nord.

Une carrière artistique reconnue sur les deux rives de la Méditerranée

Née en Allemagne en 1937, Bettina Heinen-Ayech manifeste très tôt un talent exceptionnel pour la peinture.

Formée dans l’environnement artistique de la colonie de peintres de Solingen, elle bénéficie notamment de l’enseignement du peintre Erwin Bowien (1899–1972).

Dès sa jeunesse, elle participe à d’importantes expositions en Europe et développe progressivement un langage pictural personnel, caractérisé par une grande liberté de couleur, une sensibilité particulière à la lumière et une approche expressive du paysage.

Son installation en Algérie en 1963 marque une étape déterminante de son parcours.

Durant près de six décennies, elle peint aussi bien en Afrique du Nord que dans différents pays européens, maintenant un dialogue artistique permanent entre les deux rives de la Méditerranée.

En Algérie, son œuvre bénéficie d’une reconnaissance institutionnelle importante.

Le Musée national des beaux-arts d’Alger lui consacre notamment deux grandes rétrospectives, en 1993 et 2004, et conserve des œuvres de l’artiste dans ses collections.

En 2014, le Musée national public Cirta de Constantine organise une nouvelle grande rétrospective consacrée à son parcours artistique.

Elle reçoit également plusieurs distinctions officielles, parmi lesquelles le Grand Prix de la ville d’Alger en 1976, ainsi que des hommages des institutions culturelles algériennes.

Mais sa carrière dépasse largement le cadre d’un seul pays.

Ses voyages et ses expositions témoignent de l’itinéraire d’une artiste qui a construit une œuvre originale au croisement de plusieurs cultures.

La Tunisie, une patrie artistique de cœur

Pour Bettina Heinen-Ayech, la Tunisie ne fut jamais une simple destination de voyage.

La proximité avec son lieu de résidence à Guelma, la fréquence de ses séjours et les liens humains qu’elle y développa firent de ce pays une partie familière et précieuse de son existence.

Elle y revint pendant des décennies, découvrant sans cesse de nouveaux sujets et retrouvant des paysages auxquels elle était profondément attachée.

Tabarka, Tunis, Carthage, Nabeul, El-Djem, Kairouan et Gafsa comptent ainsi parmi les lieux qui ont nourri son inspiration.

Son œuvre constitue aujourd’hui un témoignage artistique de cette relation particulière avec la Tunisie.

Lorsqu’elle s’éteint en 2020, Bettina Heinen-Ayech laisse derrière elle un ensemble pictural considérable qui reflète près de soixante-dix années de création artistique, dont une partie importante est consacrée aux paysages et aux habitants du Maghreb.

Reconnaissance internationale pour une artiste géniale

Du 23 au 25 octobre 2026, à l’occasion de son trentième anniversaire, la foire internationale ARTfair Innsbruck rendra un hommage exceptionnel à Bettina Heinen-Ayech.

Une importante présentation muséale permettra au public international de découvrir un ensemble représentatif de son œuvre, illustrant les différentes étapes de sa carrière.

Une attention particulière sera portée à sa peinture inspirée par l’Afrique du Nord, où elle développa un langage pictural personnel, marqué par l’intensité de la lumière méditerranéenne et la diversité des paysages.

Cet hommage constitue une nouvelle étape dans la reconnaissance internationale d’une artiste dont l’existence et la création furent profondément marquées par les échanges entre l’Europe et le Maghreb.

Pour son fils, Dr Haroun Ayech, qui se consacre aujourd’hui à la sauvegarde et à la transmission de l’héritage artistique de sa mère, cette manifestation possède une signification particulière : «Ma mère entretenait avec la Tunisie une relation très profonde. Dès son installation à Guelma en 1963, elle s’est rendue régulièrement dans ce pays voisin qu’elle aimait beaucoup. Elle y a parcouru et peint de nombreuses régions, avec une prédilection particulière pour Tabarka, mais aussi Tunis, Carthage, Nabeul, Kairouan, El-Djem et Gafsa.

La Tunisie faisait véritablement partie de son univers artistique et affectif. Elle y avait ses habitudes, ses souvenirs et de nombreux sujets d’inspiration. Elle était également heureuse d’avoir pu présenter ses œuvres à plusieurs reprises au public tunisien. Voir aujourd’hui sa peinture honorée à l’échelle internationale est pour moi une grande joie. J’y vois également un hommage aux paysages, à la lumière et à la culture de la Tunisie, ce pays auquel ma mère était si profondément attachée.»

Une nouvelle grande exposition en Allemagne en 2027

Cette reconnaissance internationale se poursuivra dès le début de l’année prochaine.

Du 16 janvier au 4 avril 2027, le Kunstmuseum Schwaan, en Allemagne, consacrera une nouvelle grande exposition à Bettina Heinen-Ayech.

Cette manifestation présentera un vaste panorama de sa création, depuis les premières années de sa carrière jusqu’aux œuvres de sa maturité inspirées par les paysages européens et nord-africains.

Des œuvres des peintres Erwin Bowien et Amud Uwe Millies, deux autres représentants importants de la colonie artistique de Solingen, compléteront cette présentation.

Cette exposition offrira une nouvelle occasion de faire découvrir au public européen le parcours exceptionnel d’une artiste qui fit de la peinture un dialogue permanent entre les cultures, les paysages et les peuples.

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Bakma d’Abdelhamid Bouchnak : La nécessaire saignée pour le cinéma tunisien

Avouons que c’est une claque esthétique et narrative ! Mais au-delà, Bakma pose une question fondamentale pour l’avenir du 7e art tunisien. Bakma agit comme un coup de défibrillateur sur un corps léthargique. En empoignant le cinéma de genre par le collet, Abdelhamid Bouchnak démontre que l’exigence artistique n’est pas l’ennemi du spectacle populaire. Le […]

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Jaou Tunis 2026 : Un archipel artistique pour penser le monde autrement

Du 23 octobre au 22 novembre, la huitième édition de Jaou Tunis déploie une programmation internationale à travers la capitale. Entre création contemporaine, dialogue des cultures et réhabilitation du patrimoine, la manifestation franchit une nouvelle étape avec l’accueil, pour la première fois hors de Suisse, de la Biennale de l’image en mouvement de Genève. La […]

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« To the Sun and Beyond »de Aziz Shennawy en compétition au 47e Festival du Caire : Une belle présence tunisienne

Le premier long métrage du réalisateur tunisien Aziz Shennawy, «To the Sun and Beyond» (Au-delà du Soleil), figure parmi les sept films sélectionnés dans la section «Horizons du cinéma arabe» de la 47e édition du Festival international du film du Caire (Ciff), prévue du 11 au 20 novembre en Égypte. Dévoilée dimanche lors d’une conférence […]

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Vient de paraître – ‘’L’ambassadeur Mhammed Jnifen’’: un illustre diplomate face aux fortes tempêtes arabes 

Tout aura été chamboulé dans le monde arabe durant ces 26 années, entre 1974 et 1995 : la crise du pétrole, les deux guerres du Golfe, le brasier au Liban, les relations très tendues entre la Tunisie et la Libye, l’invasion du Koweït, puis la guerre en Irak…

 

L’ambassadeur Mhammed Jnifen se retrouvera projeté au cœur de cette actualité brûlante. Nommé à la tête des ambassades de Tunisie à Bagdad, Beyrouth, Tripoli, Riad, Manama, Damas et le Caire, il en témoignera. Dans un récit passionnant Sous le titre de « L’ambassadeur Mhammed Jnifen, parcours, défis et positions », publié par l’Association tunisienne des anciens ambassadeurs et consuls généraux (ATAACG), en collaboration avec les Editions Leaders, il convoque tout un pan de notre histoire contemporaine. On plonge avec délectation dans une époque mouvementée, un monde arabe en effervescence et des tiraillements aux extrêmes.

Pour l’avoir côtoyé depuis longue date, le ministre des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger, Mohamed Ali Nafti, saluera en préface de ce livre, « une déambulation intellectuelle et historique, marquée par un témoignage sincère et spontané, non sans audace, trempé dans un style très agréable. »

L’ouvrage a été élaboré à partir d’entretiens interactifs entre l’ambassadeur Jnifen et des membres de l’association qui n’ont pas manqué de l’interroger sur les coulisses de grands évènements survenus, d’éminentes personnalités rencontrées et des moments forts vécus. Les souvenirs personnels sont croisés avec des analyses pertinentes, le récit d’entretiens avec des chefs d’Etat arabes, notamment Kadhafi, s’ajoute aux rencontres avec Bourguiba. La sérénité diplomatique est souvent secouée par des déferlements bouleversants.

Un récit de vie attachant, et un témoignage précieux, instructif et inspirant.

L’ambassadeur Mhammed Jnifen, parcours, défis et positions 
Par l’Association tunisienne des anciens ambassadeurs et consuls généraux (ATAACG)
Editions Leaders, 2026, 338 pages, 45 DT – En Librairie et sur www.leadersbooks.com.tn (livraison gratuite en Tunisie)

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Biographie de l’ambassadeur Mhammed Jnifen

Né à Ben Guerdane, en 1935
Titulaire d’une licence de la faculté de théologie et des sciences religieuses et d’un mastère de troisième cycle
Diplômé de l’Institut de Défense nationale
Principales fonctions diplomatiques
1974 – 1978 : Détachement au ministère des Affaires étrangères et affectation à Bagdad, avec rang de conseiller des Affaires étrangères, et fonction de chargé d’affaires
1980 – 1980 : Ambassadeur de Tunisie au Liban
1982 – 1985 : Haut représentant de la Tunisie auprès de la Jamahiriya arabe libyenne
1985 – 1989 : Directeur des affaires politiques pour le monde arabe, au ministère des Affaires étrangères
1989 – 1991 : Ambassadeur de Tunisie auprès du Royaume de l’Arabie saoudite, et ambassadeur non-résident auprès du Yémen du Sud
1991 -1992 : Ambassadeur auprès du Royaume du Bahreïn
1992 – 1993 : Ambassadeur auprès de la République arabe de Syrie
1993 -1995 : Ambassadeur auprès de la République arabe d’Egypte et délégué permanent de la Tunisie auprès de la Ligue des Etats arabes.

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Photo : Pierre Gassin à l’Alliance française de Djerba

Sous le regard vigilant et engagé de Yassine Hamrouni, directeur de l’Alliance française de Djerba, Pierre Gassin expose sa collection intitulée « Résilience » jusqu’au 25 novembre.

Consacrées aux îles Kerkennah où réside Pierre Gassin, cette série de photographies est une plongée dans le quotidien de l’archipel et de la relation des Kerkenniens avec la mer.

Sublimées par le noir et blanc, les photos de Gassin témoignent également d’une esthétique maîtrisée et d’un art accompli.

L’ouverture de l’exposition aura lieu samedi 17 octobre dans les locaux de l’Alliance française de Djerba.

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Huile d’olive: 100 millions de dinars et une redevance de 10% à l’export au menu du PLF 2027

Le projet de loi de finances (PLF) pour 2027 prévoit deux mesures destinées à soutenir la filière de l’huile d’olive. D’une part, une ligne de financement de 100 millions de dinars au profit des petits agriculteurs et des coopératives agricoles, et d’autre part, la création d’un compte spécial du Trésor consacré au développement du secteur.

Prévue par l’article 37 du projet, la ligne de financement sera mobilisée sur les ressources du budget de l’État sur une période de 4  ans, du 1er janvier 2027 au 31 décembre 2030. Elle servira à accorder des crédits saisonniers et d’investissement à des taux d’intérêt préférentiels aux petits agriculteurs et aux sociétés coopératives de services agricoles actives dans la filière oléicole.

La gestion de cette enveloppe sera confiée à la Banque nationale agricole (BNA), sur la base d’une convention avec le ministère des Finances. Celle-ci devra définir les conditions et les modalités d’accès à ces financements.

En complément de ce dispositif, l’article 38 prévoit la création d’un compte spécial du Trésor baptisé “compte de la filière de l’huile d’olive”. Celui-ci aura pour vocation de contribuer à la promotion et au développement de la filière. Sur ce, le ministre chargé de l’Agriculture sera habilité à ordonnancer les dépenses de ce compte, lesquelles auront un caractère évaluatif.

Ses ressources proviendront notamment de 10% du produit des droits appliqués à l’exportation de l’huile d’olive non conditionnée, de l’huile de grignons d’olive brute non conditionnée et de l’huile de grignons d’olive brute non conditionnée, conformément aux dispositions légales citées dans le projet. Le compte bénéficiera également du reliquat du compte de fonds de concours n° 15, intitulé “Compte de la filière oléicole”, ainsi que de dons et d’autres ressources qui pourraient lui être affectées conformément à la législation en vigueur.

Le texte prévoit, en outre, de ramener de 50% à 40% le taux mentionné au deuxième paragraphe de l’article 16 de la loi de finances pour 2024. Les conditions et les modalités d’intervention du nouveau compte seront fixées par arrêté réglementaire.

 

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Portrait. Mehdi Ben Cheikh, l’art dehors

Du XIIIe arrondissement de Paris à l’île de Djerba, Mehdi Ben Cheikh fait de l’espace public un terrain d’expression artistique. Ce passeur de street art défend une création sans frontières. Portrait d’un incontournable de la scène urbaine. En bref Mehdi…

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‘‘Je suis un écrivain !’’ | Ahmed Zitouni, le rire du pendu

Par-delà l’exil, la folie, la mort et l’humour, Ahmed Zitouni laisse une œuvre singulière que ce volume posthume, ‘‘Je suis un écrivain !’’, édité en 2026 par AssoAZ, l’Association Ahmed Zitouni, fondée par Françoise Zitouni, l’épouse de l’auteur, et ses proches, à la suite du décès de ce dernier en juin 2024, à l’âge de 74 ans, rassemble, sous une forme hybride : archives, entretiens, textes autobiographiques, synopsis de ses livres publiés et révélation de plusieurs ouvrages inédits. Un ensemble qui ressemble autant à une rétrospective qu’à une dernière prise de parole.

Djamal Guettala

Comment classer ce livre ? La question n’est pas secondaire. Le livre refuse d’emblée les catégories habituelles. Ce n’est pas un roman, ni une biographie classique. C’est un testament littéraire. Après «Approches», qui occupent une large première partie et prennent parfois la forme d’un manifeste d’écrivain, viennent les archives : lettres, hommages et documents consacrés notamment à Mohammed Dib et Malek Alloula. Six entretiens réalisés entre 1983 et 2019 permettent ensuite de suivre les différentes étapes du parcours de Zitouni. Le dernier, intitulé «Donné pour mort, voilà l’aiguillon à l’origine de ma résurrection en Algérie », revient sur cette relation particulière entre disparition littéraire en France et retour dans le pays d’origine.

Le lecteur découvre ensuite les synopsis de ses ouvrages publiés, quatre textes présentés comme inédits ou posthumes et, dans les dernières pages, un appel à la création d’une association destinée à accompagner la mémoire et la diffusion de son œuvre.

Le livre ressemble ainsi à un écrivain qui aurait voulu laisser derrière lui non seulement ses textes, mais aussi les éléments nécessaires pour les relire.

Le rire comme arme littéraire

Ce qui frappe dans le parcours de Zitouni, c’est d’abord son rapport à l’humour. Les archives critiques réunies dans le volume montrent que cette dimension avait été très tôt repérée. Jérôme Garcin évoque dans L’Événement du Jeudi un «féroce éclat de rire». D’autres critiques insistent sur la caricature, la rage ou la violence comique de cette écriture.

Chez Zitouni, le rire n’est pourtant jamais décoratif. Il devient une manière de déplacer le regard sur l’exil, le racisme, la marginalité et la mort. L’écrivain refuse notamment de s’enfermer dans le rôle du représentant d’une «littérature immigrée» chargée de raconter la souffrance de l’étranger. La critique des Temps modernes citée dans le volume souligne déjà cette volonté de sortir du registre attendu de «l’immigratitude».

Zitouni transforme alors les situations les plus sombres en matière littéraire. Ses personnages peuvent être fous, morts, pendus, marginalisés. Dans ‘‘La Veuve et le Pendu’’, un écrivain se pend et sa veuve, au lieu de le décrocher, fouille ses papiers. Dans ‘‘Au début était le mort’’, un mort devient une star parce qu’il a tué son chien. Mais ces personnages parlent. Ils pensent. Ils se moquent du monde et souvent d’eux-mêmes.

Cette position explique la place particulière de la mort dans son œuvre. Le mort n’est pas toujours celui qui se tait. Chez Zitouni, il peut devenir celui qui raconte.

La singularité de Zitouni passe aussi par son travail sur les mots. «Bicot», «bicophobe», «mortocratie» : son vocabulaire ne cherche pas la neutralité. Il récupère les mots qui enferment pour les retourner. Dans ‘‘La Raison du plus fou’’, le terme «bicophobe» pousse jusqu’à l’absurde la logique du racisme intériorisé : celui qui est désigné comme «bicot» devient celui qui finit par redouter ou rejeter les autres «bicots». Le mot ne cherche pas seulement à provoquer. Il met en scène une violence qui finit par être retournée contre celui qui la subit.

La «mortocratie», autre néologisme associé à ‘‘Au début était le mort’’, prolonge cette entreprise. La mort devient alors un système, presque une administration, tandis que les médias peuvent transformer le cadavre en objet de récit et de consommation. Quant à «immigratitude», terme repris par la critique, il résume à lui seul le rapport conflictuel de Zitouni aux catégories identitaires.

L’écrivain ne refuse pas l’histoire de l’immigration ; il refuse qu’elle devienne une prison littéraire. Sa langue avance ainsi par collision : tragique et burlesque, Algérie et France, mémoire intime et histoire collective.

De la folie à la mémoire algérienne

Trois œuvres permettent particulièrement de mesurer cette diversité. Avec ‘‘La Veuve et le Pendu’’, Zitouni place le suicide et la littérature au cœur d’un dispositif où la mort n’empêche pas le récit. Le projet, réécrit au fil des années, témoigne d’un rapport physique à l’écriture que l’auteur évoque lui-même dans les documents réunis ici.

‘‘La Raison du plus fou’’ déplace la question vers la folie et le politique. Des internés d’un établissement psychiatrique imaginent une organisation révolutionnaire. L’asile devient un poste d’observation de la société et de ses exclusions. La folie n’est plus seulement une maladie : elle permet de regarder autrement ceux qui se prétendent raisonnables.

Avec ‘‘Houria, le livre de la mémoire et de l’oubli’’, l’écrivain revient vers l’Algérie et vers une mémoire intime liée à la rupture de 1962. Un amour d’enfance perdu à Oran devient le point de départ d’une recherche qui traverse plusieurs décennies. Le passé individuel rejoint ici une histoire collective dont les blessures ne sont pas refermées.

Ces trois livres dessinent une même obsession : comment continuer à vivre avec ce qui a disparu ?

C’est peut-être dans ‘‘La Lettre à Ada’’ que cette question trouve sa réponse la plus dépouillée. Dans ces dernières pages, le personnage public de Zitouni — l’écrivain provocateur, ironique, parfois féroce — s’efface derrière le père. Une promesse faite à sa fille lorsqu’elle avait cinq ans devient le point de départ d’un projet d’écriture.

Séparés entre Paris et Aix-en-Provence, confrontés à la maladie et à la perspective de la mort, le père et la fille se retrouvent dans une parole qui doit être transmise. Le ‘‘Journal du vieil écrivain’’ prend alors une dimension particulière. À la manière de Shéhérazade, raconter permet de retarder la fin. Chaque récit devient une nuit supplémentaire, un délai accordé à la mémoire.

Ce passage donne une autre profondeur au reste du volume. La mort, omniprésente dans les romans, cesse d’être seulement un objet de provocation ou de fiction. Elle devient une réalité intime. Derrière le rire du pendu, il y a donc un homme qui veut encore transmettre.

Un écrivain difficile à enfermer

Réduire Ahmed Zitouni à la littérature de l’immigration serait passer à côté de l’essentiel. Son œuvre est nourrie par l’exil et par l’expérience algérienne, mais elle les transforme en une matière beaucoup plus vaste : la mort, la folie, la mémoire, l’amour, la maladie, le langage et la solitude.

Son personnage littéraire avance sur une ligne de crête. Il peut être grotesque et tragique dans la même scène, victime et provocateur, marginal et observateur du monde. C’est cette tension qui donne à son écriture sa singularité.

‘‘Je suis un écrivain !’’ vaut ainsi moins comme simple réhabilitation d’un auteur que comme invitation à relire une œuvre. Les archives, les entretiens, les synopsis et les textes inédits montrent un écrivain soucieux de sa propre trace, mais aussi conscient de la fragilité de cette trace.

Le titre prend alors une autre dimension. ‘‘Je suis un écrivain !’’ n’est pas seulement une affirmation. C’est une revendication adressée à ceux qui l’ont classé, caricaturé, oublié ou réduit à une catégorie.

Deux ans après la disparition d’Ahmed Zitouni, le volume prend aussi la forme d’un hommage. Édité par l’association qui porte son nom, il ne cherche pas seulement à saluer sa mémoire. Il rassemble ce qui peut permettre à son œuvre de continuer à circuler, à être lue et discutée. Les archives, les entretiens et les textes réunis ici constituent autant de passerelles entre l’écrivain disparu et les lecteurs qui ne l’ont pas encore découvert.

Au terme du livre, une question demeure : que deviendra cette œuvre après son auteur ? L’appel à accompagner sa mémoire et la diffusion de ses écrits apporte un début de réponse. Il ne suffit pas de constater qu’Ahmed Zitouni a écrit. Il reste désormais à lire, transmettre, rééditer et discuter cette littérature qui a choisi le rire pour affronter la mort et la fiction pour interroger la mémoire.

Ahmed Zitouni aura passé une partie de son œuvre à écrire depuis les marges. Ce volume posthume permet enfin de regarder cette œuvre dans son ensemble. Deux ans après sa mort, l’hommage prend ainsi une forme qui lui ressemble davantage : non pas refermer le livre sur un écrivain disparu, mais le rouvrir.

Biographie et bibliographie de l’auteur.

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