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Émirats : un bulletin n°3 exigé des Tunisiens pour tout nouveau visa de travail

Les Tunisiens souhaitant travailler aux Émirats arabes unis devront bientôt présenter un bulletin n°3 authentifié. La mesure s’applique à partir du 26 octobre 2026.

Le consulat général de Tunisie à Dubaï a annoncé jeudi que la délivrance de nouveaux visas de travail aux citoyens tunisiens aux Émirats arabes unis sera désormais subordonnée à la présentation d’un bulletin n°3. Cette exigence découle d’une décision du Conseil des ministres émirati et entrera en vigueur le 26 octobre 2026.

Le document devra être délivré par les autorités compétentes, puis authentifié par l’ambassade des Émirats arabes unis en Tunisie. La mesure vise les Tunisiens qui sollicitent de nouveaux visas de travail. Ceux qui se trouvent actuellement dans le pays avec un visa de visite et qui ont décroché un emploi disposeront d’un délai de 45 jours, à compter de l’entrée en vigueur de la décision, pour régulariser leur situation et finaliser leurs démarches.

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Vacances d’hiver : le tourisme tunisien réclame le 1er janvier

La Fédération interprofessionnelle du tourisme tunisien (FIPT) demande de prolonger les vacances d’hiver 2026-2027 jusqu’au 1er janvier 2027, au lieu du 14 au 27 décembre fixé par le ministère de l’Éducation. Dans un communiqué publié le vendredi 9 octobre 2026, l’organisation estime que ce calendrier prive les familles et les professionnels des offres de fin d’année.

Cette décision menace l’activité du tourisme intérieur, dont le pic coïncide habituellement avec les congés scolaires. Agences de voyages, hôtels, structures d’hébergement alternatif et restaurants en subiraient les conséquences, tout comme les emplois dans les régions.

La FIPT propose d’instaurer une rotation des vacances scolaires entre les cinq régions. Une telle mesure répartirait mieux la demande, notamment dans les régions de l’intérieur, allégerait la pression sur les établissements, limiterait la hausse des prix et améliorerait l’exploitation des capacités d’hébergement.

Des vacances plus longues étaleraient par ailleurs l’emploi saisonnier, très présent dans le secteur, au lieu de le concentrer sur quelques semaines, ce qui stabiliserait les revenus des travailleurs.

Inscrites dans une approche participative, ces propositions appellent au dialogue entre le ministère et les acteurs du tourisme, afin que le calendrier scolaire tienne compte des enjeux sociaux, économiques et touristiques.

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Alkimia : les pertes bondissent de 23 %, les passifs dépassent 420 MDT

Le groupe Alkimia a enregistré une perte nette de 54,6 millions de dinars en 2025, malgré une progression de ses revenus de 2,1 %. Ses capitaux propres consolidés affichent un solde négatif de 244,7 MDT.

Le groupe Alkimia a clôturé l’exercice 2025 sur une perte nette part du groupe de 54,6 millions de dinars tunisiens (MDT), contre 44,4 MDT en 2024, soit une aggravation de 23 %. Ses revenus consolidés ont atteint 172 MDT, contre 168,5 MDT un an auparavant. Dans le même temps, le total des passifs a grimpé à 420,2 MDT, contre 384,4 MDT à fin 2024, tandis que les actifs ont reculé à 175,5 MDT, contre 194,4 MDT.

Ces chiffres figurent dans les états financiers consolidés arrêtés au 31 décembre 2025, qui seront soumis à l’approbation de l’assemblée générale ordinaire convoquée le 8 octobre 2026. La situation des fonds propres s’est également détériorée. Les capitaux propres consolidés sont passés d’un déficit de 190,1 MDT en 2024 à un solde négatif de 244,7 MDT en 2025. Les dettes fournisseurs ont atteint 209,5 MDT, contre 199,6 MDT un an plus tôt. Les concours bancaires et autres passifs financiers ont augmenté à 44,4 MDT, contre 40,3 MDT. À l’inverse, les emprunts non courants ont diminué à 26,9 MDT, contre 30,5 MDT en 2024.

Des charges financières en hausse

Les charges financières nettes se sont établies à 28,7 MDT, contre 25,8 MDT en 2024. Les charges d’intérêts ont progressé à 27,8 MDT, contre 25,6 MDT. Tandis que les pertes de change ont atteint 0,93 MDT, contre 0,14 MDT. Les produits des placements ont augmenté à environ 647 000 dinars, contre 218 000 dinars lors de l’exercice précédent. La perte par action s’est élevée à 13,836 dinars, contre 11,248 dinars en 2024. Le capital social du groupe s’élève à 39,47 MDT, réparti en 3 947 253 actions d’une valeur nominale de 10 dinars chacune.

Des évolutions contrastées selon les produits

Les ventes de STPP ont reculé de 10,4 %, passant de 74,2 MDT en 2024 à 66,5 MDT en 2025. À l’inverse, le carbonate de sodium (Na2CO3) a enregistré une progression de 40,5 %, avec des revenus de 33,9 MDT, contre 24,1 MDT un an auparavant. Le sulfate de sodium a généré 32 MDT, contre 33,4 MDT en 2024. Les revenus du MAP se sont établis à 32,1 MDT, contre 32,7 MDT lors de l’exercice précédent. Enfin, Alkimia Commerciale, filiale intégrée au périmètre de consolidation, a réalisé 4,37 MDT de revenus, contre 2,28 MDT en 2024. Les données de l’exercice précédent ont été retraitées en conséquence.

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Société de transport du Sahel : une perte nette de 11,32 MDT en 2021

La Société de transport du Sahel a clôturé l’exercice 2021 sur un déficit net de 11,32 millions de dinars, contre 5,99 millions de dinars en 2020. Ses états financiers, arrêtés au 31 décembre 2021, font également apparaître un recul des revenus d’exploitation, passés de 56,52 millions à 50,596 millions de dinars.

 Les comptes de la Société de transport du Sahel (STS) pour l’exercice 2021 font ressortir une dégradation du résultat net par rapport à l’année précédente. En effet, l’entreprise a enregistré une perte de 11 322 836 dinars, alors que son déficit s’établissait à 5 999 298 dinars en 2020. 

Cette évolution intervient dans un contexte de diminution des revenus d’exploitation. Ceux-ci se sont élevés à 50 596 000 dinars en 2021; contre 56 520 000 dinars un an auparavant. C’est ce qu’il ressort des données figurant dans les états financiers de la société. Les charges d’exploitation et les autres postes comptables détaillés dans les documents financiers accompagnent cette évolution du résultat annuel. Les comptes présentent également les différentes composantes des produits et des charges, ainsi que la situation patrimoniale de la Société de transport du Sahel, à la clôture de l’exercice.

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ESG et finance climatique : Coris Holding vise l’accréditation du Fonds vert

D’abord imposée par un partenaire financier, la durabilité est désormais au cœur de la transformation de Coris Holding. C’est ce qu’a exposé son responsable durabilité, Isham Boris Sonny, lors de la 4e édition de l’African ESG Summit, le 8 octobre 2026 à Tunis.

 Le groupe bancaire transforme son modèle d’affaires pour y intégrer pleinement la finance verte et la finance climatique. Cette évolution s’accompagne d’une stratégie climat, d’une candidature à l’accréditation du Fonds vert pour le climat et de projets de produits financiers encore à l’étude. Deux obstacles freinent toutefois la démarche : l’absence de cadre réglementaire bancaire et les difficultés liées aux données.

Tout est parti de la filiale du Burkina Faso. Un financement obtenu auprès d’un partenaire international s’est accompagné d’une question inattendue : l’établissement disposait-il d’une politique environnementale et sociale ? Le sujet a surpris, une banque n’étant pas habituée à parler d’environnement. Le partenaire a expliqué qu’un établissement financier doit suivre et gérer les risques environnementaux et sociaux de ses clients, qui peuvent l’affecter directement. Il a accompagné la filiale dans la rédaction de cette politique.

Le financement obtenu, le document a été rangé dans un tiroir, son intérêt n’apparaissant pas fondamentalement. À la clôture du financement, l’évaluation a révélé que la politique n’avait pas été appliquée. Seule la liste d’exclusion, qui recense les activités à ne pas financer en raison de leurs impacts négatifs importants sur l’environnement et la société, était respectée. Pour Isham Boris Sonny, ce constat a marqué une première prise de conscience : l’établissement ne tenait pas un engagement qu’il avait pris.

Lire aussi — ESG et logistique : anticiper ou payer le prix de la conformité

La politique a été ressortie, analysée, puis adaptée au contexte local afin d’être réellement applicable. Chaque demande de financement est désormais confrontée à la liste d’exclusion, puis soumise à une catégorisation environnementale et sociale en trois niveaux : « A » pour un risque élevé, « B » pour un risque moyen et « C » pour un risque faible. Les dossiers classés A ou B donnent lieu à une diligence environnementale. Son résultat détermine l’accompagnement proposé au client pour atténuer ses risques.

Une veille menée sur d’autres marchés a montré que la durabilité allait au-delà de la gestion des risques liés aux financements et engageait aussi des questions de responsabilité. La filiale a alors élaboré une politique de responsabilité sociétale des entreprises (RSE) autour de cinq axes : l’éthique, les clients, l’environnement et le climat, les collaborateurs, ainsi que les communautés au sein desquelles elle évolue.

Les autres filiales étant confrontées aux mêmes enjeux, ces sujets ont été portés au niveau de la holding par souci de cohérence. Une fonction durabilité y a été créée et positionnée de manière stratégique. Elle s’inscrit dans le plan stratégique 2025-2027, dont la durabilité constitue un axe fort. Isham Boris Sonny situe à ce stade le début de la transformation réelle du groupe. Le changement climatique, sujet nouveau et technique pour les équipes, a conduit le groupe à se faire accompagner, convaincu qu’il ne pourrait réussir seul. L’enjeu est de le traiter sous l’angle des risques comme des opportunités. Sur le premier volet, l’évaluation de l’exposition du portefeuille aux risques climatiques est en cours. Sur le second, une stratégie climat a été développée et se concentre désormais sur trois domaines : la transition énergétique, l’agriculture durable, ainsi que les villes, la mobilité et les infrastructures durables.

Le Fonds vert de l’ONU en point de mire

Coris Holding a également engagé un processus d’accréditation auprès du Fonds vert pour le climat, que son responsable présente comme le plus gros fonds climatique international. La candidature a été soumise le mois dernier. Le groupe espère obtenir l’accréditation en 2027, afin d’accompagner les économies des pays où il est présent. Le groupe affiche l’ambition de lancer, vraisemblablement en 2027, un produit de finance verte. Une réflexion est par ailleurs en cours sur les green bonds. Convaincu qu’il devait lui-même se montrer exemplaire avant de formuler des attentes envers ses clients, Coris Holding a commencé à travailler sur la quantification de ses émissions de gaz à effet de serre. L’exercice, reconnaît l’intervenant, n’est pas simple, et le groupe entend se conformer aux standards internationaux.

Au final, Isham Boris Sonny identifie deux défis. Le premier est l’absence, à ce stade, de réglementation bancaire encadrant ces sujets sur son marché, contrairement à d’autres. Il sait qu’elle viendra, mais aucun texte n’existe pour l’instant. Le second concerne les données, dont la disponibilité et la qualité posent de réelles difficultés, aussi bien en interne qu’en externe.

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Sahar Mechri à l’African ESG Summit : « La durabilité est devenue un argument de compétitivité »

À Tunis, le 8 octobre 2026, Sahar Mechri, directrice exécutive de Managers, a ouvert la quatrième édition de l’African ESG Summit. Son constat est direct : le risque climatique « s’est conjugué au présent » cet été. Et la preuve environnementale devient désormais un enjeu majeur de compétitivité pour les entreprises.

Après trois éditions consacrées à une menace abordée « au futur », la responsable a affirmé que les acteurs économiques n’ont plus à entendre le risque en conférence : ils l’ont vécu sur le terrain. Rappelant que le sommet vise à outiller les entreprises plutôt qu’à répéter l’existence des périls, elle a souligné que le prix, la qualité et le délai ne suffisent plus. « Il y en a désormais un quatrième, la preuve en est », a-t-elle insisté, en articulant son propos autour de trois axes : la valeur, la donnée et la traçabilité.

Sahar Mechri estime en effet que la durabilité n’est pas « un geste pour la planète que l’on ferait à perte », mais un argument de compétitivité. Elle précise qu’une entreprise capable de prouver son empreinte carbone protège ses parts de marché, accède plus facilement aux financements verts et conserve sa place dans des chaînes de valeur en pleine recomposition. Elle souligne aussi qu’il ne s’agit plus d’une simple exigence européenne, citant la Chine, le Brésil et le Nigeria, qui adoptent à leur tour des normes de reporting de durabilité.

La donnée, « monnaie d’échange »

Pour la responsable, la donnée est devenue une monnaie d’échange dans les chaînes de valeur. Les grands donneurs d’ordre, engagés sur des objectifs climatiques, dépendent directement des chiffres de leurs fournisseurs et de la traçabilité de leurs produits. En Europe, huit entreprises sur dix intègrent déjà des critères ESG dans la sélection de leurs partenaires, faisant de leurs achats le premier levier de réduction des émissions indirectes. Sahar Mechri y voit non une contrainte subie, mais un pouvoir de négociation : le fournisseur qui maîtrise ses données « ne subit plus le cahier des charges », il le discute.

La troisième conviction, qu’elle juge la plus décisive, tient en une formule : « Demain, on ne vous questionnera plus. On vous classera. » S’appuyant sur la directive européenne sur le devoir de vigilance révisée cette année, elle rappelle que les donneurs d’ordre concentreront leurs contrôles là où le risque est le plus probable. Faute de données publiées, « ce sont des moyennes qui parleront à votre place », au détriment des champions sectoriels du textile, du cuir ou de l’agroalimentaire. Si le risque n’est pas maîtrisé, les sanctions sont claires : l’absence de contrats ou la suspension des relations d’affaires. La traçabilité devient ainsi la véritable carte de visite des exportateurs.

Face à ces défis, les travaux de la journée, axés sur la décarbonation, la traçabilité et le financement, entendent apporter des réponses opérationnelles. Loin d’un simple lieu de constat, l’événement vise à faire émerger des solutions concrètes portées par les PME et startups locales, notamment à travers les rencontres B2B et la remise des Sustain’Awards. Revendiquant l’absence de chiffres d’affichage, Sahar Mechri a rappelé que l’édition précédente avait généré 60 transactions issues de 149 rendez-vous qualifiés. Elle a enfin mis en avant la dimension sociale de la valeur, illustrée par le hackathon mené avec STAR Assurances autour du sport comme levier d’inclusion.

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ESG et logistique : anticiper ou payer le prix de la conformité

Au panel « Chaîne de valeur, traçabilité, logistique : les nouvelles règles d’accès aux marchés »  dans le cadre de la quatrième édition de African ESG Summit, qui se tenait ce 8 octobre 2026, les intervenants plaident pour l’anticipation, la fin des kilomètres à vide, un tissu économique structuré et un cahier des charges sur l’énergie et les bornes de recharge. L’électrification des flottes est rentable, si le mix énergétique est en partie renouvelable et l’infrastructure au rendez-vous.

Les intervenants ont décrit des donneurs d’ordre européens en quête de données et d’attestations. De même, ils ont souligné le coût de cette conformité, l’absence de stratégie claire en Tunisie et le rôle de l’électrification des flottes. La modératrice Douja Gharbi, CEO de RedStart Tunisie, a ouvert les échanges en rappelant la nouvelle édition d’un indice de capacité productive couvrant 195 économies, où la Tunisie occupe le 99e rang mondial, le 5e africain et le 1er nord-africain, avec des points forts dans les TIC, le changement structurel, l’énergie et le capital humain, et un point faible dans le transport.

Pour Famke Schaap, consultante Sustainability & Supply chains chez Hyacint Consult, basée à Bruxelles, la pression sur les données est devenue, même en Europe, une charge administrative. Les entreprises européennes demandent à leurs partenaires des informations issues du reporting de durabilité, comme le nombre d’employés, ainsi que des preuves d’actions. Dans la logistique, la demande porte à la fois sur les émissions et sur les efforts pour les réduire.

Elle l’a illustré par un cas suivi lors d’une longue collaboration avec Samsung Electronics : en 2023 et 2024, Carrefour a poussé le groupe à rendre compte non seulement de son impact, mais aussi de ses réductions d’émissions, auprès de l’initiative Science Based Targets. La mise en place du management et des processus a pris environ deux ans, sous une pression devenue commerciale, l’absence de reporting faisant courir au groupe le risque de perdre sa place sur le marché. Samsung Electronics effectue désormais ce reporting.

Travaillant surtout avec des entreprises de la tech et des minerais comme le cobalt, Famke Schaap observe que les exigences climatiques, environnementales et sociales sont reportées vers l’amont de la chaîne. Les mines utilisent beaucoup de transport routier au pétrole, si bien que les émissions du scope 3 sont les plus lourdes dans les pays d’où l’Europe s’approvisionne. Constatant un intérêt croissant pour un travail commun en faveur des énergies renouvelables, elle a demandé s’il existait en Tunisie des partenariats où des entreprises européennes financent de telles améliorations. Tout en rappelant que, selon la législation européenne, les PME ne doivent pas être affectées de manière disproportionnée.

Une chaîne logistique émettrice, des coûts à la charge des entreprises

Nabgha Salem, PDG de Vectorys, a détaillé la chaîne entre la Tunisie et l’Europe : enlèvement chez le client, traversée vers Marseille ou Gênes, passage par un entrepôt de cross-docking, puis livraison, chaque maillon contribuant aux émissions. Vectorys investit depuis une quinzaine d’années dans des caisses mobiles pouvant voyager sur navire puis sur train, pour éviter de longs trajets de tracteurs. Depuis 2024, les navires ont mis en place un système de réduction de leur soufre. Ce qui passe par des taxes et impose de choisir les armateurs au meilleur taux. Les clients européens de Vectorys réclament des attestations annuelles de réduction du taux de carbone liées à ses flux.

Elle estime que la Tunisie est « très loin », faute de stratégie claire, ce qui touche les moyens, l’infrastructure et toute la chaîne de valeur, avec des coûts pour l’entreprise. Elle voit un contraste entre le business et l’exigence environnementale : les navires mettent 24 à 36 heures pour rejoindre l’Europe, mais il est demandé de faire de l’express et des livraisons en 48 heures. Elle a rapporté le cas d’un tracteur resté allumé une journée dans un port pour embarquer.

Transporteur, elle aide les exportateurs par le conseil : plus l’opération est planifiée et anticipée, plus le taux de carbone baisse, notamment en évitant les kilomètres à vide, qui sont une perte pour le client comme pour le transporteur. D’après la PDG, la sensibilité des clients dépend de la taille de l’entreprise et de la présence de partenaires étrangers exigeant la conformité ESG, une démarche « pas encore très répandue ». Les entreprises qui exportent régulièrement sont concernées, l’exigence étant entrée dans leur quotidien. Pour les autres, sans politique ni stratégie d’État, l’avancée sera difficile, les entreprises pensant d’abord à leur survie.

Traçabilité des fournisseurs et conformité

Interrogé sur les exigences imposées aux fournisseurs et transporteurs, l’intervenant a indiqué que l’objectif n’était pas encore atteint, mais que son entreprise demandait la traçabilité des fournisseurs, surtout sur l’authenticité de la matière, et cherchait des fournisseurs plus proches, sans se limiter au prix. À ses yeux, l’empreinte n’est pas que carbone, mais environnementale. Et le tissu économique tunisien doit encore être structuré. La traçabilité classique est renforcée par les exigences du CMF, la société étant cotée en Bourse et tenue de matérialiser sa matérialité ESG. Les fournisseurs étant dictés par le groupe, aucun problème culturel ne se pose face aux nouveaux critères, l’image de la franchise de marques premium devant être respectée.

Les actions de la SFBT

Oussama Ghariani, Directeur Supply Chain du Groupe SFBT, a mis en avant la lutte contre les kilomètres à vide, avec des camions et des circuits optimisés. Le groupe privilégie la durabilité à long terme, même quand les camions coûtent plus cher, et dispose de sociétés de transport internes. Les efforts sur la consommation d’énergie et d’eau passent par la maintenance, les processus et la technologie du matériel, et sont menés avec la direction technique du groupe et d’autres cabinets d’études. Un objectif exigeant est fixé à trois ans. Sans communiquer d’indicateur exact, le directeur a évoqué des baisses d’au moins 15 à 18 % par rapport à la consommation passée.

Il affirme que les entreprises tunisiennes en sont à la conformité minimale; alors que l’Europe encourage ses entreprises et que la Chine le fait davantage encore. Il a cité Porsche, qui aurait quitté le pôle ESG de Volkswagen pour s’allier à un partenaire chinois, faute de moyens de relever le défi des émissions de CO2 au sein du groupe allemand.

L’électrification : rentabilité, frein d’infrastructure, mesures publiques

Interrogé sur la rentabilité de l’électrification des véhicules utilitaires, Mohamed Chedli El Fahem, Deputy CEO de BYD Tunisie, l’a jugée très rentable pour les livraisons et les flottes B2B; et ce, à condition que le mix énergétique comporte du renouvelable. La Chine repose désormais à 80 % sur le renouvelable. Tandis que l’Europe exige des produits importés une empreinte carbone maîtrisée. Ce qui pousse les écosystèmes des pays exportateurs, a-t-il précisé.

Sur l’autonomie vers le sud, il a expliqué que les bornes s’installent avec des moyens propres et que l’écosystème n’est pas au top. Selon lui, il manque un cahier des charges incitant à investir dans la production d’énergie et les bornes. Cela constitue donc un frein. Des partenaires pétroliers fournissent l’électricité gratuitement aux clients. Côté public, il a cité des droits de douane ramenés à zéro, une taxe baissée de 19 % à 7 % et une subvention du véhicule électrique de l’ordre de 40 %. Il reste du chemin, notamment pour investir dans l’énergie et la stocker, maillon présenté comme le plus important pour une logistique compétitive et pour faire de la Tunisie une plateforme d’export.

Avant toute vente, BYD propose aux clients B2B un audit du parc, un calcul du coût total de possession (carburant, entretien, taux d’exploitation) et une mesure des émissions de CO2, indicateur suivi par l’entreprise, a-t-il décrit. Le groupe annonce chaque mois, à l’échelle mondiale, les millions de tonnes de CO2 évitées, avec pour vision de faire baisser la température du monde d’un degré. La transition peut être graduelle : pour un périmètre de 200 kilomètres, le Deputy CEO estime que 80 % des flux peuvent être couverts avec des bornes installées sur les lieux de travail et au domicile. Au-delà de 300 kilomètres par jour, BYD conseille pour l’instant l’hybride rechargeable, en attendant que l’infrastructure soit au point. L’électrique fait gagner 80 % du budget énergétique, contre 50 % pour l’hybride rechargeable conclut-il.

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Mina Achir, la voix de Midnight Pin qui refuse les étiquettes

Cheveux rose vif, voix traversée d’électricité, une salle comble qui ne la lâche pas. À peine descendue de scène, Mina Achir, chanteuse de Midnight Pin, se confie sur la nuit, sur la Palestine, et sur la liberté de ne rien devoir prouver.

Guichets fermés aux Journées musicales de Carthage et voici que le groupe tunisien Midnight Pin poursuit son exploration d’un rock alternatif qui mêle les langues et les influences. Sa vocaliste, Mina Achir, Algérienne installée à Tunis, revient pour l’Économiste Maghrébin sur la naissance de la formation, sur Geno-Suite, sur ses inspirations et sur ses projets.

Bien qu’épuisée, elle accepte de répondre alors que des dizaines de fans l’entourent encore, réclamant selfies et échanges. Quelques instants plus tôt, sur scène, elle semblait en parfaite symbiose avec le public, se livrant sans retenue. Haut noir sans manches, bijoux discrets, carré long à la frange épaisse : une allure sobre dont le rose vif des cheveux fait toute l’expressivité, à l’image de l’univers du groupe.

C’est le 6 octobre, au Théâtre de l’Opéra de la Cité de la culture à Tunis, que Midnight Pin a présenté son répertoire. L’aventure remonte à 2014, quand la chanteuse et auteure-compositrice-interprète a fondé le groupe avec le guitariste chanteur Saif Eddine Ncib. D’abord cantonnée aux reprises, la formation s’est peu à peu tournée vers la composition originale. Cette étape a soudé ses membres et leur a permis de porter un message à travers leurs propres morceaux. Un premier album est sorti en 2023, affirmant une identité qui mêle l’arabe et l’anglais. Ce mélange est né naturellement. Seïf écrivait en arabe, littéraire ou en derja, tandis que Mina Achir écrivait en anglais. En confrontant leurs textes, ils ont constaté qu’ils abordaient des thèmes proches depuis des angles complémentaires : la langue comptait moins que le message.

Le nom du groupe prolonge cette démarche. Il naît d’un rapport intime à la nuit et à la musique, perçue comme un moyen d’évasion. Minuit marque aussi un passage entre la nuit et le jour, un commencement comme une fin, une boucle qui reflète la façon dont le groupe conçoit sa musique, sans se laisser enfermer dans un style. Il passe ainsi de la bossa nova au R&B et à d’autres registres, et chaque chanson est pour Mina Achir l’occasion de se redécouvrir.

Geno-Suite, écrire face à ce qui bouleverse

Cette envie de dire ce qui touche les membres du groupe prend un relief particulier dans Geno-Suite, mini-album de quatre titres profondément marqué par ce qui se passe en Palestine. Mina Achir confie avoir été si affectée qu’elle ne pouvait se taire : les quatre chansons sont nées de cette douleur.
Face à l’injustice ou au massacre, elle réagit d’abord en être humain, et l’écriture lui sert à traduire ce qu’elle ressent. À ses yeux, l’alternative n’est pas une obligation idéologique car chacun reste libre de décider ce que sa musique laisse transparaître.

Son oreille s’est formée dans l’enfance, au rythme des goûts de son père, avec Pink Floyd parmi ses premières références, aux côtés d’artistes de la pop et du rock. David Bowie et Jeff Buckley l’ont marquée, tandis que plusieurs groupes rock ont façonné son goût pour les distorsions, l’énergie et les textures sonores. Elle apprécie aussi Gorillaz pour sa façon de créer. Cette richesse irrigue Midnight Pin, pensé comme une création vivante, capable d’évoluer sans se perdre.

Vers un public plus large

Le groupe prépare de nouvelles chansons, dont l’une, au titre évoquant « le néant », a été jouée lors du concert. D’autres festivals tunisiens sont envisagés. Midnight Pin aimerait surtout conquérir un public plus large et, pourquoi pas, se produire à l’étranger pour représenter l’Afrique du Nord.

Mina Achir revendique avec fierté ce statut de groupe nord-africain attaché à ses racines et à son héritage, tout en assumant une musique contemporaine et ouverte. Pour elle, l’enjeu n’est pas de choisir mais de faire dialoguer : les racines et l’ouverture, l’arabe et l’anglais, le rock et ses voisins, l’intime et le monde.

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Škoda Slavia : la berline certifiée 5 étoiles Global NCAP arrive en Tunisie

Škoda Tunisie, qui relève d’Ennakl Automobiles, a lancé officiellement la berline Slavia sur le marché tunisien. Certifiée 5 étoiles aux tests de sécurité et de collision Global NCAP, elle est proposée à partir de 66 980 dinars.

La Škoda Slavia, berline déjà produite à l’international, est désormais disponible en Tunisie. Sa sécurité maximale est certifiée par 5 étoiles aux tests de sécurité et de collision Global NCAP. Lazhar Bahrouni, directeur de la marque Škoda en Tunisie, a présenté ce modèle comme axé sur la robustesse, le confort et les qualités de motorisation.

Sur le marché tunisien, la Slavia est commercialisée avec un moteur 1.0 TSI, déjà éprouvé au sein du groupe Volkswagen. Elle bénéficie des dernières technologies en matière de connectivité et de divertissement numérique et interactif. Ses technologies embarquées comprennent la recharge sans fil, un système d’infodivertissement et la connectivité App Connect ou MirrorLink.

Lazhar Bahrouni s’est exprimé à l’ouverture de la cérémonie de lancement, organisée au showroom de La Goulette par Škoda Tunisie, qui relève d’Ennakl Automobiles. Il a indiqué que la Slavia figure parmi les modèles ayant connu un important succès à l’international depuis le début de sa production en 2021. Il s’est montré optimiste quant aux perspectives du modèle en Tunisie, en mettant en avant ses atouts en matière de sécurité et d’équipements.

Le véhicule est décliné en trois finitions, pour quatre niveaux de prix. La version Active, à boîte manuelle, est proposée à partir de 66 980 dinars tunisiens. La finition Ambition est affichée à partir de 73 980 dinars avec la boîte manuelle et à 76 980 dinars avec la boîte automatique. La version Style, la plus équipée et dotée de toutes les options, est proposée à partir de 86 980 dinars tunisiens. Cette cérémonie marque l’ouverture officielle des ventes. La commercialisation effective débutera dans un délai d’une à deux semaines après le lancement, avec de premières quantités disponibles. Les livraisons se feront par arrivages successifs, des volumes plus importants étant attendus en novembre et décembre. Au cours du même événement, la marque a dévoilé en avant-première le futur modèle Škoda Kushaq. Son arrivée sur le marché tunisien est estimée entre la fin de l’année 2026 et le début de l’année 2027.

 

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Land’Or : des dividendes exceptionnels de 0,100 DT par action, détachés le 12 octobre

Les actionnaires de Land’Or toucheront 0,100 DT par action, soit 10% du nominal, prélevés sur la prime d’émission. Le paiement est fixé au 14 octobre 2026.

Land’Or a annoncé à ses actionnaires la distribution de dividendes exceptionnels, décidée par son Assemblée générale ordinaire du 30 septembre 2026. Le montant retenu s’élève à 0,100 DT par action, ce qui représente 10% du nominal. Cette somme sera prélevée sur le compte « Prime d’émission » et sera soumise en totalité à la retenue à la source. Le calendrier de l’opération est désormais arrêté. Le détachement interviendra le 12 octobre 2026, et la mise en paiement le 14 octobre 2026.

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Croissance de 4 % visée : l’ARP ouvre l’examen du budget 2027

Industrie en recul, dinar affaibli, facilités de la Banque centrale à 11 milliards de dinars : la Commission des finances et du budget de l’ARP a ouvert, mercredi, ses travaux sur le projet de budget de l’État 2027 et sur l’exécution du budget jusqu’à fin juin 2026.

La Commission des finances et du budget de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) a commencé, mercredi, l’étude de deux documents : les grandes orientations du projet de budget de l’État pour l’exercice 2027 et le niveau d’exécution du budget de l’État jusqu’à fin juin 2026. Le président de la commission, Maher Ketari, a rappelé que la préparation du budget 2027 se déroule parallèlement à celle du Plan de développement quinquennal 2026-2030. Ce plan table sur un taux de croissance de 4%.

Selon lui, atteindre cet objectif suppose de donner une impulsion à l’industrie, qu’il décrit comme « la colonne vertébrale de l’économie ». Il a relevé que la part de ce secteur dans le produit intérieur brut (PIB) est passée de 26% au début des années 2000 à 15% aujourd’hui. Maher Ketari a également insisté sur la nécessité de travailler au rétablissement de la valeur du dinar, dont le taux de change face aux autres devises a enregistré une baisse depuis 2011.

S’agissant du document sur l’exécution du budget 2026 au cours du premier semestre, le président de la commission a indiqué que les membres ont demandé des précisions supplémentaires. Elles concernent en particulier les facilités accordées par la Banque centrale au Trésor public, qui ont atteint 11 milliards de dinars, ainsi que l’affectation de ces fonds.

La commission souhaite aussi disposer de plus d’informations sur les garanties apportées par l’État aux entreprises publiques lorsqu’elles contractent des prêts, et sur l’incidence de ces garanties sur les finances publiques. Les répercussions de la hausse des prix du pétrole sur le budget figurent également parmi les points sur lesquels elle attend des éclaircissements. Dans ce cadre, Maher Ketari a estimé que l’absence de hausse prévue des prix de l’essence contribuera à préserver le pouvoir d’achat des citoyens.

Le président de la commission a enfin précisé que la ministre des Finances a été invitée à prendre part aux réunions consacrées à l’examen de ces deux documents et à y présenter ses remarques. Cette étape précédera l’ouverture du débat sur le projet de loi de finances.

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Artisanat tunisien : 85 MDT d’exportations à fin août 2026

Le marché américain et une ouverture internationale inédite boostent les exportations de l’artisanat tunisien, qui progressent de 3 % à fin août 2026 pour atteindre 85 millions de dinars. La directrice générale de l’ONAT, Leïla Msallati, a fait cette annonce en marge de l’ouverture du salon ArtiCrea au Kram.

À la fin du mois d’août 2026, le secteur de l’artisanat génère 85 millions de dinars à l’exportation, soit 2 % de la valeur totale des exportations tunisiennes. Cette progression de 3 % par rapport à la même période en 2025 confirme la compétitivité croissante du label tunisien sur les marchés extérieurs. Une stratégie de rayonnement international, renforcée lors de la 3ᵉ édition du salon professionnel ArtiCrea, porte cette dynamique. Pour la première fois, l’événement accueille des délégations du Canada, de Malte et de Suède, ainsi que des acheteurs internationaux. La Chambre de commerce tuniso-américaine rehausse cette ouverture en rejoignant les 12 institutions partenaires afin d’appuyer la pénétration du marché américain, première destination des exportations artisanales du pays.

Le salon met en avant des créations hybrides mêlant savoir-faire traditionnel et design moderne. Des artisans locaux présentent notamment des collections inédites de poterie de Sejnane, conçues dans le cadre d’un programme de coopération de six mois avec des partenaires canadiens, maltais et suédois. Le ministre du Tourisme et de l’Artisanat, Sofiane Tekaya, a inauguré l’événement au Palais des Expositions du Kram, où 228 entreprises artisanales exposent leurs produits jusqu’au 11 octobre. La manifestation illustre le renouveau du secteur grâce à une forte représentation des femmes, qui dirigent 60 % des entreprises et des diplômés du supérieur qui en gèrent 40 %.

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Agriculture et pêche : 17 MDT d’investissements sur les rails dans trois gouvernorats

17 millions de dinars (MDT) : tel est le volume des projets agricoles et de pêche qui viendront prendre forme à Béja, Bizerte et Médenine. Et ce, après le feu vert donné lundi par le Comité national d’octroi des avantages de l’APIA.

C’est lundi 5 octobre que le Comité national d’octroi des avantages, rattaché à l’Agence de Promotion des Investissements Agricoles (APIA), a donné son aval à un ensemble de projets d’investissement dans les secteurs de l’agriculture et de la pêche. Leur coût global atteint 17 MDT.

L’APIA précise, dans un communiqué, que ces approbations sont intervenues au terme de la sixième réunion tenue par l’instance en 2026. Les projets concernés seront menés dans les gouvernorats de Béja, de Bizerte et de Médenine.

Dans le même temps, le comité s’est penché sur les prêts fonciers. Des crédits ont été accordés à de jeunes agriculteurs de Kasserine pour leur permettre d’acheter des terres agricoles s’étendant sur 49,9 hectares. Le financement prévu pour cette acquisition représente 715,9 mille dinars.

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Wajdi Riahi Trio : trois albums, un seul set, une salle archi-comble

 Vingt minutes après 20 heures, le Théâtre des régions était plein. Au piano, à la contrebasse et à la batterie, trois musiciens ont déroulé trois albums en un seul set.  

Le Wajdi Riahi Trio s’est produit le 5 octobre 2026 au Théâtre des régions de la Cité de la culture, dans le cadre des JMC, devant une salle archi-comble. Le concert a commencé une vingtaine de minutes après 20 heures.

Wajdi Riahi (piano), Basile Rahola (contrebasse) et Pierre Hurty (batterie) ont présenté une sélection de leurs trois albums acclamés : Mhamdeya, Essia et l’album live Zabonprés Sessions. Ce set traversait tout leur parcours, avec des compositions riches, nourries de plusieurs traditions et revisitées au fil des tournées. Le trio le décrit comme plein de fraîcheur, de profondeur et de générosité, pour une musique toujours en mouvement.

Pianiste et compositeur né à Tunis, Wajdi Riahi a commencé le piano très jeune avant de s’installer à Bruxelles. Il y a façonné un style mêlant jazz, musiques méditerranéennes et traditions classiques et populaires. Son jeu est sensible et rythmiquement intense, entre profondeur mélodique et liberté d’improvisation. Avec ses deux partenaires, il forme un groupe porté par l’écoute mutuelle, une amitié profonde et une alchimie scénique rare.

Né le 20 septembre 1995 et membre du Jazz Club de Tunis, il y a obtenu en 2011 un diplôme de musique arabe. En 2015, il a rejoint le Hard Bop Project et donné son premier concert de jazz avec des membres du club. En 2016, il a participé à l’Itinéraire Jazz, série de concerts organisée par l’association, et à un stage de piano jazz, d’improvisation et de composition à l’AKDT, à Libramont (Belgique). En 2017, il a joué dans Darimba, projet du bassiste tunisien Wassim Ben Rhouma, puis créé North Africa, qui lui a valu trois prix : le Tanit de bronze, le prix de la meilleure composition et le prix Ahmed Litaiem du meilleur soliste. Il a aussi suivi la Master Class du pianiste américain Barry Harris, en Italie.

Il étudie aujourd’hui au Conservatoire royal de Bruxelles auprès du pianiste Éric Legnini. Outre son trio, il joue comme sideman dans The Rythme Hunters de Stéphane Galland, Now Project de Fabrice Alleman, Aleph Quintet et New Lands d’Armando Luongo. Il a également participé, à Bruxelles, à la célébration des trente ans d’Aka Moon, au Festival des Libertés.

Du diplôme de musique arabe à la Master Class de Barry Harris, des stages de jazz au Conservatoire royal, ces formations successives ont préparé Wajdi Riahi à exceller. Son talent se lit dans les trois prix de North Africa et dans la place qu’il tient aujourd’hui sur la scène bruxelloise.

 

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Aram Belhadj juge difficile que la BCT maintienne son taux directeur à 7 %

Le taux d’inflation annuel s’est établi à 5,6 % en septembre 2026 en Tunisie, d’après l’Institut national de la statistique (INS). Pour l’économiste Aram Belhadj, le passage au-dessus de 6 % au début de 2027 constitue désormais le scénario central. C’est ce qu’il explique dans un post publié sur sa page officielle Facebook.

Après 5,1 % en juillet puis 5,4 % en août, l’inflation en glissement annuel a atteint 5,6 % en septembre 2026 en Tunisie, selon les données de l’INS. C’est la troisième progression consécutive. L’économiste Aram Belhadj, qui commente ces chiffres dans une publication Facebook, relève que le rythme mensuel s’accélère lui-même.

Selon lui, dépasser 6 % dès le début de 2027 ne relève plus de l’hypothèse marginale. Il en fait le scénario central, alors que se rapproche l’échéance de la loi de finances 2027, que les grandes orientations annoncées sont maintenues et que les tensions persistent dans la région.

M. Belhadj attribue d’abord la hausse à des facteurs d’origine alimentaire et énergétique. L’inflation sous-jacente, qui exclut l’alimentation et l’énergie, reste à 4,9 % pour le deuxième mois de suite. D’après son analyse, le choc gagne l’ensemble du panier alimentaire, mais ne s’est pas encore transformé en inflation généralisée portée par la demande.

L’aspect qu’il juge le plus préoccupant sur le plan structurel tient à l’écart entre les produits alimentaires à prix libres, en hausse de 9,4 %, et ceux à prix encadrés, en progression de 0,2 %. Cet écart s’accentue d’un mois à l’autre. Il en découle, selon l’économiste, un coût de soutien caché qui s’accumule sans apparaître dans les comptes.

Dans ce contexte, l’analyste estime difficile que la Banque centrale de Tunisie (BCT) conserve son taux directeur à 7 % sans le modifier. Il avertit en outre que « un hiver chaud » attend le pays, aussi intense que l’été 2026 qui vient de s’achever.

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Congés de maternité et de paternité en Tunisie : ce que change la loi n° 44 de 2024

Jusqu’à quatre mois de congé après la naissance dans certains cas, sept jours pour le père : la loi n° 44 de 2024 régit les congés liés à l’arrivée d’un enfant. En octobre 2026, la durée du congé de maternité fait de nouveau débat.

Trois mois de congé après l’accouchement, sept jours rémunérés pour le père : tel est le socle fixé par la loi n° 44 de 2024, texte de référence en Tunisie. Près de deux ans après son entrée en vigueur, il suscite un regain d’intérêt autour des droits des femmes actives pendant la grossesse, l’accouchement et le post-partum. Le texte vise à mieux protéger la mère et l’enfant, à lui offrir une période de repos pour se rétablir et s’occuper de son nouveau-né, et à renforcer l’équilibre entre vie professionnelle et vie familiale. La loi couvre les agents de la fonction publique et du secteur public affiliés à la Caisse nationale de retraite et de prévoyance sociale, ainsi que les salariés et non-salariés du privé affiliés et déclarés auprès de la Caisse nationale de sécurité sociale. Elle élargit ainsi la protection juridique liée à la maternité et à la paternité.

Trois mois après la naissance, quatre dans certains cas

Le congé de maternité dure trois mois à compter de l’accouchement. Les agents du public conservent l’intégralité de leur traitement, les salariées du privé reçoivent une allocation. Cette durée passe obligatoirement à quatre mois en cas de naissance de jumeaux ou plus, de nouveau-né prématuré, ou présentant un handicap ou des malformations congénitales nécessitant des soins et des interventions médicales. Un rapport médical doit alors être produit dans les trois premiers mois suivant l’accouchement. En cas de décès du nouveau-né, le congé est d’un mois.

La loi instaure aussi un congé prénatal pouvant atteindre 15 jours durant le dernier mois de grossesse, sur certificat médical indiquant la date présumée de l’accouchement, avec la même distinction entre traitement intégral dans le public et allocation dans le privé.

Un congé postnatal de un à quatre mois est ensuite prévu, selon les conditions et procédures fixées par le texte. Les agents du public perçoivent la moitié de leur traitement, les salariées du privé une allocation. Le congé de maternité peut en outre être cumulé avec le congé annuel.

Licenciement interdit, congé de paternité à sept jours

Il est interdit de sanctionner ou de licencier une femme à cause de sa grossesse, de son accouchement ou de l’allaitement, durant les périodes couvertes par la loi. Le texte vise ainsi à éviter que la maternité devienne un motif d’atteinte à la stabilité professionnelle, notamment pour les salariées du privé.

Le congé de paternité passe à sept jours rémunérés, contre un jour auparavant dans le privé et deux jours dans le public. Il est de dix jours en cas de naissance de jumeaux ou plus, ou lorsque l’enfant est prématuré ou présente un handicap ou des malformations congénitales nécessitant des soins et des interventions médicales.

Octobre 2026 : la durée du congé relance le débat

Le sujet est revenu au premier plan en octobre 2026. Certaines salariées estiment que trois mois restent insuffisants pour s’occuper d’un nourrisson avant de reprendre le travail. Des organisations de défense des droits et des syndicats soulignent, de leur côté, que la loi constitue une avancée qualitative sans précédent par rapport aux législations antérieures. La loi n° 44 de 2024 demeure le cadre législatif en vigueur et figure parmi les textes publiés sur le site officiel du ministère des Affaires sociales.

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Atelier du Meuble Intérieurs : bénéfice net de 1,50 MDT au premier semestre 2026

Le résultat net de la société Atelier du Meuble Intérieurs atteint 1,50 million de dinars (MDTT) au 30 juin 2026, contre 1,32 MDT un an plus tôt.

Les revenus de la société s’établissent à 13,14 MDTT contre 12,07 MDTT au premier semestre 2025, soit une progression de 8,87 %. Le résultat d’exploitation ressort à 1,95 MDTT (soit +10,16 %), et le résultat des activités ordinaires avant impôt à 1,99 MDTT (contre 1,73 MDT). Le résultat par action est de 0,246 dinar, contre 0,238 dinar, pour 6 085 083 actions contre 5 561 635 un an plus tôt. Ces chiffres figurent dans les états financiers intermédiaires publiés par la société Atelier du Meuble Intérieurs.

L’excédent brut d’exploitation passe de 2,29 MDTT à 2,67 MDTT et la marge sur coût matières de 4,96 MDTT à 5,41 MDTT. Les achats consommés atteignent 7,65 MDT (6,85 MDT). Les charges de personnel augmentent de 18,32 %, à 1,81 MDT contre 1,53 MDT. Les dotations aux amortissements et aux provisions montent à 718,5 milliers de dinars (KD), contre 513,7 KD, et incluent 58,6 KD de provisions pour dépréciation des stocks, absentes au premier semestre 2025. Les autres charges d’exploitation reculent à 931,0 KD, contre 1,14 MDT. L’impôt sur les sociétés s’élève à 468,5 KD (385,9 KD) et la contribution sociale de solidarité à 23,4 KD (19,3 KD).

Dans le détail des revenus, les ventes de marchandises taxables totalisent 11,27 MDT (10,89 MDT). Les ventes en suspension de taxes grimpent à 1,74 MDT, contre 707,0 KD. Les ventes à l’exportation reculent à 138,1 KD, contre 472,8 KD. Les produits des placements atteignent 100,6 KD, dont 99,95 KD de produits des participations. Aucun produit de ce type n’était comptabilisé au premier semestre 2025.

Les capitaux propres avant affectation s’élèvent à 15,38 MDT, contre 15,81 MDT au 31 décembre 2025.

L’assemblée générale ordinaire du 25 juin 2026 a approuvé l’affectation du résultat de l’exercice 2025, de 2,56 MDT, avec une distribution de 1,92 MDT. Au 30 juin 2026, les dividendes à payer aux actionnaires figurent pour 1,92 MDT parmi les autres passifs courants, et le tableau des flux de trésorerie du semestre ne comporte aucun décaissement à ce titre.

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Prix Nobel de médecine : la lumière au service de l’étude du cerveau

Le prix Nobel de médecine revient à Karl Deisseroth, Peter Hegemann et Georg Nagel, pour leurs travaux sur l’optogénétique.

Les trois chercheurs sont distingués « pour leurs découvertes concernant les canaux ioniques photosensibles et l’optogénétique ». Cette méthode permet de montrer comment les cellules nerveuses façonnent les souvenirs, les émotions et les comportements dans le cerveau. Karl Deisseroth est de nationalité américaine, alors que Peter Hegemann et Georg Nagel sont de nationalité allemande.

Outil précieux pour étudier les mécanismes des maladies neurologiques, l’optogénétique offre « des possibilités de cartographie du cerveau dont nous ne pouvions auparavant que rêver », a déclaré Per Svenningsson, président du comité Nobel de physiologie ou médecine.

Tout commence avec Peter Hegemann, le premier à chercher à comprendre comment une algue unicellulaire, Chlamydomonas, parvient à nager vers une source lumineuse. Au début des années 2000, Georg Nagel découvre une protéine singulière, la channelrhodopsine. Sous la lumière bleue, elle ouvre un canal qui laisse entrer des ions et génère une impulsion électrique. Les deux chercheurs constatent ensuite que n’importe quelle cellule dans laquelle on introduit cette protéine devient sensible à la lumière.

Deisseroth : de la cellule nerveuse de rat au cerveau de souris vivantes

Karl Deisseroth, psychiatre et neurologue américain, introduit alors le gène de la channelrhodopsine dans des cellules nerveuses de rats. En les éclairant avec de la lumière bleue, il parvient à déclencher un signal nerveux. Cette découverte majeure fait l’objet d’une publication en 2005. Deux ans plus tard, il réussit à faire fonctionner ce dispositif de commande lumineuse des cellules nerveuses dans le cerveau de souris vivantes.

Le mystère du fonctionnement du cerveau se dissipe ainsi petit à petit. Au 20e siècle, les chercheurs avaient tenté de comprendre quelles zones du cerveau influençaient quelles fonctions, mais les méthodes employées ne permettaient pas d’établir de liens de causalité. Beaucoup de questions et d’inconnues demeuraient. L’optogénétique fait considérablement avancer les choses et permettra de mieux comprendre comment certains types de cellules contribuent à des comportements tels que l’apprentissage, la peur, l’addiction ou encore le mouvement. La médecine clinique devrait en profiter, avec des possibilités d’application pour le traitement des troubles neurologiques et sensoriels, comme la maladie de Parkinson et l’épilepsie.

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Algérie – Émirats : Tebboune maintient la rupture et dénonce une volonté de domination

Le président algérien Abdelmadjid Tebboune assume la rupture des relations avec Abou Dhabi : les choses, dit-il, ont dépassé les limites.

Lors de sa rencontre périodique avec la presse nationale, Abdelmadjid Tebboune a affirmé que l’Algérie restait attachée à sa décision de rompre ses relations diplomatiques avec les Émirats arabes unis. Il souligne que cette décision est intervenue après que les choses eurent dépassé les limites. Le chef de l’État a accusé le gouvernement émirati de chercher à prendre le contrôle de l’Algérie. « La société pétrolière émiratie, c’est nous qui l’avons fondée, et aujourd’hui Abou Dhabi cherche à exercer la tyrannie pour nous dominer » a-t-il déclaré. Il a ajouté : « Nous accueillons ceux qui travaillent dans le respect des lois, mais celui qui tente d’exercer la tyrannie se trompe. »

Insistant sur l’importance de la souveraineté nationale, il a indiqué que l’Algérie était une « terre pure pour laquelle des millions de martyrs se sont sacrifiés. Et je n’ai pas le droit de la vendre à qui que ce soit ». Cette décision avait été annoncée le 10 septembre dernier. L’Algérie avait alors accordé à l’ambassadeur émirati un délai de 48 heures pour quitter le pays et décidé de fermer son espace aérien aux avions émiratis, à l’exception des vols commerciaux, jusqu’à la fin de 2026. Elle avait présenté cette décision comme le résultat de l’épuisement de tous les moyens de préserver les relations, accusant Abou Dhabi d’une série d’« actes provocateurs et hostiles ».

Abordant un autre sujet, Abdelmadjid Tebboune a évoqué les droits du peuple sahraoui, affirmant que nul ne peut le contraindre à y renoncer. Selon lui, le Conseil de sécurité des Nations unies appelle à trouver une solution satisfaisant le Front Polisario et le Maroc, l’Algérie et la Mauritanie étant des pays observateurs dans ce dossier. Il a précisé que l’Algérie donnait son avis lorsqu’elle était consultée par les amis américains; mais que la décision finale revenait aux Sahraouis, qui négocient avec le Maroc au sujet de leurs droits.

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Djerba : l’ambassade américaine appelle ses ressortissants à la vigilance

L’ambassade des États-Unis en Tunisie a émis dimanche 4 octobre 2026 une alerte de sécurité invitant ses ressortissants à éviter l’île de Djerba le 7 octobre 2026 ou aux alentours de cette date.

La recommandation figure dans une alerte publiée dimanche 4 octobre 2026 par la représentation diplomatique américaine. Celle-ci invoque une hausse des menaces liées aux tensions régionales, ainsi que l’approche de l’anniversaire du 7 octobre 2023. Les autorités américaines ne précisent pas la nature des menaces évoquées et ne font état d’aucun incident particulier à Djerba. Elles justifient néanmoins leur consigne par l’augmentation des risques dans ce contexte, marqué à la fois par les tensions régionales et par la date anniversaire.

L’ambassade s’adresse aussi aux citoyens américains présents sur le reste du territoire tunisien. Elle leur demande de redoubler de vigilance et de rester attentifs à leur environnement, et leur conseille d’éviter les rassemblements ainsi que les lieux caractérisés par une forte présence policière. Ils sont par ailleurs invités à suivre l’évolution de la situation dans les médias locaux, à limiter leur exposition et à adopter un profil discret.

Djerba est une destination touristique majeure en Tunisie, qui accueille régulièrement un nombre important de visiteurs étrangers. L’île abrite la communauté juive de Djerba ainsi que la synagogue de la Ghriba, cible d’une attaque meurtrière en mai 2023. À ce stade, l’ambassade recommande à ses ressortissants de prendre des précautions particulières autour du 7 octobre, sans annoncer de mesures générales concernant l’ensemble du territoire tunisien.

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