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Stade d’El Menzah et Sidi Bou Saïd : Des décisions sur les marchés des travaux

La commission des grands projets, réunie jeudi 8 octobre 2026 à la Kasbah sous la présidence de la cheffe du gouvernement Sarra Zaafrani Zenzri, a pris plusieurs décisions relatives à l’attribution de marchés publics. Elles concernent notamment la reconstruction du stade olympique d’El Menzah par une entreprise chinoise et les travaux de protection de la colline de Sidi Bou Saïd contre les glissements de terrain.

Ces deux dossiers figurent parmi les six grands projets examinés lors de cette réunion, consacrée aux infrastructures sportives, à l’énergie, à la santé et aux transports.

El Menzah : une entreprise chinoise chargée de la reconstruction

La décision annoncée par la Présidence du gouvernement confirme que la reconstruction du stade olympique d’El Menzah sera réalisée par une entreprise chinoise, dans le cadre de la coopération entre Tunis et Pékin.

Le communiqué fait état de décisions concernant l’attribution du marché des travaux, sans dévoiler l’identité de l’entreprise chinoise, le montant du contrat ou la date de démarrage du chantier.

Cette annonce intervient après plusieurs années de blocage. Lancé le 10 juin 2022 pour un coût initial de 100 millions de dinars et un délai de 900 jours, le premier chantier de rénovation n’avait atteint qu’environ 20 % d’avancement au printemps 2024.

Le 8 avril 2026, le directeur des constructions et des équipements au ministère de la Jeunesse et des Sports, Naoufel Belhaj Rhouma, a annoncé une reprise des travaux au dernier trimestre de l’année, avec le lancement d’un appel d’offres dans le cadre du partenariat chinois.

En mai, l’ambassadeur de Chine en Tunisie, Wan Li, a précisé que la procédure se trouvait au stade de la présélection technique des entreprises, avant l’examen des offres financières et le choix de l’entreprise chargée du projet.

Lors d’une audition parlementaire le 30 juin, les représentants du ministère ont confirmé une reprise prévue à la fin de l’année, avec une durée de réalisation estimée entre 30 et 36 mois.

La décision du 8 octobre intervient donc au début du trimestre annoncé pour la reprise du chantier, dont la date effective reste à connaître.

Sidi Bou Saïd : une décision sur les travaux de protection

La commission a également pris une décision concernant le marché des travaux de protection de la colline de Sidi Bou Saïd contre les glissements de terrain.

Le projet fait l’objet d’un suivi gouvernemental depuis le début de l’année. Une décision du 26 janvier 2026 a chargé le ministère de l’Équipement et de l’Habitat de superviser les études et les travaux destinés à sécuriser le site.

Le 8 juillet, le comité de pilotage du projet, présidé par le ministre Salah Zouari, a examiné les résultats de la première phase des études techniques. Le ministère a alors fixé comme objectif un démarrage des travaux au mois d’août.

La nouvelle décision du 8 octobre concerne le marché des travaux, mais ne précise ni l’entreprise retenue ni l’état d’avancement des interventions annoncées pour août.

Quatre autres grands projets examinés

La réunion a également porté sur l’extension de la centrale électrique de Borj El Amri, la réhabilitation de l’hôpital régional de Bir Ali Ben Khalifa, dans le gouvernorat de Sfax, ainsi que l’extension de l’aéroport international de Tunis-Carthage.

Le projet de port en eaux profondes et de zone logistique d’Enfidha figurait également parmi les dossiers examinés.

La Présidence du gouvernement ne détaille pas les éventuelles décisions prises concernant ces quatre projets.

En clôturant la réunion, Sarra Zaafrani Zenzri a appelé les ministères et les structures publiques concernés à surmonter les difficultés d’exécution et à renforcer le suivi des chantiers afin de respecter les délais fixés.

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Tunisie : Pursuit Aerospace agrandit son usine de 40% et vise plus de 1000 emplois

Le groupe américain Pursuit Aerospace va agrandir de 40% son site industriel de Tunis, spécialisé dans la fabrication de composants destinés aux moteurs d’avion. À l’issue de cette extension, prévue au second semestre 2027, l’unité devrait employer plus de 1.000 personnes.

L’investissement a été annoncé mardi 6 octobre 2026 par Pursuit Aerospace dans le cadre du renforcement de ses capacités mondiales dans le domaine de la fonderie aéronautique.

Les travaux ont débuté le 3 septembre avec la construction d’un troisième bâtiment venant compléter les installations existantes du groupe en Tunisie.

Plus de 13.000 m² à terme

L’extension augmentera de 40% la superficie du site. Une fois les travaux achevés, les installations tunisiennes de Pursuit Aerospace dépasseront 140.000 pieds carrés, soit environ 13.000 m².

Le groupe prévoit également que les effectifs du site dépasseront le seuil des 1.000 salariés.

Pursuit Aerospace fabrique à Tunis des pièces de fonderie de précision en alliages de nickel et de cobalt destinées aux moteurs aéronautiques. Le site intervient ainsi dans la chaîne de production de composants complexes utilisés par les grands motoristes du secteur.

Le nouveau bâtiment doit permettre d’augmenter les capacités des fours et des lignes de production de moules, aussi bien pour répondre aux commandes actuelles que pour accueillir de nouveaux marchés.

Plus de 5% des emplois de l’aéronautique tunisienne

Le seuil annoncé par Pursuit donne également une indication du poids que devrait atteindre son implantation tunisienne.

L’industrie aéronautique compte actuellement environ 20.000 salariés en Tunisie, répartis entre près d’une centaine d’entreprises.

Avec plus de 1.000 salariés à l’issue de son extension, Pursuit Aerospace représenterait ainsi à elle seule plus de 5% des emplois de l’ensemble de la filière aéronautique tunisienne.

Autre indicateur du poids économique de la filière aéronautique tunisienne : ses exportations atteignent environ 650 millions d’euros.

Ces chiffres permettent de mesurer l’ampleur du projet de Pursuit : au-delà de l’augmentation de 40% de sa superficie, son implantation tunisienne devrait représenter à terme une part significative de l’emploi de toute la filière aéronautique nationale.

Davantage d’opérations réalisées en Tunisie

L’extension porte également sur la nature des activités réalisées localement.

Pursuit Aerospace prévoit d’internaliser à Tunis davantage d’opérations effectuées après la fonderie, notamment des travaux d’usinage et certains procédés industriels spécialisés.

Cette intégration doit permettre au groupe de réaliser sur un même site une part plus importante des différentes étapes de fabrication des composants aéronautiques.

Pursuit indique vouloir faire de ses opérations tunisiennes un centre d’excellence de la fonderie aéronautique.

Le groupe américain possède deux unités de production dans la zone industrielle d’El Mghira, dans la banlieue de Tunis.

L’annonce concernant la Tunisie intervient parallèlement au renforcement des activités de Pursuit Aerospace au Royaume-Uni. Le groupe a finalisé en août l’acquisition de Creasey Castings Limited, société britannique spécialisée dans les pièces moulées en magnésium et en aluminium.

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Pêche : La Tunisie mise sur l’Espagne, son deuxième débouché à l’export

La Tunisie participe du 6 au 8 octobre 2026 au Salon international des produits de la mer congelés Conxemar, à Vigo, avec quatre entreprises du secteur. Au-delà de la présence tunisienne dans ce rendez-vous professionnel, l’enjeu est commercial : l’Espagne constitue le deuxième débouché des produits tunisiens de la pêche et de l’aquaculture.

En 2025, les exportations tunisiennes du secteur vers l’Espagne ont atteint environ 3,26 mille tonnes pour une valeur de 129,2 millions de dinars, selon les données du Groupement interprofessionnel des produits de la pêche (GIPP).

Ces chiffres correspondent à une valeur moyenne proche de 39,6 dinars le kilogramme, sensiblement supérieure au prix moyen de 24,8 dinars/kg enregistré pour l’ensemble des exportations tunisiennes de produits de la pêche en 2025.

L’Espagne confirme sa deuxième place

Les données les plus récentes confirment le poids du marché espagnol. À fin juillet 2026, l’Italie restait le premier débouché des exportations tunisiennes de produits de la pêche avec 34% de la valeur totale, devant l’Espagne avec 12% et la Libye avec 11%. L’Algérie et Malte représentaient chacune 9%.

Au total, les exportations tunisiennes du secteur ont atteint 422,3 millions de dinars durant les sept premiers mois de 2026, pour 18,4 mille tonnes écoulées sur 38 marchés.

C’est dans ce contexte que le GIPP a installé à Vigo un pavillon tunisien d’environ 50 m² réunissant quatre entreprises nationales, dont trois spécialisées dans l’exportation de produits de la pêche congelés.

Crevettes, poulpe, calamar, poissons congelés, crabe bleu et produits transformés à base de crabe figurent parmi les produits présentés. Une entreprise spécialisée dans l’aquaculture participe également avec des produits transformés et congelés.

Plus de 800 exposants réunis à Vigo

Conxemar constitue l’un des grands rendez-vous internationaux de l’industrie et du commerce des produits de la mer congelés. L’édition 2026 réunit 836 exposants provenant de 47 pays, un nouveau record pour le salon de Vigo.

Son importance dépasse la seule exposition de produits. En 2025, Conxemar avait accueilli 30.405 visiteurs professionnels et 812 exposants de 46 pays. Selon l’organisation, les accords commerciaux générés pendant cette édition avaient représenté 831,7 millions d’euros.

Pour les entreprises tunisiennes, la manifestation offre ainsi un accès direct aux importateurs, transformateurs et distributeurs d’un marché qui absorbe une part importante des exportations nationales du secteur.

Des exigences européennes renforcées

Le développement des ventes vers l’Espagne intervient parallèlement dans un environnement réglementaire européen plus exigeant.

Depuis le 10 janvier 2026, le système numérique européen CATCH est obligatoire pour les formalités concernant l’importation et la réexportation de produits de la pêche capturés par des navires de pays tiers. Il vise notamment à renforcer la traçabilité des captures et la lutte contre la pêche illégale, non déclarée et non réglementée.

Les autorités espagnoles ont elles-mêmes relevé en 2026 des difficultés techniques et administratives rencontrées par les opérateurs lors de la mise en œuvre du nouveau dispositif.

Pour les exportateurs tunisiens concernés, la consolidation du marché espagnol dépend ainsi non seulement des produits et des relations commerciales nouées à Vigo, mais également de leur capacité à répondre aux exigences croissantes de traçabilité imposées à l’entrée du marché européen.

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Phosphate : Le tunisien STUDI entre dans le projet Gasaat aux côtés de PhosCo

Le groupe tunisien d’ingénierie STUDI International s’associe à la société australienne PhosCo dans le développement du projet phosphatier Gasaat, à Kasserine. L’opération s’accompagne d’un investissement prévu de 1,4 million de dollars australiens dans le capital de PhosCo.

L’accord a été annoncé ce mercredi 7 octobre 2026 par PhosCo dans une communication publiée auprès de l’Australian Securities Exchange (ASX), où la société est cotée sous le code PHO.

Les deux groupes ont signé un protocole d’accord faisant de STUDI le partenaire privilégié de PhosCo pour les travaux d’ingénierie et de conseil liés au développement de Gasaat.

L’accord porte notamment sur les études de préfaisabilité et de faisabilité bancaire du projet. La coopération pourrait ensuite être étendue à l’ingénierie détaillée, aux achats, à l’assistance à la construction et à la mise en service.

1,4 million de dollars australiens dans PhosCo

Parallèlement à cet accord, STUDI prévoit de souscrire, par l’intermédiaire de l’une de ses filiales africaines, à 9.523.810 nouvelles actions PhosCo au prix de 0,15 dollar australien par action.

L’opération doit permettre à PhosCo de lever environ 1,4 million de dollars australiens avant frais.

STUDI doit également recevoir 9.523.810 options, à raison d’une option pour chaque action souscrite. Elles pourront être exercées au prix de 0,20 dollar australien jusqu’au 29 juin 2029.

Les documents juridiques définitifs relatifs à l’investissement doivent encore être finalisés. PhosCo prévoit leur conclusion dans un délai de 30 jours.

Les fonds levés doivent être consacrés notamment à la poursuite de l’exploration et des études sur Gasaat, aux procédures d’autorisation ainsi qu’aux besoins généraux de la société.

Un accord de 24 mois

Le protocole conclu entre PhosCo et STUDI porte sur une période initiale de 24 mois. Il établit un cadre de coopération mais reste non contraignant : les missions confiées à STUDI devront faire l’objet d’accords distincts et PhosCo conserve la possibilité de recourir à d’autres consultants spécialisés.

Créé à Tunis en 1970, STUDI intervient dans l’ingénierie des transports, de l’eau, de l’énergie, des ports, de l’environnement et des infrastructures. Selon PhosCo, le groupe compte environ 700 collaborateurs et mène des projets dans plus de 40 pays africains.

Cette expertise pourrait notamment être mobilisée sur les infrastructures nécessaires au développement de Gasaat.

Une nouvelle étape pour Gasaat

Gasaat est détenu à 100 % par PhosCo et dispose actuellement d’une ressource minérale déclarée de 166,6 millions de tonnes de phosphate à une teneur moyenne de 20,6 % de P₂O₅.

Le projet a connu ces derniers mois une succession de campagnes de forage destinées à préciser et à étendre ses ressources. PhosCo poursuit parallèlement ses travaux sur d’autres zones du bassin phosphatier du Nord tunisien.

La société australienne prévoit de publier dans le courant du mois d’octobre une étude de cadrage actualisée de Gasaat.

L’association de STUDI aux études du projet, accompagnée de son investissement prévu dans PhosCo, constitue une nouvelle étape dans la préparation technique et financière de Gasaat. Son développement industriel reste toutefois lié aux résultats des études, aux autorisations nécessaires et aux futures décisions d’investissement.

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Après sa libération, Saïed demande le retour immédiat d’Adam Mbarek en classe

Le président de la République, Kaïs Saïed, a donné ses instructions au ministre de l’Éducation afin que le lycéen Adam Mbarek puisse reprendre immédiatement sa scolarité dans son établissement.

Cette instruction intervient quelques heures après la décision du juge des enfants de remettre en liberté le jeune homme, âgé de 17 ans.

Le ministre de l’Éducation a été chargé de prendre les mesures nécessaires pour permettre à Adam Mbarek de retrouver son établissement et de lui assurer les conditions appropriées pour poursuivre son parcours scolaire.

Libéré après environ deux semaines de détention

Adam Mbarek avait été arrêté après avoir participé à une manifestation organisée le 19 septembre à Tunis en soutien aux militants liés à la flottille Soumoud.

Son dossier avait été traité séparément de celui des autres personnes interpellées en raison de son statut de mineur. Le juge des enfants avait ordonné son placement dans une institution pour mineurs et fixé son audience au 6 octobre.

Dans une publication datée du 25 septembre, l’avocat Samir Dilou avait indiqué que le renvoi du lycéen devant le juge des enfants reposait sur les articles 79, 128, 220 bis, 245 et 247 du Code pénal. Ces dispositions concernent notamment la participation à un rassemblement considéré comme troublant l’ordre public, l’imputation de faits illégaux à un fonctionnaire public, les cris ou chants provocateurs dans les lieux publics, ainsi que des faits de diffamation visant notamment l’autorité publique.

Son placement avait suscité plusieurs réactions et mobilisations réclamant sa libération, notamment dans les milieux associatifs et parmi des jeunes et des lycéens.

Mardi 6 octobre, le juge des enfants a décidé sa remise en liberté.

Quelques heures plus tard, le président de la République a donné ses instructions au ministre de l’Éducation pour permettre son retour immédiat en classe et la reprise de son parcours scolaire.

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Loi 18 : Kaïs Saïed fait le point sur les recrutements des diplômés chômeurs

Le président de la République, Kaïs Saïed, a consacré une réunion tenue lundi 5 octobre 2026 au palais de Carthage au suivi de l’application de la loi n°18 de 2025 relative au recrutement exceptionnel des diplômés de l’enseignement supérieur dont le chômage s’est prolongé.

La réunion s’est tenue en présence de la cheffe du gouvernement, Sarra Zaafrani Zenzri, et du ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Riadh Chaoued.

Selon la Présidence de la République, les discussions ont porté sur les différentes étapes franchies dans la mise en œuvre des dispositions de cette loi, qui concerne les recrutements dans le secteur public et la fonction publique.

Saïed revient sur les conditions de recrutement

Lors de cette réunion, Kaïs Saïed est revenu sur les causes qui ont, selon lui, conduit à prolonger la période de chômage d’une partie des diplômés de l’enseignement supérieur.

Le chef de l’État a notamment évoqué des recrutements qui auraient été effectués, au cours des dernières décennies, sur la base de diplômes falsifiés ou au profit de personnes ne disposant pas des qualifications requises pour participer aux concours concernés.

Il a également dénoncé des recrutements fondés sur les appartenances et les relations plutôt que sur les qualifications.

Selon Kaïs Saïed, les diplômés aujourd’hui concernés par le chômage de longue durée ne se trouvent pas dans cette situation par choix, mais en raison de pratiques ayant privé certains candidats de leurs droits et accordé des avantages à d’autres.

Le président de la République a également évoqué des avantages ayant, selon lui, contribué au gaspillage de l’argent public.

Une loi adoptée en décembre 2025

La loi n°18 de 2025 instaure des dispositions exceptionnelles permettant le recrutement de diplômés de l’enseignement supérieur dont le chômage s’est prolongé dans le secteur public et la fonction publique.

Le dispositif prévoit notamment une plateforme numérique destinée à l’inscription et au classement des candidats selon les critères fixés par la législation.

Les recrutements doivent être réalisés par tranches sur une période maximale de trois ans.

La réunion du 5 octobre a porté sur l’avancement de ce processus. Le communiqué de la Présidence ne fournit pas de calendrier détaillé des prochaines étapes.

Kaïs Saïed a conclu en réaffirmant que les engagements pris seraient respectés et que l’État poursuivrait la mise en œuvre du dispositif prévu par la loi.

Cette réunion intervient également alors que des diplômés chômeurs mobilisés dans le cadre de la « Marche de la dignité », partie de Menzel Bouzaiane, poursuivent leur mouvement pour réclamer l’application de la loi n°18.

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Tunisie : Trois nouvelles concessions minières accordées pour 25 ans à Kébili, Kasserine et Tataouine

Trois nouvelles concessions d’exploitation minière d’une durée de 25 ans viennent d’être instituées en Tunisie, à Kébili, Kasserine et Tataouine. Elles concernent respectivement l’exploitation de sels, de carbonate de calcium et de gypse, sur une superficie totale de 1300 hectares.

Les décisions, signées le 23 septembre 2026, ont été publiées au Journal officiel de la République tunisienne n°97 du 2 octobre. Le JORT confirme qu’il s’agit bien de concessions d’exploitation et non de simples permis de recherche.

800 hectares pour les sels à Kébili

La plus importante concession par sa superficie est celle d’« Exsal El Jerid », dans le gouvernorat de Kébili. Elle porte sur 800 hectares et concerne l’exploitation de sels.

Elle est attribuée pour 25 ans à la société Exsal El Jerid. Le projet avait commencé par un permis de recherche institué en février 2019. La société avait ensuite déposé, en janvier 2022, une demande pour obtenir une concession d’exploitation à l’intérieur de ce périmètre.

Le texte précise également que le bénéficiaire devra obtenir l’accord préalable du ministère de l’Agriculture pour toute occupation temporaire du domaine public hydraulique et informer l’administration minière ainsi que l’Agence nationale de protection de l’environnement de la date effective de démarrage des travaux.

Carbonate de calcium à Fériana

À Kasserine, une concession de 100 hectares baptisée « Jebel Fériana » est attribuée à la Société tunisienne industrielle de carbonate de calcium (STICC). Elle concerne l’exploitation de carbonate de calcium et est également accordée pour 25 ans.

Le dossier fait suite à un permis de recherche « Jebel Fériana » institué en décembre 2025. Le projet a reçu l’avis favorable de la commission consultative des mines en mars 2026, puis les non-objections des autorités compétentes sur les volets sécuritaire et environnemental. La concession couvre précisément 100 hectares dans la région de Fériana.

A Tataouine, 400 hectares de gypse et une obligation de transformation

La troisième concession, « Oued Khouibat », se trouve dans le gouvernorat de Tataouine. Elle couvre 400 hectares et porte sur l’exploitation du gypse. Elle est accordée pour 25 ans à Youssef Belghith. Le permis de recherche correspondant avait été institué en mars 2023 et la demande de passage à l’exploitation déposée en février 2025.

Le JORT impose toutefois une obligation supplémentaire à ce projet : à compter de la troisième année suivant l’institution de la concession, le bénéficiaire devra engager les investissements prévus pour la phase de transformation du gypse, conformément au programme d’investissement et au cahier des charges.

Sur le plan économique, le JORT ne précise ni les investissements prévus, ni les volumes de production, ni le nombre d’emplois attendus. Les trois décisions marquent toutefois le passage de projets de recherche au stade de l’exploitation, sur une superficie totale de 1300 hectares et pour une durée de 25 ans.

L’octroi de ces concessions ne signifie pas que la production a déjà commencé. Les bénéficiaires restent notamment tenus de régler les questions foncières prévues par le Code minier et d’informer l’administration de la date effective de lancement des travaux.

Dans le même JORT, le ministère autorise également le transfert intégral des droits et obligations de la concession de sels « Adam », à Tozeur, de Yasmine Ben Cheikhou à la société immobilière Essafir. Cette concession existait depuis 2023 et ne fait donc pas partie des trois nouvelles concessions instituées en septembre.

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Tunisie : PhosCo annonce une nouvelle découverte de phosphate dans la région de Rouhia

La société australienne PhosCo annonce une nouvelle découverte de phosphate dans la région de Rouhia, dans le gouvernorat de Siliana, après les premiers forages réalisés dans la partie nord de son permis d’exploration de Sekarna.

La présence de phosphate dans ce secteur n’est pas inconnue. Des travaux géologiques anciens avaient déjà signalé des affleurements phosphatés dans la région et un forage réalisé en 2007, initialement destiné à rechercher du plomb et du zinc, avait également recoupé une couche de phosphate.

La nouveauté annoncée ce lundi 5 octobre concerne donc une zone précise du permis de Sekarna, baptisée « Sekarna North » par PhosCo, où la société indique qu’aucun forage antérieur n’était connu.

Deux premiers forages, deux intersections phosphatées

Les deux premiers forages réalisés par PhosCo dans cette partie nord du permis ont tous deux rencontré une minéralisation phosphatée.

Le forage SKDD-2026-01 a traversé une couche de 6 mètres à partir de 46,5 mètres de profondeur. Le second, SKDD-2026-02, a rencontré 7,4 mètres de phosphate à partir de 25 mètres.

Les analyses en laboratoire permettant de déterminer les teneurs en P₂O₅ de ces deux intersections sont encore attendues.

Ces résultats doivent donc être distingués d’une estimation de ressources ou de réserves exploitables. Des forages supplémentaires seront nécessaires pour déterminer l’étendue de la zone, sa teneur moyenne et son éventuel intérêt économique.

Sekarna, un permis distinct de Gasaat

Le permis de Sekarna couvre environ 128 km² dans le secteur de Rouhia. Il est distinct du projet Gasaat, situé plus au sud-ouest et sur lequel PhosCo a multiplié les campagnes de forage depuis 2025.

C’est autour de Gasaat que la société avait successivement annoncé des résultats à KM, puis à DOH et KH. En mai 2026, l’intégration des premières estimations de ressources de KM et SAB avait porté les ressources minérales déclarées de Gasaat à 166,6 millions de tonnes, avec une teneur moyenne de 20,6 % de P₂O₅.

La découverte annoncée à Rouhia élargit donc les travaux de PhosCo à un autre permis phosphatier, plutôt qu’elle ne constitue une extension directe de Gasaat.

Lire aussi: Phosphate tunisien : De nouveaux forages renforcent le potentiel de Gasaat

De nouveaux résultats également à DOH

Dans la même annonce du 5 octobre, PhosCo fait état de nouveaux résultats de forage à DOH.

Deux forages supplémentaires y ont rencontré respectivement 8,1 mètres de minéralisation phosphatée à partir de 64,9 mètres de profondeur et 9 mètres à partir de 22 mètres. Les analyses de teneur sont également en cours.

La succession des campagnes menées à Gasaat et désormais dans la partie nord de Sekarna montre l’élargissement progressif du programme d’exploration de PhosCo dans le bassin phosphatier tunisien.

À Rouhia, le principal enjeu sera désormais de savoir si les premiers résultats obtenus à Sekarna North se confirment sur une superficie suffisamment importante pour permettre à PhosCo d’établir, à terme, une première estimation de ressources.

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7 octobre : L’ambassade américaine conseille à ses ressortissants d’éviter Djerba

L’ambassade des États-Unis en Tunisie a publié dimanche 4 octobre 2026 une alerte de sécurité recommandant aux citoyens américains d’éviter de se rendre à Djerba autour du 7 octobre.

Dans son message, spécifiquement localisé à « Djerba, Tunisia », l’ambassade explique cette recommandation par des « menaces accrues liées aux tensions régionales » et par l’anniversaire des attaques du 7 octobre 2023 en Israël.

Elle demande à ses ressortissants d’éviter les déplacements vers l’île « on or around October 7, 2026 », soit autour du 7 octobre.

Éviter les déplacements et les rassemblements

Outre cette recommandation, l’ambassade appelle les citoyens américains présents en Tunisie à rester attentifs à leur environnement, à éviter les foules ainsi que les zones connaissant une forte présence policière, à suivre les médias locaux et à faire preuve de discrétion.

L’alerte ne donne pas davantage de précisions sur la nature des « menaces accrues » évoquées.

Djerba occupe cependant une place particulière dans ce contexte. L’île abrite l’une des dernières communautés juives historiques du monde arabe ainsi que la synagogue de la Ghriba, à Erriadh, haut lieu du judaïsme tunisien et centre d’un pèlerinage annuel qui attire des visiteurs tunisiens et étrangers.

Le 9 mai 2023, lors du pèlerinage de la Ghriba, un membre de la Garde nationale avait tué l’un de ses collègues avant de se diriger vers les environs de la synagogue et d’ouvrir le feu sur les forces de sécurité. L’attaque avait fait cinq morts : deux visiteurs et trois membres des forces de sécurité.

L’ambassade américaine ne fait toutefois aucun lien explicite, dans son alerte du 4 octobre, entre sa recommandation, la communauté juive de Djerba et la synagogue de la Ghriba. Elle mentionne uniquement les tensions régionales et l’anniversaire du 7 octobre 2023.

Lire aussi: Attaque de Djerba : Kaïs Saïed préside la réunion du Conseil de sécurité nationale

Une alerte ponctuelle, pas un changement du classement de Djerba

Cette recommandation ne correspond pas à un reclassement permanent de Djerba dans les conseils aux voyageurs américains.

Le Département d’État maintient actuellement la Tunisie au niveau 2, « Exercise Increased Caution », en raison notamment des risques liés au terrorisme, à la criminalité et aux troubles. Djerba ne figure pas parmi les zones classées au niveau 4, « Do Not Travel », lesquelles concernent notamment certaines zones frontalières avec l’Algérie et la Libye, plusieurs massifs de l’ouest du pays et le désert au sud de Remada.

L’alerte publiée le 4 octobre constitue donc une recommandation temporaire et géographiquement ciblée : éviter Djerba autour du 7 octobre 2026.

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Crédit d’honneur : Plusieurs banques ne sont pas concernées par le dispositif

Plusieurs banques ne participent pas au dispositif du crédit d’honneur lancé le 1er octobre 2026. Sur les 22 banques universelles recensées par le Conseil bancaire et financier, BTE, TSB, QNB Tunisia et BFPME ont directement indiqué qu’elles ne sont pas concernées par le mécanisme.

D’autres établissements pourraient également rester en dehors du dispositif. L’ATB est notamment citée par des spécialistes du secteur en raison de son résultat déficitaire en 2025, tandis que le cas de Citibank, également mentionnée parmi les non-participants, répondrait à un autre motif puisqu’elle a enregistré un bénéfice en 2025.

Quatre banques ont communiqué directement

La Banque de Tunisie et des Émirats (BTE) a indiqué qu’elle ne fait pas partie des établissements concernés par le dispositif du crédit d’honneur.

La Tunisian Saudi Bank (TSB) a également annoncé qu’elle n’est pas concernée par l’application des dispositions prévues par le décret n°148 de 2026.

QNB Tunisia a publié une communication similaire à destination de sa clientèle.

La Banque de financement des petites et moyennes entreprises (BFPME) a, elle aussi, indiqué officiellement qu’elle n’est actuellement pas concernée.

Pour ces quatre établissements, la non-participation est donc directement confirmée par les banques elles-mêmes.

Pourquoi certaines banques ne disposent-elles pas d’enveloppe ?

Le crédit d’honneur repose notamment sur l’article 412 ter du Code de commerce et le décret n°148 du 23 juillet 2026.

Le mécanisme prévoit l’affectation au financement sur l’honneur d’un montant correspondant à au moins 8 % du résultat de l’exercice précédent.

Les résultats financiers de 2025 jouent donc un rôle déterminant pour l’enveloppe disponible en 2026.

La circulaire n°2026-08 de la Banque centrale impose par ailleurs aux établissements concernés de recevoir les demandes exclusivement à travers une plateforme électronique dédiée depuis le 1er octobre.

L’ATB également donnée hors dispositif

L’Arab Tunisian Bank n’a pas publié de communication similaire retrouvée sur son site.

Ses états financiers 2025 publiés par le Conseil du marché financier font toutefois apparaître une perte nette de 30,918 millions de dinars.

L’expert-comptable et spécialiste du secteur bancaire Sofiane Lourimi classe ainsi l’ATB parmi les établissements ne disposant pas d’une enveloppe issue des bénéfices 2025.

Son cas est donc cohérent avec le mécanisme de financement prévu par les textes, même en l’absence d’un avis directement publié par la banque.

Citibank : une autre raison à déterminer

Citibank est également citée parmi les établissements qui ne participeraient pas au dispositif.

Son cas ne peut cependant pas être expliqué par une absence de bénéfice. Ses états financiers 2025 font apparaître un résultat net positif de 19,413 millions de dinars.

Si Citibank ne participe effectivement pas au mécanisme, la raison est donc différente de celle avancée pour les banques déficitaires.

Aucune communication officielle retrouvée de Citibank ne permet de préciser ce motif.

La situation doit donc être distinguée de celle de BTE, TSB, QNB Tunisia et BFPME, dont la non-participation est directement confirmée.

Le Conseil bancaire et financier recense actuellement 22 banques universelles en Tunisie. Le nombre définitif d’établissements participant au crédit d’honneur devra donc être apprécié à partir des plateformes effectivement ouvertes et des communications officielles des banques.

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Bons du Trésor : 37,23 milliards de dinars en circulation, quel impact pour les Tunisiens ?

L’encours des Bons du Trésor s’établissait à 37,23 milliards de dinars au 1er octobre 2026, selon les dernières données quotidiennes de la Banque centrale de Tunisie. Il progresse de 5,69 milliards de dinars sur un an, soit 18,1 %.

Derrière ce montant se pose une question concrète : lorsque l’État mobilise davantage de ressources sur le marché intérieur, quelles peuvent être les conséquences sur le financement des entreprises, le crédit aux ménages et les finances publiques ?

Plus de 35 milliards de dinars en BTA

Au 1er octobre, l’encours des Bons du Trésor assimilables (BTA), titres de moyen et long terme émis par l’État, atteignait 35,539 milliards de dinars, contre 28,510 milliards un an auparavant.

Il a ainsi augmenté de 7,029 milliards de dinars en douze mois, soit 24,7 %.

Le mouvement est inverse pour les Bons du Trésor à court terme. Leur encours est revenu de 3,026 milliards de dinars à 1,691 milliard, soit une baisse de 44,1 %.

Les BTA représentent désormais environ 95,5 % de l’ensemble des Bons du Trésor en circulation.

Un impact indirect via le crédit bancaire

Les Bons du Trésor permettent à l’État d’emprunter des dinars sur le marché intérieur pour couvrir ses besoins de financement et refinancer une partie de sa dette arrivant à échéance.

Pour un particulier, leur augmentation ne provoque donc pas directement une hausse des prix ou une modification de son compte bancaire. L’effet peut en revanche passer par le système financier.

Les banques peuvent souscrire et détenir des Bons du Trésor dans leurs portefeuilles. Lorsque davantage de ressources financières sont orientées vers le financement de l’État, elles peuvent entrer en concurrence avec celles destinées aux entreprises et aux particuliers. Ce mécanisme est généralement désigné comme un risque d’« effet d’éviction ».

Pour une PME qui souhaite acheter une machine, un commerçant qui veut développer son activité ou un ménage qui sollicite un crédit immobilier, l’enjeu porte sur la quantité de financement disponible et son coût.

Cela ne signifie pas qu’une hausse des Bons du Trésor entraîne automatiquement une baisse des crédits. L’enjeu est plutôt de savoir quelle part des ressources disponibles finance l’État et quelle part est dirigée vers l’investissement des entreprises et les besoins des ménages.

19 milliards de dinars d’emprunts intérieurs prévus en 2026

La loi de finances 2026 prévoit 19,056 milliards de dinars d’emprunts intérieurs.

Selon le ministère des Finances, ces ressources sont ventilées entre 4,84 milliards de dinars de BTA, 2,5 milliards de Bons du Trésor à court terme et 11,716 milliards d’autres emprunts intérieurs.

Les Bons du Trésor constituent donc une composante du financement intérieur de l’État, et non sa totalité.

Ces montants correspondent aux ressources d’emprunt prévues pour l’exercice 2026. Ils ne sont pas directement comparables à la hausse de 7,029 milliards de dinars de l’encours des BTA sur douze mois, qui mesure la différence entre deux stocks à deux dates distinctes.

Les Bons du Trésor doivent également être remboursés à leur échéance et donnent lieu au paiement d’intérêts. L’évolution de leur encours intervient ainsi dans les besoins futurs de refinancement du Trésor et dans la charge de la dette publique.

Lorsque cette charge augmente, elle peut réduire la marge budgétaire disponible pour d’autres dépenses ou investissements publics, selon l’évolution des recettes de l’État, des taux d’intérêt et des besoins de refinancement.

Pas d’effet mécanique sur les prix

Une progression de l’encours des Bons du Trésor ne signifie pas que les prix ou les taux des crédits augmenteront dans les mêmes proportions.

Souscrite par des investisseurs, l’émission d’un Bon du Trésor constitue un emprunt de l’État et non, en elle-même, une création de monnaie.

Pour les Tunisiens, les effets potentiels sont donc surtout indirects : conditions d’accès au crédit, coût du financement, capacité des entreprises à investir et marge de manœuvre du budget de l’État.

Avec 37,23 milliards de dinars de Bons du Trésor en circulation au 1er octobre, contre 31,54 milliards un an auparavant, leur évolution constitue ainsi un indicateur à suivre pour mesurer le poids du financement de l’État sur le marché intérieur.

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Innovation : La Tunisie gagne dix places en deux ans et se classe 71e mondiale

La Tunisie occupe la 71e place mondiale dans l’Indice mondial de l’innovation 2026 publié par l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI). Elle gagne cinq places par rapport à 2025 et dix par rapport à 2024.

Le pays se classe également quatrième en Afrique, derrière Maurice, le Maroc et l’Afrique du Sud, et deuxième en Afrique du Nord derrière le Maroc.

De la 81e à la 71e place en deux ans

La Tunisie était 81e mondiale en 2024, avant de remonter à la 76e place en 2025 puis à la 71e en 2026.

En Afrique, Maurice occupe la 50e place mondiale, devant le Maroc, 54e, et l’Afrique du Sud, 63e. La Tunisie arrive ensuite au 71e rang.

En Afrique du Nord, elle devance notamment l’Égypte, 83e, et l’Algérie, 111e.

L’OMPI classe par ailleurs la Tunisie 92e pour les ressources consacrées à l’innovation, mais 56e pour les résultats obtenus. Cet écart signifie que le pays obtient des résultats supérieurs à ce que laisserait attendre son niveau d’intrants.

Première mondiale pour les diplômés en sciences et ingénierie

Le capital humain et la recherche constituent l’un des principaux points forts du pays, avec une 45e place mondiale dans cette catégorie.

La Tunisie se classe surtout première mondiale pour la proportion de diplômés en sciences et en ingénierie.

Elle occupe également le 12e rang pour les articles scientifiques et techniques rapportés au PIB, le 18e pour les investissements greenfield en R&D et dans les hautes technologies et le 38e pour les exportations de haute technologie.

Ces indicateurs mettent en évidence une base scientifique et humaine importante ainsi que des capacités dans les activités technologiques tournées vers l’exportation.

Le maillon faible : Le lien entre recherche et entreprises

Le classement fait toutefois apparaître un décalage important entre les compétences scientifiques disponibles et leur transformation en innovation économique.

La Tunisie se classe 112e pour les liens d’innovation et tombe au 134e rang pour les publications conjointes entre la recherche publique et l’industrie.

La formation brute de capital constitue un autre point faible, avec une 130e place mondiale.

Le défi se situe donc moins dans la disponibilité des compétences scientifiques que dans leur connexion avec les entreprises, l’investissement et la commercialisation des innovations.

L’Indice mondial de l’innovation 2026 couvre 139 économies et repose sur 79 indicateurs.

Les évolutions annuelles du classement doivent néanmoins être interprétées en tenant compte de la disponibilité des données et des éventuelles modifications méthodologiques apportées d’une édition à l’autre.

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Céréales : Après 200.000 tonnes achetées, la Tunisie cherche 100.000 tonnes de blé dur

Une semaine après avoir acheté 200.000 tonnes de blé tendre et d’orge, la Tunisie revient sur le marché international pour chercher 100.000 tonnes de blé dur. Le nouvel appel d’offres comporte également des précautions particulières face aux perturbations en mer Noire.

Selon des négociants européens cités par Reuters, l’Office tunisien des céréales a lancé un appel d’offres international pour environ 100.000 tonnes de blé dur. La date limite de dépôt des offres est fixée à ce vendredi 2 octobre.

Le volume recherché est réparti en quatre cargaisons de 25.000 tonnes, avec une origine laissée au choix des fournisseurs. Les périodes d’expédition doivent s’échelonner entre fin octobre et fin décembre, selon les régions d’origine.

Après 200.000 tonnes, 100.000 tonnes supplémentaires recherchées

Cette nouvelle opération intervient une semaine après un important achat. Le 24 septembre, l’Office des céréales avait acheté 200.000 tonnes sur le marché international : 125.000 tonnes de blé tendre et 75.000 tonnes d’orge fourragère.

Les deux opérations ne portent donc pas sur les mêmes céréales et leur statut est différent. Les 200.000 tonnes ont effectivement été achetées, tandis que les nouvelles 100.000 tonnes de blé dur constituent pour l’instant un volume recherché.

En l’espace d’une semaine, 300.000 tonnes de céréales sont ainsi concernées par ces deux opérations d’approvisionnement international.

Lire aussi: Céréales : La Tunisie achète 200.000 tonnes de blé tendre et d’orge

Le risque de la mer Noire pris en compte

Le nouvel appel d’offres contient également une disposition concernant les perturbations des exportations depuis la région de la mer Noire.

Selon les conditions rapportées par Reuters, pour les céréales provenant de cette région, les perturbations liées à la guerre en Ukraine ne pourraient pas être invoquées par les fournisseurs comme un cas de force majeure. En cas de problème, ceux-ci devraient trouver une origine alternative pour assurer la livraison.

Cette précaution intervient dans un contexte de fortes perturbations des infrastructures céréalières de la région.

Le 20 août la Tunisie avait averti ses fournisseurs qu’elle n’accepterait pas facilement l’invocation de la force majeure pour justifier le non-respect de leurs engagements. Les attaques contre les ports, terminaux et navires avaient alors entraîné retards et annulations de cargaisons.

Le nouvel appel d’offres confirme ainsi que ce risque est désormais directement intégré aux conditions d’approvisionnement tunisiennes.

Lire aussi: Blé : Les tensions en mer Noire mettent les importations tunisiennes sous pression

Du blé dur malgré une collecte abondante

L’achat envisagé intervient aussi après une campagne nationale favorable. Le 17 septembre, la PDG de l’Office des céréales, Salwa Ben Hadid Zouari, annonçait près de 11 millions de quintaux de céréales collectés, dont 73% de blé dur. Selon la responsable, les quantités collectées permettaient de couvrir les besoins du marché local en blé dur jusqu’en janvier 2027.

Le recours au marché international ne signifie toutefois pas que ces disponibilités sont épuisées. Les cargaisons recherchées doivent être expédiées jusqu’en décembre et peuvent notamment participer à la constitution des stocks nécessaires pour la période suivante.

Aucune explication spécifique de l’Office des céréales sur le calendrier de ce nouvel appel d’offres n’a toutefois été identifiée à ce stade. Le résultat de l’appel d’offres permettra de connaître les volumes finalement achetés, leurs prix et les fournisseurs retenus.

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Frontières maritimes : Rome, Athènes et Tunis contestent les revendications libyennes à l’ONU

Une nouvelle bataille autour des frontières maritimes se dessine en Méditerranée centrale. Une analyse publiée le 1er octobre par le quotidien économique italien Il Sole 24 Ore replace la Tunisie aux côtés de l’Italie et de la Grèce dans une convergence de contestations face à certaines revendications maritimes de la Libye, sur fond d’intérêts énergétiques et de tensions impliquant également la Turquie.

Il ne s’agit pas d’une nouvelle protestation tunisienne. La position de Tunis a été officiellement transmise aux Nations unies en avril dernier. Mais la récente mise à jour italienne de ses lignes de base maritimes, déposée à l’ONU le 24 septembre, remet ces différents contentieux au premier plan.

Tunis conteste une partie de la carte libyenne

Le dossier tunisien trouve son origine dans les nouvelles délimitations défendues par Tripoli.

Le 27 mai 2025, la Libye a transmis aux Nations unies une déclaration accompagnée d’une carte concernant les limites extérieures de son plateau continental. Tunis a répondu officiellement le 19 avril 2026.

La Tunisie conteste notamment la délimitation libyenne entre les points 30 et 32 et s’appuie sur l’arrêt rendu en 1982 par la Cour internationale de Justice dans l’affaire du plateau continental entre les deux pays, ainsi que sur l’accord bilatéral conclu en 1988.

Pour Tunis, le point 30, tel que défini unilatéralement par Tripoli, ne correspond pas à l’extrémité de la ligne de délimitation : la Cour a elle-même rappelé que le prolongement vers le nord-est dépendra d’une délimitation à convenir avec des États tiers.

Une première protestation tunisienne avait déjà été adressée à l’ONU en janvier 2025 au sujet de la zone contiguë de 12 milles déclarée par la Libye.

L’Italie remet le dossier sous les projecteurs

L’élément récent vient principalement de Rome.

Le 24 septembre, l’Italie a déposé auprès des Nations unies de nouvelles coordonnées de ses lignes de base maritimes, remplaçant celles enregistrées en 1996. Cette opération découle d’une modification de la législation italienne et constitue, selon Rome, une mise à jour technique.

Elle intervient toutefois alors que l’Italie est elle-même en désaccord avec Tripoli sur certaines revendications concernant le plateau continental.

Rome avait adressé en mai une objection à la Libye, estimant que certains segments de la démarcation revendiquée par Tripoli affectaient ses droits et intérêts.

C’est dans ce contexte qu’Il Sole 24 Ore évoque une “alliance” entre l’Italie, la Tunisie et la Grèce face aux revendications libyennes. Les documents officiels disponibles établissent en tout cas une convergence de leurs contestations, chacune portant toutefois sur un segment maritime distinct, sans faire apparaître d’alliance formelle entre les trois pays.

Grèce et Turquie dans l’équation

La Grèce conteste de son côté certaines revendications libyennes au sud de la Crète.

Le différend est directement lié au mémorandum maritime signé en 2019 entre Ankara et Tripoli, rejeté par Athènes, qui considère notamment qu’il ne respecte pas les droits maritimes générés par les îles grecques.

L’enjeu s’est accru avec l’exploration gazière au sud et au sud-ouest de la Crète, où plusieurs zones suscitent des revendications concurrentes.

La Turquie soutient pour sa part le cadre maritime conclu avec la Libye, faisant de ce dossier un élément supplémentaire du rapport de forces en Méditerranée.

Gaz, pétrole et câbles sous-marins

Derrière cette bataille de cartes se trouvent des intérêts économiques et stratégiques considérables.

La délimitation du plateau continental détermine notamment les droits d’exploration et d’exploitation des ressources du sous-sol marin. Les tracés peuvent également peser sur le développement des gazoducs, des interconnexions énergétiques et des câbles sous-marins.

Pour la Tunisie, le dossier présente une particularité : malgré le différend sur certaines limites maritimes, Tunis et Tripoli poursuivent leur coopération énergétique.

Les deux pays cherchent notamment à attirer des investisseurs pour l’exploration d’un bloc offshore d’environ 3.000 km² dans le bassin Gabès-Tripoli et le développement de la découverte de Zarat.

La Tunisie se retrouve ainsi dans une équation délicate : défendre les limites maritimes qu’elle considère établies par le droit international tout en préservant une coopération économique et énergétique stratégique avec son voisin libyen.

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Décret 54 : La Tunisie assouplit les peines, les critiques internationales persistent

La modification de l’article 24 du décret-loi 54, publiée mercredi 30 septembre au Journal officiel, a rapidement franchi les frontières tunisiennes. Plusieurs grands médias internationaux ont relevé la suppression de la peine de prison pour une première infraction, tandis que Reporters sans frontières (RSF) a salué une évolution tout en jugeant la révision encore insuffisante.

Le nouveau texte remplace, pour une première infraction, la peine d’emprisonnement par une amende comprise entre 10.000 et 20.000 dinars. En cas de récidive, six mois de prison et une amende de 50.000 dinars sont prévus. Les peines sont doublées lorsque la personne visée est un agent public ou assimilé.

Webdo a détaillé mercredi les nouvelles dispositions publiées au JORT. Leur réception à l’étranger apporte désormais un autre éclairage sur cette première modification du décret-loi adopté en septembre 2022.

RSF : « Un geste dans la bonne direction »

Reporters sans frontières fait partie des premières organisations internationales à avoir réagi directement à la nouvelle version.

Interrogé par l’AFP, Oussama Bouagila, directeur régional de RSF pour l’Afrique du Nord, a indiqué que l’organisation prenait acte de la disparition de la peine de cinq ans de prison, qu’elle dénonçait depuis l’adoption du décret en 2022 en raison de son utilisation dans des procédures visant notamment des journalistes et des voix critiques.

RSF considère la révision comme « un geste dans la bonne direction », mais estime qu’elle reste insuffisante pour rendre le texte conforme aux standards internationaux en matière de liberté de la presse.

Cette réaction est importante : contrairement aux nombreuses critiques formulées depuis 2022, elle intervient après la publication de la nouvelle version de l’article 24.

Reuters évoque un changement de cap

Reuters a également accordé une place importante à la modification tunisienne.

L’agence rappelle les critiques formulées depuis plusieurs années par des organisations tunisiennes et internationales de défense des droits et de la liberté de la presse contre l’utilisation du décret 54.

Reuters interprète la décision comme un rare changement de cap de Kaïs Saïed depuis 2021 et relève qu’elle intervient dans un contexte de mobilisation de plusieurs organisations de la société civile autour de la question des droits et libertés. Il s’agit toutefois d’une analyse de l’agence : aucune motivation de cette nature n’est avancée dans le décret-loi lui-même.

Les autorités tunisiennes ont, de leur côté, régulièrement défendu le dispositif comme un instrument destiné notamment à combattre la cybercriminalité, les fausses informations et les atteintes aux personnes et à l’ordre public.

Al Jazeera parle d’un accueil prudent

Dans un article publié jeudi 1er octobre, Al Jazeera s’est également intéressée aux conséquences de la nouvelle rédaction.

Le média qatari considère que le changement modifie sensiblement le régime des sanctions mais souligne qu’il ne répond pas à la revendication d’abrogation complète du décret portée par une partie des journalistes.

Son correspondant en Tunisie, Lotfi Hajji, fait état d’un accueil prudent de la modification et rappelle que le débat dépasse la seule question de la durée des peines pour concerner plus largement le recours au décret 54 dans les affaires liées à l’expression publique.

Euronews relève également cette combinaison entre assouplissement et réserves. Le média européen rappelle notamment la réaction de RSF et celle du président du Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT), Zied Dabbar, pour qui la modification d’un article ne signifie pas la fin des poursuites liées aux délits d’opinion.

Une question soulevée par la presse espagnole

L’agence espagnole EFE soulève, pour sa part, une autre interrogation : les conséquences de la modification pour les personnes déjà poursuivies ou emprisonnées sur la base de l’ancienne rédaction.

Selon EFE, les autorités n’avaient pas encore précisé, au moment de la publication de sa dépêche, ce qu’il adviendrait des personnes concernées, notamment lorsqu’aucune autre infraction ne leur est reprochée.

Cette question pourrait constituer l’un des prochains enjeux juridiques liés à l’entrée en vigueur de la nouvelle rédaction.

Ainsi, si la suppression de la peine de prison pour une première infraction est largement relevée par la presse internationale, elle n’a pas mis fin aux interrogations entourant le décret 54.

La réaction de RSF résume pour l’instant cette réception internationale : une évolution reconnue, mais considérée par l’organisation comme insuffisante au regard de ses revendications sur la liberté de la presse.

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Cybersécurité en Tunisie : Derrière la visite américaine, un contrat de 524.000 dollars et trois marchés ciblés

La visite en Tunisie de l’expert américain M.K. Palmore dépasse le cadre d’un simple échange sur les cybermenaces. Quelques jours auparavant, un contrat américain de 524.475 dollars consacré au développement des compétences tunisiennes en cybersécurité avait été attribué à MITRE, tandis que Washington évoque désormais ouvertement les secteurs de la santé, de la finance et des télécommunications.

L’ambassade des États-Unis à Tunis a indiqué que M.K. Palmore avait rencontré, le 29 septembre, l’ambassadeur américain afin d’évoquer la construction de systèmes de cybersécurité « sûrs et résilients » et l’adoption de standards communs entre les deux pays.

Selon la représentation américaine, ces standards doivent notamment permettre aux entreprises tunisiennes et américaines de mieux travailler ensemble.

Un contrat américain jusqu’en 2028

Cette visite intervient surtout quelques jours après une opération passée beaucoup plus discrètement.

Les bases de données des marchés publics fédéraux américains font apparaître un contrat de 524.475 dollars attribué le 24 septembre 2026 à The MITRE Corporation pour des « Tunisia Cyber Workforce Development Support Services », soit des services de soutien au développement des compétences tunisiennes en cybersécurité.

Le contrat porte la référence 1333ND26FNB770147. Le National Institute of Standards and Technology (NIST) apparaît comme agence contractante, tandis que le financement est rattaché au Naval Information Warfare Systems Command. Sa période d’exécution peut aller jusqu’au 30 août 2028.

Il s’agit donc d’un programme spécifiquement identifié comme concernant la Tunisie et non d’un financement général consacré à la cybersécurité américaine.

Santé, finance et télécommunications

Le communiqué de l’ambassade donne parallèlement une dimension économique à la visite de Palmore.

L’expert américain doit rencontrer plusieurs interlocuteurs tunisiens pour discuter de la manière dont la Tunisie pourrait bénéficier des solutions de sécurité proposées par les entreprises américaines.

Trois domaines sont explicitement cités : la santé, la finance et les télécommunications.

Il ne s’agit toutefois pas, à ce stade, de l’annonce de contrats commerciaux attribués à des fournisseurs américains. La démarche montre plutôt une volonté de rapprocher les standards, les compétences et les solutions technologiques des deux pays dans des secteurs particulièrement sensibles.

Invité le 29 septembre sur Express FM, Palmore a d’ailleurs directement évoqué les banques, les opérateurs télécoms et les acteurs du paiement électronique tunisiens, estimant qu’une interruption de leurs systèmes pourrait rapidement avoir des conséquences opérationnelles et financières.

Il a également souligné le potentiel des compétences tunisiennes dans les sciences, la technologie et l’ingénierie, allant jusqu’à évoquer la possibilité de collaborer à l’avenir avec des ingénieurs tunisiens au sein de sa propre entreprise, Apogee Global.

Lire aussi: Paiement mobile : La BCT durcit les règles et impose un audit cyber annuel

La Tunisie n’est pas un cas isolé

Un élément montre enfin que Washington semble inscrire cette démarche dans un cadre régional.

Le même 24 septembre, MITRE a obtenu un autre contrat portant sur le « Morocco Cyber Workforce Development Support Services ». Son montant atteint 567.945 dollars et son échéance est également fixée au 30 août 2028.

La concomitance des deux opérations suggère ainsi un programme américain plus large de développement des compétences cyber au Maghreb, parallèlement à la recherche d’une plus grande compatibilité entre standards et solutions de sécurité.

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Tourisme : L’Afrique du Sud regarde désormais la Tunisie comme un concurrent

Longtemps devant la Tunisie en nombre de visiteurs, l’Afrique du Sud regarde désormais la destination tunisienne comme l’un de ses concurrents africains. Une analyse publiée cette semaine par Business Day, à partir de données du cabinet BDO South Africa, souligne que la Tunisie et le Maroc ont pris de l’avance sur le marché touristique continental.

Mais la comparaison mérite d’être nuancée. Les plus de 11 millions de visiteurs annoncés par la Tunisie ne correspondent pas tous au même profil touristique que celui recherché par l’Afrique du Sud : le poids des visiteurs algériens et libyens, ainsi que celui des Tunisiens résidant à l’étranger dans certaines statistiques d’entrées, modifie fortement la lecture des chiffres.

D’un retard important à un dépassement apparent

Il y a une dizaine d’années, l’écart était net.

Selon les données citées par BDO, l’Afrique du Sud accueillait autour de 10 millions de visiteurs par an, contre seulement 5,7 millions pour la Tunisie.

La situation s’est progressivement inversée. Business Day relève que la Tunisie a franchi la barre des 11 millions de visiteurs en 2025, alors que l’Afrique du Sud se situait autour de 10 millions.

Le média sud-africain présente désormais explicitement la Tunisie et le Maroc comme des destinations africaines ayant gagné du terrain face à l’Afrique du Sud. BDO estime de son côté que la concurrence touristique est devenue plus forte et vient aussi de pays qui étaient auparavant moins considérés comme des rivaux directs.

Mais que mesurent réellement les 11 millions tunisiens ?

C’est là que la comparaison devient plus complexe.

Les statistiques tunisiennes portent largement sur les arrivées aux frontières de non-résidents et ne correspondent pas nécessairement à des touristes internationaux effectuant un séjour hôtelier classique.

Les données officielles tunisiennes montrent notamment le poids très important du tourisme de voisinage. Le ministère du Tourisme indique que celui-ci représente autour de 54% des arrivées aux frontières, mais seulement environ 10% des nuitées hôtelières.

Autrement dit, un visiteur algérien ou libyen entrant en Tunisie est comptabilisé dans les arrivées, même si son comportement de consommation touristique peut être très différent de celui d’un Européen effectuant une semaine dans un hôtel.

Algériens, Libyens et diaspora pèsent lourd

Les statistiques tunisiennes distinguent également les Tunisiens résidant à l’étranger.

À titre d’exemple, les données officielles de 2023 comptabilisaient 8,13 millions de non-résidents étrangers auxquels s’ajoutaient 1,24 million de Tunisiens résidant à l’étranger, soit un total général de 9,37 millions d’entrées. Les TRE représentaient alors 13,2% de ce total.

Cela ne retire rien au poids économique de ces flux, mais montre pourquoi le simple nombre d’entrées ne suffit pas à comparer deux destinations.

La Tunisie bénéficie en outre d’un avantage géographique majeur : la proximité de l’Algérie et de la Libye génère plusieurs millions de passages chaque année, tandis que sa proximité avec l’Europe soutient les marchés français, allemand, britannique ou polonais.

Lire aussi: Devises : Tourisme et transferts des TRE ont rapporté 12,22 milliards de dinars

L’Afrique du Sud regarde surtout la dépense par visiteur

Le problème identifié par BDO en Afrique du Sud est d’ailleurs différent.

Le cabinet s’inquiète surtout du recul de marchés à forte dépense, notamment la Chine et l’Inde. Il estime que la faiblesse des arrivées internationales à haut pouvoir d’achat aurait représenté environ 6,5 milliards de rands de dépenses étrangères perdues en 2025.

C’est une différence importante avec une comparaison basée uniquement sur le nombre de visiteurs.

La Tunisie peut afficher davantage d’arrivées que l’Afrique du Sud tout en conservant une structure touristique très différente en termes de dépenses moyennes, durée de séjour, nuitées hôtelières ou revenus générés par visiteur.

La Tunisie reste néanmoins un concurrent qui compte

Cette nuance n’enlève toutefois rien au changement de perception observé en Afrique du Sud.

Il y a dix ans, la Tunisie apparaissait nettement derrière. Aujourd’hui, elle est citée par un grand média économique sud-africain et par BDO dans une réflexion sur les destinations qui gagnent du terrain face à l’Afrique du Sud.

La progression tunisienne est également réelle sur les marchés européens. Le ministère du Tourisme indique que l’Europe représente plus de 64% des nuitées hôtelières, avec notamment la France, l’Allemagne, la Pologne, le Royaume-Uni et la République tchèque parmi les marchés importants.

Le ministère avait par ailleurs lancé en 2025 une campagne de promotion sur 16 marchés européens et en 14 langues.

Le signal envoyé depuis Johannesburg reste donc significatif : même avec des statistiques difficiles à comparer directement, la Tunisie est désormais suffisamment présente sur le marché touristique africain pour être regardée en Afrique du Sud comme une destination concurrente.

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Quatre décrets-lois au JORT : ISIE à neuf membres, réconciliation pénale modifiée, nouveau cadre municipal

Au lendemain du Conseil des ministres du 29 septembre, quatre décrets-lois ont été publiés au JORT n°96 du 30 septembre 2026. Après la nouvelle rédaction de l’article 24 du décret-loi 54, déjà détaillée par Webdo, les autres textes modifient la réconciliation pénale, redessinent le Conseil de l’ISIE et instaurent un nouveau cadre pour les conseils municipaux.

La présidence de la République avait annoncé l’examen de ces quatre projets après le Conseil des ministres, sans en détailler le contenu. Leur publication au Journal officiel permet désormais d’en connaître précisément les dispositions.

Décret-loi 54 : L’article 24 réécrit

Le décret-loi n°2026-1 remplace l’article 24 du décret-loi n°54 du 13 septembre 2022.

Pour une première infraction relevant des deux premiers alinéas de l’article, la peine de prison disparaît au profit d’une amende comprise entre 10.000 et 20.000 dinars.

En cas de récidive, le nouveau texte prévoit six mois d’emprisonnement et une amende de 50.000 dinars. Les peines sont doublées lorsque la personne visée est un agent public ou assimilé.

Le décret-loi ne comporte que deux articles : le premier remplace l’article 24 et le second prévoit sa publication au JORT. Il ne contient pas de disposition spécifique relative aux procédures déjà engagées.

Lire aussi: Décret 54 : L’article 24 réécrit, la prison supprimée sauf en cas de récidive

Réconciliation pénale : 50% d’abord, jusqu’à deux ans pour le reliquat

Le décret-loi n°2026-2 modifie plusieurs dispositions du décret-loi n°13 du 20 mars 2022 relatif à la réconciliation pénale et à l’affectation de ses recettes.

La nouvelle rédaction de l’article 25 permet à la Commission nationale de réconciliation pénale d’établir un projet de réconciliation provisoire reposant, en principe, sur le paiement d’au moins la moitié des sommes dues.

Le demandeur doit ensuite s’engager à régler le reliquat dans le délai fixé par la commission, qui ne peut dépasser deux ans. Le dispositif précédent prévoyait un délai beaucoup plus court, limité à trois mois.

Le texte introduit toutefois une possibilité supplémentaire : la commission peut proposer un taux inférieur à 50% lorsqu’elle estime cette réduction justifiée.

Les modifications concernent également l’affectation des recettes de la réconciliation pénale. Elles doivent désormais servir au financement de projets d’intérêt national et de développement conformément aux décisions du Conseil de sécurité nationale.

ISIE : Neuf membres et des mandats de six ans

Le décret-loi n°2026-3 modifie la loi organique n°23 du 20 décembre 2012 relative à l’Instance supérieure indépendante pour les élections.

Le Conseil de l’ISIE comptera désormais neuf membres.

Trois seront choisis par le président de la République parmi des personnes disposant d’au moins dix ans d’expérience dans l’administration, l’organisation ou la supervision des élections.

Trois autres sièges reviennent à des magistrats issus respectivement des ordres judiciaire, administratif et financier. Chaque magistrat doit disposer d’au moins dix ans d’ancienneté et est choisi parmi trois candidats proposés par la structure judiciaire concernée.

Le Conseil comprendra également un ingénieur spécialisé dans les systèmes et la sécurité informatique, un ingénieur spécialisé en statistiques et un cadre retraité du corps diplomatique. Les candidats correspondants sont proposés respectivement par le Centre national de l’informatique, l’Institut national de la statistique et le ministère des Affaires étrangères.

Les neuf membres sont nommés par décret et le président de la République choisit également, parmi eux, le président de l’ISIE.

Un mandat de six ans, non renouvelable

La durée du mandat passe à six ans, sans possibilité de renouvellement.

Un tiers des membres doit être renouvelé tous les deux ans. Pour mettre en place ce mécanisme lors de la constitution du premier Conseil selon les nouvelles règles, un tirage au sort déterminera les membres quittant l’Instance après deux puis quatre ans. Le président de l’ISIE est exclu de ces deux premiers tirages.

Le changement n’entraîne toutefois pas le départ immédiat du Conseil actuel. Farouk Bouasker et les membres actuellement en fonction continueront à exercer leurs missions jusqu’à l’entrée en fonction du nouveau Conseil constitué conformément au décret-loi n°2026-3.

Conseils municipaux : 140 articles et la fin programmée du Code de 2018

Le quatrième texte est de loin le plus volumineux.

Le décret-loi n°2026-4 relatif aux conseils municipaux comprend 140 articles répartis en neuf titres. Il prévoit l’abrogation de la loi organique n°29 du 9 mai 2018 portant Code des collectivités locales, qui comptait 400 articles, ainsi que de toutes les dispositions contraires au nouveau texte.

Le nouveau cadre porte notamment sur la composition et les attributions des conseils municipaux, leur fonctionnement, leurs commissions, leur bureau, les pouvoirs de leurs présidents, l’administration municipale, le régime financier, les biens et services municipaux, la coopération, le contrôle et les litiges.

Mais son entrée en vigueur n’est pas immédiate.

Les nouvelles dispositions deviendront applicables après la proclamation des résultats définitifs des premières élections municipales organisées après la publication du décret-loi.

D’ici là, le décret-loi n°9 du 8 mars 2023 reste applicable. Ce texte avait dissous tous les conseils municipaux et confié la gestion courante des communes aux secrétaires généraux, sous la supervision des gouverneurs.

Aucune date pour ces prochaines élections municipales n’est fixée par le décret-loi n°2026-4 lui-même.

Ces quatre textes modifient ainsi simultanément le régime des infractions visées par l’article 24 du décret-loi 54, les modalités de la réconciliation pénale, la composition de l’instance électorale et l’organisation future des municipalités.

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Crédit sur l’honneur : Le dépôt en ligne devient obligatoire ce 1er octobre

Depuis ce jeudi 1er octobre 2026, les demandes de crédits sur l’honneur doivent obligatoirement être déposées sur la plateforme électronique mise en place par la banque concernée. Les plafonds atteignent 5.000 dinars pour les particuliers, 10.000 dinars pour les porteurs de petits projets et 25.000 dinars pour les PME et sociétés communautaires, sans intérêts ni garanties.

Un seul canal : la plateforme de la banque

La circulaire n°2026-08 de la Banque centrale de Tunisie (BCT), datée du 1er septembre, entre en vigueur ce 1er octobre. Elle fixe les modalités pratiques d’application du décret n°2026-148 du 23 juillet 2026, publié au JORT n°75 du 24 juillet.

À compter de cette date, les banques concernées doivent recevoir les demandes exclusivement par l’intermédiaire d’une plateforme électronique dédiée. Une demande transmise par un autre canal n’est pas prise en compte.

Chaque dossier doit être horodaté avec sa date et son heure exactes de dépôt. Le demandeur reçoit également un accusé de réception laissant une trace écrite.

L’horodatage n’est pas une simple formalité : il permet de déterminer l’ordre de dépôt des dossiers et constitue le point de départ du délai accordé à la banque pour rendre sa décision. La circulaire impose également aux établissements bancaires des obligations de traçabilité et de suivi des financements.

Jusqu’à 25.000 dinars, sans intérêts ni garanties

Le décret distingue trois catégories de bénéficiaires.

Les particuliers peuvent solliciter jusqu’à 5.000 dinars pour financer des besoins de consommation. Les porteurs de petits projets peuvent demander jusqu’à 10.000 dinars, tandis que le plafond atteint 25.000 dinars pour les petites et moyennes entreprises et les sociétés communautaires.

Pour l’application du dispositif, un petit projet correspond à un investissement cumulé ne dépassant pas 150.000 dinars. Pour les PME, le volume d’investissement se situe entre 150.000 dinars et 15 millions de dinars.

Ces financements sont accordés sans intérêts, sans sûreté ni garantie. Aucun frais ni aucune commission ne peuvent être facturés pour l’étude du dossier.

La durée maximale de remboursement est fixée à deux ans, avec une période de grâce pouvant aller jusqu’à six mois.

Au moins 50% de la dotation réservée aux PME

La totalité des ressources disponibles ne peut toutefois pas être consacrée aux crédits destinés aux particuliers.

Le décret impose, à l’exception des banques à statuts spécifiques, de réserver au moins 50% des crédits affectés à cette ligne aux petites et moyennes entreprises et aux sociétés communautaires.

Le mécanisme trouve son origine dans la réforme du Code de commerce adoptée en 2024. Le nouvel article 412 ter impose aux banques d’affecter au moins 8% des bénéfices de l’exercice précédent à des lignes de financement sur l’honneur à court terme, sans intérêts ni garanties. Le texte prévoit également que les montants affectés soient utilisés chaque année.

Le décret n°2026-148 rend cette disposition applicable en précisant les bénéficiaires, les montants et les conditions d’octroi. Il s’applique à partir de l’affectation des bénéfices de l’exercice 2025.

Dix jours pour répondre, mais pas d’accord automatique

Le dépôt d’une demande ne signifie pas que le crédit sera automatiquement accordé.

Les banques continuent d’examiner les dossiers conformément à leurs procédures internes de crédit. Elles disposent toutefois d’un délai maximal de dix jours ouvrables bancaires, calculé à partir de l’horodatage de la demande, pour rendre leur décision. Tout refus doit être motivé et communiqué par un moyen laissant une trace écrite.

Avant le déblocage des fonds, la banque doit également consulter la Centrale d’informations de la BCT afin de vérifier que le demandeur ne bénéficie pas déjà d’un financement de même catégorie qui n’aurait pas été totalement remboursé.

Un nouveau crédit sur l’honneur ne peut ainsi être accordé tant qu’un précédent financement de la même catégorie n’a pas été intégralement soldé.

Le dispositif entre désormais dans sa phase réelle

Après la publication du décret en juillet puis de la circulaire de la BCT en septembre, le 1er octobre constitue le passage à la mise en œuvre pratique du mécanisme.

Plusieurs banques ont annoncé la mise en ligne de leurs dispositifs de dépôt. Les modalités pratiques et les pièces exigées peuvent cependant différer selon les établissements, le demandeur devant donc passer directement par le site officiel de sa banque.

La prochaine étape permettra surtout de mesurer l’application réelle du dispositif : nombre de demandes enregistrées, décisions rendues dans le délai de dix jours et rythme de déblocage des premiers crédits.

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