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«I Have a Dream» détecté comme écrit par une IA…

Un texte écrit en 1963 peut-il être identifié comme généré par une intelligence artificielle? Pour certains détecteurs, oui. Le célèbre discours «I Have a Dream» de Martin Luther King a été évalué comme étant généré par IA à 87,7% par ZeroGPT.com et à 84,4% par ZeroGPT.net, selon une étude publiée en octobre 2025 dans la revue scientifique Information. Les quatre autres outils testés dans le cadre de l’étude l’ont, eux, classé comme un texte humain.

Le résultat est évidemment impossible à interpréter comme une preuve d’utilisation de l’IA: Martin Luther King a prononcé ce discours le 28 août 1963, soit près de six décennies avant le lancement public de ChatGPT. Les chercheurs s’en servent justement pour mettre en évidence un problème plus large: un score élevé attribué par un détecteur d’IA ne suffit pas à établir qu’un texte a été produit par une machine.

L’étude, menée par Tadesse G. Wakjira et quatre autres chercheurs, a évalué six outils de détection: Undetectable AI, ZeroGPT.com, ZeroGPT.net, Brandwell.ai, Winston AI et Crossplag. Le corpus comprenait des textes dont l’origine humaine pouvait être vérifiée, provenant notamment d’universités, de publications scientifiques antérieures à ChatGPT, de sites gouvernementaux et de médias. Les chercheurs ont également soumis aux outils des textes générés par ChatGPT-4o. Les résultats montrent une forte disparité entre les solutions. Leur taux d’exactitude globale allait de 14,3 à 71,4%. Mais même l’outil affichant le meilleur résultat présentait des performances très faibles sur d’autres indicateurs: sa précision n’atteignait que 11,1% et son rappel 33,3%. Les chercheurs soulignent ainsi le nombre important de faux positifs, c’est-à-dire de textes humains identifiés à tort comme produits par une IA.

Le problème ne concerne d’ailleurs pas uniquement le discours de Martin Luther King. Des contenus provenant de grandes universités, ainsi que des textes scientifiques publiés avant l’arrivée de ChatGPT, ont également été signalés comme artificiels. Cinq des six outils testés ont notamment classé comme généré par IA un célèbre article consacré au deep learning signé Yann LeCun, Yoshua Bengio et Geoffrey Hinton. Plus étonnant encore, les chercheurs ont constaté qu’une modification minime pouvait changer considérablement le verdict. Dans l’un des tests, la suppression d’un seul mot dans un texte de Stanford a fait basculer l’évaluation d’un détecteur de 69,51% de probabilité d’IA à une classification 100% humaine. À l’inverse, certains textes générés par ChatGPT, notamment des textes volontairement absurdes ou comportant des erreurs, ont échappé à la détection.

L’étude appelle donc à ne pas transformer un score algorithmique en verdict. Les chercheurs estiment que les outils évalués ne sont pas suffisamment robustes pour servir seuls dans des décisions à fort enjeu, notamment en matière de recrutement ou d’intégrité académique. Ils recommandent davantage de transparence dans l’évaluation de ces technologies et le maintien d’une vérification humaine. Cela ne signifie pas pour autant que tous les détecteurs d’IA sont inutiles ou qu’aucun progrès n’est possible. La recherche évolue rapidement et de nouveaux systèmes obtiennent de meilleurs résultats dans certaines conditions. Une étude publiée en 2025 dans les actes de l’ACL a par exemple montré que des personnes habituées à utiliser des modèles de langage pouvaient détecter des textes générés par IA avec une grande précision dans le cadre de leur expérimentation. La vraie leçon est donc ailleurs: un détecteur d’IA doit être considéré comme un indicateur, pas comme une preuve. Pour une entreprise ou un recruteur, un score de 80%, 90% ou même 100% ne permet pas, à lui seul, d’établir l’origine d’un texte. Il doit déclencher une vérification supplémentaire: historique des versions, échanges avec l’auteur, cohérence avec ses productions précédentes ou, lorsque c’est pertinent, entretien direct.

Le cas de «I Have a Dream» résume parfaitement le problème. Un texte dont l’auteur et la date sont historiquement établis peut être présenté par certains logiciels comme très probablement généré par une IA. Le risque n’est donc pas seulement que l’IA produise de faux contenus. C’est aussi que des outils conçus pour détecter ces contenus produisent de fausses accusations. L’étude reste toutefois à relativiser: son corpus est limité, avec seulement trois textes générés par IA, et elle porte sur six outils grand public. Ses résultats ne permettent donc pas de conclure que tous les détecteurs actuels présentent exactement les mêmes performances. Ils montrent en revanche clairement qu’un score automatique ne devrait pas, à lui seul, déterminer une décision professionnelle ou académique importante.

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Dattes tunisiennes: le pari d’une promotion qui ne s’arrête plus à la saison

À l’approche de la nouvelle campagne des dattes, le gouvernement veut donner un nouveau souffle à la commercialisation du produit tunisien. Le ministère du Commerce et du Développement des exportations prépare une stratégie de promotion qui doit dépasser le seul calendrier de la récolte, avec l’ambition de mieux valoriser les dattes, de diversifier leurs débouchés et de renforcer leur présence sur les marchés internationaux.

Le sujet a été au cœur d’une réunion tenue mardi 6 octobre 2026 sous la présidence du ministre du Commerce et du Développement des exportations, Samir Abid. Ont notamment pris part aux discussions le gouverneur de Kébili, le président de l’Union tunisienne de l’agriculture et de la pêche, les responsables de la Société tunisienne des marchés de gros et du Centre de promotion des exportations, ainsi que des représentants des ministères concernés, des organisations professionnelles et des structures régionales.

Sur le terrain, les difficultés restent nombreuses. Les professionnels ont notamment fait état du coût du transport, de la hausse de la main-d’œuvre et des charges liées au stockage. Le rôle des intermédiaires entre producteurs et consommateurs, le prix de référence et les conséquences des fluctuations climatiques ont également été évoqués.

Le stockage constitue un autre point de tension. La réunion a ainsi mis l’accent sur la nécessité d’encourager l’investissement dans les entrepôts frigorifiques à Kébili et dans les autres régions concernées. Dans le même temps, les participants ont discuté du relèvement des crédits saisonniers destinés à la récolte et au stockage, ainsi que de l’adaptation des moyens de conditionnement, notamment les sacs utilisés pendant la campagne.

Les petits producteurs occupent une place particulière dans les discussions. Samir Abid a insisté sur la nécessité de renforcer leur capacité à financer la campagne et à commercialiser leur production. Il a été confirmé que les financements nécessaires doivent être mobilisés au profit des différents maillons de la filière.

Côté export, le ministère entend revoir les méthodes de promotion. À cet égard, Samir Abid a annoncé l’élaboration d’un plan spécifique aux dattes, à l’image de la stratégie développée pour l’huile d’olive. La promotion devrait être davantage ciblée selon les caractéristiques des marchés et les attentes des consommateurs. Le produit pourrait notamment être davantage présenté sous l’angle de ses qualités nutritionnelles et de son positionnement comme aliment sain.

Les représentations commerciales tunisiennes à l’étranger auront, dans ce cadre, un rôle accru. Leur présence sur différents marchés doit servir à identifier de nouvelles opportunités, à faire connaître les dattes tunisiennes et leurs dérivés et à développer de nouveaux circuits commerciaux.

La diversification passe également par la transformation. Le développement des produits dérivés et des industries liées à la datte doit permettre d’élargir l’offre, de créer davantage de valeur ajoutée et d’ouvrir de nouvelles possibilités à l’export. Le Groupement interprofessionnel des dattes et le Centre technique des dattes devront, de leur côté, disposer de moyens humains renforcés.

Sur le marché local, la promotion reste également à renforcer. La Société tunisienne des marchés de gros de Bir El Kassâa est appelée à soutenir cet effort, tandis que le ministère prévoit de développer des points de vente directs du producteur au consommateur dans les différentes régions du pays. L’objectif est de faciliter l’écoulement de la production et d’encourager la consommation des dattes tout au long de l’année.

La filière se retrouve ainsi face à plusieurs chantiers à la fois: alléger les contraintes qui pèsent sur la campagne, améliorer les capacités de stockage, soutenir les petits producteurs, développer la transformation et trouver de nouveaux marchés. Le cap fixé par le ministère consiste désormais à installer une promotion plus régulière, capable d’anticiper la demande et de maintenir les dattes tunisiennes sur les marchés internationaux au-delà de la seule saison de récolte.

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IA, robotique: le Mali veut prendre place dans la course africaine

Le Mali se dote d’un nouvel outil pour développer ses capacités en intelligence artificielle. Le Centre d’intelligence artificielle et de robotique du Mali (CIAR-Mali) a été inauguré le 21 septembre à Sirakoro Niaré, dans la commune de Kati, près de Bamako. Le site, qui s’étend sur 150 hectares selon l’Agence malienne de presse et de publicité, doit accueillir des activités de formation et de recherche dans les mathématiques, les sciences de l’ingénieur, l’IA et la robotique.

L’infrastructure ne part pas de zéro. La première pierre avait été posée en 2023 et les activités de formation avaient commencé avant l’inauguration officielle. Le centre dispose notamment de salles techniques et d’un espace dédié aux drones. Les autorités maliennes veulent également y développer des applications dans plusieurs secteurs, dont l’agriculture, la santé et les mines.

Le choix du Mali intervient alors que l’IA gagne du terrain dans les politiques technologiques africaines. En 2024, l’Union africaine a adopté une stratégie continentale consacrée à l’intelligence artificielle. Le document insiste notamment sur les compétences, les infrastructures, la recherche et la nécessité pour les pays africains de développer leurs propres capacités dans ce domaine.

Sur le plan pratique, les initiatives commencent à se multiplier. L’OCDE recense plusieurs pays africains ayant adopté ou engagé des stratégies nationales en matière d’IA, avec des priorités qui vont de la formation aux infrastructures numériques, en passant par la recherche et l’intégration de l’IA dans les secteurs productifs.

La robotique prend elle aussi une place croissante. En Égypte, une compétition consacrée à l’IA et à la robotique a réuni en 2026 des jeunes venus travailler sur des solutions technologiques répondant à des problématiques africaines. L’initiative est soutenue notamment par l’AUDA-NEPAD. 

À l’échelle mondiale, le rythme est autrement plus soutenu. Les robots humanoïdes quittent progressivement le terrain des démonstrations pour être testés dans des environnements industriels. En septembre, le robot chinois TianGong Ultra a parcouru 100 mètres en 8,64 secondes lors des World Humanoid Robot Games à Pékin, rapporte Reuters. La performance est spectaculaire, mais l’enjeu industriel se situe ailleurs: rendre ces machines suffisamment autonomes et fiables pour accomplir des tâches dans le monde réel.

Pour les économies africaines, la marche à franchir reste importante. Selon le FMI, l’IA pourrait accroître de 0,2 % à 2,1 % la productivité en Afrique subsaharienne au cours de la prochaine décennie, à mesure que progresseront l’accès à l’électricité, à Internet et aux compétences numériques. À son plein potentiel, cette évolution ajouterait près de 0,5 point à la croissance annuelle du PIB, soit environ 4 % cumulés sur dix ans.

C’est précisément sur ce terrain que se joue le pari malien. Avant de parler de robots humanoïdes capables de travailler dans les usines, il faut disposer d’ingénieurs, de chercheurs et de techniciens capables de concevoir, tester et adapter ces technologies. Le CIAR-Mali entend justement constituer ce socle, avec des applications envisagées dans des secteurs aussi différents que l’agriculture, la santé, les mines et la sécurité.

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La BAD et l’Allemagne veulent accélérer le développement du rail africain

Le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) et le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ) ont signé une lettre d’intention destinée à renforcer leur coopération dans le secteur ferroviaire et à améliorer la connectivité entre les pays africains.

L’accord a été signé à Berlin par Mike Salawou, directeur du Département des infrastructures et du développement urbain de la BAD, et Michael Krake, directeur général adjoint du BMZ chargé de la coopération économique, à l’occasion du premier African European Industry Dialogue on Railways. Organisé dans le cadre du salon InnoTrans, ce rendez-vous a réuni des acteurs africains et européens autour des perspectives d’investissement et de développement du ferroviaire en Afrique.

La coopération ne porte pas uniquement sur la construction de nouvelles lignes. La BAD et le BMZ veulent notamment agir sur les coûts de transport, l’interopérabilité des réseaux aux frontières, les solutions ferroviaires bas carbone et les politiques de transport durable. Le développement des compétences locales figure également parmi les priorités, avec un accent sur la formation professionnelle, le transfert de savoir-faire et la création d’emplois durables dans le secteur.

La première étape concrète sera une étude de faisabilité commune pour la création d’un Centre africain de compétences ferroviaires, qui doit être mis en œuvre par la GIZ. Le projet, dont le lancement est annoncé pour octobre 2026, doit combiner formation et innovation afin d’accompagner la modernisation et l’extension des réseaux ferroviaires du continent. Pour la BAD, l’enjeu est aussi économique. Le réseau ferroviaire africain ne représente actuellement que 8 à 10 % du réseau mondial, alors que la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) augmente les besoins en transport transfrontalier de marchandises et de passagers sur un marché de plus de 1,4 milliard de personnes. Un réseau mieux connecté pourrait donc réduire les coûts logistiques et faciliter les échanges entre marchés africains.

La Banque cite déjà plusieurs projets auxquels elle apporte son soutien, notamment le corridor de Lobito, le programme de chemin de fer à écartement standard en Afrique de l’Est, le corridor de Nacala, le corridor ferroviaire Nord-Sud en Algérie, le réseau à grande vitesse au Maroc ainsi que des projets de transport ferroviaire urbain au Sénégal et au Nigeria. Mais le financement des infrastructures ne suffira pas. Mike Salawou identifie cinq priorités, selon le communiqué de la BAD, pour faire émerger un véritable marché ferroviaire continental : tirer parti de la ZLECAf, engager des réformes favorisant le report du transport routier vers le rail, harmoniser les normes pour permettre aux réseaux de fonctionner ensemble, mobiliser davantage de capitaux privés et surtout disposer des compétences nécessaires à l’exploitation des infrastructures.

L’accord ouvre ainsi un espace de coopération qui dépasse la simple fourniture de locomotives ou d’équipements. La BAD appelle l’industrie européenne à privilégier des partenariats de long terme, le contenu local et le transfert de compétences. De leur côté, les gouvernements et autorités ferroviaires africains sont invités à préparer des études de faisabilité solides, à engager les réformes nécessaires et à offrir davantage de visibilité réglementaire aux investisseurs.

La BAD prévoit pour sa part d’accompagner ces projets à travers des garanties, des mécanismes de financement mixte et de l’assistance technique. Pour les entreprises européennes comme pour les acteurs africains du transport, de l’ingénierie, de la formation et des services ferroviaires, le développement de ces corridors pourrait donc ouvrir de nouveaux marchés, à condition que les infrastructures s’accompagnent d’un véritable écosystème industriel et de compétences locales.

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Tunisie: 2 secteurs retenus pour 63 MD dans le Programme de mise à niveau industrielle

Deux nouveaux projets industriels viennent d’obtenir l’aval du Programme de mise à niveau( PMN). Leur investissement cumulé atteint près de 63 millions de dinars, avec 9,5 millions de dinars de primes. Les activités concernées touchent à deux segments différents, les composants automobiles et aéronautiques d’un côté, l’emballage métallique de l’autre.

La décision a été prise vendredi 2 octobre par le comité consultatif du Programme de mise à niveau de l’industrie, réuni au siège du ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie. Selon les informations communiquées par le ministère, les deux dossiers ont été approuvés pour un investissement global de 63 millions de dinars. La répartition de cette enveloppe entre les deux entreprises n’a pas été précisée. Le détail des projets reste lui aussi limité. Les autorités n’ont pas communiqué les noms des deux entreprises ni la nature exacte des équipements ou opérations prévus. Il est donc encore difficile d’évaluer leur impact attendu sur les capacités de production, l’emploi ou les exportations.

La réunion du 2 octobre ne portait toutefois pas uniquement sur ces deux dossiers. Le comité consultatif a également validé les travaux de la commission restreinte du Programme de mise à niveau, réunie deux jours plus tôt. Cette dernière avait retenu 23 dossiers représentant 82,3 millions de dinars d’investissements, avec 11,6 millions de dinars de primes. À cela s’ajoutent 57 dossiers consacrés à des investissements technologiques prioritaires, pour un montant total de 3,17 millions de dinars et des primes de 1,26 million de dinars.

Par ailleurs, le montant des primes varie également selon la nature des dossiers. Pour les deux projets approuvés vendredi, elles atteignent 9,5 millions de dinars. 

Rappelons que la réunion était présidée par Afef Chachi Tayari, cheffe de cabinet du ministre de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie. Elle a réuni notamment la directrice générale du Bureau de mise à niveau de l’industrie, Bouthaina Boukamcha, des représentants de l’UTICA, de plusieurs départements ministériels ainsi que du secteur bancaire.

 

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La Vache qui rit ne rit plus… Voici pourquoi

Et si, pour faire parler d’une marque, il suffisait de lui retirer ce que tout le monde connaît déjà ? C’est le pari du groupe Bel aux États-Unis. Depuis le 22 septembre, la célèbre mascotte de La Vache qui rit a temporairement perdu son sourire sur certains emballages vendus dans plus de 4 700 magasins américains. À sa place : un visage sérieux, la mention « The Not Laughing Cow » et un message énigmatique : « We need to talk ».

Pendant plusieurs jours, le groupe n’a donné aucune explication. Les consommateurs étaient invités à scanner un QR code présent sur les emballages et à se rendre sur le site de la campagne pour tenter de comprendre ce qui était arrivé à la vache. La marque a également entretenu le mystère sur ses réseaux sociaux.

Le dispositif a finalement été dévoilé le 30 septembre. La Vache qui rit aurait perdu le sourire après avoir constaté à quel point les gens pouvaient se diviser pour des désaccords parfois dérisoires : la façon de placer le rouleau de papier toilette, les chaussettes avec des sandales ou encore l’ananas sur la pizza. Bel a construit toute sa campagne autour de cette idée : certaines disputes prennent beaucoup plus d’importance qu’elles ne le méritent. La campagne ne s’arrête toutefois pas à cette révélation. Avec « Spread the Laugh » et le hashtag #SpreadTheLaugh, Bel invite désormais les internautes à raconter leurs propres petites disputes du quotidien et à en rire. L’objectif est de faire participer les consommateurs plutôt que de simplement leur diffuser un message publicitaire.

L’opération illustre une idée utile pour les entreprises : une marque n’a pas toujours besoin de créer quelque chose de nouveau pour attirer l’attention. Elle peut aussi jouer avec un actif existant, à condition qu’il soit suffisamment fort pour être immédiatement reconnu. Dans le cas de La Vache qui rit, plus de 100 ans d’histoire donnent une valeur particulière au moindre changement. En retirant momentanément son sourire, Bel transforme une caractéristique graphique en sujet de conversation.

La campagne montre aussi l’intérêt d’un mécanisme en plusieurs temps : provoquer une anomalie, laisser le public chercher la réponse, puis révéler l’histoire et lui donner la possibilité de participer. Le consommateur n’est alors plus seulement spectateur de la publicité ; il devient une partie de son scénario. C’est probablement le point le plus intéressant de l’opération : Bel n’a pas essayé de rendre La Vache qui rit différente. L’entreprise a simplement rendu son absence de sourire suffisamment inhabituelle pour que les consommateurs aient envie de savoir pourquoi.

Et pour une marque née en 1921, réussir à faire regarder à nouveau sa mascotte par le public en 2026 est déjà, en soi, une performance marketing.

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African ESG Summit 2026 : Managers réunit à Tunis l’écosystème africain de l’ESG autour d’un mot d’ordre, « Exportez durablement »

La 4e édition, le 8 octobre au Sheraton Tunis, se veut plus qu’une conférence : une plateforme de connexion entre décideurs, investisseurs et porteurs de solutions durables.

Managers organise le 8 octobre 2026, au Sheraton Tunis, la 4e édition de l’African ESG Summit. Cette année, le sommet part d’une question devenue stratégique pour les entreprises africaines : comment continuer à exporter, et rester compétitif, quand les règles du commerce international se réécrivent au rythme des réglementations européennes ?

Taxe carbone aux frontières (CBAM), devoir de vigilance (CSDDD), règlement contre la déforestation importée (EUDR) : les exigences environnementales et sociales redessinent progressivement les conditions d’accès aux chaînes de valeur. Pour les entreprises tunisienne, produire et exporter ne suffit plus. Il faut désormais mesurer son empreinte, garantir la traçabilité de ses produits, fiabiliser ses données ESG et anticiper les attentes de ses clients et de ses financeurs.

Placée sous le thème « Exportez durablement », cette édition réunira dirigeants, directeurs ESG et financiers, experts, investisseurs et institutions. L’objectif est de transformer ces contraintes en leviers de compétitivité, de résilience et d’accès aux marchés.

Une plateforme de connexion, pas seulement de réflexion

Au-delà des keynotes, des panels et de la masterclass certifiante, l’African ESG Summit se positionne comme un lieu où les relations d’affaires se nouent concrètement :

  • Les sessions B2B organisent des rendez-vous qualifiés entre exportateurs, acheteurs, fournisseurs de solutions ESG et investisseurs. En 2025, elles ont généré 149 rendez-vous et 60 transactions.
  • Les Sustain’Awards récompensent les startups et les entreprises africaines qui apportent des solutions durables concrètes, et leur donnent de la visibilité auprès des investisseurs et des grands donneurs d’ordre.
  • Le hackathon d’impact, mené avec STAR, mobilise de jeunes talents autour de solutions faisant du sport un levier d’inclusion.
  • Le salon d’exposition réunit les entreprises fournisseurs de solutions ESG, les institutions et les partenaires, et fait office d’espace de rencontre tout au long de la journée.

Une journée centrée sur les réalités des entreprises

Le programme suit le parcours d’un exportateur, la décarbonation et l’impact des nouvelles réglementations européennes ; la traçabilité et la logistique durable et la finance durable et la bancabilité ESG. Deux masterclass, l’après-midi, sur la gestion des risques ESG et les agents IA pour la conformité donneront aux participants des outils directement opérationnels.

Trois éditions pour bâtir une communauté

Depuis sa création, l’African ESG Summit s’est imposé comme un espace de dialogue entre entreprises, experts et décideurs. La 3e édition, organisée en 2025 avec la Friedrich Naumann Foundation for Freedom Tunisia & Libya, a réuni 348 participants autour de l’intelligence artificielle, du Net Zero, de l’investissement responsable et de la fiabilité des données ESG. La 4e édition franchit une nouvelle étape : passer de l’engagement à l’action.

L’African ESG Summit 2026 est organisé par Managers, en partenariat avec la Friedrich Naumann Foundation for Freedom Tunisia & Libya (FNF). Il bénéficie du soutien de Star, Astree, Microcred, BYD, BH, SFBT, Eodata Center, BT, UNGC, Banque Zitouna, UGFS, Attijari Bank, Rose Blanche, Bako, WHS.

 

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Pourquoi les ultra-riches prennent leurs distances avec Londres

Londres voit partir une partie de ses contribuables les plus fortunés. Selon une analyse de Bloomberg fondée sur le Bloomberg Billionaires Index, les milliardaires et familles qui ont réduit ou rompu leurs liens avec le Royaume-Uni au cours des deux dernières années représentent environ 160 milliards de dollars de fortune cumulée. Le chiffre donne la mesure de l’enjeu pour Londres, même s’il ne signifie pas que 160 milliards de dollars d’actifs ont quitté l’économie britannique.

Parmi les départs les plus emblématiques figure celui de Chris Rokos, fondateur du hedge fund Rokos Capital Management. Le financier britannique doit transférer sa résidence fiscale en Grèce et prévoit également d’y ouvrir un bureau à Athènes, selon Bloomberg. Son départ est particulièrement symbolique : il figurait parmi les plus gros contribuables individuels du Royaume-Uni.

Selon le Sunday Times Tax List, Rokos aurait payé environ 330 millions de livres d’impôts au titre de la dernière année fiscale prise en compte, ce qui le plaçait au troisième rang des contribuables britanniques. Ce montant doit toutefois être présenté comme une estimation publiée par le Sunday Times : les données fiscales individuelles ne sont pas publiquement vérifiables auprès de HMRC. L’organisme TaxWatch a notamment souligné que la facture fiscale de 330 millions de livres ne peut pas être considérée comme un montant annuel récurrent. Le choix de la Grèce n’est pas anodin. Le pays dispose d’un régime permettant, sous certaines conditions, aux nouveaux résidents fiscaux de payer un montant forfaitaire de 100 000 euros par an sur leurs revenus provenant de l’étranger, pendant une période pouvant aller jusqu’à 15 ans. Le dispositif suppose notamment un investissement minimum de 500 000 euros.

Cette concurrence fiscale intervient alors que le Royaume-Uni a profondément modifié son propre cadre applicable aux grandes fortunes internationales. Depuis le 6 avril 2025, l’ancien régime fiscal des « non-doms » a été supprimé et remplacé par un régime fondé sur la résidence. Les nouveaux résidents remplissant certaines conditions peuvent bénéficier d’une exonération sur leurs revenus et gains étrangers pendant leurs quatre premières années fiscales au Royaume-Uni, à condition notamment d’avoir été non-résidents pendant les dix années précédentes.

Le changement concerne aussi la fiscalité successorale. Depuis avril 2025, le Royaume-Uni applique de nouvelles règles fondées sur la notion de « long-term UK residence ». Dans certaines situations, les actifs situés à l’étranger peuvent ainsi entrer dans le champ de l’Inheritance Tax pour les personnes ayant un historique de résidence suffisamment long au Royaume-Uni. Pour Londres, le problème dépasse donc la simple question du nombre de milliardaires qui changent d’adresse. Une grande fortune peut conserver des entreprises, des immeubles, des comptes ou des investissements au Royaume-Uni tout en transférant sa résidence fiscale ailleurs. C’est précisément pourquoi les 160 milliards de dollars évoqués par Bloomberg ne doivent pas être présentés comme 160 milliards de dollars de capitaux sortis du pays. Le chiffre mesure la fortune des personnes concernées, pas un flux financier sortant mesuré.

L’enjeu économique se situe plutôt dans ce qui pourrait suivre le changement de résidence : family offices, équipes d’investissement, sièges de sociétés, emplois hautement qualifiés, dépenses locales et surtout décisions d’investissement futures. Londres reste pourtant loin d’avoir perdu son statut de grande place financière. Son marché des capitaux, son droit, ses banques, ses gestionnaires d’actifs et son vivier de compétences continuent de constituer des avantages majeurs. Le risque est ailleurs : la concurrence internationale est devenue beaucoup plus crédible. La Grèce, l’Italie, la Suisse, Monaco, Singapour ou encore les Émirats arabes unis proposent désormais aux grandes fortunes des combinaisons de fiscalité, de services financiers et de qualité de vie qui rendent la mobilité plus facile.

Le Royaume-Uni se retrouve ainsi face à un arbitrage délicat. Les réformes fiscales doivent permettre de faire davantage contribuer les contribuables les plus fortunés qui restent, tout en évitant que les plus mobiles ne déplacent leur résidence et, à terme, une partie de leur activité économique. Le cas Rokos illustre parfaitement ce dilemme. La question n’est pas seulement de savoir combien d’impôts un milliardaire paie aujourd’hui. Elle est de savoir où il décidera demain de vivre, d’investir, de gérer son patrimoine et de développer ses activités.

Pour Londres, c’est probablement là que se joue la véritable bataille. Les 160 milliards de dollars ne sont pas nécessairement sortis de Grande-Bretagne. Mais les personnes qui contrôlent une partie de cette richesse, elles, peuvent choisir de plus en plus facilement où elle sera gérée et où les prochaines décisions économiques seront prises.

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17 MD pour l’agriculture : quelles régions vont profiter de ces investissements?

17 millions de dinars d’investissements viennent d’être approuvés dans l’agriculture et la pêche. Les projets seront répartis entre Béja, Bizerte et Médenine, tandis que de jeunes agriculteurs de Kasserine bénéficieront de prêts pour accéder au foncier.

Le Comité national d’octroi des avantages de l’Agence de promotion des investissements agricoles (APIA) a validé plusieurs projets d’investissement dans les secteurs de l’agriculture et de la pêche. Le montant total atteint 17 millions de dinars.

Réunis lundi à l’occasion de leur sixième réunion de l’année 2026, les membres du Comité ont donné leur accord à des projets qui seront réalisés dans les gouvernorats de Béja, Bizerte et Médenine, indique l’APIA.

La décision ne porte toutefois pas uniquement sur le financement de projets. Le Comité s’est également penché sur la question du foncier agricole, avec l’approbation de prêts fonciers destinés à de jeunes agriculteurs à Kasserine.

Ces crédits représentent une enveloppe de 715,9 mille dinars et doivent permettre l’acquisition de 49,9 hectares de terres agricoles.

D’un côté, l’APIA accompagne donc des investissements dans les activités agricoles et halieutiques. De l’autre, elle intervient sur l’accès à la terre, avec un dispositif ciblé sur les jeunes agriculteurs. Deux leviers qui touchent directement aux conditions de développement et de renouvellement du secteur agricole.

Pour cette sixième réunion de 2026, le Comité a ainsi approuvé des opérations portant à la fois sur l’investissement productif et sur l’accès au foncier, avec des projets répartis entre plusieurs régions du pays.

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Octobre Rose: Ooredoo Tunisie transforme chaque pas en un geste solidaire avec Go Run

À l’occasion d’Octobre Rose, Ooredoo Tunisie se mobilise une nouvelle fois dans la lutte contre le cancer du sein en lançant, en partenariat avec Go Run, un challenge solidaire ouvert à tous.

Tout au long du mois d’octobre, les participants sont invités à marcher, courir et cumuler des points via Go Run. Cette initiative associe activité physique et engagement solidaire, en soutenant le don d’Ooredoo Tunisie au profit de l’Association Tunisienne d’Assistance aux Malades du Cancer du Sein (ATAMCS) et de ses actions en faveur des femmes touchées par la maladie.

Le challenge invite ainsi chacun à transformer ses efforts quotidiens en un élan collectif de solidarité, tout en sensibilisant à l’importance de la santé, de la prévention et du dépistage.

Les participants pourront cumuler des points en fonction de leur activité tout au long de la campagne, avec à la clé un prix de 2 500 TND pour le participant ayant obtenu le meilleur score.

Organisé du 1er au 31 octobre 2026, le challenge est accessible via *411#, My Ooredoo et la plateforme Go Run.

À travers son programme RSE Tounes T3ich, Ooredoo Tunisie poursuit son engagement en faveur d’initiatives qui mobilisent la communauté autour de la santé et d’un impact social positif.

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Le CMF publie un nouveau guide pour éviter les pièges de l’investissement en ligne

Les offres d’investissement se multiplient sur Internet, mais toutes ne se valent pas. À l’occasion de la Semaine mondiale de l’investisseur, qui se tient du 5 au 11 octobre 2026, le Conseil du marché financier (CMF) met l’accent sur un risque qui accompagne désormais l’investissement en ligne: les fraudes et les manipulations.

Le régulateur tunisien publie à cette occasion un guide pratique intitulé “Prévenir les fraudes sur Internet et investir avec vigilance”. Le document s’adresse au public et aux investisseurs et revient sur les principaux réflexes à adopter avant de répondre à une offre d’investissement, de transmettre des informations personnelles ou financières ou encore d’effectuer un transfert de fonds.

L’objectif est assez simple: apprendre à ne pas se laisser convaincre trop vite par une proposition diffusée en ligne. Le CMF recommande notamment de vérifier les informations liées à l’offre et d’identifier les techniques de fraude ou de manipulation susceptibles d’être utilisées sur Internet.

La vigilance doit notamment porter sur les informations communiquées au moment de la sollicitation. Une offre d’investissement ne devrait pas être considérée comme fiable sur la seule base de son discours commercial ou des informations diffusées en ligne. La vérification constitue un premier réflexe avant toute décision financière.

Cette démarche prend également une nouvelle forme avec la création, par le CMF, d’une rubrique «Mises en garde» sur son site Internet. Elle rassemble les alertes publiées par le régulateur au sujet de pratiques, d’offres ou d’acteurs susceptibles de présenter un risque pour les investisseurs et le public.

Pour les personnes sollicitées en ligne, cette rubrique peut ainsi devenir un point de vérification avant de donner suite à une proposition. Le CMF prévoit de l’actualiser afin de permettre au public de consulter plus facilement les différentes mises en garde émises par l’autorité.

Derrière ces nouvelles initiatives, le régulateur cherche surtout à renforcer les réflexes des investisseurs dans un environnement où l’accès à l’information financière est devenu beaucoup plus rapide. Cette facilité d’accès ne signifie pas pour autant que l’information est toujours fiable. Entre les offres diffusées sur les plateformes numériques, les sollicitations directes et les propositions d’investissement présentées comme des opportunités à saisir, le risque est aussi de décider avant d’avoir vérifié.

La Semaine mondiale de l’investisseur 2026 intervient précisément sur ce terrain. Organisée du 5 au 11 octobre sous l’égide de l’Organisation internationale des commissions de valeurs (IOSCO), cette campagne internationale célèbre cette année sa dixième édition. Elle réunit des autorités de régulation et différents acteurs autour d’un même objectif: renforcer l’éducation financière et la protection des investisseurs.

La participation du CMF s’inscrit dans cette démarche. Au-delà de la sensibilisation aux risques liés aux placements, l’enjeu est de favoriser des décisions fondées sur une information vérifiée.

Le message du régulateur tient finalement en quelques réflexes:

  • vérifier avant d’investir,

  • ne pas communiquer ses données personnelles ou financières sans précaution et

  • s’assurer de la fiabilité d’une offre avant tout transfert de fonds.

  • Dans un marché financier de plus en plus connecté, la prudence commence donc aussi derrière un écran.

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Capacités productives: 99e mondiale, la Tunisie devance le Maroc et l’Algérie, mais…

La Tunisie fait partie des économies africaines qui disposent du socle productif le plus solide. Mais elle n’en tire pas encore tout le potentiel. C’est, en creux, ce que raconte le nouvel Indice des capacités productives (PCI) de la CNUCED. Avec un score de 47,2 sur 100 en 2024, la Tunisie se classe au 99e rang mondial parmi 195 économies. Un résultat qui la place devant une grande partie du continent, sans pour autant la rapprocher des économies les plus performantes à l’échelle mondiale.

Le PCI ne mesure pas uniquement ce qu’un pays produit aujourd’hui. Il cherche à regarder les capacités qui permettent de produire davantage demain. Capital humain, technologies, énergie, transports, institutions, secteur privé, capital naturel et changement structurel sont pris en compte dans l’indice. C’est justement cette lecture qui rend le cas tunisien intéressant. Le pays possède plusieurs atouts, mais ceux-ci ne progressent pas au même rythme.

Le premier contraste apparaît dans les technologies de l’information et de la communication. Avec un score de 58,7, les TIC constituent la dimension la mieux notée dans le profil tunisien. La Tunisie dispose donc d’une base numérique relativement favorable. Cela compte dans une économie où les services, l’industrie et même l’accès aux marchés extérieurs dépendent de plus en plus des infrastructures numériques.

Mais le numérique ne fait pas tout. Un bon niveau de capacité technologique ne se transforme pas automatiquement en gains de productivité. Pour que cet avantage pèse davantage sur l’économie, il doit se retrouver dans les entreprises, dans leurs procédés de production, dans leur capacité à innover et surtout dans les produits et services qu’elles arrivent à vendre à l’extérieur.

Le changement structurel obtient également un score supérieur à la moyenne tunisienne, à 55,4. C’est probablement l’un des éléments les plus intéressants du profil du pays. La Tunisie n’est pas une économie figée autour d’un seul secteur. Elle dispose d’une industrie exportatrice, d’un secteur des services développé et de plusieurs activités qui l’insèrent dans les chaînes de valeur internationales.

Le problème est plutôt celui de la profondeur de cette transformation. Changer de structure productive ne signifie pas nécessairement monter suffisamment en gamme. Une économie peut diversifier ses activités tout en restant concentrée sur des segments où la valeur ajoutée demeure limitée. Le véritable saut consiste à passer de la sous-traitance et de l’assemblage vers davantage de conception, de recherche, d’innovation et de production à forte valeur ajoutée.

Le capital humain, avec 50,6, se situe lui aussi au-dessus du score global. La Tunisie dispose depuis longtemps d’un avantage dans ce domaine. Mais ici encore, le chiffre doit être lu avec un peu de recul. Former des diplômés ne suffit pas. Encore faut-il que les entreprises puissent utiliser ces compétences, que les secteurs productifs évoluent suffisamment vite pour les absorber et que les profils qualifiés trouvent des perspectives dans l’économie nationale.

Le même raisonnement peut être appliqué à l’énergie, qui affiche un score de 51. Cette capacité devient pourtant de plus en plus stratégique pour l’industrie tunisienne. Le coût de l’énergie, la transition vers les renouvelables et les nouvelles exigences environnementales des marchés extérieurs vont progressivement peser sur les décisions d’investissement et sur la compétitivité des entreprises.

C’est dans les transports que le décalage devient le plus visible. La dimension obtient un score de 32,2, très inférieur au résultat global. Pour une économie ouverte comme celle de la Tunisie, ce n’est pas un détail.

La performance d’une entreprise exportatrice ne dépend pas uniquement de ce qu’elle sait produire. Elle dépend aussi de la facilité avec laquelle elle peut faire entrer ses matières premières, déplacer ses marchandises et les expédier vers ses clients. Chaque retard, chaque surcoût logistique ou chaque rupture dans la chaîne de transport réduit une partie de l’avantage que peuvent procurer les compétences ou la compétitivité industrielle.

C’est probablement l’un des points sur lesquels le PCI apporte une lecture utile du problème tunisien. Le pays dispose d’un tissu productif et d’un capital humain relativement solides, mais certaines infrastructures ne suivent pas au même rythme. Le risque est alors de disposer de capacités qui restent sous-utilisées.

Le secteur privé présente un autre résultat à surveiller, avec un score de 44,5. Là encore, le sujet dépasse la création d’entreprises. La question est celle de leur capacité à investir, à innover et surtout à changer d’échelle.

La Tunisie compte de nombreuses PME et un tissu entrepreneurial actif. Mais passer d’une petite entreprise à une entreprise capable d’investir lourdement, d’exporter sur plusieurs marchés ou de financer sa propre innovation reste difficile. L’accès au financement, la taille du marché intérieur et les contraintes administratives pèsent alors sur la trajectoire de croissance.

Le score de 47,3 obtenu dans la dimension institutionnelle se situe quasiment au niveau général du pays. Ce n’est pas le plus mauvais résultat du profil tunisien, mais ce n’est pas non plus un avantage marqué. Or, les institutions jouent un rôle transversal. Elles donnent aux entreprises le degré de visibilité nécessaire pour investir, recruter et développer des projets qui se construisent sur plusieurs années.

Le classement africain permet de remettre ces résultats en perspective. La Tunisie fait partie des économies les mieux positionnées du continent, aux côtés notamment de l’Afrique du Sud et du Maroc. Les économies insulaires de Maurice et des Seychelles figurent également parmi les meilleures performances africaines.

Mais cette position ne doit pas être interprétée comme une avance confortable. Elle signifie surtout que la Tunisie dispose d’une base productive plus diversifiée que beaucoup d’autres économies africaines. À l’échelle mondiale, l’écart reste important avec les économies développées.

C’est là que le PCI devient plus intéressant qu’un simple classement. Il permet de voir où se situe la Tunisie, mais surtout pourquoi elle n’est pas plus haut.

Le pays possède les compétences. Il possède une base industrielle. Il dispose d’un niveau numérique appréciable et d’une économie relativement diversifiée. Mais les maillons ne sont pas toujours suffisamment connectés. La recherche ne se transforme pas assez rapidement en produits. Les compétences ne trouvent pas toujours leur place dans les secteurs les plus dynamiques. Les entreprises capables d’exporter restent confrontées à des contraintes de financement et de logistique.

Le sujet n’est donc plus vraiment de construire une capacité productive à partir de rien. Il est de faire fonctionner ensemble celles qui existent déjà.

Cette question devient d’autant plus importante que la compétition internationale évolue. Les entreprises cherchent désormais des territoires capables de proposer non seulement une main-d’œuvre compétitive, mais aussi des infrastructures fiables, des compétences techniques, de l’énergie, des services numériques et un environnement permettant d’investir sur le long terme.

Sur ce terrain, la Tunisie possède plusieurs cartes. Mais le PCI montre aussi que certaines d’entre elles sont encore mal jouées.

Le score global de 47,2 ne raconte donc ni une réussite éclatante ni un décrochage. Il décrit plutôt une économie qui dispose d’un potentiel productif réel, mais dont les performances restent limitées par quelques maillons faibles. Le transport en est le cas le plus visible. Le financement et la capacité de passage à l’échelle des entreprises constituent d’autres points de vigilance.

Pour la Tunisie, l’enjeu des prochaines années sera moins de multiplier les atouts que de mieux les relier. Une meilleure articulation entre formation et industrie, numérique et productivité, investissement et innovation, production et logistique pourrait faire davantage pour la montée en gamme que l’accumulation de nouveaux dispositifs pris séparément.

Le PCI place ainsi la Tunisie dans une position plutôt confortable à l’échelle africaine, mais suffisamment loin des meilleurs scores mondiaux pour rappeler une réalité simple: avoir les capacités ne suffit pas. Encore faut-il réussir à les transformer en production, en innovation et en valeur ajoutée.

 

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Orange Tunisie et Focus s’associent pour accélérer l’accès des entreprises au Cloud souverain en Tunisie

Un partenariat pour proposer aux entreprises des solutions Cloud sécurisées, performantes et opérées localement

Orange Tunisie et Focus annoncent la signature d’un partenariat stratégique visant à faciliter l’accès des entreprises tunisiennes aux solutions Cloud et d’infrastructure hébergées et opérées localement en Tunisie.

À travers cette collaboration, les deux acteurs souhaitent accompagner les entreprises de toutes tailles dans leurs projets de transformation digitale, en leur proposant des environnements Cloud répondant à des enjeux croissants de maîtrise des données, de sécurité, de performance et de proximité.

Un Cloud souverain pour répondre aux enjeux des entreprises

Dans un environnement numérique où les entreprises recherchent davantage de maîtrise sur leurs infrastructures et leurs données, le Cloud local constitue une réponse aux besoins croissants de flexibilité, de performance et de continuité des services.

Les solutions proposées dans le cadre de ce partenariat permettent aux entreprises de bénéficier de ressources informatiques hébergées en Tunisie, avec une proximité renforcée des infrastructures et des équipes techniques.

Cette approche offre notamment :

  • Une meilleure maîtrise de la localisation des données et des infrastructures ;

  • Des performances adaptées aux usages professionnels;

  • Une infrastructure évolutive, permettant d’adapter les ressources aux besoins de chaque entreprise

  • Un accompagnement de proximité, assuré par des équipes présentes en Tunisie ;

  • Une plus grande flexibilité dans le déploiement et l’évolution des environnements IT.

Le partenariat s’adresse aux entreprises souhaitant moderniser leurs infrastructures, faire évoluer leurs environnements IT ou accompagner le développement de nouveaux services numériques.

Deux expertises complémentaires au service de la transformation digitale

Pour Orange Tunisie, ce partenariat vient renforcer son portefeuille de solutions ICT & Cloud et sa capacité à accompagner les entreprises dans la modernisation de leurs infrastructures.

« Ce partenariat nous permet de proposer aux entreprises tunisiennes des solutions cloud performantes et adaptées à leurs besoins, tout en leur offrant la proximité et l’accompagnement de nos équipes B2B. Il s’inscrit pleinement dans notre volonté de renforcer notre offre ICT & Cloud et d’accompagner les entreprises dans leurs projets de transformation digitale »- Ahmed Ben Said, Chief Business Officer d’Orange Tunisie

Pour Focus Tunisie, cette collaboration constitue une nouvelle étape dans le développement de son activité Cloud et dans sa volonté de rendre les infrastructures Cloud accessibles au plus grand nombre d’entreprises.

« En associant notre expertise dans les infrastructures Cloud à la force commerciale et à la proximité d’Orange Tunisie, nous souhaitons faciliter l’adoption du Cloud par les entreprises tunisiennes. Ce partenariat permet de proposer une approche combinant performance technologique, sécurité, maîtrise des données et accompagnement local. » – Imen Nabli Directeur commercial de Focus Cloud.

 Une ambition commune : démocratiser l’accès au Cloud en Tunisie

À travers ce partenariat, Orange Tunisie et Focus partagent une ambition commune : accompagner la digitalisation des entreprises tunisiennes en leur donnant accès à des infrastructures Cloud modernes, sécurisées et opérées localement.

Cette collaboration s’inscrit dans une dynamique plus large de développement de l’écosystème numérique tunisien et de promotion de solutions technologiques permettant aux entreprises d’accélérer leur transformation tout en conservant un haut niveau de maîtrise de leurs infrastructures et de leurs données.

 

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Le Qatar propose jusqu’à 5,5 millions de dollars aux startups tech qui s’installent dans le pays

Le Qatar renforce son dispositif pour attirer les startups technologiques étrangères. À travers le Startup Qatar Investment Program, le pays propose jusqu’à 5,5 millions de dollars aux startups déjà établies qui souhaitent développer leurs activités sur son marché. Pour les entreprises en phase de lancement, le financement peut atteindre 1,1 million de dollars.

Le programme, porté par le Qatar Development Bank (QDB), distingue ainsi deux profils. Le volet START s’adresse aux entrepreneurs disposant notamment d’un Proof of Concept (PoC) ou d’un Minimum Viable Product (MVP) et souhaitant lancer leur activité au Qatar. Le volet GROW cible, de son côté, les startups déjà établies qui cherchent à étendre leurs opérations dans le pays.

Le financement n’est pas versé en une seule fois. Les montants sont débloqués par tranches, selon des étapes et des objectifs définis entre le programme et la startup. Pour le volet GROW, les entreprises doivent notamment disposer d’au moins trois années d’activité, d’une équipe de direction qualifiée, d’une situation financière jugée solide et de perspectives de croissance. Le financement n’est qu’une partie de l’offre. Les startups retenues peuvent bénéficier d’exemptions sur certains frais d’enregistrement et de renouvellement des licences, ainsi que de solutions liées aux visas de travail et d’entrepreneur. Le dispositif prévoit également des espaces de coworking subventionnés, un appui au recrutement et aux stages, ainsi qu’un accès à des aides à l’innovation et à la R&D.

Le Qatar veut également agir sur l’accès au marché. Les startups peuvent bénéficier d’opportunités pour faire adopter leurs solutions technologiques par des entreprises ou secteurs locaux, mais aussi d’un accompagnement en formation, mentorat et développement des compétences. Des possibilités de présentation lors d’expositions et événements sont également prévues, ainsi qu’un soutien au logement dans le cadre de la relocalisation.

Les secteurs prioritaires couvrent notamment l’IA et le machine learning, la fintech, la cybersécurité, la healthtech, l’agritech, la climate tech, l’energy tech, les logiciels B2B, l’IoT, la robotique, la supply chain et la proptech. La liste reste toutefois ouverte aux startups jugées innovantes et disruptives.

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Les salariés demandent davantage d’acomptes sur salaire dans ce pays

Les demandes d’acompte sur salaire progressent nettement en France, alors que de plus en plus de salariés cherchent à disposer d’une partie de leur rémunération avant la fin du mois. Les données de deux plateformes spécialisées montrent une hausse particulièrement marquée sur un an, donnant un nouvel indicateur de la pression qui pèse sur les budgets des ménages.

Chez Stairwage, les demandes d’acompte ont augmenté de 10 % entre septembre 2025 et septembre 2026, tandis que les montants demandés ont progressé de 15%. La plateforme, créée en 2020, est utilisée par environ 200 000 salariés dans 400 entreprises. Chaque mois, 12 % des salariés qui y ont accès effectuent au moins une demande, pour un montant moyen correspondant à 18 % de leur salaire. La tendance est encore plus marquée chez Rosaly. La startup, qui travaille avec 450 entreprises représentant également quelque 200 000 salariés, fait état d’une hausse de 30 % des demandes en un an. Elle observe également que les salariés ont tendance à recourir plus souvent à ce dispositif.

L’acompte permet à un salarié de percevoir une partie du salaire correspondant au travail déjà effectué avant la date habituelle de versement. En France, un salarié mensualisé peut demander un acompte au cours de la deuxième quinzaine du mois, pour un montant correspondant au maximum à la moitié de son salaire mensuel. L’employeur ne peut pas refuser une première demande dans le mois. Une deuxième demande au cours du même mois peut en revanche être refusée.

Pour les entreprises, la montée de ces demandes représente aussi un sujet de gestion. Les solutions numériques spécialisées cherchent notamment à automatiser le traitement des demandes, les versements et leur intégration dans les processus de paie. Stairwage indique ainsi couvrir aujourd’hui plus de 200 000 salariés.

Ces chiffres ne constituent pas une mesure nationale de l’ensemble des salariés français. Ils montrent néanmoins une évolution observée sur des populations importantes utilisant ces services : l’acompte sur salaire semble devenir un outil de gestion financière plus fréquent, notamment pour faire face aux dépenses courantes ou aux imprévus.

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Le groupe français Schneider Electric signe un deal à 23,7 milliards de dollars pour racheter l’américain PTC

Schneider Electric s’apprête à réaliser sa plus importante acquisition. Le groupe français a annoncé lundi 5 octobre un accord en vue du rachat de PTC, éditeur américain de logiciels industriels, dans une transaction valorisant l’entreprise à 23,7 milliards de dollars, soit environ 21,1 milliards d’euros. Et ce , d’après les données rapportées par Financial Times. 

L’offre porte sur 205 dollars en numéraire par action PTC. Elle valorise les fonds propres de l’entreprise à 22,6 milliards de dollars, soit 20,1 milliards d’euros. Le prix proposé représente une prime de 42,3 % par rapport au cours de clôture de PTC avant l’annonce. L’opération reste soumise au vote des actionnaires de PTC et aux autorisations réglementaires. Sa finalisation est prévue au troisième trimestre 2027.

PTC prévoit de générer jusqu’à 2,75 milliards de dollars de revenus en 2026.

Fondé en 1985 et basé à Boston, PTC développe des logiciels destinés aux industriels. Ses solutions couvrent notamment la conception de produits, l’ingénierie et la gestion de leur cycle de vie. Son portefeuille comprend notamment Creo, utilisé dans la conception 3D, et Windchill, dédié à la gestion des données et du cycle de vie des produits.

PTC compte plus de 7 000 salariés et plus de 30 000 clients dans le monde. Ses logiciels interviennent dès les premières étapes d’un produit, lorsque les équipes définissent sa conception et ses caractéristiques techniques, puis accompagnent les différentes phases de son développement.

Schneider Electric cherche depuis plusieurs années à renforcer cette activité. Le groupe français a finalisé en 2023 le rachat d’Aveva, spécialiste des logiciels industriels, dans une opération d’environ 11 milliards de dollars. Il a annoncé en juin dernier l’acquisition de Cognite, entreprise spécialisée dans les données industrielles et l’intelligence artificielle.

PTC apporte une autre brique à cet ensemble. Ses logiciels sont davantage tournés vers la conception et l’ingénierie des produits, tandis que Schneider Electric est déjà présent dans l’automatisation industrielle, la gestion de l’énergie et les logiciels destinés aux opérations.

La montée en puissance de l’intelligence artificielle renforce l’intérêt de ces technologies. Les logiciels de PTC intègrent désormais des fonctions d’IA destinées notamment à assister les ingénieurs et à exploiter les données liées aux produits.

Schneider Electric profite également de l’essor des centres de données liés à IA. Cette activité représente désormais environ un quart de son CA, selon le FT.

Le groupe français prévoit 250 millions d’euros de synergies de coûts annuelles à partir de la troisième année suivant la réalisation de l’acquisition. Il table également sur environ 800 millions d’euros de synergies de revenus à terme.

Le financement reposera sur des capitaux propres et de nouvelles dettes. Schneider Electric prévoit de mobiliser entre 5 et 6 milliards d’euros de capitaux propres et entre 16 et 17 milliards d’euros de nouvelle dette. Le groupe prévoit également de suspendre son programme de rachat d’actions en 2027 et 2028.

Cette acquisition intervient après plusieurs opérations menées par Schneider Electric dans les technologies industrielles. Le groupe avait notamment renforcé sa présence dans les logiciels avec Aveva, puis dans les données industrielles avec Cognite. Le rachat de PTC élargit désormais son portefeuille vers les outils utilisés dans la conception et la gestion des produits.

La transaction doit encore recevoir le feu vert des actionnaires de PTC et des autorités compétentes. Sous réserve de ces approbations, Schneider Electric prévoit de boucler l’opération au troisième trimestre 2027.

Pour info, Schneider était valorisé autour de 175 milliards d’euros, ce qui en faisait la troisième entreprise cotée en France selon le FT.

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PLF 2027: un nouveau statut fiscal et un mécanisme de compensation pour les PME

La Fédération Tunisienne des Artisans et Petites et Moyennes Entreprises (FTAPME) propose, dans le cadre du projet de loi de finances 2027, la création d’un statut d’entreprise fiscalement disciplinée, d’après les propos relayés par l’agence TAP. L’idée est de mieux distinguer les TPE, PME et artisans qui respectent leurs obligations fiscales, sociales et légales, en leur ouvrant l’accès à plusieurs dispositifs de soutien.

La proposition intervient aussi sur un sujet qui pèse directement sur la trésorerie des petites entreprises: les délais de paiement du secteur public. La même source precise que la FTAPME souhaite permettre à une entreprise qui doit de l’argent au fisc, mais qui attend elle-même le règlement d’une créance exigible auprès de l’État, d’établir une compensation entre les deux montants.

Plus précisement, une PME pourrait faire valoir ses créances sur l’État, les collectivités locales ou les entreprises publiques afin qu’elles soient déduites de ses dettes fiscales ou sociales. En fait, le montant réellement dû serait alors calculé sur le solde restant après compensation. Selon ladite source, l’entreprise ne pourrait pas être considérée en défaut fiscal, ni subir de pénalités ou perdre certains avantages, à hauteur des sommes que l’administration ou un organisme public lui doit. D’ailleurs, la mesure serait encadrée par des justificatifs tels que les marchés publics, bons de commande, attestations de livraison, factures acceptées, décisions administratives ou jugements. La Fédération propose à ce titre une plateforme numérique nationale dédiée à ces opérations, avec un délai maximal de 30 jours accordé à l’administration pour se prononcer sur une demande. En plus d’une une “Attestation de situation fiscale nette”. Ce document permettrait de faire apparaître les dettes fiscales de l’entreprise, ses créances publiques reconnues, les montants compensés et le solde restant. L’objectif?  Est d’éviter qu’un retard de paiement de l’État empêche une entreprise de participer à un marché public ou d’accéder à un dispositif d’aide. Au fait, la proposition introduit aussi un principe de réciprocité. Lorsque l’État dépasse les délais légaux de règlement, l’entreprise pourrait réclamer des indemnités de retard. La relation entre l’administration et l’entreprise ne serait donc plus envisagée uniquement sous l’angle de l’obligation fiscale, mais aussi à partir des engagements financiers de chacune des parties.

Dans la même optique,  les entreprises bénéficiant du statut d’entreprise fiscalement disciplinée pourraient accéder à plusieurs avantages. La FTAPME propose notamment des incitations financières et fiscales liées aux emplois effectivement créés et déclarés, ainsi qu’une prise en charge partielle des cotisations patronales de sécurité sociale pour les nouveaux recrutements. Une priorité serait également accordée à ces entreprises dans certains programmes publics consacrés à l’investissement, à la formation, au redressement, aux exportations ainsi qu’aux mécanismes publics de garantie et de financement.

Pour accompagner ce dispositif, la fédération propose enfin de consacrer une enveloppe initiale équivalant à 1% des ressources fiscales éligibles, sans compromettre l’équilibre budgétaire de l’État.

 

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Énergie : la Tunisie et l’Algérie avancent sur une centrale de 1 400 MW

 Tunis et Alger ont convenu d’avancer vers sa réalisation, avec l’ouverture prochaine des discussions techniques entre la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) et le groupe algérien Sonelgaz.

Le projet prévoit une centrale à cycle combiné. Une délégation technique tunisienne doit se rendre en Algérie pour examiner avec les responsables algériens les différents paramètres nécessaires à sa réalisation. Le ministre tunisien chargé de la gestion du ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, Slah Zouari, a également indiqué que le montant de l’investissement sera déterminé ultérieurement

Cette initiative n’est pas nouvelle. Le 24 mai 2026, le ministre algérien de l’Énergie et des Énergies renouvelables, Mourad Adjal, avait reçu une délégation de la STEG conduite par son PDG Fayçal Trifa. Les discussions avaient notamment porté sur une proposition de centrale à cycle combiné de 1 400 MW en Tunisie, ainsi que sur l’approvisionnement électrique de la Tunisie et l’interconnexion entre l’Algérie, la Tunisie et la Libye. La nouveauté réside donc dans le passage d’une proposition examinée par les deux parties à une phase davantage orientée vers les conditions techniques de mise en œuvre.

À ce stade, le site d’implantation, le coût du projet, le montage financier, la répartition des investissements et le calendrier de mise en service ne sont pas encore publiquement arrêtés. Il est donc prématuré de parler d’un chantier déjà lancé. Avec une capacité de 1 400 MW, la future centrale représenterait néanmoins un projet majeur pour le système électrique tunisien. Elle s’inscrit dans une coopération énergétique déjà importante entre les deux pays, alors que l’Algérie fournit régulièrement de l’électricité à la Tunisie et que les deux opérateurs, STEG et Sonelgaz, cherchent à renforcer leur partenariat.

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Tunisie: les entrées en devises dépassent 13,2 milliards de dinars sur 9 mois

Plus de 13,2 milliards de dinars ont été injectés dans l’économie tunisienne par les revenus du travail et l’activité touristique au cours des neuf premiers mois de 2026. Sur un an, ces deux sources de recettes affichent une progression de 4,7%, d’après les dernières données de la Banque centrale de Tunisie (BCT).

Les transferts des Tunisiens résidant à l’étranger restent le principal contributeur. Ils ont généré près de 6,9 milliards de dinars entre janvier et septembre 2026, contre 6,5 milliards de dinars sur la même période un an auparavant. Leur évolution ressort ainsi à 5%.

Le tourisme a également rapporté davantage de recettes à la Tunisie. Les entrées enregistrées sur les neuf premiers mois de l’année atteignent 6,3 milliards de dinars, alors qu’elles s’élevaient à 6,1 milliards de dinars à fin septembre 2025.

À eux deux, ces flux financiers représentent l’équivalent de 142% des montants consacrés au service de la dette extérieure. Celui-ci s’est élevé à 9,3 milliards de dinars au cours de la période.

Cette évolution intervient toutefois dans un contexte de recul des réserves en devises. Au 2 octobre 2026, les avoirs nets en devises de la Tunisie se sont situés à 23,6 milliards de dinars, contre 24,2 milliards de dinars à la même date de 2025. La baisse atteint ainsi 2,4%.

La capacité de couverture des importations s’est également réduite. Les réserves représentent désormais 92 jours d’importation, contre 104 jours un an plus tôt.

Autre indicateur à suivre, la quantité de monnaie fiduciaire en circulation continue de s’accroître. Au 1er octobre 2026, l’encours des billets et pièces en circulation dépassait 29,6 milliards de dinars, soit 16% de plus qu’à la même période de 2025.

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Miel Charab Echifa: ce que Easy Export change pour un petit exportateur

Mohamed Bekir, ingénieur réseau de formation et directeur commercial de « Miel Charab Echifa », n’avait pas prévu de faire de l’apiculture son activité. Sa passion pour la ruche s’est renforcée durant son projet de fin d’études, alors qu’il effectuait son stage chez Ooredoo. Les premiers revenus tirés du stage lui ont ensuite permis de financer un voyage au Yémen pour participer à un congrès consacré à l’apiculture. “C’est là que l’aventure a commencé”, raconte-t-il à Managers, en marge de l’événement Easy Export.

L’entreprise développe des produits issus de la ruche et s’intéresse notamment à l’apithérapie. Depuis son lancement, elle réalise également des analyses sur ses produits, notamment autour de l’invertase, une enzyme naturellement présente dans le miel. Son activité peut notamment permettre de vérifier si le miel a subi des transformations ou un chauffage susceptible d’altérer ses caractéristiques. Au départ, l’objectif de Mohamed Bekir était avant tout lié à l’apithérapie et à l’utilisation du miel à des fins thérapeutiques. “Notre premier objectif était de traiter les gens avec le miel”, explique-t-il. L’export est ensuite devenu un autre axe de développement. Selon lui, la Tunisie dispose de ressources végétales et de plantes particulières qui peuvent constituer un atout pour différencier les produits tunisiens et renforcer leur compétitivité sur les marchés étrangers.

Easy Export réduit le coût d’entrée

Miel Charab Echifa figure parmi les premières entreprises à avoir participé à Easy Export. Le programme lui a notamment permis d’explorer de nouveaux débouchés en Europe, au Canada et aux États-Unis. Avant cela, l’entreprise avait déjà réalisé certaines opérations à l’étranger à travers des initiatives personnelles, notamment vers le Yémen. Selon Mohamed Bekir, une opération d’envoi peut atteindre environ 100 dinars. La prise en charge de 50 % des frais de transport dans le cadre d’Easy Export constitue ainsi, selon lui, une solution pour réduire le coût des opérations et faciliter l’accès à l’export.

L’expérience fait également ressortir certaines difficultés. Il arrive qu’un colis soit retourné alors que la vente est déjà réalisée et que le client a payé. La cause? Il évoque les taxes que le destinataire peut devoir régler après l’arrivée du colis. Il souhaiterait que ces taxes puissent être payées en amont lorsque cela est possible, afin de limiter les risques de blocage ou de retour.

Pour Mohamed Bekir, ces contraintes montrent que l’accès aux marchés internationaux ne dépend pas seulement de la capacité d’une entreprise à proposer un produit. Les procédures douanières, les règles fiscales, les coûts logistiques et les modalités d’expédition pèsent également dans la décision de se lancer à l’export. Dans ce contexte, la simplification des démarches et la réduction des coûts peuvent aider davantage de petites entreprises tunisiennes à franchir le pas vers les marchés internationaux.

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