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Bassem Loukil placé en détention

Le juge d’instruction du pôle judiciaire économique et financier aurait ordonné, dans la soirée de mercredi 14 octobre, le placement en détention de l’homme d’affaires Bassem Loukil, soupçonné de « blanchiment d’argent, corruption financière et infractions à la réglementation des changes ». C’est ce que rapporte un confrère de la place, qui ajoute que « l’Observatoire de la liberté pour la Tunisie s’inquiète de cette décision et appelle à la révision du mandat de dépôt ».

Président directeur général du groupe Loukil et ancien représentant de la marque Citroën en Tunisie, Bassem Loukil a été placé en détention à l’issue de son « interrogatoire par le juge d’instruction ». L’enquête porte notamment sur des soupçons d’entente en vue de blanchir de l’argent, d’exploitation de fonctions publiques à des fins d’avantages indus et de violations de la législation des changes.

Lire aussi: Le Groupe Loukil en quête de nouveaux partenariats techniques pour sauver AMS

Dans un communiqué, l’Observatoire de la liberté pour la Tunisie aurait demandé que l’instruction se poursuive en état de liberté, toujours selon la même source. Il met en garde contre les conséquences économiques et sociales de telles procédures, qui peuvent affecter les entreprises, les salariés et les partenaires commerciaux avant même qu’un jugement définitif ne soit rendu.

L’Observatoire insiste sur le respect de la présomption d’innocence, la précision des accusations et l’individualisation des responsabilités. Il dénonce également le risque d’ »instrumentalisation des affaires économiques à des fins de pression politique », tout en rappelant que « les faits de corruption ou de blanchiment avérés doivent être sanctionnés par une justice indépendante et dans le cadre d’un procès équitable ».

L’Observatoire appelle ainsi à la révision de la décision de détention et au respect des droits de la défense. « À ce stade, Bassem Loukil reste présumé innocent : le mandat de dépôt constitue une mesure de détention préventive et non une condamnation ».

Affaire à suive.

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L’ancien patron MENA de la Banque mondiale, Ferid Belhaj, rejoint le think tank washingtonien MEI

Ferid Belhaj, qui a dirigé de 2018 à 2024 les opérations de la Banque mondiale dans la région MENA, vient de rejoindre le Middle East Institute (MEI). A savoir un centre de réflexion basé à Washington. Il y intervient en qualité de Senior Fellow.

Les travaux de Ferid Belhaj porteront sur l’économie, la gouvernance, les réformes institutionnelles et les capacités de l’État, ainsi que sur les enjeux géopolitiques en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. Cette nomination prolonge un parcours construit entre institutions internationales et centres de recherche consacrés aux politiques publiques de la région.

Vingt-huit ans à la Banque mondiale

Un peu d’histoire tout d’abord. Ferid Belhaj entre à la Banque mondiale en 1996 comme conseiller juridique principal. Il y occupera ensuite de nombreuses fonctions de responsabilité : direction des activités de l’institution dans le Pacifique, représentation auprès des Nations unies à New York, supervision des opérations au Maroc.

De 2012 à 2017, il pilote l’action de la Banque au Moyen-Orient, couvrant notamment le Liban, la Syrie, la Jordanie, l’Irak et l’Iran. Il est alors impliqué dans les initiatives d’appui aux pays touchés par les conflits, dans la réponse à la crise des réfugiés syriens et dans les efforts de reconstruction.

Il devient ensuite chef de cabinet du président du Groupe de la Banque mondiale, avant d’être nommé vice-président pour la région MENA, poste qu’il occupe jusqu’en 2024.

Une expertise au service de l’analyse régionale

Au MEI, Ferid Belhaj intègre un environnement de recherche dédié à l’étude des politiques et des mutations du Moyen-Orient. Ses analyses se concentreront sur les questions économiques, les réformes de l’État et les recompositions géopolitiques de la région.

Il est par ailleurs Senior Fellow au Policy Center for the New South, think tank basé au Maroc, et professeur associé à l’Université Mohammed VI Polytechnique. Ces engagements illustrent la poursuite de son activité dans la recherche et l’analyse depuis son départ de la Banque mondiale.

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Fête de l’Évacuation : l’ARP rend hommage aux sacrifices des martyrs et appelle à suivre leur exemple

A l’occasion de la commémoration du 63è anniversaire de la fête de l’Évacuation, l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) a appelé les citoyens à s’inspirer des sacrifices consentis par des générations de martyrs afin de renforcer l’esprit patriotique et d’œuvrer, avec dévouement et abnégation, à la prospérité et à l’inviolabilité de la patrie.

Dans une déclaration publiée jeudi, l’ARP a souligné la détermination des députés à s’acquitter pleinement de leur mission, conscients de l’ampleur des défis à relever et des responsabilités qui leur incombent. Elle a également affirmé leur volonté de poursuivre leurs efforts sans relâche, en concertation avec les institutions et les organes de l’État, au service de l’intérêt supérieur de la nation.

A cette occasion, l’Assemblée a rendu hommage à la mémoire des martyrs tunisiens, ainsi qu’aux héros de la résistance nationale et à ses dirigeants, qui ont sacrifié leur vie pour libérer le pays et contribuer à l’instauration d’un État indépendant et souverain.

L’attachement à ces principes fondamentaux constitue, selon l’ARP, un pilier essentiel pour consolider la confiance en l’avenir, porter haut les couleurs de la patrie, défendre sa souveraineté et répondre aux aspirations du peuple tunisien.

La Tunisie célèbre, ce jeudi 15 octobre, le 63è anniversaire de la fête de l’Évacuation, qui marque le départ du dernier soldat des forces françaises d’occupation du territoire national, le 15 octobre 1963, depuis la ville de Bizerte.

Cet événement historique demeure profondément ancré dans la mémoire collective nationale. Il symbolise le recouvrement de la pleine souveraineté nationale et le rétablissement de l’intégrité territoriale du pays, lit-on de même source.

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Fête de l’Évacuation : l’ARP rend hommage aux sacrifices du peuple tunisien

À l’occasion du 63e anniversaire de la Fête de l’Évacuation, célébrée le jeudi 15 octobre 2026, l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) a rendu hommage aux sacrifices consentis par les Tunisiens pour parachever la souveraineté nationale et recouvrer l’intégrité du territoire, marquées par le départ du dernier soldat français de Bizerte, le 15 octobre 1963.

Dans un communiqué publié à cette occasion, le Parlement a souligné que cette date nationale symbolise le sacrifice, la résistance et la lutte pour l’indépendance. Il a rappelé les épisodes marquants de la confrontation avec le colonialisme, ainsi que les différentes formes de combat et de résistance menées par les Tunisiens au fil de l’histoire.

L’Assemblée a également rendu hommage à la mémoire des martyrs, des héros de la résistance nationale et de ses dirigeants, qui ont consenti de lourds sacrifices pour libérer le pays et bâtir un État indépendant et souverain.

L’ARP a appelé les Tunisiennes et les Tunisiens à s’inspirer de cet héritage de lutte et de fidélité à la patrie, à renforcer l’esprit national et à unir leurs efforts en faveur de la résilience et de la prospérité du pays.

La souveraineté nationale au cœur des priorités

Dans son communiqué, l’Assemblée des représentants du peuple a réaffirmé la volonté des députés d’assumer leurs responsabilités nationales et de traduire ces valeurs dans l’exercice de leurs différentes missions, face aux défis actuels.

Elle a également insisté sur l’importance de poursuivre un travail constructif et participatif avec les institutions et les structures de l’État, dans le souci de servir l’intérêt supérieur du pays.

Enfin, le Parlement a souligné que l’attachement aux principes fondamentaux de la souveraineté nationale et le renforcement de la confiance en l’avenir constituent des piliers essentiels pour poursuivre le processus de construction nationale, répondre aux aspirations du peuple tunisien à la prospérité, préserver l’indépendance du pays et faire rayonner son drapeau.

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280 000 doses de vaccin antigrippal à prix réduit

La Tunisie s’apprête à lancer sa campagne nationale de vaccination contre la grippe saisonnière. À partir du 27 octobre, les citoyens pourront se procurer le vaccin dans les pharmacies privées ainsi que dans les centres de santé de base et les établissements hospitaliers publics.

Selon Aymen Khelifi, secrétaire général adjoint du Syndicat tunisien des propriétaires de pharmacies privées, 280 000 doses ont été réservées pour cette campagne. Nouveauté cette année : un tarif préférentiel ne dépassant pas 24 dinars la dose, contre près de 38 dinars lors de la précédente campagne.

Le responsable a expliqué cette baisse par le mécanisme de régulation appliqué par la Pharmacie centrale de Tunisie. Celle-ci est l’unique organisme habilité à négocier directement avec les laboratoires étrangers et à assurer l’approvisionnement en vaccins.

Les vaccins distribués dans les secteurs public et privé présenteront les mêmes garanties de qualité et d’efficacité, a-t-il précisé.

Une coordination renforcée pour assurer la distribution des doses

Ces annonces interviennent à la suite d’une réunion de coordination tenue mercredi au siège de la Direction des soins de santé de base. La rencontre a réuni des représentants du ministère de la Santé, de la Pharmacie centrale, de la Direction des soins de santé de base, du Syndicat tunisien des propriétaires de pharmacies privées et de l’Ordre des pharmaciens.

Cette réunion annuelle vise à finaliser les préparatifs logistiques et à renforcer la coordination aux niveaux central et régional afin d’assurer la distribution des doses et le déroulement de la campagne dans les meilleures conditions.

Les personnes vulnérables particulièrement concernées

Le ministère de la Santé rappelle que le vaccin contre la grippe saisonnière est sûr, efficace et recommandé en priorité aux personnes les plus exposées aux complications. Il s’agit notamment des personnes âgées de 65 ans et plus, des patients atteints de maladies chroniques ; notamment cardiovasculaires, respiratoires ou rénales, ainsi que du diabète , des personnes immunodéprimées, des femmes enceintes et des professionnels de santé.

La grippe saisonnière réapparaissant chaque automne, les autorités sanitaires recommandent de se faire vacciner avant l’arrivée de l’hiver. La vaccination reste toutefois possible jusqu’en février, voire au-delà, selon les indications sanitaires.

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Grippe saisonnière : la campagne nationale de vaccination lancée le 27 octobre

La campagne nationale de vaccination contre la grippe saisonnière en Tunisie démarre le 27 octobre courant, avec la disponibilité des vaccins dans les pharmacies privées et dans les centres de santé de base et les établissements de santé publique.

Le secrétaire général adjoint du syndicat des pharmaciens d’officine de Tunisie (SPOT) Aymen Khélifi, a indiqué que 280 mille doses de vaccin ont été consacrées à la campagne nationale de vaccination contre la grippe saisonnière, annonçant qu’un tarif préférentiel sera appliqué cette année pour la vaccination, ne dépassant pas 24 dinars par dose, contre environ 38 dinars l’année dernière.

Khalifi a expliqué, dans une déclaration à l’agence TAP, que cette baisse des prix est due au mécanisme d’ajustement mis en place par la pharmacie centrale, qui est le seul organisme autorisé à négocier directement avec les laboratoires étrangers et à acquérir les vaccins.

Il a relevé que les vaccins seront de même qualité et efficacité dans les secteurs privé (via les pharmacies privées) et public (à travers les centres de santé de base et les établissements sanitaires relevant du ministère de la santé).

La déclaration du secrétaire général adjoint du SPOT intervient après une réunion de coordination tenue mercredi, au siège de la direction des soins de santé de base, qui a réuni les représentants du ministère de la santé, de la pharmacie centrale, et de la direction des soins de santé de base, ainsi que du syndicat des pharmaciens d’officine de Tunisie et de l’ordre des pharmaciens.

Cette réunion annuelle s’inscrit dans le cadre des préparatifs proactifs visant à assurer la réussite de la campagne de vaccination contre la grippe saisonnière, à finaliser les préparatifs logistiques et à garantir une meilleure coordination aux niveaux central et régional pour la distribution des doses et l’administration des vaccinations.

Il convient de rappeler que le ministère de la santé a souligné que le vaccin contre la grippe saisonnière est simple, sûr et efficace. Il protège les populations vulnérables contre les complications et les risques liés à cette infection.

La vaccination est particulièrement recommandée aux personnes âgées (65 ans et plus) les personnes atteintes de maladies chroniques (cardiaques, respiratoires, rénales, diabète, immunodéficience) les femmes enceintes et les professionnels de santé.

Le ministère a également souligné que la grippe revient chaque automne et que la période la plus propice à la vaccination se situe  avant l’hiver, précisant qu’elle peut se poursuivre jusqu’au mois de février voire au-delà, après avis médical.

 

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Il y a 63 ans, l’évacuation de Bizerte

En ce jour du 15 octobre 2026, la Tunisie célèbre le 63e anniversaire de l’évacuation de Bizerte, une date qui a fortement marqué l’histoire du pays. Le 15 octobre 1963, le dernier soldat français quittait le territoire tunisien.

Tout a commencé avec la crise dite de « Bizerte » en 1961, mais ses origines remontent à 1956. En effet, après l’indépendance de la Tunisie, en 1956, la présence de la base navale française à Bizerte constituait un sujet épineux entre les deux pays. À cette époque, le président Bourguiba souhaitait régler cette question au plus vite. C’est ainsi que, 5 ans plus tard, au printemps 1961, il demanda au président français Charles de Gaulle le retrait de l’armée française dans un délai « de l’ordre d’une année », ce qui rendit les relations entre les deux hommes de plus en plus difficiles, en particulier lorsque la Tunisie a soutenu les combattants algériens.

Quelques mois plus tard, le 17 juillet de la même année, le parti Néo-Destour, fondé par Habib Bourguiba, instaura un blocus de la base. Deux jours après, la France réagit en envoyant 700 soldats parachutistes, ce qui provoqua de violents combats entre les deux camps. A la suite de cela, la Tunisie suspendit ses relations diplomatiques avec la France et saisit le Conseil de sécurité des Nations unies. Et le 22 juillet, grâce à une résolution de l’Assemblée générale de l’ONU, des négociations aboutiront à un cessez-le-feu durant lequel le secrétaire d’État américain Dean Rusk (de 1961 à 1969), a joué un rôle important.

Cependant, ont enregistra de loures pertes en vie humaine : 1 300 morts du côté tunisien et 24 morts du côté français. Quelques semaines plus tard, la France quittera finalement Bizerte, le 15 octobre 1963, une date devenue jour de fête nationale en Tunisie, après de profondes négociations…

Et voilà qu’en ce jour de l’Histoire, comme chaque année, une grande majorité des Bizertins ont envahi le port, et ont entonné l’hymne national, tout en scandant “Yahya Bourguiba” Vive Bourguiba, et c’est Bahi Ladgham qui hissera le drapeau tunisien sur la base, et annonça au téléphone à Bourguiba: “Mission accomplie” (lire notre article : Evacuation de Bizerte – Le rôle de Bahi Ladgham).

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Investissement : entre dynamisme économique et justice sociale

 Par Ahmed NEMLAGHI

Réformes législatives, simplification administrative, modernisation des infrastructures et ouverture sur les partenaires étrangers : la politique de dynamisation de l’investissement engagée sous la présidence de Kaïs Saïed s’inscrit dans une ambition plus large de transformation du modèle de développement. L’objectif affiché est de libérer l’initiative économique, de stimuler l’investissement productif et de créer des emplois, sans renoncer au rôle social de l’État ni à l’exigence d’un développement plus équilibré entre les régions.

L’investissement constitue l’un des principaux leviers de la croissance, de la création d’emplois et de la modernisation de l’économie. Mais, dans la vision économique défendue par le président de la République, il ne saurait être considéré comme une fin en soi. Sa finalité doit également être appréciée à l’aune de sa contribution à la justice sociale, à la valorisation des ressources nationales et à l’amélioration des conditions de vie des citoyens.

Cette approche se reflète dans les orientations du Plan de développement 2026-2030, qui associe stimulation de l’investissement, développement des secteurs à forte valeur ajoutée, réduction des disparités territoriales et consolidation de la dimension sociale de l’État.

Le climat des affaires représente un enjeu majeur pour la capacité de la Tunisie à attirer les capitaux, encourager l’entrepreneuriat et renforcer la compétitivité de ses entreprises. Les lourdeurs administratives, la multiplication des procédures et les délais d’autorisation peuvent freiner les initiatives et renchérir le coût des projets.

La volonté de réviser le cadre législatif de l’investissement s’inscrit dans cette problématique. Le 31 décembre 2025, un conseil ministériel restreint a examiné un nouveau projet de loi sur l’investissement, présenté comme un instrument destiné à accompagner l’évolution de l’économie et à soutenir un modèle de développement fondé sur la justice sociale et l’équité.

Cette orientation prolonge les efforts engagés pour améliorer l’environnement des entreprises, notamment à travers la loi n° 2019-47 du 29 mai 2019 relative à l’amélioration du climat des affaires. Ce texte met notamment l’accent sur la simplification de la création d’entreprises, l’accès au financement, le partenariat public-privé et la gouvernance des sociétés.

L’enjeu est désormais de faire évoluer le cadre juridique en fonction des besoins des investisseurs et des réalités économiques. Simplifier ne signifie pas supprimer les règles nécessaires à la transparence ou à la protection de l’intérêt général. Il s’agit plutôt de rendre les démarches plus lisibles, de réduire les délais injustifiés et de garantir une application cohérente des textes.

Une réforme efficace doit ainsi offrir aux investisseurs une visibilité suffisante sur les procédures, les obligations et les conditions de réalisation de leurs projets. La stabilité et la prévisibilité du cadre réglementaire constituent des éléments déterminants dans les décisions d’investissement à long terme.

Une administration plus efficace et plus accessible

La simplification administrative est indissociable de la modernisation de l’État. La digitalisation des services, la circulation des informations entre les administrations et la réduction des formalités redondantes peuvent faciliter les démarches des entreprises et améliorer la qualité du service public.

Pour les petites et moyennes entreprises, qui disposent souvent de moyens humains et financiers limités, la complexité administrative peut représenter une charge particulièrement lourde. Des procédures plus simples et des interlocuteurs clairement identifiés peuvent leur permettre de consacrer davantage de ressources à la production, à l’innovation et au développement commercial.

La transformation numérique doit toutefois s’accompagner d’une amélioration réelle du fonctionnement administratif. Une procédure dématérialisée qui reproduit les mêmes lenteurs qu’une démarche papier ne résout pas le problème de fond. La modernisation suppose donc de revoir les circuits de décision, de responsabiliser les structures concernées et d’évaluer les délais de traitement.

L’objectif est de construire une relation plus efficace entre l’État et les opérateurs économiques, dans laquelle la puissance publique facilite les initiatives conformes à la loi tout en veillant au respect des règles et à la protection de l’intérêt collectif.

L’attractivité économique ne se mesure pas uniquement au volume des capitaux mobilisés, elle dépend également de la nature des projets financés, de leur capacité à créer de la valeur et de leur contribution à l’emploi.

La politique défendue par Kaïs Saïed accorde une place importante à l’investissement productif, à l’innovation et aux activités à forte valeur ajoutée. Cette orientation vise à renforcer les capacités de l’économie nationale, à améliorer sa compétitivité et à favoriser la création d’emplois décents, notamment pour les jeunes et les diplômés de l’enseignement supérieur.

La question essentielle consiste à rapprocher les investissements des besoins réels de l’économie. Les projets doivent contribuer à élargir les capacités de production, à développer les compétences, à réduire certaines dépendances extérieures et à ouvrir de nouveaux débouchés aux entreprises tunisiennes.

Les petites et moyennes entreprises occupent, à cet égard, une place importante. Leur développement peut favoriser la diversification du tissu économique et soutenir l’emploi dans des secteurs variés. Mais leur croissance nécessite un meilleur accès au financement, un accompagnement technique et juridique ainsi qu’un environnement dans lequel l’initiative est encouragée sans être entravée par des obstacles disproportionnés.

Les sociétés communautaires s’inscrivent également dans cette recherche d’un développement plus ancré dans les territoires. En valorisant les ressources locales et en favorisant l’initiative collective, elles peuvent contribuer à créer des activités économiques là où les investissements traditionnels demeurent insuffisants. Leur réussite dépendra néanmoins de leur gouvernance, de leur viabilité et de leur capacité à accéder aux marchés.

Le développement régional, une priorité stratégique

L’un des défis structurels de l’économie tunisienne réside dans les écarts de développement entre les régions. La concentration des infrastructures, des activités et des opportunités dans certains pôles limite les possibilités d’emploi et d’initiative dans d’autres territoires.

Le Plan de développement 2026-2030 entend répondre à cette situation en accordant une attention particulière aux régions les moins développées, à l’amélioration des infrastructures et à la qualité des services de base. Il prévoit également de soutenir l’émergence de nouveaux pôles de croissance et de renforcer l’attractivité territoriale.

Cette orientation est déterminante pour la politique d’investissement. Les entreprises ne choisissent pas leur implantation sur la seule base des incitations financières. Elles tiennent également compte de l’état des routes, de la disponibilité de l’eau et de l’énergie, de l’accès aux marchés, des compétences disponibles et de la qualité des services publics.

L’investissement public peut alors jouer un rôle d’entraînement, en créant les conditions nécessaires à l’implantation d’activités privées. Cette complémentarité ne signifie pas que l’État doit se substituer aux entreprises, mais qu’il peut réduire les obstacles structurels qui empêchent certains territoires de valoriser leur potentiel.

L’approche ascendante retenue pour l’élaboration du Plan 2026-2030, à partir des propositions des conseils locaux, régionaux et de districts, vise par ailleurs à rapprocher la planification des besoins exprimés sur le terrain.  Son efficacité dépendra de la capacité à transformer ces propositions en projets financés, réalisables et suivis dans le temps.

La diplomatie économique constitue un autre levier de la dynamisation de l’investissement. Les relations avec les partenaires étrangers peuvent favoriser les échanges commerciaux, les transferts de compétences, l’accès aux marchés et la mobilisation de capitaux destinés à des projets productifs.

Dans cette perspective, la recherche d’investissements étrangers peut contribuer à renforcer les capacités industrielles et technologiques du pays. Elle suppose toutefois une stratégie qui identifie les secteurs prioritaires, favorise les partenariats créateurs de valeur et veille à ce que les retombées économiques bénéficient effectivement à l’économie nationale.

Cette ouverture doit être conciliée avec la souveraineté économique défendue par Kaïs Saïed. L’objectif n’est pas de s’isoler des échanges internationaux, mais de rechercher des coopérations qui répondent aux priorités nationales et renforcent les capacités du pays. Les partenariats extérieurs peuvent être utiles lorsqu’ils favorisent la production, l’emploi, la formation et le transfert de savoir-faire.

L’attractivité de la Tunisie dépendra donc autant de la qualité de ses relations économiques que de la crédibilité de son environnement juridique, de la disponibilité des infrastructures et de la capacité de ses institutions à accompagner les projets.

Croissance et État social : une articulation décisive

La politique d’investissement défendue par le président de la République pose une question centrale : comment concilier l’encouragement de l’activité économique avec la protection sociale et une répartition plus équitable des richesses ?

Dans les orientations gouvernementales, l’État social demeure une dimension stratégique du modèle de développement. La croissance est appelée à soutenir l’emploi, à renforcer les systèmes de protection sociale et à améliorer l’accès aux services essentiels. Le Plan 2026-2030 entend ainsi rapprocher les objectifs économiques des impératifs sociaux et territoriaux.

Cet équilibre ne peut toutefois reposer sur les seules déclarations de principe. Il exige des investissements capables de produire des emplois durables, une gestion rigoureuse des ressources publiques et une évaluation des effets des politiques engagées. Il suppose également que les entreprises évoluent dans un cadre prévisible, respectueux des droits des investisseurs comme de ceux des travailleurs.

Le défi est donc double : créer davantage de richesses et veiller à ce que leur production contribue à l’amélioration des conditions de vie. La justice sociale ne s’oppose pas nécessairement à la compétitivité, elle peut au contraire en renforcer les fondements lorsque l’investissement développe les compétences, réduit les inégalités territoriales et ouvre de nouvelles possibilités économiques.

La stratégie de dynamisation de l’investissement s’articule autour de plusieurs leviers complémentaires : réforme du cadre juridique, simplification administrative, modernisation des infrastructures, soutien à l’investissement productif et ouverture sur les partenaires internationaux. Elle s’inscrit dans une conception du développement qui entend associer croissance, souveraineté économique et justice sociale.

Sa réussite se mesurera cependant à des résultats concrets : des projets effectivement réalisés, des entreprises renforcées, des emplois durables créés et des régions qui bénéficient davantage de l’activité économique. La qualité de l’accompagnement administratif, la stabilité des règles et l’évaluation des réformes seront essentielles pour atteindre ces objectifs.

Au fond, l’enjeu de la politique d’investissement portée par Kaïs Saïed est de faire de l’initiative économique un instrument de développement collectif. L’État est appelé à faciliter la création de richesses et à préparer les conditions de l’investissement, tout en préservant sa responsabilité sociale. C’est dans la capacité à faire converger ces deux exigences, dynamisme économique et justice sociale, que se jouera la portée du modèle de développement recherché.



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Evacuation de Bizerte – Le rôle de Bahi Ladgham

Secrétaire d’Etat à la Présidence (juillet 1957 – novembre 1969) et Secrétaire d’Etat à la Défense (juillet 1957 – juin 1966), considéré un temps comme le numéro deux du régime, il a été un acteur important de la bataille de la base navale de Bizerte et de son évacuation, il y a soixante-trois ans, le 15 octobre 1963.

 

« Mission accomplie ». Nombre de Tunisiens, qui ont vécu l’évacuation de la base navale de Bizerte, le 15 octobre 1963, se souviennent, sans doute, de cette phrase prononcée, à l’endroit du premier président de la République, Habib Bourguiba, sur le quai de cette base. Une phrase qui marque la fin d’une présence définitive de l’armée française en Tunisie de quatre-vingt-deux ans, qui avait commencé, en mai 1881. L’évacuation de la base navale de Bizerte étant intervenue effectivement sept ans après l’indépendance de la Tunisie, le 20 mars 1956.

L’auteur de cette phrase n’est autre que Bahi Ladgham, alors Secrétaire d’Etat à la Présidence et Secrétaire d’Etat à la Défense, qui communiquait au téléphone avec Habib Bourguiba. Le même jour, Bahi Ladgham avait hissé le drapeau tunisien dans la base de Bizerte. En présence d’« une petite foule, qui a envahi le port, entonnant l’hymne national tunisien et lançant des « Yahya Bourguiba ! » (« Vive Bourguiba ! ») Un acte hautement symbolique d’une souveraineté retrouvée d’une base militaire que la France ne comptait pas lâcher. Mais que Bourguiba a voulu, coûte que coûte, récupérer.

 

Le même jour, Bahi Ladgham avait hissé le drapeau tunisien dans la base de Bizerte. En présence d’ « Une petite foule, qui a envahi le port, entonnant l’hymne national tunisien et lançant des « Yahya Bourguiba ! » (« Vive Bourguiba ! »)

 

La présence de Bahi Ladgham sur les lieux était du reste une juste consécration d’un parcours militant pour l’indépendance commencé dans les années trente du siècle dernier. Originaire de Libye, comme l’était du reste le père de l’indépendance de la Tunisie, Bahi Ladgham était de tous les combats contre la colonisation française. Un parcours émaillé d’arrestations et de séjours en prison. A commencer par son engagement dans les manifestations contre le Congrès eucharistique mondial de Carthage, en mai 1930. « À l’occasion du centenaire de la colonisation française de l’Algérie, un symbole pour une Église impliquée dans le processus colonial ».

Bahi Ladgham a failli même être exécuté

Il connaîtra même le bagne d’El Harrach, en Algérie, réputé pour être un lieu de détention des plus humiliants, servant de centre de détention et de transit, notamment pour les condamnés aux travaux forcés ou les opposants politiques et nationalistes à l’époque coloniale française. Bahi Ladgham a même failli être exécuté dans une affaire d’attentat à la bombe organisé contre le mur de l’enceinte de la caserne militaire de La Kasbah.

Militant, donc, de la première heure, il jouera un rôle dans l’action du Néo-destour, dont la participation à la création de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) et de l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (UTICA). De même, il a touché au journalisme militant en assurant la rédaction en chef du journal « Mission », dont le directeur n’est autre que son successeur, en 1970, à la tête du Premier ministère.

 

Bahi Ladgham connaîtra même le bagne d’El Harrach, en Algérie, réputé pour être un lieu de détention des plus humiliants, servant de centre de détention et de transit notamment pour les condamnés aux travaux forcés ou les opposants politiques et nationalistes à l’époque coloniale française.

 

Le « verrou de la Méditerranée »

Secrétaire d’Etat à la Présidence (juillet 1957 – novembre 1969) et Secrétaire d’Etat à la Défense (juillet 1957 – juin 1966), considéré un temps comme le numéro deux du régime, il a été un acteur important de la bataille de Bizerte, commencée en juillet 1961, lorsque la France décide de prolonger les pistes de la base aérienne de Sidi Ahmed – « ce qui ressemblait à une installation définitive » – le président tunisien Habib Bourguiba décide d’aller de l’avant. En usant d’« une stratégie mêlant pression populaire, blocus militaire et diplomatie internationale ».

En réussissant à faire plier la France qui considérait la base navale de Bizerte comme le “verrou de la Méditerranée“ . En effet, « située à la pointe nord de l’Afrique, la base fait directement face au détroit de Sicile. Pour les stratèges militaires français, contrôler Bizerte, c’était contrôler le passage maritime obligé entre le bassin occidental et le bassin oriental de la Méditerranée », soutiennent des récits historiques de l’époque.

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Abdelkrim Hajjaji prend la présidence du conseil d’administration de l’UIB

Réuni le 14 octobre 2026, le Conseil d’Administration de l’Union Internationale de Banques (UIB) a désigné Monsieur Abdelkrim Hajjaji comme Président non exécutif du Conseil d’Administration à partir de ce jour. Cette nomination fait suite à sa cooptation en qualité d’administrateur et à l’approbation de la Banque centrale de Tunisie.

A l’issue du Conseil d’Administration, M. Hajjaji a déclaré : « Je suis honoré de cette nomination qui me donne l’opportunité de mettre mon expérience au service de l’UIB en Tunisie. Je souhaite contribuer pleinement au développement de l’UIB et à la réalisation de ses ambitions, avec une priorité constante : créer durablement de la valeur pour nos clients et l’ensemble de nos parties prenantes. Je suis très heureux de travailler dès à présent avec les administrateurs, le directeur général et les équipes de la banque », rapporte un communiqué de la banque.

Cette nomination accompagne une nouvelle étape pour l’UIB avec l’ambition de renforcer ses positions sur le marché bancaire tunisien, au bénéfice de ses clients et plus largement de l’économie tunisienne.

De nationalité tunisienne, M. Hajjaji est ingénieur diplômé de l’ENSAE en Mathématiques, Statistiques, Finance et Économie. Fort de plus de 35 ans de carrière dans les secteurs bancaire, financier et technologique au sein de groupes bancaires internationaux, M. Hajjaji a exercé des responsabilités exécutives de haut niveau couvrant la stratégie, la gouvernance, les opérations, la finance, la transformation digitale, la gestion des risques et le développement international.

Il occupait depuis 2014 et jusqu’à septembre 2026 les fonctions de Global Chief Operating Officer et membre du Comité Exécutif de Banco Santander Corporate & Investment Banking à Londres.

D’après communiqué.

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Abdelkrim Hajjaji, nouveau président du conseil d’administration de l’UIB

L’Union Internationale de Banques (UIB) vient de désigner Abdelkrim Hajjaji en qualité de président non exécutif de son conseil d’administration. Cette décision a été prise le 14 octobre 2026, à l’issue d’une réunion du conseil, après sa cooptation en tant qu’administrateur et l’approbation de la Banque centrale de Tunisie (BCT).

Fort de plus de 35 ans d’expérience dans les secteurs bancaire, financier et technologique, le nouveau président apporte à l’UIB un parcours marqué par des responsabilités de haut niveau au sein de groupes bancaires internationaux, selon communiqué. Sa nomination intervient alors que la banque entend consolider ses positions sur le marché tunisien et poursuivre son développement.

Diplômé de l’École nationale de la statistique et de l’administration économique (ENSAE), où il s’est formé aux mathématiques, aux statistiques, à la finance et à l’économie, Abdelkrim Hajjaji a exercé des fonctions couvrant notamment la stratégie, la gouvernance, les opérations, la gestion financière, la transformation digitale et la gestion des risques.

Depuis 2014, il occupait le poste de Global Chief Operating Officer et siégeait au comité exécutif de Banco Santander Corporate & Investment Banking, à Londres, des fonctions qu’il a quittées en septembre 2026.

À la suite de sa désignation, Abdelkrim Hajjaji a fait part de sa volonté de mettre son expérience au service de l’UIB et de contribuer à la réalisation de ses ambitions. Il a également souligné que la création durable de valeur pour les clients et l’ensemble des parties prenantes demeurerait une priorité.

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Interopérabilité : le gouvernement veut mettre fin aux documents redondants

La présidence du gouvernement a annoncé la poursuite des travaux pour achever la plateforme d’interopérabilité, destinée à permettre aux administrations publiques d’échanger automatiquement et de manière sécurisée les données entre leurs systèmes d’information. L’objectif est d’éviter aux citoyens et aux entreprises de fournir des documents ou informations déjà détenus par l’administration, conformément au décret gouvernemental n°2020-777 du 5 octobre 2020.

La Kasbah développe également une « nationale des procédures administratives », qui servira de guichet numérique unique. Cette démarche vise à simplifier les démarches, faciliter l’accès aux services publics, réduire leurs coûts et moderniser l’administration, dans le cadre du plan de développement 2026-2030.

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Un numéro vert pour accompagner les femmes entrepreneures

Le ministère de la Famille, de la Femme, de l’Enfance et des Personnes âgées a annoncé, mercredi, le lancement du numéro vert 1810, destiné à orienter et à accompagner les femmes dans leurs projets entrepreneuriaux.

Ce nouveau dispositif a été présenté lors d’une manifestation sur le thème « Réalité des femmes en milieu rural : mutations et défis », organisée par le Centre de recherches, d’études, de documentation et d’information sur la femme (Credif), à l’École supérieure d’agriculture de Mograne, dans le gouvernorat de Zaghouan, à l’occasion de la Journée mondiale de la femme rurale.

Dans une allocution prononcée en son nom par Wijdan Ben Ayed, attachée à son cabinet, la ministre Asma Jebri a indiqué que ce numéro vert permettra aux femmes porteuses de projets de bénéficier de conseils techniques et d’un accompagnement pratique sur le terrain, depuis la formulation de leur idée jusqu’à la phase suivant la mise en œuvre de leur projet.

La ministre a également réaffirmé l’engagement de son département en faveur de l’autonomisation économique des femmes rurales, dans le cadre d’une vision nationale visant à consolider le rôle social de l’État et à renforcer la justice sociale. Elle a souligné la nécessité d’accroître l’impact des politiques publiques sur les conditions de vie des femmes et des jeunes filles en milieu rural, tout en renforçant la concertation entre les acteurs nationaux, régionaux et locaux.

Plus de 6 400 projets financés par le programme « Raïdet »

En matière d’entrepreneuriat féminin, le programme national « Raïdet », dédié à l’entrepreneuriat féminin et à l’investissement, a permis de réaliser plus de 6 400 projets, pour des financements dépassant 63 millions de dinars.

Ce programme soutient notamment la création d’activités dans les industries agricoles et alimentaires, l’artisanat et les services, ainsi que la valorisation des chaînes de valeur et des ressources environnementales.

Le ministère intervient également en faveur de l’inclusion économique des travailleuses saisonnières dans le secteur agricole. Il entend, dans ce cadre, généraliser la création d’espaces dédiés à l’accompagnement, à la formation et à la commercialisation au profit des femmes et des jeunes filles dans les différentes régions du pays.

Par ailleurs, le département a mis en place une plateforme nationale consacrée à la commercialisation et à la vente des produits fabriqués par les femmes et les jeunes filles tunisiennes. Cette initiative vise à renforcer leurs capacités commerciales, à faciliter l’accès de leurs produits aux circuits de distribution et à élargir leurs débouchés sur les marchés nationaux et internationaux, en tirant parti des évolutions technologiques.

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Sociétés communautaires : pour une économie de la justice sociale

 Par Ahmed NEMLAGHI

Présentées comme un levier de développement régional, de création d’emplois et de valorisation des ressources locales, les sociétés communautaires occupent une place particulière dans la vision économique du président de la République, Kaïs Saïed. Le Conseil ministériel restreint présidé par la Cheffe du gouvernement, Sarra Zaâfrani Zenzri, à la Kasbah, remet au centre du débat les conditions nécessaires pour faire de ce modèle un instrument concret de justice sociale et de développement.

La question économique ne se résume pas à la croissance des indicateurs ou à l’accroissement des investissements, elle renvoie également à la manière dont les richesses sont produites, réparties et mises au service de la collectivité. C’est autour de cette préoccupation que s’inscrit le projet des sociétés communautaires, auquel Kaïs Saïed entend donner une place dans la transformation du modèle de développement tunisien.

En consacrant un conseil ministériel restreint à l’amélioration de leur gouvernance, à la simplification des procédures de création et au renforcement de leur accompagnement, le gouvernement reconnaît que l’avenir de ces structures dépend autant de leur potentiel économique que de la capacité de l’administration à leur offrir un environnement favorable.

Les sociétés communautaires s’inscrivent dans une approche qui entend rapprocher l’activité économique des besoins des territoires et de leurs populations. Leur vocation est de permettre à des personnes réunies autour d’un projet commun de mobiliser les ressources disponibles, de développer une activité productive et de créer des emplois au bénéfice de leur région.

Cette orientation rejoint la conception de Kaïs Saïed selon laquelle le développement doit être davantage ancré dans les réalités locales et contribuer à réduire les disparités entre les régions. Il ne s’agit pas seulement de créer de nouvelles structures économiques, mais de favoriser une participation collective à la production de richesses, en donnant aux populations la possibilité de devenir actrices de leur développement.

Dans cette perspective, les sociétés communautaires peuvent offrir une voie complémentaire aux formes traditionnelles d’entrepreneuriat. Elles sont notamment susceptibles de réunir des compétences, des moyens et des ressources qui, pris isolément, ne permettraient pas toujours de concrétiser un projet viable.

L’enjeu consiste à faire émerger des activités adaptées aux spécificités territoriales : valorisation des produits agricoles, transformation des matières premières, services, artisanat, activités environnementales ou projets liés aux potentialités régionales. Le choix des secteurs doit toutefois répondre à une analyse sérieuse des besoins, des débouchés et des capacités réelles de chaque structure.

La justice sociale par la création de richesses

La justice sociale constitue l’un des fondements politiques mis en avant par le président de la République. Dans cette conception, elle ne saurait se limiter à la redistribution des revenus après la création des richesses. Elle suppose également d’élargir les possibilités de participer à leur production et de permettre aux régions de mieux tirer profit de leurs ressources.

Les sociétés communautaires prennent leur sens dans cette articulation entre activité économique et finalité sociale. En encourageant l’initiative collective, elles sont appelées à contribuer à la création d’emplois, à l’intégration économique des jeunes et à une meilleure valorisation des potentialités locales.

Pour les régions confrontées au chômage, au manque d’investissements ou à l’insuffisance des débouchés, le développement de projets productifs peut représenter une possibilité de diversification économique. Il peut aussi contribuer à limiter la dépendance à l’égard d’activités concentrées dans les grands centres urbains, à condition que les projets disposent des moyens nécessaires pour fonctionner durablement.

La portée sociale de ce modèle ne se mesurera donc pas au seul nombre de sociétés créées. Elle dépendra du nombre d’emplois durables générés, de la qualité des revenus distribués, de la viabilité des activités et de leur capacité à produire des effets positifs sur l’économie locale.

La place accordée aux jeunes dans cette orientation répond à une difficulté persistante : l’écart entre les aspirations professionnelles, les qualifications disponibles et les possibilités d’emploi dans plusieurs régions du pays.

Les sociétés communautaires peuvent ouvrir des perspectives à des porteurs de projets désireux de travailler collectivement à la création d’une activité. Elles peuvent aussi favoriser l’acquisition de compétences pratiques et rapprocher la formation des besoins économiques locaux.

Mais l’initiative ne peut, à elle seule, résoudre le problème du chômage. Pour devenir un véritable outil d’insertion, ce modèle doit s’appuyer sur des projets économiquement viables, une formation adaptée, un accès aux équipements et aux financements ainsi que des débouchés commerciaux identifiés.

C’est dans ce contexte que la recommandation du conseil ministériel visant à mettre en place un dispositif intégré de formation et d’accompagnement revêt une importance particulière. L’appui doit couvrir l’ensemble du parcours : conception du projet, étude de faisabilité, création juridique, gestion, production, commercialisation et développement de l’activité.

Une société communautaire ne peut se consolider durablement sur la seule base de l’enthousiasme de ses fondateurs. Elle a besoin de compétences, d’une organisation rigoureuse et d’une stratégie capable de résister aux contraintes du marché.

Simplifier les procédures et améliorer la gouvernance

Le conseil ministériel restreint a également examiné les difficultés administratives rencontrées par ces entreprises et les moyens d’y remédier. Ce volet est essentiel, car la multiplication des démarches, les délais ou l’absence d’interlocuteurs clairement identifiés peuvent freiner la concrétisation des projets.

La simplification administrative doit permettre aux porteurs de projets de consacrer davantage de temps et de moyens à leur activité productive. Elle suppose des procédures lisibles, une coordination efficace entre les services publics et un accompagnement accessible, notamment dans les régions où l’offre de conseil économique demeure limitée.

Toutefois, l’allègement des formalités ne doit pas se faire au détriment de la transparence ou de la bonne gestion. La gouvernance constitue une condition de crédibilité pour les sociétés communautaires : répartition claire des responsabilités, suivi des ressources, contrôle des dépenses et évaluation régulière des résultats doivent accompagner leur développement.

La recommandation de mettre en place des mécanismes d’évaluation est donc déterminante. Pour mesurer l’efficacité de l’accompagnement public, il faudra pouvoir apprécier les résultats obtenus, repérer les difficultés persistantes et ajuster les dispositifs en fonction des besoins réels des entreprises.

L’une des orientations retenues lors de la réunion consiste à encourager les sociétés communautaires à investir de nouveaux secteurs et marchés porteurs, notamment dans les domaines à forte valeur ajoutée et à dimension stratégique, en cohérence avec le Plan de développement 2026-2030.

Cette démarche est importante pour éviter que les projets ne se limitent à des activités de faible rentabilité ou à des marchés déjà saturés. La valorisation des ressources locales peut produire davantage de bénéfices lorsqu’elle s’accompagne de transformation, d’innovation, d’amélioration de la qualité et d’une véritable stratégie commerciale.

Une production agricole peut, par exemple, gagner en valeur lorsqu’elle est transformée ou commercialisée sous une forme répondant aux attentes du marché. De même, des ressources régionales encore insuffisamment exploitées peuvent soutenir des activités nouvelles, pourvu que les investissements, les compétences et les débouchés soient réunis.

Il ne s’agit pas de disperser les initiatives dans tous les secteurs, mais d’identifier les activités pour lesquelles chaque territoire possède des atouts réels. La réussite du modèle dépendra de cette capacité à concilier ambition sociale et rationalité économique.

De l’ambition politique à la viabilité économique

Le modèle des sociétés communautaires traduit une volonté de faire de l’initiative collective un instrument de développement et de justice sociale. Sa cohérence avec les orientations de Kaïs Saïed tient à cette recherche d’un lien plus direct entre les ressources des régions, la création de richesses.

Mais une ambition politique ne devient une réussite économique que si elle se traduit par des résultats durables. Les entreprises doivent pouvoir accéder aux compétences, aux équipements, au financement et aux marchés indispensables à leur activité. Elles doivent également bénéficier d’un accompagnement qui respecte leur autonomie et leur permette de prendre des décisions adaptées à leur environnement.

L’État a, dans ce processus, un rôle déterminant : simplifier, former, conseiller, faciliter l’accès aux opportunités économiques et évaluer les résultats. Il ne peut cependant se substituer à la viabilité des projets ni à la qualité de leur gestion.

Le défi consiste ainsi à faire des sociétés communautaires des acteurs économiques capables de créer de la valeur, plutôt que de simples structures administratives bénéficiant d’un soutien ponctuel. Leur pérennité sera le meilleur indicateur de leur contribution au développement régional.

En définitive, la portée du projet défendu par Kaïs Saïed se mesurera à sa capacité à transformer l’initiative collective en emplois stables, les ressources locales en richesses durables et la promesse de justice sociale en améliorations tangibles pour les citoyens. La simplification des procédures et le renforcement de l’accompagnement constituent des étapes importantes. La réussite dépendra désormais de la qualité des projets, de leur gouvernance et de leur aptitude à s’inscrire durablement dans l’économie nationale.

 

 

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Justice : Riad Ben Fadhl reste en prison

Riad Ben Fadhl reste en prison. La chambre criminelle du Tribunal de première instance de Tunis a rejeté, lundi 12 octobre 2026, la demande de libération du coordinateur général d’Al Qotb et de 18 co-prévenus. Tout en fixant la prochaine audience au 29 octobre.

Riad Ben Fadhl et les autres accusés sont poursuivis pour blanchiment d’argent et corruption financière liés à l’acquisition de biens confisqués après la révolution. Le représentant du chargé général du contentieux de l’État a maintenu l’ensemble de ses demandes.

A cet égard, notons que l’homme d’affaires a été arrêté le 14 novembre 2023 à l’aéroport de Tunis-Carthage. Il avait vu sa précédente condamnation à quatre ans et demi de prison pour infractions douanières annulée en appel le 22 avril 2025; et ce, après régularisation financière. Sa détention provisoire se poursuit néanmoins dans ce second volet.

Alors que la défense soutient que les biens ont été acquis via des adjudications légales, aucun jugement sur le fond n’a encore été rendu. Près de trois ans après son arrestation, la justice retient toujours l’ancien responsable politique sous les verrous.

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Conseil des ministres : Kaïs Saïed affirme que « les citoyens ne sont pas de simples chiffres »

Le président de la République, Kaïs Saïed, a présidé, mardi, au palais de Carthage, une réunion du Conseil des ministres consacrée à la situation générale du pays et aux projets de loi de finances et de l’équilibre économique pour l’année prochaine.

Cité dans un communiqué, le chef de l’Etat a affirmé que l’investissement ne peut porter ses fruits que dans une stabilité sociale fondée sur la justice et l’équité, soulignant que la satisfaction des besoins des citoyens, dans tous les domaines et toutes les régions, demeurera « une priorité absolue ».

Abordant le projet de loi de finances, le président Saïed a mis en avant l’orientation de ce texte vers la consécration de la justice sociale et l’allègement de la pression fiscale, estimant qu’une divergence de vues autour de sa teneur est « un fait normal » pourvu qu’elle ne lèse pas les intérêts de la patrie ou ne porte pas atteinte au droit des citoyens à une vie digne.

Le chef de l’Etat a par ailleurs souligné que les citoyens ne sont pas de « simples chiffres » mais plutôt des êtres humains dotés de droits naturels que chaque responsable en poste doit veiller scrupuleusement à concrétiser, en levant les obstacles qui s’y opposent et en prenant conscience des sacrifices des martyrs et des aspirations du peuple tunisien.

Il a affirmé que le peuple tunisien attend des réalisations concrètes répondant à ses attentes, mettant en garde quiconque pense, en secret ou au grand jour, pouvoir faire chanter l’Etat ou perturber ses rouages.

« Ils se trompent d’adresse », a-t-il conclu.

 

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Alia Al Shamlan nommée directrice générale de Tunis Bay

Tunis Bay, le mégaprojet immobilier parrainé par GFH Bank, a annoncé la nomination de la Bahreïnienne Alia Al Shamlan au poste de directrice générale. Cette désignation vise à accélérer le développement du projet et à renforcer son positionnement en tant que destination intégrée dédiée à l’habitat, aux affaires, à l’hôtellerie et aux loisirs.

Ce n’est pas une novice dans le domaine. En effet, forte de plus de 15 ans d’expérience dans la gestion d’actifs, l’investissement et les transactions immobilières, Alia Al Shamlan a occupé plusieurs fonctions stratégiques au sein de GFH. Elle aura notamment pour mission de consolider les partenariats, d’attirer de grandes enseignes hôtelières de luxe et de développer la marina ainsi que les composantes résidentielles en bord de mer.

Selon Hisham Alrayes, directeur général et membre du conseil d’administration de GFH Bank, cette nomination doit permettre de faire avancer les plans de croissance du projet et de renforcer son attractivité auprès des investisseurs et des acteurs du tourisme.

Pour sa part, Alia Al Shamlan entend privilégier la concrétisation des opportunités d’investissement, le développement de partenariats stratégiques et le renforcement de l’offre hôtelière, commerciale et résidentielle en Tunisie. L’objectif est de faire de Tunis Bay une destination distinctive, capable de contribuer durablement au dynamisme économique et touristique de la Tunisie.

On lui souhaite bon vent !

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Crise de l’eau en Tunisie : plus de 220 alertes citoyennes recensées en septembre

L’Observatoire tunisien de l’eau a comptabilisé 227 signalements citoyens liés à des perturbations d’approvisionnement durant le mois de septembre 2026. C’est ce que font ressortir les données publiées mardi dans sa dernière édition de la Carte de la Soif.

Les interruptions brutales et non annoncées de la distribution représentent la quasi-totalité des incidents recensés, avec 197 cas répertoriés sur l’ensemble du territoire. Le rapport fait également état de 18 alertes concernant des fuites d’eau sur le réseau. On répertorie également 10 mouvements de protestation d’usagers réclamant leur droit à l’eau et deux signalements relatifs à une détérioration de la qualité de l’eau distribuée.

Sur le plan géographique, le gouvernorat de Ben Arous figure en tête des zones les plus touchées avec 32 signalements. Les gouvernorats de Médenine et de Bizerte arrivent en deuxième position avec 28 alertes chacun. Suivent Tunis avec 16 signalements et Gafsa avec 13 cas répertoriés.

Lancé en 2016 à l’initiative de l’association Nomad 08, l’Observatoire tunisien de l’eau est une plateforme citoyenne collaborative. Elle a pour objectif de documenter les défaillances du réseau hydraulique. De même, elle défend le droit universel d’accès à l’eau potable.

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Fête de l’Évacuation : le président Kaïs Saïed gracie 2 288 détenus

À l’occasion du 63e anniversaire de la fête de l’Évacuation, le président de la République, Kaïs Saïed, a accordé une grâce à 2 288 personnes condamnées à des peines de prison, permettant la libération de 1 573 détenus, selon un communiqué publié mardi par la Présidence de la République.

Le chef de l’État a également ordonné l’octroi de la libération conditionnelle à 424 autres détenus.

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Tunisie – Politique : que se passe-t-il dans la maison « PDL » ?

Congrès suspendu, querelles de leadership, rupture entre Abir Moussi et Karim Krifa… Inutile de dire que le Parti destourien libre (PDL) traverse une séquence particulièrement agitée, qui interroge voire soulève des questions sur sa cohésion interne et son avenir politique.

Le Parti destourien libre (PDL), naguère considéré comme ayant une assise politique solide, est confronté aujourd’hui à des turbulences qui mettent à l’épreuve son unité et son organisation. En effet, en l’espace de quelques jours, le parti s’est retrouvé au centre de plusieurs controverses : la suspension de son congrès national, les divergences autour d’un nouveau mandat pour sa présidente, Abir Moussi, et, plus récemment, la rupture publique entre cette dernière et l’avocat Karim Krifa – qui fait tâche d’huile.

Il s’agit là d’événements à même de donner à la crise une dimension dépassant les simples désaccords organisationnels. Derrière ces épisodes se dessine une interrogation fondamentale : est-ce que le PDL parviendra à préserver sa cohésion alors que son fonctionnement et sa direction sont de plus en plus contestés sur plusieurs fronts ? Rien n’est moins sûr.

Un congrès stoppé en pleine tourmente

Premier épisode marquant : le congrès national du PDL, baptisé « Congrès de la fidélité » et programmé les 3 et 4 octobre 2026, a été suspendu par une décision de la chambre des référés du Tribunal de première instance de Tunis, le 2 octobre. Cette décision est intervenue alors que le parti s’apprêtait à renouveler ses instances dirigeantes et qu’Abir Moussi entendait briguer un nouveau mandat à sa tête. La procédure judiciaire, engagée dans un contexte de divergences internes sur les conditions d’organisation du congrès, a ainsi interrompu net un rendez-vous politique important pour l’avenir de la formation.

L’affaire révèle surtout que les désaccords au sein du PDL ont dépassé le cadre des discussions internes pour se déplacer sur le terrain judiciaire. Le renouvellement de la direction, qui devait permettre de clarifier les rapports de force, reste donc en suspens. Et pour combien de temps ? Personne n’est en mesure de répondre à cette question. Excepté peut-être les responsables au sein du parti destourien.

La candidature d’Abir Moussi au cœur des divergences

La question du leadership constitue l’un des principaux points de friction. En juillet dernier, rappelle-t-on, l’ancien député et cadre du parti, Majdi Boudhina, avait publiquement appelé Abir Moussi à renoncer à briguer un nouveau mandat, invoquant la nécessité de renouveler les responsables et de respecter le principe d’alternance.

Cette prise de position a mis en lumière un débat sur l’interprétation des statuts du PDL et sur la durée des mandats de sa présidence. Encore eux, les statuts du parti. En tout cas, le parti défend, pour sa part, la légitimité d’une nouvelle candidature de sa présidente. Selon son interprétation des dispositions statutaires, le décompte des mandats concernés commence avec le premier congrès électif, organisé en 2021. Cette lecture est contestée par ceux qui estiment qu’un nouveau mandat – qu’ils qualifient de “trop“ – soulèverait un problème de cohérence avec le principe de limitation des mandats.

Au-delà de la question statutaire, le débat oppose deux préoccupations/tendances : préserver la continuité autour d’une figure centrale de l’opposition et préparer le renouvellement des structures dirigeantes.

Majdi Boudhina : le débat sur le renouvellement s’invite sur la place publique

Hélas, la démarche de Majdi Boudhina a révélé les difficultés rencontrées par les voix discordantes au sein du parti. Après avoir défendu publiquement la nécessité d’un renouvellement du leadership, l’ancien député a annoncé son retrait du PDL, dans un climat marqué par de vives réactions de certains partisans d’Abir Moussi. Et son départ donne une illustration concrète des tensions suscitées par le débat sur l’avenir de la formation politique. Il pose aussi la question de la place accordée à la contestation interne et de la capacité du parti à gérer les divergences sans provoquer de nouvelles ruptures. « C’est le cas de tous les partis gouvernés de façon autoritaire », atteste un ancien cadre du PDL qui, ayant constaté les germes de cette dérive, avait fini par quitter le navire.

Ceci étant, cet épisode ne suffit pas à établir l’existence d’« une opposition organisée ou majoritaire à Abir Moussi, mais témoigne néanmoins d’un désaccord public sur la manière de préparer l’avenir du PDL ».

Abir Moussi et Karim Krifa : une rupture qui ajoute à la crise

Sauf que cela commence à faire beaucoup, surtout avec le dernier épisode en date concernant Karim Krifa, avocat et membre du PDL. En effet, le 9 octobre, Abir Moussi lui a demandé de « se retirer » de son comité de défense et de cesser d’intervenir dans les dossiers judiciaires et les procédures engagées en son nom, en Tunisie comme à l’étranger.

Depuis son lieu de détention, la présidente du parti lui a reproché une conduite qu’elle estime contraire à ses intérêts et à ses droits. Elle a également demandé le retrait de son nom et de sa photographie des documents et supports liés au comité de défense.

Comme l’on pouvait s’y attendre, l’intéressé, en l’occurrence Karim Krifa, le temps sans doute de la réflexion, a réagi trois jours après, le 12 octobre en indiquant qu’il ne souhaitait pas entrer dans un échange d’accusations, tout en se réservant la possibilité d’engager des procédures judiciaires contre les personnes qu’il estimerait responsables de la diffusion d’allégations à son encontre.

Cette confrontation publique entre deux personnalités longtemps associées au PDL ajoute une nouvelle dimension aux tensions actuelles. Elle concerne désormais non seulement l’organisation et la direction du parti, mais aussi les relations entre ses responsables et les modalités de défense de sa présidente.

À ce stade, les accusations formulées par les protagonistes doivent être considérées comme leurs propres déclarations et non comme des faits judiciairement établis. Certains ne manquent pas de dire que la maison « PDL » a entamé un dangereux processus de décomposition.

Un parti confronté à la question de son avenir

Ainsi, on remarquera que ces différents épisodes ont un point commun : ils interviennent dans un contexte où Abir Moussi, détenue depuis trois ans (octobre 2023), demeure la figure centrale du PDL. Son rôle politique et symbolique constitue un facteur de rassemblement pour ses soutiens. Mais sa détention pose également des questions pratiques sur le fonctionnement du parti, la prise de décision et la préparation de son avenir.

Alors trois questions existentielles demeurent : comment maintenir une organisation politique opérationnelle dans ces circonstances ? Comment arbitrer les différends statutaires ? Et comment préserver l’unité lorsque des divergences sur la direction débouchent sur des départs, des procédures judiciaires et des ruptures publiques ? Si ces interrogations ne permettent pas, à elles seules, de conclure à une implosion du PDL, elles montrent toutefois que la formation traverse une période délicate, durant laquelle sa capacité à gérer ses désaccords sera déterminante.

Une crise de personnes, de règles ou de stratégie ?

Réduire la situation à une querelle entre individus semble sans doute insuffisant. Les événements récents font apparaître plusieurs niveaux de tension : une divergence sur l’interprétation des statuts, un débat sur la limitation des mandats, une procédure ayant empêché la tenue du congrès et une rupture entre Abir Moussi et Karim Krifa.

À ces questions organisationnelles s’ajoute un enjeu politique plus large : la capacité du PDL à maintenir sa visibilité et son influence tout en assurant la continuité de ses activités.

La suspension du congrès laisse la question de la direction sans règlement par cette voie élective. Les départs et les désaccords publics fragilisent l’image d’unité du parti, tandis que la rupture avec Karim Krifa ouvre un nouveau front de confrontation, comme le soulignent certains analystes politiques de la place.

La véritable question est désormais de savoir si le PDL pourra transformer cette séquence de tensions en une occasion de clarification interne, ou si les divergences continueront à s’accumuler au détriment de sa cohésion et de sa capacité d’action.

Une chose est certaine : la maison « PDL » traverse une zone de turbulences. Reste à savoir si ses responsables parviendront à renouer le dialogue, à clarifier les règles de fonctionnement et à définir une perspective commune pour la suite.

Synthèse réalisée à l’aide de l’IA.

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