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Le financement incertain des économies du Sud à l’heure de l’IA

Les géants de l’intelligence artificielle (IA) empruntent sans regarder le prix, le rendement de la dette du Trésor américain à cinq ans a dépassé 5 % et l’aide publique au développement recule comme jamais. Le Sud découvre que l’argent du monde a trouvé preneur mieux noté et plus attractif, que les réserves de ses banques centrales financent la course dont il est exclu, et que l’avenir de son financement ne s’écrira plus à New York. Il s’écrira chez lui, ou il ne s’écrira pas.

Yahya Ould Amar *

Une règle gouverne les marchés depuis qu’ils existent, et on l’enseigne encore dans les universités. Quand le prix de l’argent monte, les emprunteurs se retirent, la demande de crédit faiblit et le prix finit par redescendre. Cette règle vient de mourir sous les coups d’un emprunteur d’un genre nouveau, dont le calcul ne porte pas sur le coût du capital mais sur la survie de son empire.

Les neuf premiers hyperscalers – ce noyau des géants du numérique qui possède et bâtit les centres de données de la planète – engageront près de 830 milliards de dollars d’investissements en 2026, soit une hausse d’environ 80 % en un an. Microsoft annonce 190 milliards, Google entre 180 et 190, Amazon au-delà de 230, Meta entre 125 et 145. Les agences de notation projettent déjà 1000 milliards par an à l’horizon 2027. Aucune industrie, à aucune époque de l’histoire humaine, n’a mobilisé un tel volume de capital en si peu de temps pour un chiffre d’affaires encore à venir.

Cet effort ne se finance plus par l’émission d’actions, car les fondateurs ne partagent pas leur pouvoir. Il se finance par la dette. En sept mois, cinq groupes ont absorbé plus de deux fois l’encours total des eurobonds souverains africains, qui s’élève à 115 milliards pour 21 pays.

Pour un emprunteur engagé dans une course où le second n’existe pas, payer l’argent 5 % ou 10 % revient au même. Cinq points de plus sur 200 milliards représentent 10 milliards par an, soit une fraction de la trésorerie trimestrielle de chacun de ces groupes. La seule perte qu’ils redoutent se mesure en rang, à la survie de leur empire, pas en points de base. Face à un acheteur insensible au prix, le mécanisme d’enchères qui répartissait l’épargne mondiale ne répartit plus rien. Il adjuge.

Le rendement du bon du Trésor américain à 5 ans a dépassé 5 % un niveau inconnu depuis vingt ans. On y lit une inflation qui résiste, une offre massive de titres publics, un pétrole au-delà de 100 dollars et, pour une part désormais explicite, la demande de capital née de la course à l’IA. Ce rendement sert de plancher à tous les taux de la planète, puisque nul ne prête à Nairobi ou à Bogota moins cher qu’il ne prête sans risque à Washington, et que tout emprunt en dollars s’évalue comme ce rendement augmenté d’une prime. Lorsqu’il monte d’un point, il soulève d’un point le coût de la dette de Colombo ou de Bogota, avant même que leur propre risque soit tarifé.

Les eurobonds émis par les pays émergents, signés entre 2017 et 2021 à 5 ou 6 % arrivent à échéance et se refinanceront à 9, 10 ou 11 %. Quatre points de plus sur un milliard refinancé, ce sont 40 millions de dollars par an prélevés sur des budgets où 40 millions construisent des écoles ou des dispensaires. L’Afrique affrontera cette année un besoin de financement non couvert de près de 100 milliards de dollars.

Un pays du Sud qui doit refinancer sa dette entre 2026 et 2028 ne se présente pas devant un marché tendu, qui finit toujours par se détendre. Il se présente devant un marché occupé, qui ne libère rien tant que l’occupant n’a pas achevé la construction de ses infrastructures. La différence entre les deux fait toute la différence entre une crise et un changement d’époque.

Le mur, la facture et le retrait de l’aide

Cette occupation du marché survient au moment où les trois piliers de l’ancien financement du développement cèdent ensemble.

Le premier pilier, la dette extérieure, s’est transformé en pompe aspirante. Le rapport que la Cnuced a publié le 7 octobre 2026 indique que les pays en développement ont payé 995 milliards de dollars d’intérêts nets sur leur dette publique en 2025, près du triple de 2010. L’État médian y consacre 8,1 % de ses recettes, deux fois plus qu’il y a quinze ans. Cinquante-et-un pays, où vivent 3,7 milliards d’êtres humains, dépensent davantage pour servir leurs intérêts que pour la santé ou l’éducation. S’ils empruntaient aux conditions des économies avancées, ils économiseraient 500 milliards de dollars par an, davantage que toute l’aide publique au développement jamais versée en une année.

Le deuxième pilier, l’aide publique, se retire. L’aide des pays de l’OCDE a chuté de 23,3 % en termes réels en 2025, après un recul de 8,5 % en 2024, une contraction sans précédent dans l’histoire de l’aide au développement. L’OCDE projette une nouvelle baisse de 6,9 % en 2026, de 11,6 % pour l’aide bilatérale à l’Afrique subsaharienne et de 10,9 % pour celle aux pays les moins avancés. En trois ans, l’aide mondiale aura perdu plus d’un tiers de sa valeur réelle.

Le troisième pilier, la promesse climatique, n’a jamais été construit. Le Programme des Nations unies pour l’environnement chiffre les besoins d’adaptation des pays en développement entre 310 et 365 milliards de dollars par an d’ici 2035 – une sous-estimation manifeste en comparaison avec d’autres sources scientifiques plus crédibles. Les flux publics internationaux d’adaptation, selon l’OCDE, représentent un peu moins de 35 milliards en 2024. Les pays dont la responsabilité dans le réchauffement est infime doivent construire digues, réseaux et systèmes d’irrigation avec un argent qui n’arrive pas, pour survivre à des catastrophes climatiques devenues récurrentes.

Le Sud doit donc emprunter davantage, pour rembourser plus cher, sur un marché où le capital a déjà trouvé preneur, pendant que l’aide se retire et que le climat présente sa facture.

La Federal Reserve (banque centrale américaine) combat une inflation qu’elle impute à l’économie réelle alors qu’une part croissante vient d’une poignée de bilans. Chaque durcissement frappe la mauvaise cible. Il écrase le logement et l’investissement des entreprises ordinaires sans retarder d’un seul serveur la construction des centres de données, puisque leurs promoteurs ne regardent pas le prix.

Cette erreur de visée se propage aux banques centrales du Sud, contraintes de suivre pour défendre leur monnaie, et qui étranglent leur propre économie pour compenser une dépense dont elles ne tireront aucun bénéfice.

Solvabilité ou liquidité, le dilemme sans bon choix

Une banque centrale sait traiter une crise de liquidité. Elle prête contre de bons actifs à des institutions solides momentanément privées de trésorerie. Elle ignore en revanche comment traiter une crise de solvabilité, où les actifs ne valent plus ce qu’ils ont coûté et où aucune avance ne rendra au débiteur la richesse perdue. La bulle de l’IA prépare une crise du second type. Des centres de données amortis sur quinze ou vingt ans abritent des processeurs dépassés en trois à cinq ans. Des dettes à trente ans reposent sur des revenus dont aucun compte de résultat ne porte encore la trace à la hauteur des sommes engagées. Tout cela ne manquera pas de liquidité. Tout cela manquera de valeur.

Prêter à des insolvables prolonge l’agonie et transforme la banque centrale en caisse de garantie des mauvais paris. Refuser de prêter précipite la chute et emporte les banques, d’abord celles qui ont financé la course au Nord, ensuite celles du Sud par contagion. Entre les deux, toute banque centrale émettrice de monnaie de réserve choisira la création monétaire, c’est-à-dire la conversion d’une perte privée en impôt diffus sur tous les détenteurs de la monnaie.

Le dilemme se pose ensuite, en miroir et avec moins de moyens, aux banques centrales du Sud. Elles n’ont ni la monnaie de réserve ni la profondeur de marché qui permettent d’absorber une crise de solvabilité par la planche à billets. Fournir de la liquidité à un système devenu insolvable revient à financer la fuite des capitaux et à détruire la monnaie. La refuser à un système seulement illiquide revient à provoquer la faillite que l’on voulait éviter. La frontière entre les deux diagnostics se révèle invisible dans l’instant, et l’erreur se paie en dévaluation ou en années perdues. Le Sud n’a jamais eu le droit à l’erreur que le Nord s’accorde depuis toujours.

La fin du refuge et le second prélèvement

Dans l’ancien monde, la récession américaine venait au secours des pays émergents. Les rendements chutaient, le dollar reculait, les capitaux repartaient vers le Sud en quête de rendement meilleur. Cette respiration risque de ne plus venir. Les grandes économies développées creusent leurs déficits au même moment, le Japon et la Chine cessent d’absorber la dette américaine, et les taux longs peuvent rester élevés au cœur même d’un ralentissement. Le Sud perd ainsi le seul mécanisme automatique qui lui rendait, périodiquement, l’accès au capital.

Lorsque le pari de l’IA se dénouera, les pertes s’ajouteront à celles, encore enfouies, du capital-investissement et du crédit privé contractées au temps de l’argent quasi gratuit. Un problème de solvabilité de cette ampleur se traite par une création monétaire assumée et massive, dont la facture atterrit sur tous ceux qui détiennent des dollars. Or les économies émergentes et en développement détiennent plus de la moitié des quelque 13 000 milliards de dollars de réserves de change mondiales, dans leurs banques centrales, leurs fonds de stabilisation et les comptes de leurs exportateurs. Le Sud aura été évincé pendant la bulle et dilué pendant la purge. Deux fois prélevé dans une partie à laquelle il n’a jamais joué.

Les fonds souverains de Riyad, de Doha et d’Abou Dhabi, qui gèrent ensemble plus de 4 000 milliards de dollars, se sont fait une place au cœur de la course. MGX, le véhicule d’Abou Dhabi, compte parmi les fondateurs du programme Stargate, chiffré à 500 milliards de dollars d’infrastructures américaines. Le fonds saoudien, par sa filiale Humain, a investi trois milliards dans xAI.

L’épargne du Sud nourrit la course qui exclut le Sud. Les capitaux de la péninsule arabique financent, au Texas et dans l’Ohio, les centres de données, la rareté qui frappe Le Caire ou Lima. Aucune conférence sur le financement du développement n’a jamais déplacé des sommes comparables à celles que le Sud déplace lui-même, chaque trimestre, en direction du Nord.

L’économie comme champ de bataille

Une vieille conviction gouverne les chancelleries depuis que les nations existent. Une économie forte a besoin d’une armée forte, et une armée forte a besoin d’une économie forte. Les deux se nourrissent jusqu’au jour où l’une faiblit. Ce jour venu, la peur s’installe, et la peur d’une grande puissance qui se sent décliner constitue une menace sur la paix mondiale.

La course à l’IA appartient autant au Pentagone qu’à la Silicon Valley. Les centres de données que finance l’épargne du monde entier sont des arsenaux, et le crédit qui s’y engouffre relève du budget de la défense autant que de celui de l’innovation. Cela explique la passivité des autorités monétaires devant la bulle de l’IA. On ne modère pas un réarmement. Une banque centrale qui relèverait ses taux jusqu’à freiner la construction des centres de données serait accusée de livrer la supériorité technologique à l’adversaire, et aucune institution ne survit à une telle accusation. La hiérarchie des urgences a été renversée dans l’ombre. La stabilité financière s’efface devant la sécurité nationale, et le prix de l’argent devient une variable stratégique avant d’être une variable économique.

Le Sud global se trouve à l’autre bout de cette chaîne. Il finance, par les taux qu’il subit, une course aux armements numériques dont il ne possède ni les laboratoires ni les armées. Il en subira les retombées lorsque la peur des puissances se traduira en sanctions, en contrôles des exportations, en fragmentation des circuits de paiement et en guerres par procuration sur son propre sol.

Le Sahel, la Corne de l’Afrique et la mer Rouge savent déjà ce que signifie devenir le terrain où des grandes puissances inquiètes règlent leurs comptes. Une économie du Sud qui veut se protéger doit comprendre que sa faiblesse financière constitue désormais une faiblesse militaire, et que sa souveraineté monétaire relève de sa défense.

Il reste à comprendre pourquoi cette bulle rencontre si peu de résistance dans les opinions du Sud, alors même qu’elle les appauvrit. Des décennies de promesses non tenues, de budgets détournés, d’élections sans alternance et d’alternances sans changement ont vidé la parole des dirigeants de toute crédibilité. Lorsque l’on ne croit plus en ceux qui gouvernent, on se prend à croire en ce qui pourrait gouverner à leur place. L’IA recueille un espoir. On lui prête la capacité de détecter la fraude, de distribuer l’aide sans intermédiaire, de rendre la justice sans clientèle. Une machine réputée sans appétit paraît, aux peuples qui ont trop connu l’appétit des puissants, une promesse de probité.

Cette foi mérite le respect, car elle naît d’une blessure réelle. Mais les systèmes que l’on espère incorruptibles sont conçus et détenus par des groupes dont l’intérêt diffère de celui des citoyens de Bangkok ou de Kinshasa. Ils absorbent les données du Sud, en restituent les décisions et en conservent la valeur. Une gouvernance déléguée à des algorithmes financés par la dette que nous payons ne corrige pas l’absence de confiance envers nos dirigeants. Elle la déplace vers des maîtres plus lointains et moins comptables encore. La seule probité qui dure se construit dans des institutions que les peuples contrôlent, et aucun modèle de langage ne remplacera un parlement qui vote, une cour qui juge et une presse qui enquête.

Ce que sera le financement du développement

Le modèle qui a financé le Sud depuis un demi-siècle, une aide publique en complément, une dette extérieure en devises pour l’essentiel, et une fenêtre de marché qui se rouvrait à chaque ralentissement américain, est mort en 2026. L’aide recule, la dette aspire plus qu’elle n’apporte, la fenêtre est occupée. L’avenir du financement du développement repose sur trois déplacements, et chacun se chiffre.

Le premier déplacement va de la devise empruntée à l’épargne mobilisée. Les transferts des migrants vers les pays à revenu faible et intermédiaire ont atteint 685 milliards de dollars en 2024, davantage que l’investissement direct étranger et l’aide publique réunis, et l’Afrique en reçoit près de 100 milliards par an. L’épargne nationale brute du continent dépasse 500 milliards de dollars par an, soit plus de quatre fois l’encours de l’ensemble de ses eurobonds. Cette épargne existe, elle dort dans des dépôts à vue rémunérés en dessous de l’inflation, s’exporte vers des bons du Trésor étrangers appelés à être dilués, ou se perd dans l’immobilier improductif. On observe déjà que la dette domestique a progressé plus vite que la dette extérieure dans 62 pays sur 86.

Un pays qui place chez lui -sur son marché boursier- un dixième de son épargne annuelle lève davantage, à moindre coût et sans risque de change, que par l’eurobond signé au mauvais moment.

Le deuxième déplacement va de la dette à la rente partagée. L’IA a faim de ce que le Sud possède. L’Agence internationale de l’énergie attend un doublement de la consommation électrique des centres de données d’ici 2030, à près de 945 térawattheures, davantage que ce que consomme le Japon. La République démocratique du Congo fournit environ 70 % du cobalt mondial, le Niger et la Namibie figurent parmi les premiers producteurs d’uranium, la Guinée détient les premières réserves de bauxite. Vendre ces ressources brutes contre des dollars, puis emprunter ces mêmes dollars à 10 %, revient à payer deux fois ce que l’on possède une fois. L’enjeu consiste à exiger des participations au capital plutôt que des redevances, des contrats d’électricité à long terme libellés en partie en monnaie locale plutôt que des exportations de minerai, une transformation sur place plutôt qu’un embarquement au port, et une cotation locale des sociétés d’exploitation afin que la rente devienne un capital qui reste plutôt qu’une facture qui revient de loin. Le Sud détient ce que la bulle convoite. Il doit se faire payer en patrimoine, pas en dette.

Le troisième déplacement va de la dépendance cyclique à la profondeur institutionnelle. Les banques multilatérales de développement peuvent, par une utilisation plus audacieuse de leur capital et le recours au capital hybride, dégager plusieurs centaines de milliards de dollars de capacité de prêt supplémentaire sur la décennie sans un dollar de contribution nouvelle. Les droits de tirage spéciaux alloués en 2021, 650 milliards de dollars, sont allés pour l’essentiel aux économies riches qui n’en avaient pas besoin, et les pays à faible revenu en ont reçu moins de 4 %. Leur réaffectation vers des mécanismes de garantie en monnaie locale et des lignes de liquidité régionales vaut davantage que dix conférences de bailleurs.

Ces trois déplacements ne relèvent ni de la charité du Nord ni de la bonne volonté des marchés. Ils relèvent de décisions que les États du Sud peuvent prendre seuls, et dont la plupart ont déjà le cadre juridique. Ils supposent, en revanche, la confiance des peuples dans leurs propres institutions. Une épargne nationale ne se mobilise que vers des bourses dont les règles sont respectées. La souveraineté financière commence par la probité domestique, et la probité domestique ne se délègue à aucune machine.

Enfin, le Sud global a connu la dette comme un fardeau, puis comme un instrument. Il la découvre aujourd’hui comme un droit d’entrée dans une partie truquée, où le prix de l’argent ne mesure plus la rareté du capital mais la peur de déclin des puissances. Les économies qui comprendront les premières que la sortie se trouve dans la profondeur de leurs propres marchés, dans la rente convertie en patrimoine et dans une souveraineté financière pensée comme une ligne de défense, auront moins à craindre du jour où les emprunteurs sans limite, cesseront de payer. Les autres apprendront, une fois encore, que l’on ne négocie pas avec un marché occupé. On le quitte, ou on en construit un autre non truqué.

Économiste, banquier et financier.

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Phosphate: le groupe tunisien STUDI investit 1,4 million de dollars dans PhosCo

La compagnie minière australienne PhosCo renforce son projet de phosphate de Gasaat en Tunisie. Elle vient de signer un protocole d’accord avec le groupe tunisien d’ingénierie STUDI International, qui prévoit également un investissement de 1,4 million de dollars de STUDI dans le capital de PhosCo.

L’accord porte d’abord sur les prochaines études du projet. STUDI International doit accompagner PhosCo dans la réalisation de l’étude de préfaisabilité (PFS) et de l’étude de faisabilité bancable (BFS). La collaboration pourrait ensuite se poursuivre lors des différentes étapes du développement du projet, notamment l’ingénierie détaillée, l’approvisionnement, la construction et la mise en service.

Le groupe tunisien pourrait également intervenir sur plusieurs infrastructures liées au projet, notamment l’énergie, l’eau, les routes, le transport ferroviaire et les installations portuaires. Les questions environnementales, l’urbanisme et les systèmes d’information géographique font aussi partie du périmètre envisagé.

En parallèle, une filiale africaine de STUDI doit souscrire à 9,52 millions d’actions nouvelles de PhosCo au prix de 0,15 dollar par action. L’opération permettra à la compagnie minière de lever 1,4 million de dollars avant frais. Elle prévoit aussi l’attribution de 9,52 millions d’options, à raison d’une option pour chaque action souscrite. Ces options pourront être exercées à 0,20 dollar jusqu’au 29 juin 2029.

PhosCo indique que les fonds serviront à poursuivre l’exploration et les études sur le projet de Gasaat, ainsi qu’à financer les démarches liées aux permis et les besoins généraux de la compagnie.

Ce partenariat intervient alors que le projet entre dans une nouvelle phase d’études. STUDI apporte de son côté une expérience dans l’ingénierie et les infrastructures en Tunisie et sur le continent africain. Le groupe, créé en 1970, est présent dans plus de 40 pays africains.

L’accord reste pour l’instant un cadre de collaboration non contraignant. Il est prévu pour 24 mois et pourra être renouvelé. Les différents travaux feront ensuite l’objet de contrats spécifiques entre les deux parties.

La prochaine échéance annoncée par PhosCo est la publication de l’étude de cadrage actualisée du projet de Gasaat, attendue plus tard ce mois-ci. Cette étude doit apporter de nouveaux éléments sur les perspectives de développement du projet.

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IA, robotique: le Mali veut prendre place dans la course africaine

Le Mali se dote d’un nouvel outil pour développer ses capacités en intelligence artificielle. Le Centre d’intelligence artificielle et de robotique du Mali (CIAR-Mali) a été inauguré le 21 septembre à Sirakoro Niaré, dans la commune de Kati, près de Bamako. Le site, qui s’étend sur 150 hectares selon l’Agence malienne de presse et de publicité, doit accueillir des activités de formation et de recherche dans les mathématiques, les sciences de l’ingénieur, l’IA et la robotique.

L’infrastructure ne part pas de zéro. La première pierre avait été posée en 2023 et les activités de formation avaient commencé avant l’inauguration officielle. Le centre dispose notamment de salles techniques et d’un espace dédié aux drones. Les autorités maliennes veulent également y développer des applications dans plusieurs secteurs, dont l’agriculture, la santé et les mines.

Le choix du Mali intervient alors que l’IA gagne du terrain dans les politiques technologiques africaines. En 2024, l’Union africaine a adopté une stratégie continentale consacrée à l’intelligence artificielle. Le document insiste notamment sur les compétences, les infrastructures, la recherche et la nécessité pour les pays africains de développer leurs propres capacités dans ce domaine.

Sur le plan pratique, les initiatives commencent à se multiplier. L’OCDE recense plusieurs pays africains ayant adopté ou engagé des stratégies nationales en matière d’IA, avec des priorités qui vont de la formation aux infrastructures numériques, en passant par la recherche et l’intégration de l’IA dans les secteurs productifs.

La robotique prend elle aussi une place croissante. En Égypte, une compétition consacrée à l’IA et à la robotique a réuni en 2026 des jeunes venus travailler sur des solutions technologiques répondant à des problématiques africaines. L’initiative est soutenue notamment par l’AUDA-NEPAD. 

À l’échelle mondiale, le rythme est autrement plus soutenu. Les robots humanoïdes quittent progressivement le terrain des démonstrations pour être testés dans des environnements industriels. En septembre, le robot chinois TianGong Ultra a parcouru 100 mètres en 8,64 secondes lors des World Humanoid Robot Games à Pékin, rapporte Reuters. La performance est spectaculaire, mais l’enjeu industriel se situe ailleurs: rendre ces machines suffisamment autonomes et fiables pour accomplir des tâches dans le monde réel.

Pour les économies africaines, la marche à franchir reste importante. Selon le FMI, l’IA pourrait accroître de 0,2 % à 2,1 % la productivité en Afrique subsaharienne au cours de la prochaine décennie, à mesure que progresseront l’accès à l’électricité, à Internet et aux compétences numériques. À son plein potentiel, cette évolution ajouterait près de 0,5 point à la croissance annuelle du PIB, soit environ 4 % cumulés sur dix ans.

C’est précisément sur ce terrain que se joue le pari malien. Avant de parler de robots humanoïdes capables de travailler dans les usines, il faut disposer d’ingénieurs, de chercheurs et de techniciens capables de concevoir, tester et adapter ces technologies. Le CIAR-Mali entend justement constituer ce socle, avec des applications envisagées dans des secteurs aussi différents que l’agriculture, la santé, les mines et la sécurité.

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Tunisie: 2 secteurs retenus pour 63 MD dans le Programme de mise à niveau industrielle

Deux nouveaux projets industriels viennent d’obtenir l’aval du Programme de mise à niveau( PMN). Leur investissement cumulé atteint près de 63 millions de dinars, avec 9,5 millions de dinars de primes. Les activités concernées touchent à deux segments différents, les composants automobiles et aéronautiques d’un côté, l’emballage métallique de l’autre.

La décision a été prise vendredi 2 octobre par le comité consultatif du Programme de mise à niveau de l’industrie, réuni au siège du ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie. Selon les informations communiquées par le ministère, les deux dossiers ont été approuvés pour un investissement global de 63 millions de dinars. La répartition de cette enveloppe entre les deux entreprises n’a pas été précisée. Le détail des projets reste lui aussi limité. Les autorités n’ont pas communiqué les noms des deux entreprises ni la nature exacte des équipements ou opérations prévus. Il est donc encore difficile d’évaluer leur impact attendu sur les capacités de production, l’emploi ou les exportations.

La réunion du 2 octobre ne portait toutefois pas uniquement sur ces deux dossiers. Le comité consultatif a également validé les travaux de la commission restreinte du Programme de mise à niveau, réunie deux jours plus tôt. Cette dernière avait retenu 23 dossiers représentant 82,3 millions de dinars d’investissements, avec 11,6 millions de dinars de primes. À cela s’ajoutent 57 dossiers consacrés à des investissements technologiques prioritaires, pour un montant total de 3,17 millions de dinars et des primes de 1,26 million de dinars.

Par ailleurs, le montant des primes varie également selon la nature des dossiers. Pour les deux projets approuvés vendredi, elles atteignent 9,5 millions de dinars. 

Rappelons que la réunion était présidée par Afef Chachi Tayari, cheffe de cabinet du ministre de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie. Elle a réuni notamment la directrice générale du Bureau de mise à niveau de l’industrie, Bouthaina Boukamcha, des représentants de l’UTICA, de plusieurs départements ministériels ainsi que du secteur bancaire.

 

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17 MD pour l’agriculture : quelles régions vont profiter de ces investissements?

17 millions de dinars d’investissements viennent d’être approuvés dans l’agriculture et la pêche. Les projets seront répartis entre Béja, Bizerte et Médenine, tandis que de jeunes agriculteurs de Kasserine bénéficieront de prêts pour accéder au foncier.

Le Comité national d’octroi des avantages de l’Agence de promotion des investissements agricoles (APIA) a validé plusieurs projets d’investissement dans les secteurs de l’agriculture et de la pêche. Le montant total atteint 17 millions de dinars.

Réunis lundi à l’occasion de leur sixième réunion de l’année 2026, les membres du Comité ont donné leur accord à des projets qui seront réalisés dans les gouvernorats de Béja, Bizerte et Médenine, indique l’APIA.

La décision ne porte toutefois pas uniquement sur le financement de projets. Le Comité s’est également penché sur la question du foncier agricole, avec l’approbation de prêts fonciers destinés à de jeunes agriculteurs à Kasserine.

Ces crédits représentent une enveloppe de 715,9 mille dinars et doivent permettre l’acquisition de 49,9 hectares de terres agricoles.

D’un côté, l’APIA accompagne donc des investissements dans les activités agricoles et halieutiques. De l’autre, elle intervient sur l’accès à la terre, avec un dispositif ciblé sur les jeunes agriculteurs. Deux leviers qui touchent directement aux conditions de développement et de renouvellement du secteur agricole.

Pour cette sixième réunion de 2026, le Comité a ainsi approuvé des opérations portant à la fois sur l’investissement productif et sur l’accès au foncier, avec des projets répartis entre plusieurs régions du pays.

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