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Pixxel lève 100 millions de dollars et veut faire de ses satellites une infrastructure d’intelligence terrestre

La startup indienne Pixxel, spécialisée dans l’observation de la Terre par satellite, a levé 100 millions de dollars lors d’un tour de série C, destiné à accélérer le développement de ses satellites, de ses logiciels d’analyse et de ses capacités de production. L’opération constitue, selon l’entreprise et Reuters, la plus importante levée de fonds réalisée par une société de technologie spatiale en Inde.

Le tour a été co-dirigé par Temasek, fonds d’investissement de l’État singapourien, et Seraphim, spécialiste britannique du financement des technologies spatiales. De nouveaux investisseurs, dont 360 ONE Asset et IMM Investment, ont rejoint des investisseurs déjà présents au capital, parmi lesquels Radical Ventures et growX Ventures. Avec cette opération, Pixxel porte le financement cumulé obtenu depuis sa création à 195 millions de dollars.

 

Fondée à Bengaluru par Awais Ahmed, Pixxel s’est d’abord fait connaître avec ses satellites d’imagerie hyperspectrale. Cette technologie permet d’observer la Terre sur un spectre beaucoup plus large que l’imagerie satellitaire classique et de détecter des caractéristiques invisibles sur des images ordinaires.

Mais le modèle de la startup évolue. Pixxel cherche désormais à construire une chaîne complète allant de la capture de données depuis l’espace jusqu’à leur transformation en informations directement exploitables. Au cœur de cette stratégie figure Aurora, sa plateforme logicielle d’intelligence terrestre. Elle rassemble et analyse différentes données d’observation afin de fournir des informations destinées notamment aux gouvernements, aux industriels et aux autres utilisateurs de données satellitaires. L’intelligence artificielle devient ainsi un élément important de la proposition de valeur : l’enjeu n’est plus seulement de produire davantage d’images depuis l’espace, mais d’en extraire rapidement des informations utiles à la décision.

100 millions de dollars pour produire davantage

Une partie du nouveau financement servira à renforcer les capacités de détection de Pixxel. L’entreprise prévoit notamment de développer sa prochaine constellation Honeybee, avec des capacités supplémentaires en infrarouge à ondes courtes, ainsi que de nouvelles technologies comme le radar à synthèse d’ouverture et l’imagerie optique à très haute résolution. Le premier satellite Honeybee est attendu en 2027. Pixxel compte également augmenter ses capacités de fabrication en Inde et aux États-Unis afin de pouvoir produire ses satellites à un rythme plus élevé.

La startup ne se limite donc plus au marché commercial de l’imagerie. Elle développe aussi des systèmes spatiaux destinés à des missions souveraines, notamment pour des applications gouvernementales, civiles et de défense. Cette levée intervient dans un contexte de montée en puissance du secteur spatial privé en Inde. Pixxel fait partie des entreprises apparues après l’ouverture progressive du secteur aux acteurs privés.

La startup a déjà mis en orbite six satellites Firefly et indique exploiter une constellation commerciale d’imagerie hyperspectrale à très haute résolution. Elle a également obtenu des contrats avec la NASA et le National Reconnaissance Office américain et a été sélectionnée pour participer au développement de la première constellation indienne d’observation de la Terre reposant sur un partenariat public-privé, avec 12 satellites.

Pixxel travaille par ailleurs sur un projet encore plus ambitieux : un satellite destiné à démontrer le fonctionnement d’un centre de données en orbite, avec des capacités de calcul et d’IA directement dans l’espace. Le satellite Pathfinder doit notamment combiner observation de la Terre, calcul embarqué et modèles d’IA développés en Inde.

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IA, robotique: le Mali veut prendre place dans la course africaine

Le Mali se dote d’un nouvel outil pour développer ses capacités en intelligence artificielle. Le Centre d’intelligence artificielle et de robotique du Mali (CIAR-Mali) a été inauguré le 21 septembre à Sirakoro Niaré, dans la commune de Kati, près de Bamako. Le site, qui s’étend sur 150 hectares selon l’Agence malienne de presse et de publicité, doit accueillir des activités de formation et de recherche dans les mathématiques, les sciences de l’ingénieur, l’IA et la robotique.

L’infrastructure ne part pas de zéro. La première pierre avait été posée en 2023 et les activités de formation avaient commencé avant l’inauguration officielle. Le centre dispose notamment de salles techniques et d’un espace dédié aux drones. Les autorités maliennes veulent également y développer des applications dans plusieurs secteurs, dont l’agriculture, la santé et les mines.

Le choix du Mali intervient alors que l’IA gagne du terrain dans les politiques technologiques africaines. En 2024, l’Union africaine a adopté une stratégie continentale consacrée à l’intelligence artificielle. Le document insiste notamment sur les compétences, les infrastructures, la recherche et la nécessité pour les pays africains de développer leurs propres capacités dans ce domaine.

Sur le plan pratique, les initiatives commencent à se multiplier. L’OCDE recense plusieurs pays africains ayant adopté ou engagé des stratégies nationales en matière d’IA, avec des priorités qui vont de la formation aux infrastructures numériques, en passant par la recherche et l’intégration de l’IA dans les secteurs productifs.

La robotique prend elle aussi une place croissante. En Égypte, une compétition consacrée à l’IA et à la robotique a réuni en 2026 des jeunes venus travailler sur des solutions technologiques répondant à des problématiques africaines. L’initiative est soutenue notamment par l’AUDA-NEPAD. 

À l’échelle mondiale, le rythme est autrement plus soutenu. Les robots humanoïdes quittent progressivement le terrain des démonstrations pour être testés dans des environnements industriels. En septembre, le robot chinois TianGong Ultra a parcouru 100 mètres en 8,64 secondes lors des World Humanoid Robot Games à Pékin, rapporte Reuters. La performance est spectaculaire, mais l’enjeu industriel se situe ailleurs: rendre ces machines suffisamment autonomes et fiables pour accomplir des tâches dans le monde réel.

Pour les économies africaines, la marche à franchir reste importante. Selon le FMI, l’IA pourrait accroître de 0,2 % à 2,1 % la productivité en Afrique subsaharienne au cours de la prochaine décennie, à mesure que progresseront l’accès à l’électricité, à Internet et aux compétences numériques. À son plein potentiel, cette évolution ajouterait près de 0,5 point à la croissance annuelle du PIB, soit environ 4 % cumulés sur dix ans.

C’est précisément sur ce terrain que se joue le pari malien. Avant de parler de robots humanoïdes capables de travailler dans les usines, il faut disposer d’ingénieurs, de chercheurs et de techniciens capables de concevoir, tester et adapter ces technologies. Le CIAR-Mali entend justement constituer ce socle, avec des applications envisagées dans des secteurs aussi différents que l’agriculture, la santé, les mines et la sécurité.

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La fintech MNT-Halan lève 82 millions de dollars avant son entrée en Bourse au Caire

La fintech égyptienne MNT-Halan vient de lever plus de 4 milliards de livres égyptiennes, soit environ 82 millions de dollars, à travers trois émissions de titres de créances titrisés. Cette nouvelle enveloppe doit soutenir l’expansion de ses activités de financement, alors que son portefeuille de crédits se rapproche du milliard de dollars.

Les opérations ont été réalisées par deux filiales du groupe, Halan Consumer Finance et Tasaheel for Finance. Elles comprennent une émission de 528,5 millions de livres pour Halan Consumer Finance et deux autres de 1,2 milliard et 2,28 milliards de livres pour Tasaheel. Les trois opérations affichent une maturité de 13 mois et ont obtenu une notation « A- » de Middle East Rating & Investors Service (MERIS).

Cette levée intervient alors que MNT-Halan dispose d’une importante capacité de distribution en Égypte, avec plus de 1 200 points de présence dans 25 gouvernorats. À fin juin 2026, le groupe comptait environ 1,9 million de clients actifs et affichait un portefeuille de financement de 46,7 milliards de livres égyptiennes. Depuis sa création, il affirme avoir accordé près de 178 milliards de livres de financements. L’opération intervient également à l’approche d’une étape majeure pour le groupe : son entrée à la Bourse égyptienne. MNT-Halan a annoncé son intention de mettre sur le marché 320 millions d’actions, représentant 20 % de son capital, sous réserve des autorisations réglementaires et des conditions de marché. L’opération doit notamment passer par une offre destinée aux investisseurs institutionnels et une offre au public. Pour MNT-Halan, la combinaison de la titrisation et de l’accès prochain au marché boursier traduit une stratégie de financement à plusieurs leviers : mobiliser rapidement des ressources pour développer le crédit tout en préparant une ouverture du capital aux investisseurs.

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Tunisie: lancement d’un nouveau projet pour rapprocher entreprises, startups et chercheurs autour de la durabilité

Comment les entreprises tunisiennes avancent-elles aujourd’hui sur les questions de durabilité? Quels sont leurs besoins et surtout les difficultés qu’elles rencontrent dans leurs secteurs respectifs? Le projet national “Smart Sustainable Infrastructures” veut apporter des éléments de réponse à ces questions en allant directement à la rencontre des entreprises et des acteurs locaux.

Lancé le 2 octobre 2026 à Startup Village à Tunis, ce projet s’inscrit dans le programme “CréAfrique 2.0” et se poursuivra jusqu’en avril 2027. Il prévoit notamment de travailler avec plus de 100 entreprises tunisiennes afin d’évaluer leur niveau de maturité en matière de responsabilité sociétale des entreprises (RSE), mais aussi de mieux comprendre leurs besoins.

Le travail ne se limitera pas au Grand Tunis. Une caravane RSE doit se rendre dans 12 villes, à savoir Bizerte, Tunis, Sousse, Mahdia, Sfax, Djerba, Gabès, Tozeur, Sidi Bouzid, Kairouan, Le Kef et Béja. L’objectif? Est d’échanger avec les acteurs économiques locaux et d’identifier les difficultés liées à la durabilité selon les régions et les secteurs.

Selon Fatma Attia, cheffe du projet, cette démarche doit permettre de rapprocher les entreprises de ceux qui peuvent apporter des réponses à leurs problématiques, notamment les chercheurs, les experts, les universités et les porteurs de projets. Elle souligne que les besoins ne sont pas les mêmes d’un secteur à l’autre. Les problématiques rencontrées dans le textile peuvent ainsi différer de celles des entreprises spécialisées dans les composants automobiles.

En effet, le projet prévoit également la création de “l’UGC Innovation Lab”. Entreprises, startups, chercheurs, experts et étudiants pourront y travailler sur les problématiques identifiées sur le terrain. Les solutions proposées pourront ensuite être testées sous forme de prototypes avant leur éventuelle mise en application.

Par ailleurs, pour les startups et les porteurs de projets, le dispositif prévoit l’accompagnement de 15 projets. Le programme cible également 500 jeunes et porteurs de projets et prévoit la mobilisation de 100 experts et chercheurs. Les sujets abordés couvriront notamment l’employabilité, la formation, l’innovation, la recherche scientifique et l’entrepreneuriat. D’ailleurs, le volet consacré aux entreprises doit aussi permettre d’établir un état des lieux des pratiques RSE. Les informations recueillies serviront à identifier les pratiques existantes, mais aussi les besoins et les difficultés encore rencontrées par les entreprises. Un guide national des bonnes pratiques en matière de RSE et de durabilité doit ensuite être élaboré.

En outre, la recherche scientifique fait partie du programme. Sur ce, un espace de recherche participative sera mis en place avec le Centre d’études et de recherches économiques et sociales (CERES). Le projet prévoit la publication de 10 articles scientifiques à partir notamment des données collectées au cours des différentes étapes.

Trois rendez-vous sont déjà inscrits au calendrier. Après le lancement du 2 octobre, un “Hackathon 2.0” est prévu les 30 et 31 janvier 2027. Le projet prendra fin avec le forum “Innovation for Smart Sustainable Infrastructures”, programmé les 20 et 21 avril 2027.

Notons qu’à travers ce programme, les entreprises seront donc sollicitées à deux niveaux. Elles pourront faire connaître les difficultés auxquelles elles sont confrontées en matière de durabilité et participer aux travaux avec les chercheurs, experts et startups. Les porteurs de solutions pourront, de leur côté, confronter leurs idées aux besoins exprimés par les entreprises et aux réalités des différents secteurs économiques tunisiens.

Rappelons que CréAfrique 2.0 en est à sa deuxième édition. Le programme est porté par Flow UP Consulting, en partenariat avec le UN Global Compact Network Tunisia.

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Hadrian le robot qui pose les murs d’une maison à la vitesse de 360 blocs par heure…

La startup australienne Fastbrick Robotics a développé Hadrian, un robot capable de poser jusqu’à 360 blocs par heure. Son objectif : réaliser les murs intérieurs et extérieurs d’une maison standard en une seule journée.

Installé sur un camion, le robot utilise un bras télescopique de 32 mètres. À partir de plans numériques, il positionne les blocs avec un système de guidage et applique automatiquement l’adhésif avant leur pose. Il peut manipuler des blocs pesant jusqu’à 45 kg. La technologie a déjà été testée aux États-Unis. FBR indique avoir réalisé les murs d’une maison en une journée dans le cadre d’un programme mené en Floride. Pour les entreprises du bâtiment, l’enjeu dépasse la vitesse. FBR propose notamment un modèle de prestation appelé « Wall as a Service », permettant aux constructeurs de faire réaliser leurs murs par le robot sans acheter eux-mêmes la machine. Son prix de base annoncé atteint 7,8 millions de dollars australiens.

La technologie reste toutefois en phase de déploiement commercial. Aux États-Unis, FBR poursuit encore la structuration de ses partenariats et de son modèle économique.

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Les startups africaines ont déjà levé 2 milliards de dollars en 2026

Les startups africaines ont réussi à franchir le cap des 2 milliards de dollars de financement en 2026, hors cessions, au mois de septembre 2026, selon Africa: The Big Deal. Si les tendances actuelles se maintiennent, les fonds mobilisés pourraient approcher les 3 milliards de dollars d’ici la fin de l’année. Depuis 2019, plus de 25 milliards de dollars ont été investis dans plus de 2 600 startups ayant chacune levé au moins 100 000 dollars.

Ces chiffres suggèrent que, bien que l’Afrique continue d’attirer des investissements substantiels en capital-risque, l’environnement de financement reste plus sélectif, la dette représentant une part croissante des capitaux levés. Cela s’explique par une combinaison de mutations macroéconomiques, de l’évolution de l’aversion pour le risque des investisseurs et des modèles opérationnels spécifiques des entreprises en phase de croissance sur le continent.

Une part importante des startups les plus financées opère dans des secteurs tels que les technologies propres, l’énergie solaire, la logistique et l’agriculture, qui nécessitent des actifs physiques et du matériel. La dette constitue l’instrument financier idéal pour financer ces infrastructures, contrairement aux capitaux propres, traditionnellement conçus pour alimenter une croissance logicielle rapide.

De plus, après la correction du marché mondial du capital-risque, les investisseurs se tournent vers la rentabilité et la discipline financière, rendant les bailleurs de fonds plus durs dans leurs choix. À l’inverse, les prêteurs spécialisés recherchent des flux de trésorerie prévisibles, ce qui rend la dette plus accessible pour les entreprises technologiques africaines matures et génératrices de revenus. Pour les fondateurs, ce mécanisme permet également de lever des capitaux de croissance importants sans dilution excessive du capital. Une grande partie de ces créances proviennent d’ailleurs d’institutions financières de développement et de fonds d’impact social qui soutiennent des projets d’inclusion et de transition énergétique avec des risques maîtrisés.

Dans tout cela, les entités tunisiennes restent peu actives en dépit d’un écosystème considéré parmi les meilleurs au continent. La taille du marché et la réglementation de change demeurent deux handicaps de taille pour la majorité des jeunes entreprises.

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Nouveau programme: les PME auront un diagnostic pour savoir par où commencer

Une entreprise peut vouloir automatiser sa production, intégrer des équipements connectés ou utiliser l’intelligence artificielle. Encore faut-il savoir par où commencer. En Tunisie, un nouvel outil doit justement permettre aux industriels de mesurer leur niveau de préparation au numérique et d’identifier les technologies dont ils ont réellement besoin.

Le ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie et l’Agence de promotion de l’industrie et de l’innovation (APII), avec l’Union européenne et la GIZ Tunisie, lancent le Label I4.0 et TIMA, pour Tunisian Intelligent Manufacturing Assessment. Le lancement est prévu le 30 septembre à Tunis.

TIMA doit servir de point de départ. L’outil permet d’évaluer la maturité numérique d’une entreprise, d’identifier ses besoins et de mieux définir les prochaines étapes. Il sera disponible dans cinq Centres de compétences à Sousse, Sfax, Bizerte, Sidi Thabet et Monastir.

L’accompagnement ne s’arrête toutefois pas au diagnostic. À travers le HUB Industrie 4.0, les entreprises peuvent ensuite identifier les pistes d’amélioration et tester des solutions sur des projets pilotes, avant de viser le Label I4.0. L’idée est de permettre aux industriels d’avancer étape par étape plutôt que de multiplier les investissements technologiques sans feuille de route claire.

Pour les entrepreneurs et les entreprises technologiques, cette évolution crée aussi de nouveaux besoins à adresser. Automatisation, équipements connectés et intelligence artificielle figurent parmi les domaines déjà concernés par les initiatives développées depuis 2018 avec l’appui de l’Allemagne et de l’Union européenne.

Le sujet dépasse donc la seule digitalisation des usines. À mesure que les industriels cherchent à moderniser leurs activités, les entreprises capables de proposer des solutions adaptées peuvent trouver de nouveaux débouchés. Le diagnostic devient alors un premier lien entre un besoin industriel et une solution technologique.

 

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Replit rachète Atta, la startup cofondée par le Tunisien Amine Ben Khalifa

Replit renforce son offre d’intelligence artificielle avec l’acquisition d’Atta, une startup spécialisée dans l’analyse de données et la visualisation interactive. L’opération, annoncée le 25 septembre 2026, fait également entrer ses deux cofondateurs, Omar Shaik et le Tunisien Amine Ben Khalifa, au sein de Replit.

L’enjeu dépasse le simple ajout d’un outil de graphiques. Avec Atta, Replit veut permettre aux équipes métiers d’interroger directement leurs données, d’identifier ce qui explique une évolution de leurs performances et de transformer rapidement ces constats en actions, sans devoir passer systématiquement par un spécialiste de la donnée ou écrire du SQL.

La première fonctionnalité issue de l’acquisition est déjà disponible dans Replit: les graphiques interactifs directement dans le chat. Concrètement, un utilisateur peut importer un jeu de données ou connecter une source de données, poser une question en langage naturel et demander à Replit d’analyser les résultats. L’outil prend en charge les requêtes et les étapes d’analyse avant de proposer une visualisation adaptée.

Pour une entreprise, cela peut servir à chercher pourquoi le pipeline commercial recule, quels canaux marketing génèrent les meilleurs résultats ou encore quels segments expliquent une baisse de la rétention client. Replit peut notamment produire des graphiques en cascade pour expliquer une variation de revenus ou des cartes thermiques pour faire ressortir certains comportements dans les données. L’objectif est ainsi de réduire les allers-retours entre équipes opérationnelles, analystes et outils de visualisation. La personne qui connaît le problème métier peut directement commencer par poser sa question et explorer les données.

Cette acquisition met aussi en lumière le parcours d’Amine Ben Khalifa, cofondateur et Chief AI Scientist d’Atta. Titulaire d’un PhD en machine learning, il a auparavant travaillé chez Adobe et Apple, selon la présentation publiée par Atta. À ses côtés, Omar Shaik, cofondateur et CEO d’Atta, apporte un profil davantage orienté produit et ingénierie. Il a été l’un des premiers ingénieurs à travailler sur Apple Vision Pro et a également évolué au sein de plusieurs startups en forte croissance. Selon la présentation d’Atta, il travaillait déjà sur des outils de développement utilisant l’IA avant la généralisation du concept de «vibe coding».

Une acquisition qui élargit le terrain de jeu de Replit

Pour Replit, l’opération s’inscrit dans une stratégie plus large: ne plus seulement aider les utilisateurs à construire des applications, mais aussi leur permettre de comprendre les données qui doivent guider ces applications et leurs décisions. La société présente les graphiques intégrés comme une première étape. À terme, elle envisage un environnement où une analyse pourrait devenir une routine récurrente, alimenter une présentation destinée à une direction ou servir de point de départ à la création d’un nouvel outil interne. Cette vision relève toutefois du développement futur annoncé par Replit et ne correspond pas à l’ensemble des fonctionnalités déjà disponibles. L’acquisition intervient quelques mois après une nouvelle étape importante pour Replit. En mars 2026, l’entreprise avait annoncé une levée de 400 millions de dollars pour une valorisation de 9 milliards de dollars, renforçant ses moyens pour développer sa plateforme d’IA. Avec Atta, Replit ajoute donc une nouvelle brique à son écosystème: faire passer l’utilisateur de la question à l’analyse des données, puis potentiellement à l’action, dans un même environnement. 

 

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Au Ghana, Hyphine veut mettre fin au chaos des retours clients des créatifs

Entre un premier livrable et sa validation finale, les projets créatifs peuvent rapidement se perdre dans les e-mails, les messages WhatsApp, les captures d’écran et les différentes versions de fichiers. C’est précisément sur cette étape que veut agir Hyphine, une jeune pousse ghanéenne qui centralise les retours, les modifications et les validations de contenus créatifs sur une même plateforme.

Fondée en 2026 par Salih Abdulrahman, designer et professionnel de la création, Hyphine développe un outil destiné aux freelances, équipes créatives et agences. La startup est enregistrée au Ghana, à Accra, et se présente comme une solution de collaboration visuelle et de gestion des processus de validation.

Le principe est volontairement simple : le créatif téléverse un design, un PDF, une image ou un autre contenu, puis transmet au client un lien unique. Celui-ci peut consulter le document sans créer de compte, commenter directement le contenu, annoter une zone précise ou demander une modification. Les différentes versions restent regroupées avec les commentaires correspondants, ce qui permet de retrouver plus facilement les changements effectués et le statut du projet.

Du commentaire dispersé au retour exploitable

Pour les agences et les équipes qui travaillent sur plusieurs projets simultanément, Hyphine va au-delà du simple partage de fichiers. La plateforme permet de créer des espaces de travail, d’inviter des collaborateurs, d’attribuer des retours et de suivre les validations. Les agences disposent également de tableaux de suivi, de plusieurs espaces dédiés à leurs clients et de portails personnalisables avec leur identité visuelle.

Cette orientation répond à un problème très concret dans les métiers créatifs : le coût des allers-retours. Dans une interview accordée à Disrupt Africa, Salih Abdulrahman explique que le problème ne se situe pas nécessairement dans la production du design, mais dans ce qui vient après : comprendre les retours, retrouver la bonne version, effectuer les corrections et obtenir une validation claire.

Hyphine ajoute une couche d’intelligence artificielle à ce processus. Son assistant peut regrouper des commentaires similaires, transformer des retours en actions à effectuer, produire des synthèses et identifier certains problèmes liés notamment à la lisibilité ou à l’alignement visuel. L’objectif est de passer d’un ensemble de commentaires parfois dispersés à une liste de corrections plus directement exploitable par l’équipe.

La startup affiche sur son site un taux de “Traction and Approval” de 80 % ainsi que des cycles de révision annoncés comme pouvant être jusqu’à dix fois plus rapides. Ces deux données sont toutefois des indicateurs publiés par Hyphine elle-même et le site ne détaille pas la méthode de calcul ni l’échantillon utilisé. Elles doivent donc être considérées comme des données déclaratives de la jeune pousse.

Hyphine fonctionne selon un modèle comprenant une formule gratuite et des offres payantes. Les limites de taille des fichiers évoluent selon les formules : la version gratuite autorise des fichiers allant jusqu’à 100 Mo, tandis que les offres Freelancer et Team montent jusqu’à 2 Go et l’offre Agency jusqu’à 10 Go par fichier.

La plateforme annonce par ailleurs des intégrations avec Figma, Slack, Adobe Creative Cloud, Frame.io et Notion. Pour son offre destinée aux agences, elle prévoit également des connexions avec Zapier et des configurations d’API personnalisées. Pour l’instant, Hyphine reste une startup en phase de développement. Elle indique être « bootstrapped », c’est-à-dire développée sans financement externe annoncé, et affirme vouloir construire son activité depuis le Ghana tout en ciblant progressivement les freelances, studios et agences africains travaillant avec des clients locaux comme internationaux.

Son pari porte ainsi sur un maillon souvent peu visible de l’économie créative : non pas la création elle-même, mais tout ce qui se passe entre le moment où un travail est envoyé au client et celui où celui-ci donne finalement son feu vert.

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HawKar, 10 ans pour mettre une voiture tunisienne sur la route

Il aura fallu près de dix ans à HawKar pour passer de l’idée au véhicule. Le projet prend forme en 2015, après les études de sa fondatrice, puis entre dans une phase de développement en 2016. L’entreprise est finalement créée en octobre 2018. Depuis, la startup travaille sur un véhicule électrique destiné aux personnes à mobilité réduite, avec une particularité dès sa conception, l’accès direct en fauteuil roulant.

HawKar a fait le choix de développer son propre véhicule plutôt que de partir d’un modèle existant à aménager. Un choix qui a allongé le processus de mise au point. La conception d’un véhicule impose en effet des développements mécaniques et électroniques, des prototypes, des essais de résistance et de comportement sur route, ainsi que des démarches liées à la conformité et aux exigences de sécurité.

Le financement a également rythmé l’évolution du projet. Pour avancer d’une étape à l’autre, la startup a eu recours à des subventions, des concours, des financements d’amorçage et différents partenariats. HawKar s’inscrit aujourd’hui dans l’écosystème tunisien de l’innovation et indique bénéficier de la dynamique du Startup Act.

Son réseau de partenaires s’est constitué progressivement. ACTIA accompagne le projet depuis 2017 et le business angel Walid Charfi depuis 2018. Le CIPPH a rejoint le dispositif en 2021, suivi par la GIZ en 2022. En 2024, CTAMA est entrée au capital de HawKar.

Le passage aux essais pilotes

La startup a récemment présenté son véhicule final au Technopole d’El Ghazala. Elle se trouve désormais dans une phase de tests pilotes menée avec des partenaires institutionnels et stratégiques. Cette étape doit permettre de poursuivre la validation du véhicule avant son passage à la production.

HawKar prépare également une nouvelle levée de fonds. Les ressources recherchées doivent servir à financer les pilotes et à accompagner le passage du stade pré-industriel à une offre commercialisable de véhicules haut de gamme et personnalisables.

À ce jour, la startup ne communique pas de volumes de production ni de chiffres de ventes. Son activité reste donc principalement orientée vers le développement, les essais et la préparation de la phase commerciale.

Les prochaines priorités sont clairement identifiées. HawKar veut achever les pilotes en cours, renforcer ses partenariats industriels et financiers et préparer son lancement commercial en Tunisie. L’entreprise envisage ensuite une extension vers les marchés africains.

Ce positionnement répond à une difficulté que HawKar identifie dans la région MENA et en Afrique. Les transports collectifs et certaines infrastructures restent peu adaptés aux personnes à mobilité réduite, tandis que les véhicules aménagés importés peuvent représenter un coût important. La startup cherche à apporter une solution conçue spécifiquement autour de cet usage.

Pour sa fondatrice, le développement d’un projet industriel passe également par la capacité à réunir les bonnes compétences autour de l’entreprise. Elle insiste notamment sur l’importance de s’entourer d’experts lorsque les besoins dépassent ses propres domaines de compétence. Elle encourage par ailleurs les femmes entrepreneures à investir des secteurs comme l’automobile, la mécanique et la mobilité.

Après plusieurs années consacrées au développement du véhicule, HawKar entre ainsi dans une phase où les enjeux portent désormais sur les tests, le financement et le passage à la production. La prochaine étape sera celle de la commercialisation, d’abord en Tunisie, puis sur les marchés africains.

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Tunisie : ANAVA et InnovaTech pour décentraliser le financement des startups et PME innovantes

Après une première tournée en 2025 dans quatre villes ; Bizerte, Kairouan, Sfax et Gabès, le projet « Startups et PME Innovantes » enchaîne avec quatre nouvelles étapes prévues d’ici fin octobre. Porté par la Banque mondiale et piloté par la Caisse des Dépôts et Consignations en partenariat avec Smart Capital, le programme cherche à combler le déficit de financement dont souffrent les jeunes entreprises innovantes en dehors des grands centres, en irriguant progressivement l’ensemble du territoire.

Le Roadshow 2026 démarre au Kef le 28 septembre, avant de passer par Monastir le 6 octobre, puis Gafsa et Zarzis respectivement les 22 et 23 octobre. Par rapport à la première édition, l’accent est mis cette fois sur les particularités économiques de chaque bassin régional plutôt que sur une présentation uniforme des dispositifs.

Des outils de financement mis en avant sur le terrain

À chaque étape, les organisateurs détailleront deux leviers : d’un côté, ANAVA, un fonds qui s’adresse à plusieurs Child Funds pour muscler le capital-investissement dans les startups ; de l’autre, InnovaTech, orienté vers les PME innovantes. Au-delà de la présentation technique, l’initiative cherche à créer des contacts directs entre porteurs de projets, investisseurs, banques régionales, SICAR, universités, technopoles et organisations professionnelles locales.

Ce format itinérant répond à une réelle problématique : la majorité des mécanismes de financement de l’innovation restent concentrés sur le Grand Tunis et les grands pôles économiques, alors que les régions ciblées disposent de compétences universitaires et de filières économiques spécifiques encore sous-exploitées.

Pour les investisseurs en capital-risque et les SICAR régionales, ce type de rendez-vous constitue un canal d’identification de deal-flow en dehors des circuits habituels et un test de la capacité de dispositifs comme ANAVA ou InnovaTech à irriguer réellement l’investissement hors des zones côtières.

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Les startuppeuses africaines reçoivent moins de 1% des fonds mobilisés

Les startups dirigées par des femmes restent en marge du paysage du financement en Afrique. C’est ce qui ressort des chiffres annoncés lors du She Code Africa Summit 2026 tenu à Lagos. Il s’agit d’une organisation visant à rendre les femmes opérant dans la technologie plus visible.

Les femmes entrepreneurs en solo ou en équipes reçoivent moins de 1 % du capital recensé sur les marchés africains. Par contre, leurs homologues masculins accaparent 91 % des ressources. Le gap est énorme.

Pour plusieurs, la réduction de cet écart passe, en partie, par le placement davantage de femmes dans les sociétés d’investissement et les fonds de capital-risque. La réalité montre que cela ne suffit pas. Il faut plutôt placer les femmes dans des positions où les décisions d’investissement sont réellement prises.

Ce manque de financement n’est pas exclusivement la responsabilité de l’écosystème. Les femmes qui ont réussi à passer le cap doivent aussi prendre leurs responsabilités et soutenir d’autres femmes en quête de ressources pour se développer.

En même temps, il faut améliorer la manière d’aller chercher des capitaux. Les femmes doivent maîtriser leurs opérations, développer des relations avec les investisseurs et communiquer clairement à la fois leur proposition de valeur et leur potentiel de croissance. Les bailleurs de fonds cherchent de plus en plus de la rentabilité et sans des perspectives claires de pouvoir dégager des bénéfices dans des délais logiques, il est quasiment impossible de les convaincre.

Enfin, les fonds propres ne sont pas la seule voie. La dette pourra ouvrir plus de pistes pour accéder aux ressources financières et les statistiques montrent qu’elles représentent aujourd’hui le principal levier de financement dans le continent.

Il faudra de longues années pourque cette situation s’améliore. L’accompagnement et l’encadrement des femmes est le seul moyen capable de les aider à concrétiser leurs projets.

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