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L’Ordre national des avocats appelle à participer à la marche nationale du 17 octobre 2026

Le Conseil de l’Ordre national des avocats de Tunisie participe largement à la marche nationale organisée demain, le 17 octobre 2026, à partir de 11 heures du matin, devant la Cour de l’UGTT. Et ce, en coordination avec les organisations qui ont annoncé, le 3 septembre dernier, des principes clairs.C’est ce qu’a révélé le bâtonnier Boubaker Bethabet via une vidéo diffusée sur sa page fb.  

Il part du constat que ce sont des principes dont la profession d’avocat est fière d’avoir toujours été en première ligne pour les défendre : des principes qui unissent et ne divisent pas, qui rassemblent et ne séparent pas. Ils défendent l’État de droit, l’indépendance de la justice et le respect des droits du citoyen dans leur globalité, droits politiques, économiques et sociaux; ainsi que leur exercice effectif, dans le cadre d’un engagement des autorités à les respecter et à veiller à leur protection.

Il a rappelé également que les avocats ont exprimé leur choix de réformer la profession et ses institutions et de faire aboutir ses revendications légitimes, selon une méthode fondée sur le dialogue et le respect des principes de la profession. Et notamment la défense de l’indépendance de la justice et des éléments essentiels d’un procès équitable, afin de préserver les droits de tous.

Cependant, cet effort de la profession d’avocat tunisienne s’est heurté à un refus du dialogue, à des tentatives de porter atteinte à son unité, ainsi qu’à des campagnes de dénigrement et d’incitation contre les avocates et les avocats, à chaque occasion, dans le but de porter atteinte à leur réputation et à l’estime qu’ils suscitent au sein de la société.

Cette situation n’est pas vécue uniquement par la profession d’avocat tunisienne : la plupart des secteurs la vivent également dans leurs luttes pour des revendications légitimes. Aujourd’hui, les efforts de la société civile s’unissent pour défendre le droit de la société à vivre dans la dignité et son droit au travail, dans la liberté garantie par la Constitution, les conventions internationales et les lois en vigueur, poursuit le bâtonnier.

Il convient de noter que cette marche vise à défendre tous ces principes, les droits de la société et les valeurs de la République, sous les drapeaux et les couleurs du drapeau tunisien uniquement et sous le slogan central : “Travail, liberté, dignité”.

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Promouvoir les sociétés d’exercice libéral médical en Tunisie

En Tunisie, l’exercice médical libéral se fait désormais sous deux formes : le cabinet médical individuel ou  de groupe ou dans le cadre d’une société civile professionnelle. En revanche il n’existe pas de cadre juridique pour la société d’exercice libéral médical.

Dr Abdelmajid Mselmi *

Ces dernière années, l’intérêt de la création de ce genre de société a été largement évoqué et débattu dans les instances de la profession médicale au vu des ses avantages démontrés dans d’autres pays. Il permet de développer l’exercice médical avec plus de transparence et de sérénité.

Pour contribuer à ce débat, nous avons revu ce mode d’exercice tel qu’il est pratiqué en France, pays avec lequel nous avons beaucoup de similitudes au niveau de notre système de santé et notre système d’assurance maladie.

En France, la loi du 31/12/1990 a constitué une rupture majeure en créant les sociétés d’exercice libéral «Sel» permettant aux professions libérales d’exercer en société de capitaux sans perdre ni leur statut civil ni leur déontologie. La «Sel» est réservée aux professions libérales réglementaires telles que les médecins les avocats les médecins dentistes, etc..

Depuis, plusieurs textes réglementaires ont été publiés pour organiser l’exercice libéral notamment médical sous le mode d’une société de capitaux.

En 2011, le conseil national de l’ordre des médecins de France a approuvé les statuts des sociétés d’exercice médical libéral en précisant le cahier de charge pour chaque type de société.

En 2023 il y a eu la publication le l’ordonnance du 8 février sur l’exercice en société des professions libérales réglementaires.

En France, il existe plusieurs formes de «Sel». La plus fréquente est le Selarl ou société d’exercice libéral à responsabilité limitée. Le médecin exerce seul ou à plusieurs, la responsabilité est limitée aux apports. La Selasu (société d’exercice libéral par action simplifiée unipersonnelle) est plus souple dans sa rédaction statutaire et son organisation de gouvernance

Caractéristiques, avantages et contraintes

Contrairement à ce que beaucoup peuvent penser, la Sel médicale peut être unipersonnelle sans besoin de s’associer à d’autres confrères. On décide de son propre gré de transformer son mode d’exercice de cabinet médical en une société unipersonnelle qui peut devenir multi-personnelle selon les besoins.

Ce qui change c’est que dans le cadre de la société, on n’exerce plus en son propre nom. On crée une entreprise dotée de la responsabilité morale qui encaisse les honoraires, supporte les charges et verse au médecin une rémunération. Le médecin est à la fois l’associé qui détient le capital social et le gérant qui dirige la société.

Les sociétés exercent après autorisation du conseil de l’ordre et sous son contrôle. Elles n’exercent que la profession médicale et ne peuvent avoir aucune autre activité commerciale. La responsabilité médicale civile ou pénale du médecin reste toujours personnelle et ne relève aucunement de la société.

Il est le vrai que la Sel est considérée comme un moyen pour atténuer la pression fiscale de façon légale. Ce qui est une bonne cause.

En effet,  en mode de personne physique (cabinet médical), tout le bénéfice subit le barème progressif de l’IR, jusqu’à 45 %. En mode Sel, la société est imposée à 15 % puis 25 %.

L’idée n’est donc pas de ne plus payer d’impôt, mais de piloter la rémunération du médecin. Vous vous versez ce dont vous avez besoin pour vivre et vous laissez le reste dans la société, imposé à 15 ou 25 % au lieu de 45 %. Cette trésorerie capitalisée sert ensuite à investir, à constituer une réserve ou à préparer un projet : acquisition des murs, regroupement…

Ce mode d’exercice permet d’autre part la protection du patrimoine : séparation nette entre le patrimoine personnel du médecin et le patrimoine professionnel de la société. Il facilite l’association et la transmission : cession plus aisée de parts sociales, intégration de jeunes confrères ou création d’une structure de type holding pour préparer l’avenir ou racheter des parts.

En revanche il y a des contraintes telles que le respect de la majorité du capital détenu par les professionnels exerçant au sein de la structure. En plus des coûts de fonctionnement plus élevés (frais de constitution, comptabilité d’entreprise plus complexe, assemblées générales annuelles).

Responsabilité du ministère de la Santé

Le mode d’exercice en société libérale médicale mérite d’être ajouté à la «carte» des modes d’exercice offerts aujourd’hui aux médecins tunisiens. Le praticien choisit ce qu’il lui convient comme mode d’exercice.

La meilleure voie pour faire aboutir ce projet est de sensibiliser et convaincre le ministère de la Santé qui a la tutelle générale sur l’exercice médical public et libéral sur tout le territoire du pays.

Le jour ou  le ministère de la Santé sera convaincu de l’intérêt national d’un tel projet, il a tous les moyens et les prérogatives pour l’élaborer et le finaliser ce projet en partenariat avec le conseil de l’ordre des médecins et les instances représentatives des médecins jusqu’à sa publication dans le journal officiel et  sa mise en application.

Nous pensons que le mode de «SEL» médicale peut représenter une réponse à des soucis de certaines franges des médecins et permet de développer l’exercice médical dans notre pays. Il est temps de passer à l’action.

* Chirurgien, professeur agrégé.

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Réunion à Paris en soutien à la marche du 17 octobre à Tunis  

Le samedi 17 octobre 2026, une marche de protestation, qualifiée de «nationale, unitaire et populaire» se tiendra à Tunis avec pour mot d’ordre : «La Tunisie d’abord… Le peuple au-dessus de toute considération», appelant ainsi à dépasser les divergences idéologiques et les divisions politiques ayant toujours traversé les rangs de l’opposition.

Décidée le 29 septembre au siège de l’UGTT par une coordination réunissant l’UGTT, la Ligue tunisienne de défense des droits de l’homme (LTDH), l’Ordre national des avocats de Tunisie et de nombreuses autres organisations de la société civile, cette marche succède à plusieurs autres organisée au cours des derniers mois pour protester contre la dégradation des conditions de vie de la population sur fond de crise sociale et économique (recul des services publics, érosion du pouvoir d’achat, chômage, précarité, pénuries d’eau, de médicaments et de produits de base).

Les organisateurs entendent aussi protester contre l’impuissance du pouvoir mis en place par Kaïs Saïed au lendemain du «coup de force» du 25 juillet 2021 face aux difficultés dont souffrent les citoyens, et exiger la restauration des libertés muselées et de la démocratie démantelée, selon leurs termes.

«Les acquis de la révolution de la liberté et de la dignité sont presque totalement remis en cause. Les libertés de la presse, d’expression, de création et d’association ont été successivement attaquées ; la justice est instrumentalisée ; les procès et les condamnations se multiplient contre militant·es, avocat·es, journalistes, syndicalistes et opposant·es. Les organisations qui défendent les droits, dont la LTDH, l’UGTT et l’Ordre des avocats, sont entravées, menacées ou suspendues», lit-on dans un appel à une réunion publique de solidarité à Paris
vendredi 16 octobre 2026, de 19h à 22h, au Maltais Rouge (40 rue de Malte, 75011), en soutien à la marche nationale de Tunis du 17 octobre, signé par le Comité pour le respect des libertés et des droits de l’Homme en Tunisie (CRLDHT), la Fédération des tunisiens citoyens des deux rives (FTCR), l’Association démocratique des tunisiens en France (ADTF), l’Union des travailleurs immigrés tunisiens (UTIT) et l’Association défendre la justice en Tunisie (ADJT), et soutenu par seize associations françaises.

«Aujourd’hui, c’est le droit de manifester pacifiquement, dernier espace d’expression collective, qui est frontalement visé : arrestations nocturnes, poursuites contre de simples participant·es, pénalisation de la solidarité elle-même», ajoutent les auteurs dudit appel, qui exigent, par ailleurs, entre autres revendications, «la libération immédiate de toutes les prisonnières et de tous les prisonniers politiques et d’opinion».

I. B.

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