❌

Lese-Ansicht

L’opposition tunisienne cherche à faire front commun avant la marche du 17 octobre

À neuf jours d’une mobilisation nationale annoncée à Tunis, syndicats, organisations de la société civile, mouvements sociaux régionaux et désormais huit partis politiques tentent de fédérer des revendications jusque-là dispersées. Emploi, pouvoir d’achat, libertés publiques et détenus politiques devraient se…

L’article L’opposition tunisienne cherche à faire front commun avant la marche du 17 octobre est apparu en premier sur lecourrierdelatlas.

  •  

Diaspora tunisienne : le cap historique des 2 milliards d’euros franchi à fin septembre

Les Tunisiens résidant à l’étranger (TRE) confirment une fois de plus le rôle crucial de la diaspora comme pilier financier de la Tunisie.

Ainsi, à la fin du mois de septembre 2026, les transferts de la diaspora ont franchi la barre symbolique des 2 milliards d’euros (soit 6 893 millions de dinars). C’est ce que font ressortir les chiffres de la Banque centrale de Tunisie (BCT). Il s’agit d’une hausse remarquable de près de 5 % par rapport à la même période en 2025 (6 563 MDT). Les TRE injectant 330 millions de dinars supplémentaires dans l’économie nationale en seulement un an.

C’est de toute évidence, un bol d’air pour l’économie tunisienne à deux niveaux. Tout d’abord, cela constitue un soutien direct aux ménages. En effet, dans un contexte économique sous tension, ces envois de fonds soutiennent directement le pouvoir d’achat des familles restées au pays. De même qu’ils dynamisent la consommation ainsi que l’investissement, notamment dans l’immobilier.

Dans un second temps, cela renforce le matelas des réserves en devises. Au final, aux côtés du tourisme et des exportations, la diaspora demeure l’une des principales sources d’incrément en devises. Contribuant ainsi à consolider les avoirs nets du pays et à stabiliser le dinar face à l’euro, mais aussi face au dollar.

L’article Diaspora tunisienne : le cap historique des 2 milliards d’euros franchi à fin septembre est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

  •  

Aéronautique: Pursuit Aerospace agrandit son site de Tunis de 40%

Un troisième bâtiment, 40% de superficie supplémentaire et plus de 1 000 emplois à terme. Pursuit Aerospace accélère le développement de son implantation tunisienne, spécialisée dans la fonderie de précision pour l’industrie aéronautique. Lancé le 3 septembre, le projet doit être achevé au second semestre 2027.

Le site de Tunis dépassera alors 140 000 pieds carrés, soit près de 13 000 m². L’extension doit surtout augmenter les capacités de production en fonderie et permettre au groupe d’ajouter plusieurs opérations directement sur place. 

Source: US Embassy.

Pursuit Aerospace fabrique à Tunis des composants complexes en alliages de nickel et de cobalt selon le procédé de fonderie à cire perdue, ou investment casting. Ces pièces sont destinées notamment aux motoristes aéronautiques, un marché où les exigences de précision et de qualité sont particulièrement élevées.

Pour accompagner l’augmentation des volumes, le nouveau bâtiment accueillera davantage de fours et de capacités sur les lignes de fabrication des carapaces céramiques. Le groupe pourra ainsi répondre aux besoins de ses clients actuels et prendre en charge de nouvelles productions.

L’extension va également modifier le périmètre des opérations réalisées en Tunisie. Pursuit Aerospace prévoit d’y intégrer l’usinage des pièces après la fonderie ainsi que certains traitements spéciaux. Une partie supplémentaire du processus de fabrication sera donc effectuée sur le site de Tunis.

Ben Adams, président et directeur commercial de Pursuit Aerospace, indique que ces investissements doivent permettre d’augmenter les capacités de fonderie du site et d’y développer de nouvelles compétences techniques.

Cette expansion intervient alors que le groupe poursuit également son développement dans la fonderie à l’international. En août 2026, Pursuit Aerospace a finalisé l’acquisition de Creasey Castings Limited au Royaume-Uni, spécialisée dans la fonderie de précision de pièces en magnésium et en aluminium. Cette opération porte à six le nombre d’acquisitions réalisées par le groupe depuis 2023.

 

L’article Aéronautique: Pursuit Aerospace agrandit son site de Tunis de 40% est apparu en premier sur Managers.

  •  

Philakids | La Poste émet 4 timbres dédiés à l’égalité des chances à l’école

Emission d’une série de quatre timbres-poste sur le thème « École pour tous : Inclure les élèves ayant des besoins spéciaux à l’école et lutter contre le harcèlement »

La Poste Tunisienne a émis lundi 5 octobre 2026, une série de quatre timbres-poste sur le thème « École pour tous : Inclure les élèves ayant des besoins spéciaux à l’école et lutter contre le harcèlement ».

Ces timbres-poste ont été conçus dans le cadre de la manifestation « Philakids », organisée en partenariat avec le ministère de l’Éducation et le ministère de la Famille, de la Femme, de l’Enfance et des Personnes âgées.

Cette initiative visent à sensibiliser à l’importance d’un environnement scolaire inclusif et sûr, fondé sur l’acceptation de la différence et l’égalité des chances, à favoriser le vivre-ensemble au sein de l’école et à bannir toute forme de harcèlement et de discrimination.

Ces timbres-poste ainsi que les autres produits philatéliques réalisés à cette occasion sont disponibles à la vente, depuis hier, dans tous les bureaux de poste et via Internet à travers le site dédié.

Communiqué

L’article Philakids | La Poste émet 4 timbres dédiés à l’égalité des chances à l’école est apparu en premier sur Kapitalis.

  •  

Salon “ArtiCrea”: 85 MD à l’export, quels nouveaux marchés pour l’artisanat tunisien?

Poterie de Sejnane, céramique, bijoux, textile, cuir, bois ou encore cosmétiques. La diversité des produits exposés au salon professionnel des métiers d’art “ArtiCrea” rappelle la richesse des savoir-faire artisanaux tunisiens.

Cette 3e édition veut toutefois aller au-delà de la mise en valeur du patrimoine. Elle s’ouvre pour la première fois à des invités étrangers, avec la participation de représentants du Canada, de Malte et de la Suède, ainsi que d’acheteurs et de journalistes internationaux, selon les propos relayés par l’agence TAP. La poterie de Sejnane figure parmi les exemples cités par Leïla Msallati, directrice générale de l’Office national de l’artisanat tunisien (ONAT). De nouvelles créations ont été développées dans le cadre d’un programme de coopération de six mois. Une démarche qui permet de travailler sur de nouveaux produits tout en conservant le savoir-faire qui caractérise cette production artisanale. Cette ouverture trouve écho dans les résultats enregistrés à l’export. 

Leïla Msallati a indiqué que les exportations du secteur ont atteint environ 85 millions de dinars à fin août 2026, en hausse de 3 % par rapport à la même période de 2025. Elles représentent, selon elle, près de 2 % de la valeur totale des exportations tunisiennes. “Le marché américain reste la première destination des exportations tunisiennes de produits artisanaux”, déclare-t-elle. La participation, pour la première fois, de la Chambre de commerce tuniso-américaine à ArtiCrea reflète d’ailleurs l’intérêt porté à ce marché. Pour l’ONAT, la présence de professionnels étrangers doit notamment contribuer à multiplier les contacts commerciaux et à renforcer l’accès des artisans tunisiens aux marchés extérieurs. 

Notons que cette édition d’ArtiCrea a rassemblé 228 entreprises artisanales venues de différentes régions du pays. Selon les données communiquées par l’ONAT, 60% d’entre elles sont dirigées par des femmes et 40 % par des diplômés de l’enseignement supérieur.

Organisée par l’ONAT en partenariat avec la Fédération nationale de l’artisanat et la Société des foires internationales de Tunis, la manifestation réunit également plusieurs structures appelées à accompagner les artisans dans leur développement commercial. Le CEPEX, La Poste Tunisienne et l’Office national tunisien du tourisme participent ainsi à l’organisation de cette édition. Au total, 12 institutions publiques et privées contribuent, selon Leïla Msallati, au soutien du secteur de l’artisanat et à la promotion de ses exportations.

Valoriser l’artisanat passe aussi par sa médiatisation

Présent à l’ouverture du salon, le ministre du Tourisme et de l’Artisanat, Sofiane Tekaya, a échangé avec plusieurs artisans et chefs d’entreprises artisanales sur leurs préoccupations, notamment celles liées au développement de leurs activités, aux conditions de travail et à la commercialisation de leurs produits. D’ailleurs, plusieurs ateliers sont au menu. Ce mardi 6 octobre, le programme d’ArtiCrea prévoit notamment une session dédiée à “Raïdet Store”, la plateforme nationale destinée à la commercialisation des produits des femmes. L’atelier porte sur les possibilités offertes par la plateforme pour promouvoir les produits et élargir leurs débouchés. D’autres sessions aujourd’hui sont consacrées à l’exportation et aux opportunités d’accès aux marchés extérieurs.

Par ailleurs, le ministre a également salué le rôle de l’Agence Tunis Afrique Presse (TAP) comme partenaire médiatique du secteur du tourisme et de l’artisanat. Il a souligné les efforts de l’agence pour couvrir les principaux événements du secteur et contribuer à faire connaître les produits artisanaux tunisiens, leurs innovations ainsi que les initiatives portées par les artisans.

Cette visibilité concerne aussi les marchés extérieurs. En relayant les créations et les initiatives du secteur en Tunisie comme à l’étranger, la couverture médiatique participe, selon le ministre, à mieux faire connaître la richesse de l’artisanat tunisien.

ArtiCrea se poursuit jusqu’au 11 octobre, de 10h à 19h, au Palais des Expositions du Kram.

L’article Salon “ArtiCrea”: 85 MD à l’export, quels nouveaux marchés pour l’artisanat tunisien? est apparu en premier sur Managers.

  •  

La Poste émet quatre timbres pour une école inclusive et sans harcèlement

La Poste Tunisienne émet, le 5 octobre 2026, une série de quatre timbres-poste sur le thème « École pour tous : Inclure les élèves ayant des besoins spéciaux à l’école et lutter contre le harcèlement ».

Ces timbres-poste ont été conçus dans le cadre de la manifestation « Philakids », organisée en partenariat avec le ministère de l’Éducation et le ministère de la Famille, de la Femme, de l’Enfance et des Personnes âgées.

Cette initiative vise à sensibiliser à l’importance d’un environnement scolaire inclusif et sûr, fondé sur l’acceptation de la différence et l’égalité des chances, à favoriser le vivre-ensemble au sein de l’école et à bannir toute forme de harcèlement et de discrimination.

Ces timbres-poste ainsi que les autres produits philatéliques réalisés à cette occasion seront disponibles à la vente dans tous les bureaux de poste et via Internet à partir du lundi 5 octobre 2026.

L’article La Poste émet quatre timbres pour une école inclusive et sans harcèlement est apparu en premier sur Le Temps News.

  •  

Le poème du dimanche | ‘‘Le poème m’habite’’ de Amel Ladhibi

Née en 1955 à Soliman, Tunisie, Amel Ladhibi Bent Chadhly, dite Ismahen Khan est poète et nouvelliste.

Professeur de langue et de littérature française, elle publie ses poèmes sur les réseaux sociaux, fait actuellement des recherches sur la poésie japonaise.

Depuis quarante ans, elle écrit, vers, proses et haïkus. Certains de ses textes ont paru dans des recueils collectifs ou des anthologies, comme Gyoshis, avec Taro Alzo ou Haiku Column University.

Tahar Bekri

Terre

Je suis son rivage ultime

Il est mon sol absolu

L’eau iodée

Nos refrains tressent

Nos corps en transe

Nous émergeons

Des vagues de sable

Le feu

Nous nous consumons

Nous déversons nos cendres

Au bord des récifs de corail

Nous sommes feu et flammes éphémères

L’air

Une brise printanière

Parfume nos années

Ses effluves montent en moi

Le poème notre printemps infini

Lumière

Récifs coralliens

Nous méditons

Lune plénière et éclats de lumière

L’homme

Nos cœurs

Infatigables habitacles

D’une passion infinie

Nos corps éphémères

Racontent notre histoire

A fleur de peau

Nos balades aux voûtes

Des ruelles de nos frémissements

Tremblent à chaque tournant

Le poème

Le poème m’habite

Lui mon sol absolu

Et moi sa terre choisie

Le poème nous habite

Nous sommes les fantômes de nos jours

Nous avançons

Sur le fil de l’horizon

Nous inscrivons

Avec des lettres de lumière

Nos initiales

Nos refrains

12/7/2023

(Remerciements à l’auteur)

L’article Le poème du dimanche | ‘‘Le poème m’habite’’ de Amel Ladhibi est apparu en premier sur Kapitalis.

  •  

Miel Charab Echifa: ce que Easy Export change pour un petit exportateur

Mohamed Bekir, ingénieur réseau de formation et directeur commercial de « Miel Charab Echifa », n’avait pas prévu de faire de l’apiculture son activité. Sa passion pour la ruche s’est renforcée durant son projet de fin d’études, alors qu’il effectuait son stage chez Ooredoo. Les premiers revenus tirés du stage lui ont ensuite permis de financer un voyage au Yémen pour participer à un congrès consacré à l’apiculture. “C’est là que l’aventure a commencé”, raconte-t-il à Managers, en marge de l’événement Easy Export.

L’entreprise développe des produits issus de la ruche et s’intéresse notamment à l’apithérapie. Depuis son lancement, elle réalise également des analyses sur ses produits, notamment autour de l’invertase, une enzyme naturellement présente dans le miel. Son activité peut notamment permettre de vérifier si le miel a subi des transformations ou un chauffage susceptible d’altérer ses caractéristiques. Au départ, l’objectif de Mohamed Bekir était avant tout lié à l’apithérapie et à l’utilisation du miel à des fins thérapeutiques. “Notre premier objectif était de traiter les gens avec le miel”, explique-t-il. L’export est ensuite devenu un autre axe de développement. Selon lui, la Tunisie dispose de ressources végétales et de plantes particulières qui peuvent constituer un atout pour différencier les produits tunisiens et renforcer leur compétitivité sur les marchés étrangers.

Easy Export réduit le coût d’entrée

Miel Charab Echifa figure parmi les premières entreprises à avoir participé à Easy Export. Le programme lui a notamment permis d’explorer de nouveaux débouchés en Europe, au Canada et aux États-Unis. Avant cela, l’entreprise avait déjà réalisé certaines opérations à l’étranger à travers des initiatives personnelles, notamment vers le Yémen. Selon Mohamed Bekir, une opération d’envoi peut atteindre environ 100 dinars. La prise en charge de 50 % des frais de transport dans le cadre d’Easy Export constitue ainsi, selon lui, une solution pour réduire le coût des opérations et faciliter l’accès à l’export.

L’expérience fait également ressortir certaines difficultés. Il arrive qu’un colis soit retourné alors que la vente est déjà réalisée et que le client a payé. La cause? Il évoque les taxes que le destinataire peut devoir régler après l’arrivée du colis. Il souhaiterait que ces taxes puissent être payées en amont lorsque cela est possible, afin de limiter les risques de blocage ou de retour.

Pour Mohamed Bekir, ces contraintes montrent que l’accès aux marchés internationaux ne dépend pas seulement de la capacité d’une entreprise à proposer un produit. Les procédures douanières, les règles fiscales, les coûts logistiques et les modalités d’expédition pèsent également dans la décision de se lancer à l’export. Dans ce contexte, la simplification des démarches et la réduction des coûts peuvent aider davantage de petites entreprises tunisiennes à franchir le pas vers les marchés internationaux.

L’article Miel Charab Echifa: ce que Easy Export change pour un petit exportateur est apparu en premier sur Managers.

  •  

Portrait. Camélia Barbachi, la mode en héritage

Après un début de carrière dans le marketing, Camélia Barbachi a choisi de revenir à sa passion première en lançant CHEZ NOUS. Sa marque réinvente le vestiaire tunisien dans un langage contemporain, inclusif et responsable. Distribuée à New York comme…

L’article Portrait. Camélia Barbachi, la mode en héritage est apparu en premier sur lecourrierdelatlas.

  •  

Didier Breyton, PDG de Vignal Electronics & Wiring

L’ambition d’une «Silicon Valley tunisienne» à l’épreuve des réalités

Présente en Tunisie depuis près de 40 ans, la filière électronique, acteur reconnu dans le domaine du câblage de cartes électroniques et de fabrication de faisceaux de câbles électriques, a opéré une mutation silencieuse mais spectaculaire. Didier Breyton, pionnier du secteur, décrypte la montée en gamme d’une filière qui est devenue un véritable pôle d’ingénierie avancée. Il dessine la feuille de route d’une industrie résiliente résolue à inventer les champions de demain.

Vous pilotez votre entreprise en Tunisie depuis près de quatre décennies. Quel a été le déclic de cette implantation et comment avez-vous traversé les crises majeures?

L’aventure a commencé en 1987 avec la création du projet familial. Je suis arrivé en Tunisie comme responsable technique dans notre entreprise familiale. Très tôt, au début des années ‘90, nous avons subi de plein fouet la perte de notre principal client. Alors qu’on me suggérait de fermer, j’ai fait le choix de persister. Presque 40 ans plus tard, nous employons une centaine de personnes et nous continuons d’avancer. Initialement, notre implantation répondait à un arbitrage économique classique: produire des cartes électroniques à des coûts compétitifs par rapport à l’Europe, tout en effectuant un transfert de technologie. C’était un pari sur l’avenir.

La loi 72 est souvent présentée comme une aubaine pour les investisseurs étrangers. Quelle est votre grille de lecture sur ce cadre réglementaire?

Il existe, à mon sens, un malentendu sur la manière dont on interprète aujourd’hui les avantages accordés dans le cadre de la loi 72. Les exonérations fiscales mises en place à l’époque n’étaient pas simplement un «cadeau» fait aux investisseurs étrangers. Elles répondaient à une réalité économique: dans un secteur de haute technologie comme l’électronique, la Tunisie ne disposait alors ni de l’écosystème industriel, ni de la chaîne de fournisseurs, ni des compétences spécialisées nécessaires. Il fallait donc compenser le surcoût et le niveau de risque supportés par les premiers investisseurs qui ont contribué, pratiquement ex nihilo, à construire cette chaîne de valeur. Le choix du législateur était d’inciter l’investissement privé pour faire émerger progressivement cet environnement industriel. Aujourd’hui, cet écosystème existe, il s’est densifié et constitue probablement l’un des principaux actifs stratégiques de la filière électronique tunisienne. Un investisseur international sérieux ne regarde plus uniquement les incitations fiscales: il cherche avant tout un écosystème capable de sécuriser et d’accompagner son activité.

Comment l’industrie électronique tunisienne a-t-elle évolué pour passer de la simple sous-traitance à l’ingénierie à haute valeur ajoutée?

La mutation a été exponentielle. À la fin des années ‘80, notre rôle se limitait à maîtriser le savoir-faire de fabrication des cartes électroniques. Il y a environ 15 ans, nous avons assisté à une rupture stratégique: l’émergence des bureaux d’études et de R&D, portés par des ingénieurs tunisiens et étrangers. Le talent et la créativité tunisiens étaient là, mais ils manquaient d’ancrage matériel. Auparavant, fabriquer un prototype nécessitait d’importer des composants de Chine, sans maîtrise technique locale. Aujourd’hui, la chaîne de valeur est complète: de la conception théorique à la plasturgie, la tôlerie fine, les traitements de surface, jusqu’à l’assemblage aux normes internationales. Nous sommes passés du composant basique à l’intégration de produits finis exportables. L’électronique est par définition une industrie de l’ombre: nous sommes au cœur des machines, mais invisibles pour le grand public. Pourtant, nous fabriquons aujourd’hui en Tunisie des robots, des calculateurs pour l’intelligence artificielle, des composants pour voitures et bus autonomes. Lorsque j’en parle aux autorités, elles découvrent souvent l’ampleur de ces réalisations avec étonnement. Il faut le dire clairement: si la Tunisie arrêtait aujourd’hui sa production électronique et de câblage, des pans entiers de l’économie européenne seraient paralysés. La Tunisie ne fait plus seulement de l’assemblage, elle est devenue un maillon stratégique de la compétitivité et de la souveraineté industrielle de l’Europe.

Quel est aujourd’hui le principal frein à l’expansion des champions technologiques tunisiens à l’international?

Le goulot d’étranglement n’est plus technique, il est réglementaire et financier. Il est aberrant qu’aujourd’hui, la commercialisation à l’export, le e-commerce international ou l’accès à des plateformes comme PayPal restent bloqués par des réglementations de change obsolètes. La Tunisie produit une technologie d’excellence, mais s’auto-limite sur le plan commercial par manque de réformes monétaires.

En termes de compétitivité, comment situez-vous l’offre tunisienne?

La success story de l’électronique tunisienne repose sur un ancrage de 40 ans. La maturité de notre écosystème, la densité de nos bureaux d’études et la réactivité de nos ingénieurs nous donnent une longueur d’avance très claire sur le Maroc dans ce secteur précis. Aujourd’hui, le modèle est tellement mature que certaines entreprises tunisiennes de l’électronique ne se contentent plus d’exporter: elles investissent et créent des filiales à l’étranger. C’est la preuve d’un modèle gagnant-gagnant consolidé qu’il convient désormais de protéger et de propulser.

Sur le plan international, comment situez-vous la Tunisie face au Maroc, à l’Europe de l’Est ou à l’Asie?

Sur le plan purement technique, nous n’avons rien à envier à l’Europe de l’Est, et nous sommes objectivement plus performants que nos concurrents marocains. Le véritable champ de bataille se situe au niveau des coûts logistiques. Aujourd’hui, chaque rupture dans la chaîne logistique détruit de la valeur. Le mot d’ordre pour tout manager doit être la fluidité: comment faire sortir une marchandise de l’usine et la livrer le plus vite possible dans le monde? Pour passer un cap, la Tunisie a un besoin critique d’un port en eau profonde. Sans cette infrastructure majeure, il est impossible d’accueillir un constructeur automobile d’envergure, car les capacités d’expédition par petits navires sont dépassées. C’est tout le sens du pacte que nous avons signé avec les autorités: orienter les investissements publics vers ces infrastructures de désenclavement stratégique.

La bureaucratie et les procédures douanières sont régulièrement pointées du doigt. Comment gérez-vous ces contraintes au quotidien?

La Tunisie reste un paradoxe: à la lourdeur des procédures répond un engagement humain remarquable. Certaines rigidités, comme l’indisponibilité de Tunisie Trade Net le week-end, sont difficilement compatibles avec les exigences du commerce international. Si le système tient, c’est souvent grâce à la mobilisation des collaborateurs et de fonctionnaires engagés. L’urgence est désormais d’achever la digitalisation des procédures, notamment le paiement en ligne des droits.

Au-delà de la logistique, quels sont les verrous réglementaires qui entravent la montée en gamme des entreprises en Tunisie?

Le frein le plus anachronique réside dans la réglementation de la Banque centrale, notamment la Note n°3 de 1983 qui sépare les entreprises en statut «résident» et «non-résident». C’est une hérésie. Nous employons les mêmes compétences, opérons sur le même territoire et servons les mêmes marchés. Cette dualité crée des absurdités: les entreprises résidentes sont pénalisées dans l’achat de composants locaux ou le règlement de fournisseurs, ce qui bride l’intégration locale. De plus, les revirements d’application de ces règles, comme la remise en cause arbitraire des statuts non-résidents après deux ans d’exercice, forcent les dirigeants à des montages juridiques complexes pour maintenir leur activité. Si nous unifiions ces cadres réglementaires, la Tunisie doublerait sa capacité industrielle et son chiffre d’affaires à l’export.

L’intégration de technologies de pointe nécessite souvent le recours à une expertise internationale. Ce transfert de compétences est-il fluide?

Malheureusement non, en raison d’une réforme sociale mal pensée. Depuis 2017, la Tunisie impose aux experts étrangers de cotiser à la CNSS locale (à hauteur de 26% du salaire), sans aucune étude d’impact préalable. C’est un calcul à courte vue: pour obtenir une retraite en Tunisie, il faut cotiser au moins 10 ans. Un expert international venant installer une ligne de production pour 5 ou 6 ans se retrouve à payer une cotisation à fonds perdus, tout en devant maintenir sa couverture dans son pays d’origine. Les entreprises doivent donc assumer une double cotisation sociale suffocante pour attirer des talents à 3 000 euros par mois. De plus, cette règle souffre d’une iniquité flagrante, car des exceptions ont été accordées aux secteurs pétrolier et financier, mais pas à l’industrie technologique. Nous proposons de remplacer cette contrainte par une contribution forfaitaire sur le chiffre d’affaires, afin de préserver l’attractivité du pays pour le transfert de savoir-faire.

Justement, quelles sont les fragilités structurelles qui pèsent sur les sous-traitants et distributeurs tunisiens?

Le problème majeur de cet écosystème est la sous-capitalisation des entreprises. Les distributeurs locaux de consommables et de pièces détachées manquent de fonds de roulement. Par conséquent, ils ne peuvent pas constituer de stocks stratégiques. Lorsqu’un fournisseur local est en rupture, c’est   l’industriel exportateur qui doit reprendre à sa charge l’importation directe, subissant à nouveau des lourdeurs administratives. Aider ces PME à renforcer leur haut de bilan est une urgence transversale, car cette précarité financière pénalise la fluidité de l’ensemble de l’appareil productif national.

Les PME indépendantes rencontrent-elles des difficultés spécifiques pour financer leur modernisation technologique?

C’est un point aveugle de la législation. Dans l’esprit des décideurs, un investisseur étranger est forcément la filiale d’un grand groupe aux reins solides. Or, beaucoup d’entre nous sont des indépendants qui autofinancent leur croissance en réinvestissant la totalité de leurs bénéfices. Depuis la réforme de 2018 sur les comptes PPR (personnes physiques résidentes), la réglementation nous impose de convertir une partie importante de nos dividendes en dinars locaux, restreignant notre capacité à conserver des fonds en devises pour acheter des équipements de pointe à l’étranger. De plus, l’accès au crédit bancaire local reste très verrouillé pour les entreprises non résidentes. C’est un contresens économique: on freine l’investissement de ceux qui veulent moderniser leur outil industriel en Tunisie.

La Tunisie peut-elle ambitionner de dépasser le stade de l’assemblage pour bâtir une véritable industrie de composants à haute valeur ajoutée?

C’est la prochaine étape logique, et nous avons le potentiel pour bâtir une véritable «Silicon Valley tunisienne». Produire des composants exige des investissements lourds, un accès garanti à l’eau et une énergie compétitive. Contrairement au Maroc, la Tunisie possède un vivier exceptionnel d’ingénieurs et de concepteurs déjà matures sur toute la chaîne de valeur. Cette ambition croise une opportunité géopolitique majeure: la fin de l’hyper-mondialisation. Post-Covid, 20 à 30% des donneurs d’ordre européens cherchent à rapatrier leur production d’Asie vers des pays proches. La Tunisie est le partenaire naturel de l’Europe pour ce nearshoring. Les investisseurs internationaux croient toujours au potentiel tunisien, ils attendent simplement des signaux clairs de modernisation réglementaire.

Quel message souhaiteriez-vous adresser aux décideurs et aux acteurs économiques pour conclure?

La Tunisie est un pays de paradoxes, mais c’est avant tout une terre de résilience et de solidarité. Quand un industriel rencontre un obstacle, il trouve toujours une volonté humaine pour l’aider à se relever. Il est temps de sortir du déclinisme et de valoriser nos succès. Dans des pays comme la Chine, les réussites industrielles sont diffusées en boucle dans les espaces publics pour inspirer la jeunesse. Faisons de même! Communiquons sur notre excellence technologique, montrons que la Tunisie fabrique des robots, des calculateurs d’IA et des cartes électroniques de niveau mondial. C’est en redonnant de la fierté et une vision d’avenir à nos citoyens que nous transformerons notre potentiel en un leadership économique durable.

L’article Didier Breyton, PDG de Vignal Electronics & Wiring est apparu en premier sur Managers.

  •  

Nouveau programme: les PME auront un diagnostic pour savoir par où commencer

Une entreprise peut vouloir automatiser sa production, intégrer des équipements connectés ou utiliser l’intelligence artificielle. Encore faut-il savoir par où commencer. En Tunisie, un nouvel outil doit justement permettre aux industriels de mesurer leur niveau de préparation au numérique et d’identifier les technologies dont ils ont réellement besoin.

Le ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie et l’Agence de promotion de l’industrie et de l’innovation (APII), avec l’Union européenne et la GIZ Tunisie, lancent le Label I4.0 et TIMA, pour Tunisian Intelligent Manufacturing Assessment. Le lancement est prévu le 30 septembre à Tunis.

TIMA doit servir de point de départ. L’outil permet d’évaluer la maturité numérique d’une entreprise, d’identifier ses besoins et de mieux définir les prochaines étapes. Il sera disponible dans cinq Centres de compétences à Sousse, Sfax, Bizerte, Sidi Thabet et Monastir.

L’accompagnement ne s’arrête toutefois pas au diagnostic. À travers le HUB Industrie 4.0, les entreprises peuvent ensuite identifier les pistes d’amélioration et tester des solutions sur des projets pilotes, avant de viser le Label I4.0. L’idée est de permettre aux industriels d’avancer étape par étape plutôt que de multiplier les investissements technologiques sans feuille de route claire.

Pour les entrepreneurs et les entreprises technologiques, cette évolution crée aussi de nouveaux besoins à adresser. Automatisation, équipements connectés et intelligence artificielle figurent parmi les domaines déjà concernés par les initiatives développées depuis 2018 avec l’appui de l’Allemagne et de l’Union européenne.

Le sujet dépasse donc la seule digitalisation des usines. À mesure que les industriels cherchent à moderniser leurs activités, les entreprises capables de proposer des solutions adaptées peuvent trouver de nouveaux débouchés. Le diagnostic devient alors un premier lien entre un besoin industriel et une solution technologique.

 

L’article Nouveau programme: les PME auront un diagnostic pour savoir par où commencer est apparu en premier sur Managers.

  •  

Mariem Labidi (Azal) : « Je veux être une passerelle »

Azal, projet porté par la chanteuse tunisienne Mariem Labidi, était présent au premier Arabesques Music Forum à Montpellier. Entre musique acoustique, poésie, sagesses soufies, influences méditerranéennes et expérience de l’immigration en Argentine, l’artiste revendique avant tout la transmission. En bref…

L’article Mariem Labidi (Azal) : « Je veux être une passerelle » est apparu en premier sur lecourrierdelatlas.

  •  

Transport aérien intérieur : la Fédération tunisienne de l’hôtellerie tire la sonnette d’alarme

Dans un communiqué publié ce 27 décembre, la Fédération tunisienne de l’hôtellerie (FTH) a exprimé sa profonde préoccupation face aux perturbations récurrentes affectant les vols domestiques, notamment ceux desservant Djerba et Tozeur.

La situation du transport aérien intérieur en Tunisie suscite une vive inquiétude au sein des professionnels du tourisme. Retards excessifs, parfois supérieurs à dix heures, annulations de dernière minute : pour la Fédération, ces dysfonctionnements ne peuvent plus être considérés comme de simples incidents ponctuels. Ils traduisent, selon elle, une crise structurelle du transport aérien intérieur, aux répercussions directes sur l’économie nationale et sur l’image de la destination tunisienne à l’échelle internationale.

La FTH rappelle que le transport aérien intérieur constitue un service stratégique et souverain, essentiel à la cohésion territoriale et au bon fonctionnement de l’activité économique et touristique. Son affaiblissement a entraîné, selon l’organisation professionnelle, un véritable isolement de certaines régions. Djerba et Tozeur se retrouvent ainsi, de facto, soumises à une forme de blocus non déclaré, affectant les citoyens dans leur vie quotidienne, tant sur le plan sanitaire que familial et professionnel.

Désorganisation des programmes contractuels

Le secteur touristique figure parmi les premières victimes de cette situation. La Fédération dénonce un coup dur porté aux efforts de promotion du tourisme saharien et du tourisme insulaire, ainsi qu’une désorganisation des programmes contractuels conclus avec les agences de voyages, compromettant la crédibilité de la destination tunisienne auprès des partenaires étrangers.

À cela s’ajoute l’absence d’alternatives viables. Le transport terrestre, souligne la FTH, ne peut raisonnablement se substituer au transport aérien, compte tenu des longues distances et du manque d’infrastructures et d’équipements adaptés.

La Fédération déplore par ailleurs la faiblesse chronique des liaisons aériennes, internes comme internationales, dont souffrent les aéroports de Djerba, Tozeur et d’autres régions de l’intérieur du pays tout au long de l’année. Une situation qui accentue les déséquilibres régionaux et met en péril la pérennité des entreprises touristiques et économiques locales.

Face à ce qu’elle qualifie de situation alarmante, portant atteinte au droit constitutionnel des citoyens à la mobilité et nuisant à la réputation de la Tunisie, la Fédération tunisienne de l’hôtellerie appelle les autorités de tutelle à une intervention immédiate et urgente. Elle exhorte également le gouvernement à prendre des décisions courageuses et structurantes pour réformer en profondeur le secteur du transport aérien et mettre fin à une crise qui ne cesse de s’aggraver.

La FTH avertit enfin que la poursuite de l’inaction face à ces dysfonctionnements menace directement la compétitivité de l’économie nationale et la durabilité du secteur touristique tunisien.

L’article Transport aérien intérieur : la Fédération tunisienne de l’hôtellerie tire la sonnette d’alarme est apparu en premier sur Tourisme, hôtels, voyages en Tunisie et ailleurs.

  •  
❌