La Tunisie prévoit de lancer son premier recensement général agricole entièrement numérique avant la fin de 2026. Évalué à environ 5 millions de dinars, le projet reposera sur des tablettes, une base de données géolocalisée des exploitations et une collecte déployée dans les 24 gouvernorats.
Une collecte numérique sur le terrain
Le recensement agricole 2026-2027 doit permettre de constituer une base de données actualisée sur les exploitations agricoles, leurs caractéristiques et leur répartition géographique. Le coût prévisionnel de l’opération est estimé à près de 5 millions de dinars, selon Nabil Zarrouk, responsable à la direction générale des études et du développement agricole au ministère de l’Agriculture, cité le 13 octobre par Mosaïque FM.
Pour la première fois, la collecte des données sera entièrement numérique. Les agents utiliseront des tablettes pour saisir les informations sur le terrain, avant leur contrôle et leur validation au niveau central.
Le transfert des données vers les serveurs dédiés sera sécurisé, en collaboration avec Tunisie Telecom. Le dispositif prévoit également le respect du secret statistique et la protection des données personnelles des agriculteurs.
Les 24 CRDA mobilisés
La mise en œuvre sur le terrain sera confiée aux commissariats régionaux au développement agricole (CRDA), dans les 24 gouvernorats. Le projet associe notamment le ministère de l’Agriculture, l’Institut national de la statistique, l’Office des céréales et Tunisie Telecom.
L’objectif est de recenser les exploitations et de mieux documenter les caractéristiques du secteur agricole, avec des données actualisées à l’échelle nationale et régionale.
Une conférence de presse est annoncée pour le 30 octobre 2026 afin de présenter les modalités du lancement officiel et les différentes étapes de l’opération. Le recensement doit être achevé avant le début de la campagne agricole 2027-2028.
Des données pour orienter les politiques agricoles
Au-delà de la modernisation statistique, les données recueillies doivent aider les autorités à mieux préparer les politiques agricoles, à évaluer les besoins des exploitations et à orienter les investissements.
La constitution d’une base géolocalisée doit également permettre d’affiner la connaissance des réalités territoriales et des capacités de production. Les effets concrets sur le ciblage des programmes de soutien ou l’allocation des investissements dépendront toutefois de l’exploitation qui sera faite de ces données après le recensement.
Le prince héritier Moulay El Hassan a présidé, le 12 octobre, la cérémonie d’ouverture de la 17e édition du Salon du Cheval d’El Jadida. Jusqu’au 18 octobre, la manifestation célèbre le patrimoine équestre marocain, entre Tbourida, compétitions internationales et créations…
Les actionnaires de la Société Marja de développement de l’élevage et de l’agriculture -SMADEA ont été convoqués en une Assemblée générale extraordinaire le mercredi 28 octobre 2026. La principale résolution à voter est une augmentation de capital, pour le porter de 18 835 254 à 33 484 896 TND, et ce, par l’augmentation de la valeur nominale de 18 TND actuellement à 32 TND. L’opération sera réalisée par la transformation d’une partie des résultats reportés à la date du 31 août 2025, d’une valeur de 14 649 642 TND.
La SMADEA a pour vocation la création et l’exploitation des projets agricoles et industriels intégrés. Son domaine se situe à Bou Salem et s’étend sur une superficie de l’ordre de 4 070 hectares.
Lors de l’exercice 2025, la société a réalisé des revenus de 33,841 MTND, en hausse de 24,1% en glissement annuel. Cette performance repose sur l’activité de l’élevage (27,489 MTND), portée principalement par les ventes de lait qui ont totalisé 25,119 MTND. Les revenus de l’agronomie ont enregistré 6,347 MTND. Les charges d’exploitation ont augmenté de 11,3%, à 27,489 MTND. Grâce à cette dynamique, le résultat d’exploitation a quasiment doublé pour s’élever à 13,492 MTND. La société affiche une situation financière particulièrement saine, avec un endettement quasi nul. Les charges financières nettes ne sont que de 0,013 MTND. Le bénéfice net est de 11,525 MTND.
Pour rappel, la liste des actionnaires comporte, essentiellement, le Comité arabe d’investissement et de développement agricole (63,33%), la TSB (20,34%), la TSPI (9,66%) et la BTK Finance (3,78%).
Quatre professionnels et œuvres tunisiens sont annoncés à la 47e édition du Festival international du film du Caire, prévue du 11 au 20 novembre 2026. Le long métrage d’Aziz Shennawy figure en compétition, tandis qu’un court métrage d’animation, une participation au jury et un projet en développement complètent cette présence tunisienne.
Un long métrage en compétition
Premier long métrage de fiction du réalisateur tunisien Aziz Shennawy, To the Sun and Beyond (Au-delà du Soleil) a été retenu dans la section « Horizons du cinéma arabe », qui réunit sept films. Coproduite par la Tunisie et l’Arabie saoudite, l’œuvre raconte l’histoire de Linda, une veuve qui surprotège son fils de sept ans, atteint de xeroderma pigmentosum, une maladie génétique caractérisée notamment par une sensibilité extrême aux rayons ultraviolets.
Le récit suit la prise de conscience progressive de cette mère, qui comprend la nécessité de permettre à son enfant de vivre pleinement malgré les contraintes liées à sa maladie. Le film bénéficie notamment du soutien du Fonds de la mer Rouge, du Centre national du cinéma et de l’image (CNCI) et du ministère des Affaires culturelles.
L’animation tunisienne à l’honneur
La présence tunisienne se prolonge avec Sociophobia, un court métrage d’animation de Malek Hebiri, sélectionné dans « Cairo Kids », une section consacrée au jeune public. D’une durée de 13 minutes, le film, soutenu par le Doha Film Institute, met en scène un enfant de sept ans poursuivi par une foule qui fusionne pour former un monstre géant, avant qu’une menace plus redoutable ne surgisse.
Une Tunisienne au jury de la Semaine de la critique
La directrice de la photographie franco-tunisienne Farida Marzouk rejoint également le jury de la Semaine de la critique internationale. Elle y siégera aux côtés de la monteuse vidéo égyptienne Heba Othman.
Enfin, le projet Terminus, de la réalisatrice tunisienne Oumaima Trabelsi, a été retenu dans la catégorie des films documentaires en développement du Cairo Film Connection, la plateforme professionnelle organisée dans le cadre des Cairo Industry Days.
La 47e édition du Festival international du film du Caire se tiendra du 11 au 20 novembre 2026. Selon les informations annoncées lors de la présentation du programme, cette édition réunira 145 films issus de 64 pays et entités de production.
Le musée archéologique de Nabeul compte parmi les pépites mettant en valeur l’histoire antique de toute la région du Cap Bon. Plusieurs merveilles en mosaïque et de nombreux artefacts font de ce musée une destination de choix.
Organisé selon les régions du Cap Bon, ce musée rassemble des mosaïques de Kélibia, de Nabeul – notamment celles de la villa du Sphinx – et de Hammamet. On y trouve également une collection d’objets et de statues en provenance de Kerkouane et Thinissut.
Très didactique et déployé avec beaucoup de pédagogie, ce musée de Nabeul permet également de s’initier à l’exploitation antique du murex et du garum.
Avec une seule salle et un déambulatoire parfaitement organisé, ce musée démontre que la richesse des collections n’est pas seulement dans le nombre des pièces mais aussi dans leur qualité et leur état de conservation.
Le musée archéologique de Nabeul apporte en effet que les musées en région recèlent de véritables trésors qui attendent plus de visibilité.
De la polémique sur l’immigration à la récupération politique de son image, le parcours médiatique de l’écrivain français d’origine algérienne Boualem Sansal interroge les rapports entre littérature, pouvoir et instrumentalisation des figures intellectuelles. Derrière la célébration d’un écrivain présenté comme un symbole absolu de la liberté se dessine une question essentielle : où s’arrête l’admiration sincère d’un auteur et où commence son exploitation politique ? Question que l’écrivain doit du reste se poser à lui-même…
Dr Abderrahmane Cherfouh *
À force de renier ses principes, on finit par se confronter aux conséquences de ses propres choix. Le temps finit parfois par rendre à chacun le fruit de ses actes. Dans un récent entretien, l’écrivain Boualem Sansal se lamentait de l’accueil qui lui est désormais réservé à Paris après son feuilleton éditorial et ses déclarations fracassantes, résumant son quotidien par cette formule : «C’était matin et soir, j’étais l’ingrat et le salaud». L’ironie est le désespoir de ceux que le spectacle du monde a cessé de faire rire.
Voilà un homme qui découvre, feignant la surprise, des qualificatifs que le peuple algérien lui attribue pourtant depuis des années. Sauf que cette fois, ce ne sont pas les Algériens qui le pointent du doigt, mais ses propres soutiens du microcosme parisien.
En se retournant contre le système qui l’a médiatiquement fabriqué après avoir renié la patrie qui l’a nourri et formé, Sansal fait face au miroir de ses propres turpitudes. L’instrument de l’extrême droite française est en train de réaliser, à ses dépens, qu’un mercenaire idéologique n’a pas d’amis : il n’a que des utilisateurs.
La fabrication d’une icône par une droite en manque de symboles
À Paris, le monde politique et les médias confondent trop souvent les enjeux électoraux avec la valeur littéraire d’un écrivain.
Dès qu’un auteur instrumentalise les thèmes incandescents de l’époque — l’autoritarisme, le fanatisme et les fractures géopolitiques —, une partie du complexe médiatique s’empresse de lui tailler un costume sur mesure : celui du «martyr absolu». C’est ainsi que s’est écrite la saga de Boualem Sansal, ou l’histoire stupéfiante d’un esprit aux prophéties apocalyptiques métamorphosé en icône nationale par une droite en quête de symboles.
Invité régulier des plateaux télévisés, l’écrivain n’a jamais hésité à surenchérir sur le lexique de l’extrême droite. Lors d’un entretien diffusé dans l’émission Les Conversations en mai 2024, alors que son interlocuteur évoquait prudemment la question de l’immigration, l’auteur coupait court pour imposer sa vision des choses : «Vous parlez d’immigration, mais c’est une invasion !» En qualifiant les flux migratoires de «colonisation à l’envers» et en affirmant sur CNews ou dans les colonnes du Figaro que la France perdait une guerre culturelle face à un projet de conquête, l’écrivain offrait sur un plateau d’argent la caution rêvée aux tenants du choc des civilisations.
Mais comment en est-on arrivé là ? Comment faire d’un écrivain jusque-là peu connu du grand public une star de dimension mondiale ? Le secret de cette élévation médiatique réside notamment dans la ferveur des campagnes politiques françaises. À l’approche d’échéances électorales majeures, la droite s’est disputé sa présence. Bruno Retailleau affichait fièrement son amitié avec lui et l’invitait à son premier meeting, dans une mise en scène qui a viré au fiasco. En cherchant à ériger une figure au discours si particulier en «faiseur de présidents», ce courant politique a rejoué le mythe de Frankenstein : il a façonné sa propre créature médiatique, un avatar idéologique nourri de surenchères, qui a fini par échapper à ses géniteurs.
Cet affaissement éthique et la dérive du débat public — où la course aux voix et le règne de l’image ont fini par banaliser la xénophobie et ériger des provocateurs en modèles de franc-parler — n’étaient en réalité que les signes avant-coureurs de cette séquence. C’est précisément dans cette brèche que s’engouffre l’intelligence cynique de Boualem Sansal : celle d’un auteur qui a su trouver sa place dans un écosystème médiatique avide de figures clivantes et de symboles politiques, échangeant une caution idéologique contre une visibilité et des dividendes considérables.
De l’intellectuel d’œuvre à l’intellectuel de plateau
Poussé sur le devant de la scène médiatique, Sansal y est resté non pas en raison de la profondeur d’une œuvre — car une simple succession de romans ne compose pas nécessairement une œuvre véritable —, mais parce qu’il s’est installé en symbiose parfaite avec une époque qui a fait de l’exclusion et du discours identitaire son terrain de prédilection. Nous assistons à une perversion des valeurs capable de transformer la moindre posture en événement de première importance.
L’époque est bien révolue où un intellectuel se définissait d’abord par la rigueur de son travail, par une création exigeante qui fondait sa légitimité lorsqu’il intervenait dans les affaires du siècle. Voltaire, Victor Hugo, Émile Zola, André Gide, Jean-Paul Sartre ou Pierre Bourdieu furent tous des créateurs qui ne devaient leur renommée qu’à leur talent, à la force de leurs écrits et à l’indépendance de leur pensée.
Aujourd’hui, peu importe la valeur ou la nullité d’une production : ce sont les médias, et la télévision en premier lieu, qui consacrent les intellectuels, décident qui l’est et qui ne l’est pas, modifiant radicalement leur statut. Il ne s’agit plus d’écrire les livres les plus substantiels pour être reconnu, mais d’être le plus visible possible, d’occuper l’antenne et les unes des journaux comme Le Monde ou Le Figaro. Grâce aux réseaux de connivence parisiens, l’auteur s’assure une place au soleil.
Dans cet échange de bons procédés, Sansal apporte aux médias la caution dont ils ont besoin pour leurs polémiques, tandis que les médias entretiennent sa réputation et le couronnent roi. Mais cette dépendance servile à l’égard de ceux qui l’ont fait roi — et qui peuvent du jour au lendemain le précipiter dans les oubliettes — se répercute sur la nature même de sa production. Tout se fait au détriment de la rigueur, du sérieux et de la vérité historique.
Faute d’innover et de créer, ces figures de plateau se distinguent toutes par un silence assourdissant sur les tragédies réelles du monde contemporain, qu’il s’agisse des massacres en Palestine, du drame du Soudan ou du blocus subi par Cuba. On assiste au contraire à leur alignement inconditionnel sur les politiques d’occupation, à leur soutien inlassable et inconditionnel à Israël et aux États-Unis, à leur dénigrement permanent du Sud Global et à leur obsession anti-immigrés. À chacun son fonds de commerce idéologique : pour peu qu’il soit rentable, son détenteur peut se permettre n’importe quelle fantaisie, jusqu’à soutenir qu’un raciste n’est qu’un humaniste persécuté.
Le prisme colonial : du ressentiment au reniement
Pour comprendre la mécanique de Sansal, il faut analyser le cadre mental dans lequel il s’est enfermé. Nous faisons face à une forme de racisme idéologique, tout aussi pernicieux que le racisme biologique. Il s’agit du logiciel propre aux esprits coloniaux et impérialistes : «Tu dois penser comme moi, adopter mes dogmes, sinon tu es considéré comme l’ennemi.»
Un esprit libre et véritablement universaliste sait travailler sur ce qui rassemble les êtres humains tout en acceptant ce qui les sépare. L’esprit colonial, lui, rejette viscéralement la différence. Si vous ne pensez pas comme lui, si vous ne validez pas ses obsessions, vous ne serez jamais le bienvenu. C’est ce fascisme identitaire qui caractérise aujourd’hui le discours de Sansal et qui est en train de subir un choc violent face au principe de réalité.
On peut légitimement s’interroger sur la trajectoire psychologique de l’écrivain : s’agit-il d’une naïveté politique sidérante, d’un aveuglement tragique sur les signaux et les marqueurs idéologiques qui l’entourent ? Ou alors, plus simplement, faut-il admettre que Sansal est irrémédiablement tombé, par le biais de ses frustrations et de ses ressentiments pathologiques, dans la sphère la plus réactionnaire ? Les notions d’«extrême droite», de neutralité ou de clairvoyance politique semblent désormais frappées d’un flou artistique absolu dans son esprit, masquant à peine un alignement total sur des dogmes xénophobes.
En diabolisant systématiquement les musulmans et les immigrants sous le qualificatif d’«envahisseurs», Sansal a tenté d’appliquer la stratégie classique du bouc émissaire. Mais ce principe politique comporte une règle d’or : il n’est jamais payant à long terme. Il finit toujours par se retourner contre son propre initiateur. En s’attaquant avec la même hargne aux voix laïques et progressistes qui dénonçaient ses amalgames, Sansal s’est définitivement aliéné ses soutiens historiques.
L’imposture du «Voltaire» autoproclamé face au miroir d’Émile Zola
Tant que Sansal servait les intérêts de ses promoteurs, ses courtisans les plus zélés n’hésitaient pas à le parer de vertus philosophiques indues, allant jusqu’à le qualifier grotesquement de «Voltaire algérien». Quelle insulte à l’esprit des Lumières et à l’honnêteté intellectuelle ! Voltaire, Sartre ou Beauvoir ont marqué l’Histoire en choisissant d’écouter leur conscience au détriment de la raison d’État ou des opportunismes de carrière. Sansal, lui, n’est qu’un pamphlétaire aux indignations sélectives.
Où est la conscience de ce prétendu «Voltaire» face aux tueries de masse perpétrées à Gaza ? Lors de son voyage en Israël en 2012, balayant les critiques relatives à l’occupation, Sansal déclarait toute honte bue : «Ma liberté de penser et de parler passe avant toute chose… Je suis venu avec joie et je reviendrai.» Plus tard, au micro de la radio Kan Reshet Bet, il scellait cette sélectivité morale en affirmant, sans le moindre mot pour la tragédie palestinienne : «Mon amitié avec Israël est ce que le régime algérien ne pouvait pas supporter», réduisant ainsi un conflit d’occupation à une simple «guerre civile». Ce refus de voir la souffrance des opprimés trahit une faillite morale absolue.
Comment ne pas éprouver une vive indignation en songeant, par contraste, au sort d’Émile Zola ? Candidat malheureux à dix-neuf reprises à l’Académie française, le titan du naturalisme et l’auteur de ‘‘J’accuse… !’’ a payé son engagement en faveur d’Alfred Dreyfus au prix de la haine, des menaces et de l’exil. Son combat demeure l’un des exemples les plus marquants du courage intellectuel. Un siècle plus tard, les institutions déroulent le tapis rouge devant un «athée mystique à double visage» dont la seule arme est l’amalgame anti-laïque et la provocation marchande.
La trahison éditoriale et la qualification juridique
Le cynisme marchand a fini par achever le personnage. Après avoir bénéficié de la mobilisation de son éditeur historique Gallimard et de soutiens européens pour sa libération, Sansal a cédé aux sirènes financières en rejoignant les écuries Grasset (groupe Hachette-Bolloré) contre un chèque mirobolant d’un million d’euros. Ce marchandage a suscité la désillusion de ses soutiens, jusque dans les rangs du Parlement belge et de l’Académie royale de Belgique, où ses pairs lui ont infligé un réquisitoire mémorable sur sa déchéance éthique.
Au-delà de la faillite morale, les propos répétés de Sansal relèvent d’une responsabilité civique et légale. Classer les êtres humains, désigner des communautés entières (musulmans, immigrants) sous le sceau de l’«invasion» ou de la menace constitue une forme intolérable de discrimination.
En droit français, de tels dérapages dépassent la simple liberté d’opinion :
L’article 24 de la loi du 29 juillet 1881 sanctionne l’incitation à la haine, à la violence ou à la discrimination envers un groupe de personnes en raison de leur origine ou de leur religion.
L’article 225-1 du Code pénal définit et réprime sévèrement les discriminations portées aux droits fondamentaux des individus.
Cet homme irresponsable ne saurait se draper plus longtemps dans le manteau de la laïcité. Il s’agit désormais d’informer les esprits éclairés et les vrais défenseurs des libertés que cet auteur n’est qu’un agitateur anti-laïque, dont les amalgames tombent sous le coup des principes civiques les plus élémentaires.
Le syndrome du citron pressé et le verdict de la postérité
Le vent tourne en France et l’autorité usurpée de Boualem Sansal s’émousse irrémédiablement. La dénonciation est désormais lancée, et elle se poursuivra de bouche à oreille, sur la toile et dans les médias indépendants.
Sansal est définitivement devenu semblable à ce citron que l’on presse jusqu’à la dernière goutte pour alimenter les polémiques des plateaux télévisés. Une fois totalement asséché, il sera mis au rebut par ceux-là mêmes qui l’ont instrumentalisé.
Traité de «salaud» et d’«ingrat» par le Tout-Paris littéraire et politique qu’il a tenté de berner, il subit aujourd’hui un juste retour des choses. L’arroseur est arrosé. L’Histoire retiendra qu’à force de nourrir son ego de contrevérités, d’amalgames répréhensibles et de reniements, Boualem Sansal aura fini par s’isoler totalement : rejeté par la patrie qu’il a trahie, méprisé par le système qui l’a utilisé, et condamné par la conscience des hommes libres.
La ministre des Affaires culturelles, Amina Srarfi, a présidé la cérémonie de réouverture de la bibliothèque du Diwan, joyau architectural situé au cœur de la Médina de Tunis.
L’événement s’est déroulé, ce lundi 12 octobre 2026, en présence du gouverneur de Tunis, Imed Boukhris, ainsi que de plusieurs hauts cadres du ministère et d’experts du patrimoine, indique le département de la Culture en rappelant que cet édifice historique emblématique a bénéficié d’un vaste programme de maintenance et de restauration intégrale, entièrement pris en charge et exécuté par l’Institut National du Patrimoine (INP).
Les interventions techniques menées par les équipes spécialisées de l’INP ont permis de traiter l’ensemble des dégradations tout en renforçant la structure du bâtiment via l’assainissement et l’étanchéité, une consolidation structurelle, une restauration minutieuse des revêtements de sol, remise en état des faïences artisanales et une rénovation des menuiseries en bois et remise en service de la fontaine centrale, ainsi qu’une modernisation des équipements, notamment du réseau électrique.
« Afin de préserver l’authenticité et l’identité architecturale du monument, les équipes de l’INP ont rigoureusement appliqué les normes internationales de conservation du patrimoine », affirme le ministère en soulignant que grâce à ces travaux d’envergure, la bibliothèque du Diwan fait son retour dans le paysage culturel de la médina, protégée de manière durable pour les générations futures et prête à accueillir de nouveau chercheurs, lecteurs et passionnés d’histoire.
L’identité visuelle de la 37ᵉ édition des JCC célèbre soixante ans de passion et d’engagement en faveur d’un cinéma africain et arabe qui défend les voix libres, les causes justes et des esthétiques visuelles singulières et novatrices.
Au cœur du visage, le chiffre « 60 », subtilement dessiné par les lignes géométriques et la pellicule, rend hommage à six décennies de cinéma, de culture et de résistance par l’image.
Le portrait stylisé, inspiré du cubisme et du Bauhaus, décline le visage en formes géométriques exprimant la diversité des genres cinématographiques et la pluralité des regards. La pellicule qui traverse la composition et épouse les contours du visage, symbolise la capacité du cinéma à raconter l’humain et la société.
Le fond sombre et les textures granuleuses rappellent l’atmosphère de la salle de cinéma avant la projection, tandis que le contraste entre ombre et lumière en évoque la magie.
L’orange et le rouge expriment la chaleur méditerranéenne et la passion du public, tandis que le bleu turquoise apporte sérénité et modernité. L’affiche allie audace esthétique et profondeur symbolique, rendant hommage aux fondateurs et à l’héritage des JCC, tout en affirmant le festival comme un espace de mémoire, de création et de rencontre.
Le Conseil du Marché Financier (CMF) lance la première édition de sa revue, une publication semestrielle qui ambitionne de renforcer la transparence, de consolider l’information financière et d’apporter un éclairage analytique sur les évolutions du marché tunisien. Au programme : des indicateurs chiffrés arrêtés au 30 juin 2026, cinq études thématiques et un bilan de l’activité institutionnelle du régulateur.
Le Conseil du Marché Financier (CMF) enrichit le paysage de l’information financière en Tunisie avec le lancement de la première édition de sa revue. Présentée par Hatem Smiri, président du Collège du Conseil du Marché Financier Délégué, cette nouvelle publication entend mettre à la disposition des investisseurs, des émetteurs, des professionnels du marché et des observateurs une lecture structurée de l’activité financière, combinant données statistiques, analyses thématiques et actualités réglementaires.
Cette initiative intervient dans un contexte marqué par la complexification des instruments financiers, l’évolution des risques et le renouvellement des attentes des investisseurs. Pour le régulateur, l’enjeu ne se limite plus à la surveillance et au contrôle des opérations. Il consiste également à contribuer à la production et à la diffusion d’une information fiable, accessible et pertinente, susceptible d’éclairer les décisions des acteurs du marché et d’alimenter la réflexion sur le développement de la place financière tunisienne.
Dans son avant-propos, Hatem Smiri souligne ainsi la nécessité de rapprocher la rigueur de l’analyse scientifique des réalités de la pratique réglementaire. La revue se veut un espace de réflexion sur les problématiques structurelles du marché financier, tout en assurant un suivi factuel des évolutions réglementaires et institutionnelles.
Une photographie chiffrée du marché au premier semestre 2026
La première partie de la publication, consacrée aux « Indicateurs du marché financier », rassemble les principales données statistiques arrêtées au 30 juin 2026. Elle propose notamment un suivi des indices TUNINDEX et TUNINDEX20, une analyse de la performance boursière et de sa répartition sectorielle, ainsi qu’un examen de la capitalisation boursière et des volumes de transactions.
D’autres indicateurs complètent ce panorama, notamment la participation étrangère, la liquidité et la volatilité du marché. La revue s’intéresse également au marché primaire des actions, au marché obligataire, à la structure des comptes-titres et à l’activité des organismes de placement collectif en valeurs mobilières (OPCVM).
Chaque rubrique associe tableaux statistiques, représentations graphiques et commentaires analytiques. L’objectif est de dépasser la simple présentation des chiffres pour en faciliter la lecture et permettre aux différents intervenants d’appréhender les tendances qui caractérisent le marché financier tunisien.
Cette approche vise à fournir une base d’information consolidée aux investisseurs et aux professionnels, tout en contribuant à une meilleure compréhension du fonctionnement et des évolutions de la place financière.
Cinq études sur les enjeux structurels et réglementaires
Au-delà des statistiques, la revue accorde une place importante à l’analyse des transformations du marché. Sa deuxième partie, intitulée « Études et Analyses », réunit cinq contributions élaborées par les cadres du CMF autour de problématiques financières et réglementaires d’actualité.
Le marché des obligations privées en Tunisie figure parmi les thèmes retenus, dans un contexte où la diversification des sources de financement constitue un enjeu pour les entreprises et pour le développement du marché des capitaux. La revue aborde également le crowdfunding en investissement, un mécanisme qui s’inscrit dans la réflexion sur l’élargissement des modes de financement.
La publication traite par ailleurs du reporting environnemental, social et de gouvernance (ESG) des sociétés faisant appel public à l’épargne. Cette thématique renvoie à la place croissante des informations extra-financières dans l’évaluation des entreprises et à l’évolution des exigences de transparence à l’égard des investisseurs.
Deux autres contributions sont consacrées à la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Elles portent, d’une part, sur l’approche fondée sur les risques et, d’autre part, sur la mise en œuvre de ces exigences par les entités assujetties au contrôle du CMF.
À travers ces cinq études, le régulateur entend apporter un éclairage sur des questions qui touchent aussi bien au financement de l’économie qu’à la conformité réglementaire, à la gouvernance et à la protection de l’intégrité du marché. Les analyses sont réalisées par ses équipes internes, dont l’expertise est mobilisée pour rapprocher les problématiques théoriques des réalités opérationnelles.
La transparence et la culture financière au cœur de la démarche
La troisième partie de la revue est consacrée aux « Actualités du Conseil du Marché Financier ». Elle retrace les principaux événements organisés par le Conseil au cours du semestre, ainsi que sa participation à des rencontres et à des instances internationales.
Cette rubrique complète les données de marché et les études thématiques par un suivi de l’action institutionnelle du régulateur. L’ensemble repose ainsi sur une architecture en trois volets : mesurer l’activité du marché, analyser ses enjeux et rendre compte des initiatives du CMF.
Pour Hatem Smiri, cette démarche s’inscrit dans une ambition plus large de consolidation de la transparence, de l’intégrité et du développement du marché financier tunisien. La diffusion d’une information objective et accessible doit également contribuer à élargir la culture financière auprès des investisseurs, des chercheurs, des praticiens et, plus généralement, de toutes les personnes intéressées par le fonctionnement du marché.
La réalisation de cette première édition a bénéficié de la contribution des cadres du CMF, ainsi que de la collaboration de la Bourse des valeurs mobilières de Tunis (BVMT) et de Tunisie Clearing, dont les données et l’appui ont participé à l’élaboration de la publication.
Un nouveau rendez-vous pour la place financière tunisienne
Avec cette première édition, le CMF entend installer une publication appelée à s’inscrire dans la durée. Le défi sera de maintenir la régularité de ce rendez-vous, la qualité des analyses et l’actualité des informations proposées, afin d’en faire un outil de référence pour les professionnels du marché, les investisseurs et la communauté académique.
Au-delà de sa fonction documentaire, cette revue traduit une conception élargie du rôle du régulateur : à la mission de contrôle s’ajoute celle de contribuer à la connaissance du marché, à la diffusion des bonnes pratiques et à l’approfondissement du débat sur son développement.
En réunissant statistiques, analyses spécialisées et informations institutionnelles dans un même support, le CMF pose ainsi les bases d’un dispositif de suivi et de réflexion destiné à accompagner les évolutions du marché financier tunisien et à mieux faire connaître sa contribution au financement de l’économie nationale.
Une journée d’étude consacrée à l’examen d’un projet de loi portant sur la régularisation de la situation des puits agricoles profonds non autorisés, a été organisée, lundi, au palais du Bardo, par l’Assemblée des représentants du peuple (ARP).
Ce projet de loi comprend deux articles. Le premier prévoit la régularisation de la situation des puits agricoles profonds non autorisés réalisés avant le 10 décembre 2024, moyennant le versement d’une somme de 3 500 dinars, selon les conditions et procédures fixées par un arrêté du ministre chargé de l’eau.
Cette régularisation permettra aux bénéficiaires de profiter des avantages accordés par l’État à compter de la date de la régularisation, sans effet rétroactif. Les procédures de régularisation doivent être achevées au plus tard le 31 décembre 2027.
Le deuxième article porte sur l’abrogation des dispositions de l’article 81 de la loi n° 2024-48 du 9 décembre 2024, relative à la loi de finances pour l’année 2025. L’article abrogé porte sur la régularisation de la situation des puits agricoles profonds non autorisés.
Le projet de loi vise à mettre en place une approche réglementaire transitoire pour la régularisation de la situation des puits concernés, afin de permettre à l’administration de les recenser, de fixer les conditions de leur exploitation et de contrôler les quantités d’eau prélevées grâce à des mécanismes de mesure et de suivi.
Il a également pour objectif de protéger les nappes phréatiques, notamment celles menacées d’épuisement ou de dégradation de la qualité, tout en préservant la pérennité de l’activité agricole et en garantissant l’approvisionnement en eau potable dans les zones rurales.
Il prévoit également l’instauration d’une gestion décentralisée des dossiers de régularisation, à travers la création de comités régionaux spécialisés chargés de statuer sur les demandes de règlement dans des délais précis.
La Tunisie compte environ 34 mille points d’eau non autorisés, selon le Rapport national sur le secteur de l’eau en 2024, publié par le ministère de l’Africulture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche.
L’artiste américaine Jo Ann Morning est sur le point de présenter sa nouvelle collection à la galerie Saladin de Sidi Bou Saïd. Le vernissage de l’exposition aura lieu le 31 octobre en présence des collectionneurs d’art, de la famille des plasticiens tunisiens et des amis de la galerie chère à Ridha et Amine Souabni.
Jo Ann Morning est une artiste de premier plan qui excelle dans plusieurs techniques et vit en Tunisie depuis plusieurs années. Ses expositions récentes et ses résidences artistiques l’ont menée en Europe et aux États-Unis d’Amérique. Ses collections réalisées en France, en Égypte et au Maroc figurent dans des collections internationales aux côtés de ses œuvres tunisiennes.
La nouvelle exposition de Jo Ann Morning est intitulée » From Trees to Dreams » ( Des arbres et des rêves ). Elle y présente plusieurs séries réalisées ces derniers mois, notamment des tableaux utilisant des pigments naturels issus de fleurs et aussi des œuvres représentant des allégories du mouvement intime de la nature.
Cette collection est articulée autour de travaux sur papier, une méthode dans laquelle Jo Ann Morning excelle.
La récolte des olives dans le gouvernorat de Kasserine devrait atteindre 100 mille tonnes, cette année, en baisse de 30 mille tonnes par rapport à la saison précédente.
La cheffe de service de la production végétale au Commissariat régional au développement agricole, Fatma Helayem a indiqué à l’Agence TAP que les opérations de cueillette des olives seront entamées, à la mi-octobre.
Elle a ajouté que 26 huileries (sur un total de 37 unités dans la région) sont opérationnelles cette année avec une capacité de transformation de 1745 tonnes par jour, rappelant que 50% de la production est souvent transformée en dehors de la région, selon la même source.
Les oliveraies au gouvernorat de Kasserine s’étendent sur une superficie de 145 ha et comptent 15 millions d’oliviers dont 40% en pluvial et 60% en irrigué, en plus de 4
Au palais du Pharo, le 9 octobre 2026, un colloque international a interrogé une figure centrale de l’histoire tunisienne : Habib Bourguiba, militant anticolonial emprisonné à Marseille, devenu président d’un État indépendant où la répression a aussi marqué l’exercice du pouvoir. Présents l’après-midi, nous avons suivi les échanges consacrés à cette tension entre émancipation et autorité, au cœur des débats sur la mémoire bourguibienne.
Djamal Guettala, Marseille.
Le lieu donnait à la rencontre une résonance particulière. Au palais du Pharo, à quelques pas du Fort Saint-Nicolas où Habib Bourguiba fut détenu entre 1940 et 1942, l’histoire n’était pas seulement évoquée à distance : elle s’inscrivait dans la géographie même de Marseille. Organisé par La Citadelle et l’Iremam, le colloque intitulé «Bourguiba, leader anticolonial, prisonnier au Fort Saint-Nicolas, 1940-1942» proposait de reprendre cette histoire à partir d’une question moins consensuelle que le récit du combattant de l’indépendance : comment comprendre l’héritage d’un homme qui fut victime de l’enfermement colonial avant d’incarner un pouvoir autoritaire, qui n’hésite pas à enfermer ses opposants ?
L’après-midi, les débats auxquels nous avons assisté ont placé cette contradiction au centre des échanges. Le troisième panel, consacré à Bourguiba comme «émancipateur, autocrate ?», a interrogé la construction de son leadership. L’enfermement, thème récurrent de la journée, ne renvoyait plus seulement à une expérience subie sous la domination coloniale. Il devenait aussi une clé pour comprendre la formation d’une figure politique, son autorité et la place qu’elle allait occuper dans l’histoire tunisienne.
Œuvre d’émancipation et pratiques de pouvoir
La discussion a ensuite déplacé la question vers le présent. Que reste-t-il aujourd’hui de Bourguiba et du bourguibisme ? Posée lors du débat général, cette interrogation engage bien davantage qu’un bilan historique. Elle oblige à distinguer l’œuvre d’émancipation associée à l’indépendance et aux transformations de la société tunisienne des pratiques de pouvoir qui ont accompagné la construction de l’État. L’enjeu n’est ni de sanctifier le «Combattant suprême», ni de réduire son parcours à l’autoritarisme, mais de tenir ensemble ces dimensions sans que l’une efface l’autre.
Cette tension éclaire également la place de Bourguiba dans la mémoire collective. Son nom demeure attaché à la souveraineté nationale et à la fondation de la Tunisie indépendante. Mais la mémoire d’un dirigeant ne peut se limiter aux acquis qui lui sont attribués : elle doit aussi examiner les mécanismes de répression, les rapports aux oppositions et les limites imposées au pluralisme.
Le colloque a ainsi inscrit le débat historique dans une interrogation politique toujours actuelle, sans confondre les contextes ni réduire la complexité d’un parcours à une formule.
Au terme des échanges, Vincent Geisser, directeur de l’Iremam, a souligné dans un message adressé aux participants la richesse intellectuelle de la rencontre, l’intensité des discussions et leur portée humaine. Il a également annoncé deux prolongements envisagés : la valorisation des archives filmées des communications et des débats, puis la préparation d’une publication collective composée de textes courts, accessibles à un large lectorat, notamment aux jeunes générations des deux rives de la Méditerranée.
Un héritage examiné dans ses contradictions
Le choix du Fort Saint-Nicolas comme point d’ancrage de cette réflexion donne à l’entreprise sa portée singulière. Un lieu associé à l’emprisonnement d’un dirigeant anticolonial devient le point de départ d’une interrogation sur les usages du pouvoir après l’indépendance. À Marseille, Bourguiba n’a donc pas été abordé comme une figure figée dans la célébration ou la condamnation, mais comme un héritage à examiner dans ses contradictions. C’est à cette condition que l’histoire cesse d’être un récit officiel pour redevenir une question adressée au présent.
Le long-métrage tunisien Exil (Ightirab), réalisé par Mehdi Hmili, a remporté le Grand Prix Tamouda et le prix de la critique Mustapha Mesnaoui au 31ᵉ Festival de cinéma méditerranéen de Tétouan, au Maroc. Une double distinction pour un film ancré…
Il faut relire ‘‘La Mission’’ (Koukou Éditions, Algérie, 2014). Pas comme un thriller. Comme un document politique déguisé en roman. Publié en 2014 chez Koukou Éditions, le livre de Mohamed Benchicou revient sur l’attaque du complexe gazier de Tiguentourine, au sud-est de l’Algérie, non loin de la frontière libyenne, en janvier 2013, pour explorer ce que l’événement pourrait dissimuler : intérêts énergétiques, rivalités au sommet de l’État et stratégies étrangères.
Djamal Guettala
L’auteur ne se limite pas au récit de la prise d’otages. Il bâtit une intrigue autour d’une question autrement sensible : les intérêts économiques et les luttes de pouvoir ont-ils pu peser sur le destin de ce site stratégique ? La question nourrit le roman ; elle ne constitue pas, à elle seule, une preuve.
Le 16 janvier 2013, un groupe armé attaque le complexe gazier de Tiguentourine, près d’In Amenas. Des centaines de personnes sont prises en otage. L’intervention des forces algériennes met fin à la crise, au prix de lourdes pertes humaines. L’attaque marque durablement l’industrie gazière algérienne et les relations du pays avec ses partenaires étrangers.
Un an plus tard, Benchicou choisit de déplacer le regard. Dans ‘‘La Mission’’, Tiguentourine n’est pas seulement le théâtre d’une opération terroriste : le site devient le point de rencontre d’intérêts industriels, de convoitises financières et de rivalités politiques. La dimension romanesque lui permet de relier des éléments qui, dans le débat public, restent souvent séparés.
L’auteur donne lui-même la clé de son approche : «Je n’ai été amené à connaître Tatiana que parce que l’attaque de Tiguentourine est une affaire de fric, de luttes d’influence, de rivalités de pouvoirs…»
Cette phrase annonce le parti pris du livre. Les faits historiques sont établis : l’attaque, la prise d’otages et l’intervention militaire. Les connexions politiques et économiques mises en scène par Benchicou relèvent, elles, de sa construction romanesque. Cette frontière doit rester claire, sans pour autant réduire le livre à un simple exercice de fiction.
Les intérêts gaziers et les rivalités du pouvoir
Dans le récit, British Petroleum occupe une place centrale. L’entreprise britannique exploite le site avec ses partenaires. Benchicou imagine qu’après la catastrophe de Deepwater Horizon, BP cherche à céder ses actifs algériens et à revoir le modèle de sécurité de ses installations. La question de la propriété et de la protection du complexe devient alors un ressort majeur de l’intrigue.
Mikhail Fridman, homme d’affaires russe né à Lviv, apparaît sous les traits de Tatiana-Johanna dans les ramifications du récit. Intéressé par le rachat du site, il incarne les convoitises financières qui entourent cette infrastructure stratégique. Sir William Thompson, envoyé en mission par Downing Street, est chargé d’examiner la situation. À travers lui, Benchicou introduit la dimension britannique et les calculs diplomatiques liés aux intérêts énergétiques.
Ces éléments donnent sa cohérence à l’intrigue, mais ne démontrent pas qu’une opération de cession, les manœuvres étrangères et l’attaque terroriste auraient été coordonnées dans la réalité. Le roman construit un scénario politique ; il ne livre pas une démonstration judiciaire.
L’analyse s’étend ensuite aux rapports de force algériens. Mohamed Mediène, dit Toufik, et le DRS occupent une place importante dans la représentation d’un pouvoir traversé par les rivalités. Benchicou suggère que l’attaque pourrait s’inscrire dans une recomposition des équilibres sécuritaires et politiques. Cette lecture doit être attribuée à l’auteur : aucune conclusion judiciaire ne permet d’établir que Toufik ou des acteurs étrangers auraient organisé ou facilité l’attaque.
L’arrière-plan est celui de l’Algérie de 2013-2014, au moment où se prépare le quatrième mandat d’Abdelaziz Bouteflika. Benchicou rapproche intérêts pétroliers, puissances étrangères et continuité du régime dans une formule accusatrice : «la connivence entre des capitales occidentales, la pègre pétrolière internationale et l’autocratie archaïque locale qui ambitionnait de se reconduire pour un quatrième mandat».
Cette formule résume sa charge politique. Elle exprime une interprétation romanesque des rapports entre argent, pouvoir et intérêts étrangers, non une conclusion établie sur les responsabilités dans le drame de Tiguentourine.
Le livre a été accueilli favorablement, mais sa portée politique semble être restée au second plan. Or, au-delà de l’intrigue, son intérêt réside aussi dans les questions qu’il soulève sur la vulnérabilité des infrastructures stratégiques et sur les rapports entre souveraineté nationale et intérêts économiques.
Depuis la parution de ‘‘La Mission’’, le paysage politique algérien a changé. Bouteflika a obtenu son quatrième mandat, avant de quitter le pouvoir. Mohamed Mediène a été écarté de la tête du DRS, ensuite réorganisé puis dissous. Ces événements éclairent le contexte dans lequel Benchicou écrivait ; ils ne confirment pas rétrospectivement ses hypothèses sur Tiguentourine.
La portée du livre tient ailleurs : dans sa volonté de dépasser le récit immédiat d’un attentat pour interroger les intérêts et les rapports de force qui entourent les lieux stratégiques. On peut discuter ses hypothèses, contester ses rapprochements et rappeler les limites de sa démonstration. On ne peut ignorer la question qui traverse son récit : derrière les événements, quels intérêts se croisent et quelles vérités restent à établir ?
Mohamed Benchicou est mort le 24 septembre 2026. Avec ‘‘La Mission’’, il laisse un texte qui témoigne de sa manière d’interroger le pouvoir et de mettre en cause les récits trop vite refermés. Relire ce livre ne revient pas à transformer ses hypothèses en certitudes, mais à reprendre les questions qu’il a posées. Cette mission n’est pas terminée.
Le Théâtre de l’Opéra de Tunis accueillera, le dimanche 25 octobre, un concert réunissant le Chœur Tunisien Salammbô, le ténor Hassen Doss et Les Petits Chanteurs de Monaco. Produit par la Fondation Hasdrubal pour la Culture et les Arts Mohamed Amouri, sous la direction artistique de Laurent Jost, cet événement entend faire dialoguer les cultures et les répertoires musicaux.
Une rencontre placée sous le signe de la diversité
Le Théâtre de l’Opéra de Tunis accueillera, le dimanche 25 octobre 2026 à 18h, dans sa Grande Salle, le concert « Au cœur des chœurs », consacré à la rencontre des voix et des cultures. Cette soirée réunira des artistes tunisiens et monégasques autour d’une programmation conçue pour mettre en valeur la diversité des traditions musicales et ce qui les rapproche.
Produit par la Fondation Hasdrubal pour la Culture et les Arts Mohamed Amouri, sous la direction artistique de Laurent Jost, directeur musical de la Fondation, et en partenariat avec le Théâtre de l’Opéra de Tunis, le concert réunira le Chœur Tunisien Salammbô, dirigé par Aïda Niati, le ténor tunisien Hassen Doss, accompagné au piano par Emmanuelle Houerbi, ainsi que Les Petits Chanteurs de Monaco, sous la direction de Pierre Debat.
La programmation fera dialoguer différentes esthétiques, des répertoires choraux aux grandes pages vocales, en passant par les traditions musicales européennes, tunisiennes et orientales. Les œuvres proposées mettront ainsi en perspective la pluralité des langues, des cultures, des générations et des parcours.
Pour Laurent Jost, la musique possède une capacité particulière à rapprocher les êtres, à dépasser les frontières et à instaurer un dialogue entre les cultures. Une démarche qui constitue le fil conducteur de cette soirée, où la diversité ne vise pas à effacer les différences, mais à les faire dialoguer.
Les Petits Chanteurs de Monaco pour la première fois à l’Opéra de Tunis
Parmi les formations invitées, Les Petits Chanteurs de Monaco participeront pour la première fois de leur histoire à une rencontre artistique au Théâtre de l’Opéra de Tunis.
Placée sous le Haut Patronage de S.A.S. le Prince Albert II de Monaco, cette formation contribue depuis de nombreuses années au rayonnement artistique de la Principauté sur les scènes internationales.
Dirigés par Pierre Debat, maître de chapelle de la Cathédrale et du Palais Princier de Monaco, et directeur des Petits Chanteurs de Monaco, les jeunes choristes monégasques prendront part à une résidence artistique en Tunisie avant de se produire sur la scène tunisienne.
Leur participation permettra de faire dialoguer les traditions chorales monégasques et européennes avec les expressions musicales tunisiennes et orientales.
Le Chœur Salammbô et Hassen Doss, représentants de la scène tunisienne
Le Chœur Tunisien Salammbô prendra également une part importante à cette rencontre internationale. Placé sous la direction d’Aïda Niati, cheffe de chœurs et pédagogue au sein des Instituts Supérieurs de Musique de Sousse et de Tunis, il contribuera à inscrire pleinement le concert dans le paysage musical tunisien.
La rencontre entre les jeunes choristes tunisiens et monégasques constituera l’un des axes de cette programmation, fondée sur le dialogue entre les formations et les sensibilités artistiques.
Le ténor tunisien Hassen Doss apportera, pour sa part, son expérience de la scène lyrique et sa sensibilité artistique. Il sera accompagné au piano par Emmanuelle Houerbi. Leur prestation viendra compléter le travail des chœurs, en associant les voix individuelles à l’expression collective des formations vocales.
La musique comme langage de paix et de partage
À travers la diversité des œuvres et des interprètes, « Au cœur des chœurs » entend faire de la musique un espace de rencontre et de partage. La pluralité des répertoires répondra à celle des artistes, dans une programmation où les différentes traditions musicales sont appelées à se compléter.
Comme le souligne Laurent Jost, la diversité des langues et des cultures trouvera son prolongement dans la rencontre des voix, autour d’une même aspiration : faire de la musique un langage universel de paix et de partage.
Informations pratiques
Concert : « Au cœur des chœurs »
Date : dimanche 25 octobre 2026
Horaire : 18h
Lieu : Théâtre de l’Opéra de Tunis, Grande Salle
Production : Fondation Hasdrubal pour la Culture et les Arts Mohamed Amouri
Fidèle aux valeurs de la Fondation Hasdrubal pour la Culture et les Arts Mohamed Amouri et de ses partenaires institutionnels, le concert sera accessible gratuitement à l’ensemble de la communauté étudiante.
Le film tunisien « Exil » (Ightirab), réalisé par Mehdi Hmili, a remporté samedi 10 octobre le Grand Prix Tamouda du 31ᵉ Festival de cinéma méditerranéen de Tétouan, au Maroc. Le long-métrage a également obtenu le prix de la critique Mustapha Mesnaoui, selon le palmarès rapporté par la MAP.
Cette double distinction a été annoncée lors de la cérémonie de clôture du festival, organisé du 3 au 10 octobre. D’après la dépêche de la MAP, le jury a distingué un récit consacré aux tensions entre les travailleurs et les pratiques de leurs employeurs.
Un accident dans une usine tunisienne
Porté notamment par Ghanem Zrelli et Maram Ben Aziza, « Exil » suit Mohamed, un ouvrier d’une usine sidérurgique tunisienne. Une explosion tue son ami et le blesse, laissant un fragment métallique dans son corps.
Convaincu que l’accident dissimule une autre vérité, Mohamed entreprend de comprendre ce qui s’est passé. Son enquête le confronte aux rapports de pouvoir dans l’usine, tandis que sa blessure et son désir de vengeance bouleversent son existence.
Le film mêle ainsi thriller et drame social, avec pour toile de fond les conditions de travail, la corruption et la fragilité des solidarités ouvrières.
Un parcours international depuis Locarno
Coproduit par la Tunisie, le Luxembourg, la France, le Qatar et l’Arabie saoudite, « Exil » avait été présenté en première mondiale au Festival de Locarno en 2025, dans la section hors compétition, comme le confirme la sélection officielle du festival suisse.
Absent de la cérémonie de Tétouan, Mehdi Hmili a adressé une intervention enregistrée. Selon Reuters, le cinéaste y a exprimé sa joie et souligné la proximité entre l’histoire de son film et les réalités vécues dans le monde arabe.
Le Grand Prix Tamouda ajoute désormais une récompense au parcours international de cette production tunisienne.
Les éditions Minuit, engagées pleinement dans la résistance au nazisme et à l’occupation de la France, pendant la seconde guerre mondiale, se placent du côté de la littérature, voix de liberté et de lutte pour la dignité humaine.
Elles publient une anthologie de poètes en Europe qui ont refusé la soumission à l’ennemi ou la complicité avec lui. «Le volume a été achevé d’imprimer sous l’oppression à Paris, le 1er mai 1944», dit le texte.
Préfacé par Louis Aragon, l’ouvrage contient des écrits en prison, de déportés, des poèmes d’Europe, de Grèce, de Pologne, de Hollande, de Belgique, de Norvège, d’Italie, de Bulgarie, de Yougoslavie, etc. et, bien sûr, de France, où des pseudonymes, des surnoms ont été utilisés.
De nombreux poètes écrivaient et publiaient dans la clandestinité. Parmi eux, Robert Desnos, Louis Aragon, Michel Leiris, Paul Eluard, André Frénaud, Jean Tardieu, Pierre Seghers, Jean Cassou, etc.
Des poèmes ont paru anonymes, aussi. Au moment où un mauvais vent, brun et menaçant souffle sur l’Europe, il nous a semblé bon de le rappeler.
À l’occasion du 70e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre le Japon et la Tunisie, la culture nipponne sera à l’honneur dans la capitale.
L’ambassade du Japon en Tunisie organise un événement exceptionnel, le Japan Festival 2026, qui se tiendra sur trois jours consécutifs à la Cité de la Culture de Tunis : du vendredi 30 octobre au dimanche 1er novembre pour une mmersion au cœur des traditions et des arts japonais
Les amoureux de la culture asiatique sont invités à voyager au Pays du Soleil-Levant à travers une programmation riche, variée et interactive, avec notamment des ateliers d’initiation à la calligraphie japonaise, démonstrations fascinantes de l’art floral (Ikebana) et cérémonies du thé traditionnelles et de nombreux spectacles vivants et animations, qui se succéderont sur scène tout au long du festival pour émerveiller petits et grands.
L’entrée est gratuite et ouverte à tous, précis l’ambassade du Japon, en ajoutant que les horaires détaillés et les différentes étapes du programme seront dévoilés progressivement sur les canaux officiels de l’événement placé sous le signe du partage et de l’amitié tuniso-japonaise.
Trente ans après le concert historique du King of Pop à Tunis, l’Orchestre symphonique tunisien, sous la direction de Shady Garfi, ressuscite la magie de Michael Jackson le jeudi 29 octobre 2026 à l’Opéra de Tunis.
Un spectacle symphonique inédit mêlant musique, chant et danse pour faire revivre les plus grands tubes de la légende pop sera ainsi donné au Théâtre de l’Opéra de Tunis de la Cité de la Culture Chedly Klibi, le jeudi 29 octobre 2026.
A l’initiative et sous la direction de son chef, Shady Garfi, l’Orchestre symphonique tunisien est en train de vous préparer quelque chose d’ENORME : Un concert Tribute to Mickael Jackson !
Oui ! vous avez bien lu, bien entendu ! 30 après son passage pareil à celui d’une étoile filante, on fait ressusciter la légende du King of pop et cette magie qui traverse les frontières et les générations !!
Trente ans déjà ! Le 7 octobre 1996, Michael Jackson faisait vibrer Tunis lors de son inoubliable concert au stade olympique d’El Menzah. Un événement historique, des milliers de fans en folie et des souvenirs qui, trois décennies plus tard, n’ont pas pris une ride. Le King of Pop a beau nous avoir quittés, sa musique, elle, n’a jamais cessé de danser !
En évocation de cet anniversaire symbolique, l’Orchestre symphonique tunisien vous donne rendez-vous avec un spectacle unique : Tribute to Michael Jackson , une célébration toute en rythme et en émotions, baignée du goût doux-amer de la nostalgie, conçue par le dynamique chef Shady Garfi et produite par le Théâtre de l’Opéra de Tunis – Pôle Musique et Opéra.
Au programme : les plus grands tubes du King of Pop revisités par les sonorités puissantes d’un orchestre symphonique, avec chant et danse pour faire monter la température et amplifier le plaisir! De Billie Jean à Thriller, de Beat It à Smooth Criminal, préparez-vous à retrouver ces mélodies mythiques gravées dans la mémoire des générations et font l’effet d’un courant électrique qui fait automatiquement bouger, danser les corps, touts âges confondus.
Et pour que la soirée soit au top, de jeunes et nouvelles voix tunisiennes seront de la partie pour interpréter les lyrics. Vous aurez donc le plaisir de découvrir Daly Mj, Rabaa Ammar, Farah Zribi
Une intention que Michael Jackson aurait sans doute adorée ! Faire dialoguer la magie de la musique symphonique avec son irrésistible énergie, dans un spectacle où les cordes rencontrent le groove, où les grandes envolées orchestrales côtoient les rythmes légendaires et où la danse promet de faire revivre l’esprit du King.
Que vous ayez vécu le concert de 1996 ou que vous ayez découvert Michael Jackson sur YouTube, dans les playlists de vos parents ou grâce à TikTok, une chose est sûre : son univers appartient au monde entier, faisant fi de toutes les frontières. Les fans de la première heure retrouveront leurs classiques, tandis que les plus jeunes pourront découvrir, en live et en grand format, pourquoi Michael reste cette légende absolue de la pop.
Trente ans après El Menzah, l’histoire continue. Cette fois, pas besoin de remonter le temps: il suffit de se laisser emporter par la musique, de suivre le rythme et, qui sait, de tenter quelques pas de Moonwalk en sortant ! Alors, venez vite, venez vite, on vous invite, on vous attend !