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Émirats : un bulletin n°3 exigé des Tunisiens pour tout nouveau visa de travail

Les Tunisiens souhaitant travailler aux Émirats arabes unis devront bientôt présenter un bulletin n°3 authentifié. La mesure s’applique à partir du 26 octobre 2026.

Le consulat général de Tunisie à Dubaï a annoncé jeudi que la délivrance de nouveaux visas de travail aux citoyens tunisiens aux Émirats arabes unis sera désormais subordonnée à la présentation d’un bulletin n°3. Cette exigence découle d’une décision du Conseil des ministres émirati et entrera en vigueur le 26 octobre 2026.

Le document devra être délivré par les autorités compétentes, puis authentifié par l’ambassade des Émirats arabes unis en Tunisie. La mesure vise les Tunisiens qui sollicitent de nouveaux visas de travail. Ceux qui se trouvent actuellement dans le pays avec un visa de visite et qui ont décroché un emploi disposeront d’un délai de 45 jours, à compter de l’entrée en vigueur de la décision, pour régulariser leur situation et finaliser leurs démarches.

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15-30 ans : une génération tunisienne en salle d’attente, le départ se prépare et la facture s’annonce lourde

Chômage des jeunes à 35,4 %, diplômes sans emploi, départ envisagé par 71 % des 18-29 ans. Pour le sociologue Mamdouh Ezzeddine, la jeunesse tunisienne attend et la facture s’annonce lourde.

C’est dans une déclaration exclusive à L’Économiste Maghrébin que le sociologue livre son analyse sur la situation des 15-30 ans en Tunisie. Selon lui, cette tranche d’âge représentant la jeunesse tunisienne, censée être celle de la formation, de l’entrée dans le travail et de la construction d’un projet personnel, ressemble pour une grande partie des jeunes à une salle d’attente : celle d’un diplôme, d’un emploi, d’un logement, d’un mariage, voire du moment de partir.

Le sociologue refuse d’y voir une simple difficulté conjoncturelle. La question qui se pose, estime-t-il, est celle du devenir d’une génération lorsque l’école et le travail, voies traditionnelles d’accès à l’autonomie, ne tiennent plus la promesse d’avenir qui était la leur.

Des chiffres qui dessinent l’ampleur du problème

Les données les plus récentes donnent la mesure de cette inquiétude. Au deuxième trimestre 2026, le chômage atteignait 35,4 % chez les 15-24 ans, soit plus du double du taux observé pour l’ensemble de la population active, établi à 14,9 %. Il grimpait à 37,1 % chez les jeunes femmes. Les diplômés de l’enseignement supérieur ne sont pas épargnés : leur taux de chômage s’élève à 26,6 %, avec un écart considérable entre les femmes (35,6 %) et les hommes (14,2 %).

Pour Mamdouh Ezzeddine, ces chiffres traduisent une réalité qui dépasse le marché de l’emploi, puisque c’est l’entrée dans la vie adulte qui devient de plus en plus incertaine.

De la crise économique à la précarité

Le sociologue rappelle d’abord que le chômage des jeunes n’est pas un simple déficit de revenu. Survenant au début du parcours adulte, il retarde l’accès à l’autonomie, prolonge la dépendance à l’égard de la famille, repousse le mariage comme l’installation dans un logement indépendant et limite la capacité à se projeter sur le long terme. Cette précarité prend souvent racine dès l’école. Si la Tunisie a accompli des progrès considérables en matière de scolarisation, l’accès à l’école, souligne-t-il, ne garantit pas la réussite du parcours. D’après l’UNICEF, entre 63 000 et 100 000 enfants quittent chaque année le système éducatif à différents niveaux, et près de 30 000 d’entre eux ne trouvent aucune alternative de formation ou d’éducation. Ce décrochage constitue, selon le sociologue, l’une des premières portes d’entrée dans la vulnérabilité, car il réduit les chances d’accéder à un emploi stable et expose davantage à l’économie informelle, à la dépendance familiale ou à l’exclusion durable.

Mais la difficulté touche aussi ceux qui restent sur les bancs et décrochent un diplôme. L’éducation continue d’être présentée comme le principal levier de mobilité sociale, alors que le marché du travail ne crée pas assez d’opportunités à la hauteur des qualifications acquises. Le jeune est alors conduit à se demander à quoi sert l’effort scolaire si le diplôme ne garantit ni l’emploi ni l’autonomie. Lorsque ce doute devient collectif, précise l’expert, c’est la confiance dans l’ascenseur social qui se fragilise.

La famille joue dans ce contexte un rôle de protection déterminant, mais celui-ci a ses limites. Quand un jeune adulte reste plusieurs années dépendant de ses parents, le soutien familial peut devenir source de tensions, car l’argent, la liberté, les choix professionnels, le mariage, la migration et l’avenir deviennent des sujets de négociation permanente.

C’est à ce stade que la vulnérabilité économique commence, estime Mamdouh Ezzeddine, à produire du déséquilibre social. Le jeune n’est plus seulement privé d’emploi : il se trouve empêché d’acquérir les ressources matérielles et symboliques de son autonomie. Le sociologue parle à ce propos de « panne biographique », c’est-à-dire d’une situation où l’individu subit non seulement une interruption de sa trajectoire professionnelle, mais aussi le retard de plusieurs étapes fondamentales de son parcours de vie. L’attente cesse alors d’être un passage pour devenir un état durable.

Une salle d’attente aux places inégales

Il met toutefois en garde contre la tentation de parler d’une jeunesse homogène. La crise est fortement différenciée selon le sexe, le territoire, le milieu social et le niveau d’éducation. Les données de l’Institut national de la statistique montrent que la pauvreté frappe davantage les zones non communales et les régions de l’intérieur : en 2021, elle atteignait 37 % dans le Centre-Ouest, contre 12,7 % dans les zones communales. Les écarts se retrouvent à l’école, puisqu’en 2024 le taux de fréquentation scolaire et universitaire des 3-24 ans s’établissait à 81,1 % en milieu urbain, contre 72,1 % en milieu rural.

Les jeunes femmes illustrent une autre contradiction. Très présentes dans l’enseignement supérieur, elles peinent davantage que leurs homologues masculins à convertir leurs qualifications en emploi et en indépendance économique, ce que confirme un chômage féminin nettement supérieur.

Le sociologue évoque ainsi plusieurs jeunesses tunisiennes : celle qui quitte l’école trop tôt, celle qui obtient un diplôme sans trouver d’emploi, celle qui vit dans une région où les opportunités sont rares, celle dont le capital familial permet de prolonger l’attente et celle qui n’a même pas cette possibilité. La crise est commune, mais les moyens d’y faire face sont profondément inégaux.

Le départ se prépare : l’avenir se projette à l’étranger

Cette transformation des trajectoires trouve, selon lui, son expression la plus nette dans le désir de migration. D’après le Baromètre arabe, 46 % des Tunisiens déclaraient envisager de partir en 2023-2024, une proportion qui atteignait 71 % chez les 18-29 ans.

Mamdouh Ezzeddine juge réducteur d’expliquer ce choix par la seule quête d’un meilleur salaire. Pour une partie de la jeunesse, partir, c’est chercher une vie où le travail permet l’autonomie, où les institutions paraissent plus prévisibles et où l’avenir peut être planifié. On ne parle donc plus seulement de « fuite des cerveaux », mais d’une véritable migration des attentes, une partie du futur imaginé par les jeunes se situant désormais ailleurs. Le phénomène est d’autant plus préoccupant qu’il ne concerne pas uniquement les jeunes peu qualifiés. Une proportion importante de diplômés envisage également le départ, et le pays risque de perdre ainsi, au-delà des compétences, une part de son potentiel d’innovation et de transformation.

Sur le plan social, le sociologue appelle à la rigueur. Il serait scientifiquement abusif, avertit-il, d’établir un lien mécanique entre chômage ou pauvreté, d’une part, et délinquance, addictions ou suicide, d’autre part. Ces phénomènes résultant de facteurs économiques, familiaux, psychologiques, culturels et institutionnels étroitement imbriqués.

Il existe en revanche, observe-t-il, une relation plus générale entre vulnérabilité, perte de reconnaissance, isolement et fragilisation des perspectives d’avenir. Certaines études consacrées aux adolescents tunisiens font ainsi apparaître une consommation de substances psychoactives associée à d’autres fragilités, comme l’absentéisme scolaire, la consommation d’alcool et de tabac ou la rupture avec les cadres familiaux et scolaires. Il applique la même prudence au suicide : ni la pauvreté ni le chômage ne le « causent » mécaniquement, mais l’accumulation de l’échec, de la dépendance, de l’humiliation et du sentiment d’un avenir fermé peut constituer un terrain de vulnérabilité. La véritable question sociologique, résume-t-il, est de savoir ce qui se passe lorsque l’individu ne perçoit plus de correspondance entre ses efforts et les résultats qu’il peut raisonnablement espérer.

Du « comment réussir ? » au « comment survivre ? »

C’est là, selon lui, que se situe le cœur de la crise. Longtemps, la société tunisienne a proposé à ses jeunes un récit relativement clair : étudier, obtenir un diplôme, travailler, devenir autonome, fonder une famille et améliorer sa condition. Ce récit n’a jamais fonctionné à la perfection, mais il formait un horizon collectif dont l’efficacité symbolique semble aujourd’hui s’affaiblir.

Quand le diplôme ne garantit plus l’emploi, que l’emploi ne garantit plus l’autonomie et que celle-ci devient difficile d’accès, la confiance dans les institutions et dans les parcours traditionnels s’érode. Le jeune s’interroge alors sur l’intérêt de longues études, sur l’acceptation d’un emploi précaire, sur l’utilité d’attendre des années avant de construire sa vie, voire sur la nécessité de rester dans un pays dont l’avenir semble plus accessible ailleurs. La question centrale glisse ainsi de « comment réussir ma vie ? » vers « comment parvenir à vivre ? » Ce qui marque, pour Mamdouh Ezzeddine, le passage d’une société de la projection à une société de la survie.

Une facture économique et démographique qui s’annonce lourde

Ce basculement a un prix, que le sociologue juge bien supérieur au montant des allocations ou des programmes dédiés aux jeunes. Il faut compter d’abord l’investissement éducatif qui ne se convertit pas en activité productive, puis le chômage prolongé, synonyme d’années de travail potentiel perdues. S’y ajoutent les coûts du décrochage scolaire, de l’économie informelle, de l’exode des compétences, des problèmes sociaux et de la pression financière qui pèse sur les familles.

Il existe enfin un coût démographique. Lorsque l’entrée dans la vie adulte est retardée, le mariage et la constitution d’une famille le sont aussi, si bien que la difficulté économique finit par modifier les comportements démographiques eux-mêmes. La jeunesse devient dès lors, selon lui, un enjeu de développement national, car un pays ne peut durablement financer l’éducation de ses jeunes sans parvenir à la transformer en autonomie, en emploi et en production.

Sortir de la salle d’attente : reconstruire le passage vers la vie adulte

Pour le sociologue, la réponse ne saurait se limiter à la création de quelques milliers d’emplois ou à la multiplication de programmes temporaires. Il plaide d’abord pour une refonte du lien entre l’école et le travail, en repensant comme un système unique l’orientation, la formation professionnelle, les stages et l’acquisition de compétences réellement adaptées aux besoins de l’économie.

Le décrochage scolaire doit en outre être traité comme un problème national d’inclusion sociale, car quitter l’école ne devrait jamais signifier quitter du même coup l’éducation, la formation et toute perspective d’insertion. Le chômage des diplômés relève quant à lui d’un défaut structurel d’articulation entre l’université et l’économie : il ne s’agit pas de demander aux jeunes de réduire leurs aspirations, mais de bâtir une économie capable de mieux employer leurs qualifications.

Mamdouh Ezzeddine insiste également sur la dimension territoriale, une politique uniforme ne pouvant répondre aux mêmes difficultés dans le Grand Tunis, le Centre-Ouest, le Sud ou les zones rurales. Il appelle enfin à réintroduire la santé mentale dans les politiques publiques de jeunesse, à renforcer la prévention et à créer des espaces où les jeunes puissent exprimer leurs difficultés avant qu’elles ne se muent en ruptures. Toutes ces mesures resteront toutefois insuffisantes, prévient-il, si elles ne s’accompagnent pas d’une reconstruction de la confiance.

Le véritable enjeu : l’avenir

En conclusion, le sociologue estime que la jeunesse tunisienne ne fait pas face à une simple crise de l’emploi, mais à une crise des transitions : de l’école vers le travail, de la dépendance vers l’autonomie, de l’autonomie vers la famille et du présent vers l’avenir. Quand ces passages s’éternisent, l’attente finit par devenir une condition sociale.

Le processus, explique-t-il, est progressif : la crise économique engendre la vulnérabilité, celle-ci installe le déséquilibre et la dépendance, puis un chômage qui suspend le parcours de vie et, au bout du compte, une crise du sens. Il ne frappe pas tous les jeunes de la même manière, mais il touche assez largement la société pour devenir une question collective.

Le risque pour la Tunisie, avertit Mamdouh Ezzeddine, n’est donc pas seulement de compter davantage de chômeurs, de diplômés sans emploi ou de candidats à l’exil. Il est plus profond : qu’une génération cesse peu à peu de croire que son avenir peut se construire dans son propre pays.

Investir dans la jeunesse, conclut-il, ne revient pas à dépenser davantage pour elle, mais à rebâtir les conditions qui permettent de passer de la dépendance à l’autonomie, de l’attente à l’action et de l’incertitude à la capacité de se projeter. Car lorsque les jeunes ne parviennent plus à construire leur avenir, c’est la société tout entière qui cesse de construire le sien.

La question n’est donc plus seulement de savoir que faire pour la jeunesse, mais bien de déterminer quelle société les Tunisiens veulent bâtir pour que leurs jeunes aient de nouveau envie d’y construire leur vie.

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Tunisie : le ministre des Technologies de la communication rencontre le secrétaire général de l’Union panafricaine des postes

Le ministre des Technologies de la communication, Sofien Hemissi, s’est entretenu jeudi soir, au siège du ministère, avec le secrétaire général de l’Union panafricaine des postes (UPAP), Sifundo Chief Moyo.

Les moyens de renforcer et de développer les relations de coopération et de partenariat entre la Tunisie et l’organisation africaine, à travers le lancement de nouveaux projets et initiatives dans les domaines de la formation, du renforcement des capacités, du commerce électronique à l’échelle africaine et des services financiers numériques ont été au centre de cet entretien, indique un communiqué du ministère.

Les deux parties ont souligné l’importance de poursuivre les efforts conjoints et de partager les expertises afin de contribuer au développement du secteur postal, de renforcer son rôle dans l’accompagnement des transformations numériques et de soutenir le développement économique et social en Afrique.

Cette rencontre, organisée à l’occasion de la Journée mondiale de la poste, célébrée le 9 octobre de chaque année, a également permis de réaffirmer la profondeur des relations de coopération et de partenariat entre la Tunisie et l’Union panafricaine des postes.

Ont pris part à cette rencontre, le PDG de la Poste tunisienne, Yassine Friâa, et plusieurs cadres du ministère des technologies de la communication.

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Dubaï : un Tunisien à besoins spécifiques obtient le renouvellement de sa carte par le ministère de l’Intérieur

Une équipe technique du ministère de l’Intérieur s’est rendue, jeudi soir,  au domicile d’un Tunisien en situation de handicap résidant à Dubaï pour finaliser le renouvellement de sa carte d’identité nationale.

Selon un communiqué du Consulat général de Tunisie à Dubaï, cette initiative fait suite aux instructions données par le président de la République, Kais Saïed, en vue d’accorder une attention particulière à la communauté tunisienne à l’étranger.

L’équipe comprenait le consul général par intérim, Mohamed Wael Khammassi, le consul Maher Zaghouan, le capitaine, Mehrez Majri et le brigadier-chef, Mohamed Zied Ayari.

Cette démarche s’inscrit dans le cadre de la campagne de délivrance, renouvellement et remplacement des cartes d’identité à Dubaï et dans les Émirats du Nord, qui se poursuit jusqu’au 10 octobre courant.

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Kaïs Saïed : la reddition des comptes, sans vengeance ni exception

Le président de la République, Kaïs Saïed, a affirmé que la reddition des comptes était une exigence légitime, précisant qu’il n’était animé par aucune volonté de vengeance. Il a appelé à des mesures rapides et concrètes pour surmonter les difficultés et répondre aux attentes des citoyens, soulignant que le pays était engagé dans une course contre la montre.

Lors d’une rencontre tenue jeudi 8 octobre 2026 au palais de Carthage avec le président de l’Assemblée des représentants du peuple, Brahim Bouderbala, et le président du Conseil national des régions et des districts, Imed Derbali, le chef de l’État a évoqué plusieurs projets et propositions, notamment ceux relatifs à la situation sociale des citoyens. Il a insisté sur la nécessité d’assurer la complémentarité entre les différentes fonctions de l’État, dans le respect des compétences définies par la Constitution.

Selon un communiqué de la présidence de la République, Kaïs Saïed a souligné que l’État tunisien n’était pas faible et ne serait laissé à la merci de personne. Il a assuré que les difficultés seraient surmontées et que les réalisations se concrétiseraient, non par de simples communiqués ou déclarations, mais par des mesures rapides et effectives.

Le président de la République a assuré que toute la vérité serait dévoilée et qu’aucune immunité ni exception ne serait accordée à qui que ce soit.

Évoquant une période qu’il a qualifiée d’historique, il a estimé qu’il était nécessaire de rompre avec toutes les formes d’injustice et d’iniquité. Il a également affirmé que ceux qui avaient cherché à diviser le pays et à le fragmenter continuaient de regretter le passé, tout en tentant, selon lui, de diviser l’État conformément à des desseins qui leur auraient été imposés.

Le chef de l’État s’est toutefois dit convaincu que la conscience historique du peuple tunisien ferait échouer ces tentatives et leurs manœuvres. Il a réaffirmé que l’État tunisien resterait uni et ne céderait au chantage de personne, quels que soient les rôles distribués et les efforts déployés par certains pour se présenter en victimes alors qu’ils sont, selon ses propres termes, des auteurs de méfaits.

Kaïs Saïed a reconnu que les obstacles étaient nombreux, qu’ils soient naturels ou délibérément provoqués, tout en affirmant que la volonté de les surmonter était plus forte. Il a assuré que les efforts se poursuivaient sans interruption pour répondre aux revendications du peuple tunisien.

Il a précisé que cette démarche ne devait pas se limiter à l’adoption de textes législatifs, mais devait également s’appuyer sur une pensée révolutionnaire fondée sur de nouveaux concepts.

Enfin, le président de la République a salué la profonde conscience du peuple tunisien, estimant que chaque responsable public, quel que soit son niveau de responsabilité, devait pleinement en prendre la mesure. Il a appelé les responsables à partager, à chaque instant, les souffrances et les difficultés des citoyens et à œuvrer résolument à l’élimination de leurs causes.

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Kaïs Saïed appelle à garantir l’égalité des chances dans l’éducation

Le président de la République, Kaïs Saïed, a reçu, jeudi, 8 octobre courant, au palais de Carthage, la ministre des Affaires culturelles, Amina Srarfi, qui a assuré, en sa qualité de doyenne d’âge, la présidence de la séance inaugurale du Conseil supérieur de l’éducation et de l’enseignement, ainsi que le secrétaire général du Conseil, Mohamed Ali Boughdiri.

Cité dans un communiqué, le chef de l’État a souligné que l’inscription de ce conseil dans le texte de la Constitution, à l’issue de la consultation nationale organisée avant même l’élaboration de la Loi fondamentale du pays, « ne relève pas du hasard ».

Ce conseil étant unique au monde, sa création procède d’une ferme conviction que l’éducation et l’enseignement sont partie intégrante de la sécurité nationale, a-t-il encore renchéri.

Le président Saïed a en outre mis l’accent sur l’impératif d’instaurer un système éducatif national garantissant l’égalité pour tous, appelant à cet égard à inculquer aux jeunes générations les principes de liberté et de justice sociale dès la première année du primaire.

Evoquant les tentatives de réforme du système éducatif engagées par le passé en Tunisie, le président de la République a estimé que celles-ci étaient souvent des manœuvres biaisées et peu innocentes plutôt que des réformes profondes et sérieuses.

Dans le même contexte, il a appelé à la nécessité de créer des clubs culturels au sein des établissements éducatifs et d’assurer le transport, la restauration, l’hébergement, l’habillement et les fournitures scolaires afin de garantir à tous les élèves de bonnes conditions d’apprentissage en coordination avec les parties concernées.

Le président Saïed a conclu que la Tunisie, qui a été de tout temps un vivier de savants ayant émerveillé le monde, en comptera davantage encore grâce à un système éducatif national démocratique et accessible à tous consacrant l’égalité des chances et traduisant les principes consacrés dans les textes constitutionnels en une réalité concrète et palpable.

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Kaïs Saïed : la reddition des comptes, un impératif de justice

e président de la République, Kaïs Saïed, a reçu, jeudi, 8 octobre courant, au palais de Carthage, le président de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), Brahim Bouderbala, et le président du Conseil national des régions et des districts (CNRD), Imed Derbali.

L’audience a permis de discuter de plusieurs projets relatifs à la situation sociale des citoyens ainsi que de la complémentarité des rôles entre les fonctions de l’État, chacune dans le cadre de ses attributions fixées par le texte de la Constitution, cite un communiqué de la présidence de la République.

Dans ce contexte, le chef de l’État a rappelé que les obstacles, habituels ou provoqués, restent nombreux, soulignant que la volonté de les surmonter est « plus forte encore ».

Il a précisé que le travail se poursuit sans relâche pour répondre aux revendications du peuple tunisien à travers la législation mais aussi une pensée révolutionnaire fondée sur de nouveaux concepts.

Il a salué la conscience profonde dont fait preuve le peuple tunisien, rappelant qu’il incombe à chaque responsable de s’en inspirer et de partager les souffrances des citoyens en veillant scrupuleusement à en éliminer les causes.

Le président Saïed a par ailleurs affirmé que la Tunisie traverse des « moments historiques » nécessitant de rompre frontalement avec toute forme d’injustice, rappelant que ceux qui cherchent vainement à diviser le pays affichent encore une nostalgie envers le passé.

« Tant que le peuple tunisien fait preuve de conscience historique, leurs plans et manoeuvres seront certes voués à l’échec », a assuré le chef de l’Etat, soulignant que l’État tunisien restera uni et ne cédera plus jamais à aucun chantage, quels que soient les les artifices dont ces parties usent pour vendre leur image de « victime » alors qu’ils sont les vrais « coupables ».

Le président Saïed a en outre mis l’accent sur le « caractère légitime » de la reddition des comptes, loin de toute forme de règlement de comptes, affirmant que l’État n’est pas faible et ne sera pas le butin de qui que ce soit.

« Les difficultés seront certes surmontées non à travers les communiqués et les déclarations mais plutôt par des mesures concrètes et rapides », a-t-il encore promis, soulignant que « toute la vérité sera dévoilée, sans nulle immunité ou exception pour qui que ce soit »

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Infrastructure et Grands Projets : le gouvernement accélère la cadence

Un Conseil des ministres restreint s’est réuni ce jeudi 8 octobre 2026 pour faire le point sur les chantiers stratégiques du pays. Stade d’El Menzah, aéroport de Tunis-Carthage, colline de Sidi Bou Saïd : le gouvernement tranche et fixe ses priorités.

Tenu sous la présidence de la cheffe du gouvernement, Sarra Zaafrani Zenzri, le Comité des Grands Projets a passé en revue l’avancement de plusieurs chantiers d’envergure nationale touchant à l’énergie, la santé, les transports, le sport et les infrastructures.

À cette occasion, la cheffe du gouvernement a rappelé que la concrétisation rapide de ces investissements publics constitue une priorité absolue, conformément aux directives du président de la République, Kaïs Saïed, lit-on dans un communiqué publié sur la page Facebook de la présidence du gouvernement. L’objectif affiché : dynamiser l’économie, attirer les investissements, réduire les disparités régionales et améliorer directement la qualité de vie des citoyens.

C’est ainsi qu’au terme de l’examen des différents dossiers, le Comité a validé plusieurs arbitrages décisifs – quatre au total – pour débloquer ou accélérer les travaux.

Il s’agit du Stade olympique d’El Menzah. Il a été souligné que la reconstruction et la modernisation de cette enceinte mythique ont été attribuées à une entreprise chinoise afin de relancer le chantier dans les plus brefs délais. D’ailleurs, leconomistemaghrebin.com avait écrit un article dans ce sens.

Lire ici: Rénovation du Stade d’El Menzah : le coût d’une opportunité manquée!

Le second projet concerne la Colline de Sidi Bou Saïd dont les travaux de protection contre les glissements de terrain ont été actés pour sécuriser d’urgence ce site historique et touristique majeur.

Vient ensuite l’Aéroport Tunis-Carthage et le Port d’Enfidha. Le comité des grands projets a affirmé que les plans d’extension de l’aéroport international de la capitale ainsi que le développement du port en eaux profondes et de sa zone logistique à Enfidha franchissent de nouvelles étapes.

Enfin, les secteurs de l’énergie et de la santé ont constitué l’autre moment fort de la réunion. En effet, le comité s’est penché notamment sur l’extension de la centrale électrique de Borj El M’Allal et la rénovation de l’hôpital régional de Bir Ali Ben Khelifa, dans le gouvernorat de Sfax.

Tolérance zéro sur les retards

Face aux blocages administratifs et techniques qui ralentissent parfois les chantiers publics, Sarra Zaafrani Zenzri a appelé l’ensemble des ministères, structures publiques et autres autorités régionales à adopter une approche proactive. A cet égard la cheffe du gouvernement a insisté sur la nécessité d’intensifier le suivi sur le terrain et de renforcer la coordination entre les échelons centraux et locaux, et ce en vue de garantir le respect strict des délais de livraison et des standards de qualité exigés.

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La chercheuse tunisienne Dhekra Mahmoud distinguée par le prix L’Oréal-UNESCO

La chercheuse tunisienne Dhekra Mahmoud figure parmi les 35 lauréates de l’édition 2026 du prix « L’Oréal-UNESCO Pour les femmes et la science ». La distinction lui a été remise le 7 octobre en France, lors d’une cérémonie à laquelle a notamment assisté l’ambassadeur de Tunisie à Paris, Dhia Khaled.

Décerné en partenariat avec l’Académie des sciences, le prix récompense chaque année des chercheuses pour l’excellence de leurs travaux et leur contribution à la recherche scientifique. Les lauréates de cette 20e édition ont été sélectionnées par un jury composé d’une cinquantaine d’académiciennes et d’académiciens.

Diplômée de l’École nationale d’ingénieurs de Tunis (ENIT), Dhekra Mahmoud mène actuellement ses recherches en tant que post-doctorante au CISPA, un centre de recherche spécialisé en cybersécurité. Ses travaux portent notamment sur la sécurité informatique et la cybersécurité.

Cette distinction met en lumière son parcours scientifique et son engagement dans un domaine stratégique de la recherche technologique.

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Sur proposition de l’ARP : vers un durcissement des peines pour les braquages

Ce n’est pas la première fois qu’une telle proposition est présentée au ministère de tutelle et il semble, cette fois-ci, que la demande de durcissement des peines pour le délit de braquage va être sérieusement examinée et mise en pratique, à moins que les tergiversations, pour franchir ce pas, l’emportent sur le souhait de tous les citoyens de voir de nouvelles peines, plus dissuasives, arrêter cette hémorragie…

Après quelques initiatives précédentes, en 2021, 2025 et 2026, le Parlement vient de relancer une proposition qui, pour le moment, peine à passer. C’est qu’une proposition de loi visant à durcir les peines contre les «braquages» et les vols avec violence, présentée il y a quelques jours par certains députés, est en cours d’examen à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP).

C’est le député Fakhreddine Fadhloun qui vient de révéler que les auditions nécessaires à l’examen de la proposition de loi n° 073/2025, relative à la modification de certaines dispositions du Code pénal, ont été achevées. Cette initiative, qu’il porte avec plusieurs autres députés, a désormais pris sa forme finale. Il a indiqué que son renvoi en séance plénière dans les meilleurs délais figurera parmi les priorités dès la rentrée parlementaire.

Le texte en question prévoit des peines pouvant atteindre 20 ans de prison pour certaines formes de vol. Le député estime que l’aggravation des vols avec violence, couramment désignés par le terme «braquages», nécessite de revoir la réponse législative et de renforcer la dissuasion. Dans une déclaration aux médias, il justifie cette démarche par ce qu’il décrit comme «une multiplication des menaces pesant sur l’intégrité physique des citoyens», tout en insistant sur la nécessité de faire avancer le texte vers la séance plénière.

Composée d’un article unique, la proposition de loi prévoit d’abroger les dispositions des articles 261, 262 et 264 du Code pénal et de les remplacer par de nouvelles dispositions. Les sanctions envisagées varient selon les formes de vol et les circonstances auxquelles renvoie chaque article. Le texte ne prévoit donc pas de peine identique pour l’ensemble des vols.

Article 261 : de 15 à 20 ans de prison

Dans sa rédaction proposée, l’article 261 prévoit une peine de 15 à 20 ans de prison pour un vol commis avec l’une des circonstances énumérées aux points 1, 2 et 5 de l’article 260.

Cette peine concerne les situations auxquelles renvoie précisément le texte et ne s’appliquerait pas automatiquement à toutes les infractions de vol.

Article 262 : de 12 à 15 ans de prison

Le nouvel article 262 proposé prévoit une peine allant de 12 à 15 ans de prison lorsque le vol réunit les deux circonstances mentionnées aux points 3 et 4 de l’article 260.

L’application de cette disposition est ainsi liée à la présence conjointe de ces deux circonstances.

Article 264 : cinq ans de prison et une amende

La rédaction proposée pour l’article 264 prévoit 5 ans de prison et une amende de 2.000 dinars pour les vols et soustractions commis en dehors des cas définis par les articles 260 à 263 du Code pénal.

Le député a révélé que la prochaine priorité sera de faire parvenir la proposition en séance plénière. Son intervention ne fixe toutefois pas de date précise pour cet examen.

D’autres propositions similaires ont été «ignorées» 

Pour l’histoire, rappelons qu’il ne s’agit pas d’une première. Au mois de janvier 2021, le bureau de l’Assemblée des représentants du peuple a transmis aux commissions concernées de l’ARP une proposition de loi initiée par un groupe parlementaire portant amendement de nombre d’articles du code de procédures pénales aggravant les peines encourues dans les crimes de «braquages». Les peines proposées allaient jusqu’à la réclusion criminelle à perpétuité sans possibilité de bénéfice de circonstances atténuantes.

La Commission de la législation générale de l’ARP a également tenu, vendredi 13 février 2026, une séance d’audition consacrée à une initiative parlementaire visant à modifier certains articles du Code pénal. Les députés à l’origine de la proposition ont expliqué que le texte s’inscrit dans une démarche de révision de la politique pénale tunisienne face à certains «phénomènes sociaux». Le projet cible précisément les crimes de vol avec violence, communément désignés comme des braquages.

Les initiateurs du texte estiment que la prolifération de ce type d’agressions impose un changement dans l’approche législative, notamment en raison de la «limitation» des peines actuellement prévues pour ce genre de crimes. Ils affirment ainsi que l’objectif est de réduire la propagation de ces délits, en durcissant les sanctions afin qu’elles soient «à la hauteur de la gravité du crime». Cette proposition prévoit l’abrogation des articles 261, 262 et 264 du Code pénal, qui seraient remplacés par de nouvelles dispositions introduisant un plancher de peine fixé à 15 ans de prison, pouvant aller jusqu’à 20 ans, avec une orientation clairement affichée : écarter toute possibilité de réduction de peine.

Les membres de la commission ont salué l’initiative, tout en insistant sur un point : la réponse ne doit pas être uniquement répressive. Plusieurs députés ont ainsi plaidé pour une approche «multidimensionnelle», intégrant également des volets éducatif et culturel. D’autres ont souligné la nécessité de définir clairement, dans la loi, ce que recouvre exactement la notion de braquage, en appelant à un durcissement particulier des peines en cas de récidive.

Or, les représentants du ministère de tutelle ont souligné que la formulation de cette proposition nécessite davantage de précision afin de correspondre à l’intention du législateur telle qu’exposée dans le document de justification des raisons, qui stipule un durcissement des peines.

Ils ont ajouté que la révision de ces articles pourrait nécessiter une réévaluation d’autres sections du code afin d’assurer une cohérence et une harmonisation dans l’ensemble de la législation.

Réagissant aux interventions des représentants du ministère, les initiateurs de la proposition de loi et un grand nombre de députés ont souligné que la gravité du phénomène nécessite une intervention urgente dans une approche juridique visant à durcir les sanctions, en raison des répercussions négatives que ces crimes engendrent, tant pour les victimes que pour l’image de notre pays auprès des touristes, ainsi que pour la stabilité sociale.

D’ailleurs, lors d’une audition tenue par la commission des droits et libertés, des représentants du ministère de l’Intérieur ont fait savoir que les braquages représentent 40% du total des délits enregistrés. 20% des braquages ont lieu dans les quatre gouvernorats du Grand Tunis.

 

Quelles peines à travers le monde ?               

À travers le monde, le braquage (juridiquement qualifié de vol à main armée ou vol qualifié) est considéré comme un crime majeur. Les sanctions varient fortement d’un pays à l’autre selon la sévérité du code pénal, la présence de violence physique et le type d’arme utilisé.

Voici un aperçu des peines encourues dans différentes régions du monde :

France : le vol avec arme (usage ou menace) est un crime passible de 20 ans de réclusion criminelle et de 150.000 euros d’amende. Si le braquage est commis en bande organisée ou s’il s’accompagne de tortures ou d’actes de barbarie, la peine maximale passe à la réclusion criminelle à perpétuité.

Suisse : les tribunaux appliquent des sanctions sévères pour les gros casses. Par exemple, lors du retentissant braquage d’un convoi de fonds commis en Suisse, les auteurs ont été condamnés à des peines allant de 7 à 20 ans de prison ferme.

Canada : le vol qualifié est passible d’emprisonnement à perpétuité. La loi prévoit des peines minimales obligatoires strictes si une arme à feu est impliquée : 4 à 5 ans minimum pour une première infraction, et 7 ans minimum en cas de récidive.

États-Unis : le système américain est particulièrement sévère. Un braquage fédéral classique peut valoir jusqu’à 20 ou 25 ans de prison. Cependant, en raison du principe de l’accumulation des peines (chaque chef d’accusation s’additionne), les peines peuvent exploser. Certains braqueurs multirécidivistes ou particulièrement violents ont ainsi écopé de condamnations historiques de plus de 100 ou 200 ans de prison.

Chine : le vol avec violence ou à main armée y est sévèrement réprimé par le Code pénal. Les peines planchers commencent généralement à 10 ans d’emprisonnement, mais le verdict peut aller jusqu’à la prison à perpétuité ou la peine de mort si le braquage a causé des blessures graves, la mort ou s’il visait des institutions spécifiques (comme des banques).

Kamel ZAIEM

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Emploi et dignité :  le chômage, une injustice à réparer

Par Ahmed NEMLAGHI

La réunion tenue au palais de Carthage autour de l’application de la loi n°18 de 2025 sur le recrutement des diplômés de l’enseignement supérieur en chômage de longue durée remet au premier plan une question sociale centrale, celle de l’accès à l’emploi dans des conditions équitables. Dans la lecture développée par le Président de la République, Kaïs Saïed, le chômage de longue durée ne relève pas d’un choix individuel, mais d’un système marqué par les inégalités d’accès, les privilèges et des pratiques ayant privé certains diplômés de leur droit à une véritable chance.

L’emploi n’est pas seulement une question économique. Dans une société où le travail demeure intimement lié à l’autonomie, à la dignité et à la reconnaissance sociale, l’accès à un emploi constitue également une question de justice. C’est précisément sous cet angle que le Président de la République Kaïs Saïed aborde la problématique du chômage des diplômés de l’enseignement supérieur.

La réunion tenue au palais de Carthage avec la Cheffe du gouvernement, Sarra Zaâfrani Zenzri, et le ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Riadh Chaouad, consacrée à l’application de la loi n°18 de 2025, intervient dans un contexte où le recrutement des diplômés en chômage de longue durée est présenté comme une étape de la politique publique destinée à répondre à une situation accumulée depuis plusieurs années.

Le texte présidentiel insiste sur une idée fondamentale : le jeune diplômé privé durablement d’emploi n’est pas nécessairement responsable de sa situation. Dans les propos rapportés par la présidence, Kaïs Saïed affirme que le chômage ne résulte pas d’un choix volontaire des personnes concernées, mais de pratiques et de mécanismes qui auraient, au fil des décennies, favorisé certains au détriment de ceux qui remplissaient les conditions requises.

Cette lecture place donc le problème du chômage dans une perspective de justice sociale.

Pour de nombreux diplômés, le passage de l’université à la vie professionnelle représente depuis longtemps une période d’incertitude. Obtenir un diplôme ne garantit pas automatiquement un emploi, particulièrement lorsque le marché du travail ne crée pas suffisamment de postes correspondant aux qualifications disponibles.

Mais le problème évoqué par le Chef de l’Etat dépasse la seule inadéquation entre l’offre et la demande de travail.

Kaïs Saïed a dénoncé, lors de cette réunion, des pratiques anciennes qu’il considère comme ayant contribué à dénaturer les mécanismes de recrutement. Il a notamment évoqué des recrutements fondés sur des diplômes falsifiés ou sur des qualifications insuffisantes, ainsi que l’utilisation de l’appartenance à telle ou telle partie comme un «diplôme» permettant d’accéder à un emploi.

Ces propos renvoient à une question essentielle, celle de l’égalité devant l’accès à la fonction publique.

Dans une conception fondée sur le mérite et l’égalité des chances, le diplôme, les compétences et l’aptitude doivent constituer les principaux critères permettant de prétendre à un emploi. Lorsque d’autres considérations prennent le dessus, le recrutement cesse d’être seulement une procédure administrative, il devient un problème de justice.

Le diplômé qui a consacré des années à ses études peut alors avoir le sentiment que ses efforts ne suffisent pas. Celui qui ne dispose ni de relations ni de réseaux d’influence peut se retrouver durablement écarté, malgré ses qualifications.

 

Le chômage comme injustice sociale

La notion de chômage est souvent abordée à travers les statistiques : nombre de demandeurs d’emploi, taux de chômage, nombre de diplômés sans emploi, durée moyenne de recherche d’un poste. Ces indicateurs sont indispensables, mais ils ne rendent pas entièrement compte de la dimension humaine du phénomène.

Derrière chaque demandeur d’emploi se trouve un parcours. Il y a des années d’études, des sacrifices familiaux, des attentes, parfois des concours passés à plusieurs reprises et l’espoir de pouvoir enfin accéder à une autonomie financière.

Le chômage prolongé produit également des conséquences qui dépassent le revenu. Il peut retarder l’installation familiale, accroître la dépendance à l’égard des parents et fragiliser le sentiment d’utilité sociale. Pour les jeunes diplômés, la répétition des refus peut progressivement transformer une difficulté économique en sentiment d’exclusion.

C’est pourquoi la lecture présidentielle du chômage comme injustice mérite d’être replacée dans le cadre plus large de la dignité.

Le droit au travail ne signifie évidemment pas que l’État puisse garantir immédiatement un poste à chaque diplômé. Il implique cependant que l’accès à l’emploi public, lorsqu’il est ouvert, obéisse à des règles équitables et transparentes et que les politiques économiques créent les conditions permettant au secteur privé de générer lui aussi des emplois.

La loi n°18 de 2025 constitue, dans ce cadre, une réponse spécifique à la situation des diplômés de l’enseignement supérieur confrontés à un chômage de longue durée. Sa mise en œuvre constitue désormais l’enjeu central.

Toute politique de recrutement exceptionnelle soulève toutefois une question essentielle : comment réparer une situation d’injustice tout en garantissant l’égalité entre les différentes catégories de demandeurs d’emploi ?

La réponse passe nécessairement par des critères objectifs, transparents et vérifiables. L’objectif affiché est de permettre aux diplômés concernés de bénéficier d’une possibilité d’accès à l’emploi public.

 

La fin des privilèges comme principe de recrutement

Dans son intervention, Kaïs Saïed établit un lien direct entre les privilèges dont certains auraient bénéficié dans le passé et la situation actuelle de nombreux chômeurs. Ces pratiques ont contribué à la dilapidation des deniers publics et à la privation de postes pour ceux qui remplissaient les conditions requises.

Cette affirmation renvoie à l’un des axes récurrents de son discours politique : la nécessité de rompre avec les mécanismes de favoritisme et de rétablir une relation plus directe entre le mérite et l’accès aux responsabilités.

Dans cette perspective, la question de l’emploi devient aussi une question de bonne gouvernance.

Un État qui recrute sur la base de critères transparents protège non seulement les candidats, mais également l’administration. Il s’assure que les compétences nécessaires sont présentes et que les ressources publiques sont utilisées conformément à l’intérêt général.

À l’inverse, lorsqu’un recrutement est effectué pour des considérations étrangères aux qualifications requises, le coût est supporté par l’ensemble de la collectivité.

La conséquence n’est donc pas seulement individuelle, elle est institutionnelle et financière.

Le recrutement d’une personne qui ne possède pas les qualifications nécessaires peut entraîner une perte d’efficacité administrative, tandis que l’exclusion d’une personne compétente représente une perte de potentiel humain.

La lutte contre ces pratiques est ainsi indissociable d’une politique de modernisation de l’administration.

La référence à la dignité nationale dans les propos du Chef de l’Etat donne à la question de l’emploi une dimension particulière.

Pour un diplômé, l’emploi constitue aussi l’aboutissement logique d’un parcours de formation. Lorsque des années d’études débouchent sur une longue période d’inactivité, le sentiment d’injustice peut devenir particulièrement fort.

La politique évoquée par le Président Kaïs Saïed entend précisément replacer la dignité au centre de cette problématique.

Le travail doit permettre à l’individu de vivre de son effort et de participer pleinement à la vie économique et sociale. Il ne doit pas dépendre de relations personnelles ou d’appartenances particulières.

 

Du recrutement public à une politique globale de l’emploi

La question demeure cependant plus large que celle du recrutement dans la fonction publique.

La Tunisie ne pourra répondre durablement au chômage des diplômés par les seuls recrutements publics. L’État doit également favoriser la création d’emplois dans le secteur privé, soutenir l’investissement, développer l’entrepreneuriat, renforcer la formation professionnelle et améliorer l’adéquation entre les formations universitaires et les besoins de l’économie.

L’enjeu est de passer progressivement d’une logique dans laquelle le diplôme constitue principalement une attente d’emploi public à une logique dans laquelle la qualification devient un véritable capital professionnel.

La formation professionnelle peut jouer ici un rôle majeur. Elle doit permettre aux jeunes d’acquérir des compétences directement valorisables, tout en accompagnant les mutations technologiques et économiques.

De même, les politiques d’investissement doivent accorder une attention particulière aux régions intérieures, où les opportunités d’emploi restent souvent moins nombreuses que dans les grands pôles économiques.

L’équité territoriale constitue ainsi une dimension essentielle de l’équité devant l’emploi.

L’État peut agir sur les règles, les recrutements publics, les dispositifs d’accompagnement et les politiques de formation. Mais la création durable d’emplois dépend également de la capacité de l’économie à produire de nouvelles activités.

Le véritable défi consiste donc à articuler politique sociale et politique économique.

Il ne suffit pas de lutter contre le chômage, il faut créer les conditions permettant de réduire durablement ses causes. Cela suppose un environnement favorable à l’investissement, des entreprises capables de se développer, un accès plus fluide au financement et une administration plus efficace.

Dans cette perspective, le recrutement des diplômés de longue durée doit être considéré comme une mesure de réparation et d’accompagnement, mais non comme l’unique réponse au problème structurel du chômage.

La dignité par le travail passe également par la création de perspectives économiques durables.

La réunion de Carthage intervient à un moment où le débat passe du principe à l’application. Le Chef de l’Etat a demandé à la Cheffe du gouvernement et au ministre de l’Emploi de présenter l’état d’avancement de la mise en œuvre de la loi.

Cette étape est essentielle.

Les diplômés concernés attendent désormais des décisions concrètes. Une politique publique ne peut être évaluée uniquement à partir des déclarations qui accompagnent son lancement. Elle doit l’être à partir de ses résultats : combien de personnes seront recrutées ? Selon quel calendrier ? Dans quelles administrations ? Selon quels critères ? Avec quel accompagnement ?

La transparence de ces étapes sera déterminante pour maintenir la confiance des bénéficiaires et éviter les contestations.

 

Une conception du travail fondée sur la justice

À travers ses déclarations, le Président Kaïs Saïed présente donc le dossier du chômage des diplômés comme une question qui dépasse les seuls chiffres de l’emploi. Il le relie à la justice sociale, à la lutte contre les privilèges, à la protection des deniers publics et à la dignité.

Dans cette lecture, le chômeur de longue durée n’est pas simplement un demandeur d’emploi parmi d’autres. Il peut être considéré comme la victime d’un déséquilibre ancien entre les qualifications, les possibilités d’accès et les pratiques de recrutement.

La loi n°18 de 2025 apparaît alors comme un instrument destiné à apporter une réponse spécifique à cette catégorie. Mais sa portée réelle dépendra de son application.

L’objectif d’un accès équitable à l’emploi ne pourra être durablement atteint que si la réforme s’accompagne d’une transformation plus profonde des mécanismes de recrutement et de création d’emplois. Le mérite doit pouvoir devenir une réalité concrète et non seulement un principe proclamé.

Il faudra également veiller à ce que la recherche de justice pour les diplômés de longue durée s’inscrive dans une politique globale permettant aux nouvelles générations d’accéder elles aussi à des perspectives professionnelles sans devoir attendre des années.

Au fond, la question posée est celle de la place que la société accorde au travail. Un emploi n’est pas seulement un salaire versé à la fin du mois. Il représente une autonomie, une responsabilité, une participation à la vie collective et, pour beaucoup, une condition essentielle de la dignité.

C’est pourquoi le chômage prolongé peut être vécu comme une injustice lorsqu’il résulte non seulement des difficultés économiques, mais aussi de mécanismes de sélection perçus comme inéquitables.

 

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