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​Ahmed Néjib Chebbi suspend sa grève de la faim

Ahmed Néjib Chebbi a décidé de suspendre la grève de la faim qu’il avait entamée il y a une semaine à la suite d’engagements pris par l’administration pénitentiaire.

C’est ce qu’indique sa famille via un post publié sur Facebook dans la soirée de ce mercredi 7 octobre 2026, en précisant que des représentants de l’administration pénitentiaire ont rencontré M. Chebbi en affirmant prendre ses revendications au sérieux et s’engageant, dans la limite de ses prérogatives, à garantir le droit des détenus à l’accès à une source d’information fiable.

La même source ajoute qu’au cours de cette semaine, Ahmed Nejib Chebbi a enregistré une perte de poids significative et son état de santé a nécessité plusieurs transferts à l’hôpital, notamment le vendredi et le mardi, en raison de complications médicales.

Une troisième hospitalisation lui a été préconisée aujourd’hui par l’équipe médicale, mais il l’a refusée afin de pouvoir recevoir la visite de ses proches, s’enquérir de leur avis et prendre connaissance des messages de solidarité transmis depuis le début de son mouvement.

Après les engagements pris par l’administration pénitentiaire et en signe de bonne foi et dans l’attente de la mise en œuvre effective de ces engagements et après consultation des siens, Ahmed Néjib Chebbi a donc annoncé la suspension de sa grève de la faim, lit-on encore dans l’annonce faite par s famille.

Y. N.

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CAN-2027 U23 : le programme complet du 2e tour éliminatoire

Programme complet du deuxième tour des éliminatoires de la Coupe d’Afrique des Nations 2027 des moins de 23 ans (U23) de football, prévu les 9 et 17 novembre prochains :

Tunisie – Gabon

Zambie – Burkina Faso

Nigéria – RD Congo

Niger – Guinée équatoriale

Ghana – Libye

Côte d’Ivoire – Kenya

Sénégal – Djibouti

Maroc – Ethiopie

Cameroun – Rwanda

Afrique du Sud – Madagascar

Congo – Angola

Guinée – Botswana

Algérie – Eswatini

Mali – Zimbabwe

NB : A l’issue de ces confrontations, les vainqueurs accéderont au troisième et dernier tour, prévu les 22 et 30 mars 2027. Les sept vainqueurs seront qualifiés pour la phase finale de la CAN U23 qui aura lieu en juin 2027 en Egypte. 

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Infractions routières : la police tunisienne passe à la traque en civil

L’info fait débat en Tunisie tant elle divise sur son bien-fondé. Les autorités annoncent le déploiement d’un dispositif dont la généralisation est inédite consistant en des policiers en civil et avec des caméras. Objectif : traquer les infractions routières jusque…

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Indice de démocratie 2026 : les régimes hybrides à l’honneur

L’Indice de perception de la démocratie dans le monde nous révèle année après année la situation, la nature et l’évolution de la démocratie vers d’autres types de régimes politiques dans le monde. C’est le cas de l’édition de 2026.  …

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The Residence Tunis dans le Top 10 des meilleurs hôtels en Afrique

Selon le dernier classement de Conde Nast Travel, magazine de référence spécialisé dans l’hôtellerie et le voyage, un hôtel situé en Tunisie, en l’occurrence The Residence Tunis, se trouve dans le peloton de tête.

C’est une nouvelle consécration pour l’hôtel The Residence Tunis: Conde Nast Travel, magazine de voyage mais aussi marque d’influence dans le tourisme international vient de le classer au 6e rang des meilleurs hôtels en Afrique.

Ce classement a été établi selon le sondage annuel « Readers’ Choice Awards » (Prix du choix des lecteurs) qui a totalisé 798.867 votes cette année pour sa 39e édition. « Tous les lauréats ont été sélectionnés de manière indépendante par nos lecteurs » souligne la direction du média qui indique qu’elle peut percevoir uniquement des commissions d’affiliation sur les liens vers les boutiques en ligne.

Les 5 premiers établissements récompensés sont le Giraffe Manor (1e) et le Heming Nairobi (2e) au Kenya, le Park Hyatt Zanzibar (3e), puis le Marriott Mena House (4e) et le Nile Ritz Carlton tous les deux au Caire.

En 7e position viennent le Hyatt Regency Dar es Salam Kilimanjaro (Tanzanie), l’Hemingways Retreat à Kigali (Rwanda) (8e), l’Intercontinental Luanda Miramar (9e) en Angola puis l’Eden Nairobi qui clôture ce Top 10.

A noter que ce classement ne prend pas en considération les hôtels du Maroc et d’Afrique du sud.

Lire aussi à propos de l’hôtel The Residence:

The Residence Tunis sélectionné parmi les meilleures tables d’Afrique

« Earth Basket » ou l’engagement de l’hôtel The Residence Tunis dans le tourisme durable

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Climat : La Tunisie veut désormais transformer ses projets en dossiers bancables

Face à l’ampleur des besoins liés à sa transition climatique, la Tunisie cherche à revoir sa manière de mobiliser les financements internationaux. Réunis mercredi à Tunis, plusieurs ministères et partenaires étrangers ont plaidé pour une approche davantage coordonnée, fondée sur des projets capables de combiner plusieurs sources de financement.

Ne plus seulement chercher des financements

Le message porté lors de l’atelier national consacré à l’accès de la Tunisie aux financements climatiques est clair : il ne suffit plus de rechercher des ressources pour financer des projets déjà définis.

À l’ouverture de la rencontre, le ministre des Affaires étrangères, Mohamed Ali Nafti, a insisté sur la nécessité de construire des projets « bancables », susceptibles d’attirer et de combiner différentes sources de financement.

« Il ne s’agit plus seulement de chercher un financement pour un projet », a-t-il expliqué, mais de faire évoluer l’approche afin de transformer les ambitions climatiques en investissements concrets.

Cette orientation intervient alors que la Tunisie estime à environ 55 milliards de dollars les besoins nécessaires à la mise en œuvre de sa CDN 3.0 sur la période 2026-2035. Une grande partie de ces ressources doit être recherchée à l’international à travers les instruments de la finance climatique.

La diplomatie appelée à jouer un rôle

L’atelier, organisé avec l’appui du PNUD par les ministères des Affaires étrangères, de l’Environnement, des Finances et de l’Économie et de la Planification, a réuni plusieurs partenaires internationaux, dont la GIZ, la JICA, l’AFD, la KfW et la BERD.

Pour Mohamed Ali Nafti, cette mobilisation constitue désormais un axe important de la diplomatie tunisienne. Le ministre estime que les ressources obtenues jusqu’à présent restent en deçà du potentiel du pays et appelle à « changer d’échelle et d’approche ».

Il a également plaidé pour une exploration accrue des mécanismes de conversion de la dette en projets de développement, afin de diversifier les instruments susceptibles de financer les priorités nationales.

La coordonnatrice résidente des Nations unies en Tunisie, Rana Taha, a, de son côté, insisté sur la nécessité de connecter les différents acteurs afin de créer un cadre de coopération aligné sur les priorités nationales.

Le carbone et les projets verts dans la ligne de mire

Le ministre de l’Environnement, Habib Abid, a pour sa part appelé à accélérer la mise en place de l’autorité carbone en Tunisie. L’objectif est notamment de permettre au pays de mieux tirer parti des mécanismes de financement prévus par l’article 6 de l’Accord de Paris.

La Tunisie entend également mobiliser davantage de ressources pour ses priorités environnementales, notamment dans les énergies renouvelables, l’économie circulaire et la protection du littoral.

Le programme de la Ceinture verte, qui prévoit la restauration d’environ 260.000 hectares de terres dégradées et le développement d’emplois verts dans les zones rurales, figure parmi les projets mis en avant par le ministre de l’Environnement.

Pour le PNUD, la Tunisie dispose déjà d’expériences susceptibles de servir de références, notamment avec le programme Prosol thermique, qui a permis l’installation d’un million de mètres carrés de capteurs solaires.

La nouvelle approche défendue à Tunis consiste ainsi à mieux articuler projets, expertise technique et financements, avec l’ambition de transformer les engagements climatiques du pays en investissements effectivement réalisables.

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Bayt Mal Al-Qods soutient les oléiculteurs palestiniens

L’Agence Bayt Mal Al-Qods Acharif, relevant du Comité Al-Qods, présidé par le Roi Mohammed VI, a lancé, mardi 6 octobre dans la localité d’Al-Ram, au nord d’Al-Qods, la campagne « Aouna 2026 », destinée à soutenir les agriculteurs palestiniens durant…

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Haltérophilie : 18 Tunisiens engagés aux Championnats d’Afrique à Mostaganem

La Tunisie participe avec 18 athlètes aux Championnats d’Afrique d’haltérophilie, organisés du 5 au 13 octobre à Mostaganem, en Algérie. La délégation tunisienne prend également part au championnat arabe de la discipline.

Le rendez-vous africain et arabe de l’haltérophilie réunit actuellement les meilleurs jeunes spécialistes du continent à Mostaganem. La Tunisie y est représentée par 18 athlètes, dont dix filles et huit garçons, selon la sélection annoncée à la veille de leur départ pour l’Algérie.

Chez les filles, la sélection tunisienne comprend Khaoula Mejri, Yasmine Radhouani, Takwa Touati, Chaima Tlili, Israa Bejaoui, Eya Ghali, Hibetallah Jemili, Ghofrane Ghrissa, Zeineb Naoui et Hibetallah Tebini.

Chez les garçons, la Tunisie aligne Idriss Ouerthi, Farouk Ben Hmida, Yahya Laayeb, Ayoub Salem, Hussein Dridi, Ahmed Salem, Mohamed Khalil Jaouadi et Youssef Kraimi.

Les organisateurs annoncent une participation particulièrement importante, avec environ 354 athlètes issus de 31 pays engagés dans ce double rendez-vous africain et arabe.

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Moi président(e) … Yahya Achou Ouiy : « Il convient de revoir en profondeur Parcoursup »

Consultant, influenceur et auteur de Un vécu de prépa, Yahya Achou Ouiy est arrivé en France à 15 ans sans parler un mot de français. Né à Rome, il décroche quelques années plus tard un bac avec 20,42 de moyenne…

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Mobilisation lycéenne : 215 élèves blessés depuis le 18 septembre

Depuis le début des mobilisations lycéennes, les interventions policières musclées sont au centre des débats. Plusieurs cas de lycéens gravement blessés sont à déplorer.   En bref 215 élèves ont été blessés depuis le début des mobilisations lycéennes. Le mouvement…

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Trump juge « l’islam et l’immigration » responsables du mouvement lycéen en France

Le président américain a déclaré hier que « l’islam » et une « immigration de masse hors de contrôle » étaient à l’origine de la mobilisation lycéenne. En bref Donald Trump attribue la mobilisation lycéenne française à « l’islam »…

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«SNIPE La Presse» et «Dar Assabah», dans le droit fil d’une fusion historique, ne font plus qu’un : la vision de Kaïs Saïed se concrétise

11 mars 2023 : le Président de la République, Kaïs Saïed, visite le siège de «Snipe La Presse».

16 juin 2023 : c’est à «Dar Assabah» qu’échoit le même honneur. L’histoire se met en marche et s’accélère. Lors de ces visites, le Chef de l’Etat avait décidé de sauver les deux entreprises par leur fusion et la mise en place d’un programme de restructuration, soulignant leur rôle central dans la mémoire médiatique nationale.

Entre héritage, droits des employés et impératif de modernisation, la presse publique entre de plain-pied dans une nouvelle phase caractérisée par un changement de paradigme de bon aloi. Après des années de difficultés, l’État enclenche un plan de sauvetage et de modernisation pour bâtir une institution médiatique nationale unifiée. Le 14 décembre 2025, la Cheffe du gouvernement, Sarra Zaâfrani Zenzri, a présidé au palais du gouvernement à La Kasbah, une réunion ministérielle au terme de laquelle il a été décidé d’autoriser la Société nouvelle d’impression, de presse et d’édition «Snipe La Presse» à transférer à son profit et en dinar symbolique, l’intégralité des actions de la Société tunisienne de presse, d’impression, d’édition, de distribution et de publicité «Dar Assabah», dans le cadre de la fusion entre les deux sociétés.

Il a également été convenu d’autoriser «Snipe La Presse» à entamer officiellement les démarches de fusion par absorption de «Dar Assabah», conformément à la législation et à la réglementation en vigueur, avait précisé la présidence du gouvernement dans un communiqué. «Cette fusion est de nature à ouvrir la voie à la reconstruction d’une institution médiatique nationale unifiée, plus apte à assurer sa pérennité et son développement», a indiqué la Cheffe du gouvernement. Elle a insisté sur l’impératif d’élaborer un programme global de restructuration visant à améliorer les performances, garantir la durabilité et assurer la continuité des publications de la nouvelle structure.

Elle a également réaffirmé la volonté de l’État de trouver une solution durable qui garantisse la pérennité des deux entreprises et la protection des droits des travailleurs, tout en développant les contenus, en unifiant les moyens de production et en relançant le secteur de la presse écrite.

Elle a insisté sur la mutualisation des ressources et la maîtrise des dépenses pour renforcer la compétitivité, élargir la part de marché et enrichir le paysage médiatique et culturel, dans le respect de la mémoire nationale.

Ainsi, un plan d’affaires prospectif, avec un calendrier précis de mise en œuvre, a été décidé et confié à un Comité de pilotage, créé à cet effet par une décision de la Présidence du gouvernement en date du 20 juin 2023. 

Ce comité est composé des représentants et experts désignés par la Présidence du gouvernement, ainsi que des cadres des ministères concernés (Finances, Affaires sociales, Domaines de l’État) ; il a œuvré deux années durant afin d’élucider les obstacles et de trouver les formules conduisant à bon port cette opération.

Après deux longues années de dur labeur, l’opération de fusion entre «SNIPE La Presse» et «Dar Assabah» s’est concrétisée par l’Assemblée générale ordinaire qui s’est tenue au siège de «Dar Assabah» et qui a désigné Saïd Ben Kraiem en tant que Directeur général du nouveau groupe.

Il ne manque plus que les démarches de fusion par absorption de «Dar Assabah», conformément à la législation et à la réglementation en vigueur. Longue vie au «nouveau-né» de l’univers médiatique tunisien, un avènement-événement oint de saisissante singularité, s’agissant de l’unification de deux mastodontes de la sphère médiatique.

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IA, robotique: le Mali veut prendre place dans la course africaine

Le Mali se dote d’un nouvel outil pour développer ses capacités en intelligence artificielle. Le Centre d’intelligence artificielle et de robotique du Mali (CIAR-Mali) a été inauguré le 21 septembre à Sirakoro Niaré, dans la commune de Kati, près de Bamako. Le site, qui s’étend sur 150 hectares selon l’Agence malienne de presse et de publicité, doit accueillir des activités de formation et de recherche dans les mathématiques, les sciences de l’ingénieur, l’IA et la robotique.

L’infrastructure ne part pas de zéro. La première pierre avait été posée en 2023 et les activités de formation avaient commencé avant l’inauguration officielle. Le centre dispose notamment de salles techniques et d’un espace dédié aux drones. Les autorités maliennes veulent également y développer des applications dans plusieurs secteurs, dont l’agriculture, la santé et les mines.

Le choix du Mali intervient alors que l’IA gagne du terrain dans les politiques technologiques africaines. En 2024, l’Union africaine a adopté une stratégie continentale consacrée à l’intelligence artificielle. Le document insiste notamment sur les compétences, les infrastructures, la recherche et la nécessité pour les pays africains de développer leurs propres capacités dans ce domaine.

Sur le plan pratique, les initiatives commencent à se multiplier. L’OCDE recense plusieurs pays africains ayant adopté ou engagé des stratégies nationales en matière d’IA, avec des priorités qui vont de la formation aux infrastructures numériques, en passant par la recherche et l’intégration de l’IA dans les secteurs productifs.

La robotique prend elle aussi une place croissante. En Égypte, une compétition consacrée à l’IA et à la robotique a réuni en 2026 des jeunes venus travailler sur des solutions technologiques répondant à des problématiques africaines. L’initiative est soutenue notamment par l’AUDA-NEPAD. 

À l’échelle mondiale, le rythme est autrement plus soutenu. Les robots humanoïdes quittent progressivement le terrain des démonstrations pour être testés dans des environnements industriels. En septembre, le robot chinois TianGong Ultra a parcouru 100 mètres en 8,64 secondes lors des World Humanoid Robot Games à Pékin, rapporte Reuters. La performance est spectaculaire, mais l’enjeu industriel se situe ailleurs: rendre ces machines suffisamment autonomes et fiables pour accomplir des tâches dans le monde réel.

Pour les économies africaines, la marche à franchir reste importante. Selon le FMI, l’IA pourrait accroître de 0,2 % à 2,1 % la productivité en Afrique subsaharienne au cours de la prochaine décennie, à mesure que progresseront l’accès à l’électricité, à Internet et aux compétences numériques. À son plein potentiel, cette évolution ajouterait près de 0,5 point à la croissance annuelle du PIB, soit environ 4 % cumulés sur dix ans.

C’est précisément sur ce terrain que se joue le pari malien. Avant de parler de robots humanoïdes capables de travailler dans les usines, il faut disposer d’ingénieurs, de chercheurs et de techniciens capables de concevoir, tester et adapter ces technologies. Le CIAR-Mali entend justement constituer ce socle, avec des applications envisagées dans des secteurs aussi différents que l’agriculture, la santé, les mines et la sécurité.

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7 octobre 2023 : un cessez-le-feu inachevé, une paix éloignée

Trois ans après l’attaque du 7 octobre 2023 contre les civils israéliens et la réplique de Tsahal, la guerre se poursuit à faible intensité. Le chef de l’ONU réclame un cessez-le-feu enfin respecté. En bref Trois ans après le 7…

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Le gendre de Trump investit dans l’industrie militaire israélienne

Affinity Partners, société de capital-investissement de Jared Kushner -financier et gendre du président américain Donald Trump- est le principal actionnaire dans Phoenix Financial, une entreprise financière israélienne investissant massivement dans plusieurs secteurs de l’industrie militaire israélienne. En même temps, M. Kushner agissait comme émissaire et négociateur officieux pour le plan de paix à Gaza de son gendre le président Donald Trump.

Imed Bahri

C’est ce qu’a révélé une enquête de Allegra Goodwin, Katie Polglase et Majlie de Puy Kamp publiée par CNN le 1er octobre 2026, soulignant un conflit d’intérêts concernant le gendre de Trump, et son rôle de négociateur pour la paix à Gaza.

En effet, Kushner est le négociateur clé concernant le conflit à Gaza et en même temps, sa société de capital-investissement Affinity Partners détient une participation majoritaire dans une entreprise israélienne basée à Tel Aviv Phoenix Financial qui investit dans l’industrie militaire israélienne et qui fournit des armes et des équipements (dont des drones et engins de démolition) à l’armée israélienne notamment dans la guerre de Gaza. 

Ce qui est également révélé par CNN c’est que Kushner a échappé à tout examen minutieux de ce potentiel conflit d’intérêts en opérant en tant qu’envoyé bénévole, plutôt qu’en acceptant un poste gouvernemental qui aurait exigé la divulgation de sa situation financière. Il s’est ainsi assuré un double rôle inédit au sein de l’administration Trump conjuguant activités commerciales lucratives et politique très sensible en pleine guerre dévastatrice.

La guerre à Gaza enrichit le gendre du président US

CNN s’est appuyé sur la législation israélienne en matière de transparence financière pour retracer certains investissements de Phoenix Financial, une société basée à Tel-Aviv dont le groupe d’investissement de Kushner a doublé la participation l’année dernière, peu avant le retour de Trump à la Maison-Blanche. Kushner a par la suite qualifié Phoenix Financial de «meilleur investissement» pour Affinity.

Ces registres —qui ne couvrent qu’une infime partie des actifs de Phoenix— révèlent que la société a investi des centaines de millions de dollars dans Elbit Systems, le principal fournisseur d’armement en Israël. Selon l’enquête de CNN, Phoenix détient également des parts dans au moins huit autres entreprises fournissant à l’armée israélienne des équipements allant des drones aux navires de guerre, en passant par des engins de démolition.

L’enquête a révélé que la valeur des actions de ces neuf entreprises a connu une forte croissance l’année dernière, plusieurs d’entre elles indiquant que la guerre à Gaza avait stimulé la demande pour leurs services et leurs activités.

Bien qu’Affinity Partners ne détienne pas de parts directes dans ces sociétés, elle réalisera des bénéfices considérables à mesure que Phoenix engrangera elle-même des profits.

Depuis le printemps 2025, Kushner s’est imposé comme une voix influente dans la politique américaine au Moyen-Orient. Il a conseillé Trump, a voyagé à travers le monde pour négocier avec des dirigeants —dont le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu— et a même dévoilé des plans visant à reconstruire la bande de Gaza pour en faire un pôle touristique mondial. Kushner a joué un rôle dans l’accord de cessez-le-feu conclu l’année dernière à Gaza, bien que les raids israéliens contre la population n’aient pas cessé depuis lors.

Si l’enquête de CNN n’a trouvé aucune preuve indiquant que les actions de Kushner en tant que diplomate aient directement influencé les investissements examinés, sa société a réalisé d’importants gains grâce à son investissement dans Phoenix. Elle a vendu un quart de sa participation en juillet pour plus de 340 millions de dollars, soit un rendement supérieur à cinq fois le prix d’achat initial des actions.

Affinity, société détenue en totalité par Kushner, demeure le principal actionnaire de Phoenix avec une participation de 7,4% qui est évaluée à plus d’un milliard de dollars en juillet.

Kushner a évoqué ouvertement ses investissements et son rôle de médiateur de paix, estimant que le profit financier constitue la meilleure voie vers une paix durable.

«Peut-être y a-t-il un intérêt à mener ces guerres !»

«Lorsque l’on réunit un Arabe et un Israélien, la première chose dont ils discutent, ce sont les opportunités commerciales. Ils oublient tout le reste et réalisent alors qu’ils ont beaucoup de points communs», a déclaré Kushner dans l’émission No Priors en septembre dernier. Il a ajouté: «Les investisseurs du Moyen-Orient regardent désormais Israël en se disant: Attendez une minute, peut-être y a-t-il un intérêt à mener ces guerres !». Difficile d’être plus cynique quand on mélange business et guerre !

Toutefois, les critiques soulignent que les liens financiers de Kushner, conjugués à son rôle officieux de représentant influent de la Maison-Blanche dans une région déchirée par la guerre, soulèvent des questions quant à savoir s’il agit dans l’intérêt des contribuables ou dans son propre intérêt.

Cynthia Brown, conseillère principale en éthique auprès de l’organisation Citizens for Responsibility and Ethics (Citoyens pour la responsabilité et l’éthique) à Washington, a déclaré : «Il y a toujours des personnes qui tirent profit de la guerre ou des politiques gouvernementales, la différence est que les bénéficiaires ne devraient pas être ceux qui prennent les décisions nécessaires à l’élaboration de ces politiques or c’est précisément ce qui se passe ici !».

S’adressant à CNN, l’avocat de Kushner a affirmé que son client «n’a jamais participé aux décisions de la société d’investissement Phoenix ni ne les a orientées», ajoutant qu’il «n’a joué aucun rôle dans la décision d’acheter, de conserver ou de vendre l’une des neuf entreprises mises en lumière par CNN et qu’il n’a jamais siégé au conseil d’administration de Phoenix Financial. Toute insinuation selon laquelle le travail diplomatique de Jared aurait influencé les investissements de Phoenix dans les entreprises que vous avez mentionnées, ou inversement, est erronée».

Un très juteux «bénévolat au service de l’intérêt public»

Toutefois, Kushner a déclaré au magazine Forbes, en septembre dernier, qu’il entretenait un «dialogue très actif» avec le groupe financier israélien et qu’il rencontrait régulièrement ses dirigeants et échangeait avec eux au sujet de l’entreprise, des tendances générales du marché et des opportunités stratégiques potentielles. Il a néanmoins précisé que ses échanges avec la direction de Phoenix avaient considérablement diminué depuis qu’il s’était «davantage investi dans le bénévolat au service de l’intérêt public et dans les efforts diplomatiques».

Certaines des participations de Phoenix Financial dans des entreprises liées à l’armée israélienne existaient déjà avant que la société de Kushner n’en devienne le principal actionnaire. D’autres participations notamment dans une entreprise fabriquant des fusées électroniques pour des obus* utilisés à Gaza et dans une autre produisant des pièces détachées pour des chars israéliens ont été acquises ultérieurement. Phoenix s’est abstenue de commenter ce qui semblait être des incohérences dans la classification de certains de ses rapports publics.

Deux experts-comptables judiciaires israéliens ont examiné les registres séparément et ont conclu, malgré ces incohérences, que les dossiers analysés par CNN correspondaient bien à des actifs de Phoenix Financial. Ces actifs incluent des investissements que CNN a identifiés comme ayant été réalisés par Phoenix dans des entreprises liées à l’armée. Les experts ont souligné que les documents ne reflétaient qu’une partie du portefeuille de Phoenix, excluant les actifs détenus dans des comptes de retraite, les participations dans des entreprises via des fonds communs de placement, les obligations d’entreprises ainsi que d’autres titres financiers.

Bien que Phoenix n’ait pas commenté les conclusions de CNN, un porte-parole de l’entreprise a indiqué qu’elle était «soumise à une réglementation et que la valeur pour les actionnaires découlait principalement de la performance opérationnelle plutôt que des rendements des investissements».

En tant que société privée, Affinity Partners —tout comme Kushner— n’est pas tenue par la loi américaine de divulguer ses investissements. Kushner a révélé en mars qu’Affinity Partners avait investi dans 28 entreprises à ce jour mais l’ampleur de sa participation dans Phoenix par rapport à ses autres investissements demeure floue.

Un porte-parole de la Maison-Blanche a rejeté les inquiétudes concernant un éventuel conflit d’intérêts entre les rôles de bénévole et d’homme d’affaires de Kushner, qualifiant ces allégations de «propos vains propagés par les démocrates à l’encontre du président Trump, de sa famille et de son administration depuis une décennie».

Toutefois, les démocrates ont cherché à ouvrir de nouvelles enquêtes sur les activités de Kushner dans la région, des investigations susceptibles de s’intensifier s’ils venaient à reprendre le contrôle de la Chambre des représentants lors des élections de mi-mandat.

Dans une lettre adressée à Kushner en avril annonçant une enquête de la commission judiciaire de la Chambre, le représentant démocrate Jamie Raskin a qualifié la dualité des rôles de Kushner de «décision inconciliable et totalement contraire à l’éthique» affirmant qu’elle «plane sur la politique étrangère américaine depuis le retour du président Trump à la Maison-Blanche en 2025».

En 2023, la société Affinity Partners a décidé de réaliser son premier investissement en Israël en acquérant une participation de 15% dans Shlomo Group, une entreprise spécialisée dans la location de véhicules et le crédit, pour un montant de 150 millions de dollars. L’année suivante, Affinity Partners a acheté une participation de 4,95% dans Phoenix Financial pour 128,5 millions de dollars. Phoenix figure parmi les plus grands groupes financiers d’Israël et propose des services incluant l’assurance, les retraites et la gestion d’actifs. Affinity Partners a ensuite presque doublé sa participation dans Phoenix cinq jours avant la prestation de serment de Trump, devenant ainsi le principal actionnaire de l’entreprise. Kushner a qualifié cet investissement de pari sur la solidité de l’économie israélienne.

Le renouvellement du pari d’Affinity Partners sur Phoenix est intervenu dans un contexte d’intensification de la guerre israélienne à Gaza, conflit dans lequel Kushner a rapidement joué un rôle clé de médiateur. Toutefois, contrairement au premier mandat de Trump, durant lequel il était haut conseiller à la Maison-Blanche et avait contribué à l’élaboration d’accords majeurs tels que les Accords d’Abraham, Kushner a cette fois-ci évité d’assumer un rôle officiel.

* Une fusée électronique pour obus est un dispositif de mise à feu placé à l’avant d’une munition d’artillerie qui utilise des composants électroniques pour déclencher l’explosion de la charge.

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Travailleurs étrangers : les titres de séjour en difficulté

Dans le médico-social, des travailleurs étrangers rencontrent des difficultés pour renouveler leurs titres de séjour, alors que les besoins de recrutement et d’accompagnement vont fortement augmenter.   Difficile de suspendre des salariés dans l’attente de nouveaux papiers, car cela revient…

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Trafic de cocaïne | Un réseau international féminin lourdement condamné à Tunis

La justice a rendu son verdict, ce lundi 5 octobre 2026, dans le cadre de l’affaire du réseau international féminin spécialisé dans le trafic de drogue.

Les suspectes ont écopé de peines allant de 30 et 40 ans de prison, assorties d’amendes allant de 50 000 à 100 000 dinars, indique Mosaïque FM en citant une source proche du dossier, ajoutant que la Chambre criminelle près le Tribunal de première instance a également décidé de soumettres les condamnées à dix ans de surveillance administrative.

Poir rappel, l’affaire remonte à une intervention ciblée des services douaniers et sécuritaires au port de La Goulette, suite au comportement suspect d’une passagère en provenance de l’étranger.

Une fouille approfondie a permis la saisie d’une importante quantité de cocaïne, minutieusement dissimulée dans des cachettes aménagées dans une mallette destinée aux produits cosmétiques et de soins, ajoute la même source, en rappelant que les investigations menées dans la foulée ont révélé une organisation criminelle, dirigée et exécutée par des femmes.

Y. N.

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Abdelhamid Jelassi entame une grève de la faim et de soins dès demain

L’ancien dirigeant Ennahdha Abdelhamid Jelassi entamera une grève de la faim dès demain, mardi 6 octobre 2026, afin de dénoncer ses conditions de détention.

C’est ce qu’a fait savoir son épouse Monia Ibrahim, en précisant qu’Abdelhamid Jelassi lui a fait part de son intention d’entrer en grève de la faim ouverte et qu’il s’abstiendra par ailleurs de prendre ses médicaments et s’opposera à tout suivi médical en prison, a-t-elle ajouté.

Dans la vidéo publiée ce jour, Monia Ibrahim a déploré cette situation et a fait part de son inquiétude quant à la santé de son mari, en rappelant qu’il a des antécédents et qu’après quatre ans de détention, son état s’est affaibli.

La même source précise que son époux déplore le fait que son courrier ne lui parvienne pas, qu’il soir coupé de toute information médiatique et qu’il soit privé du parloir spécial.

Elle a, par ailleurs, fait porter l’entière responsabilité de toute dégradation de la condition physique de son mari âgé de 67 ans aux autorités compétentes et à l’administration pénitentiaire.

Y. N.

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Mission économique multisectorielle tunisienne en Guinée

Le Tunisia Africa Business Council (TABC) conduira, du 6 au 11 octobre 2026, une mission économique multisectorielle en Guinée à laquelle participent 30 chefs d’entreprise tunisiens issus de plusieurs secteurs stratégiques. Le but est de donner une nouvelle impulsion aux relations économiques tuniso-guinéennes en favorisant l’émergence de partenariats concrets, d’opportunités d’investissement et de projets conjoints, dans un contexte marqué par l’accélération des grands programmes de développement de la Guinée.

La délégation tunisienne regroupe des entreprises représentant les secteurs des infrastructures et du BTP, de l’énergie, des industries électrique, pharmaceutique et agroalimentaire, de l’enseignement supérieur, du tourisme, des technologies, de la santé et des services. Son objectif :  mettre en valeur le savoir-faire des entreprises tunisiennes et leur capacité à contribuer à la réalisation de projets complexes et structurants.

Durant quatre jours, la délégation participera à un programme combinant rencontres institutionnelles de haut niveau, réunions B2B et B2G et rencontres ciblées «door-to-door» avec des entreprises et décideurs guinéens.

Une journée sera notamment consacrée à des rencontres B2B à Conakry, afin de favoriser la mise en relation directe entre entreprises tunisiennes et guinéennes, d’identifier des complémentarités et de faire émerger des opportunités de coopération et de partenariat.

Simandou 2040 et perspectives de coopération

Cette mission intervient dans un contexte économique particulièrement important pour la Guinée, marqué par la dynamique Simandou 2040 et par l’ambition du pays d’accélérer son développement économique, industriel et infrastructurel.

Les besoins qui en découlent ouvrent des perspectives dans de nombreux domaines : infrastructures, énergie, eau et assainissement, industrie et transformation locale, habitat, technologies, santé, ingénierie et services spécialisés.

Pour les entreprises tunisiennes, cette nouvelle dynamique constitue une opportunité de valoriser leur expertise, nouer des alliances avec des partenaires guinéens et se positionner sur des projets à forte valeur ajoutée, dans une logique de partenariat durable et de transfert de savoir-faire. 

L’un des temps forts de la mission : l’organisation d’un workshop par le consortium Tunisien Tucad consacré à la structuration et au financement des projets en partenariat public-privé (PPP). Il réunira acteurs publics, entreprises, experts et partenaires autour des conditions nécessaires pour transformer les projets prioritaires en projets structurés, finançables et réalisables.

Les échanges porteront notamment sur les modèles de PPP, les mécanismes de financement, les garanties, la mobilisation des investisseurs et des partenaires techniques, ainsi que sur les possibilités d’implication du secteur privé tunisien dans les projets de développement guinéens.

Une participation active à Focia 2026 

La mission sera également marquée par la participation de la délégation tunisienne à la 3ᵉ édition du Forum pour la croissance inclusive en Afrique (Focia 2026), qui se tiendra le 10 octobre au Noom Hotel Conakry. Ce sera une nouvelle occasion de présenter les compétences tunisiennes, d’élargir les réseaux de partenariat et d’échanger avec les acteurs publics et privés autour des enjeux de transformation locale, d’industrialisation et de création de valeur en Afrique.

À travers cette mission, le TABC entend aller au-delà d’une démarche classique de prospection commerciale. L’ambition est de faire évoluer les relations économiques tuniso-guinéennes vers une approche fondée sur le partenariat, l’investissement, la co-construction, le co-développement et la réalisation conjointe de projets, en encourageant notamment les alliances entre entreprises tunisiennes et guinéennes. Il s’agit de construire une présence tunisienne plus structurée et durable en Guinée et de contribuer à l’émergence de partenariats économiques africains créateurs de valeur, d’investissement et de développement partagé.

Il est à rappeler que, malgré le louable activisme du TABC et des institutions publiques de promotion économique, les exportations tunisiennes vers le continent africain ne représentent «que» 10 % des échanges globaux du pays (soit près de 6,5 à 6,8 milliards de dinars), tandis que la part spécifique vers l’Afrique subsaharienne se limite à environ 3 % (1,6 milliard de dinars). Souhaitons bon vent au TABC qui ambitionne de doubler les exportations nationales vers le continent pour atteindre 13 milliards de dinars d’ici 2030.

I. B.

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À propos de l’expérience carcérale d’Ahmed Néjib Chebbi

La veille de son arrestation le 4 décembre 2025, lors d’une conversation avec Meriem Zghidi — fille du militant défunt Salah Zghidi —, Ahmed Néjib Chebbi lui a dit : «J’ai commencé mon expérience carcérale avec Salah, ton père, en 1968, et je la terminerai avec Mourad, ton frère.» (D’après la page Facebook de Meriem Zghidi).

Fathi Ben Haj Yahia *

1968 – 2026 : cinquante-huit années se sont écoulées entre ces deux dates.

Le pays a traversé de longues années de crises et de bouleversements successifs, depuis la grave crise du coopérativisme qui a failli l’anéantir jusqu’à la situation actuelle — une situation telle que même le plus méchant n’oserait se réjouir de notre sort, quand bien même il s’y efforcerait.

Entre ces deux époques, au cœur de la tourmente, s’est écrite une autre histoire : celle tracée par Ahmed Néjib Chebbi, depuis sa détention à la prison de Borj Erroumi en 1968 jusqu’à son incarcération actuelle à la prison de Mornaguia, où il observe une grève de la faim. Il a peut-être même oublié le nombre de grèves de la faim qu’il a menées au cours de près de soixante années de militantisme, alors qu’il a désormais dépassé le cap des quatre-vingts ans.

Un homme qui ne s’est jamais incliné face à l’arbitraire

Il a été incarcéré en 1968, devenant ainsi témoin de la mise en place du premier tribunal de sûreté de l’État, des lieux de torture physique et morale au sein des locaux de la police politique, ainsi que d’une justice aux ordres du «Grand Combattant».

En prison, son parcours a croisé celui du groupe «Perspectives» ; il en est devenu par la suite l’une des figures de proue avant sa transformation en l’organisation clandestine «L’Ouvrier tunisien» (Al-Amil al-Tounsi), dont il fut l’un des principaux dirigeants en exil à Paris jusqu’au début des années 1980.

Il a ensuite créé le Parti démocrate progressiste (PDP) en 1983, formation qui s’est transformée en Parti républicain (Al-Joumhouri) au début de la révolution de 2011.

Au-delà de toute évaluation globale de ces expériences politiques, il faut reconnaître à cet homme qu’il n’a jamais plié l’échine face à l’autoritarisme, de l’ère Bourguiba à nos jours. Il a été de toutes les pages glorieuses de l’histoire des luttes démocratiques menées par l’opposition au cours des soixante dernières années, figurant toujours au premier rang et parmi les figures de proue de ceux qui ont brisé le mur de la peur — ce mur que les régimes successifs n’ont cessé d’ériger en entretenant une confusion délibérée entre le prestige de l’État et la crainte qu’il inspire.

Son seul tort, aujourd’hui, est d’avoir refusé de plier, en dépit de son état de santé, de la toute-puissance du pouvoir et de la dureté de la prison.

Quelque chose de Sisyphe qui force l’admiration

Son unique moyen d’action aujourd’hui est la grève de la faim, une méthode qu’il avait déjà employée lors de l’une des étapes les plus marquantes de la lutte contre Ben Ali — alors au sommet de sa puissance. C’était à l’époque où un groupe de militants de diverses obédiences politiques s’était réuni dans le cabinet de l’avocat Ayachi Hammami — lui-même emprisonné aujourd’hui — pour réclamer les libertés et la libération des prisonniers politiques. Cet événement eut lieu le 18 octobre 2005, alors que la Tunisie accueillait le Sommet mondial sur la société de l’information.

L’histoire de cet homme revêt une dimension tragique indéniable. On y décèle peut-être une part de Sisyphe qui force l’admiration et le respect, mais elle témoigne aussi, peut-être, de la métamorphose du mythe et d’une réécriture de son dénouement. N’avons-nous pas vécu la journée du 14 janvier 2011 alors que nul Tunisien ne s’attendait à une telle issue ? (À l’exception, bien entendu, des mages et des devins).

Une personne arborant un tel sourire permanent, un optimisme inébranlable et la conviction que la Tunisie mérite ce qu’il y a de plus beau, ne peut que vivre un nouveau moment marquant la fin de l’absurde !

Traduit de l’arabe.

* Militant de gauche et ancien prisonnier politique.

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