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Tribune. Nord Stream : à qui profite le sabotage des gazoducs en 2022 ?

Le mercredi 14 octobre 2026 s’est tenu à Hambourg, le premier jour du procès de l’ancien officier Serhii K, qui est accusé du sabotage des gazoducs. Auparavant, en 2022, en France et en Europe, les gouvernements et les médias ont…

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Pétrole : les risques géopolitiques propulsent le Brent au-delà de 106 dollars

Les cours du pétrole ont progressé d’environ 2 % lundi 12 octobre, portés par l’aggravation des risques géopolitiques au Moyen-Orient et les craintes de perturbations des approvisionnements énergétiques. Le Brent a gagné 1,84 %, à 106,65 dollars le baril; tandis que le WTI a avancé de 2,06 %, à 93,74 dollars.

L’escalade des tensions régionales, marquée notamment par une attaque attribuée aux Houthis contre l’aéroport international de Riyad et par de nouveaux incidents impliquant des navires dans le Golfe a soutenu les prix. Les opérateurs redoutent une aggravation des perturbations du trafic maritime, en particulier dans le détroit d’Ormuz. Les autorités britanniques chargées de la sécurité maritime ont signalé lundi une attaque de drone contre un pétrolier près de Sohar, à Oman, ainsi que des dégâts sur un autre navire après l’impact d’un projectile non identifié dans le détroit d’Ormuz. Ces incidents renforcent les inquiétudes concernant la sécurité des routes d’approvisionnement.

Les cours ont progressé malgré l’annonce par Donald Trump de livraisons de plus de 300 000 tonnes de diesel, suivie de volumes supplémentaires en novembre et au-delà. Il a également fait état d’une possible trêve énergétique entre Moscou et Kiev, destinée à suspendre les attaques contre les infrastructures énergétiques. Volodymyr Zelensky a toutefois indiqué attendre des précisions sur ses modalités. Tandis qu’aucune confirmation russe n’était disponible au moment de la publication. L’incertitude entourant ces annonces limite leur capacité à apaiser les marchés, toujours attentifs aux risques pesant sur l’offre et le transport du pétrole brut.

Dans ce contexte, Goldman Sachs a relevé de 85 à 90 dollars le baril sa prévision du prix du Brent pour décembre 2026. La banque estime que les ajustements de l’offre pourraient, à terme, peser sur les cours. Mais elle souligne que les risques d’une nouvelle escalade géopolitique restent élevés. Ses analystes évaluent à un peu plus de 20 dollars par baril de pétrole la prime de risque géopolitique intégrée aux prix. La trajectoire du marché dépendra notamment de la sécurité des routes maritimes, de la continuité des exportations et de la concrétisation des annonces sur les approvisionnements.

La hausse des cours illustre ainsi la sensibilité persistante du marché pétrolier aux tensions géopolitiques : les perspectives d’approvisionnement supplémentaire restent éclipsées par les menaces pesant sur les infrastructures et les voies d’acheminement.

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Une guerre nucléaire entre la Russie et l’Otan est-elle inéluctable ?

Un document envoyé à l’Otan par la Russie, examiné par Reuters, indiquait explicitement que Moscou était prêt à recourir à la guerre nucléaire contre l’Otan si l’Alliance Atlantique tentait d’isoler l’enclave russe de Kaliningrad, située entre la Pologne et la Lituanie, deux États membres de l’Otan.

Habib Glenza, àLödz, Pologne.

Kaliningrad, ville connue jusqu’en 1946 sous le nom de Königsberg en allemand, est une ville importante de l’oblast de Kaliningrad, une enclave russe située entre la Pologne, la Lituanie et la mer Baltique. Située à environ 663 kilomètres à l’ouest du territoire principal de la Russie, Kaliningrad est la deuxième plus grande ville du district fédéral du nord-ouest de la Russie, après Saint-Pétersbourg, la troisième de la région baltique et la septième de la mer Baltique. Sa population s’élevait à 490 449 habitants en 2021. 

Königsberg était, jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, la grande ville la plus orientale d’Allemagne. Elle a été lourdement endommagée par les bombardements alliés en 1944 lors de la bataille de Königsberg en 1945 ; elle fut ensuite annexée par l’Union soviétique le 9 avril 1945 : les accords de Potsdam de 1945 la placèrent sous l’administration de Moscou. La ville a été rebaptisée Kaliningrad en 1946 en l’honneur du dirigeant bolchévique russe Mikhaïl Kalinine.

Depuis la dissolution de l’Union soviétique, elle est gouvernée comme le centre administratif de l’oblast de Kaliningrad, le plus occidental de la Russie que, depuis la chute de l’URSS, la Pologne et l’Allemagne cherchent à récupérer.

Un port russe stratégique sur la mer Baltique

Ville portuaire baltique, elle s’appelait Królewiec et appartenait au royaume de Pologne entre 1454 à 1425. Sous le nom de Königsberg, elle devint successivement capitale de l’Ordre Teutonique, du duché de Prusse (1525-1701) et de la Prusse orientale. Elle resta la ville du couronnement de la monarchie prussienne, même si la capitale fut transférée à Berlin en 1701. 

On comprend que cette ville, désormais appelée Kaliningrad, soit aujourd’hui au centre des tensions entre la Russie et l’Otan, qui n’ont cessé de croître depuis le début du conflit russo-ukrainien en février 2022. Un document récent a révélé que la situation pourrait être bien pire qu’il n’y paraît.

Ce document examiné par Reuters, envoyé à l’Otan par la Russie, indiquait explicitement que Moscou était prêt à recourir à la guerre nucléaire contre l’alliance si l’Otan tentait d’isoler l’enclave russe de Kaliningrad, située entre la Pologne et la Lituanie, deux États membres de l’Otan.

Mark Rutte et Vladimir Poutine jouent à se faire peur.

Le document en question accusait l’Otan de mener une «politique dangereuse et irresponsable» ayant engendré un «risque élevé de déclenchement d’un conflit armé direct». Il avertissait également que la Russie frapperait l’Otan en cas de conflit de ce type.

Selon Reuters, le document affirmait : «La Russie frapperait d’emblée les centres de décision des États membres de l’alliance», ce qui signifie vraisemblablement que la Russie est prête à faire la guerre pour Kaliningrad.

Si un conflit éclatait entre la Russie et l’Otan, Moscou serait prêt à frapper l’Alliance avec toutes les armes de son arsenal. Cela inclut les armes nucléaires, selon un document russe secret. 

Reuters a rapporté que cet avertissement souligne les inquiétudes croissantes en Russie quant à la menace que représente l’Otan pour Kaliningrad. Cependant, le plus haut responsable de l’Alliance ne s’est pas laissé intimider par cette menace russe.

Réponse de l’Otan aux menaces russes

Lors du sommet Défense et Espace d’Euronews à Bruxelles le 30 septembre drnier, le secrétaire général de l’Otan, Mark Rutte, a été interrogé sur la lettre de la Russie et sur la réalité de la menace d’utiliser des armes nucléaires pour défendre Kaliningrad. Il a répondu que, selon lui, cette menace était infondée.

«Poutine sait qu’il ne pourra jamais gagner contre l’Otan, donc je ne prends pas cela très au sérieux, mais bien sûr nous devons répondre et lui faire comprendre que l’Otan est une alliance défensive et qu’il faut arrêter la guerre en Ukraine et mettre fin aux menaces nucléaires, car cela n’est pas utile», a poursuivi Rutte, selon la transcription de ses propos par l’Otan. «L’Otan est bien plus forte que la Russie, il est donc impossible que celle-ci puisse nous vaincre», a poursuivi le secrétaire général de l’Otan.

Cependant, Poutine n’a pas tenu compte de cet avertissement. Le 1er octobre, le président russe a de nouveau mis en garde publiquement l’Occident sur les limites que la Russie était prête à franchir pour défendre Kaliningrad, déclarant devant un auditoire du Club Valdaï à Moscou que la Russie était prête à utiliser toutes les armes de son arsenal.

«Les exercices en mer Baltique se sont enchaînés ainsi que les tentatives d’arraisonnement de nos navires. Tout cela constitue une escalade. Et puis nous avons commencé à entendre des déclarations concernant la région de Kaliningrad», a déclaré Poutine à propos de la situation, selon CNN.

«Si une attaque directe devait avoir lieu contre la Fédération de Russie, en l’occurrence Kaliningrad et éventuellement d’autres territoires, la question de l’utilisation de toutes les armes de notre arsenal serait inévitablement et systématiquement abordée. C’est inévitable», a ajouté Poutine.

La guerre est-elle imminente ? Il est encore difficile de savoir si la situation dans la région baltique continuera de se détériorer, mais il est clair que les tensions entre la Russie et l’Otan semblent atteindre un nouveau point de rupture, et cette situation pourrait éventuellement mener à un conflit. Si les deux parties ne cessent pas de bomber le torse et de jouer à se faire peur mutuellement.

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La trêve énergétique de Trump se heurte au refus russe

Donald Trump a annoncé, dimanche 11 octobre, une « trêve énergétique » entre la Russie et l’Ukraine. Washington veut notamment obtenir l’arrêt des frappes ukrainiennes contre les raffineries russes. Tandis que l’Ukraine réclame la protection de ses infrastructures électriques.

La trêve énergétique annoncée par Donald Trump reste incertaine. Dimanche 11 octobre, le président américain a affirmé sur son réseau Truth Social qu’un cessez-le-feu était immédiatement entré en vigueur entre la Russie et l’Ukraine, assurant que les deux parties avaient donné leur accord. Mais cette annonce a rapidement été relativisée par la Maison Blanche.

Selon un responsable américain cité par Axios, Washington cherche à obtenir un engagement réciproque visant d’abord l’arrêt des attaques contre les raffineries de pétrole, ensuite une suspension des frappes contre les centrales électriques et les réseaux énergétiques pourrait ensuite être envisagée. Or, quelques heures après la déclaration de Trump, des médias ukrainiens ont fait état de nouvelles attaques russes contre des installations électriques…

La proposition américaine, présentée comme un échange « raffinerie contre raffinerie », suscite des réserves à Kiev. L’Ukraine ne dispose que d’une raffinerie de pétrole, régulièrement visée par les frappes russes et dont l’activité est limitée. La Russie possède, en revanche, un réseau beaucoup plus étendu d’installations de raffinage.

L’Ukraine réclame donc avant tout l’arrêt des attaques russes contre ses centrales électriques et ses réseaux de distribution. La perspective d’une trêve limitée aux raffineries ne répondrait que partiellement à ses préoccupations sécuritaires.

Les prix du carburant au cœur des calculs de Trump

La démarche de Donald Trump est également motivée par les répercussions économiques mais aussi politiques du conflit. Les attaques ukrainiennes contre les raffineries russes contribuent aux tensions sur le marché pétrolier. Tandis que la hausse des prix à la pompe pèse sur les consommateurs américains.

À la Maison Blanche, certains responsables estiment que ces opérations compliquent les relations entre Trump et Zelensky. Le président américain reprocherait à son homologue ukrainien de ne pas tenir suffisamment compte des priorités de Washington. Cette pression intervient alors que Trump a récemment remis en question la légitimité politique de Zelensky, allant même jusqu’à évoquer la nécessité d’élire un nouveau président ukrainien.

Les tensions entre les deux dirigeants dépassent désormais la question énergétique. Selon le Financial Times, les États-Unis ont averti des pays européens qu’ils pourraient interrompre les ventes d’armes destinées à l’Ukraine dans le cadre des mécanismes de l’OTAN si Kiev poursuivait ses attaques contre les raffineries russes. Une telle décision fragiliserait les efforts européens pour maintenir l’approvisionnement militaire ukrainien et renforcerait la pression sur le gouvernement de Zelensky, déjà confronté à une guerre d’usure et à des besoins considérables en équipements.

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Les dessous de l’accord Trump-Poutine sur la livraison du diesel russe 

Donald Trump a annoncé vendredi 9 octobre 2026 qu’après une discussion très fructueuse avec son homologue russe, Vladimir Poutine s’était engagé à fournir plusieurs millions de tonnes de diesel pour le marché américain et mondial, sur plusieurs mois. L’accord prévoit la fourniture immédiate de 300 000 tonnes de diesel au marché américain et mondial, 500 000 tonnes de plus en novembre et 1 000.000 de tonnes immédiatement après.

Habib Glenza, à Lödz.

«Selon l’état de ses raffineries, la Russie va livrer rapidement 3 000 000 tonnes de diesel», a écrit l président américain sur son réseau Truth Social.

«Les prix du diesel pour les Américains et pour le monde vont baisser rapidement dans des proportions record ! Des prix plus bas pour les Américains et surtout nos formidables paysans, éleveurs et transporteurs routiers, c’est ma plus grande priorité», a ajouté Trump.

Le président américain sait que le prix élevé des carburants est une cause majeure du mécontentement des électeurs avant des législatives très importantes le 3 novembre aux États-Unis, et le Parti républicain, handicapé par le bilan économique mitigé de Trump, redoute de perdre le contrôle du Congrès lors de ces élections.

Les Etats-Unis n’ont pas d’amis mais des intérêts 

L’homme d’État britannique Lord Palmerston avait dit à la Chambre des Communes en 1848 : «Nous n’avons pas d’alliés éternels, ni d’ennemi perpétuel. Seuls nos intérêts sont éternels et perpétuels». Le Général de Gaulle l’a paraphrasé en déclarant, dans les années soixante du siècle dernier, que «les États n’ont pas d’amis, ils n’ont que des intérêts». Et il avait raison dans la mesure où c’étaient les Etats-Unis qui avaient demandé aux pays européens de boycotter les hydrocarbures russes au lendemain de l’intervention militaire russe en Ukraine le 24 février 2022. Aujourd’hui, c’est le président américain qui demande aux Européens et aux Américains d’acheter le diesel russe, pour faire baisser les prix.   

La Russie étant frappée de sanctions sur ses exportations d’hydrocarbures, le ministère des Finances américain a, dans la foulée, précisé avoir donné une autorisation provisoire pour cette mise sur le marché. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky, lui, a dénoncé une décision indigne et faible. «Vous savez, cela ressemble à un beau cadeau d’anniversaire pour Poutine. C’est absolument horrible», a déclaré le président ukrainien au média américain Axios, faisant allusion au 74e anniversaire du président russe. «Cela ne fait que renforcer la position de Poutine et lui donne la possibilité de mener une guerre encore plus intense», a-t-il aussi déclaré à la presse, regrettant que l’équipe ukrainienne en déplacement en Floride ait «simplement servi de façade» pour cet accord avec Moscou.

L’annonce de Trump coïncide avec la reprise des discussions en Floride entre Américains et Ukrainiens vendredi et samedi, auxquelles les Européens ont été conviés, sur une résolution du conflit avec la Russie.

«Les discussions à Miami sont constructives», déclare Witkoff

A Miami, la délégation ukrainienne a rencontré Steve Witkoff, l’émissaire spécial de Trump, et Jared Kushner, le gendre du président américain qui agit en qualité de médiateur informel, en présence de représentants européens. Witkoff a évoqué sur X des «discussions constructives».

Les échanges ont notamment porté sur «des mesures à court terme liées à la préparation à l’hiver (résilience énergétique, exportations de céréales), des garanties de sécurité, ainsi que des dispositifs à plus long terme pour la sécurité de l’Ukraine et de l’Europe», a précisé l’émissaire.

Depuis mercredi, des attaques russes ont fait environ 60 morts en Ukraine, dont au moins 30 jeudi dans une frappe qui a touché deux bus à Kramatorsk, dans l’une des attaques les plus meurtrières des dernières semaines.

Les récents bombardements russes ont aussi causé des dommages considérables au réseau électrique ukrainien, a déploré vendredi le président ukrainien. Kiev redoute la répétition du scénario de l’hiver dernier, lorsque la Russie avait pilonné les installations énergétiques du pays, plongeant des millions de foyers dans le froid et l’obscurité.

En effet, «les habitants de Kiev et d’autres grandes villes pourraient être plongés dans l’obscurité et affronter un froid extrême cet hiver si ces attaques ne cessent pas immédiatement», a-t-il prévenu.

C’est là, on l’a compris, le dernier souci de Trump, qui n’a qu’une seule idée en tête : se rapprocher de la Russie pour la neutraliser en perspective d’une confrontation à venir avec la Chine qu’il sait inévitable. Quant à l’Ukraine, et avec elle la stupide Europe, elles iront en enfer !

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Guerre d’Ukraine | Un deal pétrolier au cœur des pourparlers américano-russes

Business, zones d’ombre, mélange des genres et conflits d’intérêts sont devenus la marque de fabrique de la gestion des grands dossiers internationaux par l’administration Trump.

Imed Bahri

Les négociations américano-russes visant à mettre fin à la guerre en Ukraine ne se limitent plus aux modalités d’un cessez-le-feu et au sort des territoires disputés, elles englobent désormais un accord énergétique se chiffrant en milliards de dollars dans lequel les intérêts géopolitiques s’entremêlent aux relations commerciales de la famille de Donald Trump et de ses proches. Les actifs internationaux de l’entreprise pétrolière russe Lukoil sont au cœur des négociations.

Une enquête du New York Times a révélé que les efforts de Washington et de Moscou pour parvenir à un règlement politique sont désormais liés au sort des actifs internationaux du géant pétrolier russe. Cet accord implique des investisseurs entretenant des liens politiques ou commerciaux avec la famille du président américain ainsi qu’avec ses émissaires Steve Witkoff et Jared Kushner.

Les actifs internationaux de Lukoil font saliver les Américains

L’enquête intitulé «Les pourparlers américano-russes sur l’Ukraine incluent désormais un accord pétrolier lié aux alliés de Trump» met en lumière des détails controversés indiquant que les négociations de paix sur l’Ukraine se sont élargies pour inclure un accord de plusieurs milliards de dollars portant sur l’acquisition d’un vaste portefeuille d’actifs internationaux de Lukoil, l’une des plus grandes compagnies énergétiques russes.

Ces actifs comprennent des champs pétroliers, des raffineries et des stations-service répartis dans diverses régions du monde, notamment des gisements au Cameroun, des raffineries en Europe et des stations-service dans l’État américain du New Jersey.

La société avait évalué ses actifs internationaux à environ 20 milliards de dollars plus tôt dans l’année, bien que la valeur finale de la transaction envisagée et sa structure financière ne soient pas encore précisées.

Le moment choisi pour cette opération revêt une importance particulière. L’administration Trump avait imposé des sanctions à Lukoil il y a environ un an, dans le cadre des pressions exercées sur Vladimir Poutine pour mettre fin à la guerre. Toutefois, ces mêmes sanctions ont incité l’entreprise à céder ses actifs à l’étranger, créant ainsi une opportunité d’investissement majeure pour les acheteurs en mesure d’obtenir l’aval de Washington.

Le paradoxe réside dans le fait que les sanctions, utilisées initialement pour punir Moscou, sont devenues un élément d’un mécanisme susceptible de libérer des actifs russes des restrictions américaines, augmentant ainsi considérablement leur valeur d’investissement. Ces sanctions confèrent également à Washington une influence décisive sur le processus de vente, car la conclusion de toute transaction nécessite son feu vert pour lever les restrictions pesant sur les actifs concernés.

Selon l’enquête, le président russe a évoqué cette transaction lors de sa rencontre avec Wittkoff et Kushner au Kremlin, le 5 septembre dernier, la présentant comme un moyen de démontrer que les relations commerciales avec les États-Unis demeurent possibles. Les deux émissaires américains ont répondu qu’ils œuvreraient à faire avancer le projet, d’après des personnes informées de la teneur de la réunion et citées par le journal américain sous couvert d’anonymat.

De leur côté, Wittkoff et Kushner voient dans cette opération une opportunité de renforcer la confiance avec le Kremlin et de contribuer à la baisse des prix mondiaux de l’énergie, d’autant que l’aval du gouvernement américain entraînerait la levée des sanctions sur ces actifs et une augmentation immédiate de leur valeur.

Un mélange des genres qui soulève des questions

Bien que les responsables de l’administration assurent que les émissaires du président n’ont aucun intérêt financier direct, la liste des investisseurs est dominée par des personnalités étroitement liées au premier cercle de Trump.

Le NYT signale que l’un des principaux acteurs de cette liste est un groupe d’investissement dirigé par le milliardaire américain Todd Boehly, copropriétaire de l’équipe des Dodgers de Los Angeles et l’un des grands donateurs qui soutiennent soutenues Trump. Il a fait un don d’un million de dollars au comité «Maga Inc.», qui soutient le président, en décembre 2025 et a également versé un million de dollars supplémentaires par l’intermédiaire de sa société d’investissement Eldridge Industries pour la cérémonie d’investiture de Trump.

Toutefois, l’enquête souligne l’absence de preuve indiquant que Kushner ou Witkoff détiennent une participation financière directe dans l’accord avec Lukoil ou qu’ils en tireraient un profit personnel. Néanmoins, des partenaires commerciaux de la famille Trump et de ses émissaires bénéficieraient financièrement de la conclusion de cet accord, compte tenu des liens d’investissement existants qui les unissent.

Dans ce contexte, le NYT a cité Hui Chen, ancienne procureure fédérale et experte en éthique gouvernementale, qualifiant ces enchevêtrements d’effarants et extrêmement préoccupants. Elle a affirmé que cette situation soulève des questions majeures quant à la manière dont l’administration américaine évalue les candidats aux appels d’offres et à l’influence que les intérêts personnels pourraient exercer sur l’issue du processus.

En revanche, la porte-parole de Witkoff a défendu le rôle de ce dernier, soulignant qu’il œuvre bénévolement et sans rémunération pour instaurer la paix et obtenir la libération des otages et qu’il ne présente aucun conflit d’intérêts ni participation financière dans ce dossier.

La Maison-Blanche au cœur du processus de décision

L’accord dépassant le cadre d’un simple investissement commercial, sa conclusion nécessite l’aval conjoint du gouvernement américain et du Kremlin. Si l’approbation du département du Trésor américain est indispensable pour alléger les restrictions liées aux sanctions, des observateurs avertis estiment que la décision finale se joue désormais à la Maison-Blanche.

Une porte-parole du Trésor résume cette dynamique en expliquant que le Bureau de contrôle des actifs étrangers (Office of Foreign Assets Control dit l’OFAC) met en œuvre la politique étrangère définie par la Maison-Blanche.

À Moscou, Poutine est considéré comme le décideur ultime, bien que Lukoil soit juridiquement une entreprise privée. Le NYT souligne ainsi que l’accord est tributaire d’une entente politique entre les présidents américain et russe plutôt que de relever d’une simple transaction entre vendeur et acheteur.

Washington affirme que l’implication de la Société de financement du développement international des États-Unis (DFC*) dans l’opération renforcerait la sécurité économique des États-Unis, soutiendrait la politique étrangère et réduirait les prix de l’énergie pour les consommateurs. Un responsable de l’institution a par ailleurs indiqué que cette participation pourrait également consolider la sécurité énergétique des alliés américains.

Un responsable de l’administration Trump a également précisé que Witkoff et Kushner avaient directement participé à la négociation des conditions financières de l’investissement public américain afin de garantir aux États-Unis un versement initial substantiel ainsi qu’une part des bénéfices.

Toutefois, toujours selon l’enquête du NYT, ces arguments se heurtent à la réalité du dossier. Il ne s’agit pas d’une acquisition purement américaine, il y aussi des investisseurs étrangers notamment du Moyen-Orient et donc des profits vont être logiquement générés par ces investisseurs.

Il y a également un autre problème à savoir une offre antérieure de la société américaine de capital-investissement Carlyle. Celle-ci avait conclu, en janvier dernier, un accord de principe pour le rachat d’une part importante des actifs, ce qui aurait permis une détention américaine intégrale des actifs. Le NYT rapporte que l’offre de Carlyle est toujours en attente d’approbation alors que le groupe de Todd Boehly, l’ami de Trump, a émergé comme un concurrent majeur. Si l’enquête ne démontre pas que ce sont des liens politiques et commerciaux qui ont propulsé l’offre de Boehly au premier plan, elle soulève néanmoins des questions quant aux critères de sélection entre les différentes offres, en particulier compte tenu du pouvoir décisif dont dispose la Maison-Blanche pour les approuver ou les bloquer.

*La DFC (U.S. International Development Finance Corporation) est l’institution fédérale américaine de financement du développement, créée en 2019 pour mobiliser des capitaux privés au service de la politique étrangère et de la sécurité économique des États-Unis.

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