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Le Japan Festival 2026 s’installe à la Cité de la Culture de Tunis

À l’occasion du 70e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre le Japon et la Tunisie, la culture nipponne sera à l’honneur dans la capitale.

L’ambassade du Japon en Tunisie organise un événement exceptionnel, le Japan Festival 2026, qui se tiendra sur trois jours consécutifs à la Cité de la Culture de Tunis : du vendredi 30 octobre au dimanche 1er novembre pour une mmersion au cœur des traditions et des arts japonais

Les amoureux de la culture asiatique sont invités à voyager au Pays du Soleil-Levant à travers une programmation riche, variée et interactive, avec notamment des ateliers d’initiation à la calligraphie japonaise, démonstrations fascinantes de l’art floral (Ikebana) et cérémonies du thé traditionnelles et de nombreux spectacles vivants et animations, qui se succéderont sur scène tout au long du festival pour émerveiller petits et grands.

L’entrée est gratuite et ouverte à tous, précis l’ambassade du Japon, en ajoutant que les horaires détaillés et les différentes étapes du programme seront dévoilés progressivement sur les canaux officiels de l’événement placé sous le signe du partage et de l’amitié tuniso-japonaise.

Y. N.

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Tunisie | Zied El Heni entame une grève de la faim

Le journaliste Zied El Heni a annoncé dans la soirée de ce samedi 10 octobre 2026, sa participation symbolique à la grève de la faim menée par Ahmed Néjib Chebbi et Abdelhamid Jelassi

Dans une lettre diffusé par sa famille via sa page Facebook, Zied El Heni affirme que cette action vise à protester contre la coupure de la diffusion de la chaîne d’information TV5 Monde en prison et à défendre ainsi le droit d’accès à l’information.

Il a par ailleur rappelé qu’il doit comparaître le 16 octobre devant la Chambre correctionnelle spécialisée dans les affaires de terrorisme au Tribunal de première instance de Tunis et qu’il fera face à une autre convocation devant le tribunal le 6 novembre prochain.

Zied El Heni a par ailleurs déploré les poursuites le visant et fermement rejeté toutes les accusations.

Y. N.

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Quatre dealers recherchés arrêtés à Sijoumi

Dans le cadre de la lutte contre le trafic de stupéfiants, une opération sécuritaire menée à Sijoumi a permis l’arrestation de quatre trafiquants de drogue.

Ces derniers faisaient l’objet de plusieurs mandats de recherche et sont considérés comme dangereux, a indiqué une source sécuritaire citée par Mosaïque FM, ce samedi 10 octobre 2026.

Lors de leur interpellations, les dealers étaient en possession d’une quantité de cannabis, a précisé la même source, ajoutant qu’un autre individu impliqué dans plusieurs affaires de vol a également été arrêté au cours de la même opération.

L’ensemble des suspects a été placé en garde à vue, tandis que les opérations de traque et de lutte contre le trafic de drogue se poursuivent dans la zone.

Y. N.

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Perturbation temporaire de la circulation à l’entrée sud de Tunis dès le 13 octobre 2026

​Le Ministère de l’Équipement et de l’Habitat informe les usagers de la route régionale 22, connue sous le nom de l’entrée sud de la capitale, du démarrage des travaux au niveau de la zone de Jebel Jelloud.

Ces travaux s’inscrivent dans le cadre de la réalisation de la deuxième tranche du projet d’élargissement de cet axe routier majeur, précise le ministère en ajoutant que pour assurer le bon déroulement du chantier, la circulation sera partiellement déviée sur deux voies dans chaque sens sur un tronçon d’environ un kilomètre.

Cette mesure concerne aussi bien les automobilistes se dirigeant vers le centre-ville de Tunis que ceux qui quittent la capitale en direction de Sousse, pour une durée d’une semaine à compter du mardi 13 octobre 2026.

​Afin de garantir la sécurité de tous, le ministère invite l’ensemble des usagers de la route à faire preuve de vigilance, à respecter scrupuleusement la signalisation routière installée sur place et à réduire leur vitesse à l’approche de la zone des travaux.

Y. N.

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Météo | Les prévisions pour cette nuit

Un temps instable s’installe sur le nord de la Tunisie où le ciel sera parfois très nuageux avec des pluies localement orageuses et parfois abondantes sur le littoral, alors que des passages nuageux survoleront le reste du pays.

​C’est ce qu’annonce l’Institut national de la météorologie (INM), ajoutant que le vent soufflera fort à proximité des côtes et sera faible à modéré dans les autres régions.

​Côté températures, les nocturnes seront comprise entre 15 et 21 degrés sur le nord ainsi que sur les hauteurs, et entre 22 à 27 degrés sur les autres zones.

Y. N.

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Affaires religieuses : lancement d’une plateforme numérique pour la gestion administrative des cadres des mosquées

Le ministère des Affaires religieuses a lancé une nouvelle plateforme numérique dédiée à la gestion des cadres des mosquées, visant à simplifier les procédures administratives, à réduire les délais de traitement des dossiers et à améliorer la répartition des agents, tout en identifiant les postes vacants.

Présentant cette plateforme, vendredi, le ministre des Affaires religieuses, Ahmed Bouhali, a souligné qu’il s’agit d’une première dans l’histoire du département, s’inscrivant dans les orientations du président Kaïs Saïed en faveur de la numérisation et de la modernisation de l’administration, selon un communiqué du ministère.

Le ministre a salué les efforts des cadres centraux et régionaux ayant contribué à la réalisation du projet, avec la participation d’une entreprise mobilisant de jeunes compétences tunisiennes.

De son côté, la cheffe de cabinet, Ghofrane Sahli, a indiqué que la plateforme permet de suivre les dossiers à toutes les étapes de leur traitement, de clarifier les responsabilités, d’accélérer les échanges entre les services centraux et régionaux et de produire des statistiques précises.

 

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UNESCO : la Tunisie réaffirme la priorité accordée à l’éducation, à la préservation du patrimoine et à la transformation numérique

L’ambassadeur, délégué permanent de la Tunisie auprès de l’Organisation des Nations unies pour l’Education, la Science et la Culture (UNESCO), Dhia Khaled, a réaffirmé la priorité accordée par la Tunisie, depuis son indépendance, à l’éducation, en tant que choix national fondé sur la gratuité et l’obligation de l’enseignement, et sur les principes de citoyenneté et d’égalité des chances.

Dans une allocution prononcée devant la séance plénière de la 225e session du Conseil exécutif de l’Organisation, qui se tient à Paris du 5 au 20 octobre, il a souligné l’engagement de la Tunisie à poursuivre le développement de son système éducatif et à renforcer sa capacité d’adaptation aux mutations sociétales et technologiques.

Cet engagement se traduit, notamment, par la création du Conseil supérieur de l’éducation et de l’enseignement, conçu comme un cadre stratégique destiné à améliorer la qualité de l’enseignement et à élaborer des politiques éducatives inclusives et durables, a-t-il indiqué, selon un communiqué publié vendredi par la délégation permanente de la Tunisie auprès de l’UNESCO.

Dhia Khaled a, également, insisté sur la nécessité de promouvoir une intelligence artificielle responsable qui respecte les droits fondamentaux des citoyens et les principes de l’éthique, tels que définis par l’UNESCO.

Il a affirmé que la Tunisie entend adopter une approche responsable et inclusive de cette technologie, garantissant le respect des droits des citoyens et des principes de la recommandation de l’UNESCO sur l’éthique de l’intelligence artificielle.

 

Mieux répondre aux enjeux et aux défis actuels

Sur le plan culturel, le délégué permanent de la Tunisie auprès de l’UNESCO a réitéré la détermination de la Tunisie à préserver, protéger et valoriser son patrimoine culturel et naturel. Il a cité, à cet égard, l’inscription, en 2026, du village de Sidi Bou Saïd sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO et l’intégration du Géoparc du Dahar au Réseau mondial des géoparcs mondiaux de l’UNESCO.

Il a, par ailleurs, plaidé pour que l’Afrique occupe une place prioritaire dans l’action de l’organisation, tout en soulignant l’importance de renforcer l’autonomisation des femmes et des jeunes.

Dans ce contexte, il a rappelé l’engagement de la Tunisie en faveur de la mise en œuvre de la résolution 1325 du Conseil de Sécurité de l’ONU sur les femmes, la paix et la sécurité, adoptée le 31 octobre 2000.

Il a, également, fait état de l’élaboration par la Tunisie d’un deuxième plan d’action national pour la mise en œuvre de cette résolution et des résolutions complémentaires, dans le cadre de ses efforts en faveur de la participation et de l’égalité des chances dans les différents domaines.

D’autre part, l’ambassadeur a salué les efforts déployés par l’UNESCO, dans le cadre de son mandat, dans les zones touchées par les conflits et les tensions, notamment en matière de protection du patrimoine et de défense de la liberté d’expression et de la liberté de la presse.

Il a, enfin, souligné la nécessité de renforcer la gouvernance, la transparence et l’efficacité de l’Organisation dans le cadre de l’initiative «UNESCO 80», afin de lui permettre de mieux répondre aux enjeux et aux défis actuels, aux niveaux national et international.

 

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Zied Dabbar : « Libérez les journalistes et mettez fin aux poursuites »

Le président du Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT), Zied Dabbar, a appelé à la libération immédiate des journalistes détenus et à l’arrêt des poursuites et des procès visant des dizaines de professionnels des médias.

Lors de l’ouverture du septième congrès du SNJT, il a dressé un constat préoccupant de la situation de la presse en Tunisie, évoquant des journalistes emprisonnés, d’autres confrontés à des condamnations judiciaires et certains contraints de quitter le pays.

Zied Dabbar a notamment demandé la libération de Mourad Zeghidi, Zied El Heni, Mohamed Youssefi et Borhen Bsaies. Il a également exprimé son soutien aux familles des journalistes détenus, soulignant les souffrances liées à l’attente et à l’incertitude.

Le président du syndicat a assuré que le SNJT continuerait à défendre ses membres, quelles que soient les circonstances. Il a également insisté sur l’importance de préserver l’indépendance du syndicat, tout en renforçant les alliances avec les organisations nationales, les syndicats et les associations de défense des droits humains.

Selon lui, la liberté de la presse constitue un droit de la société et non un privilège réservé aux journalistes. Il a rappelé que l’indépendance des médias repose notamment sur celle des journalistes, qui nécessite la garantie de leurs droits professionnels et sociaux ainsi que des conditions de travail au sein d’organisations médiatiques viables.

En conclusion, Zied Dabbar a réaffirmé la volonté du SNJT de rester un espace ouvert à la diversité des opinions et de poursuivre son engagement en faveur de la liberté de la presse et de la dignité des journalistes, indépendamment des changements de direction et des échéances syndicales.

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Administration tunisienne : quand le citoyen doit prendre son courage à deux mains

Par Zouhaïr BEN AMOR (Universitaire)

Un document à retirer. Un dossier à déposer. Une situation à régulariser. Sur le papier, la démarche paraît simple. On rassemble ses pièces, on réserve une matinée et l’on se présente au service concerné. Pourtant, lorsque les indications restent imprécises ou que les réponses changent d’un interlocuteur à l’autre, une formalité peut prendre une place démesurée dans la journée. On était venu régler un problème. On repart parfois avec une inquiétude supplémentaire : faudra-t-il recommencer ?

C’est sous cet angle que je voudrais regarder l’administration tunisienne. Derrière les procédures, il y a ce qu’elles font vivre aux personnes. L’attente, l’incertitude, la crainte de mal comprendre, le sentiment de déranger ne figurent pas sur les formulaires. Ils accompagnent pourtant certaines démarches et peuvent peser sur la relation du citoyen avec l’État. Une administration n’est pas seulement un ensemble de bureaux. Elle est aussi une expérience humaine, renouvelée chaque fois que quelqu’un demande un renseignement ou tente de faire reconnaître un droit.

Il serait injuste d’en dresser un portrait uniformément sombre. Des agents accueillent correctement, expliquent avec patience et cherchent des solutions dans les limites de leurs fonctions. Des services accomplissent leur mission sans transformer chaque demande en parcours difficile. Mais ces réalités ne doivent pas nous empêcher d’interroger les situations où la relation se dégrade. Pourquoi une institution destinée à servir peut-elle devenir un lieu que l’on aborde avec appréhension ? Et que laisse cette appréhension dans la vie collective lorsqu’elle finit par paraître normale ?

L’incertitude fatigue davantage que l’attente

Attendre n’est pas nécessairement insupportable. On peut accepter qu’un dossier exige une vérification, qu’un service reçoive beaucoup de demandes ou qu’une décision prenne du temps. Ce qui use davantage, c’est de ne pas savoir. Ne pas savoir si l’on se trouve au bon endroit, si les pièces réunies suffiront, si quelqu’un examine réellement la demande ou si le déplacement suivant permettra enfin d’aboutir.

La différence est considérable. Un délai annoncé permet de s’organiser. Une attente sans explication oblige à rester disponible pour une issue inconnue. Le citoyen ne maîtrise plus son effort. Il peut hésiter entre patienter, revenir, téléphoner ou chercher un autre interlocuteur. Chaque tentative ajoute un peu de fatigue, sans nécessairement apporter davantage de clarté.

Cette fatigue n’a pas le même poids pour tout le monde. Une personne qui peut se déplacer facilement ne vit pas la démarche comme celle qui doit demander une autorisation d’absence, trouver un transport ou se faire accompagner. Pour un parent, une matinée perdue peut désorganiser la journée familiale. Pour quelqu’un dont les revenus dépendent du travail quotidien, le déplacement représente davantage qu’un désagrément. Le temps administratif entre ainsi dans des existences dont il ignore souvent les contraintes.

Il y a aussi ceux qui n’osent pas poser de questions. Un formulaire peut sembler évident à la personne qui le traite régulièrement et rester obscur pour celle qui le découvre. Le citoyen hésite, relit, cherche une indication. Une réponse sèche suffit parfois à le convaincre qu’il aurait dû comprendre seul. Il repart alors avec sa difficulté et, plus pénible encore, avec le sentiment d’être incapable.

On peut appliquer une règle fermement sans humilier. On peut refuser une demande tout en prenant le temps d’expliquer pourquoi. L’administration ne doit pas satisfaire toutes les attentes, mais elle devrait permettre à chacun de comprendre ce qui lui arrive. Cette exigence me paraît élémentaire. Elle engage pourtant toute une manière de considérer la personne qui se tient devant le guichet.

Derrière le guichet, quelqu’un se fatigue aussi

Le regard porté sur le citoyen ne suffit pas. Il faut regarder l’agent, lui aussi pris dans une organisation dont il ne décide pas toujours le fonctionnement. Il reçoit les demandes, entend les plaintes et doit parfois justifier un retard qu’il ne maîtrise pas. Pour le public, il représente l’institution. Dans son travail réel, il peut ne disposer que d’une marge de décision très limitée.

Cette position mérite d’être comprise. Un agent peut connaître la solution souhaitable sans avoir l’autorisation de l’appliquer. Il peut devoir expliquer une consigne peu claire, utiliser un outil défaillant ou attendre une validation avant de répondre. S’il reçoit successivement des personnes inquiètes ou irritées, la journée devient éprouvante. Le citoyen voit quelques minutes de son activité ; il n’en connaît pas nécessairement le reste.

À force, une distance peut s’installer. Répondre brièvement, éviter une discussion, se retrancher derrière la procédure deviennent des façons de tenir. Elles peuvent protéger momentanément l’agent, mais elles appauvrissent la relation. Celui qui demande une explication entend alors une fermeture là où l’autre croit simplement préserver son temps ou respecter ses instructions.

Cela n’excuse ni le mépris ni l’abus d’autorité. Comprendre un comportement ne signifie pas l’accepter. Mais réduire chaque difficulté à la mauvaise volonté d’une personne nous dispense trop facilement d’examiner l’organisation qui l’entoure. Une institution peut demander à ses agents d’être disponibles tout en les plaçant dans des conditions qui rendent cette disponibilité difficile.

Le malentendu se construit ainsi des deux côtés. Le citoyen arrive avec les démarches déjà accomplies, les déplacements et les réponses reçues. L’agent ne connaît pas cette histoire. Il voit une nouvelle demande, parfois formulée avec une impatience qu’il juge injustifiée. L’un pense devoir insister pour être entendu, l’autre se prépare à résister à une pression. La conversation commence, mais chacun se défend déjà.

Former à l’accueil peut aider. Encore faut-il écouter les difficultés des personnels, clarifier leurs responsabilités et leur donner les moyens de répondre. Le respect ne se décrète pas uniquement à l’entrée des bureaux. Il dépend aussi de la manière dont une hiérarchie traite ceux qui y travaillent.

Quand la relation personnelle remplace la règle

Face à l’incertitude, chacun cherche un appui. On demande à un proche comment procéder, on se renseigne sur les habitudes du service, on essaie de savoir à qui s’adresser. Cette entraide est souvent légitime. Elle devient préoccupante lorsque connaître quelqu’un paraît plus rassurant que connaître la procédure.

Le changement est discret, mais profond. Le citoyen ne se demande plus seulement quelles pièces fournir. Il cherche la personne capable de faire avancer les choses. Même lorsqu’aucun passe-droit n’est établi, l’impression que les relations comptent davantage que les règles peut suffire à affaiblir la confiance.

Celui qui ne possède aucun contact se sent alors moins armé. Il peut aborder la démarche avec l’idée qu’il devra attendre davantage ou insister plus longtemps. Celui qui dispose d’une relation peut finir par considérer son intervention comme une simple précaution. Pourquoi suivre un chemin incertain lorsqu’un autre semble plus sûr ? C’est précisément cette question qui devrait nous inquiéter.

Il faut distinguer l’accompagnement du favoritisme. Aider une personne âgée à comprendre un dossier, orienter un voisin vers le bon service ou expliquer une formalité relève de la solidarité. Le problème apparaît lorsque cet accompagnement semble nécessaire pour obtenir un traitement normal, ou lorsque la proximité ouvre une possibilité qui reste fermée aux autres.

Une administration doit offrir un cadre commun. Si chacun croit devoir mobiliser ses ressources personnelles pour y trouver sa place, elle risque de prolonger les inégalités au lieu de les contenir. L’assurance, le statut social, la facilité de parole deviennent alors des avantages supplémentaires.

Les agents consciencieux souffrent également de cette situation. Leur travail peut disparaître derrière une réputation générale de lenteur ou de favoritisme. Ils reçoivent une méfiance qu’ils n’ont pas forcément provoquée. Les personnes finissent, une nouvelle fois, par payer pour un fonctionnement insuffisamment lisible.

Réparer les procédures, retrouver la considération

La modernisation devrait partir d’une question très concrète : que doit savoir une personne avant de commencer sa démarche ? Une information claire sur les pièces, les étapes et les délais peut éviter des déplacements et réduire l’inquiétude. Il faut aussi que cette information reste cohérente d’un interlocuteur à l’autre. Rien ne décourage davantage qu’une consigne annulée par la suivante.

Le numérique peut améliorer les choses. Il peut permettre de suivre une demande, de transmettre un document ou d’obtenir un renseignement sans se déplacer. Mais un écran ne corrige pas automatiquement une mauvaise organisation. Un message d’erreur incompréhensible, une demande bloquée ou l’absence de réponse peuvent reproduire à distance l’impuissance ressentie devant un guichet.

Il faut donc penser l’accompagnement. Certaines personnes maîtrisent les outils numériques, d’autres hésitent ou dépendent d’un proche. La facilité offerte aux premières ne devrait pas devenir un obstacle pour les secondes. Le service public garde la responsabilité de rendre la démarche accessible.

Une réclamation devrait également pouvoir être entendue sans être reçue comme une offense. Elle peut signaler une difficulté que les responsables ne perçoivent pas depuis leur position. Encore faut-il lui donner une suite. Inviter à s’exprimer puis laisser la parole sans réponse ne restaure rien.

Je crois que la confiance se reconstruit dans ces moments modestes : une explication donnée jusqu’au bout, un délai respecté, un retard annoncé, une erreur reconnue et corrigée. Le citoyen n’attend pas nécessairement un privilège. Il veut pouvoir prévoir, comprendre et être traité avec considération.

L’administration tunisienne gagnerait à regarder cette dimension humaine comme une partie de sa mission. Une personne peut accepter une décision défavorable et repartir sans se sentir diminuée. Elle peut attendre tout en sachant que sa demande compte. C’est cette expérience qu’il faudrait rendre ordinaire. Aller demander son droit ne devrait pas exiger de préparer son courage la veille.

 

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Météo | Un samedi pluvieux en perspective

Pour le samedi 10 octobre 2026, l’Institut National de la Météorologie (INM) prévoit la poursuite de pluies éparses et temporairement orageuses.

Un temps instable est annoncé pour débuter le week-end, selon les prévisions de l’INM, qui précise que les pluies sont attendues principalement sur les régions côtières et le nord de la Tunisie.

Des précipitations éparses à caractère temporairement orageux sont également attendues tout au long de la journée sur les autres régions, ajoute l’INM, qui invite à la prudence et à suivre l’évolution de la carte de vigilance.

Y. N.

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Drogue à l’Ariana | Un réseau démantelé et un dealer arrêté près d’un lycée

Les unités de la sûreté nationale de l’Ariana Nord ont mené, dans la nuit du jeudi à vendredi, une opération ciblée dans le cadre du trafic de drogues dans la région.

Selon une source officielle citée par l’Agence Tap, les forces de l’ordre ont réussi à démanteler un réseau spécialisé dans le trafic à Borj El Baccouche, conduisant à l’arrestation et au placement en garde à vue de 5 individus.

L’intervention menée par les unités sécuritaires a permis de mettre la main sur des quantités de cannabis et de cocaïne pure et à la saisie de deux véhicules utilisés pour les déplacements des sealers ainsi qu’une somme d’argent provenant de leurs activités illicites.

Dans le cadre de cette même opération, les forces de sécurité ont également interpellé un suspect résidant dans la zone de Sidi Omar relevant de la délégation de Raoued, arrêté en flagrant délit à proximité d’un lycée secondaire, alors qu’il s’apprêtait à écouler sa marchandise.

La fouille a permis de découvrir et de saisir en sa possession une quantité importante de comprimés psychotropes.

Les suspects été placés en détention en attendant la suite des investigations menées sous la supervision du Parquet.

Y. N.

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Meurtre à Nabeul | L’ami de la victime interpellé à la Cité Ettahrir

L’enquête pour meurtre ouverte à Nabeul a permis l’arrestation à la Cité Ettahrir (à Tunis) du suspect, qui n’est autre que l’ami de la victime.

Les agents de la brigade de la police judiciaire du Bardo sont parvenus à mettre la main sur le suspect principal recherché pour meurtre, indique Mosaïque FM, citant une source proche du dossier.

Les investigations ont révélé que les deux hommes, qui se connaissaient, avaient planifié une traversée irrégulière vers les côtes européennes depuis Nabeul, en compagnie de cinq autres personnes.

Mais une dispute liée aux préparatifs de la traversée irrégulière a éclaté entre les deux amis, virant au drame et coûtant la vie à la victime.

Le suspect a quant à lui pris la fuite avant d’être localisé dans la maison où il se cachait à la Cité Ettahrir, puis arrêté par la police judiciaire du Bardo.

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Les foulées vertes | Courir tous ensemble pour le don d’organes

Le Centre national pour la promotion de la transplantation d’organes (CNPTO) s’apprête à célébrer la Journée mondiale et nationale de sensibilisation au don d’organes.

Cet événement sportif et citoyen organisé sous l’égide du Ministère de la Santé se tiendra le dimanche 18 octobre 2026 et la mobilisation s’annonce inédite à travers le pays, selon un communiqué de la Direction régionale de la santé de Tunis.

L’événement « Les Foulées Vertes » sera marqué par un grand rassemblement sur la Corniche de La Marsa pour le Grand Tunis (regroupant les gouvernorats de Tunis, l’Ariana, Ben Arous et La Manouba), qui sera mené en simultané dans les 20 autres gouvernorats de la Tunisie.

Sous le slogan fort « Courir tous ensemble pour le don d’organes », ce sont ainsi 24 gouvernorats qui vibreront à l’unisson pour porter un message d’espoir : sensibiliser, donner et sauver des vies.

Le CNPTO invite le grand public, les sportifs et l’ensemble des citoyens à se joindre massivement à cet élan de générosité pour promouvoir et ancrer la culture du don d’organes en Tunisie.

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Météo | Tunisie : Orages, pluies et vents forts attendus sur plusieurs régions

Les conditions annoncées par l’Institut national de la météorologie (INM) seront particulièrement instables cette nuit sur l’ensemble de la Tunisie.

​L’INM alerte sur des pluies temporairement orageuses qui toucheront la majorité des régions et qui seront parfois abondantes sur le nord et localement sur le Centre, où elles seront accompagnées de chutes de grêle sur les hauteurs.

Les vents souffleront fort, particulièrement près des côtes et provoquant des phénomènes locaux de sable dans le sud du pays pouvant brutalement dépasser les 80 km/h sous les cellules orageuses.

​Pour les températures, elles seront comprises cette nuit entre 15 et 20 °C au nord et le centre, et entre 21 et 26 °C dans les régions du sud.

Y. N.

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Siliana : une campagne de sensibilisation aux dangers de la drogue auprès des jeunes en formation professionnelle

Les services du Commissariat régional de la Famille, de la Femme, de l’Enfance et des Personnes âgées à Siliana ont organisé, jeudi, le programme « Une heure de prévention » au profit des jeunes du Centre de formation et d’apprentissage professionnel.

Cette action est réalisée en collaboration avec les services de la direction régionale de l’Office national de la Famille et de la Population (ONFP), le Commissariat régional aux Affaires culturelles et la direction régionale des Affaires religieuses, dans le cadre de la mise en œuvre de l’initiative nationale participative de prévention des risques liés aux drogues.

La cheffe du service des Affaires de la femme et de la famille au Commissariat régional de la Femme, Hanen Mastour, a indiqué, à l’Agence TAP, que cette campagne vise principalement à prévenir les risques liés aux drogues, à promouvoir les comportements positifs et à sensibiliser davantage les jeunes aux dangers des drogues et des comportements à risque.

Elle a ajouté que la campagne vise également à développer les capacités des jeunes en matière de prévention et de prise de décisions appropriées, ainsi qu’à renforcer leur sécurité numérique.

La manifestation comprend plusieurs ateliers consacrés à l’éducation sanitaire, au développement des compétences de vie, à l’écoute et à l’orientation psychologique ainsi qu’au renforcement de la sécurité numérique.

La responsable a, par ailleurs, indiqué que des manifestations simultanées ont été organisées dans le cadre du programme « Une heure de prévention » au sein d’établissements éducatifs dans plusieurs délégations et zones rurales.

 

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Pèlerinage : Tunis et Riyad examinent les moyens d’améliorer les services aux pèlerins tunisiens

Le ministre  des Affaires religieuses, Ahmed Bouhali, et son homologue saoudien chargé du Hajj et de la Omra, Tawfiq ben Fawzan Al-Rabiah, ont examiné les moyens d’améliorer les services proposés aux pèlerins tunisiens, lors d’une réunion tenue mercredi au siège du ministère à Tunis.

Selon un communiqué  publié jeudi, les deux responsables ont discuté de plusieurs mesures visant à faciliter le déroulement du pèlerinage et à mieux répondre aux attentes des fidèles.

Ahmed Bouhali a présenté plusieurs demandes à la partie saoudienne, dont certaines ont reçu une réponse immédiate, tandis que d’autres feront l’objet d’un examen ultérieur.

Le ministre a présenté les différentes étapes accomplies dans le cadre des préparatifs de la saison actuelle du Hajj, soulignant le respect des conditions, des exigences et des délais fixés par le pays hôte.

Il a également salué la coopération entre les différentes composantes du bureau tunisien des pèlerins et les institutions nationales impliquées dans l’organisation de ce rite religieux.

De son côté, Tawfiq ben Fawzan Al-Rabiah a exprimé sa satisfaction quant à l’organisation tunisienne du pèlerinage et aux efforts déployés pour sensibiliser les futurs pèlerins.

Il a notamment salué le recours à des méthodes pédagogiques modernes pour faciliter la compréhension des rites.

Le responsable saoudien a également évoqué les objectifs de la Vision saoudienne 2030, qui prévoit notamment de permettre à des millions de musulmans d’accomplir le Hajj et la Omra dans de meilleures conditions, grâce au développement des infrastructures et des services numériques.

Au cours de sa visite de travail en Tunisie, entamée mardi 6 octobre, le ministre saoudien s’est également rendu à la médina de Tunis, où il a visité des sites religieux et historiques, notamment la mosquée Zitouna.

Il a par ailleurs visité le palais Dar Lasram et le village de Sidi Bou Saïd, exprimant son admiration pour le patrimoine historique et la diversité culturelle du pays.

Le ministre saoudien a quitté la Tunisie jeudi matin.

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15-30 ans : une génération tunisienne en salle d’attente, le départ se prépare et la facture s’annonce lourde

Chômage des jeunes à 35,4 %, diplômes sans emploi, départ envisagé par 71 % des 18-29 ans. Pour le sociologue Mamdouh Ezzeddine, la jeunesse tunisienne attend et la facture s’annonce lourde.

C’est dans une déclaration exclusive à L’Économiste Maghrébin que le sociologue livre son analyse sur la situation des 15-30 ans en Tunisie. Selon lui, cette tranche d’âge représentant la jeunesse tunisienne, censée être celle de la formation, de l’entrée dans le travail et de la construction d’un projet personnel, ressemble pour une grande partie des jeunes à une salle d’attente : celle d’un diplôme, d’un emploi, d’un logement, d’un mariage, voire du moment de partir.

Le sociologue refuse d’y voir une simple difficulté conjoncturelle. La question qui se pose, estime-t-il, est celle du devenir d’une génération lorsque l’école et le travail, voies traditionnelles d’accès à l’autonomie, ne tiennent plus la promesse d’avenir qui était la leur.

Des chiffres qui dessinent l’ampleur du problème

Les données les plus récentes donnent la mesure de cette inquiétude. Au deuxième trimestre 2026, le chômage atteignait 35,4 % chez les 15-24 ans, soit plus du double du taux observé pour l’ensemble de la population active, établi à 14,9 %. Il grimpait à 37,1 % chez les jeunes femmes. Les diplômés de l’enseignement supérieur ne sont pas épargnés : leur taux de chômage s’élève à 26,6 %, avec un écart considérable entre les femmes (35,6 %) et les hommes (14,2 %).

Pour Mamdouh Ezzeddine, ces chiffres traduisent une réalité qui dépasse le marché de l’emploi, puisque c’est l’entrée dans la vie adulte qui devient de plus en plus incertaine.

De la crise économique à la précarité

Le sociologue rappelle d’abord que le chômage des jeunes n’est pas un simple déficit de revenu. Survenant au début du parcours adulte, il retarde l’accès à l’autonomie, prolonge la dépendance à l’égard de la famille, repousse le mariage comme l’installation dans un logement indépendant et limite la capacité à se projeter sur le long terme. Cette précarité prend souvent racine dès l’école. Si la Tunisie a accompli des progrès considérables en matière de scolarisation, l’accès à l’école, souligne-t-il, ne garantit pas la réussite du parcours. D’après l’UNICEF, entre 63 000 et 100 000 enfants quittent chaque année le système éducatif à différents niveaux, et près de 30 000 d’entre eux ne trouvent aucune alternative de formation ou d’éducation. Ce décrochage constitue, selon le sociologue, l’une des premières portes d’entrée dans la vulnérabilité, car il réduit les chances d’accéder à un emploi stable et expose davantage à l’économie informelle, à la dépendance familiale ou à l’exclusion durable.

Mais la difficulté touche aussi ceux qui restent sur les bancs et décrochent un diplôme. L’éducation continue d’être présentée comme le principal levier de mobilité sociale, alors que le marché du travail ne crée pas assez d’opportunités à la hauteur des qualifications acquises. Le jeune est alors conduit à se demander à quoi sert l’effort scolaire si le diplôme ne garantit ni l’emploi ni l’autonomie. Lorsque ce doute devient collectif, précise l’expert, c’est la confiance dans l’ascenseur social qui se fragilise.

La famille joue dans ce contexte un rôle de protection déterminant, mais celui-ci a ses limites. Quand un jeune adulte reste plusieurs années dépendant de ses parents, le soutien familial peut devenir source de tensions, car l’argent, la liberté, les choix professionnels, le mariage, la migration et l’avenir deviennent des sujets de négociation permanente.

C’est à ce stade que la vulnérabilité économique commence, estime Mamdouh Ezzeddine, à produire du déséquilibre social. Le jeune n’est plus seulement privé d’emploi : il se trouve empêché d’acquérir les ressources matérielles et symboliques de son autonomie. Le sociologue parle à ce propos de « panne biographique », c’est-à-dire d’une situation où l’individu subit non seulement une interruption de sa trajectoire professionnelle, mais aussi le retard de plusieurs étapes fondamentales de son parcours de vie. L’attente cesse alors d’être un passage pour devenir un état durable.

Une salle d’attente aux places inégales

Il met toutefois en garde contre la tentation de parler d’une jeunesse homogène. La crise est fortement différenciée selon le sexe, le territoire, le milieu social et le niveau d’éducation. Les données de l’Institut national de la statistique montrent que la pauvreté frappe davantage les zones non communales et les régions de l’intérieur : en 2021, elle atteignait 37 % dans le Centre-Ouest, contre 12,7 % dans les zones communales. Les écarts se retrouvent à l’école, puisqu’en 2024 le taux de fréquentation scolaire et universitaire des 3-24 ans s’établissait à 81,1 % en milieu urbain, contre 72,1 % en milieu rural.

Les jeunes femmes illustrent une autre contradiction. Très présentes dans l’enseignement supérieur, elles peinent davantage que leurs homologues masculins à convertir leurs qualifications en emploi et en indépendance économique, ce que confirme un chômage féminin nettement supérieur.

Le sociologue évoque ainsi plusieurs jeunesses tunisiennes : celle qui quitte l’école trop tôt, celle qui obtient un diplôme sans trouver d’emploi, celle qui vit dans une région où les opportunités sont rares, celle dont le capital familial permet de prolonger l’attente et celle qui n’a même pas cette possibilité. La crise est commune, mais les moyens d’y faire face sont profondément inégaux.

Le départ se prépare : l’avenir se projette à l’étranger

Cette transformation des trajectoires trouve, selon lui, son expression la plus nette dans le désir de migration. D’après le Baromètre arabe, 46 % des Tunisiens déclaraient envisager de partir en 2023-2024, une proportion qui atteignait 71 % chez les 18-29 ans.

Mamdouh Ezzeddine juge réducteur d’expliquer ce choix par la seule quête d’un meilleur salaire. Pour une partie de la jeunesse, partir, c’est chercher une vie où le travail permet l’autonomie, où les institutions paraissent plus prévisibles et où l’avenir peut être planifié. On ne parle donc plus seulement de « fuite des cerveaux », mais d’une véritable migration des attentes, une partie du futur imaginé par les jeunes se situant désormais ailleurs. Le phénomène est d’autant plus préoccupant qu’il ne concerne pas uniquement les jeunes peu qualifiés. Une proportion importante de diplômés envisage également le départ, et le pays risque de perdre ainsi, au-delà des compétences, une part de son potentiel d’innovation et de transformation.

Sur le plan social, le sociologue appelle à la rigueur. Il serait scientifiquement abusif, avertit-il, d’établir un lien mécanique entre chômage ou pauvreté, d’une part, et délinquance, addictions ou suicide, d’autre part. Ces phénomènes résultant de facteurs économiques, familiaux, psychologiques, culturels et institutionnels étroitement imbriqués.

Il existe en revanche, observe-t-il, une relation plus générale entre vulnérabilité, perte de reconnaissance, isolement et fragilisation des perspectives d’avenir. Certaines études consacrées aux adolescents tunisiens font ainsi apparaître une consommation de substances psychoactives associée à d’autres fragilités, comme l’absentéisme scolaire, la consommation d’alcool et de tabac ou la rupture avec les cadres familiaux et scolaires. Il applique la même prudence au suicide : ni la pauvreté ni le chômage ne le « causent » mécaniquement, mais l’accumulation de l’échec, de la dépendance, de l’humiliation et du sentiment d’un avenir fermé peut constituer un terrain de vulnérabilité. La véritable question sociologique, résume-t-il, est de savoir ce qui se passe lorsque l’individu ne perçoit plus de correspondance entre ses efforts et les résultats qu’il peut raisonnablement espérer.

Du « comment réussir ? » au « comment survivre ? »

C’est là, selon lui, que se situe le cœur de la crise. Longtemps, la société tunisienne a proposé à ses jeunes un récit relativement clair : étudier, obtenir un diplôme, travailler, devenir autonome, fonder une famille et améliorer sa condition. Ce récit n’a jamais fonctionné à la perfection, mais il formait un horizon collectif dont l’efficacité symbolique semble aujourd’hui s’affaiblir.

Quand le diplôme ne garantit plus l’emploi, que l’emploi ne garantit plus l’autonomie et que celle-ci devient difficile d’accès, la confiance dans les institutions et dans les parcours traditionnels s’érode. Le jeune s’interroge alors sur l’intérêt de longues études, sur l’acceptation d’un emploi précaire, sur l’utilité d’attendre des années avant de construire sa vie, voire sur la nécessité de rester dans un pays dont l’avenir semble plus accessible ailleurs. La question centrale glisse ainsi de « comment réussir ma vie ? » vers « comment parvenir à vivre ? » Ce qui marque, pour Mamdouh Ezzeddine, le passage d’une société de la projection à une société de la survie.

Une facture économique et démographique qui s’annonce lourde

Ce basculement a un prix, que le sociologue juge bien supérieur au montant des allocations ou des programmes dédiés aux jeunes. Il faut compter d’abord l’investissement éducatif qui ne se convertit pas en activité productive, puis le chômage prolongé, synonyme d’années de travail potentiel perdues. S’y ajoutent les coûts du décrochage scolaire, de l’économie informelle, de l’exode des compétences, des problèmes sociaux et de la pression financière qui pèse sur les familles.

Il existe enfin un coût démographique. Lorsque l’entrée dans la vie adulte est retardée, le mariage et la constitution d’une famille le sont aussi, si bien que la difficulté économique finit par modifier les comportements démographiques eux-mêmes. La jeunesse devient dès lors, selon lui, un enjeu de développement national, car un pays ne peut durablement financer l’éducation de ses jeunes sans parvenir à la transformer en autonomie, en emploi et en production.

Sortir de la salle d’attente : reconstruire le passage vers la vie adulte

Pour le sociologue, la réponse ne saurait se limiter à la création de quelques milliers d’emplois ou à la multiplication de programmes temporaires. Il plaide d’abord pour une refonte du lien entre l’école et le travail, en repensant comme un système unique l’orientation, la formation professionnelle, les stages et l’acquisition de compétences réellement adaptées aux besoins de l’économie.

Le décrochage scolaire doit en outre être traité comme un problème national d’inclusion sociale, car quitter l’école ne devrait jamais signifier quitter du même coup l’éducation, la formation et toute perspective d’insertion. Le chômage des diplômés relève quant à lui d’un défaut structurel d’articulation entre l’université et l’économie : il ne s’agit pas de demander aux jeunes de réduire leurs aspirations, mais de bâtir une économie capable de mieux employer leurs qualifications.

Mamdouh Ezzeddine insiste également sur la dimension territoriale, une politique uniforme ne pouvant répondre aux mêmes difficultés dans le Grand Tunis, le Centre-Ouest, le Sud ou les zones rurales. Il appelle enfin à réintroduire la santé mentale dans les politiques publiques de jeunesse, à renforcer la prévention et à créer des espaces où les jeunes puissent exprimer leurs difficultés avant qu’elles ne se muent en ruptures. Toutes ces mesures resteront toutefois insuffisantes, prévient-il, si elles ne s’accompagnent pas d’une reconstruction de la confiance.

Le véritable enjeu : l’avenir

En conclusion, le sociologue estime que la jeunesse tunisienne ne fait pas face à une simple crise de l’emploi, mais à une crise des transitions : de l’école vers le travail, de la dépendance vers l’autonomie, de l’autonomie vers la famille et du présent vers l’avenir. Quand ces passages s’éternisent, l’attente finit par devenir une condition sociale.

Le processus, explique-t-il, est progressif : la crise économique engendre la vulnérabilité, celle-ci installe le déséquilibre et la dépendance, puis un chômage qui suspend le parcours de vie et, au bout du compte, une crise du sens. Il ne frappe pas tous les jeunes de la même manière, mais il touche assez largement la société pour devenir une question collective.

Le risque pour la Tunisie, avertit Mamdouh Ezzeddine, n’est donc pas seulement de compter davantage de chômeurs, de diplômés sans emploi ou de candidats à l’exil. Il est plus profond : qu’une génération cesse peu à peu de croire que son avenir peut se construire dans son propre pays.

Investir dans la jeunesse, conclut-il, ne revient pas à dépenser davantage pour elle, mais à rebâtir les conditions qui permettent de passer de la dépendance à l’autonomie, de l’attente à l’action et de l’incertitude à la capacité de se projeter. Car lorsque les jeunes ne parviennent plus à construire leur avenir, c’est la société tout entière qui cesse de construire le sien.

La question n’est donc plus seulement de savoir que faire pour la jeunesse, mais bien de déterminer quelle société les Tunisiens veulent bâtir pour que leurs jeunes aient de nouveau envie d’y construire leur vie.

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Vient de paraître | Les politiques de sécurité routière dans le monde arabe  

Les Éditions L’Harmattan à Paris publient le 15 octobre 2026, dans la collection ‘Diplomatie et Stratégie’, une étude intitulée ‘‘La sécurité routière dans le monde arabe – Politiques et pratiques’’, de Mohssen Ben Aïssa, ancien directeur de l’Observatoire national de la sécurité routière (ONSR) de  Tunisie. L’ouvrage est  préfacé par Emmanuel Caulier.

Plus de 26 000 personnes perdent la vie chaque année sur les routes du monde arabe. Les jeunes adultes (notamment entre 16 et 36 ans) forment une part importante des personnes touchées par les accidents mortels. Certains pays du Golfe et de la péninsule arabique affichent des taux très élevés (par exemple en Arabie saoudite, avec plusieurs milliers de décès par an et une forte pression sur les services hospitaliers), et ce malgré des réseaux autoroutiers et des infrastructures modernes.

Union arabe de la sécurité routière et diverses associations locales (comme en Tunisie) multiplient les partenariats avec des entreprises et des mouvements de jeunesse pour renforcer la formation, la prévention sur les trajets professionnels et la sensibilisation. Cependant, et alors que de nombreuses régions du monde ont réussi à réduire sensiblement leur mortalité routière, plusieurs pays arabes peinent encore à inverser la tendance, malgré des stratégies adoptées, des lois votées et des financements mobilisés.

L’auteur s’interroge sur les raisons de cet écart persistant entre les intentions affichées et la réalité du terrain. Son analyse s’articule autour de trois axes : une rétrospective des politiques arabes de sécurité routière depuis 1972, une étude approfondie de l’expérience tunisienne, et une feuille de route pour une nouvelle gouvernance routière arabe, fondée sur la transformation numérique.

Spécialiste des politiques de sécurité routière, Mohssen Ben Aïssa a participé à de nombreux programmes de coopération arabes et contribué à l’élaboration de la Stratégie arabe de sécurité routière. Il conjugue dans ce livre son expérience de praticien et de chercheur.

I. B.

‘‘La sécurité routière dans le monde arabe – Politiques et pratiques’’, L’Harmattan, collection Diplomatie et Stratégie, 342 pages, 35 €. EAN : 9782336644660.

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Rome | Deux suspects du meurtre du Tunisien Bayram Dhaouadi arrêtés

L’ancien député Majdi Karbai, résidant en Italie, a annoncé ce matin, vendredi 9 octobre 2026, dans une publication sur Facebook, que la police italienne a arrêté les deux suspects impliqués dans le meurtre du jeune Tunisien Bayram Dhaouadi. Ce dernier, ancien joueur de l’Espérance sportive de Tunis âgé de 18 ans, avait été retrouvé mort en début de semaine à Rome.

Le premier suspect est un Tunisien âgé de 19 ans, tandis que la seconde suspecte est une Italienne de 24 ans. Selon les informations qui circulent, la police a également retrouvé l’arme du crime à l’intérieur du véhicule que les deux suspects utilisaient.

Les investigations se poursuivent pour élucider les circonstances du crime et déterminer les responsabilités, étant entendu que les deux personnes interpellées demeurent des suspects jusqu’au prononcé d’un jugement définitif.

I. B.  

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La pêche, c’est un métier pour les femmes aussi !

Les femmes jouent un rôle essentiel mais souvent invisible tout au long de la chaîne de valeur du secteur de la pêche, tant en Tunisie qu’à l’échelle internationale. Elles jouent un rôle important dans les nombreuses tâches liées à la pêche Outre les activités nécessaires de la production et de la récolte, elles sont largement impliquées dans tous les travaux qui se déroulent à terre comme la réparation des filets de pêche, le tri, le séchage, la transformation, la vente, la dégustation, la gestion administrative et comptable, etc.  Mais elles restent plus particulièrement impliquées dans les activités spécifiquement côtières et les pêcheries artisanales de taille modeste. 

Etre pêcheur n’est pas facile, et Alia le sait très bien. Il faut se lever tôt le matin, avoir les bons outils, être en tenue adéquate et affronter les vagues. Mais pour Alia, c’est un travail gratifiant. La pêche lui permet de nourrir sa famille et de contribuer à l’économie de son île.Même si la pêche était, pendant longtemps, perçue comme un métier d’homme. C’est  un métier qui peut être exercé par tous, sans distinction de genre ! C’est pourquoi l’’événement    » l « Woman together in fisheries »  organisé  du 5 au 7 octobre 2026 à Tunis en présence  de 80 femmes issues de plus de 10 pays méditerranéens  a appelé  à renforcer le rôle des femmes, leur  leadership et leur autonomisation économique dans le secteur de la pêche et de l’économie bleue ,partager les savoir-faire traditionnels, les expériences et les solutions pour des communautés côtières plus résilientes et structurer un réseau méditerranéen solide entre les femmes.  Organisé par le WWF Afrique du Nord en partenariat avec l’Initiative marine méditerranéenne du WWF (WWF Mediterranean Marine Initiative), cet événement de trois jours a constitué un espace de dialogue, d’échange d’expériences, d’apprentissage mutuel et de réflexion collective sur le rôle et le leadership des femmes dans le secteur de la pêche et au sein des communautés côtières méditerranéennes.

Où en sommes-nous aujourd’hui ?

La première journée, intitulée « Où en sommes-nous aujourd’hui ? », a été consacrée à un état des lieux de la situation des femmes dans le secteur de la pêche en Tunisie et en Afrique du Nord, mettant en lumière leurs multiples contributions qui vont bien au-delà des activités directement liées à la pêche. Les discussions ont porté sur le rôle des femmes dans la préservation des savoirs et pratiques traditionnels liés à une pêche durable, les activités post-capture, la transformation et la commercialisation des produits de la mer, le développement de coopératives et d’initiatives féminines, la contribution à la gestion des ressources, ainsi que la diversification des moyens de subsistance et l’adaptation au changement climatique. La première journée a également permis d’examiner les principaux défis auxquels les femmes sont toujours confrontées dans le secteur de la pêche maritime, notamment en matière d’accès au financement, aux marchés, aux services, aux compétences et aux opportunités économiques, ainsi que concernant la représentation, la participation et l’influence limitées des femmes au sein des mécanismes de gouvernance du secteur. Les discussions ont souligné l’importance de renforcer l’autonomisation économique des femmes, de soutenir leur participation effective aux processus décisionnels et de mieux reconnaître leur expertise, leurs savoirs et leurs contributions à la durabilité des ressources marines et à la résilience des communautés côtières. Les participantes se sont rendues  à Ghar El Melh pour une visite du port de pêche et des échanges avec des femmes impliquées dans les activités post-capture ainsi qu’avec des membres des coopératives locales. Elles ont identifié notamment les changements prioritaires, les actions concrètes à engager, les acteurs à mobiliser et les premières étapes nécessaires. Les discussions ont porté également sur les possibilités économiques pour les femmes, l’accès aux ressources, leur participation à la gouvernance et la manière dont les savoirs traditionnels peuvent contribuer à l’innovation et à la résilience des communautés côtières.

Le « World Café » (Café du monde) intitulé « Où en sommes-nous aujourd’hui ? »  a offert un espace interactif réunissant les participantes autour de quatre axes majeurs : l’économie bleue, l’autonomisation économique, l’influence et la gouvernance, ainsi que le patrimoine et l’avenir. Cette approche participative a permis aux participantes d’échanger leurs expériences et leurs points de vue sur divers sujets : les domaines où les femmes contribuent à la création de valeur au sein de l’économie bleue ; les obstacles limitant leur capacité à développer des moyens de subsistance plus durables ; les moyens de renforcer leur présence et leur influence dans la prise de décision ; et enfin, les savoirs, compétences et pratiques traditionnelles qu’il convient de préserver et de transmettre aux générations futures.À travers les différentes sessions et discussions, il est apparu essentiel de placer les expériences et les savoirs locaux des femmes au cœur de la réflexion sur l’avenir du secteur de la pêche maritime et des communautés côtières, et de transformer ces expertises en priorités communes, en solutions concrètes et en nouvelles voies de coopération.

L’implication des femmes dans la lutte contre la pollution marine

 Véritable fléau pour l’écosystème marin, la pollution est déplorée par les pêcheuses. Elles sont toutes conscients de l’importance de la préservation de l’environnement pour la pérennité de leurs activités et sont convaincues que la pêche doit être effectuée dans le respect de l’environnement pour assurer une production durable et de qualité..C’est pourquoi la troisième et dernière journée, le 7 octobre, a été consacrée à la pollution plastique, à l’économie circulaire et aux moyens de subsistance des femmes dans les communautés côtières. Les participantes ont pu découvrir différentes approches liées à l’innovation et aux technologies de lutte contre les déchets marins, ainsi que des exemples de transformation des déchets en produits, revenus et nouvelles opportunités économiques.Les échanges ont permis également d’identifier les conditions nécessaires pour développer les solutions locales d’économie circulaire et de mettre en lumière le rôle que les femmes peuvent jouer dans la transformation des communautés côtières.Ainsi,l ‘initiative « Women Together in Fisheries 2026 » souligne que l’autonomisation des femmes, ainsi que le renforcement de leur leadership et de leur participation à la prise de décision, constituent des piliers fondamentaux pour bâtir un secteur de la pêche plus durable, équitable et résilient, et pour garantir un avenir meilleur aux communautés côtières de la région méditerranéenne.

                          Kamel Bouaouina

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