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Société régionale de transport du Sahel: une situation financière lourdement fragilisée

La Société régionale de transport du Sahel (STS), l’une des 14 compagnies régionales placées sous la tutelle du ministère du Transport, a publié ses états financiers pour l’exercice 2021. La STS a enregistré une perte nette de -11,322 MDT, soit plus du double des -5,999 MDT affichés l’année d’avant. Cette dégradation de la performance s’inscrit dans un contexte marqué par les répercussions de la pandémie de Covid-19, notamment les confinements et les interdictions de circulation interurbaine.

La subvention publique a joué un rôle amortisseur important, totalisant 50,596 MDT. Le chiffre d’affaires généré par l’activité s’est élevé à 25,362 MDT, en hausse de 12,3% grâce à la hausse des tarifs des tickets décidée en juin 2021 et à la reprise graduelle de l’activité par rapport à 2020. Les produits d’exploitation ont fléchi de 4,1% pour s’établir à 78,347 MDT. Les charges d’exploitation de la société ont atteint 87,631 MDT, dont 48,829 MDT de charges de personnel.

Les capitaux propres sont profondément négatifs, à -59,807 MDT fin décembre 2021. Cette situation critique place l’entreprise sous le coup des dispositions légales de l’article 338 du Code des sociétés commerciales, nécessitant une décision de l’Assemblée générale extraordinaire pour statuer sur la poursuite ou non de l’activité. Les dettes envers les fournisseurs et les comptes rattachés s’élèvent à près de 33,789 MDT, auxquels s’ajoutent des passifs courants de l’ordre de 58,700 MDT comprenant notamment plus de 15,272 MDT d’arriérés dus à la Caisse nationale de sécurité sociale.

Sur les cinq années qui ont suivi ces chiffres, nous n’avons pas d’informations. C’est certainement la subvention de l’État qui maintient la société de transport en activité. L’amélioration de la flotte est en cours, ce qui devrait booster les revenus. Toutefois, une recapitalisation s’impose pour que la STS puisse jouer son rôle dans l’une des régions les plus industrialisées du pays.

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BTK Leasing émet un emprunt obligataire de 50 MDT

BTK Leasing compte émettre un emprunt obligataire, par appel public à l’épargne, BTK Leasing 2026-2.

Le conseil d’administration dispose d’une autorisation accordée par la dernière Assemblée générale ordinaire des actionnaires, tenue le 6 avril 2026, lui permettant d’émettre un montant total de 200 MDT d’emprunts obligataires, et ce, jusqu’à fin 2027.

La nouvelle opération porte sur 50 MDT. Deux catégories sont proposées aux actionnaires, ayant une valeur nominale de 100 TND:

– Catégorie A: une durée de 5 ans, un taux d’intérêt brut fixe à 8,65% l’an et un amortissement in fine. Cette catégorie cible la collecte de 30 MDT.

– Catégorie B: une durée de 5 ans, un taux d’intérêt brut fixe à 8,40% l’an et un amortissement constant. Cette catégorie cible la collecte de 20 MDT.

Les souscriptions à cet emprunt démarreront le 22 octobre 2026 et seront clôturées, au plus tard, le 30 novembre 2026.

L’ouverture des souscriptions à cet emprunt reste, cependant, tributaire de la publication par l’agence de notation Fitch Ratings sur son site de la notation définitive de l’emprunt. L’agence a attribué, en date du 9 septembre 2026, une notation provisoire à long terme «BB (EXP)(tun)» audit emprunt.

La BTK vise à financer son activité qui s’est inscrite sur une tendance haussière ces dernières années.

Le placement est une bonne opportunité qui s’offre aux investisseurs qui ont une aversion pour les risques. Il est émis par une institution financière ayant une signature fiable et qui est soutenue par une banque, la BTK.

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Pour une loi de finances de rupture

Avec l’approche du lancement de la saison du débat budgétaire, il est temps de changer d’approche. Depuis des années, les députés restent prisonniers de propositions symboliques ou qui ne mènent qu’à des économies de façade, alors que l’urgence est de remettre l’appareil productif en mouvement.

 

Et cette année, le challenge est encore plus difficile avec l’intention de ne pas augmenter la pression fiscale sur les PME. Comment donc financer l’État, avec tous ses engagements sociaux et son rôle clé, sans étouffer ceux qui produisent ? Certes, la réponse ne réside pas dans une hausse d’impôts, ni dans des coupes budgétaires, mais dans des articles de loi qui libèrent les flux financiers et qui corrigent les distorsions qui pénalisent la production locale. La loi de finances ne pourra pas tout apporter, mais elle constitue l’un des principaux moyens pour initier un tel mouvement.

 

Débloquer la circulation de la liquidité interne

Le problème en Tunisie ne réside pas dans un manque global d’épargne, mais dans sa mauvaise allocation et sa thésaurisation. Les banques regorgent de liquidités ou préfèrent des placements sans risque, tandis que les PME et les porteurs de projets s’asphyxient par manque de fonds de roulement.

La loi de finances peut introduire des dispositions fiscales modulées pour les établissements de crédit qui consacrent un pourcentage minimal de leurs crédits au financement direct de l’investissement productif, de l’innovation et de l’exportation à forte valeur ajoutée. De leur côté, les entreprises peuvent être incitées à réinvestir dans l’extension de l’outil de production et la modernisation technologique.

Celles qui n’ont pas une telle marge de manœuvre et qui se heurtent au mur des garanties réelles ont besoin de l’appui de l’État. Le renforcement des fonds de garantie publics permettrait aux banques de prêter plus facilement sans exiger des garanties disproportionnées.

 

Combattre les rentes et corriger les distorsions

L’économie tunisienne souffre de diverses distorsions, comme les barrières réglementaires lourdes, les régimes privilégiés ou d’autorisations qui protègent des situations de rente, et une concurrence déloyale de l’informel. Libérer la production locale demande un grand nettoyage législatif.

Il faut impérativement rationaliser la fiscalité des intrants industriels. Les entreprises locales subissent des taxes douanières ou fiscales lourdes sur l’importation de leurs matières premières ou de leurs équipements semi-finis, rendant l’importation de produits finis concurrents une solution optimale pour les consommateurs. Il s’agit d’aligner la fiscalité pour que produire localement soit moins coûteux et plus simple qu’importer.

La loi de finances doit aussi intégrer des mesures d’incitation à la régularisation tout en renforçant la traçabilité des flux pour assainir le marché.

 

Optimiser la dépense et l’investissement public productif

L’État ne peut pas se désengager de ses rôles sociaux, mais il doit cesser d’allouer des ressources à des dépenses improductives pour les rediriger vers des effets de levier économiques.

La loi de finances doit lever les verrous juridiques qui pénalisent l’investissement privé, national et international. En même temps, chaque soutien de l’État, allégement fiscal ou subvention accordée à une entreprise ou à un secteur doit être assorti d’objectifs mesurables en termes de création d’emplois, d’intégration locale ou d’exportation. Il est temps de mettre fin aux aides aveugles. L’argent public ne doit profiter qu’à ceux qui génèrent de la croissance organique.

Enfin, les économies réalisées doivent être redirigées vers la formation professionnelle ciblée, en adéquation directe avec les besoins des secteurs porteurs, ce qui garantit aux PME un accès à une main-d’œuvre qualifiée, réduisant ainsi les coûts de formation et de productivité.

L’État va présenter une version qui combine des mesures ciblées et qui préserve les équilibres macroéconomiques. Les députés doivent, par des propositions, transformer le projet qu’ils auront en un instrument de libération des énergies productives. Pour un député, la valeur d’une proposition ne se mesure pas au nombre de bénéficiaires potentiels annoncés, mais à la chaîne de causalité économique qu’elle déclenche. C’est cette logique qui doit guider chaque article soumis à l’examen parlementaire.

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Ce que les crédits sur l’honneur nous ont appris

L’engouement pour les crédits sur l’honneur, accordés sans intérêts, ainsi que pour les crédits des caisses sociales par le passé, révèle deux réalités.

La première est qu’il existe un besoin vital de liquidités au sein des ménages et des petits entrepreneurs. Pour les ménages, ces crédits constituent souvent une bouffée d’oxygène leur permettant de faire face à la cherté de la vie et de constituer un capital de précaution contre les imprévus. Au-delà de la simple survie quotidienne, ces financements peuvent également représenter une opportunité pour lancer des microprojets, souvent informels, pour obtenir une source de revenu complémentaire.

La seconde est que la majorité de la population active se trouve exclue de fait du système bancaire en raison des conditions d’octroi de crédits particulièrement strictes. Ces exigences constituent autant de barrières infranchissables pour une grande partie des employés et des petits entrepreneurs.

Lorsque ces ménages ou petits entrepreneurs tentent de se tourner vers le marché bancaire, le coût total du crédit devient un obstacle. Les taux débiteurs, dont les origines remontent au niveau du taux directeur fixé par la Banque centrale, pèsent lourdement sur le budget des emprunteurs. S’endetter aux taux actuels signifie voir une part excessive de leurs revenus absorbée par le remboursement des intérêts, rendant l’opération financière non viable et menaçant directement les équilibres économiques de base.

Pour les petites structures, cette impossibilité d’accéder à un financement à coût modéré bloque la transition de l’informel vers le formel, entrave la croissance des activités existantes et freine la création d’emplois locaux. L’exclusion financière alimente un cercle vicieux qui prive l’économie de tout un potentiel de dynamisme et d’innovation.

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L’Africa Credit Rating Agency officiellement lancée

L’Union africaine donnera naissance aujourd’hui à la première agence de notation de crédit du continent, l’AfCRA (Africa Credit Rating Agency). Le projet était en préparation depuis près de dix ans, sa création approuvée en 2018. L’objectif est d’offrir une alternative aux trois géants mondiaux dont les évaluations ne font qu’alourdir le fardeau de la dette sur de nombreuses économies africaines. L’agence sera basée à Port-Louis, capitale de Maurice.

L’AfCRA notera les emprunteurs souverains, les institutions financières et les entreprises privées. Elle devrait accroître la couverture, 23 économies du continent ne disposant pas d’une notation de la part des trois grandes agences. L’indépendance sera garantie, le financement étant assuré par le capital des actionnaires et ses activités. La liste des actionnaires demeure, toutefois, inconnue.

L’UA affirme que l’agence devrait aider à améliorer l’accès des pays africains aux marchés de capitaux et fournir aux investisseurs des évaluations plus équilibrées et adaptées au contexte des économies du continent. Le service annuel de la dette extérieure du continent a grimpé à 163 milliards de dollars en 2024, contre 61 milliards en 2010. Dans de nombreux pays, les paiements d’intérêts ont dépassé les budgets annuels de secteurs sociaux clés tels que la santé et l’éducation.

Tout cela demeure néanmoins théorique. Pour que l’Agence africaine de notation ait un réel impact, elle devra gagner la confiance des investisseurs et des marchés. À défaut de cela, ses rapports resteront lettre morte aux yeux des opérateurs économiques mondiaux. En définitive, ce sont les bailleurs de fonds européens et américains qui sont visés. Si ces derniers perçoivent un écart trop important avec les évaluations des grandes agences, les analyses de l’AfCRA risquent de ne jamais dépasser le stade du papier.

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L’IA booste la croissance de l’Asie, mais augmente ses vulnérabilités

La Banque mondiale a relevé ses prévisions de croissance pour la région de l’Asie de l’Est et du Pacifique grâce aux exportations liées à l’intelligence artificielle (IA). Toutefois, elle a averti que cette dépendance rend la région vulnérable à un éventuel retournement mondial des dépenses technologiques.

 

La région concernée comprend 23 économies, dont la Chine, le Viêtnam, l’Indonésie, la Malaisie et la Thaïlande.

 

Moteur d’exportation

L’économie de l’Asie de l’Est et du Pacifique devrait progresser de 4,5 % en 2026, soit 30 points de base de plus que ce que l’institution de Bretton Woods avait prévu en avril. La croissance devrait ralentir à 4,4 % en 2027 puis à 4,3 % en 2028. Le Viêtnam a bénéficié de la plus forte révision à la hausse de ses prévisions parmi les principales économies de la région, de 110 points de base pour atteindre 7,4 %.

Cependant, la force de la région dépend fortement de la fabrication et des exportations liées à l’IA. La croissance du commerce, à l’exclusion des produits liés à l’IA, est faible ou négative. Ces produits ont représenté plus de la moitié de la croissance des exportations dans la plupart de ces pays, en particulier la Malaisie, les Philippines, la Thaïlande et le Viêtnam avec une proportion de plus de 70 %.

Le risque lié à l’IA se situe du côté des dépenses des principaux payés, essentiellement les Etats-Unis. Les investissements liés à l’IA ont totalisé 6 % du PIB des États-Unis, ce qui est comparable au pic d’investissement dans les technologies de l’information de l’an 2000, et le cycle actuel a progressé plus rapidement que les deux cycles précédents et continue de gagner en vitesse.

 

Les banques doivent faire attention

Le financement qui alimente est estimé à 2 900 milliards de dollars pour la période 2025-2028. Les crédits privés devraient fournir 800 milliards de dollars. L’exposition des banques, en cas de renversement de situation, est une source d’inquiétante.

L’IA est soutenue par une abondante liquidité et pourrait ralentir en raison du récent resserrement des conditions financières. A préciser qu’une correction ne signifie pas nécessairement un effondrement pour le supercycle de l’IA, mais que l’investissement avait devancé la demande réelle selon la Banque mondiale. Un ralentissement de 1 % de la croissance américaine réduit la croissance des autres marchés émergents d’environ 0,6 %, l’impact sur l’investissement étant environ deux fois plus important. Cela a donc des répercussions de taille sur les pays de l’Asie de l’Est en raison de la place prépondérante de la région dans la chaîne d’approvisionnement de l’IA.

Cela nous mène à une principale conclusion : la domination écrasante des États-Unis dans le secteur technologique fait de la croissance de ces pays asiatiques une extension directe de la chaîne de valeur américaine. C’est une illustration de l’asymétrie de puissance économique et stratégique.

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Les Ciments de Bizerte: seul le plan de restructuration pourra redresser la situation

Les états financiers intermédiaires de la société Les Ciments de Bizerte (SCB) ont mis en lumière une situation financière et industrielle toujours délicate. L’atonie industrielle de l’entreprise se poursuit, causée par l’arrêt de la production de clinker enclenché depuis le 15 octobre 2023. Cette interruption prolongée trouve sa source dans la rupture d’approvisionnement en matières consommables essentielles, à l’instar du coke de pétrole et des briques réfractaires, en raison d’une carence chronique de liquidités. Pour tenter de sauver l’essentiel, de maintenir sa part de marché locale et d’honorer a minima ses engagements, la société a dû recourir à l’achat externe de 59 882 tonnes de clinker au cours du semestre. Des acquisitions qui s’avèrent toutefois largement insuffisantes pour combler le déficit opérationnel. En témoigne le coût de la sous-activité, évalué à 11,144 MTND pour la production vendue.

Les revenus de la période s’établissent à 14,802 MTND, en recul par rapport aux 18,601 MTND engrangés au premier semestre 2025. La marge brute, bien qu’en amélioration relative, demeure en territoire négatif à -0,847 MTND (contre -2,625 MTND au 30 juin 2025). Cette amélioration a été absorbée par les charges d’exploitation et le poids des dotations aux amortissements et provisions. Au terme du premier semestre 2026, la société enregistre un résultat net déficitaire de -21,982 MTND, qui s’alourdit à -23,743 MTND après prise en compte des indemnités de départ à la retraite et de certaines charges financières.

La structure financière de la SCB demeure extrêmement fragile. Les capitaux propres avant affectation sont de 74,838 MTND. Cependant, le passif courant, qui a atteint la somme colossale de 232,486 MTND, pèse lourdement sur la solvabilité à court terme de l’entreprise. Cet encours intègre des concours bancaires, des emprunts échus et impayés, ainsi que d’importants effets à payer pour le financement des stocks. Face à cette situation, les commissaires aux comptes ont émis une réserve explicite, soulignant une incertitude significative liée à la continuité de l’exploitation.

L’espoir d’un redressement réside désormais dans la mise en œuvre effective du plan de restructuration élaboré par un cabinet externe et récemment validé par un conseil ministériel restreint. Ce plan stratégique s’articule autour d’un programme d’investissement structuré en trois phases: le redémarrage à court terme de la ligne de production de clinker, la modernisation progressive des équipements industriels, ainsi qu’une optimisation énergétique et environnementale. En parallèle, la société est engagée dans des négociations avancées avec ses principaux partenaires bancaires pour consolider ses dettes et structurer un nouveau pool bancaire. La réussite de ces étapes conditionnera la survie de cette institution centenaire et sa capacité à retrouver un équilibre durable.

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SIAME: un premier semestre équilibré

La Société industrielle d’appareillage et de matériels électriques (SIAME) a clôturé le premier semestre de l’exercice 2026 avec des indicateurs financiers stables.

Le chiffre d’affaires s’est établi à 20,011 MTND au 30 juin 2026, en baisse de 11,6% en glissement annuel. Cette diminution s’explique principalement par un recul des ventes à l’export, qui se sont élevées à 4,484 MTND au premier semestre 2026, contre 8,157 MTND un an auparavant. Cela est imputable à l’arrêt provisoire des expéditions vers l’Irak, principal marché d’exportation de la société, en raison des tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Le conflit opposant l’Iran aux États-Unis a perturbé les flux commerciaux dans la région, entraînant un blocage des exportations de la société vers ce pays.

La même tendance est observée par les ventes réalisées auprès de la STEG, de 4,487 MTND seulement contre 6,577 MTND au 30 juin 2025. Ce repli s’explique principalement par le décalage du calendrier d’exécution des nouveaux marchés, dont les livraisons sont programmées au cours du second semestre. En revanche, le marché local s’est montré plus dynamique, progressant de 39,6% en rythme annuel, à 11,039 MTND.

Pour contrer la contraction de ses revenus, la société a su optimiser ses charges. Les achats consommés sont en recul à 12,308 MTND, et les charges de personnel ont pu être réduites de 5,5%, à 2,906 MTND.

Les charges financières nettes se sont allégées, passant de 1,137 MTND fin juin 2025 à 0,692 MTND cette année, grâce notamment à la diminution des intérêts sur financements. Le résultat net s’est établi à 1,890 MTND, contre 1,720 MTND à la même date en 2025.

Les perspectives de croissance de la société sont prometteuses. La SIAME est un titre à conserver pour ceux qui veulent avoir de l’industrie dans leurs portefeuilles.

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Le couple alimentation – enseignement alimente la hausse des prix

Les chiffres de l’inflation des neuf premiers mois de 2026 viennent de tomber. Sans surprise, elle a connu un rebond pour s’établir à 5,6 % en glissement annuel, après avoir atteint 5,4 % en septembre.

 

Le moteur de cette dynamique est l’accélération de la hausse des prix des produits alimentaires et de la fourniture scolaire. Les produits alimentaires et les boissons ont affiché une progression de 8,4 % sur un an, un rythme soutenu par la flambée des prix de certains produits frais de première nécessité, à l’instar des volailles (16,5 %), des gousses et fruits frais (16,3 %), de la viande ovine (14,6 %), de la viande bovine (13,0 %) ainsi que des légumes frais (12,9 %). En revanche, un recul est observé sur les prix des huiles alimentaires, avec un repli de 4,1 % sur la même période.

 

Ces chiffres montrent qu’il convient de maintenir encore le taux directeur élevé, bien que, sans financements à coûts raisonnables, la production ne puisse pas redémarrer. L’inflation demeure un vrai problème et son traitement nécessite une approche équilibrée combinant rigueur monétaire, maîtrise des tensions sur les chaînes d’approvisionnement.

 

Par rapport à août 2026, l’indice général des prix à la consommation a progressé de 0,8 %. Cette évolution mensuelle est fortement marquée par le coût de la rentrée des classes, le groupe de l’enseignement enregistrant un bond de 3,9 % en raison notamment de la hausse des tarifs de l’enseignement privé (primaire et secondaire), des cours de soutien et des fournitures scolaires. De même, le groupe des produits d’habillement et chaussures a poursuivi sa progression pour atteindre 9,2 % sur un an.

Enfin, l’analyse par régime de prix montre que les produits non encadrés (« libres ») continuent de porter l’essentiel de la pression inflationniste avec une hausse de 6,8 %. Tandis que les produits soumis à un encadrement strict affichent une évolution beaucoup plus modérée de 1,2 %. Le taux d’inflation sous-jacente (hors énergie et produits alimentaires) s’est quant à lui stabilisé à 4,9 %.

Ces chiffres montrent qu’il convient de maintenir encore le taux directeur élevé, bien que sans financements à coûts raisonnables, la production ne puisse pas redémarrer. L’inflation demeure un vrai problème et son traitement nécessite une approche équilibrée combinant rigueur monétaire, maîtrise des tensions sur les chaînes d’approvisionnement et, surtout, réformes structurelles pour stimuler durablement l’offre productive.

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L’Afrique s’attaque au chantier des notations souveraines

La dette est un problème mondial, mais plus accentué en Afrique où les pays paient une prime de risque élevée pour accéder aux ressources. Et derrière tout cela, il y a les agences de rating qui sanctionnent le manque de données et d’infrastructure, ainsi que l’opacité sur certains marchés.

Pour les aider à surmonter ces difficultés, la Banque africaine de développement compte lancer une initiative pour aider les pays du continent à mieux se préparer aux notations de crédit. Les dirigeants africains sont unanimes sur le fait que les coûts de financement sur le continent sont injustement élevés à cause des évaluations des trois principales agences spécialisées. Fitch, S&P et Moody’s ont toujours confirmé qu’elles traitent tous les pays de la même manière, sur la base de leurs modèles.

De plus, la BAD travaille pour permettre un financement local plus important, en mobilisant divers acteurs, notamment les fonds de pension et les banques. Elle cherche à identifier et à lever les obstacles au développement de solides marchés de capitaux.

Pour sa part, le Mécanisme africain d’évaluation par les pairs, une initiative soutenue par l’Union africaine, prévoit de lancer durant ce mois d’octobre une agence de notation à l’échelle du continent, qui vise également à s’attaquer aux coûts d’emprunt élevés. L’amélioration des notations de crédit est une priorité. Actuellement, seuls 3 pays (le Botswana, le Maroc et l’île Maurice) sur 54 du continent disposent actuellement d’une note d’investissement.

Avec une telle agence, plusieurs pays pourraient décrocher une meilleure évaluation. Maintenant, la question concerne sa crédibilité pour les bailleurs de fonds internationaux.

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Soretrak: bénéficiaire, mais dépendante des subventions publiques

La Société régionale du transport de Kairouan (Soretrak) a publié ses états financiers relatifs à l’exercice 2025. La société a dégagé des produits d’exploitation de 35,850 MTND, en hausse de 11,4% par rapport à 2024. Le modèle économique de l’entreprise repose lourdement sur l’aide de l’État. Les subventions d’exploitation se sont élevées à 23,452 MTND, représentant 65,4% des produits totaux d’exploitation. Les revenus propres de transport (lignes régulières, scolaires, urbaines et abonnements) se sont établis à 11,414 MTND.

Les charges d’exploitation ont atteint 29,334 MTND, dominées par les charges de personnel qui pèsent 15,993 MTND. Grâce au soutien étatique, la société affiche un résultat d’exploitation de 6,514 MTND et un bénéfice net de 4,173 MTND.

L’actif total de la Soretrak est de 38,077 MTND. La société a investi dans le renouvellement de sa flotte, avec l’achat de 24 bus neufs auprès de Golden Dragon. Pour financer ses investissements et ses opérations, et outre le soutien de l’État, la société s’endette auprès du secteur bancaire. Le total des dettes financières est de l’ordre de 9,574 MTND.

La Soretrak, vitale pour la région de Kairouan, ne peut pas fonctionner sans l’assistance financière de l’État. Son management doit se concentrer sur la résolution de problèmes persistants, comme l’absence de rapprochement de l’inventaire physique des immobilisations avec les données comptables. Certains terrains inscrits à l’actif du bilan ne sont toujours pas immatriculés. Il y a également un manque de cadre réglementaire rigoureux et de traçabilité dans l’attribution et le calcul des heures supplémentaires, qui pèsent lourdement sur la masse salariale (plus de 1,768 MTND). Comme la majorité des entreprises publiques, la gouvernance est le principal défi.

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Ennakl Automobiles: des profits solides et une assise financière renforcée

Ennakl Automobiles, leader de la distribution automobile en Tunisie, a publié ses états financiers intermédiaires au 30 juin 2026, établis selon les normes IFRS. Le chiffre d’affaires s’est élevé à 312,742 MTND, en progression de 2,5% en glissement annuel. Cette croissance s’appuie principalement sur la bonne tenue des ventes de véhicules neufs, qui s’élèvent à 296,884 MTND, ainsi que sur l’activité des pièces de rechange, accessoires et lubrifiants (12,724 MTND).

La marge brute s’est établie à 49,174 MTND, impactée par une hausse des coûts des ventes de 7,7%, à 263,567 MTND. Le résultat opérationnel ressort quant à lui à 20,331 MTND. Le résultat financier est de 25,546 MTND contre 19,448 MTND un an plus tôt. Les produits financiers ont profité d’importants dividendes reçus et à recevoir de la part des filiales et participations, notamment de la part d’Amen Bank (9,974 MTND) et de la filiale Car Gros (14,999 MTND). Le résultat net semestriel ressort à 37,063 MTND, en baisse annuelle de 9,2%.

Au niveau du bilan, le fait le plus marquant est la forte progression des capitaux propres, qui totalisent 437,050 MTND. Cette progression est essentiellement attribuable à la variation des autres éléments du résultat global (AERG), qui affichent un solde de 211,558 MTND. Cette plus-value latente est le résultat de la réévaluation à la juste valeur des actifs financiers détenus par Ennakl, notamment ses participations cotées dans Amen Bank et l’Arab Tunisian Lease, dont les cours boursiers ont connu une appréciation notable. La gestion du risque de capital de l’entreprise demeure prudente. Le ratio d’endettement se maintient à un niveau sain de 38%.

Avec des stocks de 164,267 MTND de véhicules neufs disponibles fin juin 2026, Ennakl devrait passer un bon second semestre. La mobilisation de ressources financières par la voie d’émission d’un emprunt obligataire permettra de contourner les restrictions d’importation imposées par la BCT.

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Les startups africaines ont déjà levé 2 milliards de dollars en 2026

Les startups africaines ont réussi à franchir le cap des 2 milliards de dollars de financement en 2026, hors cessions, au mois de septembre 2026, selon Africa: The Big Deal. Si les tendances actuelles se maintiennent, les fonds mobilisés pourraient approcher les 3 milliards de dollars d’ici la fin de l’année. Depuis 2019, plus de 25 milliards de dollars ont été investis dans plus de 2 600 startups ayant chacune levé au moins 100 000 dollars.

Ces chiffres suggèrent que, bien que l’Afrique continue d’attirer des investissements substantiels en capital-risque, l’environnement de financement reste plus sélectif, la dette représentant une part croissante des capitaux levés. Cela s’explique par une combinaison de mutations macroéconomiques, de l’évolution de l’aversion pour le risque des investisseurs et des modèles opérationnels spécifiques des entreprises en phase de croissance sur le continent.

Une part importante des startups les plus financées opère dans des secteurs tels que les technologies propres, l’énergie solaire, la logistique et l’agriculture, qui nécessitent des actifs physiques et du matériel. La dette constitue l’instrument financier idéal pour financer ces infrastructures, contrairement aux capitaux propres, traditionnellement conçus pour alimenter une croissance logicielle rapide.

De plus, après la correction du marché mondial du capital-risque, les investisseurs se tournent vers la rentabilité et la discipline financière, rendant les bailleurs de fonds plus durs dans leurs choix. À l’inverse, les prêteurs spécialisés recherchent des flux de trésorerie prévisibles, ce qui rend la dette plus accessible pour les entreprises technologiques africaines matures et génératrices de revenus. Pour les fondateurs, ce mécanisme permet également de lever des capitaux de croissance importants sans dilution excessive du capital. Une grande partie de ces créances proviennent d’ailleurs d’institutions financières de développement et de fonds d’impact social qui soutiennent des projets d’inclusion et de transition énergétique avec des risques maîtrisés.

Dans tout cela, les entités tunisiennes restent peu actives en dépit d’un écosystème considéré parmi les meilleurs au continent. La taille du marché et la réglementation de change demeurent deux handicaps de taille pour la majorité des jeunes entreprises.

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Dette: un mois d’octobre sans complications

Le mois d’octobre sera spécial pour les finances publiques, non pas en raison de pressions particulières, mais plutôt par le lancement des débats sur le projet de loi de finances 2027.

Les chiffres montrent qu’il s’annonce plutôt calme. Sur le front de la dette locale, le rendez-vous le plus important concerne la ligne de BTA 6,3% octobre 2026, d’un montant de 817,500 MTND, programmée pour le 14 octobre. La question est désormais de savoir s’il y aura un refinancement via une adjudication d’un montant équivalent ou un échange contre des BTA de maturités plus longues.

Le calendrier comporte également deux lignes de BTCT: BTCT 52 semaines du 13/10/2026 pour 156,200 MTND et BTCT 26 semaines du 23/10/2026 pour 50 MTND. Aucune échéance de remboursement n’est en revanche prévue pour les tranches d’emprunts nationaux.

Concernant la dette externe, il y aurait une tranche de 26 MUSD au titre du Mécanisme élargi de crédit contracté auprès du FMI. La loi de finances 2026 a précisé que le montant total à rembourser sur l’année s’élève à 234 MUSD, répartis sur 9 tranches mensuelles, sans toutefois détailler les mois concernés.

Globalement, octobre 2026 ne constitue pas une source de pression pour le Trésor. Il en va de même pour les mois suivants, la page du service de la dette pour 2026 étant quasiment tournée. La fin de l’année semble plutôt consacrée à la préparation de 2027, qui s’annonce bien meilleure que les exercices précédents. Nous allons en effet retrouver des niveaux de service de la dette comparables à ceux de 2023, et ce, après trois années historiquement difficiles.

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L’actif net des OPCVM frôle 12 milliards de dinars

Encore un record pour les OPCVM. L’actif net frôle 12 milliards de dinars, s’établissant à 11 961,7 MTND fin septembre 2026. Par rapport au mois précédent, la progression est significative, s’élevant à 240,24 MTND. Seuls les véhicules obligataires ont porté cette hausse, affichant une croissance de leurs actifs de 317,96 MTND sur un mois.

Depuis le début de l’année, la dynamique est historique avec une augmentation globale de 3 224,90 MTND. Là encore, les OPCVM obligataires mènent la danse en progressant de 2 633 MTND, suivis des fonds mixtes et actions, en hausse respectivement de 572,80 et 19 MTND. Les nouveaux OPCVM monétaires ayant vu le jour cette année affichent quant à eux un actif net de 0,100 MTND.

Au fond, c’est toute une évolution en douceur du paysage de l’épargne domestique qui se dessine. Face à l’érosion du pouvoir d’achat et à la persistance de l’inflation, les épargnants prennent conscience qu’il existe des véhicules bien plus rémunérateurs que les placements bancaires traditionnels. En effet, les établissements de crédit continuent de rémunérer l’épargne selon des conditions réglementées, laissant des taux servis le plus souvent inférieurs à la hausse réelle du coût de la vie.

Les OPCVM offrent une alternative nettement plus performante et flexible grâce à leur structure même. En période de taux directeurs élevés et de besoins importants de financement de l’État, ces véhicules ont su capter de la valeur en investissant massivement dans des bons du Trésor aux rendements attractifs. De plus, contrairement au petit épargnant isolé qui ne dispose d’aucune marge de négociation auprès des banques, l’OPCVM mutualise les encours pour accéder aux meilleures opportunités du marché financier. Cette tendance est largement favorisée par l’amélioration de la culture financière d’une frange croissante de la population. C’est l’un des impacts positifs de la démocratisation de l’information financière sur les réseaux sociaux.

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L’Europe face au dilemme des canons et du beurre

Les leaders des grandes économies européennes ont réclamé des coupes de plusieurs centaines de milliards d’euros dans le prochain budget 2028-2034 de l’Union. Les efforts consentis pour financer la défense de l’Europe ne passeront pas sans en payer le prix.

 

Six pays d’Europe soutiennent cette démarche. Il s’agit de l’Allemagne, du Danemark, des Pays-Bas, de l’Autriche, de la Finlande et de la Suède. L’importance de cet appel est qu’ils financent près de 40 % de l’ensemble des contributions des États membres au budget.

La Commission européenne avait déjà présenté ses propositions depuis l’été, avec des projections de 2 000 milliards d’euros. Pour qu’il soit adopté, il faut l’unanimité des 27 États membres. Outre la défense, les dépenses iront en priorité à la compétitivité, l’innovation et la lutte contre l’immigration clandestine.

Plus tôt dans l’année, le FMI a prévenu qu’une nouvelle ère de budgets de sécurité renforcés signifierait que les gouvernements feraient bientôt face à des choix cornéliens quant aux coupes à opérer pour financer la défense. Il a qualifié ce phénomène par l’arbitrage « entre les canons et le beurre ».

 

Mauvais momentum

Le contexte est compliqué, avec la flambée des coûts d’emprunt des États, l’inflation galopante et la croissance molle dans la majeure partie du Vieux continent. Il y a plein d’inquiétudes concernant la hausse des déficits budgétaires dans divers pays de l’UE.

La meilleure illustration vient de l’Hexagone. La France est appelée à réduire drastiquement ses dépenses pour ramener son déficit national de 5,1 % à la ligne directrice européenne fixée à 3 %. Les rendements des obligations souveraines du pays sont à leur plus haut sur plusieurs décennies, valant des coûts d’emprunt parmi les plus élevés au sein du G7.

Par ailleurs, l’Autriche et la Finlande font actuellement l’objet de la procédure européenne de déficit excessif.  Parmi les autres pays soumis à cette procédure figurent également l’Italie, la Pologne et la Belgique.

Et comme le budget de l’UE est payé par ses citoyens, la source du financement de cet effort ne peut provenir que d’efforts douloureux d’assainissement des comptes de chaque pays. Il n’y aura pas de souveraineté européenne sans des finances publiques saines.

 

A la diplomatie de jouer

Cela concerne directement la Tunisie. Il est logique de voir les fonds de voisinage réduits ou, au meilleur des cas, rester stables. L’argent réalloué au réarmement de l’Europe pourrait se faire au détriment des programmes d’aide traditionnels via la politique de voisinage. Idem pour les partenariats stratégiques qui pourraient être ralentis.

De plus, le contrôle des frontières et la lutte contre la migration sont un pilier de la logique sécuritaire de l’UE. Cela implique la protection des frontières sud. Les financements accordés aux pays partenaires seront de plus en plus conditionnés à la gestion des flux migratoires, à la surveillance maritime et à la lutte antiterroriste.

Cela ne colle pas nécessairement avec les besoins de ces pays, comme la Tunisie, qui a besoin davantage d’investissements dans les infrastructures et de soutien aux PME. La diplomatie jouera un rôle important afin de trouver le juste équilibre. Car, nous avons besoin d’une Europe en bonne santé économique, mais aussi en paix.

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Les charges financières en devises poursuivent leur repli

L’effet de la baisse de l’endettement extérieur commence à être visible et significatif sur la balance des paiements. Les intérêts sur capitaux à long terme, qui avaient enregistré une nette baisse entre 2025 de 20,6%, à 2 017,2 MDT, poursuivent cette tendance en 2026. Fin août, ils se sont établis à 1 184,8 MDT contre 1 383,3 MDT sur la même période de l’année dernière. Bien évidemment, ces chiffres concernent l’intégralité des agents économiques, y compris les opérateurs privés.

Est-ce que c’est une bonne nouvelle? La réponse ne peut être que mitigée. D’une part, pour un pays qui peine à atteindre 100 jours de réserves en devises, exprimés en nombre de jours d’importation, c’est certainement une bonne nouvelle. Nous avons besoin de constituer un stock plus important qui permet de répondre plus facilement aux demandes des agents économiques. De plus, sans un niveau élevé et stable d’avoirs en devises, il ne faut pas espérer un nouveau code de change révolutionnaire.

Mais d’autre part, si le pays se prive de tous les financements étrangers, ce n’est pas nécessairement bon. Ne pas s’endetter en euros ou en dollars pour payer des dépenses courantes sans aucun retour est compréhensible et relève même de la bonne gouvernance. Mais en matière d’investissement, il faut ouvrir le pays.

La trajectoire idéale ne réside ni dans un endettement stérile ni dans une fermeture autarcique, mais dans une transition vers une dette vertueuse, celle qui finance des projets productifs et générateurs de devises, capables de s’auto-rembourser tout en propulsant la croissance économique à long terme.

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Les prix du blé, une autre source de tension budgétaire

Les perturbations des approvisionnements et la hausse des coûts de l’énergie sont de sérieux problèmes qui risquent d’affecter nos denrées alimentaires, notamment le blé. Non seulement les estimations concernant la production mondiale de blé ont chuté de 4,3% par rapport à l’année dernière, mais l’intensification du conflit entre la Russie et l’Ukraine pèse sur la capacité des exportateurs à accéder aux marchés. La mer Noire est stratégique, le tiers des exportations mondiales de céréales transitant par elle.

Sur les marchés, les contrats à terme sur le blé ont poursuivi leur tendance haussière observée depuis quelques mois. Outre les difficultés d’acheminement du blé ukrainien, il y a du retard de la production de blé en Australie et aux États-Unis.

Et il n’y a pas que cela. Les tensions se sont aggravées avec les soucis sécuritaires en mer Rouge et dans le détroit d’Ormuz, faisant grimper les coûts du transport, de l’énergie et des engrais. Ces événements allongent considérablement les trajets d’acheminement des céréales, alourdissant les coûts opérationnels. Pour les producteurs, les prix de l’urée et de l’ammoniac ont flambé.

Tous ces facteurs indiquent que la hausse des prix alimentaires se manifestera plus nettement au cours des prochains mois. Pour la Tunisie, la facture des importations serait encore plus lourde si ce scénario se confirmait. Le budget de l’État est en train d’absorber les hausses des matières premières importées, mais jusqu’à quand? Cet argent est prélevé sur d’autres dépenses et réduit, pratiquement, toute manœuvre ou réduction de pression fiscale pour l’année prochaine. Il ne faut pas trop attendre de la loi de finances 2027 car le déficit budgétaire se finance par la dette qui, pour être remboursée, a besoin de recettes fiscales.

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L’achat d’une VE est désormais un choix économique, pas environnemental

Le choc des prix du pétrole provoqué par le conflit au Moyen-Orient insuffle une nouvelle dynamique au marché des véhicules électriques (VE). La hausse des prix des carburants a stimulé la demande des consommateurs pour des solutions alternatives. Les facteurs économiques sont devenus un moteur puissant des ventes de VE, beaucoup plus que les subventions gouvernementales ou les préoccupations environnementales.

Il ne faut pas se limiter aux statistiques sans pousser l’analyse. Les ventes mondiales n’ont progressé que de 4% en glissement annuel de janvier à août 2026. Néanmoins, cette croissance modeste masque des divergences considérables entre les marchés régionaux. L’annulation du programme de subventions aux États-Unis a entraîné un net recul du secteur des VE dans ce marché. Les constructeurs automobiles américains ont effectivement réorienté leurs priorités vers les moteurs traditionnels.

La Chine a constitué un autre point de vulnérabilité avec une demande en repli. Cependant, cette tendance a concerné l’ensemble du marché automobile chinois. De plus, dans les ventes réalisées, le taux de pénétration des véhicules à énergies nouvelles est significativement plus élevé.

Le grand marché qui a gardé sa dynamique est l’Europe, où les ventes ont bondi de 36% jusqu’à fin août 2026.

Ce qui se passe actuellement en Iran et en Ukraine est largement favorable à cette industrie. En même temps, et grâce à l’amélioration constante des performances des batteries et à la baisse des coûts des VE, le bouleversement structurel du marché des voitures particulières pourrait survenir bien plus rapidement que prévu. Le malheur des uns fait le bonheur des autres.

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Comment les assureurs peuvent-ils tirer profit de l’IA?

Comment les assureurs pourront-ils maximiser le retour sur leurs investissements dans l’IA? C’est à cette question que le cabinet de conseil technologique Accenture a essayé d’apporter une réponse. Son enquête a été menée auprès de 263 cadres supérieurs du secteur de l’assurance exerçant une responsabilité directe sur l’IA, les données, la technologie et la transformation des entreprises.

Il en ressort que moins d’un assureur sur quatre (23%) est parvenu à intégrer le déploiement de l’IA à l’échelle de toute la compagnie. Les capacités en matière d’IA demeurent concentrées au sein de petits groupes avec une montée en compétences limitée dans les domaines de la souscription, des sinistres et de l’actuariat.

Mais même avec l’approche fragmentée actuelle, l’IA procure déjà de meilleurs résultats aux assureurs, en particulier en matière de croissance du chiffre d’affaires. L’étude montre que 81% des assureurs interrogés constatent une amélioration d’au moins 5% de leurs primes brutes acquises grâce à une meilleure tarification, la personnalisation et la vente croisée, qui sont les avantages accordés par cette nouvelle technologie.

Si l’IA génère déjà de réels gains de chiffre d’affaires, la plupart des compagnies laissent encore du potentiel de côté. Elles doivent passer de projets pilotes isolés à une intelligence globale à l’échelle de l’entreprise. L’IA n’est pas à traiter comme un simple programme technologique, mais comme un moteur de croissance, doté de liens clairs entre la stratégie et l’exécution pour créer un impact mesurable.

Accenture formule ensuite cinq recommandations que les entreprises peuvent suivre pour améliorer leur mise en œuvre de l’IA.

La première est d’aligner le déploiement de l’IA sur la stratégie commerciale pour garantir qu’il soutient directement les objectifs de l’ensemble de la compagnie.

La deuxième est de développer les compétences en IA au sein des équipes pour associer expertise technique et métier.

La troisième est de faire évoluer l’écosystème des talents pour intégrer des flux de travail pilotés par l’humain et basés sur des interactions entre agents conversationnels. Pour les assureurs, les agents d’IA dotés d’initiative représentent un changement significatif, les transformant de prestataires de services réactifs en entreprises proactives.

La quatrième est d’adopter une stratégie de données à deux vitesses pour moderniser les systèmes existants, tout en soutenant les technologies d’IA. Des succès rapides par sprints courts libèrent de la croissance et procurent des gains d’efficacité immédiats, tandis que la construction de capacités sur le long terme créé une valeur pérenne.

La dernière est de formaliser une culture de la conformité proactive pour transformer la conception éthique en avantage concurrentiel. Les assureurs qui formalisent tôt leur gouvernance, via une documentation transparente des modèles, une supervision humaine, une traçabilité et une conception éthique, peuvent faire de la confiance un facteur distinctif face à la concurrence.

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