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Des voyageurs marocains dénoncent des restrictions à l’aéroport de Tunis-Carthage

Plusieurs voyageurs marocains affirment avoir été retenus pendant plusieurs heures et, pour certains, empêchés d’entrer en Tunisie à leur arrivée à l’aéroport international de Tunis-Carthage. Les témoignages, rapportés depuis le 3 octobre par plusieurs médias marocains, font état de contrôles prolongés et d’un manque d’explications concernant les raisons de ces mesures. Du côté tunisien, aucune communication officielle n’a, à ce stade, été publiée au sujet de ces nouveaux incidents.

Selon le média marocain Hespress, plusieurs voyageurs arrivés à Tunis vendredi 2 octobre auraient été maintenus pendant plusieurs heures dans des espaces de l’aéroport. Les personnes interrogées affirment avoir présenté des réservations hôtelières, des billets retour ainsi que des justificatifs concernant leurs moyens financiers.

L’un des voyageurs, présenté sous le prénom de Hamza, affirme avoir été interrogé sur sa réservation d’hôtel et sur la somme d’argent dont il disposait avant d’être invité à attendre pendant plusieurs heures dans une zone réservée. Il dit ne pas avoir obtenu d’explication claire concernant les raisons de cette attente ou de son éventuel refus d’entrée.

Des précédents en 2025, mais aucune nouvelle explication officielle tunisienne

Ces témoignages ont également été repris par d’autres médias marocains et spécialisés dans l’actualité maghrébine. Le site Bladi.net avait déjà rapporté des incidents similaires en octobre 2025, lorsque des voyageurs marocains avaient affirmé avoir subi des retenues prolongées à Tunis-Carthage.

La question n’est pas entièrement nouvelle. En octobre 2025, des plaintes similaires avaient conduit le consulat général du Maroc en Tunisie à prendre contact avec les autorités sécuritaires tunisiennes afin d’obtenir des éclaircissements. Selon des sources diplomatiques citées à l’époque par Hespress, les autorités tunisiennes avaient assuré que les contrôles étaient effectués conformément aux normes applicables aux points de passage et qu’il n’existait pas de ciblage particulier des ressortissants marocains.

Lire aussi : CAN 2025 au Maroc : Un e-visa exceptionnel imposé aux Tunisiens

Les autorités tunisiennes avaient également expliqué, selon ces mêmes sources rapportées par la presse marocaine, que des contrôles pouvaient notamment concerner des voyageurs ne disposant pas de réservations hôtelières ou de moyens financiers suffisants pour leur séjour.

La situation rapportée présente toutefois une différence importante : aucune réaction ou mise au point officielle des autorités tunisiennes n’a été identifiée à ce stade concernant les nouveaux témoignages.

La Tunisie avait déjà démenti en 2023

Rappelons que la Tunisie avait déjà démenti, en 2023, des informations faisant état de la détention de ressortissants marocains à Tunis-Carthage. À l’époque, une source autorisée du ministère tunisien des Affaires étrangères avait affirmé que les procédures d’entrée des ressortissants marocains n’avaient pas changé.

Les nouveaux témoignages devraient donc désormais faire l’objet d’éventuelles clarifications de la part des autorités compétentes des deux pays, notamment sur les motifs des contrôles, les conditions d’attente et, le cas échéant, les décisions de refus d’entrée.

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Extension de l’aéroport Tunis-Carthage : un choix stratégique qui interroge

Le gouvernement tunisien a officiellement tranché concernant l’avenir de l’Aéroport international de Tunis-Carthage. Il a dévoilé hier son projet d’extension, sans toutefois aborder la nature de son financement.

La décision annoncée officiellement hier en conseil des ministres a clarifié une fois pour toutes les grandes orientations de l’Etat pour ce qui concerne le futur de l’aéroport Tunis-Carthage, première porte d’entrée dans le pays par voie aérienne avec 60 % du trafic tous aéroports confondus.

Il n’y aura donc pas de nouvel aéroport à construire comme cela avait été évoqué, de même que l’option de délocalisation vers l’Aéroport international d’Enfidha-Hammamet n’est de toute évidence plus à l’ordre du jour.

Le schéma retenu est celui d’une extension des infrastructures existantes avec la réalisation d’un nouveau terminal d’une capacité de 11,5 millions de passagers, portant la capacité globale à 18,5 millions (contre une surcapacité de 7,2 de voyageurs actuellement) en plus de la rénovation de l’actuel terminal pour porter sa capacité à 7 millions de passagers.

Une orientation qui, si elle répond de toute évidence à une logique budgétaire évidente, soulève néanmoins plusieurs interrogations de fond.

Une décision avant tout économique ?

Tout porte à croire que le choix retenu repose essentiellement sur des considérations financières et des impératifs de rationalisation des dépenses publiques. L’extension apparaît comme la solution la moins coûteuse à court terme.

Mais cette approche privilégie-t-elle une vision stratégique à long terme ? Certains observateurs estiment que les conséquences des arbitrages actuels risquent d’être reportées sur les générations futures, notamment si le choix arrêté s’avérait inadapté.

Les professionnels du tourisme laissés en marge : Autre point sensible : l’absence de consultation élargie des acteurs du tourisme et du voyage. Les professionnels du secteur, en première ligne avec leurs partenaires internationaux et leurs clients, disposent pourtant d’une lecture fine des tendances du marché, des attentes des compagnies aériennes et de l’évolution des flux touristiques.

Leur expertise aurait pu enrichir le débat stratégique autour d’une consultation appelée à fixer les enjeux de compétitivité de la destination Tunisie.

La question de la gouvernance et de la qualité de service : Au-delà des infrastructures, plusieurs voix s’interrogent sur les méthodes de gestion actuelles au sein de l’aéroport. Les critiques portent notamment sur des processus jugés peu flexibles et insuffisamment orientés vers l’expérience passager.

Sans réforme structurelle de la gouvernance et des pratiques opérationnelles, une extension physique suffira-t-elle à améliorer la qualité de service ?

L’angle mort de la législation aérienne : Peu de débats publics ont également porté sur le cadre réglementaire de l’aviation civile. Or, la législation actuelle impose encore des restrictions notamment sur les droits de trafic, un facteur déterminant dans l’attractivité d’une plateforme aéroportuaire.

Le dossier de l’Open Sky semble par ailleurs avoir été relégué au second plan, alors même qu’une clause prévoit que l’aéroport de Tunis-Carthage bénéficie d’une période de « protection » de cinq ans. Une situation qui continue d’alimenter les interrogations sur la stratégie d’ouverture du ciel tunisien.

Et le rôle de Tunisair dans cette nouvelle configuration ?

La question de l’adaptation de l’aéroport aux besoins spécifiques de la compagnie nationale, Tunisair, demeure également posée. Le futur terminal a-t-il été pensé comme un véritable levier de croissance pour son trafic, avec des infrastructures alignées sur la nature de son réseau et ses ambitions de développement ?

La réponse à cette question sera déterminante pour la compétitivité de la compagnie et, par extension, pour le positionnement régional de Tunis.

Les riverains face à l’augmentation du trafic

Enfin, un point majeur semble peu abordé : l’impact sur les habitants de Tunis et des zones limitrophes. Les quartiers des Berges du Lac, de La Soukra ou encore de l’Ariana, situés dans le périmètre aéroportuaire et sous les axes de servitude aéronautique (couloirs d’approche et de décollage), pourraient voir les nuisances sonores s’intensifier proportionnellement à l’augmentation du mouvement des avions.

Les riverains ont-ils été consultés ? Des mesures d’atténuation sont-elles prévues dans les plans futurs ? L’argument stipulant que les avions sont moins bruyants évoqués par certains est particulièrement maigre.

Une vision à clarifier

L’extension de l’aéroport Tunis-Carthage constitue indéniablement un choix structurant pour l’avenir du transport aérien tunisien. Mais au-delà des chiffres et des capacités annoncées, c’est une vision globale qui est attendue : gouvernance modernisée, cadre réglementaire adapté, intégration des besoins des compagnies, concertation avec les professionnels et prise en compte des impacts environnementaux.

Car un aéroport n’est pas seulement une infrastructure. C’est un outil stratégique au service d’un pays, de son économie et de ses citoyens. Et dans ce dossier, à l’heure où cet article est publié, aucune information n’a filtré sur le budget consacré et sur sa provenance. L’information officielle s’est limitée à indiquer que le projet entre dans le cadre du Plan de développement 2026-2030.

©Destination Tunisie

 

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