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Quitter le pays ou le souhaiter hypocritement

Au milieu de l’actualité de la semaine, ce qui a le plus fait réagir était, contre toute attente, une publication personnelle d’un journaliste tunisien. Même l’affaire du viol collectif d’une enfant de quinze ans a cessé de susciter autant d’indignation. Le tribunal de l’internet avait déjà clos le débat et, dans sa grande magnanimité, déplacé...

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Snapshot : Ceci est censé être un escalier !

Notre photo prise sur le vif montre un passage pour handicapés doublé de quelques marches en guise d’escalier pour les piétons.

Pourtant, les herbes folles et les décrets se taillent la part du lion dans ce « mobilier » dit « urbain ».

C’est dommage que toutes ces infrastructures censées faciliter notre quotidien soient délaissées voire oubliées et même abandonnées.
Malheureusement, cette photo montre un exemple parmi tant d’autres.

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Ahmed Néjib Chebbi, le prisonnier d’une Tunisie ingrate

Quand Ahmed Néjib Chebbi a été incarcéré pour la première fois, moi je n’étais pas encore né. Aujourd’hui, à 82 ans, M. Chebbi est encore en prison. Non pas pour un crime de droit commun, pour diffamation ou injures, mais dans le cadre de l’affaire dite du complot contre la sûreté de l’État, pour laquelle...

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Guerre de désinformation contre l’Iran : le ridicule n’a pas de limites

Si la vraie guerre contre l’Iran a commencé le 28 février de cette année, celle de la désinformation a commencé il y a 47 ans, juste après le renversement du Chah. Cela dit, la guerre de désinformation initiée par les médias et les politiciens d’Occident et d’Israël connait une intensification rageuse depuis six mois.

A mesure que l’Iran résiste aux agresseurs israélo-américains, le désir aveugle de montrer les Iraniens sous un mauvais jour ou d’impliquer leur pays dans des incidents réels ou fabriqués augmente. Les propagandistes israélo-américains recourant de plus en plus aux récits les plus fantaisistes, sans se soucier du ridicule. Pour illustrer ce propos, on citera ici deux exemples aussi fantaisistes l’un que l’autre.

Le premier concerne les péripéties qui ont suivi la tentative de sauvetage du pilote d’avion abattu par les Iraniens le 3 avril 2026 telles que racontées par l’intéressé lui-même dans un entretien télévisé. En effet, le pilote du F-15 abattu qui porte le surnom de ‘’Bravo’’ a été interviewé par CBS News dans l’émission ‘’60 minutes’’.

C’est un fait établi que le F-15 a été abattu dans une région montagneuse de l’Iran et que l’armée américaine a organisé une opération de sauvetage du pilote qui lui a coûté la perte de cinq appareils, dont deux avions de transport C-130, deux hélicoptères et un avion d’attaque A-10.

Voici le déroulement des événements tels que racontés par le pilote. Il a affirmé que son parachute ne s’était pas ouvert lors de son éjection de l’avion de chasse et qu’il avait dû subir une chute libre à une vitesse comprise entre 110 à 175 km/h sans aucun freinage.

La chute lui a brisé le dos, un bras et une épaule. Sa cheville a été également gravement blessée, selon ses dires. Le pilote a ensuite gravi une crête montagneuse de 7 000 pieds (environ 2 100 mètres) avec un corps en piteux état, sans nourriture ni eau. Deux jours plus tard, il fut secouru et, six mois plus tard, il apparut en pleine forme sur CBS. Aucune cicatrice, aucune déficience physique visible.

Cette prouesse surhumaine, hors du commun, miraculeuse même du soldat américain ‘’Bravo’’ dans le ciel iranien, a été rééditée le 30 septembre dans le ciel de l’Arabie saoudite par le plombier israélien Yaniv Hayun sur un vol de la compagnie émiratie ‘’FlyDubai’’ à destination de Tel-Aviv.

Dans ce second exemple tout aussi extraordinaire, on nous raconte qu’un pilote de nationalité omanaise a attaqué au couteau le commandant de bord. Cette agression a provoqué une chute brutale de 17 000 pieds (environ 5 000 mètres) en moins de 60 secondes du Boeing 737, qui volait alors à une altitude de croisière de 10 kilomètres. Pour descendre aussi vite, l’avion était donc en chute libre.

Alors que l’avion piquait du nez à une vitesse effroyable, un plombier israélien eut le temps de faire irruption dans le cockpit, maitriser l’agresseur du commandant de bord et redresser l’avion, sauvant ainsi d’une mort certaine 170 de ses concitoyens. Le plombier réussit à stabiliser l’avion, avant de céder les commandes de l’appareil à deux pilotes qui, miraculeusement, se trouvaient parmi les passagers…

Plus miraculeux encore, pendant la chute libre de l’avion, la cabine est restée parfaitement en ordre : aucun débris ni objet n’était éparpillé sur le sol dans les vidéos mises en ligne par les passagers israéliens qui ont filmé la scène après l’incident. Un gobelet d’eau est resté bien droit sur une tablette déployée. Aucun masque à oxygène n’a été déployé…

Après huit heures passées en Arabie saoudite, l’avion miraculé atterrit à Tel-Aviv. Le plombier a été reçu en héros par Netanyahu sur le tarmac. Il l’a reçu dans ses bras dans une accolade si chaleureuse que l’ami George Galloway l’a qualifiée sarcastiquement de « Mère de toutes les accolades »…

Nous avons eu droit à la cerise sur le gâteau de cette histoire abracadabrante lors de l’entretien que Netanyahu a eu avec le plombier qui portait encore son T-Shirt et ses chaussettes tachées du sang du commandant de bord. A la question légitime de savoir comment il a pu redresser un avion en chute libre, bien qu’il ne soit qu’un simple plombier, il répond à Netanyahu : « J’ai appris à piloter un avion de ligne en regardant l’émission ‘’Air Disasters’’ à la télévision. »

Face à une situation qui tournait au comique burlesque, la mine qu’affichait Netanyahu était celle de quelqu’un qui avait du mal à retenir un éclat de rire hilare. Il réussit néanmoins à se retenir, tout en couvrant d’éloges le « héros » qui lui racontait des foutaises…

Dans ces deux exemples ridiculement fantaisistes, le pays visé est évidemment l’Iran. Dans le premier, les propagandistes voulaient montrer l’incompétence et l’impéritie des Iraniens d’une part, et, d’autre part, la force surnaturelle d’un soldat américain qui, avec un dos brisé, un bras cassé et une cheville tordue a su et pu déjouer pendant deux jours les chercheurs iraniens, avant d’être sauvé par ce que Donald Trump a appelé alors « la plus grande et la plus extraordinaire opération de sauvetage de l’histoire. »

Dans le second exemple, le message vise aussi l’Iran, accusé évidemment par Netanyahu d’être derrière les péripéties du vol ‘’FlyDubai’’ du 30 septembre. Mais « le terrorisme iranien » a été déjoué par un autre surhomme, israélien cette fois, le plombier Yaniv Hayun.

Dans les deux, c’est l’arroseur qui se trouve arrosé. Ce sont les propagandistes américains et israéliens qui se sont couvert de ridicule et c’est le monde entier qui rit aux éclats.

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Midterms : la popularité de Donald Trump en chute libre

Impopularité record, coût de la vie en hausse et majorité républicaine menacée… A un mois des Midterms, Donald Trump joue gros. Dès lors ressurgit une question brûlante : que fera le milliardaire républicain s’il perd ce scrutin majeur ?

 

C’est la question qui se murmure avec insistance à Washington : en cas de défaite des républicains aux Midterms, Donald Trump contestera-t-il à nouveau les résultats, comme il l’avait fait après celle de la présidentielle de 2020 ? En effet, le 6 janvier 2021, le président américain avait appelé ses partisans à marcher sur le Capitole pour tenter de faire obstacle à la certification de la victoire de son rival démocrate, Joe Biden. Cinq ans plus tard, le spectre de cette date maudite qui fut dénoncée comme une tentative de coup d’État, est  toujours dans tous les esprits.

Descente aux enfers

En effet, à un mois des élections de mi-mandat du 3 novembre, les sondages se suivent et se ressemblent. Le président américain est désormais plus impopulaire qu’après l’assaut du Capitole, si bien que certains élus républicains prennent déjà leurs distances avec un président américain qui n’a jamais été aussi impopulaire.

Ainsi, selon le dernier sondage Ipsos pour Reuters, le plancher du président américain s’est effondré puisqu’il ne convainc que 32 % des Américains contre 66 % qui désapprouvent son travail. Pis, il est en net recul, de 9 points, dans l’électorat républicain (73 % satisfaits, contre 82 % le mois précédent).

Le coût de la vie, talon d’Achille de Trump

Comment expliquer cette impopularité en chute libre ? D’abord et surtout par le prix à la pompe. Depuis l’investiture de Donald Trump, et alors que la guerre en Iran a fait flamber les cours de l’énergie, le prix de l’essence a bondi de 42 %, tandis que celui du diesel, carburant incontournable dans les États ruraux et notamment pour les conducteurs de pick-up, s’est envolé de 72 %.

À cette flambée énergétique s’ajoute une autre source de mécontentement, le coût de la vie. Ainsi, trois Américains sur quatre désapprouvent désormais l’action du locataire de la Maison-Blanche dans ce domaine. Et avec des taux des crédits immobiliers à 30 ans dépassant les 7 %, le rêve américain de devenir propriétaire se transforme, pour nombre de personnes qui achètent leur premier logement, en véritable parcours du combattant.

Résultat : après quasiment deux ans de présidence, les nuages ne cessent de s’accumuler au-dessus du président américain, notamment à cause du coût de la vie et de la flambée du prix des carburants, mais aussi de la guerre qu’il a déclenchée en Iran, à l’issue plus incertaine que jamais.

Et ce, d’autant plus que 65 % des adultes américains tiennent désormais les politiques de Donald Trump pour responsables de la hausse persistante des prix, plutôt que des facteurs échappant à son contrôle. Un désaveu qui traduit une lassitude croissante face à son recours massif aux droits de douane, mais aussi un mécontentement grandissant à l’égard de la guerre en Iran.

La Chambre dans la poche ?

Autre casse-tête chinois pour le milliardaire républicain : la bataille de la Chambre des représentants qui s’annonce particulièrement périlleuse. Ainsi, tous les sièges étant renouvelés lors des Midterms, les démocrates ont désormais pris une avance de près de 10 points dans le « generic ballot », cet indicateur qui mesure les intentions de vote en faveur de l’un ou l’autre parti, sans opposer de candidats nommément désignés. En un mois, leur avance a bondi de trois points. De quoi faire sérieusement trembler le camp républicain à l’approche du scrutin.

Le 3 novembre, les Américains renouvelleront l’ensemble des 435 sièges de la Chambre des représentants, ainsi que 35 des 100 sièges du Sénat. Les républicains ne disposent actuellement que d’une majorité étriquée dans les deux Chambres. Or, les sondages convergent : la Chambre des représentants est désormais à portée de main des démocrates, qui apparaissent en position de force pour reprendre la majorité.

Certes, le redécoupage électoral pourrait permettre aux républicains de limiter les dégâts avec peu de circonscriptions réellement compétitives. Mais plusieurs modèles de référence prédisent une victoire démocrate : le Cook Political Report est le plus conservateur (entre 220 et 230 sièges, avec une majorité à 218) ; celui du Washington Post donne une fourchette de 225 à 232 sièges tandis que Nate Silver obtient une valeur médiane de 242.

La bataille pour le Sénat, incertaine

Au Sénat, la bataille s’annonce en revanche beaucoup plus incertaine. Longtemps donnés favoris pour conserver leur majorité, les républicains voient désormais les démocrates reprendre espoir. Certes, leurs chances de redevenir majoritaires y demeurent plus faibles qu’à la Chambre des représentants, mais les démocrates veulent croire à un retournement de situation. Ils espèrent notamment faire basculer plusieurs sièges en Caroline du Nord, dans le Maine, l’Iowa et l’Ohio, voire créer la surprise en Alaska.

Les rats quittent déjà le navire

Mais, il y a des signes qui ne trompent pas. Plusieurs candidats républicains prennent désormais leurs distances avec Donald Trump, malgré les 32 déplacements annoncés par le président pour venir les soutenir et tenter de galvaniser leur électorat.

Ainsi, Mike Rogers, dans le Michigan, et Ashley Hinson, dans l’Iowa, ont appelé à mettre fin à la guerre avec l’Iran. Dans le Maine, Susan Collins est même allée plus loin en votant en faveur d’une résolution contraignante, finalement rejetée à une seule voix près.

À la Chambre des représentants, Maria Elvira Salazar, en Floride, a pour sa part diffusé une publicité dénonçant les actions de l’ICE et s’adressant directement au président : « Monsieur le président, certaines de vos mesures de lutte contre l’immigration sont allées trop loin. Les Hispaniques qui vous ont aidé à remporter la Maison-Blanche en 2024 se sentent trahis ».

Autant de fissures qui pourraient annoncer une soirée électorale difficile pour Donald Trump. Verdict le 3 novembre.

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Snapshot : A l’hôtel du Lac, rien n’a bougé de tout l’été

Le chantier semble enlisé, les travaux indécis et la nouvelle destination de l’hôtel du lac reste encore inconnue.

Alors que les travaux semblaient avoir commencé, tout s’est subitement arrêté et même l’affichage signalant la nature et la durée des travaux a été planté mais n’a jamais été dévoilé.

En attendant, les supputations vont bon train. On parle d’une reconstruction à l’identique, de l’édification d’un nouvel immeuble, d’un mall du centre-ville et bien sûr d’un hôtel qui renaîtrait de ses cendres.

En attendant d’y voir plus clair, c’est la bouteille à l’encre face à un chantier initié mais vite interrompu.

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Election présidentielle au Brésil : un choix politique et géopolitique

Première puissance économique et politique d’Amérique latine, le Brésil joue son destin géopolitique à l’occasion de l’élection présidentielle. Le président de gauche Lula da Silva, 80 ans, candidat à un quatrième mandat, est garant d’une stratégie d’indépendance à l’égard des Etats-Unis, alors que son adversaire d’extrême droite Flavio Bolsonaro, fils de l’ancien président Jair Bolsonaro (2019-2023), engagerait le pays sur la voie de la vassalisation et de l’alignement sur les Etats-Unis. Donald Trump a d’ailleurs reconnu suivre cette élection et ses résultats.

L’élection du fils Bolsonaro consacrerait, plus largement, le mouvement de bascule (géo)politique d’un sous-continent marqué par l’élection depuis les années 2020 de présidents d’extrême-droite : Nayib Bukele (au Salvador), mais aussi Javier Milei (en Argentine), Laura Fernandez (au Costa Rica), Keiko Fujimori (au Pérou), José Antonio Kast (au Chili), Abelardo de la Espriella en Colombie). Tous sont inspirés et soutenus par le président américain Donald Trump.

 

Le Brésil, puissance globale émergente

Si le Brésil est la première puissance latino-américaine, son ambition est d’incarner une « puissance globale émergente ». Au-delà de sa superficie et de sa démographie, le Brésil s’érige au premier rang des puissances économiques latino-américaines (avec près de 50 % du PIB de l’Amérique du Sud) et entre la 8ᵉ et la 10ᵉ économie mondiale selon les fluctuations des taux de change (selon les estimations du FMI pour 2025).

Fort de ressources naturelles d’une exceptionnelle richesse (en minerais, notamment), le Brésil est l’une des principales puissances industrielles (avec des secteurs importants dans les domaines de l’énergie, de la sidérurgie, de l’aéronautique) et agro-alimentaires du monde. Son secteur tertiaire, celui des services (banques et assurances, télécommunications, commerce, tourisme) est également performant.

En outre, la voix politico-diplomatique du Brésil est une voix forte au sein de l’ordre régional et une voix désormais audible sur la scène internationale grâce en particulier au charisme et au volontarisme du président Lula da Silva. Ce dernier défend une vision du monde articulant « anti-impérialisme », volonté d’émancipation par rapport à l’influence traditionnelle des Etats-Unis sur le sous-continent et refondation du multilatéralisme et de la gouvernance internationale (en vue de renforcer sa représentativité et son efficacité), où le Brésil a vocation à assurer un rôle d’intermédiaire entre les puissances mondiales et les pays en développement. Un discours ambitieux qui traduit la volonté du géant sud-américain d’intégrer le jeu mondial. Reste que son influence internationale et son leadership régional demeurent relatifs, voire contestés.

Les limites à la stratégie de puissance

La dynamique de puissance du Brésil pâtit de fragilités ou vulnérabilités internes et des résistances de ses voisins quant à l’acceptation de son leadership.

D’une part, le Brésil souffre de diverses sources de vulnérabilités internes : de très fortes disparités territoriales et inégalités socio-économiques, le pays étant l’un des plus inégalitaires du monde ; une croissance économique très volatile et donc irrégulière, phénomène lié en particulier à une dépendance aux exportations de matières premières et à une sensibilité aux fluctuations des prix mondiaux ; une corruption et une criminalité organisée (source d’insécurité) endémiques.

D’autre part, bien que le Brésil bénéficie clairement du statut de « première puissance » latino-américaine, l’exercice de son hégémonie se heurte aux politiques et stratégiques antagoniques de ses voisins : les divergences idéologiques et stratégiques entre les Etats de la région (en particulier sur les rapports avec les Etats-Unis) affaiblissent la capacité d’impulsion et d’influence du Brésil ; la concurrence croissante d’acteurs extérieurs (les Etats-Unis, mais aussi la Chine) réduit la capacité de Brasilia à structurer durablement l’espace sud-américain.

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Entre protection des données personnelles et protection de la dignité tout court

Par Sofiene Ben Hamida Le Forum Chawki Gaddes pour les droits numériques a publié un communiqué dans lequel il dénonce les violations répétées des droits numériques des citoyens, surtout les mineurs, sur les réseaux sociaux. Le communiqué daté du 3 octobre 2026 dénonce le silence laxiste des autorités face à la fuite d’informations entrant dans...

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Une page d’histoire : Que savons-nous d’Aurelius de Carthage ?

Aurelius de Carthage est né autour de 350 et sera évêque de Carthage de 391 à sa mort en 430. Tout au long de son épiscopat, il n’aura de cesse de réduire les failles qui traversaient l’époque marquée par les conflits entre catholiques et donatistes.

Au temps des conciles de Carthage

Aurelius convoqua une trentaine de conciles durant lesquels Augustin, alors évêque d’Hippone, plaidait pour l’unité de l’Église. Selon certaines sources, c’est Aurelius qui aurait apporté un soutien décisif à Augustin pour son élection à l’évêché d’Hippone. Ce qui souligne la proximité entre les deux hommes et aussi leur complémentarité.

L’histoire a retenu le concile de 411 en particulier. Cette conférence rassembla plus de cinq cents évêques rangés en deux camps opposés. Les débats se poursuivirent du 1er au 8 juin et malgré des querelles houleuses, les arbitrages furent favorables aux catholiques. Les remous allaient ensuite se poursuivre, parfois ponctués de violences jusqu’à 418, lorsqu’un nouveau concile apportera la normalisation tant attendue.

Le recul des hérésies

La disparition progressive du donatisme était actée. Entre temps, Aurelius avait aussi obtenu la condamnation de Pélage et son disciple Celestius, défenseurs de la doctrine du pélagianisme, une autre hérésie combattue par Aurelius et Augustin, le chef de l’Église de Carthage et le doctrinaire de la Cité de Dieu et de la Trinité.

Si l’histoire a retenu le nom et le rayonnement universel de Saint-Augustin, elle retiendra également la patience et la diplomatie de Saint-Auréle. Les deux compagnons de route disparaîtront à quelques mois d’intervalle en 430 à la veille de la déferlante vandale.

L’évêque et le doctrinaire

Il nous reste aujourd’hui leur héritage nourri de combats contre les dérives doctrinales et les hérésies ainsi que l’unité de la foi qui a consolidé le christianisme de cette époque de schismes et de retrouvailles.

Toutes ces grandes figures du christianisme antique font partie de notre histoire et d’une période qui personnellement me passionne. Au temps des conciles de Carthage, à la charnière entre les Vandales et les Byzantins, avant l’arrivée des Arabes, que de pages d’une histoire qui mériterait d’être mieux connue.

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TRIBUNE – Le couloir du Sud de l’hydrogène vert : de l’accord diplomatique à l’ingénierie d’exécution euromaghrébine

La récente rencontre au sommet à Alger entre le président, Abdelmadjid Tebboune, le ministre tunisien de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, Slah Zouari, et les ministres de l’Énergie d’Autriche, d’Allemagne et d’Italie marque le passage d’une vision géopolitique globale à une feuille de route opérationnelle. L’accélération du projet de Couloir Sud de l’Hydrogène Vert (SoutH2 Corridor) ­- une artère de 3 300 kilomètres conçue pour transporter plus de 4 millions de tonnes d’hydrogène vert par an depuis l’Afrique du Nord vers l’Europe centrale via la Tunisie et l’Italie – concrétise l’axe stratégique euromaghrébin.

 

Comme nous le soulignions en juillet dernier, la Tunisie dispose d’un positionnement géographique et institutionnel unique pour agir en tiers de confiance de l’axe euro-africain. Mais face à ce méga projet d’infrastructures, une question fondamentale se pose : la Tunisie se contentera-t-elle de percevoir des redevances de transit passives, ou saura-t-elle s’imposer comme un copropriétaire industriel et technologique de la chaîne de valeur ?

Le piège historique des grands pipelines intercontinentaux réside dans la logique d’extraction pure : traverser un territoire en laissant des infrastructures de passage sans irriguer le tissu économique local. Des voix critiques s’élèvent déjà pour dénoncer un risque d’« extractivisme vert », où le Nord capterait l’énergie propre tout en déléguant au Sud la pression sur les ressources.

Pour le cycle 2026-2030, la doctrine tunisienne doit imposer une contrepartie d’intégration industrielle stricte. L’accord de transit doit s’accompagner d’investissements directs dans le dessalement d’eau de mer par énergies renouvelables, garantissant que la production d’hydrogène ne prélève pas une seule goutte dans les nappes phréatiques du pays, et d’un transfert technologique sur l’assemblage et la maintenance des électrolyseurs. La Tunisie ne prêtera pas seulement ses côtes pour les tuyaux ; elle hébergera les unités de conversion, de compression lourde et de certification.

 

La Tunisie comme interface de conformité et de certification numérique

L’accès au marché européen de l’énergie décarbonée exige le respect de normes réglementaires drastiques : traçabilité stricte de l’empreinte carbone, critères de durabilité de l’Union européenne et sécurisation des données de flux. C’est ici que la Tunisie doit faire valoir son capital immatériel et la solidité de son secteur bancaire et numérique.

En couplant l’infrastructure énergétique, déjà renforcée par le projet d’interconnexion électrique sous-marine ELMED de 600 MW entre Cap Bon et la Sicile, à une numérisation souveraine (IoT industriel, traçabilité par registres sécurisés et IA prédictive de gestion de flux), la Tunisie peut devenir la plateforme d’audit et de certification énergétique de l’axe Maghreb-Europe. Garantir la conformité technique et environnementale des molécules d’hydrogène injectées constitue un rôle stratégique à haute valeur ajoutée que ni les fournisseurs bruts ni les acheteurs finaux ne peuvent assumer seuls avec la même neutralité.

Lire aussi : ELMED, ou LE projet du siècle entre la Tunisie et l’Italie

L’objection récurrente face à ces mégaprojets réside dans leur coût financier : comment la Tunisie, sous contrainte budgétaire, peut-elle financer sa participation à des investissements chiffrés en milliards d’euros ?

Prétendre financer ces infrastructures sur le budget de l’État serait une erreur d’ingénierie. L’opportunité réside dans la structuration de financements mixtes (Blended Finance) et de partenariats public-privé (PPP) internationaux, adossés aux garanties des institutions financières européennes (BEI, BERD) et aux mécanismes de crédit carbone. Le secteur bancaire tunisien et maghrébin doit s’organiser en consortium pour agir en co-arrangeur de ces financements complexes, garantissant ainsi que les retours sur investissement et les flux de trésorerie irriguent le système financier national.

 

Régulation et gouvernance : transformer l’urgence diplomatique en vitesse d’exécution

Face à la concurrence féroce d’autres pays du Nord de l’Afrique pour capter la rente énergétique européenne, le principal risque pour la Tunisie n’est pas technologique, mais administratif. La lourdeur des circuits d’autorisation et l’absence d’un cadre réglementaire dédié à l’hydrogène vert risquent de décourager les investisseurs.

Le message délivré à Alger par la présence conjointe des ministres tunisien, algérien, italien, allemand et autrichien démontre que la volonté politique au plus haut sommet est acquise. L’urgence du cycle 2026-2030 exige désormais de traduire cette alliance diplomatique en un cadre réglementaire d’exception : une « Fast-Track » administrative, un guichet unique d’investissement énergétique et un code de l’hydrogène clair.

 

En alliant souveraineté industrielle, rigueur de certification et rapidité d’exécution, la Tunisie a l’occasion historique de transformer son positionnement géographique en une puissance d’ingénierie au service du continent.

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54 nuances de gris

Épisode 1 – Le flou dans la définition, la précision dans la caisse Il faut savoir reconnaître les progrès. Depuis mercredi 30 septembre 2026, écrire une bêtise sur Facebook ou un article qui fâche sur votre journal ne vous conduira plus forcément dix ans en prison. Vous pourrez simplement payer 10.000 dinars. Les droits de l’Homme...

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Nostalgies : Sur la rive gauche de l’avenue de France

Plus que toute autre chose, maintenant que les arcades étaient en face de moi, de l’autre côté de la rue, les images d’enfants se laissant glisser sur les mosaïques qui revêtent les allées s’imposent à moi. Je me souviens qu’il fallait d’abord courir quelques mètres puis laisser les semelles des chaussures faire le reste. Je revoyais aussi des ribambelles d’enfants endimanchés, un chapelet de cireurs de chaussures et aussi les marchands d’azeroles qui à l’automne, investissaient les trottoirs. Les marchands de journaux à la criée avaient aussi pour habitude de sillonner les rues alentour et, entre flâneurs et cochers, se frayaient un chemin vers les cafés toujours animés.

Au coin de l’ancienne rue des Maltais, près de la boutique de l’opticien Lumbroso, je m’apprête donc à une deuxième traversée de la mémoire, tout au long de l’autre rive de l’avenue de France. L’immense librairie Saliba se trouvait non loin ainsi que celle qui appartenait à Namura. La Maison des cadeaux alors gérée par les De Matteis se trouvait également sur ce trottoir qui débouchait sur la rue de l’Ancienne poste.

L’imposant édifice du Crédit foncier et commercial de Tunisie domine le pâté d’immeubles suivant. Porté par des Atlantes, le siège social de la banque impressionne tout comme la salle des comptes qui aujourd’hui accueille un restaurant. Car l’immeuble abrite aujourd’hui un hôtel qui porte le nom évocateur de Tunisia Palace. J’avais mes habitudes juste à côté, sur la terrasse du Café du Maghreb où je venais retrouver mon ami Taoufik Ben Smail. Nous étions étudiants et passions toujours quelques heures ensemble entre le stand presse d’Ali Ben Yahia, la librairie Abdelgheni, le sellier Bouix où officiait Hadj Ahmed et la petite carterie où plusieurs objets anciens et des images du temps jadis interpellaient les passants.

De cette époque, je garde aussi l’image de madame Cohen Tannugi qui vivait dans l’immeuble au-dessus du café. Le magasin Lux se trouvait un peu plus loin et rassemblait les élégantes. Tout est question de temps car quelques décennies plus tôt, la brasserie Phénix, le restaurant Chianti et le café l’Ambassadeur occupaient les mêmes lieux. Alors qu’aujourd’hui, Maghreb Sport et des magasins de confection côtoient Bouix qui continue à vendre de superbes articles en cuir.

Comment oublier que c’est dans ces parages que se trouvait le célèbre studio des photographes Lehnert et Landrock ? Comment ne pas évoquer les premières projections du cinématographe qui avaient eu lieu au studio Soler, cet autre photographe ? Et tant de souvenirs plus personnels qui vont du goût d’une citronnade à celui d’un café glacé, d’une bascule rouge sur laquelle on se pesait contre une pièce de vingt millimes à des camelots qui appátaient les passants, de la noria des trolleybus aux vestiges des rails du tramway. Et toujours, impassible et immuable, la Porte de Bab Bhar et ses deux versants.

Je laisse la rue d’Annaba et ses nombreuses boutiques de tissus et rejoins le dernier îlot de l’avenue de France. C’est non loin que se trouvent toujours les galeries Simon qu’on dirait surgies d’un roman de Zola et la Javanaise dont les glaces et gâteaux aimantent toujours les passants. Beaucoup d’autres commerces ont disparu dont une pharmacie qui vient de rendre l’âme et céder son emplacement au présent. En ruines, un ancien établissement universitaire se souvient peut-être de Raymond Barre qui enseigna ici et du poster géant de Bourguiba qui occupa longtemps le rond-point.

Quant à moi, je suis revenu regarder les tortues et les poissons rouges dans le bassin du patio de la Nationale. Dans cette cour à ciel ouvert, on dirait que rien n’a bougé depuis soixante ans. Bien sûr, les commerces ont changé de mains : Ouanes le coiffeur n’est plus là ; Hassen le bijoutier non plus ; Ahmed le parfumeur et El Masri le photographe ont eux aussi laissé leur place à autrui. Avant eux, d’autres étaient là, bien établis ; après eux, d’autres viendront porter de nouveaux projets. Que retenir sinon la certitude que nous sommes tous de passage, transitoires, éphémères.

Je regarde les tortues dans l’eau ou bien installées sur de petits rochers qu’elles gravissent difficilement. La même chaîne me sépare du bassin rêvé de l’enfance et les mêmes rires d’enfants qui s’exclament me sortent de ma rêverie. Une dernière déambulation sur l’avenue de France, à l’ombre des ficus, sous les arcades, devant le tabac qui ressemble au mausolée d’un saint, au seuil de la rue Charles de Gaulle, madeleine inépuisable des gavroches de mon âge.

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Avenue de France : Au temps de Saliba, Abbes Agha et Paparone

Matinée passée à arpenter l’avenue de France et prendre des notes pour me rafraîchir la mémoire. Entre les Arcades et Bab Bhar, j’ai flâné plusieurs heures, allant et revenant, cartographiant la mémoire des lieux et humant mon lot de souvenirs. J’ai aussi investi les rues transversales pour y retrouver d’autres traces et arcanes.

Longtemps, l’avenue de France a constitué la grande artère du quartier européen de Tunis. Avec ses consulats, ses grands magasins, de nombreux commerces et plusieurs lieux de convivialité, cette avenue se trouve à la confluence exacte de la médina et de la nouvelle ville extra-muros. Jusqu’au tournant du nouveau siècle, c’est là que vibrait la ville et brillait de tous ses feux. Comment retrouver toutes les traces ? La tâche semble impossible tant les générations se sont succédées dans ces parages où seuls les ficus sont immuables.

Je remonte d’abord la rive gauche vers Bab Bhar. À l’emplacement de la banque, je revois les vitrines qui ouvraient sur la grande salle de lecture du Centre culturel américain. Fait remarquable, les pierres lunaires ramenées par Apollo XI avaient été exposées ici. Je continue à avancer : la librairie Sapi, spécialisée en bureautique, se trouvait à côté et jouxtait le café Carthage. Cette enseigne avait une salle à l’étage où les lycéens aimaient s’installer pour déguster un café crème et un gâteau. Juste en face, le chemisier Abbés Agha habillait une clientèle distinguée et fidèle.

Entre le Carthage et Abbes Agha, le bassin à ciel ouvert du patio de l’immeuble La Nationale se cachait derrière de lourds portails en fer. Attraction du Tunis de l’époque, on y venait de partout admirer les tortues et se prendre en photo devant le bassin ou sous les Arcades. D’ailleurs, les photographes en maraude étaient toujours nombreux et flash à l’appui, finissaient toujours par convaincre les promeneurs.

Aujourd’hui, les photographes de rue ont disparu. Ils étaient jadis nombreux et se donnaient rendez-vous devant le square de la cathédrale. Toujours à l’affût d’une bonne occasion, ils vous prenaient en photo, recevaient des arrhes et vous remettaient un bon qui vous permettait le lendemain, de retirer votre part d’immortalité au studio qui les employait. Dans ma mémoire d’enfant, le plus spectaculaire des photographes officiait rue Amilcar. Avec son appareil à l’ancienne, il devait se cacher la tête sous un tissu noir lorsqu’il prenait un cliché. On posait pour lui sur les marches du magasin Narraci qui fut le premier cinéma de Tunis et se trouvait à l’angle de la rue Hannon.

Cette rue Amilcar est d’une richesse inépuisable. On y venait pour les parfums chez Kolsi, pour les chocolats chez Castagna, pour les livres chez Bonici et Jeanne d’Arc, pour le passage Bénévent qui menait chez Baby et sa galerie de jouets. Quand je traverse cette rue, je retrouve des sensations lointaines et aussi l’omniprésence du Marché central dont la silhouette apparaît à l’autre bout.

Je reviens sur mes pas jusqu’à la boutique Abbés Agha qui, depuis longtemps, a changé de nom. Entre les chausseurs inamovibles et le souvenir de Photomaton, je me souviens de l’opticien Delerue chez qui j’avais acheté un lot de montures de lunettes passées de mode, un peu comme celles, rondes et légères que portaient les intellectuels du dix-neuvième siècle. J’avais longtemps porté ces lunettes, un peu par volonté de me distinguer et peut-être par nostalgie de mon grand-père.

Je traverse le gué de la rue Charles de Gaulle d’où s’écoule une foule de piétons et quelques voitures conduites par des automobilistes qui s’obstinent à conduire dans ces lieux plus propices à la marche. De l’autre côté, la deuxième galerie des Arcades s’ouvre avec le magasin de tissus Au Prince de Galles. Dans le temps, la librairie Tournier était juste à côté, avec ses vitrines pleines de livres et de timbres. Aujourd’hui, les cafés Bondin et Ben Yedder occupent cet emplacement qui précédait la librairie Sakati, une agence de banque et la bijouterie Sarfati.

Passé le croisement avec la rue Amilcar qui revient à ma gauche, j’arrive à la troisième galerie qui est dominée par les nombreuses vitrines du Magasin général. Je continue à avancer après avoir admiré les céramiques nabeuliennes de la mosquée Al Altaf et parviens devant un hôtel particulier où avaient été installés les résistants angolais alors réfugiés en Tunisie. L’image des nombreux gardiens d’immeubles m’effleure l’esprit : ils étaient généralement originaires du Maroc, intransigeants et vêtus d’un ample burnous.

Encore quelques pas. Je me trouve devant l’ancienne succursale de la pâtisserie Paparone puis devant l’une des plus anciennes pharmacies de la ville qui marque le début de la rue Al Jazira. Arrivé à Bab Bhar, je ne traverse pas la porte et, passée la rue des Maltais, je rebrousse chemin, bien décidé à arpenter l’autre rive de l’avenue de France.

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