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Nostalgies : Sur la rive gauche de l’avenue de France

Plus que toute autre chose, maintenant que les arcades étaient en face de moi, de l’autre côté de la rue, les images d’enfants se laissant glisser sur les mosaïques qui revêtent les allées s’imposent à moi. Je me souviens qu’il fallait d’abord courir quelques mètres puis laisser les semelles des chaussures faire le reste. Je revoyais aussi des ribambelles d’enfants endimanchés, un chapelet de cireurs de chaussures et aussi les marchands d’azeroles qui à l’automne, investissaient les trottoirs. Les marchands de journaux à la criée avaient aussi pour habitude de sillonner les rues alentour et, entre flâneurs et cochers, se frayaient un chemin vers les cafés toujours animés.

Au coin de l’ancienne rue des Maltais, près de la boutique de l’opticien Lumbroso, je m’apprête donc à une deuxième traversée de la mémoire, tout au long de l’autre rive de l’avenue de France. L’immense librairie Saliba se trouvait non loin ainsi que celle qui appartenait à Namura. La Maison des cadeaux alors gérée par les De Matteis se trouvait également sur ce trottoir qui débouchait sur la rue de l’Ancienne poste.

L’imposant édifice du Crédit foncier et commercial de Tunisie domine le pâté d’immeubles suivant. Porté par des Atlantes, le siège social de la banque impressionne tout comme la salle des comptes qui aujourd’hui accueille un restaurant. Car l’immeuble abrite aujourd’hui un hôtel qui porte le nom évocateur de Tunisia Palace. J’avais mes habitudes juste à côté, sur la terrasse du Café du Maghreb où je venais retrouver mon ami Taoufik Ben Smail. Nous étions étudiants et passions toujours quelques heures ensemble entre le stand presse d’Ali Ben Yahia, la librairie Abdelgheni, le sellier Bouix où officiait Hadj Ahmed et la petite carterie où plusieurs objets anciens et des images du temps jadis interpellaient les passants.

De cette époque, je garde aussi l’image de madame Cohen Tannugi qui vivait dans l’immeuble au-dessus du café. Le magasin Lux se trouvait un peu plus loin et rassemblait les élégantes. Tout est question de temps car quelques décennies plus tôt, la brasserie Phénix, le restaurant Chianti et le café l’Ambassadeur occupaient les mêmes lieux. Alors qu’aujourd’hui, Maghreb Sport et des magasins de confection côtoient Bouix qui continue à vendre de superbes articles en cuir.

Comment oublier que c’est dans ces parages que se trouvait le célèbre studio des photographes Lehnert et Landrock ? Comment ne pas évoquer les premières projections du cinématographe qui avaient eu lieu au studio Soler, cet autre photographe ? Et tant de souvenirs plus personnels qui vont du goût d’une citronnade à celui d’un café glacé, d’une bascule rouge sur laquelle on se pesait contre une pièce de vingt millimes à des camelots qui appátaient les passants, de la noria des trolleybus aux vestiges des rails du tramway. Et toujours, impassible et immuable, la Porte de Bab Bhar et ses deux versants.

Je laisse la rue d’Annaba et ses nombreuses boutiques de tissus et rejoins le dernier îlot de l’avenue de France. C’est non loin que se trouvent toujours les galeries Simon qu’on dirait surgies d’un roman de Zola et la Javanaise dont les glaces et gâteaux aimantent toujours les passants. Beaucoup d’autres commerces ont disparu dont une pharmacie qui vient de rendre l’âme et céder son emplacement au présent. En ruines, un ancien établissement universitaire se souvient peut-être de Raymond Barre qui enseigna ici et du poster géant de Bourguiba qui occupa longtemps le rond-point.

Quant à moi, je suis revenu regarder les tortues et les poissons rouges dans le bassin du patio de la Nationale. Dans cette cour à ciel ouvert, on dirait que rien n’a bougé depuis soixante ans. Bien sûr, les commerces ont changé de mains : Ouanes le coiffeur n’est plus là ; Hassen le bijoutier non plus ; Ahmed le parfumeur et El Masri le photographe ont eux aussi laissé leur place à autrui. Avant eux, d’autres étaient là, bien établis ; après eux, d’autres viendront porter de nouveaux projets. Que retenir sinon la certitude que nous sommes tous de passage, transitoires, éphémères.

Je regarde les tortues dans l’eau ou bien installées sur de petits rochers qu’elles gravissent difficilement. La même chaîne me sépare du bassin rêvé de l’enfance et les mêmes rires d’enfants qui s’exclament me sortent de ma rêverie. Une dernière déambulation sur l’avenue de France, à l’ombre des ficus, sous les arcades, devant le tabac qui ressemble au mausolée d’un saint, au seuil de la rue Charles de Gaulle, madeleine inépuisable des gavroches de mon âge.

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Fatou Élise Ba : « On ne va pas tuer la solidarité même si l’espace associatif est dans un état déplorable »

Chercheuse associée à l’IRIS et responsable du Programme Sécurité humaine, Fatou Élise Ba analyse les pressions croissantes exercées sur le monde associatif. À l’occasion d’une conférence-débat organisée par l’IRIS et consacrée aux libertés associatives, elle alerte sur une convergence vers…

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Portrait. Camélia Barbachi, la mode en héritage

Après un début de carrière dans le marketing, Camélia Barbachi a choisi de revenir à sa passion première en lançant CHEZ NOUS. Sa marque réinvente le vestiaire tunisien dans un langage contemporain, inclusif et responsable. Distribuée à New York comme…

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France : Blocages, affrontements et arrestations, la contestation des jeunes s’étend

La contestation menée par les jeunes en France connaît une nouvelle escalade. Après une dizaine de jours de mobilisation, les blocages de lycées se sont étendus à plusieurs régions du pays, tandis que les étudiants commencent à rejoindre le mouvement. Les affrontements avec les forces de l’ordre, les nombreuses interpellations et les mesures d’urgence prises par le gouvernement ont marqué un tournant dans cette mobilisation.

Parti de la région parisienne autour du 21 septembre, le mouvement s’est progressivement propagé à l’échelle nationale. Il intervient dans un contexte de mécontentement concernant les conditions d’études, les moyens accordés à l’éducation et les perspectives d’avenir de la jeunesse française.

Des centaines de lycées mobilisés et des universités qui rejoignent la contestation

La journée du jeudi 1er octobre a marqué une nouvelle étape dans la mobilisation. Selon les chiffres du ministère français de l’Éducation nationale rapportés par Le Monde, plus de 1 020 lycées ont été touchés par des grèves ou des manifestations, dont 222 établissements bloqués. Les perturbations concernaient ainsi environ un quart des lycées du pays.

La mobilisation s’est également étendue à l’enseignement supérieur. Les organisations étudiantes ont fait état de blocages dans plus de 30 universités, même si les chiffres des établissements universitaires font état d’une mobilisation plus limitée, avec une douzaine de campus bloqués selon France Universités.

Au cœur des revendications figurent le manque d’enseignants, la surcharge des classes, les emplois du temps jugés trop lourds, la dégradation des infrastructures scolaires et le manque de moyens humains et financiers. Des jeunes dénoncent également le stress lié aux procédures d’accès à l’enseignement supérieur, notamment Parcoursup, ainsi que les incertitudes concernant leur avenir professionnel.

Le mouvement rassemble toutefois des profils et des revendications variés. Si une partie des manifestants réclame essentiellement une amélioration des conditions d’apprentissage, d’autres expriment un mécontentement plus large à l’égard des politiques publiques et de leur situation sociale.

La journée du 1er octobre a également été marquée par une montée des tensions entre manifestants et forces de l’ordre. Des incendies de poubelles, des jets de projectiles et des dégradations ont été signalés dans plusieurs villes, notamment à Paris, Nantes, Lyon et Strasbourg. Certains établissements ont subi des dégâts matériels, tandis que des perturbations des transports ont été enregistrées dans plusieurs agglomérations.

Affrontements, arrestations et réponse urgente du gouvernement

Selon les chiffres communiqués par le ministère de l’Intérieur et rapportés par Le Monde, près de 1 950 personnes ont été interpellées jeudi, tandis que 305 policiers, gendarmes et pompiers ont été blessés. Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a également fait état de 65 personnels de l’Éducation et de 170 élèves blessés depuis le début du mouvement. Ces chiffres illustrent la dégradation de la situation, alors que les autorités dénoncent des violences et des tentatives de débordement.

Face à cette escalade, le Premier ministre Sébastien Lecornu a convoqué une réunion de crise interministérielle. Le gouvernement a annoncé des mesures de sécurité supplémentaires, tandis que les préfets ont pris des arrêtés interdisant les rassemblements aux abords de certains lycées fermés vendredi 2 octobre. Près de 400 établissements devaient basculer vers l’enseignement à distance en raison des blocages ou des dégradations.

Le gouvernement entend également ouvrir un dialogue avec les représentants des lycéens, des personnels éducatifs et des parents d’élèves. Édouard Geffray a annoncé la mise en place d’une plateforme de consultation destinée aux lycéens et devait rencontrer les organisations concernées ce vendredi.

Lire aussi : France : Une enseignante poignardée en classe par un élève de 14 ans

Sur le plan politique, le mouvement suscite des interprétations divergentes. Le gouvernement accuse notamment La France insoumise et des groupes d’ultragauche d’attiser la contestation. Ces accusations sont contestées et les reportages de terrain décrivent une mobilisation hétérogène, qui ne se limite pas à une seule organisation politique.

La suite du mouvement pourrait se jouer dès le mardi 6 octobre. Les organisations lycéennes et étudiantes ont appelé à une nouvelle journée de mobilisation nationale, avec l’objectif d’élargir la contestation et de renforcer les blocages. Cette échéance intervient alors que le gouvernement cherche à reprendre le contrôle de la situation et à répondre aux revendications exprimées par une partie de la jeunesse française.

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Coup de cœur. C’était ça ou mourir un peu

Je n’avais pas prévu de lire C’était ça ou mourir. Pas question de contribuer à engraisser Grasset, maison d’édition bollorienne. Mais les accusations de recours à l’IA, fondées sur un outil de détection dont la fiabilité fait débat, et le…

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Blocus des lycées : le Défenseur des droits se saisit de la blessure d’un lycéen au visage

Après la blessure d’un lycéen au visage, causée par un tir de grenade à bout portant, le Défenseur des droits s’est saisi de l’affaire.   En bref Le Défenseur des droits s’est saisi de l’affaire le 1er octobre. Un lycéen…

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Le mouvement lycéen se durcit et s’étend

Parti de Saint-Denis, le mouvement lycéen s’est étendu à toute la France et gagne désormais les universités, sur fond d’intensification des blocages et de violences, notamment lors d’interventions des forces de l’ordre.   En bref 1 027 établissements ont été…

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France-Projet de budget : 54 milliards d’euros d’économies pour 2027

Sébastien Lecornu a présenté, jeudi 1er octobre, son projet de budget pour 2027 avec un objectif de redressement des comptes publics. L’effort total atteindra 54 milliards d’euros…

Ce projet de budget pour 2027 est fondé sur un important effort de redressement des finances publiques alors que la dette et sa charge continuent de peser sur les comptes de l’État. Le projet de loi de finances prévoit 43 milliards d’euros de mesures de redressement nouvelles en 2027. En tenant compte des mesures décidées en 2026 et des dispositifs antérieurs qui continueront à produire leurs effets, l’effort total atteindra 54 milliards d’euros. L’objectif affiché par  Sébastien Lecornu, le Premier ministre, est de ramener le déficit public de 5,4 % du PIB en 2026 à 5 % en 2027. Cette amélioration doit notamment permettre à la France de respecter la trajectoire budgétaire fixée dans le cadre européen.

L’effort budgétaire repose principalement sur la maîtrise des dépenses, mais également sur plusieurs mesures destinées à accroître les recettes. Le gouvernement prévoit notamment de limiter certaines dépenses de retraite et de santé. La revalorisation des pensions pour les retraités percevant plus de 1 260 euros par mois serait ainsi limitée, avec une économie estimée à 4,1 milliards d’euros…

Le projet prévoit également une réduction de certains avantages fiscaux et de plusieurs niches, ainsi que de nouvelles recettes portant notamment sur certaines concessions autoroutières et les produits alimentaires fortement transformés. La fiscalité sur les employeurs fait également partie des dispositifs sollicités.

Une dette toujours en hausse

Malgré cet effort, la dette publique française devrait continuer à progresser. Selon les prévisions inscrites dans le projet de budget, elle passerait de 119,3 % du PIB en 2026 à 121,7 % en 2027. Elle atteindrait ainsi un nouveau sommet en proportion de l’activité économique. La charge de la dette constitue précisément l’un des principaux facteurs de pression sur les finances publiques. Elle devrait augmenter de 9,6 milliards d’euros en 2027 dans le budget de l’État. Le coût total des intérêts devrait atteindre environ 91 milliards d’euros l’an prochain selon les projections gouvernementales.

Cette hausse réduit mécaniquement les marges de manœuvre budgétaires alors que les dépenses de santé, de retraite et de défense continuent également de progresser.

Le gouvernement prévoit donc une réduction du déficit, mais celui-ci resterait nettement supérieur au seuil de 3 % du PIB fixé par les règles budgétaires européennes. Le projet de budget table sur un déficit de 5 % du PIB en 2027, contre 5,4 % en 2026. Le gouvernement estime que l’effort structurel prévu, évalué à 1,2 point de PIB, permettra de compenser notamment l’augmentation de la charge de la dette et la progression tendancielle de certaines dépenses publiques.

Le projet de budget constitue désormais le point de départ d’un processus parlementaire qui pourrait modifier sensiblement les mesures annoncées par le gouvernement.

L’exécutif doit composer avec une Assemblée nationale fragmentée et avec une forte contestation sociale. Des mobilisations touchent déjà les services publics et les établissements scolaires… Le gouvernement présente néanmoins les économies comme nécessaires pour ralentir l’accumulation de dette et préserver la capacité de financement de l’État.

Pour 2027, l’équation budgétaire française repose donc sur un équilibre difficile : réduire le déficit de 0,4 point de PIB tout en absorbant une nouvelle hausse de la dette, de ses intérêts et des dépenses liées au vieillissement et aux priorités publiques.

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« On vit trois fois mieux qu’en France » : Monastir, le nouveau refuge des retraités français

La Tunisie revient dans les médias français comme une destination privilégiée pour passer sa retraite. Dans un article publié le 1er octobre 2026, le magazine Grazia met cette fois en avant Monastir, présentée comme une ville côtière capable d’offrir aux retraités français un cadre de vie nettement moins coûteux qu’en France. Une nouvelle mise en lumière qui confirme l’intérêt croissant porté à la Tunisie par les seniors européens à la recherche de soleil, de proximité et d’un meilleur pouvoir d’achat.

Grazia décrit Monastir comme une destination combinant mer, climat méditerranéen, patrimoine et coût de la vie abordable. Le magazine avance notamment des loyers pouvant se situer entre 150 et 300 euros par mois pour certains logements et souligne les prix des restaurants, des services et de certaines prestations médicales.

Monastir, nouvelle vitrine d’un phénomène qui dépasse les Français

Le chiffre selon lequel « on vit trois fois mieux qu’en France » relève toutefois du témoignage et de la formule éditoriale plutôt que d’un indicateur statistique. Il traduit surtout une réalité régulièrement mise en avant par les candidats à l’expatriation : une pension versée en euros peut permettre, selon le logement choisi et le mode de vie, de bénéficier d’un pouvoir d’achat supérieur en Tunisie.

Le phénomène ne se limite d’ailleurs pas à Monastir. Djerba, Hammamet, Sousse et certaines zones du Grand Tunis sont également citées parmi les destinations recherchées par les retraités étrangers. La presse tunisienne a récemment consacré plusieurs articles à ce regain d’intérêt, en soulignant que la Tunisie figure parmi les destinations internationales examinées par les retraités français. La Presse rappelait en août 2026 que le pays figurait en septième position d’un classement 2026 de Retraite sans Frontières, tout en précisant que les publications médiatiques ne suffisent pas à démontrer une arrivée massive de nouveaux retraités français.

Cette dynamique concerne plus largement les retraités européens francophones. La combinaison d’un climat méditerranéen, d’une relative proximité géographique, de l’usage courant du français et d’un coût de la vie inférieur à celui de nombreux pays d’Europe occidentale contribue à faire de la Tunisie une destination de résidence, parfois permanente, parfois saisonnière.

Fiscalité, santé et proximité : les autres arguments de la Tunisie

L’un des éléments régulièrement mis en avant est également le régime fiscal applicable à certaines pensions étrangères transférées en Tunisie. La réglementation tunisienne prévoit une déduction forfaitaire de 80 % sur les pensions et rentes viagères provenant de l’étranger, sous certaines conditions, notamment lorsque les pensions sont transférées en Tunisie. Il s’agit d’un abattement sur l’assiette imposable et non d’une exonération de 80 % de l’impôt.

La convention fiscale franco-tunisienne organise par ailleurs la répartition du droit d’imposer entre les deux pays. Le régime dépend notamment de la nature de la pension et de la situation fiscale du bénéficiaire ; les autorités françaises recommandent aux personnes s’installant à l’étranger de vérifier leur situation au regard de la convention applicable.

La question de la santé constitue un autre facteur important pour les retraités. La convention franco-tunisienne de sécurité sociale permet, sous certaines conditions, aux titulaires d’une pension française résidant en Tunisie de bénéficier d’une couverture maladie en Tunisie au titre de leur retraite française. Le dispositif prévoit notamment une inscription auprès de la caisse tunisienne compétente à partir d’un formulaire délivré par la caisse française de retraite.

Lire aussi : 37 mille retraités français installés en Tunisie

Pour les retraités européens, la Tunisie présente ainsi un modèle différent des destinations traditionnelles d’Europe du Sud. Le pays permet de rester à quelques heures de sa famille, tout en bénéficiant d’un environnement méditerranéen et de dépenses quotidiennes généralement plus faibles. Mais le choix d’une installation définitive dépend aussi du coût réel du logement, de l’accès aux soins, du statut de résidence, de la fiscalité et de la situation personnelle de chaque retraité.

La nouvelle publication de Grazia constitue donc surtout un indicateur de visibilité : Monastir et, plus largement, la Tunisie continuent d’être présentées dans la presse européenne comme des destinations possibles pour une nouvelle vie à la retraite. Un phénomène ancien qui semble aujourd’hui bénéficier d’une nouvelle exposition médiatique auprès des seniors à la recherche d’alternatives aux destinations européennes devenues plus coûteuses.

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Accord migratoire franco-britannique : pourquoi il prend fin

L’accord migratoire conclu l’an passé entre la France et le Royaume-Uni n’a pas apporté les résultats espérés et ne devrait pas être reconduit.     En bref L’accord migratoire franco-britannique « 1 in, 1 out » arrive à son terme.…

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Khalil Ayari, le talent tunisien, élu joueur du mois à Dunkerque

L’USL Dunkerque ( championnat de France de football de deuxième division) a annoncé l’élection de Khalil Ayari comme joueur du mois de septembre. L’attaquant tunisien a été choisi par les supporters, notamment après ses prestations remarquées et son superbe but inscrit face à l’AS Saint-Étienne.

Cette distinction vient récompenser le talent et les qualités offensives du jeune joueur tunisien, qui s’est progressivement imposé comme l’un des éléments à suivre sous les couleurs dunkerquoises. Sa capacité à faire la différence dans les derniers mètres et son efficacité devant le but ont notamment marqué ce début de saison.

Un but face à Saint-Étienne qui a marqué les esprits

Parmi les performances de Khalil Ayari au cours du mois de septembre, son but face à Saint-Étienne a particulièrement retenu l’attention des supporters. Cette réalisation a contribué à renforcer sa popularité auprès du public dunkerquois, qui l’a finalement plébiscité pour le titre de joueur du mois.

Lire aussi : Football : Khalil Ayari pourra-t-il rebondir ?

L’élection a été organisée par le club, en partenariat avec DVN Associés, et repose sur le vote des supporters. Khalil Ayari succède ainsi aux joueurs qui ont précédemment reçu cette distinction.

Le talent tunisien continue de s’affirmer à Dunkerque

Formé en Tunisie et passé par le championnat tunisien avant de poursuivre sa carrière en France, Khalil Ayari poursuit son développement dans un championnat particulièrement exigeant. Son parcours illustre également la présence croissante de jeunes talents tunisiens dans le football professionnel français.

À Dunkerque, l’attaquant tunisien dispose désormais d’une reconnaissance supplémentaire auprès des supporters. Être élu joueur du mois constitue une nouvelle étape dans son parcours et confirme les attentes placées autour de ses qualités techniques et offensives.

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Quand le Maghreb entre dans le scénario du cinéma français

Longtemps cantonnés aux marges des récits, les héritages maghrébins ont progressivement gagné le centre du cinéma français. Du 30 octobre 2026 au 21 mars 2027, le Palais de la Porte Dorée retrace plus de six décennies de films, de carrières…

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Moi, président(e)… Ghada Hatem : « Je taxerais les très grosses transmissions de patrimoine »

Fondatrice de la Maison des femmes de Saint-Denis, la gynécologue obstétricienne Ghada Hatem placerait la prévention au cœur de ses priorités si elle était présidente. Elle investirait dans la jeunesse, lutterait contre les inégalités et ferait de l’accès aux soins…

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Robert Ménard jugé après un refus de mariage sous OQTF

Robert Ménard comparaît aujourd’hui devant le tribunal correctionnel de Montpellier, après avoir refusé de marier un homme sous OQTF en 2023.   En bref Robert Ménard comparaît le 30 septembre devant le tribunal correctionnel de Montpellier. Il est poursuivi pour…

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Ibrahim Mahama : quand le Ghana pousse les portes de la Fondation Cartier

À partir du 22 octobre, l’artiste ghanéen Ibrahim Mahama investit le nouveau bâtiment parisien de la Fondation Cartier. Avec neuf artistes et collectifs associés, il transforme l’exposition en espace de mémoire, de transmission et de réflexion sur les futurs africains.…

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Migrations : trois morts lors d’une traversée clandestine de la Manche

Deux femmes et un enfant de 10 ans ont été retrouvés morts hier matin dans une tentative de rejoindre l’Angleterre par la mer.   Les passagers de cette embarcation surchargée sont partis vers 5h du matin de Sangatte, dans le…

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Blocus des lycées : mouvement généralisé et violences condamnées

Hier (28 septembre), le mouvement de blocus des lycées s’est étendu. Outre la passe d’armes politique habituelle, le monde de l’éducation attend des réponses concrètes.   En bref 180 établissements ont été concernés par le mouvement lundi 28 septembre. 164…

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Tarek Mami, une voix tunisienne de France Maghreb 2 s’est éteinte

Le journaliste tunisien Tarek Mami est décédé dimanche 27 septembre 2026, à l’âge de 71 ans. Fondateur et président de France Maghreb 2, il avait consacré plusieurs décennies au journalisme et à la radio, devenant une figure connue du paysage médiatique franco-maghrébin.

Sa disparition a suscité de nombreux hommages dans le milieu radiophonique et auprès de ceux qui avaient suivi son parcours entre la France et le Maghreb.

L’aventure de France Maghreb 2 avait commencé en 1987. Tarek Mami en avait fait au fil des années un espace d’information, de débat et de proximité destiné notamment aux publics maghrébins établis en France.

Journaliste et juriste de formation, il s’était également investi dans la défense des radios indépendantes. De 2009 à 2018, il avait notamment assuré le secrétariat national du Syndicat interprofessionnel des radios et télévisions indépendantes (Sirti).

Son activité journalistique l’avait conduit à recevoir au micro de France Maghreb 2 de nombreuses personnalités politiques françaises et maghrébines. Ses interviews témoignaient de la place occupée par la station dans les échanges entre les deux rives de la Méditerranée.

Une voix attachée à la Tunisie

Tarek Mami avait conservé un lien étroit avec la Tunisie et avec les préoccupations des Tunisiens établis à l’étranger. La question de la communauté tunisienne en France, les relations entre les deux pays et l’actualité maghrébine occupaient régulièrement une place dans son travail.

Son attachement à son pays natal trouvera une dernière expression dans ses obsèques. Selon l’avis de décès communiqué par sa famille, un recueillement aura lieu mardi 29 septembre 2026 à l’hôpital Jean Jaurès, à Paris, avant la prière funéraire à la mosquée de Chevilly-Larue après la prière du Dohr.

Le défunt sera ensuite rapatrié sur l’île de Djerba, en Tunisie, où il sera inhumé.

Cette dernière étape donne une dimension particulière à la disparition de celui qui avait passé une grande partie de sa vie professionnelle en France tout en maintenant un lien avec la Tunisie.

Une page de la radio franco-maghrébine

Le parcours de Tarek Mami appartient à une époque où la radio représentait pour les populations maghrébines de France un moyen essentiel d’information, de dialogue et de maintien du lien avec les pays d’origine.

Depuis, les réseaux sociaux et les plateformes numériques ont profondément transformé les usages médiatiques. Les radios pionnières de cette période ont néanmoins laissé une empreinte durable auprès de leurs auditeurs.

Avec Tarek Mami disparaît l’un de ceux qui ont contribué à faire vivre cet espace médiatique entre la France et le Maghreb.

À sa famille, à ses proches, à ses collaborateurs et à l’équipe de France Maghreb 2, Kapitalis adresse ses sincères condoléances.

Que Dieu accueille le défunt dans Sa miséricorde et apporte réconfort à sa famille.

Guettala Djamal

Articles de Tarak Mami parus dans Kapitalis :

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Affaire Crépol : 11 accusés renvoyés aux assises pour meurtre

Le procès aura lieu fin 2027. La justice les a renvoyés devant les assises pour meurtre aggravé par du racisme contre « la race blanche et la nation française ». Le procès ne devrait pas se tenir avant la fin…

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Un western à l’Onu | Le bluffeur, l’hypocrite et le génocidaire

Alors que la 81ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations Unies vient de s’achever à New York, le monde assiste à l’effritement accéléré du droit international. Entre gesticulations théâtrales, doubles discours diplomatiques et violation systématique des traités, retour sur une séquence politique révélatrice où le cynisme et la force brute tentent de supplanter la règle commune.

Dr Abderrahmane Cherfouh

La semaine du 22 au 28 septembre 2026 aura offert au monde le spectacle saisissant d’une diplomatie internationale en pleine déchéance. À New York, au siège des Nations Unies, près de 130 chefs d’État et de gouvernement se sont succédé à la tribune de la 81ᵉ Assemblée générale, dans un contexte dominé par les guerres, les crises au Moyen-Orient et les fractures croissantes de l’ordre international — marquant au passage le vide laissé par une cinquantaine d’absents de taille, au premier rang desquels le Chinois Xi Jinping et le Russe Vladimir Poutine.

Dès l’ouverture, le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva a rappelé que son pays n’appartenait à personne et qu’il refusait toute ingérence étrangère. «Le Brésil n’est l’arrière-cour de personne», a-t-il lancé, dans un discours consacré à la souveraineté et au refus des interventions extérieures, donnant par la même occasion une leçon de courage, de bravoure et de dignité à ceux qui redoutent le rugissement de celui qui se prétend l’homme le plus puissant du monde (le Brésil est la 10e économie mondiale et la première d’Amérique latine).

Donald Trump : le bluffeur

La scène a rapidement été investie par Donald Trump. Fidèle à sa culture du show-business et à sa passion pour la théâtralité, le président américain a une fois de plus confondu l’enceinte sacrée de l’Onu avec un plateau de téléréalité, soufflant le chaud et le froid dans une incohérence spectaculaire.

Dès lors, cette Assemblée générale a pris les contours d’un western crépusculaire. En coulisses comme sur scène, se rejoue une version cynique du film ‘‘Le Bon, la Brute et le Truand’’, où le rôle du «Bon» a définitivement été éjecté du scénario. À l’affiche de ce trio destructeur, le bluffeur, l’hypocrite et le génocidaire se partagent la vedette.

La prestation de Trump a oscillé entre le ridicule et l’effroi. À la tribune, il a brandi des menaces d’une violence inouïe, promettant d’«annihiler» l’Iran et d’expédier le pays «en enfer sans aucune chance de survie». Puis, quelques instants à peine après avoir prophétisé l’apocalypse, il glissait en coulisses qu’un «accord majeur» serait conclu juste après les élections américaines. Comment prétendre vouloir négocier la paix tout en théâtralisant la destruction totale d’une nation ? Ce bluff récurrent met en lumière une diplomatie à la dérive et l’absence totale de vision stratégique.

Emmanuel Macron : l’hypocrite

Pour ce qui s’apparente à son ultime discours devant l’Assemblée générale, le président français a voulu incarner la voix de la raison, le droit international et la conscience morale de l’Occident. En qualifiant le drame humanitaire à Gaza de «spectacle qui doit tous nous faire honte», tout en pointant du doigt les violations quotidiennes liées à la colonisation en Cisjordanie, Emmanuel Macron semblait poser un acte fort.

Mais en voulant ménager la chèvre et le chou pour ne se mettre à dos aucune alliance, le chef de l’État s’est emmêlé les pinceaux. En quête d’un compromis introuvable, sa diplomatie a paru déconnectée, s’attirant la foudre de Tel-Aviv sans convaincre les défenseurs de la cause palestinienne.

La fracture la plus profonde réside dans ce que le collectif Euro-Palestine a qualifié de «feinte colère». Tandis que le président élevait la voix à la tribune pour déplorer le sort des victimes, Paris garantissait une protection logistique essentielle au Premier ministre israélien en autorisant son appareil à traverser l’espace aérien français pour la cinquième fois. Accorder cette facilité de survol à un dirigeant visé par la justice internationale réduit la parole de la France à une posture de façade : pleurer sur les décombres devant les caméras tout en sécurisant le vol du sanguinaire.

Benjamin Netanyahu : le génocidaire 

Face à une salle désertée par près de quatre-vingts délégations diplomatiques, le Premier ministre israélien a choisi l’attaque frontale et le sarcasme comme ultime ligne de défense. Accusé par Paris et Londres d’étouffer la Palestine sous une politique d’occupation illégale, Benjamin Netanyahu a balayé les critiques d’un revers de main cynique : «Ils accusent le petit Israël de colonialisme… Pour l’amour de Dieu, ce me semble, ce sont eux qui ont inventé le terme !»

Le cœur de la mystification politique réside dans cet artifice. Pour occulter l’illégalité flagrante de l’extension des colonies en Cisjordanie et la réalité des massacres à Gaza, Netanyahu utilise le passé des empires occidentaux comme un bouclier pour ses propres fautes présentes. Invoquer les politiques coloniales du XIXᵉ siècle pour absoudre des annexions et des violations du droit au XXIᵉ siècle relève de l’aberration logique et juridique.

La France et le Royaume-Uni tirent précisément leur autorité actuelle sur la scène internationale des leçons douloureuses de leur propre décolonisation. En refusant d’admettre que le monde est désormais régi par le droit international moderne et la Charte des Nations Unies de 1945, le dirigeant israélien s’enferme dans un anachronisme dangereux, substituant la force brute à la règle commune.

Ces trois acolytes issus du même moule ont scellé définitivement la fin des illusions, précipitant la chute vertigineuse de la crédibilité internationale. Au-delà de leur posture de façade, le bluffeur, l’hypocrite et le génocidaire partagent la même matrice : celle du cynisme absolu et du mépris des règles les plus élémentaires du droit international.

Le boycott d’honneur et l’illusion des accords d’Abraham

L’image de ces 77 délégations désertant la salle lors de la prise de parole de Benjamin Netanyahu restera comme un verdict cinglant de la conscience universelle. Face à un pouvoir engagé dans des crimes de masse et un génocide avéré à Gaza, la quasi-totalité du monde arabe et un bloc massif de nations ont opposé la seule réponse digne : le refus de l’écoute.

Mais cette désertion salubre a rendu plus flagrante encore l’immobilité de trois capitales. Les Émirats arabes unis et Bahreïn, deux États ayant normalisé leurs relations avec Israël dans le cadre des accords d’Abraham, figuraient parmi les délégations restées dans la salle. Le Maroc, autre État arabe ayant normalisé ses relations avec Israël en 2020, n’a pas non plus participé au départ collectif.

Par peur, par soumission ou par calcul sordide, ces régimes ont préféré offrir une audience polie à des mains tachées de sang, signant une complicité explicite dans la tragédie en cours et la déchéance de leur propre diplomatie.

Ces régimes prétendent agir au nom de la Realpolitik, ce réalisme froid qui ferait primer les intérêts sécuritaires sur les principes éthiques. Mais l’épreuve des faits a fini par démasquer la naïveté de ce calcul. La montée des tensions régionales avec l’Iran a apporté la preuve éclatante que l’alignement sur Washington et Tel-Aviv n’offre aucune garantie de protection, ignorant le double avertissement d’Henry Kissinger : «L’Amérique n’a pas d’amis ni d’ennemis permanents, elle n’a que des intérêts», et «Être l’ennemi de l’Amérique peut être dangereux, mais être son ami est fatal.»

Lorsque les territoires du Golfe se sont trouvés exposés aux ripostes directes, les États-Unis n’ont pas agi en bouclier protecteur : ils ont utilisé leurs bases militaires installées dans la région pour mener leurs propres frappes, transformant ces pays en cibles stratégiques et en dommages collatéraux. Payer la normalisation avec Israël au prix d’une abdication morale sur la Palestine n’a donc prémuni ces États contre aucun danger. Loin d’être une maîtrise diplomatique, leur présence dans cette salle de l’Onu relève d’une soumission à perte : un marché de dupes où la souveraineté et l’honneur ont été sacrifiés en échange d’une protection illusoire.

La fiction des deux États à l’épreuve du réel colonial

Depuis plus de trois décennies, les chancelleries internationales répètent le même mantra diplomatique : la «solution à deux États». De tribune en tribune, de l’Assemblée générale des Nations Unies aux communiqués rituels des ministères, cette affirmation est martelée comme un dogme intangible. Pourtant, le décalage entre la rhétorique feutrée des palais diplomatiques et la réalité brutale du terrain n’a jamais été aussi criant. S’accrocher en 2026 à cette formule relève soit d’une paresse intellectuelle coupable, soit d’une lâcheté politique calculée pour éviter d’affronter le vide.

Sur le plan du droit, le consensus international demeure pourtant sans ambiguïté. L’article 49 de la IVᵉ Convention de Genève interdit de manière absolue à une puissance occupante de transférer sa propre population civile dans un territoire occupé. Ce principe fondamental a été réaffirmé par la résolution 2334 du Conseil de sécurité de l’Onu, puis scellé par l’avis consultatif de la Cour internationale de Justice (CIJ) de juillet 2024, qualifiant l’occupation et la colonisation israéliennes d’illégales et exigeant leur cessation immédiate.

Mais sur le terrain, ce mépris du droit s’est traduit par une ingénierie territoriale dévastatrice. Par le maillage resserré des colonies, des voies de contournement réservées et des avant-postes isolés, la Cisjordanie s’est transformée en un archipel de bantoustans disjoints, enserrant les agglomérations palestiniennes et isolant Jérusalem-Est de son arrière-pays. À cet étouffement géographique s’ajoute l’anéantissement de Gaza, qui a fini de détruire les fondations économiques et sociales indispensables à la viabilité d’un État souverain.

Face à cet engrenage, l’obstination des puissances occidentales à invoquer les «deux États» sans jamais imposer de sanctions contraignantes ne relève plus de la diplomatie : c’est une esquive hypocrite. En laissant s’installer un État unique de fait, fondé sur une inégalité institutionnalisée et l’impunité, la communauté internationale s’achète une bonne conscience à bon compte. Il est temps d’en faire le deuil : on ne bâtira pas la paix sur une fiction territoriale que le béton, les bombes et le mépris du droit ont définitivement effacée.

Refuser l’accoutumance pour empêcher l’effacement

Le danger le plus redoutable qui menace la conscience humaine n’est plus seulement la violence des armes, mais l’accoutumance : l’habitude des images de décombres, l’habitude des déracinements de populations, l’habitude des morts comptabilisés à la hâte, des résolutions sans suite et des communiqués rituels. Lorsqu’une tragédie d’une telle ampleur devient familière, elle court le risque mortel d’être réduite à une simple ligne dans la presse, puis à une statistique froide dans un dossier diplomatique.

Faut-il pour autant accepter le deuil de la cause palestinienne ? Non. Ce serait confondre la défaillance d’un système diplomatique hypocrite avec l’existence même d’une nation. La Palestine n’est pas un communiqué de l’Onu ni un concept abstrait : elle est une histoire, une mémoire, une identité vivante, un peuple courageux et une exigence irréductible de justice.

Le discours d’Emmanuel Macron à l’Onu aura été le chant du cygne d’une diplomatie de la parole incapable de se traduire en actes. Mais la rhétorique ne suffit plus pour préserver un peuple de l’anéantissement.

La question fondamentale qui se pose aujourd’hui à la communauté internationale n’est plus de répéter des formules creuses, mais de savoir si nous aurons la lucidité d’arrêter cette Realpolitik sauvage avant que la planète entière ne se transforme en une immense jungle où les plus faibles sont condamnés à disparaître dans le silence complice des puissants.

* Médecin algérien, Canada.

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