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Le CMF saisit la justice

Le Conseil du Marché Financier (CMF) vient d’annoncer, dans un communiqué publié ce 7 octobre 2026, avoir saisi le ministère public après la diffusion sur les réseaux sociaux des états financiers de la société cotée Universal Auto Distributors Holding (UADH), avant leur publication officielle.

Selon le régulateur, les documents ont été diffusés sur une page de réseau social baptisée “InfoBourse TN”, alors que le processus de contrôle préalable des états financiers par le CMF n’était pas encore achevé. Ils n’avaient pas non plus été publiés dans le bulletin officiel du Conseil ni mis à la disposition du public par les voies réglementaires prévues.

Interrogée par le CMF sur les circonstances de cette diffusion, UADH a indiqué avoir mis ses états financiers à la disposition de ses actionnaires avant la tenue de son Assemblée générale ordinaire, conformément aux dispositions légales applicables. La société a toutefois précisé ne pas connaître l’identité de la personne ayant diffusé les documents sur les réseaux sociaux avant leur publication officielle.

Face à cette situation, le CMF a saisi le Procureur de la République près le Tribunal de première instance de Tunis. Le régulateur évoque dans le même communiqué une éventuelle infraction pénale pouvant relever de l’article 81 de la loi n° 94-117 du 14 novembre 1994 portant réorganisation du marché financier. La justice devra ainsi permettre d’établir les circonstances des faits, de déterminer les responsabilités éventuelles et de donner les suites prévues par la législation.

A dire vrai, le CMF rappelle également les règles qui encadrent la circulation de l’information financière. Les informations doivent rester confidentielles tant qu’elles n’ont pas fait l’objet d’une publication par les canaux officiels. Le régulateur souligne que le respect de ce circuit vise notamment à garantir aux investisseurs et au public un accès à l’information dans des conditions de sincérité, d’égalité d’accès, de transparence et d’intégrité du marché.

Le CMF précise enfin que la mise à disposition des documents financiers aux actionnaires dans le cadre de la préparation d’une assemblée générale ne doit pas entraîner leur diffusion ou leur circulation en dehors des canaux et procédures officiels.

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Aéronautique: Pursuit Aerospace agrandit son site de Tunis de 40%

Un troisième bâtiment, 40% de superficie supplémentaire et plus de 1 000 emplois à terme. Pursuit Aerospace accélère le développement de son implantation tunisienne, spécialisée dans la fonderie de précision pour l’industrie aéronautique. Lancé le 3 septembre, le projet doit être achevé au second semestre 2027.

Le site de Tunis dépassera alors 140 000 pieds carrés, soit près de 13 000 m². L’extension doit surtout augmenter les capacités de production en fonderie et permettre au groupe d’ajouter plusieurs opérations directement sur place. 

Source: US Embassy.

Pursuit Aerospace fabrique à Tunis des composants complexes en alliages de nickel et de cobalt selon le procédé de fonderie à cire perdue, ou investment casting. Ces pièces sont destinées notamment aux motoristes aéronautiques, un marché où les exigences de précision et de qualité sont particulièrement élevées.

Pour accompagner l’augmentation des volumes, le nouveau bâtiment accueillera davantage de fours et de capacités sur les lignes de fabrication des carapaces céramiques. Le groupe pourra ainsi répondre aux besoins de ses clients actuels et prendre en charge de nouvelles productions.

L’extension va également modifier le périmètre des opérations réalisées en Tunisie. Pursuit Aerospace prévoit d’y intégrer l’usinage des pièces après la fonderie ainsi que certains traitements spéciaux. Une partie supplémentaire du processus de fabrication sera donc effectuée sur le site de Tunis.

Ben Adams, président et directeur commercial de Pursuit Aerospace, indique que ces investissements doivent permettre d’augmenter les capacités de fonderie du site et d’y développer de nouvelles compétences techniques.

Cette expansion intervient alors que le groupe poursuit également son développement dans la fonderie à l’international. En août 2026, Pursuit Aerospace a finalisé l’acquisition de Creasey Castings Limited au Royaume-Uni, spécialisée dans la fonderie de précision de pièces en magnésium et en aluminium. Cette opération porte à six le nombre d’acquisitions réalisées par le groupe depuis 2023.

 

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Voici les lauréats du prix Nobel de chimie 2026

Le Français Henri B. Kagan et le Japonais Kenso Soai sont les lauréats du prix Nobel de chimie 2026. L’Académie royale des sciences de Suède les récompense pour leurs travaux sur les « effets non linéaires et l’autocatalyse dans la synthèse organique asymétrique ». Leurs recherches ont permis de mieux comprendre comment une réaction chimique peut favoriser une seule des deux formes miroir d’une molécule, un phénomène appelé chiralité.

Cette découverte dépasse largement la chimie fondamentale. Elle touche directement des secteurs comme la pharmacie, les arômes, les parfums et certaines applications liées aux matériaux et aux produits agrochimiques. La raison est simple : deux molécules qui sont des images miroir l’une de l’autre peuvent avoir des comportements très différents dans l’organisme. Pour les fabricants de médicaments, pouvoir produire la bonne forme avec une grande précision constitue donc un enjeu majeur.

Henri B. Kagan, né en 1930 à Boulogne-Billancourt, a travaillé à l’Université Paris-Sud. Ses recherches menées dans les années 1980 ont montré qu’il était possible d’amplifier l’asymétrie d’une réaction chimique. En 1986, il a notamment démontré l’existence d’« effets non linéaires » : la proportion des deux formes miroir présentes dans le produit final ne correspond pas nécessairement à celle utilisée au départ. Cette avancée a donné aux chimistes un nouvel outil pour obtenir des molécules chirales plus pures. Kenso Soai, né en 1950 à Hiroshima, a poursuivi cette piste à la Tokyo University of Science. Ses recherches ont conduit à une avancée encore plus spectaculaire : une réaction chimique capable de s’auto-amplifier. Dans ce processus, une petite différence initiale entre les deux formes miroir peut être progressivement amplifiée jusqu’à faire largement dominer l’une d’elles. La réaction dite de Soai peut ainsi aboutir à un produit contenant jusqu’à 99,99 % d’une seule forme.

Une découverte qui intéresse directement l’industrie

L’intérêt industriel de ces travaux se situe notamment dans la capacité à mieux contrôler la fabrication de molécules complexes. Dans l’industrie pharmaceutique, par exemple, les chercheurs cherchent à obtenir la forme moléculaire qui produit l’effet recherché, tout en limitant la présence d’une autre forme susceptible d’avoir un comportement différent.

Les outils issus des recherches de Kagan et Soai peuvent également être utiles dans la conception de nouvelles substances destinées aux parfums, aux arômes, aux produits agricoles ou à certains matériaux. L’enjeu est donc aussi celui de la précision, de l’efficacité et de l’optimisation des procédés chimiques. Leurs travaux apportent par ailleurs des éléments à une question beaucoup plus ancienne : comment la vie en est-elle venue à privilégier une seule forme de certaines molécules? Les acides aminés, par exemple, existent sous deux formes miroir, mais les organismes vivants utilisent essentiellement une seule de ces formes pour construire leurs protéines. Ce phénomène est appelé « homochiralité ».

Le Nobel de chimie 2026 distingue ainsi deux étapes complémentaires : Kagan a montré comment une asymétrie pouvait être amplifiée dans une réaction, tandis que Soai a démontré qu’une molécule chirale pouvait participer à la production de nouvelles molécules ayant la même chiralité. Ensemble, leurs travaux ont apporté une réponse à un problème qui occupait les chimistes depuis plus d’un siècle.

Henri B. Kagan et Kenso Soai se partageront le prix de 12 millions de couronnes suédoises. La cérémonie officielle de remise du Nobel se tiendra à Stockholm le 10 décembre 2026.

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Viandes rouges : l’Espagne ne veut plus seulement vendre de la viande à l’Algérie

L’Espagne veut renforcer sa présence sur le marché algérien des viandes rouges, mais avec une ambition qui dépasse désormais la simple exportation. Deux accords de coopération ont été signés le 5 octobre à Alger entre les organisations espagnoles INTEROVIC et PROVACUNO et des acteurs algériens de la filière. Ils portent notamment sur les échanges de savoir-faire, la logistique et le développement de la filière.

Le premier accord lie l’Algérienne des viandes rouges (ALVIAR), filiale du groupe AGROLOG, à INTEROVIC et PROVACUNO. Le second associe ces deux organisations au Syndicat algérien des importateurs de viandes rouges, selon l’Agence Algérie Presse Service (APS). Cette démarche intervient dans le cadre d’une mission commerciale menée en Algérie du 4 au 6 octobre par INTEROVIC, avec la participation de PROVACUNO et d’entreprises espagnoles. Pour Madrid, l’objectif est de consolider les échanges avec un marché considéré comme stratégique et de créer des relations commerciales plus durables.

L’intérêt pour les entreprises espagnoles est désormais plus large que la vente de viande. Les besoins algériens concernent aussi les abattoirs, l’élevage, la logistique, la chaîne du froid et les technologies destinées à améliorer la production. Sofiane Bahbou, porte-parole du Syndicat algérien des importateurs de viandes rouges, a notamment évoqué auprès de l’APS des perspectives d’implantation d’entreprises espagnoles en Algérie dans la modernisation des abattoirs et le développement de l’élevage intensif dans le Sud, avec un apport en technologies et en savoir-faire. Pour les opérateurs espagnols, l’enjeu est donc de se positionner sur plusieurs maillons de la chaîne de valeur, alors que l’Algérie cherche à augmenter sa production nationale.

Alger veut produire davantage, mais continue d’importer

L’Algérie cherche depuis plusieurs années à réduire sa dépendance aux importations de viandes rouges. En décembre 2024, le ministère de l’Agriculture avait installé une commission nationale chargée notamment de renforcer les cheptels bovin et ovin, d’augmenter la production locale et de réduire les importations.

Mais les importations restent nécessaires pour répondre à la demande. Pour l’Aïd el-Adha 2026, l’Algérie avait notamment prévu l’importation d’un million de moutons. Le gouvernement a également élargi les pays fournisseurs, avec l’Espagne, la Roumanie, le Brésil et l’Uruguay. La loi de finances 2026 maintient par ailleurs, jusqu’au 31 décembre 2026, un droit de douane réduit à 5 % pour certaines catégories d’ovins et de bovins vivants destinés à l’abattage ainsi que pour certaines viandes bovines et ovines fraîches ou réfrigérées.

Cette situation crée une fenêtre pour les fournisseurs étrangers, mais aussi pour les entreprises capables d’apporter des solutions à la filière locale. L’Espagne dispose déjà d’un accès renforcé au marché algérien. Depuis avril 2025, l’Algérie autorise notamment l’importation d’ovins vivants espagnols destinés à l’abattage. La nouvelle étape consiste donc à transformer ces échanges commerciaux en partenariats plus structurés. Pour les entreprises espagnoles, le marché algérien pourrait ainsi représenter non seulement un débouché pour leurs viandes, mais aussi une opportunité dans l’élevage, les équipements, les abattoirs et la logistique. Pour l’Algérie, l’enjeu est différent mais complémentaire : utiliser les partenariats étrangers pour renforcer une production locale appelée à prendre davantage de place dans l’approvisionnement du marché.

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Phosphate: le groupe tunisien STUDI investit 1,4 million de dollars dans PhosCo

La compagnie minière australienne PhosCo renforce son projet de phosphate de Gasaat en Tunisie. Elle vient de signer un protocole d’accord avec le groupe tunisien d’ingénierie STUDI International, qui prévoit également un investissement de 1,4 million de dollars de STUDI dans le capital de PhosCo.

L’accord porte d’abord sur les prochaines études du projet. STUDI International doit accompagner PhosCo dans la réalisation de l’étude de préfaisabilité (PFS) et de l’étude de faisabilité bancable (BFS). La collaboration pourrait ensuite se poursuivre lors des différentes étapes du développement du projet, notamment l’ingénierie détaillée, l’approvisionnement, la construction et la mise en service.

Le groupe tunisien pourrait également intervenir sur plusieurs infrastructures liées au projet, notamment l’énergie, l’eau, les routes, le transport ferroviaire et les installations portuaires. Les questions environnementales, l’urbanisme et les systèmes d’information géographique font aussi partie du périmètre envisagé.

En parallèle, une filiale africaine de STUDI doit souscrire à 9,52 millions d’actions nouvelles de PhosCo au prix de 0,15 dollar par action. L’opération permettra à la compagnie minière de lever 1,4 million de dollars avant frais. Elle prévoit aussi l’attribution de 9,52 millions d’options, à raison d’une option pour chaque action souscrite. Ces options pourront être exercées à 0,20 dollar jusqu’au 29 juin 2029.

PhosCo indique que les fonds serviront à poursuivre l’exploration et les études sur le projet de Gasaat, ainsi qu’à financer les démarches liées aux permis et les besoins généraux de la compagnie.

Ce partenariat intervient alors que le projet entre dans une nouvelle phase d’études. STUDI apporte de son côté une expérience dans l’ingénierie et les infrastructures en Tunisie et sur le continent africain. Le groupe, créé en 1970, est présent dans plus de 40 pays africains.

L’accord reste pour l’instant un cadre de collaboration non contraignant. Il est prévu pour 24 mois et pourra être renouvelé. Les différents travaux feront ensuite l’objet de contrats spécifiques entre les deux parties.

La prochaine échéance annoncée par PhosCo est la publication de l’étude de cadrage actualisée du projet de Gasaat, attendue plus tard ce mois-ci. Cette étude doit apporter de nouveaux éléments sur les perspectives de développement du projet.

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L’australienne PhosCo poursuit ses découvertes de phosphate dans le Nord tunisien

PhosCo poursuit ses travaux d’exploration dans le nord-ouest de la Tunisie. La compagnie australienne vient d’annoncer dans un communiqué de nouveaux résultats de forage à DOH, où une découverte de phosphate avait déjà été identifiée, ainsi qu’à Sekarna Nord.

À DOH, les deux premiers forages du nouveau programme ont permis de retrouver de la minéralisation phosphatée. Le forage GADD-36 a traversé une zone de 8,1 mètres à une profondeur de 64,9 mètres. De son côté, le forage GADD-37 a recoupé 9 mètres de phosphate à partir de 22 mètres de profondeur.

D’après un communiqué, les premières recherches menées à Sekarna Nord donnent également des résultats positifs. Cette zone, détenue à 100% par PhosCo, se trouve à environ 10 kilomètres au nord-est de Gasaat. Les deux premiers forages exploratoires ont rencontré du phosphate. Le SKDD-01 a recoupé 6 mètres de minéralisation à 46,5 mètres de profondeur, tandis que le SKDD-02 a identifié 7,4 mètres à partir de 25 mètres.

En effet, ces résultats viennent élargir la zone où PhosCo identifie une présence de phosphate. Pour la compagnie, ils renforcent le potentiel du bassin phosphaté du Nord et sa stratégie visant à développer un pôle régional dans le secteur des engrais.

Il faudra toutefois attendre les analyses des échantillons pour avoir une idée plus précise de la qualité du phosphate découvert. Les résultats des tests sont encore attendus pour les quatre forages.

PhosCo prévoit également de publier plus tard ce mois-ci une nouvelle étude de cadrage sur Gasaat. Ce document devrait apporter davantage de précisions sur les prochaines étapes du projet.

Ainsi, PhosCo s’allie à STUDI International pour accélérer son projet de phosphate en Tunisie. 

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TRAPSA: pas d’introduction en Bourse prévue à ce stade, selon le ministère de l’Industrie

L’introduction en Bourse de la Compagnie des transports par pipelines au Sahara (TRAPSA) n’est pas envisagée à ce stade, d’après les propos relayés par l’agence TAP. Le ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie justifie cette position par la spécificité de l’entreprise, son rôle dans le secteur énergétique et la nécessité d’assurer la continuité du service public.

“Cette position figure dans une réponse écrite adressée au président de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), à la suite d’une question de la députée Fatma Mseddi sur la gouvernance, la rentabilité et la situation financière de TRAPSA. La réponse a été donnée par le ministre de l’Équipement et de l’Habitat, chargé de la gestion du ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie”, indique la même source.

Entreprise publique de catégorie “A”, TRAPSA est régie par la convention tuniso-française de 1958 et par la loi de 1985. Elle intervient dans le transport, le stockage et le chargement du pétrole brut, ainsi que dans plusieurs activités liées aux services pétroliers et maritimes.

Le fonctionnement de la société repose sur des contrats et des tarifs révisés périodiquement. Ces révisions tiennent compte de l’évolution des coûts d’exploitation et des indicateurs économiques. Plusieurs accords ont récemment été actualisés, selon le ministère.

La société prévoit par ailleurs un programme de développement sur la période 2026-2030, d’après ladite source. Celui-ci comprend des opérations de maintenance et de modernisation des infrastructures existantes, notamment du pipeline, des équipements maritimes et des installations de stockage. Le programme prévoit également la construction de deux nouveaux bassins, d’une capacité de 35.000 m³ et 5.000 m³. Les investissements annoncés concernent aussi le renforcement des dispositifs de sécurité, la protection de l’environnement et la digitalisation des activités.

Le ministère indique enfin que le programme doit renforcer le contrôle public des opérations. À ce stade, la stratégie présentée repose donc sur la modernisation des infrastructures et le maintien de TRAPSA dans le secteur public, sans projet d’introduction en Bourse annoncé pour la société.

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Anthropic offre un an de Claude et 1 000 dollars de crédits aux startups

Les jeunes entreprises qui développent des produits avec l’intelligence artificielle peuvent désormais bénéficier d’un soutien renforcé d’Anthropic. La société américaine a élargi son programme Claude Startups, avec à la clé un an d’accès gratuit à Claude Team pour jusqu’à cinq utilisateurs Premium et 1 000 dollars de crédits API Claude pour les entreprises retenues.

L’offre s’adresse notamment aux startups créées au cours des cinq dernières années ou ayant obtenu un financement au cours des deux dernières années. Le programme reste accessible aux entreprises financées par des investisseurs comme aux startups autofinancées ou en phase de pré-amorçage. Anthropic précise toutefois que chaque candidature fait l’objet d’un examen.

Concrètement, l’avantage ne se limite pas à l’utilisation de Claude comme outil conversationnel. Les 1 000 dollars de crédits peuvent servir à intégrer les modèles de l’entreprise dans des applications, tester des fonctionnalités ou mener les premières évaluations techniques. Ces crédits sont utilisables via l’API Claude directement depuis Claude Console et ne peuvent pas être transférés vers AWS Bedrock ou Google Vertex AI. Ils expirent six mois après leur attribution. Le volet logiciel couvre, lui, Claude Team pendant douze mois pour un maximum de cinq sièges Premium, à condition que l’entreprise soit nouvelle sur cette formule. Anthropic indique également que les startups acceptées bénéficient de limites d’utilisation API renforcées.

Le dispositif va au-delà des seuls services d’Anthropic. Le programme inclut aussi un ensemble d’offres proposées par des entreprises partenaires, représentant jusqu’à 45 000 dollars de valeur annoncée. Il peut s’agir de crédits, de réduction ou d’accès à des outils destinés notamment au développement, à l’analyse, au design ou à la gestion commerciale. Ces avantages sont fournis par les partenaires et restent soumis à leurs propres conditions.

Pour les fondateurs, l’intérêt est donc double: réduire les coûts techniques des premiers développements et accéder plus rapidement à des outils nécessaires pour transformer un prototype en produit. Anthropic propose également aux membres des échanges avec son équipe Applied AI ainsi que des événements destinés aux fondateurs et développeurs.

Les entreprises intéressées peuvent déposer leur candidature directement sur le programme Claude Startups d’Anthropic. La société demande notamment un compte Claude Console, une adresse e-mail professionnelle correspondant au domaine de l’entreprise et une brève présentation du projet.

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Sécurité des mineurs: le ministère des TIC “bloque” certains usages d’Internet pour les Tunisiens

En Tunisie, la protection des enfants sur Internet ne relève plus uniquement des parents. Une décision de l’Instance nationale des télécommunications (INT), prise le 10 juin 2026, selon l’agence TAP, impose désormais aux fournisseurs de services Internet de mettre à disposition un minimum d’outils de contrôle parental. Le ministère des Technologies de la communication vient d’en annoncer la mise en œuvre.

Le dispositif prévoit d’abord des fonctions assez classiques, mais désormais intégrées au cadre imposé aux fournisseurs. La même source indique que les parents doivent pouvoir bloquer l’accès à certains sites à partir de listes noires, identifier les appareils connectés à leur réseau et gérer leur accès. Ils pourront également définir des plages horaires pendant lesquelles Internet reste accessible.

Encore faut-il que les familles sachent que ces outils existent et puissent les utiliser. Les fournisseurs devront donc informer leurs abonnés sur les fonctionnalités disponibles, leurs modalités d’activation et de désactivation, ainsi que leur utilisation. Un guide ou un document de configuration devra leur être fourni.

Le texte ouvre aussi la porte à des solutions plus avancées, notamment des applications ou des plateformes de contrôle parental. Si ces services sont payants, leur coût devra être intégré à la facture d’abonnement et l’abonné pourra résilier le service à tout moment. Les contrats devront par ailleurs comporter une clause consacrée à la protection des enfants.

Cette décision intervient dans un contexte où l’accès des mineurs au numérique est devenu beaucoup plus difficile à encadrer. Un filtre installé sur la connexion familiale ne couvre pas, à lui seul, les usages effectués depuis un smartphone, une autre connexion Wi-Fi ou un autre appareil. Et surtout, une partie des risques ne vient plus uniquement des sites consultés, mais des plateformes et de leurs mécanismes de recommandation.

C’est précisément sur ce terrain que l’Union européenne a choisi d’aller plus loin. Dans le cadre du Digital Services Act, la Commission européenne a publié en juillet 2025 des lignes directrices consacrées à la protection des mineurs. Elles portent notamment sur la vérification de l’âge, les paramètres de confidentialité, les systèmes de recommandation et les fonctionnalités susceptibles d’encourager une utilisation excessive des services numériques. Les plateformes sont directement visées. La Commission recommande notamment de réduire l’exposition des mineurs aux contenus préjudiciables dans les systèmes de recommandation et de faciliter le blocage ou la dissimulation d’autres utilisateurs.  

Au Royaume-Uni, c’est pareil. Son Online Safety Act impose aux services numériques des mesures de protection des enfants, notamment des dispositifs de vérification de l’âge. Depuis juillet 2025, certains services en ligne doivent ainsi mettre en place des contrôles d’âge jugés suffisamment efficaces par le régulateur Ofcom.

Par ailleurs, pour les fournisseurs tunisiens, le changement est surtout opérationnel. Ils doivent désormais intégrer cette nouvelle exigence dans leurs offres et dans la relation avec leurs abonnés. Certains disposent déjà de solutions similaires. Orange Tunisie propose notamment un contrôle parental permettant de gérer les appareils connectés, de définir des horaires d’accès et de bloquer certains sites.

Le point à surveiller sera désormais l’utilisation réelle de ces outils. Leur efficacité dépendra autant de leur simplicité que de leur visibilité auprès des parents. Un dispositif compliqué à configurer ou mal expliqué risque de rester inutilisé.

 

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Ce que les crédits sur l’honneur nous ont appris

L’engouement pour les crédits sur l’honneur, accordés sans intérêts, ainsi que pour les crédits des caisses sociales par le passé, révèle deux réalités.

La première est qu’il existe un besoin vital de liquidités au sein des ménages et des petits entrepreneurs. Pour les ménages, ces crédits constituent souvent une bouffée d’oxygène leur permettant de faire face à la cherté de la vie et de constituer un capital de précaution contre les imprévus. Au-delà de la simple survie quotidienne, ces financements peuvent également représenter une opportunité pour lancer des microprojets, souvent informels, pour obtenir une source de revenu complémentaire.

La seconde est que la majorité de la population active se trouve exclue de fait du système bancaire en raison des conditions d’octroi de crédits particulièrement strictes. Ces exigences constituent autant de barrières infranchissables pour une grande partie des employés et des petits entrepreneurs.

Lorsque ces ménages ou petits entrepreneurs tentent de se tourner vers le marché bancaire, le coût total du crédit devient un obstacle. Les taux débiteurs, dont les origines remontent au niveau du taux directeur fixé par la Banque centrale, pèsent lourdement sur le budget des emprunteurs. S’endetter aux taux actuels signifie voir une part excessive de leurs revenus absorbée par le remboursement des intérêts, rendant l’opération financière non viable et menaçant directement les équilibres économiques de base.

Pour les petites structures, cette impossibilité d’accéder à un financement à coût modéré bloque la transition de l’informel vers le formel, entrave la croissance des activités existantes et freine la création d’emplois locaux. L’exclusion financière alimente un cercle vicieux qui prive l’économie de tout un potentiel de dynamisme et d’innovation.

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L’Africa Credit Rating Agency officiellement lancée

L’Union africaine donnera naissance aujourd’hui à la première agence de notation de crédit du continent, l’AfCRA (Africa Credit Rating Agency). Le projet était en préparation depuis près de dix ans, sa création approuvée en 2018. L’objectif est d’offrir une alternative aux trois géants mondiaux dont les évaluations ne font qu’alourdir le fardeau de la dette sur de nombreuses économies africaines. L’agence sera basée à Port-Louis, capitale de Maurice.

L’AfCRA notera les emprunteurs souverains, les institutions financières et les entreprises privées. Elle devrait accroître la couverture, 23 économies du continent ne disposant pas d’une notation de la part des trois grandes agences. L’indépendance sera garantie, le financement étant assuré par le capital des actionnaires et ses activités. La liste des actionnaires demeure, toutefois, inconnue.

L’UA affirme que l’agence devrait aider à améliorer l’accès des pays africains aux marchés de capitaux et fournir aux investisseurs des évaluations plus équilibrées et adaptées au contexte des économies du continent. Le service annuel de la dette extérieure du continent a grimpé à 163 milliards de dollars en 2024, contre 61 milliards en 2010. Dans de nombreux pays, les paiements d’intérêts ont dépassé les budgets annuels de secteurs sociaux clés tels que la santé et l’éducation.

Tout cela demeure néanmoins théorique. Pour que l’Agence africaine de notation ait un réel impact, elle devra gagner la confiance des investisseurs et des marchés. À défaut de cela, ses rapports resteront lettre morte aux yeux des opérateurs économiques mondiaux. En définitive, ce sont les bailleurs de fonds européens et américains qui sont visés. Si ces derniers perçoivent un écart trop important avec les évaluations des grandes agences, les analyses de l’AfCRA risquent de ne jamais dépasser le stade du papier.

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En Tunisie, la ZLECAf franchit le cap des 400 transactions

Après Lomé, Tunis. Les rendez-vous consacrés à la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) se multiplient et changent progressivement de nature. Il ne s’agit plus seulement de présenter les ambitions du marché unique africain, mais de mettre les entreprises face aux conditions concrètes de son utilisation. Après Biashara Afrika, organisé à Lomé en mai dernier, le “Programme d’appui aux petites et moyennes entreprises, Cohorte Afrique du Nord” réunit cette semaine à Tunis des PME, des exportateurs et des structures d’appui de plusieurs pays de la région.

Organisée du 6 au 9 octobre par le Secrétariat général de la ZLECAf, la rencontre constitue un espace de travail autour d’une question très opérationnelle: comment permettre à une PME de passer de l’intérêt pour le marché africain à une véritable opération commerciale? Les échanges portent notamment sur les règles de l’accord, les instruments disponibles, le financement du commerce, les paiements numériques, la logistique et les services d’accompagnement à l’export. Des rencontres entre entreprises sont également prévues.

Pour un exportateur tunisien, la question est loin d’être secondaire. L’ouverture d’un marché ne signifie pas automatiquement qu’une entreprise peut y vendre dans de bonnes conditions. Elle doit encore savoir à quelles préférences tarifaires elle peut prétendre, comment justifier l’origine de son produit, quelles formalités accomplir et vers quels interlocuteurs se tourner. C’est sur cette partie, souvent moins visible que les annonces autour de la ZLECAf, que se joue une partie de l’accès effectif aux marchés africains.

Source: AfCFTA

La Tunisie dispose désormais d’un premier retour d’expérience. Rappelons que le pays a délivré son premier certificat d’origine dans le cadre de la ZLECAf en mai 2023. Depuis, plus de 400 opérations d’exportation et d’importation ont été réalisées dans le cadre de l’accord, selon le ministre du Commerce et du Développement des exportations, Samir Abid. Et ce, d’après l’agence TAP. Ce chiffre permet surtout de mesurer le chemin déjà parcouru par les entreprises, mais aussi celui qui reste à faire. “Pour le secteur privé, l’enjeu n’est plus de savoir si le dispositif existe. Il est de déterminer comment l’intégrer dans une stratégie commerciale, quels marchés cibler et comment rendre l’offre tunisienne suffisamment compétitive pour y trouver sa place. En plus, les règles d’origine occupent ici une place centrale. Elles déterminent notamment si un produit peut bénéficier des avantages commerciaux prévus par l’accord. Pour une entreprise qui travaille avec plusieurs fournisseurs ou qui incorpore des matières premières importées, leur maîtrise peut donc avoir une incidence directe sur la possibilité de profiter des préférences accordées dans le cadre de la ZLECAf”.

C’est aussi l’une des raisons pour lesquelles le ministère du Commerce cherche à faire davantage remonter les besoins des entreprises. Les représentants du secteur privé sont associés aux travaux de la Commission nationale de suivi des négociations et de mise en œuvre de l’accord et consultés sur différents dossiers, dont les règles d’origine. Selon la même source, le ministère dit également suivre les entreprises ayant déjà effectué des opérations dans le cadre de la ZLECAf afin d’identifier les blocages rencontrés sur le terrain.

Cette remontée d’expérience peut être particulièrement utile aux PME. Une grande entreprise dispose généralement de ressources dédiées au juridique, au commerce international ou à la logistique. Pour une petite structure, une procédure mal comprise, un coût supplémentaire ou un manque d’information sur un marché peut suffire à retarder une opération, voire à décourager son lancement.

Le sujet dépasse d’ailleurs la seule question tarifaire. Pour se développer en Afrique, une entreprise doit aussi identifier des partenaires locaux, comprendre les circuits de distribution, sécuriser ses paiements et organiser sa logistique. Les rencontres B2B et les programmes d’accompagnement prennent alors une importance particulière. Ils permettent de réduire une partie du coût de prospection et surtout de passer plus rapidement de la recherche d’un marché à l’identification d’un client ou d’un partenaire.

D’ailleurs, d’autres rendez-vous sont annoncés dans les prochains mois, notamment la 4e édition des Rencontres d’affaires tuniso-africaines, prévue les 9 et 10 décembre 2026, ainsi que la première édition d’Africa First Expo, du 5 au 7 novembre, sous le thème “Consommez africain”, selon le ministre du Commerce.

Pour les entreprises tunisiennes, cette succession de rencontres peut avoir une utilité à condition de ne pas rester au stade du networking. L’intérêt est aussi d’en tirer des informations exploitables: quels marchés présentent une demande pour le produit proposé, quelles conditions d’entrée s’appliquent, quels distributeurs rechercher et quelles adaptations commerciales ou réglementaires sont nécessaires.

 

 

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«I Have a Dream» détecté comme écrit par une IA…

Un texte écrit en 1963 peut-il être identifié comme généré par une intelligence artificielle? Pour certains détecteurs, oui. Le célèbre discours «I Have a Dream» de Martin Luther King a été évalué comme étant généré par IA à 87,7% par ZeroGPT.com et à 84,4% par ZeroGPT.net, selon une étude publiée en octobre 2025 dans la revue scientifique Information. Les quatre autres outils testés dans le cadre de l’étude l’ont, eux, classé comme un texte humain.

Le résultat est évidemment impossible à interpréter comme une preuve d’utilisation de l’IA: Martin Luther King a prononcé ce discours le 28 août 1963, soit près de six décennies avant le lancement public de ChatGPT. Les chercheurs s’en servent justement pour mettre en évidence un problème plus large: un score élevé attribué par un détecteur d’IA ne suffit pas à établir qu’un texte a été produit par une machine.

L’étude, menée par Tadesse G. Wakjira et quatre autres chercheurs, a évalué six outils de détection: Undetectable AI, ZeroGPT.com, ZeroGPT.net, Brandwell.ai, Winston AI et Crossplag. Le corpus comprenait des textes dont l’origine humaine pouvait être vérifiée, provenant notamment d’universités, de publications scientifiques antérieures à ChatGPT, de sites gouvernementaux et de médias. Les chercheurs ont également soumis aux outils des textes générés par ChatGPT-4o. Les résultats montrent une forte disparité entre les solutions. Leur taux d’exactitude globale allait de 14,3 à 71,4%. Mais même l’outil affichant le meilleur résultat présentait des performances très faibles sur d’autres indicateurs: sa précision n’atteignait que 11,1% et son rappel 33,3%. Les chercheurs soulignent ainsi le nombre important de faux positifs, c’est-à-dire de textes humains identifiés à tort comme produits par une IA.

Le problème ne concerne d’ailleurs pas uniquement le discours de Martin Luther King. Des contenus provenant de grandes universités, ainsi que des textes scientifiques publiés avant l’arrivée de ChatGPT, ont également été signalés comme artificiels. Cinq des six outils testés ont notamment classé comme généré par IA un célèbre article consacré au deep learning signé Yann LeCun, Yoshua Bengio et Geoffrey Hinton. Plus étonnant encore, les chercheurs ont constaté qu’une modification minime pouvait changer considérablement le verdict. Dans l’un des tests, la suppression d’un seul mot dans un texte de Stanford a fait basculer l’évaluation d’un détecteur de 69,51% de probabilité d’IA à une classification 100% humaine. À l’inverse, certains textes générés par ChatGPT, notamment des textes volontairement absurdes ou comportant des erreurs, ont échappé à la détection.

L’étude appelle donc à ne pas transformer un score algorithmique en verdict. Les chercheurs estiment que les outils évalués ne sont pas suffisamment robustes pour servir seuls dans des décisions à fort enjeu, notamment en matière de recrutement ou d’intégrité académique. Ils recommandent davantage de transparence dans l’évaluation de ces technologies et le maintien d’une vérification humaine. Cela ne signifie pas pour autant que tous les détecteurs d’IA sont inutiles ou qu’aucun progrès n’est possible. La recherche évolue rapidement et de nouveaux systèmes obtiennent de meilleurs résultats dans certaines conditions. Une étude publiée en 2025 dans les actes de l’ACL a par exemple montré que des personnes habituées à utiliser des modèles de langage pouvaient détecter des textes générés par IA avec une grande précision dans le cadre de leur expérimentation. La vraie leçon est donc ailleurs: un détecteur d’IA doit être considéré comme un indicateur, pas comme une preuve. Pour une entreprise ou un recruteur, un score de 80%, 90% ou même 100% ne permet pas, à lui seul, d’établir l’origine d’un texte. Il doit déclencher une vérification supplémentaire: historique des versions, échanges avec l’auteur, cohérence avec ses productions précédentes ou, lorsque c’est pertinent, entretien direct.

Le cas de «I Have a Dream» résume parfaitement le problème. Un texte dont l’auteur et la date sont historiquement établis peut être présenté par certains logiciels comme très probablement généré par une IA. Le risque n’est donc pas seulement que l’IA produise de faux contenus. C’est aussi que des outils conçus pour détecter ces contenus produisent de fausses accusations. L’étude reste toutefois à relativiser: son corpus est limité, avec seulement trois textes générés par IA, et elle porte sur six outils grand public. Ses résultats ne permettent donc pas de conclure que tous les détecteurs actuels présentent exactement les mêmes performances. Ils montrent en revanche clairement qu’un score automatique ne devrait pas, à lui seul, déterminer une décision professionnelle ou académique importante.

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Dattes tunisiennes: le pari d’une promotion qui ne s’arrête plus à la saison

À l’approche de la nouvelle campagne des dattes, le gouvernement veut donner un nouveau souffle à la commercialisation du produit tunisien. Le ministère du Commerce et du Développement des exportations prépare une stratégie de promotion qui doit dépasser le seul calendrier de la récolte, avec l’ambition de mieux valoriser les dattes, de diversifier leurs débouchés et de renforcer leur présence sur les marchés internationaux.

Le sujet a été au cœur d’une réunion tenue mardi 6 octobre 2026 sous la présidence du ministre du Commerce et du Développement des exportations, Samir Abid. Ont notamment pris part aux discussions le gouverneur de Kébili, le président de l’Union tunisienne de l’agriculture et de la pêche, les responsables de la Société tunisienne des marchés de gros et du Centre de promotion des exportations, ainsi que des représentants des ministères concernés, des organisations professionnelles et des structures régionales.

Sur le terrain, les difficultés restent nombreuses. Les professionnels ont notamment fait état du coût du transport, de la hausse de la main-d’œuvre et des charges liées au stockage. Le rôle des intermédiaires entre producteurs et consommateurs, le prix de référence et les conséquences des fluctuations climatiques ont également été évoqués.

Le stockage constitue un autre point de tension. La réunion a ainsi mis l’accent sur la nécessité d’encourager l’investissement dans les entrepôts frigorifiques à Kébili et dans les autres régions concernées. Dans le même temps, les participants ont discuté du relèvement des crédits saisonniers destinés à la récolte et au stockage, ainsi que de l’adaptation des moyens de conditionnement, notamment les sacs utilisés pendant la campagne.

Les petits producteurs occupent une place particulière dans les discussions. Samir Abid a insisté sur la nécessité de renforcer leur capacité à financer la campagne et à commercialiser leur production. Il a été confirmé que les financements nécessaires doivent être mobilisés au profit des différents maillons de la filière.

Côté export, le ministère entend revoir les méthodes de promotion. À cet égard, Samir Abid a annoncé l’élaboration d’un plan spécifique aux dattes, à l’image de la stratégie développée pour l’huile d’olive. La promotion devrait être davantage ciblée selon les caractéristiques des marchés et les attentes des consommateurs. Le produit pourrait notamment être davantage présenté sous l’angle de ses qualités nutritionnelles et de son positionnement comme aliment sain.

Les représentations commerciales tunisiennes à l’étranger auront, dans ce cadre, un rôle accru. Leur présence sur différents marchés doit servir à identifier de nouvelles opportunités, à faire connaître les dattes tunisiennes et leurs dérivés et à développer de nouveaux circuits commerciaux.

La diversification passe également par la transformation. Le développement des produits dérivés et des industries liées à la datte doit permettre d’élargir l’offre, de créer davantage de valeur ajoutée et d’ouvrir de nouvelles possibilités à l’export. Le Groupement interprofessionnel des dattes et le Centre technique des dattes devront, de leur côté, disposer de moyens humains renforcés.

Sur le marché local, la promotion reste également à renforcer. La Société tunisienne des marchés de gros de Bir El Kassâa est appelée à soutenir cet effort, tandis que le ministère prévoit de développer des points de vente directs du producteur au consommateur dans les différentes régions du pays. L’objectif est de faciliter l’écoulement de la production et d’encourager la consommation des dattes tout au long de l’année.

La filière se retrouve ainsi face à plusieurs chantiers à la fois: alléger les contraintes qui pèsent sur la campagne, améliorer les capacités de stockage, soutenir les petits producteurs, développer la transformation et trouver de nouveaux marchés. Le cap fixé par le ministère consiste désormais à installer une promotion plus régulière, capable d’anticiper la demande et de maintenir les dattes tunisiennes sur les marchés internationaux au-delà de la seule saison de récolte.

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IA, robotique: le Mali veut prendre place dans la course africaine

Le Mali se dote d’un nouvel outil pour développer ses capacités en intelligence artificielle. Le Centre d’intelligence artificielle et de robotique du Mali (CIAR-Mali) a été inauguré le 21 septembre à Sirakoro Niaré, dans la commune de Kati, près de Bamako. Le site, qui s’étend sur 150 hectares selon l’Agence malienne de presse et de publicité, doit accueillir des activités de formation et de recherche dans les mathématiques, les sciences de l’ingénieur, l’IA et la robotique.

L’infrastructure ne part pas de zéro. La première pierre avait été posée en 2023 et les activités de formation avaient commencé avant l’inauguration officielle. Le centre dispose notamment de salles techniques et d’un espace dédié aux drones. Les autorités maliennes veulent également y développer des applications dans plusieurs secteurs, dont l’agriculture, la santé et les mines.

Le choix du Mali intervient alors que l’IA gagne du terrain dans les politiques technologiques africaines. En 2024, l’Union africaine a adopté une stratégie continentale consacrée à l’intelligence artificielle. Le document insiste notamment sur les compétences, les infrastructures, la recherche et la nécessité pour les pays africains de développer leurs propres capacités dans ce domaine.

Sur le plan pratique, les initiatives commencent à se multiplier. L’OCDE recense plusieurs pays africains ayant adopté ou engagé des stratégies nationales en matière d’IA, avec des priorités qui vont de la formation aux infrastructures numériques, en passant par la recherche et l’intégration de l’IA dans les secteurs productifs.

La robotique prend elle aussi une place croissante. En Égypte, une compétition consacrée à l’IA et à la robotique a réuni en 2026 des jeunes venus travailler sur des solutions technologiques répondant à des problématiques africaines. L’initiative est soutenue notamment par l’AUDA-NEPAD. 

À l’échelle mondiale, le rythme est autrement plus soutenu. Les robots humanoïdes quittent progressivement le terrain des démonstrations pour être testés dans des environnements industriels. En septembre, le robot chinois TianGong Ultra a parcouru 100 mètres en 8,64 secondes lors des World Humanoid Robot Games à Pékin, rapporte Reuters. La performance est spectaculaire, mais l’enjeu industriel se situe ailleurs: rendre ces machines suffisamment autonomes et fiables pour accomplir des tâches dans le monde réel.

Pour les économies africaines, la marche à franchir reste importante. Selon le FMI, l’IA pourrait accroître de 0,2 % à 2,1 % la productivité en Afrique subsaharienne au cours de la prochaine décennie, à mesure que progresseront l’accès à l’électricité, à Internet et aux compétences numériques. À son plein potentiel, cette évolution ajouterait près de 0,5 point à la croissance annuelle du PIB, soit environ 4 % cumulés sur dix ans.

C’est précisément sur ce terrain que se joue le pari malien. Avant de parler de robots humanoïdes capables de travailler dans les usines, il faut disposer d’ingénieurs, de chercheurs et de techniciens capables de concevoir, tester et adapter ces technologies. Le CIAR-Mali entend justement constituer ce socle, avec des applications envisagées dans des secteurs aussi différents que l’agriculture, la santé, les mines et la sécurité.

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La BAD et l’Allemagne veulent accélérer le développement du rail africain

Le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) et le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ) ont signé une lettre d’intention destinée à renforcer leur coopération dans le secteur ferroviaire et à améliorer la connectivité entre les pays africains.

L’accord a été signé à Berlin par Mike Salawou, directeur du Département des infrastructures et du développement urbain de la BAD, et Michael Krake, directeur général adjoint du BMZ chargé de la coopération économique, à l’occasion du premier African European Industry Dialogue on Railways. Organisé dans le cadre du salon InnoTrans, ce rendez-vous a réuni des acteurs africains et européens autour des perspectives d’investissement et de développement du ferroviaire en Afrique.

La coopération ne porte pas uniquement sur la construction de nouvelles lignes. La BAD et le BMZ veulent notamment agir sur les coûts de transport, l’interopérabilité des réseaux aux frontières, les solutions ferroviaires bas carbone et les politiques de transport durable. Le développement des compétences locales figure également parmi les priorités, avec un accent sur la formation professionnelle, le transfert de savoir-faire et la création d’emplois durables dans le secteur.

La première étape concrète sera une étude de faisabilité commune pour la création d’un Centre africain de compétences ferroviaires, qui doit être mis en œuvre par la GIZ. Le projet, dont le lancement est annoncé pour octobre 2026, doit combiner formation et innovation afin d’accompagner la modernisation et l’extension des réseaux ferroviaires du continent. Pour la BAD, l’enjeu est aussi économique. Le réseau ferroviaire africain ne représente actuellement que 8 à 10 % du réseau mondial, alors que la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) augmente les besoins en transport transfrontalier de marchandises et de passagers sur un marché de plus de 1,4 milliard de personnes. Un réseau mieux connecté pourrait donc réduire les coûts logistiques et faciliter les échanges entre marchés africains.

La Banque cite déjà plusieurs projets auxquels elle apporte son soutien, notamment le corridor de Lobito, le programme de chemin de fer à écartement standard en Afrique de l’Est, le corridor de Nacala, le corridor ferroviaire Nord-Sud en Algérie, le réseau à grande vitesse au Maroc ainsi que des projets de transport ferroviaire urbain au Sénégal et au Nigeria. Mais le financement des infrastructures ne suffira pas. Mike Salawou identifie cinq priorités, selon le communiqué de la BAD, pour faire émerger un véritable marché ferroviaire continental : tirer parti de la ZLECAf, engager des réformes favorisant le report du transport routier vers le rail, harmoniser les normes pour permettre aux réseaux de fonctionner ensemble, mobiliser davantage de capitaux privés et surtout disposer des compétences nécessaires à l’exploitation des infrastructures.

L’accord ouvre ainsi un espace de coopération qui dépasse la simple fourniture de locomotives ou d’équipements. La BAD appelle l’industrie européenne à privilégier des partenariats de long terme, le contenu local et le transfert de compétences. De leur côté, les gouvernements et autorités ferroviaires africains sont invités à préparer des études de faisabilité solides, à engager les réformes nécessaires et à offrir davantage de visibilité réglementaire aux investisseurs.

La BAD prévoit pour sa part d’accompagner ces projets à travers des garanties, des mécanismes de financement mixte et de l’assistance technique. Pour les entreprises européennes comme pour les acteurs africains du transport, de l’ingénierie, de la formation et des services ferroviaires, le développement de ces corridors pourrait donc ouvrir de nouveaux marchés, à condition que les infrastructures s’accompagnent d’un véritable écosystème industriel et de compétences locales.

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Tunisie: 2 secteurs retenus pour 63 MD dans le Programme de mise à niveau industrielle

Deux nouveaux projets industriels viennent d’obtenir l’aval du Programme de mise à niveau( PMN). Leur investissement cumulé atteint près de 63 millions de dinars, avec 9,5 millions de dinars de primes. Les activités concernées touchent à deux segments différents, les composants automobiles et aéronautiques d’un côté, l’emballage métallique de l’autre.

La décision a été prise vendredi 2 octobre par le comité consultatif du Programme de mise à niveau de l’industrie, réuni au siège du ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie. Selon les informations communiquées par le ministère, les deux dossiers ont été approuvés pour un investissement global de 63 millions de dinars. La répartition de cette enveloppe entre les deux entreprises n’a pas été précisée. Le détail des projets reste lui aussi limité. Les autorités n’ont pas communiqué les noms des deux entreprises ni la nature exacte des équipements ou opérations prévus. Il est donc encore difficile d’évaluer leur impact attendu sur les capacités de production, l’emploi ou les exportations.

La réunion du 2 octobre ne portait toutefois pas uniquement sur ces deux dossiers. Le comité consultatif a également validé les travaux de la commission restreinte du Programme de mise à niveau, réunie deux jours plus tôt. Cette dernière avait retenu 23 dossiers représentant 82,3 millions de dinars d’investissements, avec 11,6 millions de dinars de primes. À cela s’ajoutent 57 dossiers consacrés à des investissements technologiques prioritaires, pour un montant total de 3,17 millions de dinars et des primes de 1,26 million de dinars.

Par ailleurs, le montant des primes varie également selon la nature des dossiers. Pour les deux projets approuvés vendredi, elles atteignent 9,5 millions de dinars. 

Rappelons que la réunion était présidée par Afef Chachi Tayari, cheffe de cabinet du ministre de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie. Elle a réuni notamment la directrice générale du Bureau de mise à niveau de l’industrie, Bouthaina Boukamcha, des représentants de l’UTICA, de plusieurs départements ministériels ainsi que du secteur bancaire.

 

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La Vache qui rit ne rit plus… Voici pourquoi

Et si, pour faire parler d’une marque, il suffisait de lui retirer ce que tout le monde connaît déjà ? C’est le pari du groupe Bel aux États-Unis. Depuis le 22 septembre, la célèbre mascotte de La Vache qui rit a temporairement perdu son sourire sur certains emballages vendus dans plus de 4 700 magasins américains. À sa place : un visage sérieux, la mention « The Not Laughing Cow » et un message énigmatique : « We need to talk ».

Pendant plusieurs jours, le groupe n’a donné aucune explication. Les consommateurs étaient invités à scanner un QR code présent sur les emballages et à se rendre sur le site de la campagne pour tenter de comprendre ce qui était arrivé à la vache. La marque a également entretenu le mystère sur ses réseaux sociaux.

Le dispositif a finalement été dévoilé le 30 septembre. La Vache qui rit aurait perdu le sourire après avoir constaté à quel point les gens pouvaient se diviser pour des désaccords parfois dérisoires : la façon de placer le rouleau de papier toilette, les chaussettes avec des sandales ou encore l’ananas sur la pizza. Bel a construit toute sa campagne autour de cette idée : certaines disputes prennent beaucoup plus d’importance qu’elles ne le méritent. La campagne ne s’arrête toutefois pas à cette révélation. Avec « Spread the Laugh » et le hashtag #SpreadTheLaugh, Bel invite désormais les internautes à raconter leurs propres petites disputes du quotidien et à en rire. L’objectif est de faire participer les consommateurs plutôt que de simplement leur diffuser un message publicitaire.

L’opération illustre une idée utile pour les entreprises : une marque n’a pas toujours besoin de créer quelque chose de nouveau pour attirer l’attention. Elle peut aussi jouer avec un actif existant, à condition qu’il soit suffisamment fort pour être immédiatement reconnu. Dans le cas de La Vache qui rit, plus de 100 ans d’histoire donnent une valeur particulière au moindre changement. En retirant momentanément son sourire, Bel transforme une caractéristique graphique en sujet de conversation.

La campagne montre aussi l’intérêt d’un mécanisme en plusieurs temps : provoquer une anomalie, laisser le public chercher la réponse, puis révéler l’histoire et lui donner la possibilité de participer. Le consommateur n’est alors plus seulement spectateur de la publicité ; il devient une partie de son scénario. C’est probablement le point le plus intéressant de l’opération : Bel n’a pas essayé de rendre La Vache qui rit différente. L’entreprise a simplement rendu son absence de sourire suffisamment inhabituelle pour que les consommateurs aient envie de savoir pourquoi.

Et pour une marque née en 1921, réussir à faire regarder à nouveau sa mascotte par le public en 2026 est déjà, en soi, une performance marketing.

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African ESG Summit 2026 : Managers réunit à Tunis l’écosystème africain de l’ESG autour d’un mot d’ordre, « Exportez durablement »

La 4e édition, le 8 octobre au Sheraton Tunis, se veut plus qu’une conférence : une plateforme de connexion entre décideurs, investisseurs et porteurs de solutions durables.

Managers organise le 8 octobre 2026, au Sheraton Tunis, la 4e édition de l’African ESG Summit. Cette année, le sommet part d’une question devenue stratégique pour les entreprises africaines : comment continuer à exporter, et rester compétitif, quand les règles du commerce international se réécrivent au rythme des réglementations européennes ?

Taxe carbone aux frontières (CBAM), devoir de vigilance (CSDDD), règlement contre la déforestation importée (EUDR) : les exigences environnementales et sociales redessinent progressivement les conditions d’accès aux chaînes de valeur. Pour les entreprises tunisienne, produire et exporter ne suffit plus. Il faut désormais mesurer son empreinte, garantir la traçabilité de ses produits, fiabiliser ses données ESG et anticiper les attentes de ses clients et de ses financeurs.

Placée sous le thème « Exportez durablement », cette édition réunira dirigeants, directeurs ESG et financiers, experts, investisseurs et institutions. L’objectif est de transformer ces contraintes en leviers de compétitivité, de résilience et d’accès aux marchés.

Une plateforme de connexion, pas seulement de réflexion

Au-delà des keynotes, des panels et de la masterclass certifiante, l’African ESG Summit se positionne comme un lieu où les relations d’affaires se nouent concrètement :

  • Les sessions B2B organisent des rendez-vous qualifiés entre exportateurs, acheteurs, fournisseurs de solutions ESG et investisseurs. En 2025, elles ont généré 149 rendez-vous et 60 transactions.
  • Les Sustain’Awards récompensent les startups et les entreprises africaines qui apportent des solutions durables concrètes, et leur donnent de la visibilité auprès des investisseurs et des grands donneurs d’ordre.
  • Le hackathon d’impact, mené avec STAR, mobilise de jeunes talents autour de solutions faisant du sport un levier d’inclusion.
  • Le salon d’exposition réunit les entreprises fournisseurs de solutions ESG, les institutions et les partenaires, et fait office d’espace de rencontre tout au long de la journée.

Une journée centrée sur les réalités des entreprises

Le programme suit le parcours d’un exportateur, la décarbonation et l’impact des nouvelles réglementations européennes ; la traçabilité et la logistique durable et la finance durable et la bancabilité ESG. Deux masterclass, l’après-midi, sur la gestion des risques ESG et les agents IA pour la conformité donneront aux participants des outils directement opérationnels.

Trois éditions pour bâtir une communauté

Depuis sa création, l’African ESG Summit s’est imposé comme un espace de dialogue entre entreprises, experts et décideurs. La 3e édition, organisée en 2025 avec la Friedrich Naumann Foundation for Freedom Tunisia & Libya, a réuni 348 participants autour de l’intelligence artificielle, du Net Zero, de l’investissement responsable et de la fiabilité des données ESG. La 4e édition franchit une nouvelle étape : passer de l’engagement à l’action.

L’African ESG Summit 2026 est organisé par Managers, en partenariat avec la Friedrich Naumann Foundation for Freedom Tunisia & Libya (FNF). Il bénéficie du soutien de Star, Astree, Microcred, BYD, BH, SFBT, Eodata Center, BT, UNGC, Banque Zitouna, UGFS, Attijari Bank, Rose Blanche, Bako, WHS.

 

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Pourquoi les ultra-riches prennent leurs distances avec Londres

Londres voit partir une partie de ses contribuables les plus fortunés. Selon une analyse de Bloomberg fondée sur le Bloomberg Billionaires Index, les milliardaires et familles qui ont réduit ou rompu leurs liens avec le Royaume-Uni au cours des deux dernières années représentent environ 160 milliards de dollars de fortune cumulée. Le chiffre donne la mesure de l’enjeu pour Londres, même s’il ne signifie pas que 160 milliards de dollars d’actifs ont quitté l’économie britannique.

Parmi les départs les plus emblématiques figure celui de Chris Rokos, fondateur du hedge fund Rokos Capital Management. Le financier britannique doit transférer sa résidence fiscale en Grèce et prévoit également d’y ouvrir un bureau à Athènes, selon Bloomberg. Son départ est particulièrement symbolique : il figurait parmi les plus gros contribuables individuels du Royaume-Uni.

Selon le Sunday Times Tax List, Rokos aurait payé environ 330 millions de livres d’impôts au titre de la dernière année fiscale prise en compte, ce qui le plaçait au troisième rang des contribuables britanniques. Ce montant doit toutefois être présenté comme une estimation publiée par le Sunday Times : les données fiscales individuelles ne sont pas publiquement vérifiables auprès de HMRC. L’organisme TaxWatch a notamment souligné que la facture fiscale de 330 millions de livres ne peut pas être considérée comme un montant annuel récurrent. Le choix de la Grèce n’est pas anodin. Le pays dispose d’un régime permettant, sous certaines conditions, aux nouveaux résidents fiscaux de payer un montant forfaitaire de 100 000 euros par an sur leurs revenus provenant de l’étranger, pendant une période pouvant aller jusqu’à 15 ans. Le dispositif suppose notamment un investissement minimum de 500 000 euros.

Cette concurrence fiscale intervient alors que le Royaume-Uni a profondément modifié son propre cadre applicable aux grandes fortunes internationales. Depuis le 6 avril 2025, l’ancien régime fiscal des « non-doms » a été supprimé et remplacé par un régime fondé sur la résidence. Les nouveaux résidents remplissant certaines conditions peuvent bénéficier d’une exonération sur leurs revenus et gains étrangers pendant leurs quatre premières années fiscales au Royaume-Uni, à condition notamment d’avoir été non-résidents pendant les dix années précédentes.

Le changement concerne aussi la fiscalité successorale. Depuis avril 2025, le Royaume-Uni applique de nouvelles règles fondées sur la notion de « long-term UK residence ». Dans certaines situations, les actifs situés à l’étranger peuvent ainsi entrer dans le champ de l’Inheritance Tax pour les personnes ayant un historique de résidence suffisamment long au Royaume-Uni. Pour Londres, le problème dépasse donc la simple question du nombre de milliardaires qui changent d’adresse. Une grande fortune peut conserver des entreprises, des immeubles, des comptes ou des investissements au Royaume-Uni tout en transférant sa résidence fiscale ailleurs. C’est précisément pourquoi les 160 milliards de dollars évoqués par Bloomberg ne doivent pas être présentés comme 160 milliards de dollars de capitaux sortis du pays. Le chiffre mesure la fortune des personnes concernées, pas un flux financier sortant mesuré.

L’enjeu économique se situe plutôt dans ce qui pourrait suivre le changement de résidence : family offices, équipes d’investissement, sièges de sociétés, emplois hautement qualifiés, dépenses locales et surtout décisions d’investissement futures. Londres reste pourtant loin d’avoir perdu son statut de grande place financière. Son marché des capitaux, son droit, ses banques, ses gestionnaires d’actifs et son vivier de compétences continuent de constituer des avantages majeurs. Le risque est ailleurs : la concurrence internationale est devenue beaucoup plus crédible. La Grèce, l’Italie, la Suisse, Monaco, Singapour ou encore les Émirats arabes unis proposent désormais aux grandes fortunes des combinaisons de fiscalité, de services financiers et de qualité de vie qui rendent la mobilité plus facile.

Le Royaume-Uni se retrouve ainsi face à un arbitrage délicat. Les réformes fiscales doivent permettre de faire davantage contribuer les contribuables les plus fortunés qui restent, tout en évitant que les plus mobiles ne déplacent leur résidence et, à terme, une partie de leur activité économique. Le cas Rokos illustre parfaitement ce dilemme. La question n’est pas seulement de savoir combien d’impôts un milliardaire paie aujourd’hui. Elle est de savoir où il décidera demain de vivre, d’investir, de gérer son patrimoine et de développer ses activités.

Pour Londres, c’est probablement là que se joue la véritable bataille. Les 160 milliards de dollars ne sont pas nécessairement sortis de Grande-Bretagne. Mais les personnes qui contrôlent une partie de cette richesse, elles, peuvent choisir de plus en plus facilement où elle sera gérée et où les prochaines décisions économiques seront prises.

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