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Washington et Pékin réduisent les droits de douane sur 60 milliards de dollars

Washington et Pékin ont annoncé, lundi 28 septembre, des listes réciproques de produits. ils représentent environ 30 milliards de dollars d’échanges de chaque côté, susceptibles de bénéficier d’un traitement tarifaire plus favorable. L’accord sino-américain sur des droits de douane plus favorables intervient après le sommet entre Donald Trump et Xi Jinping. Il s’accompagne d’une prolongation de deux mois de la trêve commerciale.

Les États-Unis et la Chine poursuivent leur désescalade commerciale. Les deux puissances ont recommandé une réduction des droits de douane portant chacune sur environ 30 milliards de dollars de produits non sensibles. Soit 60 milliards de dollars au total. Les listes ont été établies dans le cadre du nouveau Conseil commercial États-Unis/Chine, créé pour gérer les échanges de produits non sensibles entre les deux premières économies mondiales. Le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, a indiqué que le dispositif pourrait améliorer l’accès au marché chinois pour des produits représentant environ 30 % des exportations américaines vers la Chine.

Les deux pays n’ont toutefois pas encore précisé l’ampleur exacte de chaque réduction tarifaire, ni le calendrier de leur mise en œuvre. La valorisation de 30 milliards de dollars pour chacune des listes repose sur les données commerciales de 2024.

La Chine prévoit de réduire ses droits de douane sur plusieurs catégories de produits agricoles américains, notamment le maïs, le blé, le sorgho, la viande, les produits laitiers ainsi que les huiles et farines végétales. La liste chinoise comprend également les produits de la mer, le bois et les produits dérivés du bois, les cosmétiques et certains dispositifs médicaux. En revanche, le soja américain, pourtant l’un des principaux produits agricoles exportés vers la Chine, ne figure pas dans cette liste. Les exportations américaines de soja vers la Chine avaient représenté 16,2 milliards de dollars en 2025.

L’absence du soja a suscité la déception des organisations américaines du secteur, qui estiment que le maintien des droits chinois limite encore l’accès de leurs producteurs au marché chinois.

De son côté, Washington prévoit un traitement tarifaire plus favorable pour plusieurs catégories de produits chinois destinés au marché américain. La liste comprend notamment les petits appareils électroménagers, comme les cafetières et les grille-pain, ainsi que la vaisselle, les couvertures et le linge de maison. Les jouets, les feux d’artifice, les fleurs artificielles, les décorations de Noël et les sièges automobiles pour enfants figurent également parmi les produits concernés.

Selon les informations publiées par les deux parties, la plupart des produits concernés sont considérés comme non sensibles. Ce qui permet de poursuivre les échanges tout en maintenant les restrictions portant sur des secteurs jugés stratégiques.

La trêve commerciale prolongée jusqu’au 10 janvier

La Chine a parallèlement annoncé la prolongation de deux mois de la trêve commerciale, désormais prévue jusqu’au 10 janvier 2027. Selon le ministère chinois du Commerce, cette prolongation doit donner aux deux parties le temps d’évaluer les arrangements existants et de poursuivre les discussions sur les différends économiques et commerciaux. Pékin estime que cette période doit également offrir aux entreprises un environnement commercial plus stable et prévisible.

Les États-Unis et la Chine doivent par ailleurs poursuivre leurs consultations sur les investissements, les obstacles à l’accès aux marchés, la transparence réglementaire et les préoccupations exprimées par les entreprises.

Le sommet entre Donald Trump et Xi Jinping a également débouché sur un accord concernant les approvisionnements énergétiques. La Chine doit importer 10 millions de tonnes de charbon américain par an en 2027 et 2028, soit environ 2 % de ses importations annuelles de charbon. En revanche, le pétrole et le gaz naturel liquéfié ne figurent pas dans cet engagement.

Un groupe de travail consacré à l’agriculture doit également être mis en place avant la fin de l’année afin de discuter de l’accès aux marchés et des questions réglementaires.

L’intelligence artificielle et les services financiers

La nouvelle phase de dialogue ne se limite pas aux marchandises. Washington et Pékin ont convenu de créer un canal de communication consacré aux incidents liés à l’intelligence artificielle, avec une nouvelle session de discussions prévue avant la fin novembre. La Chine s’est également engagée à examiner les demandes d’institutions financières étrangères, notamment celles bénéficiant de capitaux américains, souhaitant développer leurs activités et ouvrir des succursales sur son marché. Les deux gouvernements poursuivront enfin leurs discussions sur l’augmentation des liaisons aériennes directes entre les deux pays.

Malgré cette nouvelle séquence de détente commerciale, les marchés chinois ont accueilli les annonces avec prudence. Les investisseurs restent attentifs au contenu concret des mesures tarifaires et à leur calendrier d’application. Alors que les tensions persistent dans plusieurs secteurs stratégiques, notamment les technologies et les composants destinés aux centres de données.

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Export depuis la Tunisie: qui peut bénéficier de l’abattement de 50%?

La salle était comble ce mardi 29 septembre à Tunis pour le lancement des “Easy Export Days – Export & Grow”. Organisée sous l’égide du ministère du Commerce et du Développement des exportations, en partenariat avec la GIZ, cette rencontre ouvre une série de journées d’information consacrées au programme Easy Export.

Après Tunis, la tournée se poursuivra à Sousse le 30 septembre, à Sfax le 1er octobre, à Gabès le 2 octobre et au Kef le 14 octobre. Ces rencontres réunissent notamment le ministère du Commerce et du Développement des exportations, la GIZ, La Poste tunisienne, le Cepex, l’Office national de l’artisanat et la douane tunisienne.

Destiné notamment aux PME, aux artisans et aux startups, Easy Export vise les structures qui souhaitent expédier leurs produits vers les marchés étrangers en s’appuyant sur le réseau postal. Le dispositif concerne notamment l’artisanat, les produits agricoles et alimentaires ainsi que les startups, avec des envois pouvant atteindre 30 kilogrammes.

Plus simple 

L’un des principaux avantages du programme réside dans la prise en charge de 50% des frais de transport des colis éligibles, selon les conditions du Foprodex. Une enveloppe de 5 millions de dinars avait été mobilisée en 2025 pour soutenir les exportations réalisées à travers le réseau postal.

Easy Export prévoit également des guichets uniques au sein du réseau postal, qui permettent aux entreprises d’être orientées dans leurs démarches, notamment pour le contrôle technique à l’export, la domiciliation de la facture commerciale et le dédouanement des expéditions. Un portail dédié, www.easyexport.com.tn, rassemble également les informations relatives au dispositif.

Depuis son lancement en octobre 2025, environ 65 entreprises ont adhéré au programme, selon les données communiquées lors de la rencontre de Tunis. Avec les “Easy Export Days”, les partenaires du dispositif cherchent désormais à élargir sa portée dans les régions et à faire connaître ses modalités directement auprès des entreprises concernées.

À travers cette démarche, l’enjeu est de permettre aux petites structures de réaliser leurs premières opérations internationales dans un cadre adapté aux expéditions de faible volume, tout en disposant d’un accompagnement pour les principales formalités liées à l’export.

 




 

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Huile d’olive tunisienne : La pression monte en Espagne pour limiter le perfectionnement actif

La hausse des importations d’huile d’olive tunisienne sous le régime du perfectionnement actif suscite une nouvelle contestation en Espagne. Des responsables politiques et des organisations agricoles espagnoles demandent à Madrid d’intervenir à Bruxelles pour limiter, voire suspendre, ce mécanisme douanier, qu’ils accusent de peser sur le marché local.

Un régime douanier au cœur de la polémique

Le débat ne porte pas sur une interdiction générale de l’huile d’olive tunisienne en Espagne, mais sur l’utilisation croissante du perfectionnement actif. Ce régime permet à une entreprise européenne d’importer certaines marchandises, notamment de l’huile d’olive destinée à être transformée, sans acquitter immédiatement les droits de douane, à condition que les produits obtenus soient ensuite réexportés hors de l’Union européenne.

Selon les données citées par la presse espagnole, 76,3% de l’huile d’olive tunisienne importée en Espagne entre janvier et avril 2026 l’ont été sous ce régime, contre 61,6% sur l’ensemble de l’année 2025.

Cette progression inquiète notamment le secteur oléicole andalou. Des organisations agricoles et des responsables régionaux estiment que l’augmentation des volumes entrant dans ce circuit contribue à accroître l’offre disponible et exerce une pression sur les prix payés aux producteurs espagnols.

Madrid relativise l’impact tunisien

Le gouvernement espagnol ne partage toutefois pas directement cette lecture. Le ministre de l’Agriculture, Luis Planas, a appelé à la « tranquillité » le 14 septembre, estimant que les importations tunisiennes ne déterminent pas directement les prix pratiqués sur le marché espagnol.

Les chiffres avancés par son ministère permettent de mesurer les volumes concernés. Depuis le début de la campagne oléicole jusqu’en juin, 83.187 tonnes d’huile d’olive tunisienne auraient été importées en Espagne. Ce volume représente 5,2% des quelque 1,6 million de tonnes correspondant aux ressources disponibles sur le marché espagnol.

Ces données ne permettent donc pas, à elles seules, d’établir un lien direct entre les importations tunisiennes et l’évolution des prix. C’est précisément sur cette relation de cause à effet que les positions espagnoles divergent.

Une demande désormais portée à Bruxelles

La contestation ne faiblit pas pour autant. Le 20 septembre, Toni Valero, coordinateur d’Izquierda Unida en Andalousie, a demandé au gouvernement espagnol de défendre auprès de Bruxelles une suspension totale ou partielle du perfectionnement actif lorsqu’il estime que son utilisation provoque une « distorsion du marché ».

La demande vise ainsi moins l’huile tunisienne en tant que telle que le cadre douanier permettant son entrée dans l’Union européenne pour transformation et réexportation.

Toute éventuelle modification ou suspension de ce régime relèverait toutefois du niveau européen. À ce stade, il s’agit donc d’une pression politique et agricole espagnole, et non d’une décision européenne visant les importations tunisiennes.

Pour la Tunisie, l’enjeu est significatif : l’Espagne constitue l’un des principaux marchés européens pour son huile d’olive, tandis que le perfectionnement actif permet aux opérateurs européens d’intégrer cette matière première dans des chaînes de transformation destinées notamment à l’exportation.

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