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7 octobre 2023 : un cessez-le-feu inachevé, une paix éloignée

Trois ans après l’attaque du 7 octobre 2023 contre les civils israéliens et la réplique de Tsahal, la guerre se poursuit à faible intensité. Le chef de l’ONU réclame un cessez-le-feu enfin respecté. En bref Trois ans après le 7…

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Le gendre de Trump investit dans l’industrie militaire israélienne

Affinity Partners, société de capital-investissement de Jared Kushner -financier et gendre du président américain Donald Trump- est le principal actionnaire dans Phoenix Financial, une entreprise financière israélienne investissant massivement dans plusieurs secteurs de l’industrie militaire israélienne. En même temps, M. Kushner agissait comme émissaire et négociateur officieux pour le plan de paix à Gaza de son gendre le président Donald Trump.

Imed Bahri

C’est ce qu’a révélé une enquête de Allegra Goodwin, Katie Polglase et Majlie de Puy Kamp publiée par CNN le 1er octobre 2026, soulignant un conflit d’intérêts concernant le gendre de Trump, et son rôle de négociateur pour la paix à Gaza.

En effet, Kushner est le négociateur clé concernant le conflit à Gaza et en même temps, sa société de capital-investissement Affinity Partners détient une participation majoritaire dans une entreprise israélienne basée à Tel Aviv Phoenix Financial qui investit dans l’industrie militaire israélienne et qui fournit des armes et des équipements (dont des drones et engins de démolition) à l’armée israélienne notamment dans la guerre de Gaza. 

Ce qui est également révélé par CNN c’est que Kushner a échappé à tout examen minutieux de ce potentiel conflit d’intérêts en opérant en tant qu’envoyé bénévole, plutôt qu’en acceptant un poste gouvernemental qui aurait exigé la divulgation de sa situation financière. Il s’est ainsi assuré un double rôle inédit au sein de l’administration Trump conjuguant activités commerciales lucratives et politique très sensible en pleine guerre dévastatrice.

La guerre à Gaza enrichit le gendre du président US

CNN s’est appuyé sur la législation israélienne en matière de transparence financière pour retracer certains investissements de Phoenix Financial, une société basée à Tel-Aviv dont le groupe d’investissement de Kushner a doublé la participation l’année dernière, peu avant le retour de Trump à la Maison-Blanche. Kushner a par la suite qualifié Phoenix Financial de «meilleur investissement» pour Affinity.

Ces registres —qui ne couvrent qu’une infime partie des actifs de Phoenix— révèlent que la société a investi des centaines de millions de dollars dans Elbit Systems, le principal fournisseur d’armement en Israël. Selon l’enquête de CNN, Phoenix détient également des parts dans au moins huit autres entreprises fournissant à l’armée israélienne des équipements allant des drones aux navires de guerre, en passant par des engins de démolition.

L’enquête a révélé que la valeur des actions de ces neuf entreprises a connu une forte croissance l’année dernière, plusieurs d’entre elles indiquant que la guerre à Gaza avait stimulé la demande pour leurs services et leurs activités.

Bien qu’Affinity Partners ne détienne pas de parts directes dans ces sociétés, elle réalisera des bénéfices considérables à mesure que Phoenix engrangera elle-même des profits.

Depuis le printemps 2025, Kushner s’est imposé comme une voix influente dans la politique américaine au Moyen-Orient. Il a conseillé Trump, a voyagé à travers le monde pour négocier avec des dirigeants —dont le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu— et a même dévoilé des plans visant à reconstruire la bande de Gaza pour en faire un pôle touristique mondial. Kushner a joué un rôle dans l’accord de cessez-le-feu conclu l’année dernière à Gaza, bien que les raids israéliens contre la population n’aient pas cessé depuis lors.

Si l’enquête de CNN n’a trouvé aucune preuve indiquant que les actions de Kushner en tant que diplomate aient directement influencé les investissements examinés, sa société a réalisé d’importants gains grâce à son investissement dans Phoenix. Elle a vendu un quart de sa participation en juillet pour plus de 340 millions de dollars, soit un rendement supérieur à cinq fois le prix d’achat initial des actions.

Affinity, société détenue en totalité par Kushner, demeure le principal actionnaire de Phoenix avec une participation de 7,4% qui est évaluée à plus d’un milliard de dollars en juillet.

Kushner a évoqué ouvertement ses investissements et son rôle de médiateur de paix, estimant que le profit financier constitue la meilleure voie vers une paix durable.

«Peut-être y a-t-il un intérêt à mener ces guerres !»

«Lorsque l’on réunit un Arabe et un Israélien, la première chose dont ils discutent, ce sont les opportunités commerciales. Ils oublient tout le reste et réalisent alors qu’ils ont beaucoup de points communs», a déclaré Kushner dans l’émission No Priors en septembre dernier. Il a ajouté: «Les investisseurs du Moyen-Orient regardent désormais Israël en se disant: Attendez une minute, peut-être y a-t-il un intérêt à mener ces guerres !». Difficile d’être plus cynique quand on mélange business et guerre !

Toutefois, les critiques soulignent que les liens financiers de Kushner, conjugués à son rôle officieux de représentant influent de la Maison-Blanche dans une région déchirée par la guerre, soulèvent des questions quant à savoir s’il agit dans l’intérêt des contribuables ou dans son propre intérêt.

Cynthia Brown, conseillère principale en éthique auprès de l’organisation Citizens for Responsibility and Ethics (Citoyens pour la responsabilité et l’éthique) à Washington, a déclaré : «Il y a toujours des personnes qui tirent profit de la guerre ou des politiques gouvernementales, la différence est que les bénéficiaires ne devraient pas être ceux qui prennent les décisions nécessaires à l’élaboration de ces politiques or c’est précisément ce qui se passe ici !».

S’adressant à CNN, l’avocat de Kushner a affirmé que son client «n’a jamais participé aux décisions de la société d’investissement Phoenix ni ne les a orientées», ajoutant qu’il «n’a joué aucun rôle dans la décision d’acheter, de conserver ou de vendre l’une des neuf entreprises mises en lumière par CNN et qu’il n’a jamais siégé au conseil d’administration de Phoenix Financial. Toute insinuation selon laquelle le travail diplomatique de Jared aurait influencé les investissements de Phoenix dans les entreprises que vous avez mentionnées, ou inversement, est erronée».

Un très juteux «bénévolat au service de l’intérêt public»

Toutefois, Kushner a déclaré au magazine Forbes, en septembre dernier, qu’il entretenait un «dialogue très actif» avec le groupe financier israélien et qu’il rencontrait régulièrement ses dirigeants et échangeait avec eux au sujet de l’entreprise, des tendances générales du marché et des opportunités stratégiques potentielles. Il a néanmoins précisé que ses échanges avec la direction de Phoenix avaient considérablement diminué depuis qu’il s’était «davantage investi dans le bénévolat au service de l’intérêt public et dans les efforts diplomatiques».

Certaines des participations de Phoenix Financial dans des entreprises liées à l’armée israélienne existaient déjà avant que la société de Kushner n’en devienne le principal actionnaire. D’autres participations notamment dans une entreprise fabriquant des fusées électroniques pour des obus* utilisés à Gaza et dans une autre produisant des pièces détachées pour des chars israéliens ont été acquises ultérieurement. Phoenix s’est abstenue de commenter ce qui semblait être des incohérences dans la classification de certains de ses rapports publics.

Deux experts-comptables judiciaires israéliens ont examiné les registres séparément et ont conclu, malgré ces incohérences, que les dossiers analysés par CNN correspondaient bien à des actifs de Phoenix Financial. Ces actifs incluent des investissements que CNN a identifiés comme ayant été réalisés par Phoenix dans des entreprises liées à l’armée. Les experts ont souligné que les documents ne reflétaient qu’une partie du portefeuille de Phoenix, excluant les actifs détenus dans des comptes de retraite, les participations dans des entreprises via des fonds communs de placement, les obligations d’entreprises ainsi que d’autres titres financiers.

Bien que Phoenix n’ait pas commenté les conclusions de CNN, un porte-parole de l’entreprise a indiqué qu’elle était «soumise à une réglementation et que la valeur pour les actionnaires découlait principalement de la performance opérationnelle plutôt que des rendements des investissements».

En tant que société privée, Affinity Partners —tout comme Kushner— n’est pas tenue par la loi américaine de divulguer ses investissements. Kushner a révélé en mars qu’Affinity Partners avait investi dans 28 entreprises à ce jour mais l’ampleur de sa participation dans Phoenix par rapport à ses autres investissements demeure floue.

Un porte-parole de la Maison-Blanche a rejeté les inquiétudes concernant un éventuel conflit d’intérêts entre les rôles de bénévole et d’homme d’affaires de Kushner, qualifiant ces allégations de «propos vains propagés par les démocrates à l’encontre du président Trump, de sa famille et de son administration depuis une décennie».

Toutefois, les démocrates ont cherché à ouvrir de nouvelles enquêtes sur les activités de Kushner dans la région, des investigations susceptibles de s’intensifier s’ils venaient à reprendre le contrôle de la Chambre des représentants lors des élections de mi-mandat.

Dans une lettre adressée à Kushner en avril annonçant une enquête de la commission judiciaire de la Chambre, le représentant démocrate Jamie Raskin a qualifié la dualité des rôles de Kushner de «décision inconciliable et totalement contraire à l’éthique» affirmant qu’elle «plane sur la politique étrangère américaine depuis le retour du président Trump à la Maison-Blanche en 2025».

En 2023, la société Affinity Partners a décidé de réaliser son premier investissement en Israël en acquérant une participation de 15% dans Shlomo Group, une entreprise spécialisée dans la location de véhicules et le crédit, pour un montant de 150 millions de dollars. L’année suivante, Affinity Partners a acheté une participation de 4,95% dans Phoenix Financial pour 128,5 millions de dollars. Phoenix figure parmi les plus grands groupes financiers d’Israël et propose des services incluant l’assurance, les retraites et la gestion d’actifs. Affinity Partners a ensuite presque doublé sa participation dans Phoenix cinq jours avant la prestation de serment de Trump, devenant ainsi le principal actionnaire de l’entreprise. Kushner a qualifié cet investissement de pari sur la solidité de l’économie israélienne.

Le renouvellement du pari d’Affinity Partners sur Phoenix est intervenu dans un contexte d’intensification de la guerre israélienne à Gaza, conflit dans lequel Kushner a rapidement joué un rôle clé de médiateur. Toutefois, contrairement au premier mandat de Trump, durant lequel il était haut conseiller à la Maison-Blanche et avait contribué à l’élaboration d’accords majeurs tels que les Accords d’Abraham, Kushner a cette fois-ci évité d’assumer un rôle officiel.

* Une fusée électronique pour obus est un dispositif de mise à feu placé à l’avant d’une munition d’artillerie qui utilise des composants électroniques pour déclencher l’explosion de la charge.

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Les États-Unis se retirent définitivement de l’Irak

Les États-Unis ont achevé le retrait de leurs dernières forces militaires d’Irak le mercredi 30 septembre 2026 mettant ainsi fin à une présence militaire qui avait débuté avec l’invasion de 2003 ayant renversé Saddam Hussein et s’était poursuivie pendant des années d’insurrection et de violences sectaires. 

Imed Bahri

Les forces américaines s’étaient retirées en 2011 avant de revenir en 2014 pour contribuer à la défaite du groupe État islamique (EI, Daech). Cependant, ce retrait laisse aujourd’hui les milices chiites pro-iraniennes en position de force. Le Premier ministre irakien Ali al-Zaidi souhaitait que le désarmement de ces milices soit concomitant au départ des Américains mais cela n’a pas eu lieu. Le gouvernement a reporté la date butoir d’un an à savoir le 30 septembre 2027.

Les États-Unis ont mis fin à leur présence militaire en Irak après plus de 23 ans et des dépenses s’élevant à 1 700 milliards de dollars à ce que les critiques qualifiaient de «guerre sans fin» (The Endless War) en Irak, en y fermant, mercredi 30 septembre 2026, leur dernière grande base, écrivent Jared Malsin et Sangar Khaleel dans une enquête publiée par le Wall Street Journal.

Toutefois, ce retrait américain ne signifie pas la fin des troubles. Le conflit ouvert entre les États-Unis et l’Iran expose l’Irak à davantage d’affrontements, le retrait américain laissant derrière lui un pays où l’emprise de milices pro-iraniennes lourdement armées ne cesse de se resserrer.

Selon le WSJ, ces milices avaient mené plus de 600 attaques contre des installations diplomatiques et militaires américaines en Irak au cours des deux premiers mois du conflit.

Signe de l’instabilité en Irak, l’ambassade américaine à Bagdad émet désormais des avertissements de sécurité fréquents à l’intention des Américains et d’autres ressortissants notamment deux alertes par semaine concernant le risque d’enlèvement. Une équipe du WSJ a d’ailleurs quitté Bagdad précipitamment ce mois-ci après avoir reçu des avertissements de responsables irakiens, américains et européens concernant une menace sécuritaire, des responsables américains préciseront par la suite qu’il s’agissait d’un risque d’enlèvement par une milice chiite.

Selon des responsables américains (en poste ou anciens) et des experts en défense, Téhéran continue de soutenir ces milices. Un responsable américain a indiqué que le flux d’armes légères, de drones, de missiles à courte portée et de munitions de petit diamètre en provenance d’Iran avait initialement ralenti alors que Téhéran se concentrait sur la confrontation avec les États-Unis mais qu’il a repris de l’ampleur au cours de l’été. Ce responsable a souligné que les attaques récentes impliquaient des missiles et des drones à plus longue portée, suggérant une montée en puissance préoccupante des capacités d’armement.

Désarmer les groupes armés

L’administration Trump a accueilli favorablement l’arrivée au pouvoir d’Ali al-Zaidi —qui n’avait occupé aucune fonction publique avant sa nomination au poste de Premier ministre en mai— le considérant comme un interlocuteur avec qui il est possible de travailler bien que les relations de sa famille avec les autorités américaines étaient tendues. 

Al-Zaidi appartient à une famille qui possède une banque et une compagnie d’assurance ainsi que des entreprises dans les secteurs des médias et de la construction. Le département du Trésor américain avait interdit à cette banque d’effectuer des transactions en dollars en 2024, en raison de soupçons d’implication dans le financement de l’Iran et de groupes qui lui sont affiliés, des accusations démenties par Al-Zaidi affirmant n’avoir eu aucune connaissance de telles transactions.

Aujourd’hui, l’administration Trump mise sur Al-Zaidi pour désarmer les groupes armés comptant des dizaines de milliers de membres, y compris des factions paramilitaires financées ou armées par l’Iran.

Toutefois, désarmer les milices c’est pas du tout une mince affaire. Kadhim al-Fartousi, porte-parole des Brigades Sayyid al-Shuhada, un groupe paramilitaire financé et armé par l’Iran et classé organisation terroriste par les États-Unis, a déclaré que «ces armes sont la garantie de notre souveraineté et de notre liberté».

Al-Fartoussi ajouté qu’un désarmement forcé imposé par le gouvernement n’aura pas lieu. Son groupe armé et d’autres milices occupent des postes de haut rang au sein des ministères et détiennent des dizaines de sièges au Parlement irakien où ils ont joué un rôle clé dans la désignation d’Al-Zaidi lors des négociations ayant suivi les élections de l’année dernière. «Le gouvernement est une création à laquelle nous avons contribué», rappelle Al-Fartoussi.

Report de la date butoir pour le désarmement

Al-Zaidi et ses adjoints évoquent désormais un report à l’année prochaine de la date butoir pour le désarmement, initialement fixée au mercredi 30 septembre 2026. Il souhaitait qu’elle soit concomitante au retrait définitif des troupes américaines.

Un haut responsable américain a indiqué que les États-Unis avaient souligné auprès de l’Irak l’importance de préserver sa souveraineté et d’empêcher les attaques lancées depuis son territoire par des milices soutenues par l’Iran. Par ailleurs, un responsable du Pentagone a précisé que les États-Unis s’apprêtaient à mettre fin à leurs opérations militaires officielles, tout en conservant dans la région des capacités de renseignement, de reconnaissance et autres, susceptibles d’être déployées en Irak.

Le chaos ayant suivi l’invasion américaine de 2003 a offert à l’Iran l’occasion d’étendre son influence en Irak. Le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) a contribué à tisser une toile d’araignée de milices qui ont attaqué les forces américaines dans le but de chasser les États-Unis du pays.

Après la fin de la phase principale du conflit, les États-Unis ont retiré leurs troupes en 2011. Ils sont toutefois revenus trois ans plus tard pour combattre l’organisation État islamique et y ont maintenu une présence militaire. Entre-temps, les milices soutenues par l’Iran s’étaient solidement implantées après avoir participé à la lutte contre l’État islamique, certaines d’entre elles ont été intégrées au système politique irakien et ont formé des partis politiques ayant joué un rôle dans la nomination du Premier ministre. Des membres de ces milices ont également accédé à des postes influents au sein du ministère de l’Éducation ainsi que des autorités fiscales et douanières. 

Al-Fartoussi a indiqué que son organisation et d’autres groupes armés avaient connu une montée en puissance cette année. Il a déclaré : «Les factions de la résistance ont gagné en puissance car elles sont confrontées à l’événement le plus important au monde à savoir la guerre entre les États-Unis et l’Iran. Ce sont les États-Unis qui nous ont poussés vers cette guerre». 

Le choix d’Al-Zaidi au poste de Premier ministre a constitué un compromis. En effet, Donald Trump avait menacé de couper l’aide américaine à l’Irak lorsque le nom de Nouri al-Maliki —ancien Premier ministre et homme lige de l’Iran— avait été avancé pour ce poste en janvier.

Al-Zaidi fait aujourd’hui du désarmement des milices une priorité cependant ses chances de succès sont minces. L’armée régulière irakienne est en proie à un manque de financement. Quant au service de lutte antiterroriste du pays —une force entraînée par les États-Unis—, il comptait environ 14 000 soldats en 2024, un effectif inférieur à celui des milices. Par conséquent, le rapport de force n’est pas en faveur du Premier ministre.

Présence américaine réduite au strict minimum

Victoria Taylor, ancienne responsable de haut rang au département d’État ayant quitté ses fonctions cette année après avoir travaillé sur le dossier irakien, a affirmé que l’idée selon laquelle Al-Zaidi pourrait désarmer les milices en quelques mois relevait de l’impossible.

Alors que le retrait définitif des troupes américaines a été acté le 30 septembre, seul un contingent de Marines restera sur place pour assurer la protection des missions diplomatiques américaines ainsi de contractuels chargés de la maintenance de la flotte irakienne de chasseurs F-16 et des chars de fabrication américaine.

Par ailleurs, des responsables américains actuels et anciens ont signalé que l’armée avait déjà retiré une batterie de défense antiaérienne Patriot qui était déployée autour d’Erbil. Il est probable que les États-Unis concentrent leurs systèmes de défense aérienne restants sur la protection de l’ambassade américaine à Bagdad et du consulat à Erbil.

«Ces milices existent parce que l’Iran souhaite leur existence et y voit un intérêt constant, les utilisant comme un outil et un levier de pression contre le gouvernement irakien et les États-Unis dans la région. Cette situation perdurera même après le retrait des forces américaines», déclare Victoria Taylor.

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Tribune. Javier Milei, président argentin et économiste libertarien

Javier Milei, le président argentin, est sans doute l’un des personnages phares du populisme libertaire du moment, aux côtés de Trump. Les excès du personnage ne semblent pas perturber les électeurs argentins du moment, ni frôler sa légitimité.   En…

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Un western à l’Onu | Le bluffeur, l’hypocrite et le génocidaire

Alors que la 81ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations Unies vient de s’achever à New York, le monde assiste à l’effritement accéléré du droit international. Entre gesticulations théâtrales, doubles discours diplomatiques et violation systématique des traités, retour sur une séquence politique révélatrice où le cynisme et la force brute tentent de supplanter la règle commune.

Dr Abderrahmane Cherfouh

La semaine du 22 au 28 septembre 2026 aura offert au monde le spectacle saisissant d’une diplomatie internationale en pleine déchéance. À New York, au siège des Nations Unies, près de 130 chefs d’État et de gouvernement se sont succédé à la tribune de la 81ᵉ Assemblée générale, dans un contexte dominé par les guerres, les crises au Moyen-Orient et les fractures croissantes de l’ordre international — marquant au passage le vide laissé par une cinquantaine d’absents de taille, au premier rang desquels le Chinois Xi Jinping et le Russe Vladimir Poutine.

Dès l’ouverture, le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva a rappelé que son pays n’appartenait à personne et qu’il refusait toute ingérence étrangère. «Le Brésil n’est l’arrière-cour de personne», a-t-il lancé, dans un discours consacré à la souveraineté et au refus des interventions extérieures, donnant par la même occasion une leçon de courage, de bravoure et de dignité à ceux qui redoutent le rugissement de celui qui se prétend l’homme le plus puissant du monde (le Brésil est la 10e économie mondiale et la première d’Amérique latine).

Donald Trump : le bluffeur

La scène a rapidement été investie par Donald Trump. Fidèle à sa culture du show-business et à sa passion pour la théâtralité, le président américain a une fois de plus confondu l’enceinte sacrée de l’Onu avec un plateau de téléréalité, soufflant le chaud et le froid dans une incohérence spectaculaire.

Dès lors, cette Assemblée générale a pris les contours d’un western crépusculaire. En coulisses comme sur scène, se rejoue une version cynique du film ‘‘Le Bon, la Brute et le Truand’’, où le rôle du «Bon» a définitivement été éjecté du scénario. À l’affiche de ce trio destructeur, le bluffeur, l’hypocrite et le génocidaire se partagent la vedette.

La prestation de Trump a oscillé entre le ridicule et l’effroi. À la tribune, il a brandi des menaces d’une violence inouïe, promettant d’«annihiler» l’Iran et d’expédier le pays «en enfer sans aucune chance de survie». Puis, quelques instants à peine après avoir prophétisé l’apocalypse, il glissait en coulisses qu’un «accord majeur» serait conclu juste après les élections américaines. Comment prétendre vouloir négocier la paix tout en théâtralisant la destruction totale d’une nation ? Ce bluff récurrent met en lumière une diplomatie à la dérive et l’absence totale de vision stratégique.

Emmanuel Macron : l’hypocrite

Pour ce qui s’apparente à son ultime discours devant l’Assemblée générale, le président français a voulu incarner la voix de la raison, le droit international et la conscience morale de l’Occident. En qualifiant le drame humanitaire à Gaza de «spectacle qui doit tous nous faire honte», tout en pointant du doigt les violations quotidiennes liées à la colonisation en Cisjordanie, Emmanuel Macron semblait poser un acte fort.

Mais en voulant ménager la chèvre et le chou pour ne se mettre à dos aucune alliance, le chef de l’État s’est emmêlé les pinceaux. En quête d’un compromis introuvable, sa diplomatie a paru déconnectée, s’attirant la foudre de Tel-Aviv sans convaincre les défenseurs de la cause palestinienne.

La fracture la plus profonde réside dans ce que le collectif Euro-Palestine a qualifié de «feinte colère». Tandis que le président élevait la voix à la tribune pour déplorer le sort des victimes, Paris garantissait une protection logistique essentielle au Premier ministre israélien en autorisant son appareil à traverser l’espace aérien français pour la cinquième fois. Accorder cette facilité de survol à un dirigeant visé par la justice internationale réduit la parole de la France à une posture de façade : pleurer sur les décombres devant les caméras tout en sécurisant le vol du sanguinaire.

Benjamin Netanyahu : le génocidaire 

Face à une salle désertée par près de quatre-vingts délégations diplomatiques, le Premier ministre israélien a choisi l’attaque frontale et le sarcasme comme ultime ligne de défense. Accusé par Paris et Londres d’étouffer la Palestine sous une politique d’occupation illégale, Benjamin Netanyahu a balayé les critiques d’un revers de main cynique : «Ils accusent le petit Israël de colonialisme… Pour l’amour de Dieu, ce me semble, ce sont eux qui ont inventé le terme !»

Le cœur de la mystification politique réside dans cet artifice. Pour occulter l’illégalité flagrante de l’extension des colonies en Cisjordanie et la réalité des massacres à Gaza, Netanyahu utilise le passé des empires occidentaux comme un bouclier pour ses propres fautes présentes. Invoquer les politiques coloniales du XIXᵉ siècle pour absoudre des annexions et des violations du droit au XXIᵉ siècle relève de l’aberration logique et juridique.

La France et le Royaume-Uni tirent précisément leur autorité actuelle sur la scène internationale des leçons douloureuses de leur propre décolonisation. En refusant d’admettre que le monde est désormais régi par le droit international moderne et la Charte des Nations Unies de 1945, le dirigeant israélien s’enferme dans un anachronisme dangereux, substituant la force brute à la règle commune.

Ces trois acolytes issus du même moule ont scellé définitivement la fin des illusions, précipitant la chute vertigineuse de la crédibilité internationale. Au-delà de leur posture de façade, le bluffeur, l’hypocrite et le génocidaire partagent la même matrice : celle du cynisme absolu et du mépris des règles les plus élémentaires du droit international.

Le boycott d’honneur et l’illusion des accords d’Abraham

L’image de ces 77 délégations désertant la salle lors de la prise de parole de Benjamin Netanyahu restera comme un verdict cinglant de la conscience universelle. Face à un pouvoir engagé dans des crimes de masse et un génocide avéré à Gaza, la quasi-totalité du monde arabe et un bloc massif de nations ont opposé la seule réponse digne : le refus de l’écoute.

Mais cette désertion salubre a rendu plus flagrante encore l’immobilité de trois capitales. Les Émirats arabes unis et Bahreïn, deux États ayant normalisé leurs relations avec Israël dans le cadre des accords d’Abraham, figuraient parmi les délégations restées dans la salle. Le Maroc, autre État arabe ayant normalisé ses relations avec Israël en 2020, n’a pas non plus participé au départ collectif.

Par peur, par soumission ou par calcul sordide, ces régimes ont préféré offrir une audience polie à des mains tachées de sang, signant une complicité explicite dans la tragédie en cours et la déchéance de leur propre diplomatie.

Ces régimes prétendent agir au nom de la Realpolitik, ce réalisme froid qui ferait primer les intérêts sécuritaires sur les principes éthiques. Mais l’épreuve des faits a fini par démasquer la naïveté de ce calcul. La montée des tensions régionales avec l’Iran a apporté la preuve éclatante que l’alignement sur Washington et Tel-Aviv n’offre aucune garantie de protection, ignorant le double avertissement d’Henry Kissinger : «L’Amérique n’a pas d’amis ni d’ennemis permanents, elle n’a que des intérêts», et «Être l’ennemi de l’Amérique peut être dangereux, mais être son ami est fatal.»

Lorsque les territoires du Golfe se sont trouvés exposés aux ripostes directes, les États-Unis n’ont pas agi en bouclier protecteur : ils ont utilisé leurs bases militaires installées dans la région pour mener leurs propres frappes, transformant ces pays en cibles stratégiques et en dommages collatéraux. Payer la normalisation avec Israël au prix d’une abdication morale sur la Palestine n’a donc prémuni ces États contre aucun danger. Loin d’être une maîtrise diplomatique, leur présence dans cette salle de l’Onu relève d’une soumission à perte : un marché de dupes où la souveraineté et l’honneur ont été sacrifiés en échange d’une protection illusoire.

La fiction des deux États à l’épreuve du réel colonial

Depuis plus de trois décennies, les chancelleries internationales répètent le même mantra diplomatique : la «solution à deux États». De tribune en tribune, de l’Assemblée générale des Nations Unies aux communiqués rituels des ministères, cette affirmation est martelée comme un dogme intangible. Pourtant, le décalage entre la rhétorique feutrée des palais diplomatiques et la réalité brutale du terrain n’a jamais été aussi criant. S’accrocher en 2026 à cette formule relève soit d’une paresse intellectuelle coupable, soit d’une lâcheté politique calculée pour éviter d’affronter le vide.

Sur le plan du droit, le consensus international demeure pourtant sans ambiguïté. L’article 49 de la IVᵉ Convention de Genève interdit de manière absolue à une puissance occupante de transférer sa propre population civile dans un territoire occupé. Ce principe fondamental a été réaffirmé par la résolution 2334 du Conseil de sécurité de l’Onu, puis scellé par l’avis consultatif de la Cour internationale de Justice (CIJ) de juillet 2024, qualifiant l’occupation et la colonisation israéliennes d’illégales et exigeant leur cessation immédiate.

Mais sur le terrain, ce mépris du droit s’est traduit par une ingénierie territoriale dévastatrice. Par le maillage resserré des colonies, des voies de contournement réservées et des avant-postes isolés, la Cisjordanie s’est transformée en un archipel de bantoustans disjoints, enserrant les agglomérations palestiniennes et isolant Jérusalem-Est de son arrière-pays. À cet étouffement géographique s’ajoute l’anéantissement de Gaza, qui a fini de détruire les fondations économiques et sociales indispensables à la viabilité d’un État souverain.

Face à cet engrenage, l’obstination des puissances occidentales à invoquer les «deux États» sans jamais imposer de sanctions contraignantes ne relève plus de la diplomatie : c’est une esquive hypocrite. En laissant s’installer un État unique de fait, fondé sur une inégalité institutionnalisée et l’impunité, la communauté internationale s’achète une bonne conscience à bon compte. Il est temps d’en faire le deuil : on ne bâtira pas la paix sur une fiction territoriale que le béton, les bombes et le mépris du droit ont définitivement effacée.

Refuser l’accoutumance pour empêcher l’effacement

Le danger le plus redoutable qui menace la conscience humaine n’est plus seulement la violence des armes, mais l’accoutumance : l’habitude des images de décombres, l’habitude des déracinements de populations, l’habitude des morts comptabilisés à la hâte, des résolutions sans suite et des communiqués rituels. Lorsqu’une tragédie d’une telle ampleur devient familière, elle court le risque mortel d’être réduite à une simple ligne dans la presse, puis à une statistique froide dans un dossier diplomatique.

Faut-il pour autant accepter le deuil de la cause palestinienne ? Non. Ce serait confondre la défaillance d’un système diplomatique hypocrite avec l’existence même d’une nation. La Palestine n’est pas un communiqué de l’Onu ni un concept abstrait : elle est une histoire, une mémoire, une identité vivante, un peuple courageux et une exigence irréductible de justice.

Le discours d’Emmanuel Macron à l’Onu aura été le chant du cygne d’une diplomatie de la parole incapable de se traduire en actes. Mais la rhétorique ne suffit plus pour préserver un peuple de l’anéantissement.

La question fondamentale qui se pose aujourd’hui à la communauté internationale n’est plus de répéter des formules creuses, mais de savoir si nous aurons la lucidité d’arrêter cette Realpolitik sauvage avant que la planète entière ne se transforme en une immense jungle où les plus faibles sont condamnés à disparaître dans le silence complice des puissants.

* Médecin algérien, Canada.

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Younes Abouyoub : « Espérer la détente, mais se prémunir contre la tempête qui se prépare. »

Frappes répétées, blocus pétrolier, tensions à Ormuz… La confrontation entre Washington et Téhéran s’installe dans la durée, à un mois des élections de mi-mandat américaines. Désarmement ou asphyxie économique ? Guerre d’usure ou risque de surextension face à la Chine…

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Mohammed ben Salmane, seul face aux Houthis

Alors que le prince Mohammed ben Salmane, héritier du trône saoudien et homme fort du Royaume, a traversé différentes tempêtes notamment celle de l’affaire Khashoggi et a réussi à s’en sortir, il semble aujourd’hui fragilisé par le conflit avec les Houthis yéménites car lâché par Donald Trump qui ne bouge pas le petit doigt pour l’aider. Le président américain lui tient rancune parce qu’il n’a pas soutenu sa guerre contre l’Iran. De plus, Trump ne veut pas ouvrir un autre front au Moyen-Orient à seulement quelques semaines des élections de mi-mandat. 

Imed Bahri

La réticence des États-Unis à soutenir l’Arabie saoudite contre les Houthis a confirmé aux dirigeants de Riyad que Washington est un partenaire «peu fiable», ont affirmé James Politi, Steff Chavez et Andrew England dans un article publié par le Financial Times. Sous le titre « MBS n’oubliera pas », en référence à l’acronyme désignant le prince héritier saoudien, souvent utilisé par les médias occidentaux, le journal indique que l’hésitation du président Trump à s’engager dans la guerre contre les Houthis au Yémen a exacerbé les tensions entre Washington et Riyad, dont les relations sont déjà fragilisées par la guerre américaine contre l’Iran.

Sous la pression de la hausse des prix de l’essence et de l’impopularité de la guerre d’Iran au sein de l’opinion publique américaine, le président américain qui joue gros lors des élections de mi-mandat du 3 novembre prochain s’est jusqu’à présent abstenu de toute nouvelle action militaire pour soutenir les efforts de l’Arabie saoudite visant à réprimer l’offensive houthie et leurs attaques contre les infrastructures du royaume.

Le journal britannique estime que l’hésitation de Trump risque de tendre les relations avec le prince héritier saoudien, compromettant davantage la crédibilité de Washington en tant que partenaire clé de la défense pour Riyad.

Washington refuse de participer à des frappes contre les Houthis

Mona Yacoubian, directrice du programme Moyen-Orient au Center for Strategic and International Studies (CSIS) à Washington a déclaré au FT : «Les États-Unis hésitent et leur décision, du moins pour l’instant, de ne pas se joindre aux Saoudiens exacerbe les tensions bilatérales. Cela suscite également, chez les Saoudiens, des inquiétudes supplémentaires quant au rôle qu’ils peuvent attendre des États-Unis».

Le journal britannique a fait état de discussions récentes suite à une demande saoudienne en faveur de frappes aériennes américaines contre les Houthis mais Washington a refusé d’y participer. La Maison-Blanche n’a pas fait de commentaire.

Karen Gibson, générale à la retraite et ancienne directrice du renseignement du Commandement central des États-Unis (Centcom *), a déclaré : «Mohammed ben Salmane ne l’oubliera pas», ajoutant que l’hésitation de l’administration démontre que «les États-Unis ne s’engageront pas nécessairement dans un conflit armé lorsqu’ils estiment que des intérêts vitaux de l’Arabie saoudite sont menacés».

Ces tensions entre les deux pays concernant une action conjointe contre les Houthis marquent un tournant dans la relation parfois tendue entre Trump et MBS, une relation caractérisée par une alternance de périodes d’éloges mutuels enthousiastes et de tensions.

Trump a mentionné le prince Mohammed lors d’un discours prononcé lors d’une conférence sur l’investissement organisée par l’Arabie saoudite à Miami en mars dernier. Il a d’abord fait l’éloge du prince saoudien, le qualifiant de «grand ami» et de «guerrier». Vingt minutes plus tard, il a fait remarquer que le prince saoudien «ne s’attendait pas à me flatter» et est allé jusqu’à utiliser un langage vulgaire à son propos, illustrant l’attitude grossière et imprévisible du président américain.

Durant la guerre contre l’Iran, l’Arabie saoudite a subi des attaques répétées contre ses infrastructures, conséquences des frappes de représailles iraniennes, ainsi que les répercussions économiques de la fermeture du détroit d’Ormuz.

Durant la guerre d’Iran, l’Arabie saoudite a informé Washington qu’elle n’autoriserait pas les avions de combat américains à utiliser ses bases ou son espace aérien pour cibler l’Iran. Elle voulait se prémunir d’attaques de plus grande envergure. Cette décision a fortement déplu à Trump.

Tout a changé quand les Houthis ont entraîné Riyad dans un conflit qu’elle avait longtemps cherché à éviter en imposant un blocus aux ports saoudiens, en attaquant des pétroliers et en lançant des missiles et des drones sur le royaume.

Les Houthis intensifient leurs attaques contre l’Arabie saoudite

Ces deux dernières semaines, les Houthis ont intensifié leurs attaques, ciblant les installations pétrolières saoudiennes dans le sud du royaume et lançant une offensive éclair le long de la côte yéménite de la mer Rouge. Ils ont mis en déroute les forces yéménites soutenues par l’Arabie saoudite et progouvernementales et consolidé leur contrôle sur le détroit de Bab el-Mandeb, un autre point de passage stratégique pour le transport maritime mondial.

Le week-end dernier, les Houthis ont tiré un missile balistique sur Riyad, la capitale saoudienne, pour la première fois depuis la reprise des hostilités. MBS, qui, à l’instar d’autres dirigeants du Golfe, a mis en garde Trump contre une guerre contre l’Iran, peine à contenir une crise qui menace de faire dérailler ses ambitions de faire de son pays une plaque tournante régionale de la finance, du commerce et du tourisme.

Si par le passé les États-Unis ont lancé des campagnes militaires contre les Houthis aussi bien sous les administrations Trump et Biden en réponse aux attaques menées par les  Houthis contre des navires commerciaux en mer Rouge, l’administration Trump est désormais confrontée à une pénurie de ressources et à un épuisement de ses stocks de munitions ainsi qu’aux répercussions politiques et électorales de la crise au Moyen-Orient.

Elizabeth Dent, chercheuse principale au Washington Institute for Near East Policy, a déclaré: «Il sera très difficile pour Trump de s’engager sur un autre front dans cette guerre avant les élections de mi-mandat de novembre».

Bien que les États-Unis ne soient pas directement impliqués dans les opérations militaires contre les Houthis, ils continuent de fournir au royaume des armes et des renseignements. L’Arabie saoudite possède également des systèmes de défense aérienne américains. La semaine dernière encore, l’administration Trump a approuvé une vente potentielle de chasseurs F-35 à l’Arabie saoudite pour un montant de 24,3 milliards de dollars, même si la livraison prendrait des années.

Les Houthis sont perçus par les Occidentaux comme un problème saoudien

«Il y a une certaine frustration mais un constat que c’est la façon d’être de Trump», a déclaré un analyste saoudien sous couvert d’anonymat qui a ajouté : «L’Arabie saoudite a la capacité de tout bombarder et les États-Unis nous fournissent les informations de ciblage dont nous avons besoin». Et l’analyste d’ajouter que même un soutien aérien américain symbolique au début du conflit aurait remonté le moral des combattants yéménites.

Asaad al-Shamlan, de l’Institut Prince Saud al-Faisal d’études diplomatiques, a indiqué que les relations entre Riyad et Washington demeurent «excellentes». Cependant, alors qu’aux États-Unis et en Europe, les Houthis sont perçus «essentiellement» comme un problème saoudien, Riyad les considère comme un «défi international». Selon Al-Shamlan, cette différence de perception explique l’hésitation américaine à intervenir.

Après la rupture par les Houthis d’une trêve de quatre ans avec l’Arabie saoudite, l’administration Trump a mené des pourparlers avec le groupe rebelle par l’intermédiaire du Sultanat d’Oman. Un responsable houthi a déclaré que la cible était l’Arabie saoudite et non les intérêts américains.

Firas Maksad, directeur pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord au sein d’Eurasia Group, a estimé que les tensions sont inévitables à mesure que Washington se retire de son rôle historique de partenaire clé en matière de sécurité dans la région du Golfe. Il a ajouté: «Le vide laissé par Washington offrira des opportunités à ses concurrents stratégiques. Riyad cherche à diversifier ses partenaires en matière de sécurité tout en tentant de trouver des compromis avec Téhéran et les tensions dans ses relations avec Washington pourraient accélérer ce processus».

* Le Commandement central des États-Unis  (Centcom) est l’un des onze commandements interarmées et permanents des forces armées des États-Unis, il chapeaute les opérations militaires des États-Unis au Moyen-Orient, en Asie centrale et dans une partie de l’Asie du Sud (Afghanistan et Pakistan). Depuis 2002, le Centcom est basée au Qatar sur la base militaire d’Al Oudeid qui est la plus grande base américaine du Moyen-Orient.

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