Festival international maghrébin du film : Oujda mise sur la relève
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Une nouvelle bataille autour des frontières maritimes se dessine en Méditerranée centrale. Une analyse publiée le 1er octobre par le quotidien économique italien Il Sole 24 Ore replace la Tunisie aux côtés de l’Italie et de la Grèce dans une convergence de contestations face à certaines revendications maritimes de la Libye, sur fond d’intérêts énergétiques et de tensions impliquant également la Turquie.
Il ne s’agit pas d’une nouvelle protestation tunisienne. La position de Tunis a été officiellement transmise aux Nations unies en avril dernier. Mais la récente mise à jour italienne de ses lignes de base maritimes, déposée à l’ONU le 24 septembre, remet ces différents contentieux au premier plan.
Le dossier tunisien trouve son origine dans les nouvelles délimitations défendues par Tripoli.
Le 27 mai 2025, la Libye a transmis aux Nations unies une déclaration accompagnée d’une carte concernant les limites extérieures de son plateau continental. Tunis a répondu officiellement le 19 avril 2026.
La Tunisie conteste notamment la délimitation libyenne entre les points 30 et 32 et s’appuie sur l’arrêt rendu en 1982 par la Cour internationale de Justice dans l’affaire du plateau continental entre les deux pays, ainsi que sur l’accord bilatéral conclu en 1988.
Pour Tunis, le point 30, tel que défini unilatéralement par Tripoli, ne correspond pas à l’extrémité de la ligne de délimitation : la Cour a elle-même rappelé que le prolongement vers le nord-est dépendra d’une délimitation à convenir avec des États tiers.
Une première protestation tunisienne avait déjà été adressée à l’ONU en janvier 2025 au sujet de la zone contiguë de 12 milles déclarée par la Libye.
L’élément récent vient principalement de Rome.
Le 24 septembre, l’Italie a déposé auprès des Nations unies de nouvelles coordonnées de ses lignes de base maritimes, remplaçant celles enregistrées en 1996. Cette opération découle d’une modification de la législation italienne et constitue, selon Rome, une mise à jour technique.
Elle intervient toutefois alors que l’Italie est elle-même en désaccord avec Tripoli sur certaines revendications concernant le plateau continental.
Rome avait adressé en mai une objection à la Libye, estimant que certains segments de la démarcation revendiquée par Tripoli affectaient ses droits et intérêts.
C’est dans ce contexte qu’Il Sole 24 Ore évoque une “alliance” entre l’Italie, la Tunisie et la Grèce face aux revendications libyennes. Les documents officiels disponibles établissent en tout cas une convergence de leurs contestations, chacune portant toutefois sur un segment maritime distinct, sans faire apparaître d’alliance formelle entre les trois pays.
La Grèce conteste de son côté certaines revendications libyennes au sud de la Crète.
Le différend est directement lié au mémorandum maritime signé en 2019 entre Ankara et Tripoli, rejeté par Athènes, qui considère notamment qu’il ne respecte pas les droits maritimes générés par les îles grecques.
L’enjeu s’est accru avec l’exploration gazière au sud et au sud-ouest de la Crète, où plusieurs zones suscitent des revendications concurrentes.
La Turquie soutient pour sa part le cadre maritime conclu avec la Libye, faisant de ce dossier un élément supplémentaire du rapport de forces en Méditerranée.
Derrière cette bataille de cartes se trouvent des intérêts économiques et stratégiques considérables.
La délimitation du plateau continental détermine notamment les droits d’exploration et d’exploitation des ressources du sous-sol marin. Les tracés peuvent également peser sur le développement des gazoducs, des interconnexions énergétiques et des câbles sous-marins.
Pour la Tunisie, le dossier présente une particularité : malgré le différend sur certaines limites maritimes, Tunis et Tripoli poursuivent leur coopération énergétique.
Les deux pays cherchent notamment à attirer des investisseurs pour l’exploration d’un bloc offshore d’environ 3.000 km² dans le bassin Gabès-Tripoli et le développement de la découverte de Zarat.
La Tunisie se retrouve ainsi dans une équation délicate : défendre les limites maritimes qu’elle considère établies par le droit international tout en préservant une coopération économique et énergétique stratégique avec son voisin libyen.
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