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Export depuis la Tunisie: qui peut bénéficier de l’abattement de 50%?

La salle était comble ce mardi 29 septembre à Tunis pour le lancement des “Easy Export Days – Export & Grow”. Organisée sous l’égide du ministère du Commerce et du Développement des exportations, en partenariat avec la GIZ, cette rencontre ouvre une série de journées d’information consacrées au programme Easy Export.

Après Tunis, la tournée se poursuivra à Sousse le 30 septembre, à Sfax le 1er octobre, à Gabès le 2 octobre et au Kef le 14 octobre. Ces rencontres réunissent notamment le ministère du Commerce et du Développement des exportations, la GIZ, La Poste tunisienne, le Cepex, l’Office national de l’artisanat et la douane tunisienne.

Destiné notamment aux PME, aux artisans et aux startups, Easy Export vise les structures qui souhaitent expédier leurs produits vers les marchés étrangers en s’appuyant sur le réseau postal. Le dispositif concerne notamment l’artisanat, les produits agricoles et alimentaires ainsi que les startups, avec des envois pouvant atteindre 30 kilogrammes.

Plus simple 

L’un des principaux avantages du programme réside dans la prise en charge de 50% des frais de transport des colis éligibles, selon les conditions du Foprodex. Une enveloppe de 5 millions de dinars avait été mobilisée en 2025 pour soutenir les exportations réalisées à travers le réseau postal.

Easy Export prévoit également des guichets uniques au sein du réseau postal, qui permettent aux entreprises d’être orientées dans leurs démarches, notamment pour le contrôle technique à l’export, la domiciliation de la facture commerciale et le dédouanement des expéditions. Un portail dédié, www.easyexport.com.tn, rassemble également les informations relatives au dispositif.

Depuis son lancement en octobre 2025, environ 65 entreprises ont adhéré au programme, selon les données communiquées lors de la rencontre de Tunis. Avec les “Easy Export Days”, les partenaires du dispositif cherchent désormais à élargir sa portée dans les régions et à faire connaître ses modalités directement auprès des entreprises concernées.

À travers cette démarche, l’enjeu est de permettre aux petites structures de réaliser leurs premières opérations internationales dans un cadre adapté aux expéditions de faible volume, tout en disposant d’un accompagnement pour les principales formalités liées à l’export.

 




 

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Port d’Enfidha: le compte à rebours est lancé, les travaux annoncés pour début 2028

Trente-huit ans après les premières annonces, dix-huit ans après le lancement des études, le projet de port en eau profonde d’Enfidha vient de franchir une étape que les acteurs économiques attendaient depuis longtemps: une date. Lors de la conférence «Seaports Days», qui s’est tenue le mardi 22 septembre à Tunis, le ministre des Transports, Rachid Amri, a annoncé que les travaux débuteraient au début de l’année 2028, soit dans un peu moins d’un an et demi.

Concrètement, cela signifie une révision des données techniques, économiques et environnementales à l’aune des standards de 2026: coûts de construction, exigences réglementaires, technologies portuaires et, surtout, le montant global du projet, évalué dans les années 2020 autour de 5 milliards de dinars, un chiffre qui devra être revu à la hausse compte tenu de l’inflation cumulée depuis lors.

Le nerf de la guerre: un financement encore ouvert

Sur la question du financement, celui qui, historiquement, a le plus souvent enterré ce type de projet en Tunisie, Rachid Amri est resté volontairement large. Il a indiqué que toutes les pistes sont à l’étude, qu’il s’agisse de prêts souverains ou institutionnels, ou de partenariats avec des opérateurs privés. Aucune option n’a été exclue, mais aucune n’a non plus été formellement retenue.

Pour les managers et décideurs économiques, ce flou reste le point à surveiller de près. La présence, lors de cette même conférence, de représentants de la DFC (U.S. International Development Finance Corporation) et d’acteurs privés américains intéressés par les ports en eau profonde laisse penser qu’un schéma de partenariat public-privé (PPP), voire un montage de financement de projet (“project finance”) associant garanties et lignes de crédit est sérieusement à l’étude, sans qu’aucune confirmation officielle n’ait été apportée sur la structure retenue. De son côté, l’ambassadeur des États-Unis en Tunisie, Bill Bazzi, a souligné que la Tunisie dispose d’une vision claire pour le développement et la modernisation de son secteur maritime, mais qu’elle a besoin de partenaires capables de l’accompagner dans la concrétisation de cette ambition. Interrogé sur la contribution potentielle des institutions et des experts américains, il a indiqué que les entreprises américaines bénéficient d’une expérience importante dans la réalisation de grands projets d’infrastructure, aussi bien aux États-Unis qu’à l’international. Selon lui, leur expertise couvre notamment la construction et la modernisation des ports ainsi que la construction navale, tout en intégrant le respect des normes internationales de qualité et de sécurité, de même que la souveraineté nationale des pays partenaires. L’ambassadeur a également mis en avant leur capacité à proposer des solutions de financement et à soutenir la mise en œuvre de projets structurants.

Dans ce cadre, il a relevé la participation de la U.S. International Development Finance Corporation (DFC) à l’atelier consacré au développement du secteur portuaire tunisien. Cette rencontre a permis de réunir des entreprises américaines intéressées par les infrastructures portuaires, notamment les ports en eau profonde, ainsi que des institutions financières disposées à accompagner ce type de projets. Ces acteurs, a-t-il précisé, disposent d’une longue expérience et sont prêts à la partager avec leurs partenaires tunisiens.

Concernant le projet du port en eau profonde d’Enfidha, Bill Bazzi a confirmé l’intérêt d’entreprises américaines susceptibles d’y participer. Il a estimé que les entreprises et institutions américaines peuvent offrir à la Tunisie une offre intégrée combinant ingénierie de pointe, expertise technique, respect des standards internationaux et mécanismes de financement adaptés.

Cette approche pourrait également concerner la modernisation des ports de Radès, Bizerte, Zarzis et Gabès, qui constituent des infrastructures essentielles pour renforcer la compétitivité logistique de la Tunisie, soutenir les échanges commerciaux et améliorer son intégration dans les chaînes de valeur régionales et internationales.

Reste que l’histoire du projet d’Enfidha est jalonnée de dates annoncées puis reportées. L’annonce d’un démarrage «début 2028» constitue donc moins une certitude qu’un engagement politique à tenir.

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Un opérateur panafricain attire jusqu’à 155 millions de dollars pour accélérer son expansion

La U.S. International Development Finance Corporation (DFC) prévoit d’investir jusqu’à 155 millions de dollars dans WIOCC Group, opérateur panafricain d’infrastructures numériques. L’investissement, annoncé le 16 septembre, doit accompagner l’expansion des réseaux de fibre, des câbles sous-marins et des data centers de WIOCC sur le continent. 

Présent dans 30 pays africains, WIOCC dispose notamment de plus de 40 data centers centraux et edge et d’un réseau de fibre terrestre et sous-marin. 

L’investissement doit renforcer les infrastructures numériques de WIOCC sur le continent, notamment ses capacités de connectivité et de data centers.

Pour les entreprises qui développent des activités numériques, l’enjeu se situe notamment au niveau de l’accès aux capacités de stockage et de traitement des données. Le développement des data centers peut accompagner les besoins des fintechs, des opérateurs télécoms, des plateformes de commerce en ligne et, plus largement, des entreprises qui déplacent leurs activités vers le cloud ou développent des applications reposant sur l’intelligence artificielle.

L’investissement américain intervient alors que WIOCC vient déjà de sécuriser 300 millions de dollars auprès de l’Africa Finance Corporation et de Vision Invest. Cette enveloppe doit financer l’expansion de ses infrastructures de fibre et de data centers ainsi que le renforcement de ses capacités sous-marines. 

La DFC cible également le financement du commerce. Elle a approuvé une contre-garantie de 500 millions de dollars au profit du Global Trade Finance Program de l’IFC. Le mécanisme doit permettre aux banques des marchés émergents de financer davantage d’opérations commerciales impliquant des produits américains. L’Afrique figure parmi les marchés visés.

Pour une entreprise africaine, le dispositif concerne donc principalement les opérations d’importation auprès de fournisseurs américains. Les secteurs cités par la DFC couvrent notamment les équipements électriques, les machines industrielles, les ordinateurs, les véhicules et les produits agricoles. Selon la DFC, cette garantie pourrait contribuer à soutenir jusqu’à 20 milliards de dollars d’exportations américaines vers de nouveaux marchés.

Washington s’intéresse également aux ressources stratégiques du continent. La DFC indique soutenir un projet de minerais critiques en Afrique de l’Ouest, sans préciser à ce stade le pays concerné ni le montant de son engagement. Certaines autres transactions annoncées dans le même programme restent également confidentielles. Ces opérations figurent parmi les nouveaux engagements annoncés par la DFC, qui prévoit plus de 8 milliards de dollars d’investissements à l’échelle mondiale. Pour l’Afrique, les projets rendus publics portent ainsi à la fois sur les infrastructures numériques, le financement du commerce et les minerais critiques.

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