Le dollar américain a repassé la barre des 3 dinars tunisiens le 6 octobre 2026, sur le marché interbancaire. Un niveau que le marché n’avait plus atteint depuis le 16 mai 2025, selon les données de la Banque centrale de Tunisie (BCT).
Le mouvement s’inscrit dans une remontée progressive du billet vert face au dinar. Au 2 octobre, le dollar était encore coté à 2,9967 dinars. Fin septembre, il s’établissait à 2,9775 dinars, contre 2,9194 dinars un mois auparavant. La progression s’est donc accélérée au fil des dernières semaines. À fin juillet, le dollar valait environ 2,9375 dinars et le dinar avait déjà perdu 1,3 % face au dollar depuis le début de l’année, selon les données de la BCT. À fin juin, le recul atteignait 2 % par rapport à fin 2025. La BCT publie quotidiennement les données relatives aux taux de change sur son portail de données économiques et financières.
S’installer dans un nouveau pays ne se résume pas à regarder le coût d’un loyer ou le niveau des salaires. Pour un entrepreneur, un cadre ou un professionnel mobile, la question va plus loin. Peut-on y développer une activité? Trouver un logement sans y laisser une bonne partie de ses revenus? S’y installer sans trop de paperasse? Et, au passage, y vivre dans de bonnes conditions?
C’est sur cette équation que s’est penché Rumavi dans son Global Relocation Index 2026. L’indice passe au crible 192 pays à partir de 24 critères répartis entre finances et fiscalité, qualité de vie et santé, sécurité et stabilité, ainsi qu’installation et opportunités. La Tunisie arrive au 124e rang, avec un score de 58,6 sur 100. Mais le pays arrive 10e en Afrique. Un classement qui prend une autre dimension lorsqu’on regarde ce qui se cache derrière cette moyenne.
Rang en Afrique
Pays
Rang mondial
Score
1
🇲🇺 Maurice
38e
67,1
2
🇧🇼 Botswana
71e
63,3
3
🇨🇻 Cap-Vert
95e
61,3
4
🇳🇦 Namibie
96e
61,0
5
🇲🇦 Maroc
106e
60,1
6
🇷🇼 Rwanda
108e
60,0
7
🇰🇪 Kenya
115e
59,5
8
🇿🇦 Afrique du Sud
119e
59,1
9
🇬🇭 Ghana
122e
58,7
10
🇹🇳 Tunisie
124e
58,6
Premier constat, le coût de la vie joue clairement en faveur de la Tunisie. Le pays décroche 94,2 points sur cet indicateur. L’accessibilité du logement suit quasiment au même niveau, avec 94 points. Autrement dit, sur ces deux aspects, la Tunisie conserve une carte à jouer pour les personnes qui cherchent à limiter leurs dépenses d’installation et de vie quotidienne. Le tableau est moins favorable dès que l’on passe du portefeuille à l’activité économique. Les opportunités d’affaires obtiennent seulement 31 points et l’écosystème des startups 31,6. L’infrastructure numérique est, elle, créditée de 42 points, tandis que la devise et le système bancaire atteignent 38 points. Pour un entrepreneur, c’est là que le classement devient intéressant. Un pays peut être abordable au quotidien sans offrir le même niveau de facilité lorsqu’il s’agit de lancer ou de développer une activité. Dans le cas tunisien, l’écart entre ces deux dimensions ressort assez nettement des données de Rumavi.
Sur l’ensemble du pilier “finances et fiscalité”, la Tunisie obtient toutefois 64,9 points. La qualité de vie et la santé atteignent 60,2 points, contre 57,5 pour la sécurité et la stabilité. Le score tombe à 48,8 pour l’installation et les opportunités. Le profil recherché change aussi la donne. Dans le classement général, la Tunisie est 124e. Elle remonte au 102e rang lorsqu’il s’agit des retraités et se situe au 120e rang pour les familles. Pour les nomades numériques, elle occupe la 124e place. En revanche, le pays descend au 126e rang dans le classement destiné aux entrepreneurs. Du côté des démarches, Rumavi attribue 68 points à la facilité d’obtention d’un visa. La résidence permanente obtient 52 points, tout comme l’éducation et la scolarité. La langue et l’accès à l’anglais sont notés 55 points. La qualité de vie raconte, elle aussi, une histoire en demi-teinte. L’accès aux soins obtient 66 points et le confort climatique 69. Mais la qualité de l’air ne dépasse pas 31 points et les espaces verts 42. L’infrastructure numérique reste également à 42 points. Même logique pour la sécurité. La sécurité dans les rues obtient 55 points, l’État de droit 49 et la stabilité politique 50. Le risque de conflit est évalué à 64 points. Les droits de propriété pour les non-citoyens ressortent en revanche à 80 points.
Sur le plan africain, Maurice est bien l’exception africaine dans le top 50, avec une 38e place. C’est d’ailleurs le premier pays d’Afrique subsaharienne dans le classement. Dans le voisinage nord-africain, le Maroc fait mieux avec une 106e place mondiale et un score de 60,1. La Tunisie arrive ensuite avec 58,6 points. L’Égypte se classe 128e avec 58,2 et l’Algérie 132e avec 55,9.
À l’autre bout du classement, l’Estonie prend la première place mondiale avec 72,8 points. Singapour suit de près avec 72,6, devant la Malaisie à 72. Le Portugal et Taïwan complètent les cinq premières positions, avec respectivement 71,6 et 71,4 points.
Le classement général ne raconte toutefois pas toute l’histoire. Rumavi décline son index selon plusieurs profils, notamment les retraités, les familles, les nomades numériques et les entrepreneurs. Selon le projet de vie ou l’activité envisagée, les mêmes pays peuvent donc présenter des profils très différents.
La Banque islamique de développement (BID) vient d’approuver un financement de 335,49 millions d’euros en faveur de la Tunisie, destiné à soutenir le projet d’extension du réseau autoroutier vers les régions du Kef et de Jendouba. L’approbation a été donnée par le Conseil des Directeurs exécutifs de la Banque lors de sa 368e réunion, tenue à Djeddah, en Arabie Saoudite.
Selon la BID, ce projet doit contribuer à renforcer l’accessibilité et la connectivité de ces deux régions, avec un impact attendu sur leur intégration économique et leur développement régional. Il doit également faciliter la mobilité, améliorer la sécurité routière et renforcer la qualité des infrastructures de transport.
Au-delà de l’amélioration des liaisons routières, le projet vise ainsi à mieux connecter le Kef et Jendouba aux autres territoires et pôles économiques du pays. La BID considère cette infrastructure comme un levier pour renforcer la cohésion sociale et accompagner le développement des régions concernées.
Le financement accordé à la Tunisie s’inscrit dans une enveloppe globale de 938 millions de dollars approuvée par la BID au profit de six pays membres. Outre la Tunisie, cette enveloppe concerne l’Ouzbékistan, le Nigeria, le Pakistan, le Kirghizistan et la Syrie, avec des projets couvrant notamment l’énergie, l’agriculture, la santé, les transports, l’eau et l’assainissement.
Le mois d’octobre sera spécial pour les finances publiques, non pas en raison de pressions particulières, mais plutôt par le lancement des débats sur le projet de loi de finances 2027.
Les chiffres montrent qu’il s’annonce plutôt calme. Sur le front de la dette locale, le rendez-vous le plus important concerne la ligne de BTA 6,3% octobre 2026, d’un montant de 817,500 MTND, programmée pour le 14 octobre. La question est désormais de savoir s’il y aura un refinancement via une adjudication d’un montant équivalent ou un échange contre des BTA de maturités plus longues.
Le calendrier comporte également deux lignes de BTCT: BTCT 52 semaines du 13/10/2026 pour 156,200 MTND et BTCT 26 semaines du 23/10/2026 pour 50 MTND. Aucune échéance de remboursement n’est en revanche prévue pour les tranches d’emprunts nationaux.
Concernant la dette externe, il y aurait une tranche de 26 MUSD au titre du Mécanisme élargi de crédit contracté auprès du FMI. La loi de finances 2026 a précisé que le montant total à rembourser sur l’année s’élève à 234 MUSD, répartis sur 9 tranches mensuelles, sans toutefois détailler les mois concernés.
Globalement, octobre 2026 ne constitue pas une source de pression pour le Trésor. Il en va de même pour les mois suivants, la page du service de la dette pour 2026 étant quasiment tournée. La fin de l’année semble plutôt consacrée à la préparation de 2027, qui s’annonce bien meilleure que les exercices précédents. Nous allons en effet retrouver des niveaux de service de la dette comparables à ceux de 2023, et ce, après trois années historiquement difficiles.
Les perturbations des approvisionnements et la hausse des coûts de l’énergie sont de sérieux problèmes qui risquent d’affecter nos denrées alimentaires, notamment le blé. Non seulement les estimations concernant la production mondiale de blé ont chuté de 4,3% par rapport à l’année dernière, mais l’intensification du conflit entre la Russie et l’Ukraine pèse sur la capacité des exportateurs à accéder aux marchés. La mer Noire est stratégique, le tiers des exportations mondiales de céréales transitant par elle.
Sur les marchés, les contrats à terme sur le blé ont poursuivi leur tendance haussière observée depuis quelques mois. Outre les difficultés d’acheminement du blé ukrainien, il y a du retard de la production de blé en Australie et aux États-Unis.
Et il n’y a pas que cela. Les tensions se sont aggravées avec les soucis sécuritaires en mer Rouge et dans le détroit d’Ormuz, faisant grimper les coûts du transport, de l’énergie et des engrais. Ces événements allongent considérablement les trajets d’acheminement des céréales, alourdissant les coûts opérationnels. Pour les producteurs, les prix de l’urée et de l’ammoniac ont flambé.
Tous ces facteurs indiquent que la hausse des prix alimentaires se manifestera plus nettement au cours des prochains mois. Pour la Tunisie, la facture des importations serait encore plus lourde si ce scénario se confirmait. Le budget de l’État est en train d’absorber les hausses des matières premières importées, mais jusqu’à quand? Cet argent est prélevé sur d’autres dépenses et réduit, pratiquement, toute manœuvre ou réduction de pression fiscale pour l’année prochaine. Il ne faut pas trop attendre de la loi de finances 2027 car le déficit budgétaire se finance par la dette qui, pour être remboursée, a besoin de recettes fiscales.