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Développement local : l’argent existe, mais les communes n’arrivent pas à le mobiliser

Les fonds existent, mais les communes ne parviennent pas à s’en saisir. Réunis, mercredi 7 octobre, à Tunis, lors d’un atelier organisé par ONU-Habitat, des experts ont pointé la difficulté des municipalités tunisiennes à accéder aux financements nationaux et internationaux dédiés à l’investissement local, notamment en matière de climat et de développement durable. Résultat : de nombreux plans de développement local peinent à se concrétiser.

La rencontre s’inscrivait dans le cadre de la « Plateforme de partenariat pour la localisation des Objectifs de développement durable (ODD) en Tunisie ». Cette initiative mondiale vise à décliner les 17 objectifs de l’Agenda 2030 en politiques, plans d’action et budgets à l’échelle locale, en renforçant la coordination entre institutions nationales et locales et en fournissant aux territoires pilotes des outils pratiques de planification et de mise en œuvre.

Cinq communes pilotes

Pour sa première phase en Tunisie, le programme a retenu cinq municipalités, choisies avec ONU-Habitat et les gouvernorats concernés, selon leurs spécificités géographiques et culturelles et leur potentiel : Kélibia (Nabeul), Sened (Gafsa), Sejnane (Bizerte), Zahret Medyen (Béja) et Bechri Fatnassa Negga (Kébili). L’initiative part d’un constat : le défi du développement local ne tient pas seulement à l’élaboration des plans, mais à la capacité des communes à réunir les moyens financiers et techniques nécessaires pour les réaliser.

Pour l’expert en finances locales, Ahmed Guidara, l’intérêt de la plateforme est de rapprocher les mondes de la planification urbaine et de la finance, car un plan ne peut aboutir sans ressources. Il a rappelé que la capacité d’investissement des collectivités est déterminante, alors que celles-ci se heurtent à plusieurs obstacles, en particulier une faible capacité d’épargne et de constitution de ressources propres.

Il a également relevé que de nombreuses sources de financement restent sous-exploitées, à commencer par les fonds internationaux consacrés au climat. Les collectivités y accèdent difficilement, faute d’accompagnement de l’État et de structures qualifiées et accréditées pour monter et suivre ces projets.

M. Guidara a appelé à mieux valoriser les financements de la Caisse des prêts et de soutien des collectivités locales ainsi que les programmes nationaux. Selon lui, la plateforme peut aussi harmoniser les visions et favoriser la coopération intercommunale, notamment pour des projets climatiques conjoints, ce qui réduirait les coûts et améliorerait l’efficacité de l’investissement local.

Des projets à rayonnement régional

Le spécialiste en développement urbain Achraf Ghrib a, de son côté, présenté la plateforme comme un espace de rencontre entre municipalités, conseils régionaux et locaux, experts, associations, bailleurs de fonds et partenaires internationaux, afin de concevoir des projets réalisables localement.

Il a insisté sur la nécessité, pour les projets des communes pilotes, de dépasser le cadre strictement local : ils doivent produire un impact économique, environnemental et touristique à l’échelle régionale, tout en créant des emplois et en améliorant la qualité de vie et des services pour les habitants.

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En Tunisie, la ZLECAf franchit le cap des 400 transactions

Après Lomé, Tunis. Les rendez-vous consacrés à la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) se multiplient et changent progressivement de nature. Il ne s’agit plus seulement de présenter les ambitions du marché unique africain, mais de mettre les entreprises face aux conditions concrètes de son utilisation. Après Biashara Afrika, organisé à Lomé en mai dernier, le “Programme d’appui aux petites et moyennes entreprises, Cohorte Afrique du Nord” réunit cette semaine à Tunis des PME, des exportateurs et des structures d’appui de plusieurs pays de la région.

Organisée du 6 au 9 octobre par le Secrétariat général de la ZLECAf, la rencontre constitue un espace de travail autour d’une question très opérationnelle: comment permettre à une PME de passer de l’intérêt pour le marché africain à une véritable opération commerciale? Les échanges portent notamment sur les règles de l’accord, les instruments disponibles, le financement du commerce, les paiements numériques, la logistique et les services d’accompagnement à l’export. Des rencontres entre entreprises sont également prévues.

Pour un exportateur tunisien, la question est loin d’être secondaire. L’ouverture d’un marché ne signifie pas automatiquement qu’une entreprise peut y vendre dans de bonnes conditions. Elle doit encore savoir à quelles préférences tarifaires elle peut prétendre, comment justifier l’origine de son produit, quelles formalités accomplir et vers quels interlocuteurs se tourner. C’est sur cette partie, souvent moins visible que les annonces autour de la ZLECAf, que se joue une partie de l’accès effectif aux marchés africains.

Source: AfCFTA

La Tunisie dispose désormais d’un premier retour d’expérience. Rappelons que le pays a délivré son premier certificat d’origine dans le cadre de la ZLECAf en mai 2023. Depuis, plus de 400 opérations d’exportation et d’importation ont été réalisées dans le cadre de l’accord, selon le ministre du Commerce et du Développement des exportations, Samir Abid. Et ce, d’après l’agence TAP. Ce chiffre permet surtout de mesurer le chemin déjà parcouru par les entreprises, mais aussi celui qui reste à faire. “Pour le secteur privé, l’enjeu n’est plus de savoir si le dispositif existe. Il est de déterminer comment l’intégrer dans une stratégie commerciale, quels marchés cibler et comment rendre l’offre tunisienne suffisamment compétitive pour y trouver sa place. En plus, les règles d’origine occupent ici une place centrale. Elles déterminent notamment si un produit peut bénéficier des avantages commerciaux prévus par l’accord. Pour une entreprise qui travaille avec plusieurs fournisseurs ou qui incorpore des matières premières importées, leur maîtrise peut donc avoir une incidence directe sur la possibilité de profiter des préférences accordées dans le cadre de la ZLECAf”.

C’est aussi l’une des raisons pour lesquelles le ministère du Commerce cherche à faire davantage remonter les besoins des entreprises. Les représentants du secteur privé sont associés aux travaux de la Commission nationale de suivi des négociations et de mise en œuvre de l’accord et consultés sur différents dossiers, dont les règles d’origine. Selon la même source, le ministère dit également suivre les entreprises ayant déjà effectué des opérations dans le cadre de la ZLECAf afin d’identifier les blocages rencontrés sur le terrain.

Cette remontée d’expérience peut être particulièrement utile aux PME. Une grande entreprise dispose généralement de ressources dédiées au juridique, au commerce international ou à la logistique. Pour une petite structure, une procédure mal comprise, un coût supplémentaire ou un manque d’information sur un marché peut suffire à retarder une opération, voire à décourager son lancement.

Le sujet dépasse d’ailleurs la seule question tarifaire. Pour se développer en Afrique, une entreprise doit aussi identifier des partenaires locaux, comprendre les circuits de distribution, sécuriser ses paiements et organiser sa logistique. Les rencontres B2B et les programmes d’accompagnement prennent alors une importance particulière. Ils permettent de réduire une partie du coût de prospection et surtout de passer plus rapidement de la recherche d’un marché à l’identification d’un client ou d’un partenaire.

D’ailleurs, d’autres rendez-vous sont annoncés dans les prochains mois, notamment la 4e édition des Rencontres d’affaires tuniso-africaines, prévue les 9 et 10 décembre 2026, ainsi que la première édition d’Africa First Expo, du 5 au 7 novembre, sous le thème “Consommez africain”, selon le ministre du Commerce.

Pour les entreprises tunisiennes, cette succession de rencontres peut avoir une utilité à condition de ne pas rester au stade du networking. L’intérêt est aussi d’en tirer des informations exploitables: quels marchés présentent une demande pour le produit proposé, quelles conditions d’entrée s’appliquent, quels distributeurs rechercher et quelles adaptations commerciales ou réglementaires sont nécessaires.

 

 

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Agriculture : 650 candidatures en une semaine, l’APIA relance le financement dans trois gouvernorats

Le financement des projets agricoles suscite un afflux de demandes dans le Centre-Ouest. Après avoir enregistré 650 nouvelles candidatures en seulement une semaine, le projet de valorisation des périmètres irrigués et de développement des chaînes de valeur du Centre-Ouest (PVPI-DCV) relance son appel dans les gouvernorats de Kasserine, Sidi Bouzid et Kairouan. L’APIA annonce une nouvelle période de dépôt du 6 au 11 octobre, avec 90 candidats qui seront retenus à l’issue d’une première sélection.

Les dossiers du 21 septembre doivent être redéposés

Dans un communiqué publié le 5 octobre, l’Agence de promotion des investissements agricoles (APIA) précise que l’appel est rouvert afin de faciliter le traitement et le classement des dossiers, mais aussi de clarifier les pièces demandées.

Une précision importante accompagne cette nouvelle ouverture : les candidats ayant déjà déposé leur dossier lors de l’appel lancé le 21 septembre doivent le soumettre de nouveau. Ceux qui ne l’avaient pas encore fait peuvent également déposer leur candidature durant cette nouvelle période.

Le dispositif concerne les trois gouvernorats de Kasserine, Sidi Bouzid et Kairouan. Trente candidats seront sélectionnés dans chaque gouvernorat, soit 90 bénéficiaires dans cette première phase. La sélection reposera notamment sur l’âge, l’existence d’un crédit foncier, une déclaration d’investissement, une décision d’octroi d’avantages ou encore l’adhésion à un réseau d’incubateurs agricoles.

650 demandes en une semaine

C’est précisément cette forte demande qui donne une autre dimension à la réouverture.

Dans un bilan publié sur LinkedIn, Samia Aloui, responsable de la composante consacrée à la facilitation du financement des investissements agricoles au sein du PVPI-DCV, indique que 650 nouvelles candidatures ont été enregistrées en une semaine après le lancement de la nouvelle vague.

2,35 millions de dinars encore disponibles

Le même bilan apporte un éclairage sur les moyens financiers restant à mobiliser.

Selon Samia Aloui, 1,623 million de dinars ont déjà été engagés au titre de la dotation remboursable financée par la Banque africaine de développement, sur une enveloppe globale de 4 millions de dinars. Il resterait ainsi 2,35 millions de dinars à déployer d’ici la fin de 2026, selon les chiffres communiqués par la responsable.

Elle fait également état de 39 dossiers déjà financés par la BTS, pour 1,512 million de dinars de crédits accordés et 1,072 million de dinars de primes, ainsi que de 89 emplois créés directement dans les régions d’intervention.

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17 MD pour l’agriculture : quelles régions vont profiter de ces investissements?

17 millions de dinars d’investissements viennent d’être approuvés dans l’agriculture et la pêche. Les projets seront répartis entre Béja, Bizerte et Médenine, tandis que de jeunes agriculteurs de Kasserine bénéficieront de prêts pour accéder au foncier.

Le Comité national d’octroi des avantages de l’Agence de promotion des investissements agricoles (APIA) a validé plusieurs projets d’investissement dans les secteurs de l’agriculture et de la pêche. Le montant total atteint 17 millions de dinars.

Réunis lundi à l’occasion de leur sixième réunion de l’année 2026, les membres du Comité ont donné leur accord à des projets qui seront réalisés dans les gouvernorats de Béja, Bizerte et Médenine, indique l’APIA.

La décision ne porte toutefois pas uniquement sur le financement de projets. Le Comité s’est également penché sur la question du foncier agricole, avec l’approbation de prêts fonciers destinés à de jeunes agriculteurs à Kasserine.

Ces crédits représentent une enveloppe de 715,9 mille dinars et doivent permettre l’acquisition de 49,9 hectares de terres agricoles.

D’un côté, l’APIA accompagne donc des investissements dans les activités agricoles et halieutiques. De l’autre, elle intervient sur l’accès à la terre, avec un dispositif ciblé sur les jeunes agriculteurs. Deux leviers qui touchent directement aux conditions de développement et de renouvellement du secteur agricole.

Pour cette sixième réunion de 2026, le Comité a ainsi approuvé des opérations portant à la fois sur l’investissement productif et sur l’accès au foncier, avec des projets répartis entre plusieurs régions du pays.

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63 MDT dans l’automobile, l’aéronautique et l’emballage

Deux nouveaux dossiers, représentant 63 millions de dinars (MDT) d’investissements, ont été approuvés, pour 9,5 millions de dinars de primes.

Réunie vendredi 2 octobre 2026 au siège du ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, la Commission consultative du Programme de mise à niveau de l’industrie était présidée par Afef Chachi Tayari, cheffe de cabinet du ministère.

La réunion s’est tenue en présence de représentants de l’UTICA, des ministères des Finances, de l’Économie, du Commerce, de l’Emploi, ainsi que ceux des Affaires sociales et de la Santé. Des représentants du secteur bancaire ont également participé aux travaux, aux côtés de Bouthaïna Boukamcha, directrice générale du Bureau de mise à niveau de l’industrie, et de plusieurs cadres supérieurs du ministère.

Les deux dossiers approuvés concernent deux entreprises industrielles opérant dans la fabrication de composants automobiles et aéronautiques ainsi que dans l’emballage métallique. Les investissements prévus atteignent au total 63 millions de dinars, avec des primes de mise à niveau de 9,5 millions de dinars.

23 dossiers de mise à niveau approuvés

La commission a également validé les travaux de la commission restreinte du Programme de mise à niveau, réunie le 30 septembre 2026. Cette dernière a approuvé 23 dossiers de mise à niveau, représentant un volume d’investissement de 82,3 millions de dinars, assorti de 11,6 millions de dinars de primes. À cela s’ajoutent 57 dossiers portant sur des investissements technologiques prioritaires, pour une enveloppe globale de 3,17 millions de dinars, dont 1,26 million de dinars de primes.

Ces nouvelles approbations traduisent la poursuite des dispositifs publics destinés à accompagner la modernisation technologique et la mise à niveau des entreprises industrielles tunisiennes.

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Crédit sur l’honneur: voici les 16 banques concernées sur 22

Le crédit sur l’honneur ne sera pas proposé par l’ensemble du secteur bancaire tunisien. Sur les 22 banques opérant en Tunisie, 16 sont concernées par le dispositif, tandis que 6 ne sont pas.

  1. Société Tunisienne de Banque (STB)

  2. Banque Nationale Agricole (BNA)

  3. Banque de l’Habitat (BH Bank)

  4. Banque Tunisienne de Solidarité (BTS)

  5. Banque Tuniso-Libyenne (BTL)

  6. Banque Zitouna

  7. Al Baraka Bank

  8. Al Wifak International Bank

  9. Amen Bank

  10. Attijari Bank

  11. Arab Banking Corporation (ABC Bank)

  12. Banque Internationale Arabe de Tunisie (BIAT)

  13. Banque de Tunisie (BT)

  14. Banque Tuniso-Koweitienne (BTK)

  15. Union Bancaire pour le Commerce et l’Industrie (UBCI)

  16. Union Internationale de Banques (UIB)

La raison tient à leur résultat au titre de l’exercice 2025. Six banques ont annoncé la non-participation, à savoir BTE, TSB, QNB Tunisia, BFPME, Citibank et ATB.

Toutefois, selon Sofiane Lourimi, expert-comptable et spécialiste du secteur bancaire, a déclaré sur les ondes de Mosaïque FM, que quatre établissements sont exclus du dispositif vu qu’ils n’ont pas réalisé de bénéfices en 2025. Or, le dispositif prévoit que les banques participantes consacrent 8 % de leurs bénéfices de l’exercice 2025 au financement des crédits sur l’honneur. Par conséquent, les clients de ces banques ne pourront pas accéder à ce financement auprès de leur établissement dans le cadre de ce mécanisme.

Pour rappel, le crédit sur l’honneur permet d’accorder des financements sans intérêts et sans garantie. Le plafond varie selon le bénéficiaire: 5 000 dinars pour un particulier, 10 000 dinars pour certains projets d’investissement et 25 000 dinars pour les PME et les sociétés communautaires.

Le dispositif est encadré par le décret n° 2026-148 du 23 juillet 2026 et la circulaire de la Banque centrale de Tunisie n° 2026-08 du 1er septembre 2026. Les demandes sont déposées en ligne auprès des banques concernées. Notons que l’’accès au financement reste soumis à l’examen de la demande par la banque, notamment au regard de la capacité de remboursement et de la situation des engagements du demandeur.

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Autoroutes : la BID accorde 335,49 millions d’euros pour étendre le réseau vers Le Kef et Jendouba

La Banque islamique de développement (BID) a donné son feu vert à un financement de 335,49 millions d’euros, soit environ 1,13 milliard de dinars (équivalent calculé sur la base du cours indicatif de 3,3749 dinars pour un euro, publié vendredi 2 octobre 2026 par la Banque centrale de Tunisie, ndlr), destiné à l’extension du réseau...

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Moteur bloqué à 2 %, quotidien paralysé : ce qui freine la croissance tunisienne

Investissement en berne, capital humain sous-exploité, secteurs d’activité en perte de vitesse, financement frileux… Dans une déclaration à L’Économiste maghrébin, Ghazi Boulila, expert économiste, décortique les verrous qui enferment la croissance tunisienne autour de 2 % et plaide pour un changement de modèle.

Ghazi Boulila estime que tout débat sur la performance économique du pays gagne à commencer par une clarification : croissance et développement ne sont pas synonymes. La première mesure la variation de la richesse produite, à travers l’évolution du PIB. Le second suppose que cette richesse se traduise par une amélioration visible et qualitative de la vie des citoyens. Or la Tunisie échoue sur les deux tableaux, estime l’expert, car une croissance trop faible ne peut produire de développement tangible.

L’économiste appuie son diagnostic sur le revenu par habitant, qui ramène la richesse nationale à chaque citoyen. Celui-ci ne progresse que d’environ un point par an, un rythme insuffisant pour un pays en développement censé rattraper des économies plus avancées. Pour amorcer une véritable convergence, la croissance devrait être sensiblement plus soutenue, de l’ordre de 4 points, afin que le niveau de vie du Tunisien s’améliore sensiblement.

Les projections de la Banque mondiale vont dans le même sens. Dans son dernier Tunisia Economic Monitor, publié le 22 septembre 2026, l’institution de Bretton Woods relève une croissance de 2,7 % en 2025, puis de 2,4 % en glissement annuel au premier semestre 2026. Elle table sur 2,3 % pour l’ensemble de l’année, avant une moyenne de 2,1 % sur 2027-2028.

Investissement : un moteur qui cale

Premier facteur de blocage : l’investissement, que Ghazi Boulila compare au moteur d’une voiture. Son taux est tombé à seulement 15,4 % du PIB en 2025, un niveau particulièrement faible au regard des besoins de l’économie tunisienne. Selon l’économiste, il faudrait viser entre 25 % et 30 % du PIB pour retrouver une dynamique de croissance plus soutenue. Le privé recule, le public aussi : entre un déficit budgétaire élevé et un service de la dette de plus en plus lourd, l’État dispose de moins en moins de marges pour financer les infrastructures dont le pays a besoin. La Banque mondiale pointe d’ailleurs les mêmes déséquilibres des finances publiques, ainsi que la vulnérabilité de l’économie à la hausse des prix des importations et de l’énergie. Ce recul public pèse sur le privé, insiste l’expert, puisqu’un grand chantier d’infrastructure entraîne dans son sillage entreprises, fournisseurs et emplois. Plutôt que de réclamer toujours plus d’investissements privés, il invite à chercher pourquoi celui-ci fait défaut. La faute incombe en partie aux textes, à la lourdeur administrative et à un secteur informel qui fausse la concurrence.

Sur ce terrain, l’approche tunisienne lui paraît trop classique : s’en remettre presque uniquement au budget de l’État et à la dette limite mécaniquement les ambitions. Ghazi Boulila plaide pour des sources innovantes, à commencer par le partenariat public-privé, dans lequel un opérateur privé construit et exploite l’infrastructure pendant vingt ou trente ans avant de la restituer à la collectivité. L’Allemagne et plusieurs pays européens y ont recouru. La Tunisie y gagnerait, puisque l’ouvrage se bâtit sans alourdir la dette et revient ensuite à l’État. Il évoque aussi un financement de proximité, auquel les citoyens d’une région contribueraient, avec le concours des banques, pour un projet qui les concerne directement.

Mais ce schéma se heurte à plusieurs obstacles. Le code des marchés publics impose des délais excessivement longs et des procédures complexes, et les textes changent à un rythme qui décourage les investisseurs. Quant aux banques, elles préfèrent placer leurs liquidités en bons du Trésor plutôt que de financer l’économie réelle, par aversion au risque. Plutôt que de les blâmer, l’expert recommande de comprendre ce qui les freine et de lever leurs craintes.

Le capital humain constitue, à ses yeux, le second moteur de la croissance. La Tunisie forme des ingénieurs, mais le système éducatif les prépare insuffisamment à l’initiative, à la création et à l’innovation. Faute de laboratoires de recherche, les diplômés les plus brillants partent exercer ailleurs. Il déplore aussi une culture qui valorise le diplômé en attente d’un recrutement public plutôt que celui qui crée de la valeur. À cela s’ajoute le capital social, c’est-à-dire la confiance et la qualité des relations dans les entreprises, les administrations et les familles. Un climat de travail apaisé fait grimper la productivité, et des pays comme l’Inde y travaillent de façon délibérée. En Tunisie, le sujet reste largement ignoré.

Textile, tourisme, agriculture : l’avance perdue

Ces secteurs illustrent cette perte d’élan. Dans les années 1970 et 1980, rappelle l’économiste, la Tunisie devançait le Maroc dans le textile et la confection. La concurrence chinoise est ensuite arrivée, et les industriels européens se sont tournés vers le Vietnam, le Bangladesh ou l’Afrique. Pendant ce temps, la Corée du Sud bâtissait des filières d’électronique et de haute technologie, quand la Tunisie restait cantonnée à des activités à faible valeur ajoutée. Pour en sortir, il préconise de monter en gamme vers le luxe, en s’appuyant sur un savoir-faire et un goût proches des standards italiens et français.

Le tourisme souffre du même mal : massif, souvent bradé, il offre un service médiocre. La Tunisie devrait miser sur la qualité, qu’il s’agisse de propreté, d’accueil ou de service, plutôt que sur le volume.

L’agriculture reste, d’après lui, l’occasion la plus manquée. Le pays dispose de richesses exceptionnelles, de l’huile d’olive aux agrumes, mais les exporte souvent à l’état brut. Les Pays-Bas, eux, ont bâti une réputation mondiale sur le fromage et le lait sans disposer de ressources supérieures. Ghazi Boulila imagine une industrie de transformation qui ferait de l’olive des sauces, des pâtes à tartiner ou des produits cosmétiques… , ainsi qu’un institut de recherche dédié à l’olivier, installé dans une région intérieure, où il créerait de l’activité et irriguerait le tissu économique local.

Des idées en abondance, des projets en panne

Reste le principal défi : les idées existent, mais elles ne deviennent pas des projets. Dans l’esprit de nombreux porteurs de projet, entreprendre revient encore à ouvrir une cafétéria ou un snack. L’enjeu est d’autant plus pressant que la Banque mondiale désigne le stress hydrique comme un facteur désormais décisif pour la croissance, l’emploi et la productivité.

Face à des voisins qui avancent, avec plus de 4 % pour le Maroc et l’Algérie et autour de 5 % pour l’Égypte, Ghazi Boulila appelle à une vision claire, partagée entre ministères et opérateurs économiques, et surtout à des projets concrets, réalisés plutôt qu’annoncés. L’État ne pourra pas tout financer seul, conclut-il à L’Économiste Maghrébin : il lui faut ouvrir la porte au privé, lever les freins administratifs et miser sur l’intelligence collective.

 

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Crédits d’honneur : les inscriptions sont ouvertes, voici comment faire

C’est aujourd’hui, jeudi 1er octobre 2026, que le dispositif des crédits d’honneur entre dans sa phase opérationnelle. Les banques concernées commencent à recevoir les demandes, exclusivement à travers des plateformes numériques dédiées. Aucun dépôt de dossier au guichet ne sera accepté dans le cadre de cette nouvelle procédure. Prévu par le décret n°2026-148 du 23...

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Financement à 0 % : le crédit d’honneur accessible dès ce 1er octobre

Le dépôt des demandes de « crédit d’honneur » débute ce jeudi 1er octobre 2026 via une plateforme numérique dédiée. Ce nouveau mécanisme de financement a été instauré par le décret-loi n°148 de 2026 du 23 juillet 2026, portant réforme des dispositions relatives aux facilités bancaires et au régime des chèques.

Destiné aux particuliers, aux porteurs de petits projets, aux petites et moyennes entreprises ainsi qu’aux sociétés communautaires, ce dispositif du « crédit d’honneur » vise à faciliter l’accès au financement en permettant de bénéficier de liquidités sans intérêts et sans garanties bancaires classiques, selon les précisions du Conseil bancaire et financier (CBF).

Les montants accordés varient en fonction du profil du bénéficiaire et de la nature de son activité. Les particuliers peuvent ainsi obtenir un financement allant jusqu’à 5 000 dinars pour couvrir des dépenses personnelles ou de consommation. Pour les porteurs de petits projets, le plafond est fixé à 10 000 dinars, afin de soutenir leurs activités professionnelles.

Les petites et moyennes entreprises ainsi que les sociétés communautaires peuvent, pour leur part, bénéficier de financements pouvant atteindre 25 000 dinars, destinés notamment à renforcer leur situation financière et à soutenir leurs programmes d’investissement.

Un financement sans intérêts ni garanties

Le « crédit d’honneur » repose sur plusieurs facilités destinées à alléger les conditions d’accès au financement. Le dispositif prévoit notamment un taux d’intérêt de 0 %, ainsi qu’une exonération des intérêts bancaires, des frais d’étude des dossiers et des éventuelles commissions supplémentaires.

Autre particularité : aucune garantie personnelle ou réelle ne peut être exigée du bénéficiaire dans le cadre de ce mécanisme.

La durée de remboursement est fixée à deux ans au maximum, avec la possibilité de bénéficier d’une période de grâce allant jusqu’à six mois, conformément aux dispositions réglementaires en vigueur.

Les banques disposent de dix jours pour répondre

Le dispositif encadre également le traitement des demandes. Les établissements bancaires sont tenus de répondre aux dossiers dans un délai maximal de dix jours ouvrables à compter de leur dépôt. En cas de refus, la banque doit fournir une motivation officielle au demandeur.

Enfin, le traitement des dossiers repose sur le principe de l’ordre d’arrivée des demandes. Chaque banque doit ainsi mettre en place, à compter du 1er octobre 2026, une plateforme électronique dédiée au dépôt et au suivi des demandes, afin de garantir la transparence et l’égalité de traitement entre les candidats.

Le « crédit d’honneur » constitue ainsi un nouveau mécanisme de financement visant à élargir l’accès aux ressources financières, notamment pour les petits projets et les structures rencontrant des difficultés à accéder aux financements bancaires traditionnels.

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Export depuis la Tunisie: qui peut bénéficier de l’abattement de 50%?

La salle était comble ce mardi 29 septembre à Tunis pour le lancement des “Easy Export Days – Export & Grow”. Organisée sous l’égide du ministère du Commerce et du Développement des exportations, en partenariat avec la GIZ, cette rencontre ouvre une série de journées d’information consacrées au programme Easy Export.

Après Tunis, la tournée se poursuivra à Sousse le 30 septembre, à Sfax le 1er octobre, à Gabès le 2 octobre et au Kef le 14 octobre. Ces rencontres réunissent notamment le ministère du Commerce et du Développement des exportations, la GIZ, La Poste tunisienne, le Cepex, l’Office national de l’artisanat et la douane tunisienne.

Destiné notamment aux PME, aux artisans et aux startups, Easy Export vise les structures qui souhaitent expédier leurs produits vers les marchés étrangers en s’appuyant sur le réseau postal. Le dispositif concerne notamment l’artisanat, les produits agricoles et alimentaires ainsi que les startups, avec des envois pouvant atteindre 30 kilogrammes.

Plus simple 

L’un des principaux avantages du programme réside dans la prise en charge de 50% des frais de transport des colis éligibles, selon les conditions du Foprodex. Une enveloppe de 5 millions de dinars avait été mobilisée en 2025 pour soutenir les exportations réalisées à travers le réseau postal.

Easy Export prévoit également des guichets uniques au sein du réseau postal, qui permettent aux entreprises d’être orientées dans leurs démarches, notamment pour le contrôle technique à l’export, la domiciliation de la facture commerciale et le dédouanement des expéditions. Un portail dédié, www.easyexport.com.tn, rassemble également les informations relatives au dispositif.

Depuis son lancement en octobre 2025, environ 65 entreprises ont adhéré au programme, selon les données communiquées lors de la rencontre de Tunis. Avec les “Easy Export Days”, les partenaires du dispositif cherchent désormais à élargir sa portée dans les régions et à faire connaître ses modalités directement auprès des entreprises concernées.

À travers cette démarche, l’enjeu est de permettre aux petites structures de réaliser leurs premières opérations internationales dans un cadre adapté aux expéditions de faible volume, tout en disposant d’un accompagnement pour les principales formalités liées à l’export.

 




 

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Port d’Enfidha: le compte à rebours est lancé, les travaux annoncés pour début 2028

Trente-huit ans après les premières annonces, dix-huit ans après le lancement des études, le projet de port en eau profonde d’Enfidha vient de franchir une étape que les acteurs économiques attendaient depuis longtemps: une date. Lors de la conférence «Seaports Days», qui s’est tenue le mardi 22 septembre à Tunis, le ministre des Transports, Rachid Amri, a annoncé que les travaux débuteraient au début de l’année 2028, soit dans un peu moins d’un an et demi.

Concrètement, cela signifie une révision des données techniques, économiques et environnementales à l’aune des standards de 2026: coûts de construction, exigences réglementaires, technologies portuaires et, surtout, le montant global du projet, évalué dans les années 2020 autour de 5 milliards de dinars, un chiffre qui devra être revu à la hausse compte tenu de l’inflation cumulée depuis lors.

Le nerf de la guerre: un financement encore ouvert

Sur la question du financement, celui qui, historiquement, a le plus souvent enterré ce type de projet en Tunisie, Rachid Amri est resté volontairement large. Il a indiqué que toutes les pistes sont à l’étude, qu’il s’agisse de prêts souverains ou institutionnels, ou de partenariats avec des opérateurs privés. Aucune option n’a été exclue, mais aucune n’a non plus été formellement retenue.

Pour les managers et décideurs économiques, ce flou reste le point à surveiller de près. La présence, lors de cette même conférence, de représentants de la DFC (U.S. International Development Finance Corporation) et d’acteurs privés américains intéressés par les ports en eau profonde laisse penser qu’un schéma de partenariat public-privé (PPP), voire un montage de financement de projet (“project finance”) associant garanties et lignes de crédit est sérieusement à l’étude, sans qu’aucune confirmation officielle n’ait été apportée sur la structure retenue. De son côté, l’ambassadeur des États-Unis en Tunisie, Bill Bazzi, a souligné que la Tunisie dispose d’une vision claire pour le développement et la modernisation de son secteur maritime, mais qu’elle a besoin de partenaires capables de l’accompagner dans la concrétisation de cette ambition. Interrogé sur la contribution potentielle des institutions et des experts américains, il a indiqué que les entreprises américaines bénéficient d’une expérience importante dans la réalisation de grands projets d’infrastructure, aussi bien aux États-Unis qu’à l’international. Selon lui, leur expertise couvre notamment la construction et la modernisation des ports ainsi que la construction navale, tout en intégrant le respect des normes internationales de qualité et de sécurité, de même que la souveraineté nationale des pays partenaires. L’ambassadeur a également mis en avant leur capacité à proposer des solutions de financement et à soutenir la mise en œuvre de projets structurants.

Dans ce cadre, il a relevé la participation de la U.S. International Development Finance Corporation (DFC) à l’atelier consacré au développement du secteur portuaire tunisien. Cette rencontre a permis de réunir des entreprises américaines intéressées par les infrastructures portuaires, notamment les ports en eau profonde, ainsi que des institutions financières disposées à accompagner ce type de projets. Ces acteurs, a-t-il précisé, disposent d’une longue expérience et sont prêts à la partager avec leurs partenaires tunisiens.

Concernant le projet du port en eau profonde d’Enfidha, Bill Bazzi a confirmé l’intérêt d’entreprises américaines susceptibles d’y participer. Il a estimé que les entreprises et institutions américaines peuvent offrir à la Tunisie une offre intégrée combinant ingénierie de pointe, expertise technique, respect des standards internationaux et mécanismes de financement adaptés.

Cette approche pourrait également concerner la modernisation des ports de Radès, Bizerte, Zarzis et Gabès, qui constituent des infrastructures essentielles pour renforcer la compétitivité logistique de la Tunisie, soutenir les échanges commerciaux et améliorer son intégration dans les chaînes de valeur régionales et internationales.

Reste que l’histoire du projet d’Enfidha est jalonnée de dates annoncées puis reportées. L’annonce d’un démarrage «début 2028» constitue donc moins une certitude qu’un engagement politique à tenir.

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Un opérateur panafricain attire jusqu’à 155 millions de dollars pour accélérer son expansion

La U.S. International Development Finance Corporation (DFC) prévoit d’investir jusqu’à 155 millions de dollars dans WIOCC Group, opérateur panafricain d’infrastructures numériques. L’investissement, annoncé le 16 septembre, doit accompagner l’expansion des réseaux de fibre, des câbles sous-marins et des data centers de WIOCC sur le continent. 

Présent dans 30 pays africains, WIOCC dispose notamment de plus de 40 data centers centraux et edge et d’un réseau de fibre terrestre et sous-marin. 

L’investissement doit renforcer les infrastructures numériques de WIOCC sur le continent, notamment ses capacités de connectivité et de data centers.

Pour les entreprises qui développent des activités numériques, l’enjeu se situe notamment au niveau de l’accès aux capacités de stockage et de traitement des données. Le développement des data centers peut accompagner les besoins des fintechs, des opérateurs télécoms, des plateformes de commerce en ligne et, plus largement, des entreprises qui déplacent leurs activités vers le cloud ou développent des applications reposant sur l’intelligence artificielle.

L’investissement américain intervient alors que WIOCC vient déjà de sécuriser 300 millions de dollars auprès de l’Africa Finance Corporation et de Vision Invest. Cette enveloppe doit financer l’expansion de ses infrastructures de fibre et de data centers ainsi que le renforcement de ses capacités sous-marines. 

La DFC cible également le financement du commerce. Elle a approuvé une contre-garantie de 500 millions de dollars au profit du Global Trade Finance Program de l’IFC. Le mécanisme doit permettre aux banques des marchés émergents de financer davantage d’opérations commerciales impliquant des produits américains. L’Afrique figure parmi les marchés visés.

Pour une entreprise africaine, le dispositif concerne donc principalement les opérations d’importation auprès de fournisseurs américains. Les secteurs cités par la DFC couvrent notamment les équipements électriques, les machines industrielles, les ordinateurs, les véhicules et les produits agricoles. Selon la DFC, cette garantie pourrait contribuer à soutenir jusqu’à 20 milliards de dollars d’exportations américaines vers de nouveaux marchés.

Washington s’intéresse également aux ressources stratégiques du continent. La DFC indique soutenir un projet de minerais critiques en Afrique de l’Ouest, sans préciser à ce stade le pays concerné ni le montant de son engagement. Certaines autres transactions annoncées dans le même programme restent également confidentielles. Ces opérations figurent parmi les nouveaux engagements annoncés par la DFC, qui prévoit plus de 8 milliards de dollars d’investissements à l’échelle mondiale. Pour l’Afrique, les projets rendus publics portent ainsi à la fois sur les infrastructures numériques, le financement du commerce et les minerais critiques.

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