Dans le cadre d’une convention de coopération internationale avec l’Université de Sassari (Italie), l’Institut national du patrimoine a mené une campagne de fouilles archéologiques sur le site de Henchir Matria, situé au nord de Teboursouk, dans le gouvernorat de Béja, du 6 septembre 2026 au 4 octobre 2026.
Des chercheurs et des étudiants de différents niveaux ont pris part aux travaux et ont tous œuvré dans une parfaite harmonie à l’étude et à la mise en valeur de deux secteurs principaux de la ville antique connue sous le nom de Numluli.
Le premier secteur comprend le Capitole, construit en 170 apr. J.-C. L’équipe y a mis au jour le dallage de la place publique, une fontaine ainsi que de nombreux éléments architecturaux et décoratifs du temple (chapiteaux, colonnes, décors géométriques variés et fragments de statues, etc.), qui remontent tous à la période romaine.
Le second secteur comprend une basilique vandale construite au milieu du Ve siècle apr. J.-C. Elle abrite des sépultures de notables chrétiens, différentes salles, des murs, ainsi que des jarres funéraires et des jarres implantées verticalement destinées au stockage des provisions. Le secteur a également livré des panneaux de mosaïque.
La Cité de la Culture Chadli Klibi accueille la 5ᵉ édition de la Foire nationale du livre tunisien du 23 octobre au 1er novembre 2026 sous le slogan inspirant « Avec la lecture… ta vie sera ensoleillée ».
Cet événement culturel majeur réunit 66 maisons d’édition tunisiennes venues présenter leurs plus récentes parutions et échanger avec le public.
Durant dix jours consacrés à la littérature et au savoir, les lecteurs sont invités à découvrir une programmation riche au cœur de la capitale.
La chambre correctionnelle a rendu son verdict dans l’affaire des manifestants arrêtés après la marche de solidarité avec la Flotille Al-Soumoud du 19 septembre dernier.
Dans un post publié ce jeudi 8 octobre 2026 sur sa page Facebook, l’avocate Leila Haddad a précisé que les jeunes activistes Hadhami Hammami et Maryem Halfaoui ont été condamnées à une peine de six mois de prison avec sursis et Marwen Bedhiafi, à sept mois avec sursis.
Malgré un jugement qualifié d’« inique » par Me Haddad, cette décision permet aux trois prévenus de retrouver la liberté et de regagner leurs foyers dès ce soir.
L’avocate a par ailleurs exprimé l’espoir de voir les autres jeunes détenus libérés lors des prochaines audiences sachant que l’audience de Kais Bouzouita a été reportée au 12 octobre pour les plaidoiries de la défense, avec un rejet de la demande de sa remise en liberté.
À neuf jours d’une mobilisation nationale annoncée à Tunis, syndicats, organisations de la société civile, mouvements sociaux régionaux et désormais huit partis politiques tentent de fédérer des revendications jusque-là dispersées.
Emploi, pouvoir d’achat, libertés publiques et détenus politiques devraient se…
L’Institut national de la météorologie alerte sur un changement important marqué par de fortes pluies orageuses et une baisse sensible des températures dès la nuit de ce jeudi 8 octobre 2026.
. Des précipitations temporairement orageuses et localement abondantes toucheront d’abord les zones côtières du Nord et l’extrême Nord-Ouest de la Tunisie.
Ces intempéries s’étendront progressivement au cours de la journée du vendredi 9 octobre à l’ensemble du Nord, du Centre et localement au Sud du pays.
Les prévisions font état de cumuls de pluie particulièrement importants dans les gouvernorats de Zaghouan, Siliana, Sidi Bouzid, Kairouan ainsi que dans la région du Sahel.
Les quantités d’eau oscillent généralement entre 30 et 50 mm, pouvant atteindre localement jusqu’à 70 mm. Ces précipitations s’accompagneront de chutes de grêle par endroits et de fortes rafales de vent lors de l’apparition des nuages orageux.
Parallèlement, une baisse marquée du mercure est attendue, en particulier sur le Nord de la Tunisie avec des maximales qui ne dépasseront pas les 20 à 24 °C en général, s’abaissant à 18 °C sur les hauteurs.
Déjà implanté en Tunisie depuis 2007, le groupe italien Pieralisi envisage une nouvelle étape de développement dans le pays avec un projet de centre d’excellence et d’innovation destiné aux marchés africains. Une évolution qui pourrait élargir son activité bien au-delà de l’huile d’olive.
De l’oléiculture à une plateforme régionale
L’idée a été présentée à Tunis par Aldino Zeppeli, CEO de Pieralisi, lors de rencontres avec l’ambassadeur d’Italie en Tunisie, Alessandro Prunas, et le directeur de l’Agence italienne pour le commerce extérieur (ICE), Bernard Prevete.
Le groupe, qui dispose déjà d’une implantation tunisienne et d’une connaissance approfondie de l’écosystème oléicole local, souhaite progressivement renforcer ses activités, développer les compétences tunisiennes et favoriser le transfert de technologies et de savoir-faire. L’objectif envisagé est surtout de donner à la structure tunisienne une dimension régionale, en l’utilisant comme point d’appui pour accompagner l’expansion de Pieralisi sur d’autres marchés africains.
Cette orientation pourrait ainsi changer la fonction de la Tunisie dans la stratégie du groupe : il ne s’agirait plus seulement d’un marché pour ses équipements, mais d’une base permettant de rapprocher expertise industrielle italienne, compétences tunisiennes et besoins technologiques des marchés africains.
L’huile d’olive n’est plus le seul terrain
Le futur projet ne serait d’ailleurs pas limité au secteur oléicole. Les discussions ont porté sur les applications de la Separation Systems Division (SSD) de Pieralisi dans d’autres activités agroalimentaires et industrielles.
Parmi les pistes évoquées figure notamment le traitement des eaux usées et des boues produites par les activités industrielles et agroalimentaires. L’enjeu est donc de valoriser une expertise développée dans l’industrie de l’huile d’olive pour répondre à une gamme plus large de besoins technologiques.
C’est dans cette perspective que Pieralisi réfléchit à la création progressive d’un « Pieralisi Africa Excellence & Innovation Center » en Tunisie. Le centre pourrait réunir des activités d’innovation, de formation, de services industriels, de transfert de compétences et d’adaptation des technologies aux différents marchés africains.
Un projet encore à construire
Il ne s’agit toutefois pas encore d’un investissement définitivement acté. Le centre reste au stade de la réflexion et de la construction progressive du projet. Pieralisi cherche notamment à renforcer les liens avec les entreprises tunisiennes et l’écosystème industriel italien afin d’identifier les partenaires susceptibles d’accompagner les différentes étapes.
La formation occupe une place importante dans cette stratégie. Pour le groupe, développer les compétences techniques locales permettrait à la fois de renforcer son implantation et de disposer d’un vivier capable d’accompagner son expansion régionale.
Le projet s’inscrit par ailleurs dans la dynamique de coopération économique entre l’Italie et l’Afrique portée par le Plan Mattei, notamment autour de l’investissement, de la formation, du développement des compétences et du transfert technologique. L’ICE s’est dit disposé à faciliter les mises en relation avec les acteurs économiques tunisiens, tandis que l’ambassade d’Italie a évoqué la possibilité de mobiliser, selon la maturité des projets, les réseaux italiens dans l’industrie, la recherche, la formation et le financement.
Le juge d’instruction près le Tribunal de première instance de Tunis 2 a émis dix mandats de dépôt dans l’affaire du viol présumé d’une adolescente à Mellassine. Les personnes concernées ont été réparties entre plusieurs établissements en fonction de leur situation.
Dix placements en détention
Selon les informations rapportées jeudi 8 octobre par la radio Mosaique fm, sept des suspects ont été transférés à la prison civile de Mornaguia. Deux mineurs ont, pour leur part, été placés dans un centre de rééducation pour mineurs délinquants.
La locataire de la maison où les faits présumés se seraient déroulés a également fait l’objet d’un mandat de dépôt et a été incarcérée à la prison de la Manouba.
Cette nouvelle étape judiciaire intervient après plusieurs vagues d’interpellations dans le cadre de l’enquête. Le nombre de personnes arrêtées avait atteint quatorze, tandis que le juge d’instruction avait déjà ordonné des mandats de dépôt à l’encontre de plusieurs personnes dans les premiers jours de l’affaire.
Le propriétaire de la maison remis en liberté
L’intermédiaire immobilier, communément appelé « samsar », qui avait facilité la location de la maison à deux des suspects, n’a pas été placé en détention. Il a été remis en liberté à l’issue de son audition.
Cette décision intervient alors que l’enquête cherche toujours à déterminer avec précision le rôle de chacune des personnes impliquées ou susceptibles d’avoir eu connaissance des faits.
Le propriétaire de la maison avait également été remis en liberté plus tôt dans la journée. Selon les éléments rapportés par les médias, il n’aurait pas eu connaissance de la situation des personnes ayant loué le logement.
Le volet judiciaire de l’affaire est appelé à se poursuivre dans les prochains jours. Les interrogatoires sont programmés du 12 au 21 octobre, après l’audition de la victime. Les investigations restent ainsi en cours afin d’établir les responsabilités individuelles et les circonstances exactes des faits.
Depuis le 3 octobre, la galerie Saladin accueille à Sidi Bou Saïd une exposition de Lamia Bouzouita intitulée « Venise et le pays des merveilles ». Cette exposition qui se poursuivra jusqu’au 25 octobre, offre au public une intéressante collection d’œuvres et plusieurs thèmes différents.
La série intitulée « Alice » se trouve au seuil de l’exposition et se décline en plusieurs œuvres inspirées par le personnage de Lewis Caroll. D’un seul tenant, les tableaux sont solidaires, ont été créés dans un seul élan et sont destinés à un unique collectionneur.
Un peu plus loin, le bal continue avec une deuxième série intitulée « Perdu dans le carnaval ». Ce sont cette fois des masques, des danses et des éclats de mémoire vénitienne qui sont à l’honneur. Avec aussi la touche onirique qui amplifie la peinture de Bouzouita.
Les fleurs, les etoiles et toujours les rêves sont au cœur des trois autres séries qui complètent la collection. Le regard peut alors chercher les flux et les fluides, la densité et la légèreté.
À sa manière, Lamia Bouzouita convoque le merveilleux, pétrit ses œuvres iconoclastes de vibrations plastiques et installe des atmosphères où la beauté ordinaire est irradiée par le surréel.
Contrepoint idéal, la géométrie qui jaillit des tableaux optiques de la série « Spazio » vient suggérer d’autres merveilleux qui se déploient jusqu’aux infinis des lignes et des ellipses. Entre tension poétique et rationalité euclidienne, le regard hésite et finit par choisir les deux faces du miroir que lui tend une Alice de toutes les tentations.
Artiste tuniso-italienne, Lamia Bouzouita, née en Tunisie, vit depuis vingt ans à Venise. Après l’Académie des Beaux-arts de Venise, elle a souvent exposé dans la cité des Doges. La galerie Saladin accueille sa première exposition en Tunisie.
La Tunisienne Khaoula Mejri a réalisé une performance remarquable dès la première journée des Championnats d’Afrique et arabes d’haltérophilie à Mostaganem, en Algérie, avec un total de 15 médailles, dont neuf en or.
Neuf médailles d’or dans les épreuves arabes
Engagée dans la catégorie des moins de 49 kg, Khaoula Mejri a remporté neuf médailles d’or dans le cadre des Championnats arabes. Ces titres couvrent les trois épreuves de la discipline — arraché, épaulé-jeté et total — ainsi que les catégories cadette, junior et senior.
Une moisson particulièrement fournie pour l’haltérophile tunisienne, qui a ainsi dominé les différentes classifications de sa catégorie dans la compétition arabe.
Six médailles d’argent africaines
À cette récolte s’ajoutent six médailles d’argent décrochées dans le cadre des Championnats d’Afrique : trois chez les cadettes et trois chez les juniors.
Le bilan de Khaoula Mejri atteint ainsi 15 médailles en une seule journée, avec neuf titres arabes et six médailles d’argent africaines. Une performance qui constitue d’ores et déjà l’un des faits marquants de la participation tunisienne à Mostaganem.
Dix-huit Tunisiens engagés
La délégation tunisienne compte 18 athlètes dans ces Championnats d’Afrique et arabes, qui réunissent au total quelque 340 participants représentant 29 pays.
Après la performance de Khaoula Mejri, la compétition se poursuit pour les autres représentants tunisiens, notamment Idriss Ouerthi dans la catégorie des moins de 60 kg et Yasmine Radhouani chez les moins de 53 kg.
Les Championnats de Mostaganem se poursuivront jusqu’au 13 octobre, avec l’ambition pour la Tunisie d’enrichir encore son bilan.
La recherche tunisienne s’illustre dans le classement international Top1000 Scholar 2026. Trois chercheurs tunisiens figurent parmi les 40 premiers au monde dans la catégorie consacrée aux études géologiques et géophysiques, selon le classement établi sur la période de référence 2021-2025. Le résultat est d’autant plus remarquable qu’un chercheur tunisien arrive en tête à l’échelle mondiale dans cette catégorie.
Le professeur Younes Hamed, de la Faculté des sciences de Gafsa, occupe en effet la première place en Tunisie et la première place mondiale. Le professeur Hakim Gabtni, du Centre de recherches et des technologies des eaux (CERTE), se classe deuxième en Tunisie et 38e au niveau mondial, tandis que le professeur Mohamed Soussi, de la Faculté des sciences de Tunis, arrive troisième en Tunisie et 39e mondial.
Trois chercheurs dans un classement mondial
Le résultat place ainsi trois chercheurs tunisiens dans le Top 40 d’une catégorie internationale qui recense 1000 chercheurs. Leur présence est notamment liée aux travaux en géologie et en géophysique et, plus particulièrement, aux recherches portant sur les ressources en eaux souterraines.
Cette dimension est loin d’être secondaire pour la Tunisie, confrontée à une pression croissante sur ses ressources hydriques. Elle donne également une résonance particulière à la présence d’un chercheur du CERTE parmi les premiers du classement.
Au-delà des positions individuelles, le résultat met donc en lumière des travaux menés dans plusieurs établissements tunisiens, de la Faculté des sciences de Gafsa au CERTE et à la Faculté des sciences de Tunis.
Un classement fondé sur l’influence scientifique
Le Top1000 Scholar 2026 est publié par Scholarly Index, une plateforme qui mesure l’influence de la recherche scientifique à partir de millions de profils de chercheurs. L’édition 2026 recense environ 2,31 millions de profils, répartis entre 20 grandes disciplines, 305 sous-domaines et 4 516 thématiques de recherche.
Le classement distingue notamment l’influence cumulée sur l’ensemble de la carrière de celle observée sur une période récente. Pour l’édition couvrant 2021-2025, l’objectif est ainsi d’identifier les chercheurs dont les travaux ont exercé une influence récente dans leur domaine.
Cette distinction est importante : le classement ne constitue pas une évaluation générale de la qualité de l’ensemble de la recherche tunisienne, mais mesure une influence scientifique selon la méthodologie propre à Scholarly Index.
Pour la Tunisie, le signal reste néanmoins notable : un chercheur classé premier mondial et deux autres présents dans le Top 40 dans une même catégorie scientifique offrent une visibilité internationale à des travaux qui touchent notamment à l’un des enjeux les plus stratégiques du pays, celui de la connaissance et de la gestion des ressources en eau souterraine.
Avec 1 612 entreprises à participation française actives en Tunisie et plus de 170 000 emplois directs à la clé, les relations économiques entre les deux pays sont beaucoup plus qu’un simple voisinage commercial. Elles se sont profondément ancrées dans le tissu industriel tunisien. Et aujourd’hui, leur prochain chapitre pourrait bien s’écrire ailleurs que sur les seules lignes de production.
C’est précisément ce changement de cap qu’a évoqué Manuel Bufala, conseiller principal à l’ambassade de France en Tunisie, à l’ouverture de la 4e édition de l’African ESG Summit. “On veut aller encore plus loin”, a-t-il déclaré, en parlant de la coopération industrielle entre les deux pays.
Manuel Bufala à l’ouverture de la 4e édition de l’African ESG Summit.
Le mouvement est déjà visible. Depuis septembre, plusieurs entreprises françaises sont venues en Tunisie pour installer non plus des ateliers de production comme cela pouvait être le cas il y a une vingtaine d’années, mais des centres de recherche et d’innovation. Elles viennent notamment chercher les compétences des ingénieurs tunisiens dans la R&D, tout en créant de nouveaux emplois.
Le changement est loin d’être anecdotique. Au premier semestre 2026, les investissements directs français ont atteint 440,75 millions de dinars en Tunisie, avec 241 projets ayant permis la création de 2 680 emplois. L’industrie reste leur principal terrain d’implantation, notamment dans l’électrique-électronique, la mécanique-métallurgie, la plasturgie et le textile-habillement.
Pour lui, cette présence industrielle peut désormais gagner en valeur ajoutée. La question de l’ESG vient justement s’inscrire dans cette évolution, alors que les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance prennent une place croissante dans les décisions des marchés et des régulateurs.
La coopération franco-tunisienne ne se joue donc plus uniquement autour de la production. Formation, innovation et compétences deviennent des pièces maîtresses d’un partenariat appelé à monter d’un cran. La France et la Tunisie travaillent déjà sur cette évolution. Depuis 2024, la Chambre de commerce et d’industrie tuniso-française s’intéresse notamment au modèle des entreprises à mission et à la manière de concilier objectifs économiques, sociaux et environnementaux.
Un autre rendez-vous devrait prolonger cette réflexion. Manuel Bufala a annoncé la tenue, les 8 et 9 décembre, à Tunis, sous réserve de confirmation, d’un forum organisé avec Expertise France autour d’une question très industrielle: comment augmenter la valeur ajoutée des partenariats entre entreprises françaises et tunisiennes? Formation et innovation devraient être au cœur des échanges.
Le cas de FigeacAero illustre déjà cette orientation. Depuis septembre, le groupe accélère la mise en place d’un centre de formation dans le pôle aéronautique de Mghira. Là encore, les compétences locales sont au centre du dispositif.
Pour le représentant de l’ambassade de France, l’objectif reste de construire des partenariats «gagnant-gagnant», mais avec une ambition plus large. Il ne s’agit plus seulement de produire en Tunisie pour exporter. Il s’agit aussi d’y développer des compétences, de concevoir, d’innover et de créer davantage de valeur.
“On a encore beaucoup de choses à construire”, confesse-t-il.
L’intelligence artificielle, la cybersécurité, le cloud, l’innovation industrielle, les startups, les investissements et la coopération technologiqueseront au cœur de la troisième édition de BigTech Africa, organisé par TPM Events sous le patronage du ministère des Technologies de la communication,qui se tiendrales 13 et 14 octobre2026à la Cité de la Culture de Tunis.
L’événement se veut une plateforme panafricaine dédiée à la transformation numérique, aux investissements et à la coopération technologique.
Selon TPM Events, l’édition 2026 table sur 4 000 participants qualifiés, 100 experts et intervenants, 40 investisseurs internationaux et des représentants de 20 pays, avec un programme comportant un millier de rencontres B2B.
Parmi les thèmes abordés figurent l’IA souveraine, la cybersécurité, le cloud africain, la GovTech, la FinTech, la GreenTech, l’Industrie 4.0 ainsi que la confrontation entre l’IA générative et la DeepTech industrielle.
L’ICE-Agenzia (Agence italienne pour le commerce extérieur) sera présente avec un «Punto Italia» (Espace Italie) dédié à la promotion de l’écosystème national de l’innovation ; y seront présentées des initiatives telles que Labinnova, Terna Innovation Zone et Innovatech, ainsi que les activités d’incubateurs et d’accélérateurs italiens. Cet espace prévoit également des temps forts consacrés à la formation, au réseautage et à la présentation de projets et de compétences issus du système italien.
Le 14 octobre, de 14h25 à 15h25, la scène principale («Main Stage ») accueillera une table ronde intitulée «L’Italie comme pont pour l’innovation Italie-Afrique : dialogue entre institutions, innovation en entreprise et écosystème des startups», modérée par Bernard Prevete, directeur du bureau de l’ICE à Tunis. Parmi les intervenants figurent notamment Paolo Anselmo (président de l’Italian Business Angels Network), Luigi Giorgi (Terna), Marco D’Angelo (InnovUp et beeco), Francesco Gavanna (Fintech District) et Viera Schioppetto (CIES). Le débat portera sur l’établissement de partenariats entre l’Italie et l’Afrique dans les domaines du mentorat, de l’investissement, de l’incubation et du transfert de compétences.
Cette présence italienne s’inscrit dans le cadre d’un événement visant à faire de Tunis un carrefour entre les écosystèmes technologiques africains, européens et internationaux, en favorisant la mise en relation d’institutions, d’entreprises, de startups, d’investisseurs et de centres d’innovation.
Pour l’Italie, BigTech Africa constitue ainsi une opportunité de renforcer la coopération économique et technologique avec la Tunisie et, plus largement, avec les marchés africains émergents dans le secteur de l’innovation numérique.
Des semaines décisives s’annoncent pour la filière halieutique tunisienne dans ses relations avec l’Union européenne (UE). Du 26 au 30 octobre 2026, la Tunisie participera à Rome à la 49e session de la Commission générale des pêches pour la Méditerranée (CGPM), chargée de définir de nouvelles mesures de gestion des stocks et decontrôles européensdesquotas de crevettes rouges. Parallèlement, une délégation de l’UE est attendue en Tunisie le 16 novembre prochain; en prévision de cette visite, les contrôles et les travaux ont été intensifiés dans les ports de pêche de Sousse et de Hergla.
Le premier dossier concerne la crevette rouge dans le canal de Sicile. La recommandation CGPM/48/2025/9 a prorogé pour 2026 la période transitoire du plan pluriannuel de gestion dans les sous-zones 12 à 16, réduisant de 3 % les limites de capture pour la crevette rouge géante (Aristaeomorpha foliacea) et la crevette violette (Aristeus antennatus).
Les captures tunisiennes en question
Pour la Tunisie, la limite fixée pour 2026 concernant la crevette rouge géante est de 36 000 kilogrammes. Selon une note d’information du ministère italien de l’Agriculture, le quota était déjà épuisé le 15 mai, alors que les certificats de capture tunisiens enregistrés sur la plateforme européenne Catch atteignaient par la suite un total d’au moins 50 960 kilogrammes, soit 41,5 % au-delà du plafond autorisé. Le ministère italien (Masaf) a donc appelé les opérateurs italiens à ne pas accepter de lots issus de captures dépassant la limite internationale.
Les échanges se poursuivront également sur le plan scientifique. Une réunion technique consacrée à la préparation des données sur la crevette rouge de profondeur en Méditerranée centre-orientale est prévue du 9 au 11 novembre au siège de la FAO à Rome ; elle sera suivie, du 11 au 14 novembre, d’une réunion sur les stocks de Méditerranée centrale.
Le volet sanitaire constitue un autre dossier important, distinct de celui des quotas mais crucial pour l’accès au marché européen.
Selon Diwan FM, citant Samir Mhiri (responsable de la production animale au Commissariat régional au développement agricole de Sousse), une délégation de l’UE est attendue en Tunisie le 16 novembre. En amont de cette visite, les inspections dans les ports de Sousse et de Hergla ont été intensifiées afin de vérifier les conditions d’hygiène et de salubrité, ainsi que l’état des marchés de gros et des équipements.
À Sousse, des travaux sont en phase d’achèvement concernant les sols, le système d’évacuation des eaux usées, les chambres froides et l’installation de production de glace alimentaire.
A Hergla, le marché a repris son activité, mais la procédure d’agrément vétérinaire reste à finaliser. Ces interventions s’inscrivent dans le cadre d’une mise aux normes plus large de la filière tunisienne, conformément aux exigences sanitaires applicables aux produits destinés à l’exportation.
L’Italie, principal débouche des produits de pêche tunisiens
Les enjeux économiques sont considérables. Au cours des sept premiers mois de 2026, la Tunisie a exporté 18 400 tonnes de produits de la pêche pour une valeur de 422,3 millions de dinars (127 millions d’euros). L’Italie demeure le principal débouché, absorbant 34 % des exportations, suivie de l’Espagne avec 12 % ; ensemble, ces deux pays représentent 46 % des exportations tunisiennes de produits de la pêche.
Ces deux dossiers restent toutefois distincts : le différend concernant la crevette rouge porte sur les quotas de pêche, la durabilité des stocks et la traçabilité via le système Catch, tandis que la visite en Tunisie du 16 novembre concerne, selon les informations disponibles à ce jour, la conformité sanitaire et vétérinaire de la filière. Tous deux ont néanmoins une incidence sur la capacité de la Tunisie à maintenir un accès régulier de ses produits de la pêche au marché européen.
Renforcer le rôle des femmes dans la pêche méditerranéenne et valoriser leur contribution à la gestion durable des ressources marines ainsi qu’au développement des communautés côtières.Tel est l’objectif de «Women Together in Fisheries 2026», une initiative organisée en Tunisie du 5 au 7 octobre2026par le WWF Afrique du Nord en collaboration avec la Mediterranean Marine Initiative du WWF.
La rencontre a réuni à Tunis plus de 90 femmes actives dans le secteur de la pêche, venues de plus de dix pays méditerranéens, ainsi que des représentants et experts de la filière, pour échanger sur la pêche durable, l’autonomie économique, le changement climatique et la participation des femmes aux processus de décision.
Les travaux ont porté également sur les savoirs traditionnels liés à la pêche, le rôle des femmes dans la transformation et la commercialisation des produits de la pêche, les coopératives féminines et la gestion des ressources marines. Une partie du programme a par ailleurs été consacrée à l’économie bleue et aux possibilités de diversification des sources de revenus au sein des communautés côtières.
Une visite à Ghar El Melh, dans le gouvernorat de Bizerte, le 6 octobre, a permis aux participantes de rencontrer des femmes impliquées dans les activités post-pêche et dans des coopératives locales. L’objectif était de confronter les expériences de terrain et d’identifier des solutions concrètes susceptibles d’être reproduites dans d’autres régions de la Méditerranée. La dernière journée, hier, a été consacrée à la la lutte contre la pollution plastique, à l’économie circulaire et à la possibilité de transformer les déchets en nouvelles activités économiques et sources de revenus.
Les femmes, on le sait, jouent un rôle essentiel tout au long de la chaîne de valeur de la pêche méditerranéenne, mais continuent de se heurter à des obstacles en matière d’accès aux financements, aux services et aux processus de décision. La rencontre de Tunis vise donc à renforcer un réseau méditerranéen de femmes du secteur, en faisant des expériences locales un levier pour des propositions opérationnelles visant ç rendre la pêche plus durable, inclusive et résiliente face au changement climatique.
Ahmed Néjib Chebbi a suspendu mercredi 7 octobre2026sa grève de la faim.Selon son fils Louay, l’administration pénitentiaire, qui dit prendre ses revendications au sérieux, s’est engagée à garantir aux détenus l’accès à une source d’information fiable. Après concertation avec sa famille,l’activiste politique a décidé d’une suspension temporaire, «en signe de bonne foi», en attendant de vérifier que ces engagements soient tenus.Face à la gravité de la situation, plus de cent cinquante personnalités de France, d’Europe, du Maghreb, du monde arabe, d’Afrique subsaharienne et du Canada ont signéla pétitionreproduite ci-dessousréclamant sa libération, celle de tous les détenu.e.s politiques et d’opinion, et le rétablissement des droits et libertés politiques en Tunisie.
À 82 ans, Ahmed Néjib Chebbi entame un de ses ultimes combats, mettant une fois encore sa vie en péril.
Voilà bientôt soixante ans que cet homme symbolise la résistance contre l’oppression.
Du temps de Bourguiba, il faisait partie des étudiants révoltés de mars 1968 emprisonnés pour «complot contre la sûreté de l’État». Le complot, hier comme aujourd’hui, c’est la traduction de la revendication démocratique en langage despotique.
Du temps de Ben Ali, il sera l’une des principales figures de la grande grève de la faim du 18 octobre 2005 pour les libertés, aux côtés de l’avocat Ayachi Hammami, son compagnon d’infortune aujourd’hui, et d’autres militants, de diverses sensibilités politiques.
Cible de la vindicte du régime issu du coup de force du 25 juillet 2021, le voilà de nouveau en prison, comme tant d’autres, pour les mêmes raisons : le rêve et le combat pacifique pour les libertés. Et le voilà de nouveau en grève de la faim pour la liberté.
Le nom d’Ahmed Néjib Chebbi, doyen des démocrates de ce pays, est devenu l’emblème de la longue résistance contre tous les autoritarismes depuis l’indépendance. Le recours à la grève de la faim pour dénoncer les conditions de détention est un épisode de plus de cette résistance.
Dans la Tunisie d’aujourd’hui, tout se passe comme si la persécution permanente des opposant.e.s, en liberté provisoire ou entre quatre murs, est devenue le mode d’existence d’un règne de plus en plus ubuesque. Le recours récurrent à la grève de la faim, de la part des détenu.e.s politiques mettant les uns après les autres leurs vies en péril, apparaît comme l’ultime force des démunis.
Face à un régime qui travaille à effacer l’idée même de politique, cette arme ultime est l’affirmation de la pérennité de la lutte pour l’État de droit, la démocratie et les libertés.
Nous, signataires, appelons à la libération de Ahmed Néjib Chebbi et des détenu.e.s politiques et d’opinion, ainsi qu’au rétablissement des droits et libertés politiques en Tunisie.
Nejib Chebbi et les grévistes de la faim du Mouvement du 18 octobre 2005.
Houria Bouteldja, essayiste, militante politique franco-algérienne
Dylan Boutiflat, secrétaire national aux relations internationales du Parti socialiste
Ali Brahimi, juriste, ancien parlementaire
Rony Brauman, ancien président de Médecins sans frontières
Robert Bret, ancien sénateur communiste
Françoise Brié, présidente de la CLEF
Miloud Chaouch, militant associatif
Mohamed Chaouih, président de AMF
Patrick Chemla, psychiatre et psychanalyste
Khadija Chérif, militante féministe et des droits humains
Alya Chérif Chammari, avocate, militante des droits humains
Karim Cherkaoui, Maroc
Larbi Chouikha, universitaire
Patrice Coulon, militant des droits humains
Annick Coupé, syndicaliste, altermondialiste
Thomas Coutrot, économiste
Ahmed Dahmani, économiste, militant des droits humains, Algérie
Sara Daniel, journaliste
Lucile Daumas, retraitée
Michel Debon de Beauregard, syndicaliste, ancien vice-président de Solidarité laïque
Alexis Deswaef, président de la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH)
Monique Dental, présidente fondatrice du réseau féministe « Ruptures ».
Catherine Wihtol de Wenden, directrice de recherche CNRS
Nacer Djabi, sociologue
Nadir Djermoune, architecte urbaniste
Moulay Ahmed Douraïdi, du Collectif marocain pour la démocratie des élections
Bernard Dreano, militant de la solidarité internationale
Françoise Duthu, militante écologiste
Dominique Eddé, écrivaine
Kacem El Basti, carrefour des initiatives, Maroc
Abderrazzak El Hannouchi, Coordinateur du Médiateur pour la démocratie et les droits de l’Homme, Maroc
Baheyeddine El Hassen, écrivain et défenseur des droits humains, Egypte
Nacer El Idrissi, président de l’Association des travailleurs maghrébins en France (ATMF)
Ihsane El Kadi, journaliste
Jean-Baptiste Eyraud, porte-parole de Droit au logement (DAL)
Mireille Fanon-Mendes France, présidente de la Fondation Frantz-Fanon
Jean-Marie Fardeau, militant associatif
Patrick Farbiaz, militant politique
Raouf Farrah, politologue, Algérie
Wahid Ferchichi, professeur en droit public, doyen de la Faculté des sciences juridiques, politiques et sociales de Tunis
Mohamed Cherif Ferjani, professeur honoraire de science politique, Université Lyon-2
Guillemette Fessy, militante écologiste
Souad Frikech, députée au Parlement marocain
Pierre Galand, sénateur honoraire, président de l’OMCT-Europe
René Galissot, historien, ancien enseignant à l’université d’Alger, ancien directeur de l’Institut Maghreb-Europe de l’université Paris-VIII, professeur émérite
Vincent Geisser, président du CIEMI
Jérôme Gleizes, universitaire
Alain Gresh, journaliste, Fondateur des journaux en ligne Orient XXI et Afrique XXI
Pierre Henry, président de France Fraternités.
Jean-Claude Heyraud, militant écologiste.
Ahmet Insel, universitaire, militant turc en exil
Kamel Jendoubi, ancien président Euromed-Droits
Abdelkebir Jmaiai, militant associatif, défenseur des droits humains, Maroc
Aïssa Kadri, universitaire
Irina Karamarkovic, artiste, militante féministe et antiraciste, Graz (Autriche)
Meryem Kendsi, artiste peintre
Pierre Khalfa, économiste
Abdellatif Laâbi, écrivain
Youssef Laaraj,président du Réseau amazigh pour la citoyenneté Azetta, Maroc
Kamal Lahbib, président de l’Observatoire marocain des libertés publiques
Annie Lahmer, conseillère régionale d’Ile de France
Olivier Le Cour Grandmaison, universitaire
Mohamed Leghtas, animateur de radios associatives, Maroc
Gilles Lemaire, militant écologiste
Renée Le Mignot, présidente honoraire du MRAP
Michael Lowy, sociologue
Jean-Claude Mailly, ancien secrétaire général de Force ouvrière (FO)
Ziad Majed, professeur universitaire
Sofiane Makhloufi, président du CRLDHT
Gilles Manceron, historien
Marc Mangenot, sociologue, économiste
Fadoua Maroub, SG de l’ARMCDH, Maroc
Gustave Massiah, militant altermondialiste, membre fondateur du Forum social mondial
Roland Mérieux, secrétaire national de l’Après
Fabienne Messica, Ligue des droits de l’Homme (LDH)
Umit Metin, militant des droits humains
Ali Mezghani, professeur agrégé en droit privé à la faculté des sciences juridiques de Tunis et à la Sorbonne
Amharref Mhamed, Association Aïn Bechar-Taza, Maroc.
Khadija Mohsen Finan, universitaire
Patrick Mony, défenseur des droits des migrants, GISTI
Dominique Noguères, avocate, membre de la LDH
Mohamed Nouhi, IMDH, Maroc
Mbark Outcharraft, président Forum Iffous pour la démocratie et les droits de l’Homme, Maroc
Aïssa Rahmoune, SG de la FIDH
Najat Razi, AMDF, Maroc
Hamadi Redissi, professeur en sciences politiques
Hassan Remaoun, historien
Soumicha Riyaha, Association marocaine pour les droits des femmes (AMDF)
Fabrice Riceputi, historien
Joël Roman, philosophe
Pierre Rousset, militant associatif
Khadija Ryadi, coordinatrice de la CMODH, lauréate du prix de l’ONU en matière des droits de l’Homme
Lana Sadeq, Forum Palestine Citoyenneté
Bakary Sambe, universités Gaston Berger à Saint louis au Sénégal
François Sauterey, coprésident du MRAP
Jamila Sayouri, Adala pour le droit à un procès équitable, Maroc
Pinar Selek, sociologue, Turquie
Haoues Seniguer, professeur des universités, Université Paul-Valéry (Montpellier)
Ghislaine Seze, présidente de DSFAS
Catherine Simon, journaliste
Danielle Simonnet, députée
Dominique Sopo, président de SOS Racisme
Hamouda Soubhi, président du Forum marocain des alternatifs Sud
Latifa Soufiani, Espace Associatif Maroc
Benjamin Stora, historien
Simone Susskind, ancienne députée bruxelloise et sénatrice fédérale
L’été 2026 restera sans doute comme un moment particulièrement difficile pour le système énergétique tunisien. Les coupures et les délestages qui ont affecté les citoyens, les entreprises et les services publics ont rappelé, avec brutalité, le déficit énergétique croissant dont souffre le pays depuis une vingtaine d’années.Nul ne souhaite revivre ce qui s’est passé, tant la sécurité énergétique constitue aujourd’hui une question de souveraineté nationale et l’un des fondements de la stabilité économique et sociale.Mais derrière cette épreuve, une autre réalité mérite d’être saluée avec force : la mobilisation spontanée et désintéressée de 22 ingénieurs et experts de l’Ordre des Ingénieurs Tunisiens(OIT), qui ont choisi de mettre leur expérience, leurs compétences et leur disponibilité au service du pays.
Taoufik Halila& Mohamed Ferid Herelli *
Réunis bénévolement durant leurs périodes de vacances et de repos, ces professionnels ont consacré leur temps et leur énergie à analyser la situation, à croiser les données disponibles et à élaborer une feuille de route énergétique 2026-2035, destinée à contribuer à la prévention d’une nouvelle crise et à donner aux décideurs des outils d’orientation et d’anticipation. Cette démarche mérite un hommage particulier.
Dans une période où les urgences quotidiennes auraient pu justifier l’attentisme ou le repli sur soi, ces 22 experts ont fait le choix de la responsabilité collective. Leur contribution ne se limite pas à un document technique. Elle traduit une conviction essentielle : l’expertise tunisienne, lorsqu’elle se rassemble autour de l’intérêt général, peut apporter des réponses concrètes aux grands défis du pays.
Il convient donc de remercier chaleureusement et de rendre hommage à chacun des membres de cette équipe pour cet effort bénévole, mais également pour l’esprit qui l’a animé : celui du service, de la compétence et de la responsabilité.
Été 2026 : un signal d’alarme qu’il faut transformer en décision
L’analyse réalisée montre que les difficultés rencontrées en 2026 ne peuvent être considérées comme un simple accident conjoncturel.
La Tunisie fait face depuis plusieurs années à une marge de sécurité énergétique insuffisante. La forte dépendance de la production électrique au gaz naturel, les contraintes d’approvisionnement, les retards de certains investissements structurants, les limites du réseau électrique et l’évolution continue de la demande constituent autant de facteurs qui rendent le système vulnérable lors des périodes de pointe.
Le problème n’est donc pas uniquement de produire davantage d’électricité. Il faut également être capable de prévoir, transporter, distribuer, financer, entretenir et piloter cette énergie avec suffisamment d’anticipation.
La crise de 2026 doit ainsi être considérée non comme une fatalité, mais comme un avertissement. Elle nous oblige à passer d’une logique de réaction à une véritable culture de l’anticipation, de la prédiction et de la prévention. Cette culture doit concerner aussi l’ensemble des responsables et des administrateurs des différents secteurs économiques et sociaux du pays, afin que chacun puisse mieux anticiper les risques, prévenir les crises et contribuer à la résilience nationale.
C’est précisément dans cette perspective que la contribution des 22 experts prend toute sa valeur.
Mohsen Gharsi, président de l’OIT.
Des recommandations qui doivent désormais devenir des décisions
La feuille de route proposée ne doit pas rester un document supplémentaire sur les étagères de l’administration. Sa véritable utilité résidera dans sa capacité à se traduire rapidement en décisions, en responsabilités clairement identifiées et en actions mesurables.
1. Anticiper les situations de tension et communiquer avant les coupures : la gestion de la demande doit devenir un élément essentiel de la politique énergétique.
Lorsqu’une situation de tension se profile, il est indispensable d’informer les consommateurs suffisamment tôt. Une communication claire, directe et proactive permettrait notamment de mobiliser les grands consommateurs industriels, sanitaires et commerciaux, afin de les sensibiliser aux mesures à prendre et de favoriser une réduction maîtrisée de leur consommation.
Des SMS d’alerte ciblés pourraient être adressés aux grands consommateurs lorsque le système s’approche a une situation critique, en leur demandant temporairement de réduire leur consommation selon des modalités préalablement définies.
Cette réduction volontaire ou contractuelle de la demande devrait intervenir avant d’en arriver aux coupures.
Il ne s’agit pas de pénaliser les consommateurs, mais de créer une véritable solidarité énergétique et de donner à chacun la possibilité de contribuer à la stabilité du réseau.
La communication doit ainsi devenir un véritable outil de gestion du système, et non intervenir uniquement lorsque la crise est déjà installée.
2.Mobiliser et encourager davantage le secteur privé dans les investissements énergétiques : la sécurité énergétique de la Tunisie nécessitera des investissements importants que les ressources publiques ne pourront pas toujours financer à elles seules
Le secteur privé doit donc être davantage associé aux nouveaux projets de production, de stockage, d’énergies renouvelables et, plus largement, aux infrastructures énergétiques nécessaires au pays.
Cette ouverture doit toutefois s’effectuer dans un cadre rigoureux : conventions transparentes, responsabilités clairement définies, rentabilité raisonnable, mécanismes de contrôle et protection de l’intérêt national.
L’objectif n’est pas de transférer la responsabilité du secteur public au secteur privé, mais de créer une complémentarité efficace et rationnelle entre les deux.
La Tunisie dispose d’investisseurs, d’entreprises et de compétences capables de participer à cet effort. Encore faut-il leur offrir un cadre stable, lisible et suffisamment attractif pour permettre aux projets de se concrétiser dans les délais prévus.
3. Fixer des délais impératifs et rendre chacun responsable de leur respect : l’expérience des dernières années montre que le retard d’un projet énergétique peut avoir des conséquences considérables sur l’équilibre général du système.
Chaque projet stratégique devrait donc être accompagné d’un calendrier précis, réaliste et opposable, depuis les études jusqu’à la mise en service.
Tout retard doit être immédiatement identifié, expliqué ; présenté et communiqué aux parties concernées. Lorsqu’un calendrier ne peut plus être respecté, un plan B doit être activé sans attendre que le problème devient critique.
La règle est simple : un projet stratégique ne doit jamais être considéré comme acquis tant qu’il n’est pas effectivement réalisé et opérationnel.
Cette culture du délai, du suivi et de la responsabilité constitue l’une des conditions essentielles de la crédibilité de toute feuille de route énergétique.
4.Réhabiliter les démarches de management par la qualité :un autre enseignement important doit être tiré de cette crise : la nécessité de revenir aux principes fondamentaux des Systèmes de Management de la Qualité (SMQ).
Ces démarches ont malheureusement perdu de leur visibilité au fil des années, alors qu’elles constituent des outils précieux pour maîtriser les processus, documenter les décisions, identifier les risques, corriger les dysfonctionnements et assurer la traçabilité des responsabilités.
Dans un secteur aussi stratégique que l’énergie, les procédures ne doivent pas être perçues comme une contrainte administrative.
Elles constituent au contraire une barrière de sécurité.
Il est donc nécessaire de réhabiliter les procédures, les audits, les indicateurs de performance, les actions correctives et le retour d’expérience.
Une organisation qui apprend de ses erreurs est une organisation qui renforce progressivement sa résilience.
Investir dans les capacités, mais aussi dans les compétences
La question énergétique ne peut pas être réduite aux mégawatts installés. Derrière chaque centrale, chaque ligne électrique, chaque poste de transformation et chaque infrastructure gazière se trouvent des femmes et des hommes capables de concevoir, d’exploiter, de maintenir et de sécuriser ces équipements.
Le renouvellement des compétences doit donc être considéré comme un investissement stratégique au même titre que les infrastructures.
La Tunisie doit anticiper les départs à la retraite, renforcer la formation spécialisée, attirer de nouveaux talents et organiser le transfert de connaissances entre les générations. La compétence humaine est une capacité de production à part entière.
Une trajectoire énergétique qui doit conjuguer réalisme et ambition
La Tunisie doit poursuivre le développement des énergies renouvelables et diversifier son bouquet énergétique. Mais cette ambition doit toujours être accompagnée d’une analyse rigoureuse de la capacité du réseau à absorber les nouvelles productions.
Le développement des énergies renouvelables (ENR), des capacités de stockage, des interconnexions et des nouvelles capacités de production doit être planifié et mis en œuvre comme un ensemble cohérent et intégré.
Il ne suffit pas d’annoncer des capacités supplémentaires : il faut s’assurer qu’elles pourront être raccordées, transportées, équilibrées et exploitées dans les meilleures conditions garantissant la stabilité du système dans sa globalité.
Parallèlement, les projets structurants de long terme doivent être préparés dès maintenant afin de ne pas reproduire les retards qui ont contribué à fragiliser le système.
La diversification des sources d’énergie doit également être considérée comme un objectif de souveraineté, afin de réduire progressivement les vulnérabilités liées à une trop forte dépendance à une seule source ou à un seul fournisseur.
2027 : transformer l’inquiétude en confiance
L’objectif le plus immédiat doit désormais être clairement identifié : préparer l’été 2027 dès maintenant.
Il ne faut pas attendre le retour des fortes chaleurs pour commencer à agir.
Les capacités disponibles, les besoins prévisionnels, les travaux de maintenance, les projets susceptibles d’être opérationnels, les capacités d’importation, l’état du réseau et les moyens de gestion de la demande doivent faire l’objet d’un suivi régulier et transparent.
Un tableau de bord national pourrait permettre de mesurer l’avancement réel des actions prioritaires et d’identifier suffisamment tôt les éventuels écarts.
Chaque difficulté doit avoir son scénario alternatif. Chaque projet critique doit avoir un calendrier. Chaque calendrier doit avoir un responsable. Et chaque risque identifié doit faire l’objet d’une mesure préventive.
C’est à ce prix que la Tunisie pourra retrouver progressivement une marge de sécurité suffisante.
Un hommage qui doit devenir un engagement collectif
Le travail réalisé bénévolement par les 22 ingénieurs experts de l’OIT constitue finalement bien plus qu’une contribution technique. Il porte un message clair :
Ce message est celui d’une Tunisie qui possède encore les compétences, l’expérience et les femmes et les hommes capables de relever ses grands défis, à condition de savoir les écouter, les mobiliser et transformer leur expertise en décisions.
Ces 22 experts ont consacré leurs vacances et leur temps de repos à une cause qui dépasse leurs intérêts personnels : contribuer à éviter que les difficultés de l’été 2026 ne se reproduisent.
À leur travail doit maintenant répondre une mobilisation institutionnelle à la hauteur de l’enjeu.
Pour que l’été 2027 soit celui de la maîtrise et non celui de la crainte
L’été 2026 doit rester dans notre mémoire non pas comme le symbole d’un échec définitif, mais commele moment où la Tunisie a pris pleinement conscience de la nécessité de changer de méthode.
Nous disposons aujourd’hui des enseignements tirés de la crise, des analyses des experts et d’une feuille de route permettant de mieux identifier les priorités. Il faut désormais passer de l’analyse à l’action, tout en tirant pleinement parti des nouvelles technologies numériques et de l’intelligence artificielle.
.Si les décisions sont prises suffisamment tôt, si les investissements sont accélérés, si les projets sont suivis avec rigueur, si le secteur privé est mobilisé dans un cadre transparent, si les consommateurs sont associés à la gestion de la demande et si les procédures de qualité retrouvent toute leur place, l’été 2027 peut être radicalement différent de celui de 2026.
Il ne s’agit pas de promettre qu’aucune difficulté ne surviendra.
Il s’agit de faire en sorte que, lorsque la difficulté se présente, nous soyons prêts à y répondre avant qu’elle ne devienne une crise.
Et c’est aussi le meilleur hommage que nous puissions leur rendre : faire de leur travail bénévole le point de départ d’une nouvelle culture énergétique fondée sur l’anticipation, la responsabilité, la transparence et l’action.
C’est également l’occasion de prendre acte du fait que cette initiative, portée sous l’égide de l’Ordre des ingénieurs tunisiens, pourrait constituer un modèle et une source d’inspiration pour accompagner et soutenir d’autres secteurs et activités économiques du pays.
*Conseillers du Doyen de l’Ordre des Ingénieurs Tunisiens(OIT).
Avoir des ressources naturelles ne suffit pas à produire davantage de richesse. En Afrique, seuls quatre pays dépassent la barre des 50 points dans le nouvel Indice des capacités productives d’ONU Commerce et Développement. Maurice arrive en tête du continent, devant les Seychelles, l’Afrique du Sud et le Cap-Vert. La Tunisie se classe cinquième en Afrique et 99e au niveau mondial.
Publié le 14 septembre 2026, le Productive Capacities Index (PCI), 3e génération, évalue 195 économies sur la période 2000-2024. L’indice ne se limite pas à mesurer ce que les économies produisent déjà: il cherche à déterminer dans quelle mesure elles disposent des ressources, des compétences, des infrastructures et des connexions nécessaires pour produire davantage et monter en gamme.
Pour établir son classement, ONU Commerce et Développement s’appuie sur 43 indicateurs répartis entre huit dimensions: capital humain, capital naturel, énergie, transport, technologies de l’information et de la communication, institutions, développement du secteur privé et transformation structurelle. Les données sont normalisées sur une échelle de 0 à 100, puis agrégées pour obtenir un score global.
Maurice en tête, la Tunisie dans le top 5 africain
Avec 55 points, Maurice occupe la première place africaine et le 56e rang mondial. Ses performances sont particulièrement élevées dans les institutions, les TIC et l’énergie. Le pays illustre ainsi un point central de l’indice: une économie peut renforcer ses capacités productives sans disposer d’un important stock de ressources naturelles, à condition de développer ses infrastructures, ses institutions, ses compétences et son environnement économique.
Les Seychelles arrivent en deuxième position africaine, devant l’Afrique du Sud et le Cap-Vert. Ces quatre économies sont les seules du continent à franchir le seuil de 50 points dans cette édition. La Tunisie, pour sa part, occupe la 5e position africaine et le 99e rang mondial, devant le Maroc, le Botswana, la Namibie, l’Algérie et l’Égypte. Le pays figure ainsi parmi les économies africaines disposant des capacités productives les plus développées, selon cet indicateur.
Le top 10 africain est complété par le Maroc (101e mondial), le Botswana (116e), la Namibie (122e), l’Algérie (125e) et l’Égypte (129e). À l’échelle mondiale, le Danemark arrive en première position avec 70,9 points, devant les États-Unis, l’Australie, les Pays-Bas et le Royaume-Uni. L’intérêt du PCI pour les entreprises et les investisseurs est justement de déplacer le regard du seul niveau de richesse vers les fondamentaux qui permettent à une économie de créer davantage de valeur. Institutions, capital humain, énergie, infrastructures de transport, technologies, secteur privé et transformation de l’économie constituent ensemble les conditions nécessaires à la diversification et à la montée en gamme.
La nouvelle édition introduit notamment un indicateur consacré au transport maritime, rendu possible par de nouvelles données disponibles au niveau des pays. ONU Commerce et Développement a également revu son traitement des données manquantes et répété les calculs avec différents points de départ afin de rendre les résultats plus robustes. L’organisation souligne toutefois une limite à garder en tête: 22,9% des observations utilisées dans le PCI sont manquantes, avec des lacunes particulièrement importantes dans les pays les moins avancés. Le classement doit donc être lu comme un outil de comparaison et de diagnostic plutôt que comme une mesure absolue de la performance économique.
Pour les économies africaines, le message est donc moins une question de ressources disponibles que de capacité à les transformer en valeur. Le retard mesuré par le PCI renvoie notamment aux infrastructures, aux compétences, à l’énergie, aux institutions et à la capacité du secteur privé à s’inscrire dans une transformation structurelle durable.
Partie le 27 septembre2026de Menzel Bouzaiane, dans le gouvernorat de Sidi Bouzid, en direction du palais présidentiel de Carthage, la marche des diplômés chômeurs réclament l’application de la loi n° 18 du 22 décembre2025 relative au recrutement exceptionnel dans fonctionetles entreprises publiques,des diplômés de l’enseignement supérieur restés longtemps sans emploi, s’est terminée en queue de poisson sans que les marcheurs n’aient pu obtenir satisfaction.
Latif Belhedi
La mobilisation, qui comptait initialement 23 personnes, a progressivement rallié de nouveaux participants en cours de route. Selon le comité de coordination, le nombre de participants a dépassé les 120 personnes, incluant des chômeurs venus d’autres gouvernorats ainsi que des membres de leurs familles ayant choisi de les accompagner.
«Nous voulons l’application de la loi, pas une rencontre avec le président», a déclaré à la presse Nesma Mahfoudhi, l’une des coordinatrices de la marche, résumant ainsi la position des participants.
Un emploi offert sur un plateau d’argent
La revendication porte sur l’ouverture de la plateforme numérique prévue par la réglementation, la définition d’un calendrier de recrutement et le lancement de la première tranche avant la fin de 2026, le recrutement devant se faire sur une période maximale de trois ans et selon des critères prenant notamment en compte l’âge — avec une priorité accordée aux personnes de plus de 40 ans —, l’année d’obtention du diplôme, la situation sociale et le principe d’un seul bénéficiaire par famille.
A leur arrivée aux portes de Tunis, après une marche de quelque 300 kilomètres à pieds, marquée par une grande fatigue et des problèmes de santé – plusieurs participants ayant dû recevoir des soins lors des différentes étapes -, les marcheurs ont été empêchés d’avancer davantage et sommés de rentrer au bled les mains vides. L’une des marcheuses, qui s’est montrée intraitable dans la défense de ce qu’elle considère comme un droit, a été arrêtée.
«Votre appel a été entendu par le président de la république», leur a-t-on dit, et des mesures seront prises bientôt pour accélérer l’application de la loi n° 18/2025, qui engage le gouvernement à recruter les diplômés chômeurs par tranches. Mais comme ils se sont lassés des promesses non tenues et qu’ils traînent leur détresse depuis plusieurs années, certains depuis 15 ans et plus, les diplômés chômeurs de Menzel Bouzaiane, l’un des berceaux de la révolution de 2011, rechignent à donner foi à la nouvelle promesse. Et le malaise reste entier. Le malentendu aussi. Car toute cette affaire est né d’un malentendu qu’il va être difficile de lever.
En effet, les membres de l’Union des diplômés chômeurs (UDC), qui sont derrière la «Marche de la dignité», pensent, sans doute à tort, qu’un diplôme ouvre automatiquement la voie à un recrutement dans la fonction publique qui, de ce point de vue, devient un droit inaliénable. Or, on le sait, cela est totalement faux. Un diplôme, quel qu’il soit, est à peine une ligne dans un CV, un indicateur de mérite parmi d’autres. Un emploi ne s’offre pas, il se mérite, par la motivation, le talent, l’expérience et la confiance que l’on inspire à l’employeur.
Un diplômé ne doit donc pas dormir sur ses lauriers et attendre un hypothétique emploi dans la fonction publique qui risque de ne jamais venir : son diplôme ne vaut rien s’il n’est pas complété par des formations, des acquis, des savoir-faire… C’est ce que les responsables auraient dû expliquer à ces jeunes diplômé(e)s dont certain(e)s sont presque quinquagénaires. Et non succomber à un populisme de mauvais aloi, dicté par des calculs électoralistes, en leur faisant miroiter la perspective d’un emploi offert sur un plateau d’argent.
Une loi populiste qui n’aurait pas dû être promulguée
Disons les choses clairement et sans détour : la fameuseloi n° 18/2025, qui a été défendue par tous les partis politiques et les organisations de la société civile, y compris l’UGTT, la centrale ouvrière, et portée par le président Kaïs Saïed, n’aurait jamais dû être promulguée parce qu’elle est inapplicable dans un pays faisant face à une grave crise financière et dont le déficit budgétaire continue de se creuser sur fond d’endettement, intérieur et extérieur, d’inflation structurelle et de croissance économique atone peinant à atteindre 1,5 ou 2 %.
Cette loi est d’autant plus inapplicable, également, que la fonction publique en Tunisie emploie plus de 700 000 salariés – là où des pays d’une même grandeur démographique se contenteraient de 200 000 ou 300 000. Près du tiers de ces salariés sont payés d’ailleurs pour ne rien faire, des employés fantômes percevant des salaires fictifs et protestant régulièrement pour exiger des augmentations salariales. Beaucoup d’entre eux ont du reste un second emploi, réel celui-là, dans la contrebande et le marché parallèle qui nuit à l’économie nationale et grève les recettes de l’État par l’évasion fiscale.
Au lieu de faire de vagues promesses et de prendre des engagements solennels qu’il n’est pas en mesure de respecter, l’État aurait dû jouer, plus efficacement et avec plus de détermination, le rôle qui est censé être le sien dans la gestion des affaires publiques : mettre en place les conditions requises pour impulser l’investissement, la croissance, la création de richesses et d’emplois, seul moyen pour réduire le déficit budgétaire, l’endettement et le chômage structurel qui touche, bon an mal an, autour de 15% de la population active.
A notre connaissance, l’humanité n’a pas inventé d’autres moyens pour sortir du sous-développement, de la pauvreté et de la dépendance de l’aide étrangère qui sont aujourd’hui le lot des Tunisiens soixante-dix ans après leur indépendance. Et c’est dommage…
Environ45 % des Tunisiens ne sont pas propriétaires de leur logement et l’acquisition d’un logement est devenue un « rêve impossible» poureux, en raison dela forte hausse des prix de l’immobilier ces dernières années, le prix du logement le moins cherdans le paysoscillant actuellement entre 350 000 et 400 000 dinars.
C’est ce qu’a déclaré le trésorier de la Chambre des promoteurs immobiliers, Hachemi Meliani, lors de son intervention mercredi 7 octobre 2026 dans l’émission ‘‘Houna Tounes’’ sur Diwan FM, estimant que le ralentissement du rythme des ventes immobilières contribue à la hausse des loyers, une situation qu’il a qualifiée de « socialement néfaste ».
La formule de location-accession est une bonne idée et une solution au problème du logement, mais elle doit être revue et ses mécanismes de mise en œuvre améliorés afin de la rendre plus attractive et en faciliter l’adoption et la mise en œuvre par les candidats à l’achat d’un logement, a expliqué le professionnel de l’immobilier, ajoutant que l’annonce par des entreprises publiques de la construction de 1 200 logements ne saurait résoudre la crise du logement dans le pays, car la demande du marché est autrement plus importante et les promoteurs privés sont prêts à construire des logements selon les mêmes conditions que celles appliquées par les organismes publics.
Selon lui, ses collègues sont capables de fournir entre 25 000 et 30 000 logements par an, à condition que les conditions et le cadre appropriés soient réunis.
Il a également appelé à revoir certains aspects législatifs régissant le secteur, expliquant que le promoteur immobilier ne peut actuellement percevoir les loyers directement auprès des citoyens ; il a ainsi proposé l’adoption d’un autre mécanisme, tel que le recours aux banques, afin de permettre aux promoteurs de recouvrer leurs créances et de financer de nouveaux projets de logements.
Par ailleurs, M. Meliani a révélé qu’entre 5 000 et 6 000 biens immobiliers restent invendus en Tunisie, signalant la présence de quelque 3 372 promoteurs immobiliers dans le pays, dont seuls 700 sont réellement actifs. Les autres, on l’imagine, survivent en tirant le diable par la queue.
Le Conseil d’Administration de la Banque centrale de Tunisie a décidé, lors de sa réunion du 7 octobre 2026, de maintenir le taux directeur de la Banque Centrale de Tunisie inchangé à 7,00%.
Le Conseil d’Administration de la Banque Centrale de Tunisie (BCT) s’est réuni le 7 octobre 2026 pour examiner les évolutions économiques, monétaires et financières récentes, tant à l’échelle internationale que nationale, ainsi que la dynamique de l’inflation et les risques entourant ses perspectives.
À l’échelle internationale, les prix de l’énergie ont enregistré une hausse sensible au cours de la période récente et évoluent désormais à des niveaux nettement supérieurs à ceux retenus dans les précédentes prévisions établies en juin dernier. Les incertitudes entourant le rétablissement des conditions d’approvisionnement sur les marchés énergétiques demeurent élevées et continuent d’exercer des pressions haussières sur les coûts de production et de distribution. La diffusion de ces tensions aux prix à la consommation se poursuit à l’échelle mondiale, retardant le processus de convergence de l’inflation vers les objectifs des banques centrales.
Dans ce contexte, la plupart des banques centrales dans les économies avancées ont resserré leurs politiques monétaires afin de contenir le regain des pressions inflationnistes et de favoriser un retour durable de l’inflation vers leurs cibles.
Sur le plan national, la croissance économique a ralenti au deuxième trimestre de 2026, revenant à 2,3% en glissement annuel, après 2,6% au trimestre précédent. Cette évolution traduit notamment le net ralentissement de l’activité industrielle.
Du côté du secteur extérieur, la forte hausse des prix internationaux de l’énergie a pesé davantage sur les équilibres externes. La facture des importations énergétiques s’est alourdie pour atteindre 11,3 milliards de dinars à fin août 2026, contre 8,8 milliards un an auparavant. Cette évolution a contribué à la détérioration de la balance commerciale et au creusement du déficit courant, qui s’est établi à 4.694 MDT, soit 2,5% du PIB, au cours des huit premiers mois de 2026, contre 2.724 MDT, soit 1,6% du PIB, durant la même période de 2025.
Les avoirs nets en devises se sont, pour leur part, établis à 23,7 milliards de dinars, correspondant à 92 jours d’importations, au 6 octobre 2026, contre 24,3 milliards de dinars et 104 jours d’importations un an auparavant. Le Conseil souligne, à cet égard, l’importance de préserver un niveau adéquat des réserves de change, notamment à travers une meilleure maîtrise du déficit énergétique et de ses incidences sur les paiements extérieurs.
Pour sa part, l’inflation a poursuivi sa remontée graduelle, pour atteindre 5,6% en septembre 2026, après 5,4% en août. Cette accélération est principalement imputable au renforcement de la hausse des prix des produits alimentaires frais, dont le glissement annuel s’est élevé à 13,0%, contre 11,7% le mois précédent. En revanche, l’inflation sous-jacente, mesurée par l’indice des prix à la consommation hors produits alimentaires frais et produits à prix administrés, s’est maintenue à 5,1% pour le troisième mois consécutif.
En matière de perspectives, le Conseil relève la persistance des facteurs de tensions inflationnistes d’origine tant externe qu’interne. Le maintien prolongé des prix internationaux de l’énergie à des niveaux élevés serait de nature à réduire sensiblement les marges de manœuvre de l’économie et à accentuer les vulnérabilités macroéconomiques et financières. La trajectoire de l’inflation à court et moyen termes dépendrait notamment de la dynamique de la demande de consommation, dans un contexte de rétablissement encore progressif des capacités de production, ainsi que de la capacité à maîtriser les déséquilibres budgétaires et leurs répercussions sur les équilibres macroéconomiques.
Le Conseil considère, à cet égard, que les risques entourant la trajectoire future de l’inflation demeurent orientés à la hausse. Il continuera d’assurer un suivi étroit de l’évolution des prix, de la demande, de la liquidité bancaire et des équilibres extérieurs et se tient prêt à prendre les mesures qu’il jugera nécessaires afin de contenir les pressions sur la formation des prix, et favoriser le retour durable de l’inflation à des niveaux soutenables. Il décide de maintenir le taux directeur de la Banque Centrale de Tunisie inchangé à 7,00%.