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TAA: lancement d’un outil pour aider les PME tunisiennes à mesurer leur maturité ESG et renforcer leur compétitivité

Mesurer la performance ESG est une chose. Savoir où agir ensuite en est une autre. C’est tout l’enjeu de l’Automotive Maturity Assessment, un dispositif en ligne lancé par la Tunisian Automotive Association (TAA) pour évaluer la maturité environnementale, sociale et de gouvernance des entreprises.

Le dispositif a été conçu initialement dans le cadre d’un grand programme d’appui aux PME financé par la GIZ dans le secteur de la mobilité (automobile, aéronautique, électronique et maritime). La TAA ambitionne d’étendre son périmètre à l’ensemble du secteur de la mobilité (aéronautique…) et plus largement à l’industrie.

 Son intérêt tient aussi à sa méthode. Les entreprises doivent appuyer leurs réponses par des pièces justificatives, avant de recevoir un diagnostic et une feuille de route d’action. L’Automotive Maturity Assessment ne demande donc pas seulement aux entreprises de faire le point sur leurs pratiques. Le questionnaire les invite aussi à documenter leurs réponses. Une certification environnementale, par exemple, doit être accompagnée du document officiel correspondant. C’est ce que vient expliquer Rahma HIZEM, consultante en management et stratégie des organisations et experte RSE/ ESG. Et de continuer: “Une fois le questionnaire validé, l’entreprise reçoit un rapport portant sur les trois dimensions de l’ESG. Celui-ci fait ressortir ses points forts et les domaines où des progrès restent nécessaires”. Et puis? Les données sont ensuite analysées par la TAA afin d’établir une feuille de route adaptée à la situation de chaque entreprise.

Dans une interview accordée à Managers, elle précise que la maturité ESG correspond au degré de conformité d’une entreprise aux exigences normatives et sectorielles. Elle dépend surtout de la manière dont les critères ESG sont intégrés dans le fonctionnement de l’entreprise et de sa capacité à produire un reporting ESG. Elle ne se mesure donc pas à la taille du capital de l’entreprise.

En fait, les premiers résultats présentés lors du lancement donnent une image contrastée des pratiques observées dans le secteur automobile. Sur le plan environnemental, plusieurs entreprises étaient déjà engagées dans la préparation de leur bilan carbone lors de la phase pilote. Trois d’entre elles avaient finalisé cet exercice après avoir répondu au questionnaire. Leur progression n’apparaît donc pas entièrement dans les résultats du test. D’autres sujets restent en retrait. La biodiversité en fait partie. “Elle ne figure pas encore parmi les priorités de nombreuses entreprises”, précise-t-elle. Et de poursuivre: “La pression des donneurs d’ordre sur cette question reste également limitée, même si le sujet commence à prendre davantage de place dans les critères ESG”. En outre, sur le plan social, la situation apparaît plus favorable sur certains critères. La santé et la sécurité au travail ainsi que la formation des employés affichent une conformité jugée satisfaisante. La consultante l’explique notamment par l’existence de dispositifs publics de soutien à la formation et par les exigences réglementaires et sectorielles en matière de santé et de sécurité. La diversité et l’inclusion constituent, en revanche, un point de vigilance. L’item affiche un niveau de conformité de 42,7 %. La question rejoint celle de la féminisation des directions, qui reste elle aussi un chantier à poursuivre, souligne l’intervenante. La gouvernance fait ressortir une autre limite. Le tissu automobile étant largement composé de PME, les critères ont été adaptés à leur réalité. Le questionnaire parle ainsi de comité de direction plutôt que de conseil d’administration lorsque la structure de l’entreprise ne correspond pas à celle d’une société anonyme. Mais au-delà de la forme juridique, c’est surtout le pilotage de la démarche RSE qui fait défaut. Les entreprises suivent certains sujets, comme leur consommation d’énergie ou leurs indicateurs sociaux, sans disposer pour autant d’un tableau de bord global. “On ne dispose pas d’un tableau de bord global”, explique Rahma Hizem, qui relève également l’absence fréquente d’une vision RSE structurée, écrite et validée.

La chaîne de valeur comme prochain chantier

Cette difficulté de structuration se retrouve aussi dans la lutte contre la corruption. Les entreprises disposent de chartes et de dispositifs internes, mais la démarche dépasse encore rarement leurs propres murs. La due diligence des tiers et des fournisseurs reste notamment peu développée. Rahma Hizem souligne à ce propos qu’une politique anticorruption ne peut pas se limiter à faire signer une charte éthique aux fournisseurs. La responsabilité de l’entreprise doit aussi s’étendre à ses partenaires et aux autres parties prenantes de sa chaîne de valeur. Elle estime que cette faiblesse pose à la fois une question de gouvernance et de gestion des risques. Le constat vaut également pour la comparaison entre fournisseurs de premier et de second rang. Les écarts de performance ESG ne semblent pas principalement liés au rang occupé dans la chaîne automobile. Selon l’analyse présentée, ils tiennent davantage à la structure et à la taille des entreprises, avec des différences plus marquées sur le volet environnemental. À mesure que les exigences de durabilité s’étendent à l’ensemble de la chaîne de valeur, les entreprises de tous les rangs seront ainsi davantage concernées. Pour elle, l’enjeu est donc aussi de sortir d’une approche limitée au périmètre interne. Cette évolution suppose toutefois des moyens. Dans les PME, la responsabilité ESG est souvent répartie entre plusieurs fonctions. Les ressources humaines prennent en charge les sujets sociaux, les équipes QHSE interviennent sur l’environnement et la sécurité, tandis que la direction générale porte les questions de gouvernance. L’absence d’une fonction ou de compétences dédiées peut ainsi rendre la démarche plus difficile à structurer. À cela s’ajoute la question du financement. Certaines actions, notamment en matière d’efficacité énergétique ou de recrutement de compétences spécialisées, nécessitent des investissements. Le troisième obstacle est culturel. “L’ESG ne doit pas rester l’affaire d’un seul service. Les managers doivent eux aussi être sensibilisés et formés à ces enjeux”, dit-elle. Et d’ajouter que c’est à ce stade que le diagnostic rejoint l’accompagnement proposé par la TAA. À partir de la feuille de route, l’entreprise peut bénéficier, selon ses besoins, de formations, de sensibilisation, de coaching, de mise en place d’outils ou encore d’un appui dans la préparation de démarches de certification. De surcroît, la TAA peut faciliter les mises en relation avec des organismes spécialisés, des structures de formation ou des institutions bancaires afin de favoriser l’accès aux financements et aux lignes de crédit verts. A dire vrai, l’accès à la plateforme, la mesure de maturité et la délivrance du rapport ESG sont gratuits jusqu’à fin 2026. À partir de 2027, l’accès deviendra payant.  

 

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Easy Export Days pour impulser les exportations tunisiennes

Le programme Easy Export vise à simplifier l’exportation de colis via le réseau postal et à permettre aux artisans, aux petites et moyennes entreprises (PME), aux startups et aux entrepreneurs d’accéder aux marchés extérieurs dans le cadre d’un parcours export simplifié et plus lisible.

Une série de rencontres régionales dédiées à la présentation de ce programme seront organisées, a indiqué le ministre du Commerce et du Développement des exportations, Samir Abid, en soulignant que l’élargissement de la base des exportateurs constitue l’un des leviers essentiels pour renforcer la compétitivité de l’économie nationale.

Le ministre a aussi relevé que le programme Easy Export représente une opportunité concrète pour les PME, les artisans et les porteurs de projets disposant de produits à potentiel commercial sur les marchés extérieurs, en leur permettant d’engager une démarche d’exportation.

Dans ce contexte, le défi ne se limite plus à produire des biens compétitifs, mais consiste également à mettre en place les parcours, les services et les outils permettant aux producteurs d’accéder aux marchés extérieurs.

Le programme permet ainsi de mettre à disposition un mécanisme simplifié pour l’exportation de colis via le réseau postal, le but étant de contribuer à rapprocher le service d’exportation des entreprises et permettre à celles-ci d’entamer une activité export avec des volumes adaptés à la nature de leur activité et à leurs capacités.

Les mécanismes d’appui disponibles dans le cadre du Fonds de promotion des exportations (Fodex), notamment la prise en charge d’une partie des coûts de transport des colis destinés à l’exportation, contribuent par ailleurs à alléger une partie des charges liées au transport et à renforcer la pertinence de ce dispositif pour les petites et moyennes entreprises.

Par ailleurs, M. Abid a précisé que le programme Easy Export s’inscrit dans une démarche plus large engagée par la Tunisie pour moderniser son système de commerce extérieur, à travers la simplification et la digitalisation des procédures ainsi que l’amélioration des services destinés aux opérateurs économiques.

La dimension régionale du programme revêt également une importance particulière. Les rencontres organisées dans ce cadre permettront de présenter les différentes étapes et procédures du programme, d’apporter des éclaircissements pratiques aux entreprises et aux artisans, et de recueillir leurs préoccupations ainsi que les difficultés auxquelles ils sont confrontés. Elles permettront également d’identifier, dans chaque région, les produits et activités disposant d’un potentiel à l’export.

Dans ce cadre, le ministre du Commerce et du Développement des exportations a souligné que le développement des exportations nationales passe également par la valorisation des atouts économiques et compétitifs propres à chaque région et par la mise à disposition des entreprises et des artisans des outils nécessaires pour transformer leur potentiel de production en opportunités sur les marchés extérieurs.

M. Abid a également indiqué que le ministère poursuivra ses efforts pour développer les mécanismes de soutien à l’exportation et élargir la base des entreprises exportatrices, et ce, dans le but de renforcer la compétitivité des produits tunisiens, de diversifier les marchés et les produits exportés et d’accroître la capacité des entreprises tunisiennes à tirer parti des opportunités offertes par le commerce électronique et les marchés internationaux.

Il convient de rappeler que l’organisation de ces rencontres autour du programme  Easy Export s’inscrit dans le cadre du projet «Commerce électronique et commerce numérique dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord», financé par l’Union européenne et le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ), et mis en œuvre par la Coopération allemande au développement (GIZ) et le Centre du commerce international (ITC).

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Export depuis la Tunisie: qui peut bénéficier de l’abattement de 50%?

La salle était comble ce mardi 29 septembre à Tunis pour le lancement des “Easy Export Days – Export & Grow”. Organisée sous l’égide du ministère du Commerce et du Développement des exportations, en partenariat avec la GIZ, cette rencontre ouvre une série de journées d’information consacrées au programme Easy Export.

Après Tunis, la tournée se poursuivra à Sousse le 30 septembre, à Sfax le 1er octobre, à Gabès le 2 octobre et au Kef le 14 octobre. Ces rencontres réunissent notamment le ministère du Commerce et du Développement des exportations, la GIZ, La Poste tunisienne, le Cepex, l’Office national de l’artisanat et la douane tunisienne.

Destiné notamment aux PME, aux artisans et aux startups, Easy Export vise les structures qui souhaitent expédier leurs produits vers les marchés étrangers en s’appuyant sur le réseau postal. Le dispositif concerne notamment l’artisanat, les produits agricoles et alimentaires ainsi que les startups, avec des envois pouvant atteindre 30 kilogrammes.

Plus simple 

L’un des principaux avantages du programme réside dans la prise en charge de 50% des frais de transport des colis éligibles, selon les conditions du Foprodex. Une enveloppe de 5 millions de dinars avait été mobilisée en 2025 pour soutenir les exportations réalisées à travers le réseau postal.

Easy Export prévoit également des guichets uniques au sein du réseau postal, qui permettent aux entreprises d’être orientées dans leurs démarches, notamment pour le contrôle technique à l’export, la domiciliation de la facture commerciale et le dédouanement des expéditions. Un portail dédié, www.easyexport.com.tn, rassemble également les informations relatives au dispositif.

Depuis son lancement en octobre 2025, environ 65 entreprises ont adhéré au programme, selon les données communiquées lors de la rencontre de Tunis. Avec les “Easy Export Days”, les partenaires du dispositif cherchent désormais à élargir sa portée dans les régions et à faire connaître ses modalités directement auprès des entreprises concernées.

À travers cette démarche, l’enjeu est de permettre aux petites structures de réaliser leurs premières opérations internationales dans un cadre adapté aux expéditions de faible volume, tout en disposant d’un accompagnement pour les principales formalités liées à l’export.

 




 

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Nouveau programme: les PME auront un diagnostic pour savoir par où commencer

Une entreprise peut vouloir automatiser sa production, intégrer des équipements connectés ou utiliser l’intelligence artificielle. Encore faut-il savoir par où commencer. En Tunisie, un nouvel outil doit justement permettre aux industriels de mesurer leur niveau de préparation au numérique et d’identifier les technologies dont ils ont réellement besoin.

Le ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie et l’Agence de promotion de l’industrie et de l’innovation (APII), avec l’Union européenne et la GIZ Tunisie, lancent le Label I4.0 et TIMA, pour Tunisian Intelligent Manufacturing Assessment. Le lancement est prévu le 30 septembre à Tunis.

TIMA doit servir de point de départ. L’outil permet d’évaluer la maturité numérique d’une entreprise, d’identifier ses besoins et de mieux définir les prochaines étapes. Il sera disponible dans cinq Centres de compétences à Sousse, Sfax, Bizerte, Sidi Thabet et Monastir.

L’accompagnement ne s’arrête toutefois pas au diagnostic. À travers le HUB Industrie 4.0, les entreprises peuvent ensuite identifier les pistes d’amélioration et tester des solutions sur des projets pilotes, avant de viser le Label I4.0. L’idée est de permettre aux industriels d’avancer étape par étape plutôt que de multiplier les investissements technologiques sans feuille de route claire.

Pour les entrepreneurs et les entreprises technologiques, cette évolution crée aussi de nouveaux besoins à adresser. Automatisation, équipements connectés et intelligence artificielle figurent parmi les domaines déjà concernés par les initiatives développées depuis 2018 avec l’appui de l’Allemagne et de l’Union européenne.

Le sujet dépasse donc la seule digitalisation des usines. À mesure que les industriels cherchent à moderniser leurs activités, les entreprises capables de proposer des solutions adaptées peuvent trouver de nouveaux débouchés. Le diagnostic devient alors un premier lien entre un besoin industriel et une solution technologique.

 

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