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Attention à l’athérosclérose silencieuse !

N’attendez pas d’avoir un accident vasculaire cérébral pour réaliser un bilan de prévention cardiovasculaire qui, réalisé plus tôt, aurait pu vous épargner une telle issue, conseille Dr Faouzi Addad, professeur de cardiologie dans le post Facebook que nous reproduisons ci-dessous.

Dr Faouzi Addad *

Elle se sentait en bonne santé. Ses artères racontaient une autre histoire.

Voilà ce qu’un chirurgien vasculaire a retiré de la carotide — l’une des principales artères qui irriguent le cerveau — d’une patiente de 62 ans après un accident vasculaire cérébral : une volumineuse plaque d’athérosclérose.

Ni diabète ni hypertension connus. Une bonne santé apparente. Pourtant, cet AVC aurait pu lui laisser un handicap à vie. À 62 ans, elle n’avait jamais réalisé de bilan de prévention cardiovasculaire. On pense toujours que cela n’arrive qu’aux autres.

L’étude React, récemment publiée dans le New England Journal of Medicine, a retrouvé une athérosclérose silencieuse chez 57,1 % des 16 808 participants âgés de 18 à 70 ans, sans maladie cardiovasculaire connue. Un chiffre qui concerne la population étudiée, mais qui rappelle combien cette maladie peut évoluer sans symptômes.

Dès la quarantaine, parlez avec votre médecin de votre risque cardiovasculaire, et plus tôt en cas d’antécédents familiaux précoces ou de facteurs de risque : tabac, cholestérol élevé, hypertension, diabète…

Mesure de la tension, bilan lipidique, glycémie et antécédents constituent le point de départ.

Pensez à faire évaluer votre risque cardiovasculaire avec votre médecin, même si vous vous sentez en bonne santé. Selon votre profil, une recherche d’athérosclérose silencieuse pourra être proposée.

N’attendez pas que vos artères se manifestent pour vous en occuper. Le premier symptôme peut déjà être un accident.

* Professeur de cardiologie.

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Santé | Un infarctus ne devrait jamais lieu

Nous devons changer de paradigme. Notre système de santé ne doit plus se limiter à réparer les artères après un infarctus. Il doit permettre d’identifier et de traiter les facteurs de risque bien avant les premières manifestations de la maladie. L’intelligence artificielle aura un rôle important dans le futur pour identifier très tôt ces patients à haut risque cardio-vasculaire.

Dr Faouzi Addad *

Nous sommes devenus très performants pour déboucher les artères. Mais sommes-nous suffisamment efficaces pour éviter qu’elles ne se bouchent ?

Cette semaine, je découvre le bilan biologique d’une femme de 70 ans. Deux chiffres m’interpellent immédiatement : LDL-cholestérol : 2,19 g/L, faisant fortement suspecter une hypercholestérolémie familiale, mais en tous cas un très haut risque cardiovasculaire ; HbA1c : 6 %, associée à une glycémie à jeun de 1,13 g/L, révélant un prédiabète qui malheureusement est devenu presque inévitable dans notre pays.

Mais ce qui m’interpelle le plus, ce n’est pas seulement ces valeurs. C’est l’âge auquel nous découvrons cette anomalie lipidique.

Depuis combien d’années cette patiente vit-elle avec un cholestérol aussi élevé sans le savoir ? Depuis combien d’années ses artères sont-elles exposées à ce facteur de risque majeure de complications cardiovasculaires.

Et surtout, combien d’années de prévention avons-nous perdues ?

Ce constat est loin d’être une spécificité tunisienne. Aux États-Unis, selon les données nationales de 2023, près d’un adulte sur quatre entre 18 et 44 ans déclarait ne pas avoir fait contrôler son cholestérol au cours des cinq dernières années, contre moins de 3 % des personnes de 65 ans et plus.

Pourquoi attendre 50, 60 ou 70 ans pour découvrir une anomalie qui aurait pu être identifiée dès l’âge de 20 ans ?

Un premier bilan lipidique dès le début de l’âge adulte devrait devenir un réflexe, voire plus tôt en présence d’antécédents familiaux. Car le danger ne dépend pas uniquement du taux de LDL-cholestérol, mais également de la durée d’exposition de nos artères.

C’est le concept du LDL cumulée, comparable aux «paquets-année» du tabagisme.

Un LDL à 2,19 g/L découvert à 70 ans pourrait signifier plusieurs décennies d’exposition excessive, pendant lesquelles l’athérosclérose a pu progresser silencieusement.

Et si cette patiente présente effectivement une hypercholestérolémie familiale, ses enfants, ses frères et ses sœurs devront également bénéficier d’un dépistage.

Nous devons changer de paradigme. Notre système de santé ne doit plus se limiter à réparer les artères après un infarctus. Il doit permettre d’identifier et de traiter les facteurs de risque bien avant les premières manifestations de la maladie. L’intelligence artificielle aura un rôle important dans le futur pour identifier très tôt ces patients à haut risque cardio-vasculaire.

Le véritable progrès aujourd’hui en cardiologie, c’est aussi l’infarctus qui n’aura jamais lieu.

Dépister tôt. Traiter tôt. Protéger durablement.

* Professeur en cardiologie.

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