❌

Lese-Ansicht

Jared Kushner négociait sur Gaza tandis que son fonds restait actionnaire d’un groupe investi dans des fournisseurs de l’armée israélienne

Lire plus tard Il négociait la paix pendant que son fonds avait plus d’un milliard de dollars placés dans un géant financier israélien. Et ce dernier détenait, lui, des centaines de millions de dollars dans des entreprises fournissant l’armée israélienne. C’est ce télescopage entre diplomatie et affaires que met en lumière une enquête publiée par […]

L’article Jared Kushner négociait sur Gaza tandis que son fonds restait actionnaire d’un groupe investi dans des fournisseurs de l’armée israélienne est apparu en premier sur Tunisie Numerique.

  •  

Abdelaziz Kacem: La révolte d’octobre

Abdelaziz Kacem: La révolte d’octobre1 Le 7 octobre 2023, à l’aube, il y a trois ans, le Hamas, acronyme arabe du Mouvement de la résistance islamique, lançait contre le sud d’Israël une offensive d’une ampleur sans précédent. Des kibboutz et des bases militaires proches de la bande de Gaza étaient pris pour cibles. Le bilan israélien fut d’environ 1 200 morts et 251 personnes emmenées en otages dans la bande de Gaza. L’opération avait reçu un nom qui allait entrer dans l’histoire tragique du conflit : «Déluge d’Al-Aqsa». Du côté du Hamas, les objectifs proclamés étaient notamment de briser le blocus imposé à Gaza depuis 2007 et d’obtenir la libération de prisonniers palestiniens ...

  •  

Le pilote qui a empêché le « 11-Septembre israélien » raconte…

Lire plus tardA peine requinqué le pilote indien Smit Machchhar, qui a été frappé à l’arme blanche par son copilote lors du vol Flydubai à destination de Tel-Aviv, s’est entretenu ce vendredi 2 octobre avec le Premier ministre indien Narendra Modi. Le cabinet de ce denier a mis en ligne la vidéo sur Youtube. Le […]

L’article Le pilote qui a empêché le « 11-Septembre israélien » raconte… est apparu en premier sur Tunisie Numerique.

  •  

Tunisie | Il y a 41 ans, le raid israélien contre Hammam Chott fait 68 morts

La Tunisie a commémoré hier, jeudi, le 1er octobre 2026 le 41e anniversaire du raid israélien du 1er octobre 1985 contre le quartier général de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) à Hammam Chott, dans la banlieue sud de Tunis ; il s’agit de l’un des épisodes les plus graves de l’histoire des relations entre la Tunisie et Israël. Ce ne sera pas la dernière agression de l’Etat hébreu contre notre pays (Photo de l’agence Wafa : Yasser Arafat sur le lieu de l’attaque israélienne de Hammam Chott dont il avait échappé de peu).

A cette occasion, l’ambassadeur de Palestine en Tunisie, Rami Qaddoumi, a déposé des gerbes de fleurs sur les tombes des Palestiniens et des Tunisiens tués lors de l’attaque.

La cérémonie a rassemblé des autorités locales, des représentants de l’ambassade de Palestine et du Fatah, des étudiants et travailleurs palestiniens, des membres de la communauté palestinienne ainsi que des citoyens tunisiens, rapporte l’agence de presse officielle palestinienne Wafa.

Le raid a visé le complexe abritant la direction de l’OLP, qui s’était installée en Tunisie après son évacuation de Beyrouth en 1982.

Le bilan généralement rapporté par les sources palestiniennes fait état de 68 morts — 50 Palestiniens et 18 Tunisiens — et d’une centaine de blessés. Les documents transmis par la Tunisie aux Nations unies dans les heures suivant l’attaque mentionnaient initialement plus de 50 morts et près d’une centaine de blessés. Quatre jours plus tard, le Conseil de sécurité de l’Onu a adopté, par 14 voix pour et une abstention, la résolution 573 ; celle-ci condamnait l’attaque israélienne contre le territoire tunisien comme une violation de la Charte des Nations unies et du droit international, tout en reconnaissant à la Tunisie le droit à des «réparations appropriées» pour les pertes humaines et les dommages matériels subis.

Cette commémoration demeure l’un des moments symboliques forts du lien historique unissant la Tunisie au mouvement national palestinien. Qaddoumi a souligné que cette commémoration représente également une réaffirmation des relations entre les deux peuples et du soutien tunisien à la cause palestinienne.

Après Hammam Chott, Israël a fait assassiner plusieurs dirigeants et membres de l’OLP en Tunisie, notamment, le 16 avril 1988, Khalil al-Wazir (dit Abou Jihad), numéro deux de l’OLP et commandant des opérations, qui a été abattu chez lui à Sidi Bou Saïd par un commando israélien.

I. B.

L’article Tunisie | Il y a 41 ans, le raid israélien contre Hammam Chott fait 68 morts est apparu en premier sur Kapitalis.

  •  

Coup de cœur. C’était ça ou mourir un peu

Je n’avais pas prévu de lire C’était ça ou mourir. Pas question de contribuer à engraisser Grasset, maison d’édition bollorienne. Mais les accusations de recours à l’IA, fondées sur un outil de détection dont la fiabilité fait débat, et le…

L’article Coup de cœur. C’était ça ou mourir un peu est apparu en premier sur lecourrierdelatlas.

  •  

Anatomie d’une déchéance doctrinale dans le débat politique en France

L’enquête de Mediapart sur le passé antisémite attribué à Jordan Bardella et l’indulgence médiatique qui l’entoure mettent en lumière un criant «deux poids, deux mesures». Alors que l’extrême droite bénéficie de l’excuse des «erreurs de jeunesse» et d’un brevet d’honorabilité géopolitique, chaque mot de La France insoumise (LFI) est scruté à la loupe et immédiatement criminalisé.

Dr Abderrahmane Cherfouh *

Les révélations fracassantes sur les propos attribués à Jordan Bardella ont immédiatement suscité un tollé et fait les choux gras de la presse internationale. L’enquête publiée par Mediapart repose sur une base solide : connaissant la riposte systématique et les moyens juridiques du Rassemblement national (RN), l’organe d’investigation ne s’aventurerait jamais sur une chaussée aussi glissante sans disposer d’un dossier matériel et technique inattaquable.

Pourtant, dans le paysage politique et médiatique français, ces révélations — aussi graves soient-elles — n’ont provoqué que des réactions mi-figue, mi-raisin. D’un côté, les prises de parole du pouvoir macroniste relèvent d’un calcul évident : instrumentaliser le scandale pour décrédibiliser Bardella et le RN à l’approche des échéances électorales. De l’autre, la réaction d’une partie de l’extrême droite et de ses relais s’avère bien plus édifiante, illustrant jusqu’à l’absurde le principe cynique selon lequel «l’ennemi de mon ennemi est mon ami».

I. L’extrême droite et la rhétorique de l’absolution

Dès la parution des révélations, le pouvoir exécutif a cherché à occuper le terrain moral. Depuis Madrid, Emmanuel Macron est intervenu publiquement pour qualifier les faits imputés au président du RN : «Les propos qui ont été rapportés sont évidemment gravissimes et inacceptables. Ils appellent à la condamnation la plus extrême. Ce n’est pas la République.»

La riposte du président du RN ne s’est pas faite attendre, déplaçant immédiatement le débat sur le terrain de l’alignement géopolitique pour esquiver le fond de l’enquête : «Après le 7 octobre 2023, j’ai marché dans les rues de Paris et me suis rendu en Israël. Pas lui.»

Pour Jordan Bardella, la ligne de défense (hors démenti technique) et les commentaires complaisants reposent sur la temporalité et l’âge. En qualifiant de «bêtise» ou de provocation adolescente des écrits rédigés à l’âge de 17 ans, les commentateurs complaisants évacuent la dimension idéologique structurée d’un individu qui entrait pourtant sciemment dans un parti fondé par des nostalgiques de Vichy. Selon l’enquête, l’extraction technique Messenger d’un compte pseudonyme contient cette déclaration explicite : «Les banques sont toutes détenues par des juifs. Ce sont les sionistes qui sont à la tête des banques. C’est ce qu’ils veulent, un nouvel ordre mondial dominé par Israël, avec bien sûr Jérusalem comme capitale.»

Face à ces preuves matérielles, la direction du parti a orchestré une contre-offensive véhémente. Jordan Bardella a qualifié l’enquête de «guerre totale contre le RN», évoquant des «faux grossiers», tandis que Marine Le Pen est venue à son secours en dénonçant une «dinguerie, une folie pure et une barbouzerie».

Pour l’extrême droite et ses soutiens, l’argument est tout trouvé : un individu peut changer, se normaliser, et les écrits d’un mineur n’engagent pas l’adulte qu’il est devenu. Paul Amar a résumé cet axe de défense médiatique en affirmant : «Publiquement, Jordan Bardella n’a jamais tenu de propos antisémites, à l’inverse de Jean-Marie Le Pen.» Le parallèle est parfois dressé avec le passé vichyste de François Mitterrand pour atténuer la faute. Mais cette analogie est fallacieuse : Mitterrand agissait sous l’Occupation, tandis que Bardella a formulé ses théories du complot en pleine démocratie contemporaine. On assiste ainsi à un silence ou une timidité marquée des pairs à droite et au centre, qui préfèrent s’abriter derrière l’attente d’une décision judiciaire plutôt que de condamner le fond.

II. LFI sous la loupe implacable : l’ère du soupçon permanent

Si l’extrême droite bénéficie d’un dictionnaire d’excuses où la «bêtise» et la «jeunesse» épongent les dérives, la gauche radicale, elle, évolue sous un régime de surveillance sémantique absolue. Pour les cadres de LFI, aucun droit à l’erreur, aucune approximation et aucun contexte ne sont tolérés par le bloc central et les médias conservateurs. Chaque déclaration est immédiatement essentialisée, extraite pour servir de preuve à un antisémitisme structurel ou à un calcul électoraliste cynique.

Une pluie de condamnations orchestrée par l’extrême droite s’abat ainsi à la moindre formule émanant de la direction insoumise. Lorsque Mathilde Panot ou Manuel Bompard réaffirment le soutien de leur groupe au peuple palestinien, les cadres du RN mènent la charge sur tous les plateaux télévisés. Marine Le Pen va jusqu’à déclarer publiquement : «La France insoumise est un parti profondément antisémite qui utilise la cause palestinienne pour faire du clientélisme électoral.»

Jordan Bardella surenchérit à l’encontre de Mathilde Panot et Manuel Bompard, accusant LFI de nourrir «un climat de haine visant les Français de confession juive».

Ce traitement clinique et impitoyable s’applique à la moindre phrase. Lorsque Jean-Luc Mélenchon s’en prend à la présidente de l’Assemblée nationale lors de son déplacement au Proche-Orient en déclarant sur X : «Voici la France. Pendant ce temps, madame Braun-Pivet campe à Tel Aviv pour encourager le massacre. Pas au nom du peuple français !»

La réaction est immédiate, qualifiant l’usage du terme «camper» de sous-entendu antisémite ad hominem. De même, lorsqu’il déclarait sur son blog en juin 2024 que «l’antisémitisme reste résiduel en France», le leader insoumis tentait d’apporter une nuance sociologique. La machine médiatique a instantanément balayé le reste de son texte pour isoler ce mot. La sentence fut immédiate : des jours de débats télévisés en boucle et une disqualification républicaine. Aucun éditorialiste n’a alors proposé de «mettre cela sur le compte de la bêtise».

Ce traitement s’applique avec la même violence aux déclarations du député David Guiraud ou de l’eurodéputée Rima Hassan. Quand David Guiraud lance à Tunis : «Le 7 octobre, Israël a inventé des histoires de bébés dans des fours ou de femmes enceintes éventrées.»

L’extrême droite déclenche une offensive médiatique foudroyante, réclamant des sanctions disciplinaires immédiates. Et lorsque Rima Hassan défend la vision d’un État binational pour que «tous les Palestiniens soient libérés de toutes ces oppressions», la scène politique majoritaire décrète de manière unilatérale que ses propos cachent une volonté d’éradication d’Israël.

Le contraste avec l’affaire Bardella devient alors criant de cynisme. D’un côté, des messages privés exhumés par Mediapart — où le président du RN associe noir sur blanc «les juifs» à un complot bancaire mondial — sont relativisés au nom de l’évolution personnelle. De l’autre côté, la critique politique, même documentée, de la politique d’un gouvernement étranger par des élus de gauche est criminalisée. À droite, le fait matériel est minimisé ; à gauche, l’intention est présumée coupable.

III. L’«entente contre nature» et l’asymétrie morale

La France de 2026 nous offre ainsi le spectacle d’un paysage politique curieux, voire d’une «entente contre nature» : l’idée d’une convergence stratégique entre le sionisme incarné par le gouvernement israélien actuel et l’extrême droite issue de la tradition lepéniste. Si cette alliance peut sembler paradoxale au regard de fondements idéologiques historiquement opposés, l’histoire politique récente démontre que ces deux forces se rejoignent dans un pragmatisme cynique autour d’un ennemi commun désigné : le peuple palestinien à l’étranger, et la population de confession musulmane sur le sol national.

Cette alliance tactique repose sur des mécanismes bien rodés :

– un ennemi commun : une convergence idéologique axée sur la fixation sécuritaire, le rejet de l’immigration et la stigmatisation du monde arabo-musulman ;

– un pragmatisme de domestication : le RN a été, en quelque sorte, dompté et normalisé. Sa direction sait désormais exactement quelles limites ne pas franchir : l’allégeance inconditionnelle à la politique diplomatique israélienne est devenue le passeport de respectabilité indispensable à exhiber dans le débat public français. C’est le sens limpide de la réplique fusante de Jordan Bardella à Emmanuel Macron : «J’étais en Israël, pas lui.»

Cependant, cette entente reste éminemment fragile et limitée. Fondée sur des calculs d’opportunité électorale et un contexte géopolitique volatil, elle ne survit que tant que dure l’intérêt bien compris des deux parties, laissant affleurer en arrière-plan les antécédents idéologiques jamais véritablement soldés.

Cette indulgence sur mesure face aux dérives de l’extrême droite offre un contraste saisissant avec la permissivité croissante dont bénéficie, par ailleurs, la stigmatisation quotidienne des citoyens de confession ou d’origine musulmane. Tandis qu’une virgule à gauche provoque un tollé national, des déclarations d’une violence inouïe visant les musulmans sont banalisées dans l’indifférence quasi générale. Lorsque le député RN Julien Odoul déclare publiquement sur un plateau de grande écoute : «En France, il n’y a pas de danger pour les femmes avec la religion catholique ou juive, le seul danger pour elles vient de l’islam.» Ou lorsque le député Rassemblement National Laurent Jacobelli affirme : «Il y a une colonisation inversée menée par l’immigration arabo-musulmane sur notre sol.» Aucune tempête politique ne vient interrompre l’antenne, aucune commission de discipline n’est réclamée avec urgence, et aucun brevet de républicanisme ne leur est retiré. Cette bienveillance coupable démontre que dans le débat français actuel, certaines haines sont scrupuleusement blanchies par l’opportunisme politique, tandis que d’autres sont devenues des fonds de commerce électoraux acceptés.

En hiérarchisant les indignations et en soumettant les principes républicains aux arbitrages de l’échéance électorale, le débat public s’enferme dans une asymétrie morale destructrice où la valeur d’une cause dépend de sa rentabilité politique.

Pour ne pas conclure…

Le traitement médiatique de cette affaire agit comme un puissant révélateur de la décomposition du débat public en France. L’antisémitisme et le racisme ne sont plus combattus comme des absolus moraux et universels, mais instrumentalisés au gré des agendas partisans et des nécessités électorales.

En acceptant de renvoyer des dérives documentées au rang de simples «bêtises de jeunesse», une partie des commentateurs prend une responsabilité historique lourde. Non seulement elle valide l’illusion de la dédiabolisation, mais elle brouille délibérément la frontière entre la critique légitime d’une politique gouvernementale et la haine raciale.

L’honneur de la pensée commande de refuser ces complaisances calculées. L’antisémitisme et l’islamophobie procèdent d’un même rejet de l’Autre, d’une même logique d’assignation qu’aucune posture diplomatique ne saurait racheter. Retrouver une parole forte et audible exige de restaurer une éthique universelle et indivisible : celle qui condamne la haine d’où qu’elle vienne, sans concession, sans calcul et sans double standard.

Pour mesurer toute la fragilité de la ligne de défense de Jordan Bardella, un précédent judiciaire mérite d’être rappelé : en 2024, lorsque le philosophe Bernard-Henri Lévy l’avait publiquement accusé d’être «certainement antisémite», le président du RN avait immédiatement déposé plainte pour injure publique avec fracas. Toutefois, quelques jours seulement avant la tenue du procès public — qui aurait donné lieu à un débat contradictoire et à l’examen de son passé —, Jordan Bardella s’est discrètement désisté de sa plainte, évitant ainsi l’épreuve des faits devant la justice.

* Médecin algérien, Canada.

L’article Anatomie d’une déchéance doctrinale dans le débat politique en France est apparu en premier sur Kapitalis.

  •  

À l’Onu, l’Islande renvoie Israël à sa lâcheté morale

La formule était celle de Benjamin Netanyahu. La réponse est venue d’Islande. Après que le Premier ministre israélien eut qualifié de «lâches moralement» les délégations ayant quitté la salle pendant son discours devant l’Assemblée générale de l’Onu, la ministre islandaise des Affaires étrangères, Þorgerður Katrín Gunnarsdóttir, a repris les mêmes mots pour désigner ceux qui refusent de négocier une paix durable, empêchent l’aide humanitaire d’atteindre les populations en détresse et ne respectent pas le droit international.

Djamal Guettala 

«Nous avons entendu les mots “moral cowards” depuis cette tribune», a-t-elle déclaré le 26 septembre 2026, lors de la 81e session de l’Assemblée générale. Puis elle a précisé sa définition : les «lâches moralement» sont, selon elle, les dirigeants qui refusent de s’asseoir à la table des négociations pour rechercher une paix juste et durable, ceux qui refusent l’accès à l’aide humanitaire et ceux qui persistent à violer le droit international.

La ministre ne s’est donc pas attardée sur les délégations sorties de la salle. Elle a déplacé la discussion vers Gaza et vers les décisions prises par ceux qui ont le pouvoir d’agir.

Gaza : reconstruire ne suffit pas

Dans son intervention, Þorgerður Katrín Gunnarsdóttir a refusé que la reconstruction de Gaza soit considérée comme une réponse suffisante.

«Nous ne pouvons pas accepter que Gaza soit détruite et reconstruite à plusieurs reprises alors que la cause profonde demeure sans solution», a-t-elle déclaré. Elle a également dénoncé l’expansion des colonies en Cisjordanie et les violences commises contre les civils palestiniens.

Quelques jours avant son intervention à l’Onu, l’Islande avait déjà réaffirmé son soutien à la solution à deux États et annoncé une contribution de 100 millions de couronnes islandaises au fonds de l’Onu destiné à la reconstruction de Gaza. Reykjavik estime que cette reconstruction doit s’inscrire dans la perspective d’un État palestinien viable.

La ministre islandaise a également consacré une partie de son discours aux règles internationales et à leur application. Son constat est sévère : certains gouvernements les respectent lorsqu’elles servent leurs intérêts et les contestent lorsqu’elles deviennent contraignantes. Défendant le respect des décisions des juridictions internationales, elle a estimé que celles-ci ne peuvent être acceptées uniquement lorsque leur résultat convient aux gouvernements concernés.

L’argument ne concerne pas uniquement le Proche-Orient. Il concerne aussi, selon elle, l’invasion russe de l’Ukraine, la souveraineté des États et le droit des peuples à décider de leur avenir, plaçant ainsi ces questions dans le même cadre : celui de règles internationales qui doivent être respectées même lorsqu’elles contrarient les intérêts d’un État.

«Une paix juste et durable»

Sur Gaza, le message islandais ne s’arrête pas à l’aide humanitaire. Reykjavik défend toujours la création d’un État palestinien viable aux côtés d’Israël, avec pour objectif que les deux peuples puissent vivre «en sécurité, dans la dignité et dans la paix», selon les termes employés par la ministre devant l’Assemblée générale.

Dans une déclaration publiée deux jours avant son discours, l’Islande avait par ailleurs rappelé que le Hamas ne devait pas avoir de rôle dans l’avenir de la Palestine et que les groupes armés présents à Gaza devaient être désarmés. Le gouvernement islandais présentait alors la solution à deux États comme la voie permettant, selon sa position officielle, de parvenir à la paix, à la sécurité et à la stabilité dans la région.

Le face-à-face verbal de l’Onu tient donc en deux usages d’une même expression. Netanyahu l’a employée pour qualifier les délégations ayant quitté la salle au moment où il allait prononcer son discours. La ministre islandaise l’a reprise pour parler des dirigeants qui, selon elle, refusent de négocier, empêchent l’aide humanitaire d’atteindre les populations qui en ont besoin et s’affranchissent du droit international.

À New York, deux discours, deux définitions des «lâches moralement» — et une même tribune devenue, le temps d’un échange, le théâtre d’un affrontement diplomatique autour de Gaza et du droit international.

L’article À l’Onu, l’Islande renvoie Israël à sa lâcheté morale est apparu en premier sur Kapitalis.

  •  

L’incident du vol de Flydubai aura-t-il un impact sur la lune de miel israélo-émiratie ?

Des versions contradictoires ont émergé concernant l’incident survenu mercredi 30 septembre 2026 dans le vol de la compagnie Flydubai qui reliait Dubaï à Tel Aviv après l’atterrissage d’urgence à Tabuk en Arabie Saoudite. La compagnie a confirmé qu’il s’agissait d’une «dispute dans le cockpit» et que les causes et les motivations de l’incident font toujours l’objet d’une enquête. De leur côté, les Israéliens affirment que le copilote a poignardé le pilote et voulait provoquer un crash de l’avion. Flydubai est revenu à la charge exhortant toutes les parties à s’abstenir de toute spéculation hâtive pendant que les autorités rassemblent les faits. Au-delà des faits, la question qui se pose et s’impose : Quel impact aura cet incident sur la confiance des Israéliens dans la destination émiratie qu’ils considèrent comme le seul endroit où ils sont les bienvenus dans la région ?

Imed Bahri

Les Émirats arabes unis sont devenus une destination prisée des Israéliens mais l’incident de l’avion de Flydubai soulève des questions quant à la réputation de ce pays du Golfe en tant que pays accueillant pour Israéliens, note Chloe Cornish dans un article du Financial Times, en rappelant qu’il y a six ans, les voyageurs israéliens se voyaient offrir une nouvelle destination prometteuse pour leurs voyages d’affaires et de loisirs, à savoir les Émirats qui avaient normalisé leurs relations diplomatiques avec Israël grâce à un accord négocié par les États-Unis. Flydubai, compagnie appartenant au gouvernement de Dubaï, proposait alors une option abordable pour ce vol de trois heures et demie. Lorsque de nombreuses compagnies aériennes étrangères ont suspendu leurs vols vers Israël après le 7 octobre 2023 et les conflits régionaux qui ont suivi, les compagnies émiraties ont, pour la plupart, maintenu leurs liaisons. Nombre d’Israéliens percevaient les Émirats, malgré les préoccupations sécuritaires accrues, comme une destination de vacances plus sûre que l’Europe.

Un havre de paix pour des Israéliens belliqueux

Cependant, l’altercation sans précédent survenue mercredi à bord d’un vol Flydubai à destination de Tel Aviv a profondément choqué les Israéliens qui considèrent de plus en plus les Émirats comme un havre de paix dans une région avec laquelle leurs relations amicales sont tendues.

Selon des témoins et des sources officielles, l’un des pilotes du vol Dubaï-Tel Aviv a poignardé son collègue et tenté de faire s’écraser l’avion, contraignant ce dernier à un atterrissage d’urgence après une chute d’environ 6 000 mètres en quelques minutes.

Les relations émiraties-israéliennes se sont développées depuis la signature, en 2020, des accords d’Abraham avec trois autres États arabes –le Soudan, Bahreïn et le Maroc– officialisant ainsi des liens jusque-là discrets entre les Émirats et Israël.

Depuis, les échanges bilatéraux ont dépassé les 3 milliards de dollars par an et ce, dès début 2024, selon les données israéliennes avec un trafic aérien qui a atteint 25 vols quotidiens durant certaines périodes, sans compter le nombre croissant d’Israéliens résidant aux Émirats. Plusieurs entreprises israéliennes de renom, allant des boulangeries aux sociétés de technologie financière, se sont implantés aux Émirats. L’hôtel Atlantis de Dubaï est une destination prisée des touristes israéliens.

Selon le FT, les Émirats sont devenus le plus proche allié arabe d’Israël. Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, s’est rendu à Abou Dhabi dimanche dernier pour rencontrer le cheikh Mohammed ben Zayed. Selon l’agence de presse officielle émiratie, les deux parties ont discuté «des moyens de renforcer leurs relations», ce qui constitue une reconnaissance officielle de cette visite de Netanyahu qui a été fuité par Axios.

Les accords d’Abraham suscitent une controverse

Pour Abou Dhabi, l’accord de 2020 est une réalisation majeure de la politique étrangère du premier mandat du président américain Donald Trump et a représenté un atout considérable pour les relations avec Washington. Pour les Israéliens, l’impact le plus significatif a été le lancement de vols directs entre Tel Aviv et les Émirats, leur permettant de voyager vers l’est avec des compagnies aériennes telles que Flydubai et Etihad Airways. Le vol inaugural de 2020 a fait la une des journaux.

Cependant, les accords d’Abraham ont suscité une vive controverse au Moyen-Orient et Abou Dhabi a essuyé de nombreuses critiques dans la région pour avoir violé le consensus arabe selon lequel la paix avec Israël ne peut être obtenue que par la restitution des territoires palestiniens occupés.

Les relations entre les Émirats et Israël ont rapidement été mises à rude épreuve par la guerre brutale menée par Israël contre Gaza à la suite de l’opération Déluge d’Al Aqsa menée par le Hamas le 7 octobre 2023. Israël s’est alors lancé dans une stratégie militaire agressive dans la région, notamment en menant des guerres contre le Hezbollah au Liban et contre l’Iran.

De nombreux Israéliens affirment se sentir toujours en sécurité aux Émirats, où le soutien public à la cause palestinienne s’amenuise en raison de la criminalisation des manifestations. Cependant, cette petite communauté a été profondément choquée par l’assassinat, en 2024, d’un rabbin israélien d’origine moldave par trois ressortissants ouzbeks, qui ont par la suite été condamnés à mort.

Les motivations de l’auteur de l’attaque contre Flydubai restent floues. Israël a par la suite affirmé qu’il était de nationalité omanaise, bien que la compagnie aérienne ait exhorté «toutes les parties à s’abstenir de toute spéculation hâtive pendant que les autorités rassemblent les faits».

Après le lancement, au printemps dernier, d’une nouvelle offensive américaine et israélienne contre l’Iran, Téhéran a lancé des vagues de missiles et de drones contre ses voisins arabes du Golfe, les Émirats arabes unis étant les plus durement touchés.

Tandis que de nombreux pays arabes accusaient Israël d’entraîner la région dans le conflit, Abou Dhabi a renforcé ses liens avec Israël qui a fourni aux Émirats le système de défense aérienne Dôme de fer (Iron Dome) et le système laser Faisceau de fer (Iron Beam) pour faire avorter les attaques iraniennes.

L’analyste émirati Abdulkhaleq Abdullah, cité par le FT a commenté : «Israël a prouvé qu’il était un pays capable de gérer les relations internationales. Il a été parmi les premiers à proposer tous les systèmes de défense avancés nécessaires. Je pense que la guerre a clairement démontré l’importance de la relation avec Israël».

Malgré les craintes que l’incident impliquant l’avion à destination de Tel Aviv, qui a failli tourner à la catastrophe, ne dissuade de nombreux touristes de se rendre aux Émirats, Abdullah a souligné qu’il n’était pas inquiet de la moindre tension dans les relations entre Abou Dhabi et Tel Aviv. Il a ajouté qu’il espérait que l’incident de Flydubai renforce le dialogue afin que cela ne se reproduise plus jamais.

L’article L’incident du vol de Flydubai aura-t-il un impact sur la lune de miel israélo-émiratie ? est apparu en premier sur Kapitalis.

  •  

Incident Flydubai : que sait-on vraiment des accusations israéliennes sur les pilotes ?

Lire plus tard Le déroutement mercredi du vol Flydubai FZ1073, reliant Dubaï à Tel-Aviv, a déclenché une série d’accusations et de versions contradictoires autour de la nationalité des pilotes, du déroulement exact de l’incident et d’une éventuelle tentative de faire s’écraser l’appareil. Alors que plusieurs responsables israéliens ont rapidement évoqué une attaque délibérée, Flydubai a […]

L’article Incident Flydubai : que sait-on vraiment des accusations israéliennes sur les pilotes ? est apparu en premier sur Tunisie Numerique.

  •  

L’Europe face au dilemme des canons et du beurre

Les leaders des grandes économies européennes ont réclamé des coupes de plusieurs centaines de milliards d’euros dans le prochain budget 2028-2034 de l’Union. Les efforts consentis pour financer la défense de l’Europe ne passeront pas sans en payer le prix.

 

Six pays d’Europe soutiennent cette démarche. Il s’agit de l’Allemagne, du Danemark, des Pays-Bas, de l’Autriche, de la Finlande et de la Suède. L’importance de cet appel est qu’ils financent près de 40 % de l’ensemble des contributions des États membres au budget.

La Commission européenne avait déjà présenté ses propositions depuis l’été, avec des projections de 2 000 milliards d’euros. Pour qu’il soit adopté, il faut l’unanimité des 27 États membres. Outre la défense, les dépenses iront en priorité à la compétitivité, l’innovation et la lutte contre l’immigration clandestine.

Plus tôt dans l’année, le FMI a prévenu qu’une nouvelle ère de budgets de sécurité renforcés signifierait que les gouvernements feraient bientôt face à des choix cornéliens quant aux coupes à opérer pour financer la défense. Il a qualifié ce phénomène par l’arbitrage « entre les canons et le beurre ».

 

Mauvais momentum

Le contexte est compliqué, avec la flambée des coûts d’emprunt des États, l’inflation galopante et la croissance molle dans la majeure partie du Vieux continent. Il y a plein d’inquiétudes concernant la hausse des déficits budgétaires dans divers pays de l’UE.

La meilleure illustration vient de l’Hexagone. La France est appelée à réduire drastiquement ses dépenses pour ramener son déficit national de 5,1 % à la ligne directrice européenne fixée à 3 %. Les rendements des obligations souveraines du pays sont à leur plus haut sur plusieurs décennies, valant des coûts d’emprunt parmi les plus élevés au sein du G7.

Par ailleurs, l’Autriche et la Finlande font actuellement l’objet de la procédure européenne de déficit excessif.  Parmi les autres pays soumis à cette procédure figurent également l’Italie, la Pologne et la Belgique.

Et comme le budget de l’UE est payé par ses citoyens, la source du financement de cet effort ne peut provenir que d’efforts douloureux d’assainissement des comptes de chaque pays. Il n’y aura pas de souveraineté européenne sans des finances publiques saines.

 

A la diplomatie de jouer

Cela concerne directement la Tunisie. Il est logique de voir les fonds de voisinage réduits ou, au meilleur des cas, rester stables. L’argent réalloué au réarmement de l’Europe pourrait se faire au détriment des programmes d’aide traditionnels via la politique de voisinage. Idem pour les partenariats stratégiques qui pourraient être ralentis.

De plus, le contrôle des frontières et la lutte contre la migration sont un pilier de la logique sécuritaire de l’UE. Cela implique la protection des frontières sud. Les financements accordés aux pays partenaires seront de plus en plus conditionnés à la gestion des flux migratoires, à la surveillance maritime et à la lutte antiterroriste.

Cela ne colle pas nécessairement avec les besoins de ces pays, comme la Tunisie, qui a besoin davantage d’investissements dans les infrastructures et de soutien aux PME. La diplomatie jouera un rôle important afin de trouver le juste équilibre. Car, nous avons besoin d’une Europe en bonne santé économique, mais aussi en paix.

L’article L’Europe face au dilemme des canons et du beurre est apparu en premier sur Leconomiste Maghrebin.

  •  

L’IA s’invite dans les élections législatives israéliennes

La campagne électorale des élections législatives israéliennes qui doivent se tenir le 27 octobre prochain bat son plein, un scrutin décisif qui s’apparente plus à un référendum pour ou contre le maintien au pouvoir du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et qui doit sceller son avenir politique et judiciaire. Tous les coups sont permis, notamment le recours massif à l’IA d’autant plus que le recours à cette nouvelle technologie demeure l’angle mort de la législation de la plupart des pays et les protagonistes politiques profitent du fait que la réglementation soit encore limitée pour en user et abuser.

Imed Bahri

«La première rencontre en dix ans entre un Premier ministre israélien et le président palestinien a offert une scène historique, les sourires semblaient sincères mais la rencontre n’a pas eu lieu. Pour l’heure, Gadi Eizenkot n’est que le favori des élections israéliennes et non Premier ministre et il n’a pas encore rencontré en personne Mahmoud Abbas, le dirigeant palestinien vieillissant», c’est par ces mots que débute l’enquête de The Economist. 

Les images de ce sommet fictif ont été produites par le Parti sioniste religieux, le parti d’extrême-droite dirigé par Bezalel Smotrich, ministre israélien des Finances et allié du Premier ministre. L’objectif était de convaincre les électeurs qu’Eizenkot, l’ancien général intransigeant qui espère déloger Netanyahu lors des prochaines législatives, est en réalité un dangereux gauchiste prêt à faire des compromis avec les ennemis d’Israël.

En dépit de sa nature truquée, la vidéo est entrée dans l’histoire. Le 26 juillet, Israël est devenu le premier pays à diffuser une publicité électorale enfreignant une loi exigeant un étiquetage clair de tous les supports de campagne produits à l’aide d’intelligence artificielle (IA). La Commission électorale centrale a ordonné au Parti sioniste religieux de la retirer.

Depuis, les mentions indiquant l’utilisation de l’IA sont devenues monnaie courante sur presque tous les écrans.

Toutefois, Karine Nahon, spécialiste israélienne de l’information qui écrit sur la désinformation et les menaces qui pèsent sur la démocratie, affirme : «Le contenu visuel -en l’occurrence les vidéos truquées- n’est pas le principal problème. Il est facile à repérer. Ce qui est bien plus dangereux, c’est la manière dont l’IA est utilisée en coulisses pour déformer l’information, surveiller les électeurs et les manipuler».

Les candidats de tous bords utilisent des techniques de persuasion et de manipulation sophistiquées, optimisées par l’IA.

Israël s’enorgueillit généralement de la manière dont les autres pays adoptent les innovations issues de ses industries d’armement et technologiques. Le même phénomène pourrait-il se produire avec les technologies utilisées dans les campagnes électorales ?

Les partis investissent dans les technologies électorales

La coalition de Netanyahu, qui comprend des partis nationalistes d’extrême droite et des partis religieux, est à la traîne dans les sondages mais le Premier ministre possède un atout majeur : ses partenaires sont unis autour de lui. 

«Netanyahu et ses alliés investissent depuis des années dans les technologies électorales», affirme une source travaillant dans le secteur technologique qui ajoute : «Ils disposent de bases de données très sophistiquées et les partis de son bloc partagent entre eux des informations sur les électeurs».

Ces trois dernières années, le gouvernement israélien a massivement investi dans la guerre psychologique en ligne, utilisant des outils d’IA pour tenter d’influencer les audiences au Moyen-Orient et l’opinion publique en Occident. Certains de ces outils sont désormais utilisés en Israël même.

Le parti d’Eizenkot, Yashar, n’a qu’un an, et l’opposition dans son ensemble reste divisée. Néanmoins, ceux qui aspirent à déloger Netanyahu bénéficient du soutien d’un réseau de groupes de protestation antigouvernementaux profondément ancrés dans la communauté technologique israélienne.

«La plupart des acteurs du secteur technologique soutiennent l’opposition et estiment qu’elle se bat pour son avenir en Israël. Ils riposteront avec la même vigueur», déclare également cet expert du secteur.

Des essaims de bots se faisant passer pour des électeurs humains

Des entreprises technologiques israéliennes ont développé des essaims de bots qui se font passer pour des électeurs humains. Ces bots peuvent orienter les discussions en ligne vers des sujets et des opinions servant les intérêts de ceux qui les contrôlent.

Des bots peuvent également être engagés pour voter dans des sondages en ligne.

Bien que ces sondages ne soient pas statistiquement fiables et ne bénéficient pas de la même crédibilité que les sondages d’opinion traditionnels, ils sont capables de générer des titres susceptibles d’influencer les électeurs indécis.

Encore plus sophistiqués, des avatars virtuels générés par l’IA possèdent de véritables numéros de téléphone et même des cartes de crédit.

Ces avatars peuvent exprimer des opinions complexes et infiltrer des groupes, notamment sur WhatsApp, où les utilisateurs ne s’attendaient auparavant pas à rencontrer des entités artificielles se faisant passer pour de vraies personnes.

Des chatbots sont également utilisés pour engager des discussions politiques avec les électeurs et recueillir une grande quantité d’informations sur leurs préférences.

Les partis politiques utilisent ces informations puis les recoupent avec des données provenant de bases de données qu’ils achètent auprès d’entreprises commerciales qui suivent les achats en ligne et l’historique de recherche des internautes afin d’établir des profils détaillés d’électeurs potentiels.

«L’aspect le plus insidieux des campagnes électorales est l’automatisation de la persuasion», déclare Tehila Schwartz Altschuler, experte en droit et technologies à l’Institut israélien de la démocratie à Jérusalem.

«L’intelligence artificielle collecte la moindre information disponible sur les électeurs, y compris leurs préférences audiovisuelles et musicales. Elle les géolocalise également pour déterminer où ils se trouveront le jour du scrutin», ajoute Schwartz.

Les messages générés par l’IA sont ensuite personnalisés pour chaque électeur, que ce soit sous forme de publicités en ligne, de SMS ou d’appels automatisés de plus en plus réalistes, censés provenir d’un chef de parti ou d’un candidat.

Un journaliste de The Economist raconte avoir récemment reçu un de ces appels et n’avoir réalisé qu’après quelques phrases que son interlocuteur n’était pas un humain mais un agent virtuel.

Les politiciens s’attendent à ce que de nombreux Israéliens, notamment les jeunes, se tournent vers les chatbots pour savoir pour qui voter.

Nir Rosen, directeur de l’ONG FakeReporter, qui lutte contre la désinformation, déclare : «Nous constatons que de faux réseaux créent un large éventail de ressources numériques conçues pour manipuler les algorithmes des chatbots et les moteurs de recherche basés sur l’IA. Une partie de ce contenu inclut de fausses interviews de politiciens mais il mêle également de véritables informations, saturant ainsi les sources d’information sur lesquelles les électeurs s’appuient».

C’est pourquoi les partis politiques s’empressent de publier du contenu sur les plateformes largement utilisées par les chatbots pour collecter des informations.

Un militant politique déclare : «Avant, nous publions tous nos anciens documents sur Reddit car ChatGPT l’utilise».

La frontière entre liberté d’expression et censure est ténue

The Economist précise que le Shin Bet, le service de sécurité intérieure israélien, semble seulement disposé à tenter d’empêcher toute ingérence étrangère bien que ses prérogatives lui permettent d’aller au-delà. La Direction nationale de la cybersécurité, rattachée au cabinet du Premier ministre, ne semble pas non plus disposée à intervenir.

Ainsi, seuls la police, avec ses ressources limitées, et la Commission électorale centrale, avec ses pouvoirs restreints, restent pour surveiller ces nouvelles frontières poreuses.

La Commission électorale peut rendre des décisions et infliger des amendes mais son principal atout actuellement réside dans ses relations avec les géants d’Internet. Ces entreprises se conforment généralement aux demandes de la Commission de suppression des contenus suspects.

Nombre des plus grandes entreprises technologiques mondiales possèdent des centres de recherche en Israël. Elles savent que les partis politiques et les militants d’autres pays analyseront cette élection afin d’en tirer des enseignements applicables ailleurs.

Selon des représentants du gouvernement et des défenseurs de la vie privée, les entreprises technologiques ont, jusqu’à présent, réagi rapidement aux problèmes signalés. Cependant, agir ainsi le jour même du scrutin et rapidement pour empêcher la désinformation ou la manipulation qui influence le vote s’avérera bien plus complexe. Une part importante des informations collectées illégalement sert à mobiliser les électeurs et à les inciter à voter le jour de l’élection qui est un jour férié.

Savoir quels électeurs sont susceptibles de soutenir un parti et ce qu’ils feront pendant leur jour férié confère un avantage considérable aux partis politiques.

Savoir aussi qui est susceptible de voter pour un parti adverse peut également s’avérer utile. Par exemple, des publicités pour des commerces ou des lieux de divertissement situés loin de leur bureau de vote pourraient leur être envoyées ou de fausses informations concernant des troubles dans leur quartier pourraient être diffusées. L’objectif de ces opérations est faire en sorte qu’ils n’aillent pas voter.

La Cour suprême et le président de la Commission électorale centrale ont statué que les observateurs des partis présents dans les bureaux de vote n’auraient pas le droit de communiquer à leurs dirigeants les noms des électeurs ayant déjà voté. Cette pratique, autorisée lors des élections précédentes, constituait un outil essentiel pour le suivi des électeurs le jour du scrutin et pour inciter les sympathisants à se rendre aux urnes.

Cependant, réglementer ces activités s’avère extrêmement complexe. «La frontière entre liberté d’expression et censure est ténue et nous exerçons notre pouvoir discrétionnaire», déclare Dean Livne, directeur général par intérim de la Commission électorale centrale. «Je ne pense pas que nous soyons encore en mesure d’intervenir dans le domaine de l’intelligence artificielle», ajoute-t-il.

Compte tenu de la rapidité avec laquelle l’IA évolue, ces derniers pourraient bientôt être contraints de revoir leur position et d’intervenir.

L’article L’IA s’invite dans les élections législatives israéliennes est apparu en premier sur Kapitalis.

  •  

Prix Fnac, Goncourt et IA : le scandale Thélyson Orélien secoue la littérature française

Lire plus tardUn écrivain haïtien installé au Québec, un roman bouleversant sur la migration, près de 40 000 exemplaires vendus, quatre prix littéraires déjà en poche et une place parmi les candidats au Goncourt. Puis une accusation a tout fait basculer : C’était ça ou mourir, de Thélyson Orélien, aurait été très largement rédigé par une intelligence artificielle. L’auteur dément. Mais d’anciens plagiats ont refait surface, et l’Académie Goncourt a retiré le livre de sa sélection — sans toutefois trancher à l’unanimité, et sans empêcher l’auteur de rester en lice pour trois autres grands prix. C’était ça ou mourir, publié […]

L’article Prix Fnac, Goncourt et IA : le scandale Thélyson Orélien secoue la littérature française est apparu en premier sur Tunisie Numerique.

  •  

Dernière minute: Un avion de « Flydubai » transportant près de 150 Israéliens aurait disparu des radars

Lire plus tardSelon des informations rapportées par le quotidien « Yediot Aharonot », un avion de la compagnie Flydubai, un Boeing de fabrication américaine, qui effectuait la liaison entre Dubaï et Tel-Aviv, avec à son bord près de 150 Israéliens, aurait disparu des radars. D’après les données disponibles, l’appareil a temporairement émis le code 7700, utilisé pour signaler une situation d’urgence, avant de transmettre ultérieurement le code 7500, correspondant à un signalement de détournement d’avion. Les informations indiquent que l’avion a modifié sa trajectoire en direction de l’Arabie saoudite, avant de changer à nouveau de cap pour se diriger vers Tel-Aviv. Dans […]

L’article Dernière minute: Un avion de « Flydubai » transportant près de 150 Israéliens aurait disparu des radars est apparu en premier sur Tunisie Numerique.

  •  

Affaire Thélyson Orélien | La frontière entre IA et création littéraire

‎Dans cette frontière, de plus en plus incertaine, entre l’écrivain qui utilise l’intelligence artificielle et l’intelligence artificielle qui écrit à la place de l’écrivain, où finit l’assistance et où commence la substitution ? L’affaire ‎Thélyson Orélien pose cette problématique avec acuité.

Atef Gadhoumi *  

‎Thélyson Orélien. Ce nom vous dit-il quelque chose ? Oui, certainement. Sinon, retenez-le. ‎Il est sur toutes les lèvres, fustigé par les uns, défendu par les autres. Sa notoriété, à peine acquise, déjà fugace, vient d’être éclaboussée. Pis encore, remise en cause. ‎Son premier roman est la révélation de cette rentrée littéraire. Prix du roman Fnac et nominé pour les plus prestigieux prix littéraires : le Goncourt, le Renaudot, le Femina… ‘‘C’était ça ou mourir’’ semblait promis à un destin exceptionnel. ‎Mais un simple tweet, anonyme à ses débuts, assumé plus tard comme un trophée de guerre, bouleverse cette ascension vertigineuse. L’arrête net : le roman serait généré par une IA.

‎Scandale et lynchage médiatique

‎Un verdict sans appel. Pangram, présenté comme l’un des détecteurs les plus fiables, a tranché.‎ ‎Le scandale fait feu de paille. Le monde littéraire est ébranlé. Un séisme dont les répliques semblent interminables, imprévisibles.

‎La chasse à l’homme est ouverte. Son passé est décortiqué au peigne fin. ‎Un second verdict tombe, lui aussi sans appel : plagiaire récidiviste. Rattrapé pour des écrits vieux de plus de quinze ans ! ‎Ses détracteurs crient victoire. ‎Conséquences immédiates : le roman est retiré de la sélection de l’Académie Goncourt. Au Canada, la tournée promotionnelle est suspendue et certaines rencontres sont annulées.‎ ‎Tout cela sur fond d’accusations qui, pour l’utilisation de l’IA, reposent notamment sur des analyses algorithmiques dont la portée probante fait précisément débat.

‎‎Tout ça pour ça. ‎Ces IA sont, par essence même, capables de générer un texte cohérent, grammaticalement correct, souvent même stylistiquement travaillé. Mais sont-elles en mesure de créer une œuvre littéraire sans avoir derrière elles des expériences vécues, une nécessité intérieure, une intention existentielle ou autre ? ‎J’en doute fort.

‎Au-delà du scandale, une frontière à redéfinir

‎Mais là n’est peut-être même pas l’essentiel. ‎Le véritable sujet, transcendant ce fait divers, est ailleurs : dans cette frontière, de plus en plus incertaine, entre l’écrivain qui utilise l’IA et l’IA qui écrit à la place de l’écrivain.‎

‎‎On ne doit plus se dérober devant cette réalité : nous utilisons tous, à des degrés divers, l’intelligence artificielle dans de nombreux domaines de notre vie. ‎La vraie question que chacun doit désormais se poser est simple :‎ ‎Où finit l’assistance et où commence la substitution ?

‎Pour l’écrivain, d’abord. À lui d’en être juge, en âme et conscience. L’IA peut être son soutien, son interlocuteur, son outil, à condition de savoir en user à bon escient. ‎Mais lorsque l’écrivain lui délègue ses idées, abandonne ses personnages, ses scènes, son style, ses choix, que reste-t-il alors de son imagination créative ?

‎L’écrivain et philosophe Pascal Bruckner, membre de l’Académie Goncourt, défend une coexistence possible entre l’intelligence artificielle et la création humaine, à une condition essentielle : que l’inspiration et la signature finale demeurent celles de l’auteur. ‎Une position qui mérite réflexion.

‎L’IA, un soutien ? Oui. ‎L’IA, un prête-plume ? Non.

* Ecrivain.  Prix Comar Découverte 2024.

La paternité littéraire de cet article est confirmée par Pangram.

L’article Affaire Thélyson Orélien | La frontière entre IA et création littéraire est apparu en premier sur Kapitalis.

  •  

Netanyahu aux Émirats : que s’est-il vraiment passé lors de sa visite à Abou Dhabi ?

Lire plus tardLe président des Émirats arabes unis, Mohamed ben Zayed Al Nahyan, a reçu dimanche 27 septembre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à Abou Dhabi. La visite, qui n’avait pas été annoncée à l’avance, a été officiellement confirmée lundi par les deux pays, alors qu’une controverse persiste en Israël autour d’éventuels avertissements reçus avant l’attaque du 7 octobre 2023. L’agence officielle émiratie WAM a indiqué que les deux dirigeants avaient discuté des relations bilatérales entre les Émirats arabes unis et Israël et des moyens de les renforcer et de les développer. Reuters précise qu’il s’agissait de la première […]

L’article Netanyahu aux Émirats : que s’est-il vraiment passé lors de sa visite à Abou Dhabi ? est apparu en premier sur Tunisie Numerique.

  •  

Un western à l’Onu | Le bluffeur, l’hypocrite et le génocidaire

Alors que la 81ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations Unies vient de s’achever à New York, le monde assiste à l’effritement accéléré du droit international. Entre gesticulations théâtrales, doubles discours diplomatiques et violation systématique des traités, retour sur une séquence politique révélatrice où le cynisme et la force brute tentent de supplanter la règle commune.

Dr Abderrahmane Cherfouh

La semaine du 22 au 28 septembre 2026 aura offert au monde le spectacle saisissant d’une diplomatie internationale en pleine déchéance. À New York, au siège des Nations Unies, près de 130 chefs d’État et de gouvernement se sont succédé à la tribune de la 81ᵉ Assemblée générale, dans un contexte dominé par les guerres, les crises au Moyen-Orient et les fractures croissantes de l’ordre international — marquant au passage le vide laissé par une cinquantaine d’absents de taille, au premier rang desquels le Chinois Xi Jinping et le Russe Vladimir Poutine.

Dès l’ouverture, le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva a rappelé que son pays n’appartenait à personne et qu’il refusait toute ingérence étrangère. «Le Brésil n’est l’arrière-cour de personne», a-t-il lancé, dans un discours consacré à la souveraineté et au refus des interventions extérieures, donnant par la même occasion une leçon de courage, de bravoure et de dignité à ceux qui redoutent le rugissement de celui qui se prétend l’homme le plus puissant du monde (le Brésil est la 10e économie mondiale et la première d’Amérique latine).

Donald Trump : le bluffeur

La scène a rapidement été investie par Donald Trump. Fidèle à sa culture du show-business et à sa passion pour la théâtralité, le président américain a une fois de plus confondu l’enceinte sacrée de l’Onu avec un plateau de téléréalité, soufflant le chaud et le froid dans une incohérence spectaculaire.

Dès lors, cette Assemblée générale a pris les contours d’un western crépusculaire. En coulisses comme sur scène, se rejoue une version cynique du film ‘‘Le Bon, la Brute et le Truand’’, où le rôle du «Bon» a définitivement été éjecté du scénario. À l’affiche de ce trio destructeur, le bluffeur, l’hypocrite et le génocidaire se partagent la vedette.

La prestation de Trump a oscillé entre le ridicule et l’effroi. À la tribune, il a brandi des menaces d’une violence inouïe, promettant d’«annihiler» l’Iran et d’expédier le pays «en enfer sans aucune chance de survie». Puis, quelques instants à peine après avoir prophétisé l’apocalypse, il glissait en coulisses qu’un «accord majeur» serait conclu juste après les élections américaines. Comment prétendre vouloir négocier la paix tout en théâtralisant la destruction totale d’une nation ? Ce bluff récurrent met en lumière une diplomatie à la dérive et l’absence totale de vision stratégique.

Emmanuel Macron : l’hypocrite

Pour ce qui s’apparente à son ultime discours devant l’Assemblée générale, le président français a voulu incarner la voix de la raison, le droit international et la conscience morale de l’Occident. En qualifiant le drame humanitaire à Gaza de «spectacle qui doit tous nous faire honte», tout en pointant du doigt les violations quotidiennes liées à la colonisation en Cisjordanie, Emmanuel Macron semblait poser un acte fort.

Mais en voulant ménager la chèvre et le chou pour ne se mettre à dos aucune alliance, le chef de l’État s’est emmêlé les pinceaux. En quête d’un compromis introuvable, sa diplomatie a paru déconnectée, s’attirant la foudre de Tel-Aviv sans convaincre les défenseurs de la cause palestinienne.

La fracture la plus profonde réside dans ce que le collectif Euro-Palestine a qualifié de «feinte colère». Tandis que le président élevait la voix à la tribune pour déplorer le sort des victimes, Paris garantissait une protection logistique essentielle au Premier ministre israélien en autorisant son appareil à traverser l’espace aérien français pour la cinquième fois. Accorder cette facilité de survol à un dirigeant visé par la justice internationale réduit la parole de la France à une posture de façade : pleurer sur les décombres devant les caméras tout en sécurisant le vol du sanguinaire.

Benjamin Netanyahu : le génocidaire 

Face à une salle désertée par près de quatre-vingts délégations diplomatiques, le Premier ministre israélien a choisi l’attaque frontale et le sarcasme comme ultime ligne de défense. Accusé par Paris et Londres d’étouffer la Palestine sous une politique d’occupation illégale, Benjamin Netanyahu a balayé les critiques d’un revers de main cynique : «Ils accusent le petit Israël de colonialisme… Pour l’amour de Dieu, ce me semble, ce sont eux qui ont inventé le terme !»

Le cœur de la mystification politique réside dans cet artifice. Pour occulter l’illégalité flagrante de l’extension des colonies en Cisjordanie et la réalité des massacres à Gaza, Netanyahu utilise le passé des empires occidentaux comme un bouclier pour ses propres fautes présentes. Invoquer les politiques coloniales du XIXᵉ siècle pour absoudre des annexions et des violations du droit au XXIᵉ siècle relève de l’aberration logique et juridique.

La France et le Royaume-Uni tirent précisément leur autorité actuelle sur la scène internationale des leçons douloureuses de leur propre décolonisation. En refusant d’admettre que le monde est désormais régi par le droit international moderne et la Charte des Nations Unies de 1945, le dirigeant israélien s’enferme dans un anachronisme dangereux, substituant la force brute à la règle commune.

Ces trois acolytes issus du même moule ont scellé définitivement la fin des illusions, précipitant la chute vertigineuse de la crédibilité internationale. Au-delà de leur posture de façade, le bluffeur, l’hypocrite et le génocidaire partagent la même matrice : celle du cynisme absolu et du mépris des règles les plus élémentaires du droit international.

Le boycott d’honneur et l’illusion des accords d’Abraham

L’image de ces 77 délégations désertant la salle lors de la prise de parole de Benjamin Netanyahu restera comme un verdict cinglant de la conscience universelle. Face à un pouvoir engagé dans des crimes de masse et un génocide avéré à Gaza, la quasi-totalité du monde arabe et un bloc massif de nations ont opposé la seule réponse digne : le refus de l’écoute.

Mais cette désertion salubre a rendu plus flagrante encore l’immobilité de trois capitales. Les Émirats arabes unis et Bahreïn, deux États ayant normalisé leurs relations avec Israël dans le cadre des accords d’Abraham, figuraient parmi les délégations restées dans la salle. Le Maroc, autre État arabe ayant normalisé ses relations avec Israël en 2020, n’a pas non plus participé au départ collectif.

Par peur, par soumission ou par calcul sordide, ces régimes ont préféré offrir une audience polie à des mains tachées de sang, signant une complicité explicite dans la tragédie en cours et la déchéance de leur propre diplomatie.

Ces régimes prétendent agir au nom de la Realpolitik, ce réalisme froid qui ferait primer les intérêts sécuritaires sur les principes éthiques. Mais l’épreuve des faits a fini par démasquer la naïveté de ce calcul. La montée des tensions régionales avec l’Iran a apporté la preuve éclatante que l’alignement sur Washington et Tel-Aviv n’offre aucune garantie de protection, ignorant le double avertissement d’Henry Kissinger : «L’Amérique n’a pas d’amis ni d’ennemis permanents, elle n’a que des intérêts», et «Être l’ennemi de l’Amérique peut être dangereux, mais être son ami est fatal.»

Lorsque les territoires du Golfe se sont trouvés exposés aux ripostes directes, les États-Unis n’ont pas agi en bouclier protecteur : ils ont utilisé leurs bases militaires installées dans la région pour mener leurs propres frappes, transformant ces pays en cibles stratégiques et en dommages collatéraux. Payer la normalisation avec Israël au prix d’une abdication morale sur la Palestine n’a donc prémuni ces États contre aucun danger. Loin d’être une maîtrise diplomatique, leur présence dans cette salle de l’Onu relève d’une soumission à perte : un marché de dupes où la souveraineté et l’honneur ont été sacrifiés en échange d’une protection illusoire.

La fiction des deux États à l’épreuve du réel colonial

Depuis plus de trois décennies, les chancelleries internationales répètent le même mantra diplomatique : la «solution à deux États». De tribune en tribune, de l’Assemblée générale des Nations Unies aux communiqués rituels des ministères, cette affirmation est martelée comme un dogme intangible. Pourtant, le décalage entre la rhétorique feutrée des palais diplomatiques et la réalité brutale du terrain n’a jamais été aussi criant. S’accrocher en 2026 à cette formule relève soit d’une paresse intellectuelle coupable, soit d’une lâcheté politique calculée pour éviter d’affronter le vide.

Sur le plan du droit, le consensus international demeure pourtant sans ambiguïté. L’article 49 de la IVᵉ Convention de Genève interdit de manière absolue à une puissance occupante de transférer sa propre population civile dans un territoire occupé. Ce principe fondamental a été réaffirmé par la résolution 2334 du Conseil de sécurité de l’Onu, puis scellé par l’avis consultatif de la Cour internationale de Justice (CIJ) de juillet 2024, qualifiant l’occupation et la colonisation israéliennes d’illégales et exigeant leur cessation immédiate.

Mais sur le terrain, ce mépris du droit s’est traduit par une ingénierie territoriale dévastatrice. Par le maillage resserré des colonies, des voies de contournement réservées et des avant-postes isolés, la Cisjordanie s’est transformée en un archipel de bantoustans disjoints, enserrant les agglomérations palestiniennes et isolant Jérusalem-Est de son arrière-pays. À cet étouffement géographique s’ajoute l’anéantissement de Gaza, qui a fini de détruire les fondations économiques et sociales indispensables à la viabilité d’un État souverain.

Face à cet engrenage, l’obstination des puissances occidentales à invoquer les «deux États» sans jamais imposer de sanctions contraignantes ne relève plus de la diplomatie : c’est une esquive hypocrite. En laissant s’installer un État unique de fait, fondé sur une inégalité institutionnalisée et l’impunité, la communauté internationale s’achète une bonne conscience à bon compte. Il est temps d’en faire le deuil : on ne bâtira pas la paix sur une fiction territoriale que le béton, les bombes et le mépris du droit ont définitivement effacée.

Refuser l’accoutumance pour empêcher l’effacement

Le danger le plus redoutable qui menace la conscience humaine n’est plus seulement la violence des armes, mais l’accoutumance : l’habitude des images de décombres, l’habitude des déracinements de populations, l’habitude des morts comptabilisés à la hâte, des résolutions sans suite et des communiqués rituels. Lorsqu’une tragédie d’une telle ampleur devient familière, elle court le risque mortel d’être réduite à une simple ligne dans la presse, puis à une statistique froide dans un dossier diplomatique.

Faut-il pour autant accepter le deuil de la cause palestinienne ? Non. Ce serait confondre la défaillance d’un système diplomatique hypocrite avec l’existence même d’une nation. La Palestine n’est pas un communiqué de l’Onu ni un concept abstrait : elle est une histoire, une mémoire, une identité vivante, un peuple courageux et une exigence irréductible de justice.

Le discours d’Emmanuel Macron à l’Onu aura été le chant du cygne d’une diplomatie de la parole incapable de se traduire en actes. Mais la rhétorique ne suffit plus pour préserver un peuple de l’anéantissement.

La question fondamentale qui se pose aujourd’hui à la communauté internationale n’est plus de répéter des formules creuses, mais de savoir si nous aurons la lucidité d’arrêter cette Realpolitik sauvage avant que la planète entière ne se transforme en une immense jungle où les plus faibles sont condamnés à disparaître dans le silence complice des puissants.

* Médecin algérien, Canada.

L’article Un western à l’Onu | Le bluffeur, l’hypocrite et le génocidaire est apparu en premier sur Kapitalis.

  •  

Colonies israéliennes : l’ONU recense 61 entreprises de plus

Dans une nouvelle mise à jour de sa base de données recensant les entreprises dont les activités sont liées aux colonies israéliennes dans le territoire palestinien occupé, l’ONU a ajouté 61 entreprises.   En bref L’ONU a ajouté 61 entreprises…

L’article Colonies israéliennes : l’ONU recense 61 entreprises de plus est apparu en premier sur lecourrierdelatlas.

  •  

La fabrique d’un «héros» israélien

Dans le contexte du génocide à Gaza, la grâce présidentielle accordée par le président israélien au soldat Elor Azaria, qui avait exécuté sommairement par une balle dans la tête un résistant palestinienne blessé et gisant inconscient, peut sonner comme un blanc-seing à de futures exactions, au moment où les colons israéliens continuent d’arracher les terres des Palestiniens par la terreur des armes en Cisjordanie.

Mohamed Larbi Bouguerra *

 Abdel Fattah al-Sharif est un jeune résistant palestinien de 21 ans, originaire de Hébron, en Cisjordanie occupée. Il a poignardé grièvement un soldat israélien le 24 mars 2016 avant d’être blessé par les six balles des tirs des autres militaires du check point de Tel Rumeida, près de Hébron.

Gisant à terre et perdant beaucoup de sang, Abdel Fattah a reçu une balle à bout portant à la tête qui l’a achevé, tirée par le secouriste, Elor Azaria, sergent dans l’armée d’occupation disant à haute voix : «Terroriste, tu dois mourir.» Azaria est un soldat franco-israélien (d’origine marocaine) arrivé sur les lieux six minutes après les tirs. Cet exécution barbare – alors que le jeune résistant ne présentait plus le moindre danger – fera d’Azaria un «héros» national au pays des sionistes et des messianiques.

Dans cette équipée audacieuse, Abdelfatah était accompagné par un autre jeune résistant palestinien, Ramzi Aziz Qasrawi, qui a été immédiatement assassiné par les Israéliens.

Une vidéo d’Azaria tirant sur Chérif a été publiée par B’Tselem – l’ONG israélienne des droits de l’homme dans les territoires occupés – et est devenue virale sur les réseaux sociaux israéliens, suscitant des controverses enflammées.

Sans cette vidéo capitale, l’armée n’aurait probablement pas pris ses distances de son sergent d’origine marocaine et nul n’aurait entendu parler de cette inhumaine mise à mort infligée à un Palestinien ni des turpitudes de l’armée d’occupation.

L’autopsie pratiquée conjointement par un médecin israélien et un pathologiste palestinien prouvera que les blessures d’Abdel Fattah n’étaient pas mortelles et que la balle en pleine tête d’Azaria, elle, l’a tué.

Comment expliquer cette exécution insupportable puisque la victime était inconsciente ?

Une explication possible : Azaria est un mizrahi, juif oriental occupant un poste très subalterne dans l’armée israélienne où les juifs ashkénazes occupent les plus hautes positions tout en déléguant aux Orientaux les prisons, le maintien de l’ordre, les intrusions de nuit, les check points…

Azaria par ce crime voulait peut-être «paraître plus royaliste que le roi», pour monter en grade et se rapprocher des maîtres et du commandement car c’est ainsi que fonctionne l’armée sioniste voire toute la société israélienne.

Une ville où se pavanent les colons

Al-Khalil, Hébron en hébreu, cette ville historique où vivent 240 000 Palestiniens dont la vie a été complètement bouleversée et le tissu social déchiré par l’arrivée de 6000 colons israéliens violents. Les Palestiniens ont dû quitter le centre-ville si typique avec ses cafés, ses pâtisseries et ses restaurants traditionnels réputés, fermer leurs commerces, subir les check-points et les blindés de l’armée d’occupation. La cité abrite la fameuse mosquée Ibrahimi (où se trouve le Caveau des Patriarches). Ce caveau a été le théâtre d’un affreux massacre perpétré au petit matin du 25 février 1994 par l’Israélo-américain Baruch Goldstein, du parti extrémiste, anti- arabe Kach dont le fondateur, le rabbin Meir Kahane, a été assassiné à New York et son parti interdit en Israel. Le Dr Goldstein a abattu 29 Palestiniens et blessé 125 autres fidèles en prière du Sobh, avant d’être maîtrisé et tué à coups d’extincteurs.

L’actuel ministre de la Sûreté, Itamar Ben Gvir, est un fervent adepte tant de Kahane que de Goldstein dont il commémore régulièrement l’anniversaire du décès. Le parti de Kahane avait pourtant été interdit en Israël en 1994.

C’est dans cette atmosphère d’injustice, de domination et d’apartheid qu’a vécu Abdel Fattah al-Sharif. Ce jeune n’en pouvait plus et a décidé de passer à l’acte en compagnie d’un autre adolescent palestinien. Armé d’un simple couteau, ils se sont attaqués à l’escouade israélienne d’un check point de Tel Rumeida.

L’armée d’occupation, ignorant la douleur de la famille, retiendra deux mois la dépouille du martyr Abdel Fatah dont l’enterrement n’aura lieu que le 28 mai 2016 à Hébron, à côté de son compagnon Ramzi.

Le tueur élevé au rang de héros

L’époque vivait une période d’intenses échauffourées entre l’armée d’occupation et la population palestinienne résistant à l’occupation et chauffée à blanc par les assassinats ciblés, le Mur de séparation, l’emprisonnement et les contraintes paralysant les déplacements.

Et c’est ainsi qu’Elor Azaria a gagné la sympathie populaire en Israël – notamment à la droite de l’échiquier politique – où l’on apprend dès le jardin d’enfants que le Palestinien est l’ennemi à exterminer : la femme de l’actuel ministre des Finances et de l’Administration de la Cisjordanie, le messianique extrémiste Bezalel Smotrich, n’a-t-elle pas refusé de partager sa chambre à la maternité avec une parturiente palestinienne car «son bébé tuera mon fils à l’âge adulte ?»

Cette popularité atteignit la stratosphère quand l’armée décida de traduire Azaria devant le tribunal militaire pour homicide. En 2017, le Premier ministre Netanyahou commença par condamner le tueur suite au rejet par la Cour d’appel de sa condamnation ; puis, se ravisant, demanda qu’on lui pardonne suivant finalement les moutons de Panurge.

Si le procureur militaire requit 3 à 5 ans de prison pour homicide contre Azaria, son avocat plaida que le tir de son client visait à neutraliser une bombe qu’aurait portée Abdel Fatah – bombe qui n’existe que dans la tête du défenseur et que nul n’a vue. Le défenseur se garda cependant d’évoquer le couteau de la victime.

Azaria avait menti en déclarant que le jeune Palestinien à terre avait tenté de s’en saisir. La vidéo prouve le mensonge des dires du secouriste : le couteau n’était pas à la portée de la victime.

En tout cas, la sentence du tribunal fut particulièrement douce et injurieuse pour les Palestiniens : 18 mois de prison dont Azaria accomplit seulement neuf mois bénéficiant d’une libération conditionnelle. Ce qui indigna les Palestiniens qui remarquèrent que, pour des crimes bien moins graves, les sentences étaient bien plus lourdes. Il n’en demeure pas moins vrai que «cette condamnation constituait un cas rare où un tribunal militaire avait statué contre un soldat pour un acte meurtrier commis sur le terrain.» (L’Humanité, 19 septembre 2026).

Quoiqu’il en soit, Azaria mit à profit cette popularité tombée du ciel de nombreuses façons. C’est ainsi qu’il publia un livre «révélant tout» dont on se gaussa dans les milieux littéraires. Azaria fit une collecte de fonds de cet ouvrage. On paie si on veut un livre dédicacé, on paie plus pour faire figurer son nom dans le livre imprimé, on a un gros discount si on achète dix ou quinze exemplaires, etc… Le clou de la campagne étant un tour du lieu de l’assassinat sous la conduite du père d’Azaria, Charlie, un ancien enquêteur de police, pour la somme de 800 Shekels soit 232 euros quand même. (Lire Alon Idan, Haaretz, 5 avril 2019)

Un pardon présidentiel très politique

Elor Azaria n’a pas arrêté de s’agiter pour occuper le terrain et effacer la condamnation qui grève son casier judiciaire depuis dix ans.

Le président Reuven Rivlin, considéré de gauche (dans le sens israélien du terme), lui a refusé la grâce.

Par contre, Isaac Herzog, l’actuel président de l’Etat sioniste, a décidé, arguant de la proximité du Nouvel An juif, de lui accorder la grâce le 19 septembre alors que même le chef d’état-major de l’armée, le général Eyal Zamir, s’était opposé à cet effacement du casier judiciaire d’Azaria.

«La décision de gracier M. Azaria a été prise au milieu d’un tollé international croissant contre l’occupation israélienne de la Cisjordanie. Le gouvernement de M. Netanyahu a renforcé son emprise sur le territoire, en étendant les colonies israéliennes et en resserrant les restrictions militaires israéliennes sur les Palestiniens. La grâce a également alimenté les spéculations quant à savoir si M. Herzog — qui s’est récemment exprimé contre la ‘‘brutalisation’’ qui s’infiltre dans la société israélienne — pourrait envisager la grâce encore plus contestée politiquement de M. Netanyahou sur les accusations de corruption auxquelles il fait face.» (Lire Alain Yuhas et Aaron Boxerman, The New York Ttimes, 19 septembre 2026)

Dans le contexte du génocide à Gaza, cette grâce peut sonner comme un blanc-seing à de futures exactions. Surtout avec la peine de mort par pendaison pour les seuls Palestiniens, instituée par la loi votée en juillet dernier par la Knesset à l’initiative de Ben Gvir qui a sablé le champagne à cette occasion !

Face à ce pardon, comment oublier que les Palestiniens sont des «animaux humains» pour l’ancien ministre de la Défense Yoav Gallant, condamné avec Netanyahou, par la CPI ?

Que fera Azaria de ce pardon ?

Rejoindre probablement l’armée et monnayer encore son crime pour se rapprocher des puissants, lui, le petit juif d’origine marocaine dont les parents ont été arrosés de DDT à leur arrivée en Terre Promise comme tous les juifs arrivant du monde arabe, apprend Sophie Bessis.

En fin de compte, Elor Azaria n’est qu’un abominable tueur. Et sûrement pas un «héros».

«Quand un peuple a besoin de héros, cela signifie pour lui qu’il est dans la violence de la conquête, de la guerre et des révolutions… Malheureux le peuple qui a besoin de héros !», écrit Bertold Brecht et Jean Giono d’ajouter : «Après des siècles d’héroïsme, nous attendons toujours la splendeur de la paix.»

La paix ? Israël ne connaît pas. A Gaza, il a assassiné 73 000 Palestiniens dont au moins 21 000 enfants et fait plus de 183 000 blessés depuis le 7 octobre 2023.

Ce qui n’a guère gêné Netanyahou – en disciple de Goebbels – de déclarer du haut de la tribune des Nations Unies jeudi 24 septembre qu’Israël a empêché un «génocide», lui, le condamné précisément pour ce crime par la Cour pénale internationale.

* Professeur honoraire à la Faculté des sciences de Tunis et ancien directeur associé de recherche au CNRS, France.

L’article La fabrique d’un «héros» israélien est apparu en premier sur Kapitalis.

  •  
❌