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L’ancien patron MENA de la Banque mondiale, Ferid Belhaj, rejoint le think tank washingtonien MEI

Ferid Belhaj, qui a dirigé de 2018 à 2024 les opérations de la Banque mondiale dans la région MENA, vient de rejoindre le Middle East Institute (MEI). A savoir un centre de réflexion basé à Washington. Il y intervient en qualité de Senior Fellow.

Les travaux de Ferid Belhaj porteront sur l’économie, la gouvernance, les réformes institutionnelles et les capacités de l’État, ainsi que sur les enjeux géopolitiques en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. Cette nomination prolonge un parcours construit entre institutions internationales et centres de recherche consacrés aux politiques publiques de la région.

Vingt-huit ans à la Banque mondiale

Un peu d’histoire tout d’abord. Ferid Belhaj entre à la Banque mondiale en 1996 comme conseiller juridique principal. Il y occupera ensuite de nombreuses fonctions de responsabilité : direction des activités de l’institution dans le Pacifique, représentation auprès des Nations unies à New York, supervision des opérations au Maroc.

De 2012 à 2017, il pilote l’action de la Banque au Moyen-Orient, couvrant notamment le Liban, la Syrie, la Jordanie, l’Irak et l’Iran. Il est alors impliqué dans les initiatives d’appui aux pays touchés par les conflits, dans la réponse à la crise des réfugiés syriens et dans les efforts de reconstruction.

Il devient ensuite chef de cabinet du président du Groupe de la Banque mondiale, avant d’être nommé vice-président pour la région MENA, poste qu’il occupe jusqu’en 2024.

Une expertise au service de l’analyse régionale

Au MEI, Ferid Belhaj intègre un environnement de recherche dédié à l’étude des politiques et des mutations du Moyen-Orient. Ses analyses se concentreront sur les questions économiques, les réformes de l’État et les recompositions géopolitiques de la région.

Il est par ailleurs Senior Fellow au Policy Center for the New South, think tank basé au Maroc, et professeur associé à l’Université Mohammed VI Polytechnique. Ces engagements illustrent la poursuite de son activité dans la recherche et l’analyse depuis son départ de la Banque mondiale.

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La Banque mondiale et le FMI alertent sur l’effet IA sur l’emploi des jeunes

Lors des travaux des Assemblées annuelles de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international à Bangkok, les deux institutions ont tiré la sonnette d’alarme. Elles ne se demandent plus si l’IA va frapper les emplois, mais pensent à la manière d’en amortir les retombées.

Les personnes qui inquiètent le plus sont les jeunes qui arrivent sur le marché du travail. Ils sont censés occuper les emplois de routine et répétitifs, puis graviraient les échelons. Mais si ces métiers disparaissent, l’avenir devient compliqué. Les gouvernements sont vivement appelés à prendre des mesures de soutien pour insérer les jeunes dans le monde du travail. Il ne s’agit plus de décisions exceptionnelles, mais comme faisant partie de l’éventail des politiques structurelles. Il faut coopérer avec le secteur privé, qui génère déjà plus de 75% des emplois, et inciter les entreprises à embaucher de jeunes diplômés.

Le FMI estime que l’exposition est d’environ 60% dans les économies développées et de 23% dans les pays à faibles revenus. La pression est naturellement plus forte dans la technologie.

La seule bonne nouvelle est que les suppressions d’emplois induites par l’IA se produiront tâche par tâche, ce qui laisse du temps aux décideurs politiques. Il est également impératif que les employés puissent apprendre sur le tas et que les universités s’orientent vers une formation appliquée.

Pour nous, c’est l’ensemble de l’écosystème qui doit monter en compétence vers des activités à forte valeur ajoutée où le facteur humain et l’expertise locale restent irremplaçables. Il faut faire très attention, car en l’absence de réactions immédiates, la facture économique et sociale sera extrêmement salée.

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Tunisie | Faciliter la correction des dossiers Amen  Social

Amen Social est le système tunisien de protection sociale destiné aux familles pauvres et à faible revenu, créé par la loi organique n° 2019-10 du 30 janvier 2019. Il prévoit des allocations mensuelles pour les ménages les plus nécessiteux, un accès à des soins de santé gratuits ou à tarif réduit via la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam) et une aide financière pour la rentrée scolaire et universitaire des enfants de familles bénéficiaires. Ce programme bénéficie à près de 10 % de la population tunisienne, constituant les ménages pauvres. Raison de plus pour qu’il soit réformé et adapté aux besoins de la population qui en a besoin.

Gustavo Pessoa *

Quand les revenus d’un ménage baissent, son dossier social doit pouvoir suivre. Une information devenue ancienne peut peser sur une décision d’aide, même lorsqu’elle était exacte au moment de son enregistrement. Pour une famille concernée, savoir comment la faire rectifier compte autant que la qualité du registre. La modernisation d’Amen Social doit rendre cette correction plus simple, plus compréhensible et suffisamment rapide pour rester utile.

Le financement supplémentaire de 90 millions de dollars approuvé par la Banque mondiale le 27 mars 2026 offre l’occasion de renforcer cette exigence. L’opération soutient l’élargissement de la protection sociale et la modernisation de son administration, notamment le développement d’un registre intégré des bénéficiaires et l’extension des paiements numériques. Ce chantier devra permettre aux informations de mieux circuler tout en préservant la possibilité, pour chaque ménage, de faire rectifier celles qui le concernent.

La Tunisie dispose déjà d’un cadre pour contester les décisions. Le ministère des Affaires sociales rappelle que le décret gouvernemental 2020-317 encadre l’accès à Amen Social et le règlement des griefs. Le registre du programme et son mécanisme de réclamation ne partent donc pas de zéro. La question est celle de leur efficacité pratique lorsque les données circulent davantage entre administrations et que le programme accueille de nouveaux bénéficiaires.

Améliorer le dispositif et son suivi

L’évaluation publiée par la Banque mondiale en février 2026 décrit un dispositif de réclamation déjà opérationnel, associant le Bureau des relations avec le citoyen et les structures régionales. Plusieurs canaux permettent de déposer une plainte, dont les bureaux locaux, le courrier et le téléphone. Le projet prévoit aussi d’améliorer le dispositif et son suivi. Cette base doit guider la réforme, avec une attention particulière à ce qui se passe après le dépôt d’un recours.

Pour le ménage, l’essentiel est de comprendre quelle information a influencé la décision et comment signaler un changement. Le motif communiqué devrait être assez précis pour permettre une démarche utile, sans exposer des données personnelles. Une explication générale sur l’inéligibilité risque de laisser le demandeur chercher la mauvaise pièce justificative ou retourner au mauvais guichet. Lorsqu’une information doit être vérifiée auprès d’un autre service, l’administration devrait organiser cet échange au lieu d’en faire supporter toute la charge à la famille.

La possibilité de corriger une donnée mérite aussi d’être distinguée du désaccord avec les critères d’attribution. Une erreur sur un revenu, une situation familiale ou un document appelle une vérification factuelle. Une contestation de l’application des règles appelle une réponse motivée. Clarifier ces deux démarches faciliterait le travail des agents et éviterait de transformer chaque rectification en conflit sur l’ensemble du programme. Une correction justifiée peut conduire à réexaminer le dossier sans garantir automatiquement l’octroi d’une prestation.

Les délais observés devraient devenir un indicateur public de la réforme. Dans le suivi déjà prévu, des résultats agrégés pourraient montrer le temps nécessaire pour recevoir une réponse, la proportion de dossiers encore en attente et les principaux motifs de rectification. Ces informations aideraient à repérer un blocage dans une région ou une procédure, sans publier l’identité des familles. Le nombre de plaintes reçues, pris isolément, serait insuffisant : un canal plus accessible peut faire augmenter les demandes tout en améliorant le service.

Les voies physiques et téléphoniques restent importantes. Un changement de situation peut concerner une personne qui ne maîtrise pas les démarches en ligne, dispose d’une connexion irrégulière ou a besoin de l’aide d’un travailleur social. Le numérique devrait faciliter le traitement et le suivi de sa demande. Il devrait également permettre à l’agent qui l’accompagne de retrouver son dossier, pour éviter qu’elle raconte la même situation à chaque déplacement.

Mieux orienter les ressources disponibles

Cette attention aux recours relève aussi d’une bonne gestion financière. Une donnée corrigée aide à orienter les ressources vers les personnes qui répondent effectivement aux conditions du programme. Une décision compréhensible facilite le contrôle et réduit les démarches inutiles. À l’inverse, laisser une erreur se prolonger peut aggraver la difficulté que l’aide devait soulager et multiplier les coûts administratifs nécessaires pour la résoudre.

Le nouveau financement doit donc soutenir une protection sociale capable d’apprendre de ses propres corrections. Les familles ont besoin d’un interlocuteur identifiable, d’une explication utilisable et d’une suite donnée à leur démarche. Rendre ces éléments visibles donnerait un sens concret à la modernisation : un dossier qui évolue avec la situation du ménage, et une administration qui sait reconnaître puis rectifier une information devenue fausse.

* Professeur d’économie et de finance à la Fundação Getulio Vargas, au Brésil.

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