La Tunisie entend renforcer sa coopération avec l’organisme américain Development Finance Corporation (DFC), notamment en ce qui concerne les investissements dans les secteurs stratégiques de l’énergie, des hydrocarbures, des énergies renouvelables et des activités minières.
C’est ce qui est ressorti de la rencontre entre le secrétaire d’État à la Transition énergétique, Wael Chouchane, et une délégation de la Development Finance Corporation (DFC), composée de la directrice des projets de développement, Susan Waage, et de l’adjointe au conseiller juridique général, Kate Lahnstein.
La DFC est l’institution financière de développement et le bras d’investissement international du gouvernement des États-Unis. Son rôle principal est de mobiliser des capitaux privés pour financer des projets dans les pays en développement et les économies émergentes, tout en soutenant les priorités de la politique étrangère et de la sécurité nationale américaine.
Selon un communiqué du ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, les entretiens ont porté sur les moyens de renforcer le partenariat économique avec l’organisme américain ainsi que sur les opportunités d’investissement dans les secteurs jugés stratégiques.
Les parties ont souligné l’importance des partenariats internationaux et sont convenues de poursuivre les consultations et la coordination afin de favoriser la réalisation de nouveaux projets et de créer des conditions propices au développement de la coopération économique et des investissements.
Ont également pris part à la réunion le président-directeur général de la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG) et du Groupe chimique tunisien (GCT), Omar Bouzouada, le directeur général de l’Office des mines, Mohamed Ben Salem, ainsi que des représentants de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (Steg).
Pour renforcer la sécurité énergétique en Tunisie et mettre fin aux problèmes survenus durant l’été 2026, avec les coupures intempestives d’électricité, l’Ordre des ingénieurs tunisiens a élaboré une «feuille de route énergétique», a indiqué le doyen des ingénieurs, Mohsen Gharsi, dans une publication sur le réseaux sociaux.
Dans ladite feuille de route, l’Ordre des ingénieurs ne s’est pas limité à un simple diagnostic de la situation ou à des considérations générales sur le secteur, mais a mobilisé des compétences en ingénierie et des expertises pointues pour présenter des propositions pratiques dans le domaine de l’énergie.
La problématique ne réside pas uniquement à augmenter la capacité électrique installée, mais dans la capacité réelle du système à répondre à la demande lors des pics de consommation, notamment en période de fortes chaleurs, a souligné Gharsi, en rappelant la nécessité d’une approche intégrée, englobant l’approvisionnement en gaz, la production électrique, la maintenance des réseaux, le développement des énergies renouvelables, le stockage de l’électricité, ainsi que la maîtrise de la demande, le financement des nouveaux projets et la gouvernance du système.
La feuille de route propose plusieurs pistes opérationnelles, telles que le rétablissement de la capacité disponible grâce à des opérations de maintenance, la sécurisation de l’approvisionnement lors des pics de demande, le développement de l’autoproduction d’électricité à partir de l’énergie solaire, la protection des infrastructures critiques ainsi que le développement des systèmes de stockage.
Le doyen des ingénieurs a également insisté sur la nécessité d’entamer dès maintenant les préparatifs pour l’été 2027, compte tenu du temps limité dont on dispose pour prendre des décisions et mener à bien les opérations de maintenance, la mobilisation des investissements et la mise en route des solutions envisagées. Il faut absolument éviter que ne se reproduisent, l’été prochain, les difficultés rencontrées par le pays durant l’été 2026, a-t-il insisté
M. Gharsi a précisé que l’Ordre des ingénieurs ne cherche pas à se substituer à l’État, au gouvernement ou à la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (Steg), mais qu’il met son expertise et ses compétences en ingénierie à la disposition de l’État afin de l’aider à relever les défis auxquels est confronté le secteur de l’énergie.
L’objectif maintenant est de passer de la phase d’étude et de recherche des solutions à celle de la mise en œuvre des propositions et de la concrétisation des décisions, programmes et projets.
Par ailleurs, M. Gharsi a salué les efforts des ingénieurs et experts ayant contribué à l’élaboration de cette feuille de route, affirmant que le rôle de l’ingénieur ne se limite pas au diagnostic des problèmes, mais englobe également la proposition de solutions et la participation à leur mise en œuvre.
Il a conclu en affirmant la disposition de l’Ordre des ingénieurs à poursuivre le débat sur la feuille de route, à en enrichir les propositions et à contribuer à leur mise en œuvre, considérant que la sécurité énergétique ne relève plus de la seule dimension technique, mais qu’elle est également liée à la souveraineté économique, à la stabilité sociale et aux droits des générations futures.
Dans une nouvelle mise à jour de sa base de données recensant les entreprises dont les activités sont liées aux colonies israéliennes dans le territoire palestinien occupé, l’ONU a ajouté 61 entreprises.
En bref
L’ONU a ajouté 61 entreprises…
Le chiffre est désormais suffisamment lourd pour ne plus pouvoir être traité comme une simple donnée comptable : le déficit cumulé des trois principaux régimes de sécurité sociale approche les 7 milliards de dinars. Derrière ce montant se dessine une question beaucoup plus profonde : la Tunisie peut-elle continuer à financer et à administrer son modèle social avec les mêmes mécanismes alors que la démographie, le marché du travail et la structure de l’économie ont profondément changé ?
Abdelwaheb Ben Moussa *
Le problème n’est donc plus seulement celui du financement des caisses. Il touche à l’architecture même du système.
Pendant longtemps, les réponses ont consisté à rechercher des ajustements successifs : nouvelles ressources, transferts budgétaires, mesures paramétriques, rééchelonnements ou dispositifs temporaires.
Ces leviers peuvent répondre à une urgence. Ils ne suffisent plus à traiter des carences structurelles.
Lorsque le rapport entre actifs et retraités se dégrade durablement, lorsque les carrières deviennent plus fragmentées et lorsque la part de l’activité échappant aux circuits formels reste importante, l’équilibre financier ne peut plus être recherché uniquement à l’intérieur des caisses.
La question devient celle de la soutenabilité globale du modèle social.
De la réforme des caisses à la refondation du système
Refonder ne signifie pas démanteler. Cela signifie repenser les mécanismes de financement, de couverture, de solidarité et de pilotage à partir des réalités économiques et démographiques actuelles.
La sécurité sociale doit pouvoir accompagner des trajectoires professionnelles plus diversifiées, intégrer progressivement de nouvelles catégories de travailleurs et mieux articuler protection sociale, emploi, fiscalité et financement.
Cette approche suppose également de disposer d’une vision consolidée des droits sociaux et des engagements futurs. La gouvernance ne peut plus reposer uniquement sur des données fragmentées entre plusieurs institutions. Il faut passer d’une logique de gestion séparée à une logique de système.
L’économie informelle est généralement abordée sous l’angle de la perte de recettes fiscales et sociales. Cette lecture est légitime, mais incomplète. Derrière l’informel se trouvent aussi des travailleurs, des activités et des revenus qui pourraient progressivement rejoindre les mécanismes de protection sociale.
L’enjeu est donc de construire des parcours d’intégration réalistes : simplification des démarches, contribution adaptée, droits sociaux clairement identifiés et dispositifs suffisamment attractifs pour favoriser l’adhésion.
L’objectif ne devrait pas être de transformer immédiatement l’informel en formel par la contrainte, mais de créer les conditions économiques, administratives et numériques d’une transition progressive.
Chaque nouvel affilié ne représente pas seulement une recette supplémentaire. Il constitue aussi un futur bénéficiaire de droits et un élément d’un système social plus large et plus soutenable.
Numériser n’est pas réformer
La transformation numérique peut devenir l’une des infrastructures essentielles de cette refondation. Mais elle ne doit pas être confondue avec la réforme elle-même.
Un identifiant social unique, un compte social permettant de consolider les droits, l’interopérabilité entre les organismes, la digitalisation du recouvrement ou encore l’exploitation de données actuarielles fiables peuvent considérablement améliorer le pilotage. Mais la technologie ne corrigera pas, à elle seule, un modèle économique déséquilibré.
Le véritable enjeu est de construire une architecture numérique au service d’une architecture sociale cohérente, avec des règles de gouvernance, de sécurité, de protection des données et de responsabilité clairement établies.
Autrement dit : il ne suffit pas de numériser l’existant. Il faut concevoir le système qui permettra de piloter le futur.
Le Plan 2026-2030 donne à cette réforme un horizon stratégique. Mais une stratégie ne produit d’effets que lorsqu’elle se transforme en décisions, en projets, en financements et en résultats mesurables.
C’est précisément pourquoi 2027 peut constituer un premier test d’exécution. La prochaine loi de finances devra permettre de mesurer la capacité à passer des diagnostics accumulés aux mécanismes opérationnels : trajectoire financière, élargissement de l’assiette, intégration progressive de nouvelles populations, modernisation du recouvrement, gouvernance des données et évaluation régulière des engagements.
Le véritable indicateur ne sera donc pas seulement le montant consacré à la protection sociale. Il sera la capacité à produire un système plus lisible, plus prévisible et financièrement soutenable.
Une réforme de cette ampleur ne peut être conduite sans instruments de pilotage. Il devient nécessaire de disposer de projections démographiques et actuarielles régulièrement actualisées, de scénarios permettant de mesurer l’impact des différentes options et d’indicateurs publics permettant de suivre l’évolution du système.
La question fondamentale est simple : que se passera-t-il si les tendances actuelles se poursuivent ?
Répondre à cette question avant que les contraintes financières ne deviennent irréversibles permet de transformer une crise annoncée en réforme maîtrisée.
À l’inverse, attendre que les déficits imposent eux-mêmes les décisions reviendrait à subir la réforme plutôt qu’à la piloter.
La démographie devient une question économique
Le vieillissement de la population n’est plus une variable secondaire de la politique sociale. Il devient une donnée centrale de la politique économique. Moins d’actifs pour davantage de retraités signifie mécaniquement une pression croissante sur les mécanismes de solidarité intergénérationnelle. Mais cette évolution peut aussi être abordée sous l’angle de l’anticipation : emploi des seniors, amélioration de la productivité, formalisation progressive de l’activité, participation accrue des femmes au marché du travail, évolution des parcours professionnels et développement de nouvelles formes d’activité.
La réponse au défi démographique ne peut donc pas être uniquement sociale. Elle doit également être économique, productive, fiscale et numérique.
Les 7 milliards de dinars constituent un signal financier majeur. Mais derrière cette dette visible existe une autre dette, moins comptable : une dette d’exécution.
La Tunisie dispose depuis plusieurs années de diagnostics, d’études, de propositions et de stratégies. Le défi consiste désormais à transformer cette connaissance accumulée en systèmes opérationnels.
Pour la protection sociale, cela signifie passer d’une logique de réaction à une logique d’anticipation, d’une gestion fragmentée à un pilotage intégré et d’une succession de mesures ponctuelles à une architecture durable.
Les 7 milliards de dinars ne doivent donc pas être considérés uniquement comme le coût du passé. Ils doivent servir de signal pour préparer le modèle social des prochaines décennies.
La question posée à la Tunisie n’est plus seulement de savoir comment financer le déficit actuel. Elle est de savoir quel système social elle veut pouvoir financer demain, avec quelle population active, quelles ressources, quelles données et quelle capacité d’exécution.
La réforme n’est plus une option à annoncer. Elle devient une capacité à construire.
* Ingénieur informatique, cadre de banque publique.
La pénurie d’eau risque de devenir l’un des principaux freins structurels à la croissance tunisienne et, en l’absence de mesures adéquates, pourrait réduire le PIB du pays de 6,4 % d’ici 2050. C’est l’alerte lancée par la Banque mondiale (BM) dans son dernier rapport Tunisia Economic Monitor intitulé «Tunisia’s Water Challenge: From Scarcity to Resilience» (Le défi de l’eau en Tunisie : de la pénurie à la résilience).
Ce rapport identifie la sécurité hydrique comme un facteur de plus en plus déterminant pour la croissance, l’emploi et la compétitivité.
Selon l’institution de Washington, la Tunisie ne dispose aujourd’hui que de 380 mètres cubes d’eau douce renouvelable par habitant et par an, un niveau nettement inférieur au seuil international de pénurie d’eau absolue, qui est de 500 mètres cubes.
Le secteur agricole est particulièrement exposé ; il emploie environ 14 % de la population active nationale et jusqu’à la moitié des travailleurs dans les zones rurales. Sans mesures correctives, le stress climatique et le manque d’eau pourraient entraîner la perte d’au moins 30 % des emplois agricoles d’ici le milieu du siècle, avec des répercussions également sur l’agro-industrie, le tourisme et l’industrie.
Le rapport s’inscrit dans un contexte économique toujours marqué par une croissance modérée. Après une hausse de 2,7 % en 2025 et de 2,4 % en rythme annuel au premier semestre de cette année, la BM prévoit une progression du PIB de 2,3 % en 2026 et une croissance moyenne de 2,1 % sur la période 2027-2028. Le taux de chômage a reculé à 14,9 % au deuxième trimestre, mais demeure à 21,6 % chez les femmes.
Pour transformer le «Plan Eau 2050» tunisien en une réponse structurelle, la BM préconise des investissements de l’ordre de 900 millions de dollars par an jusqu’au milieu du siècle, assortis d’une réforme de la gouvernance du secteur, d’une réduction des pertes sur les réseaux, de la réutilisation des eaux usées traitées, de la numérisation et d’une meilleure gestion de l’irrigation.
Le programme RESEau, soutenu par la BM elle-même, devrait générer, lors de sa première phase, environ 4 000 emplois permanents et 13 400 emplois temporaires.
Les États-Unis ont attribué à la société turque Biltek Uluslararasi Insaat Limited Sirketi un contrat de 998 000 dollars pour la troisième phase du Maritime Center of Excellence (MCOE), actuellement en construction sur la base navale tunisienne de Bizerte.
Selon l’agence Ansa, l’attribution du marché a été publiée le 22 septembre sur SAM.gov par le Department of the Navy, par l’intermédiaire du Naval Facilities Engineering Systems Command Europe Africa Central (Navfac Euracent).
L’Award Notice ou avis d’attribution, relatif au contrat N33191-26-C-0010, précise que Biltek a remporté le marché à l’issue d’une procédure concurrentielle à prix fixe.
La phase III prévoit une tour d’entraînement à la descente en rappel et aux opérations en hauteur, ainsi qu’une zone d’atterrissage pour hélicoptères. L’appel d’offres inclut également, en option, une installation pour véhicules et embarcations ainsi qu’une rampe de mise à l’eau avec ponton. Ce centre est destiné à l’entraînement des commandos et des forces spéciales navales tunisiennes et s’inscrit dans le cadre des programmes américains de renforcement des capacités des partenaires (Building Partner Capacity).
Washington et Tunis visent également à en faire un pôle régional pour des activités et des exercices multinationaux.
Biltek avait déjà été chargée, en 2024, de réaliser une première tranche du complexe, comprenant une zone d’entraînement au combat rapproché, des champs de tir, un parcours d’obstacles et des installations pour embarcations.
En juin, le ministre de la Défense, Khaled Sehili, avait présenté ce projet comme l’un des moyens de renforcer la capacité opérationnelle des forces navales d’élite ainsi que le rôle de la Tunisie en tant que centre régional de formation militaire.
Ce même mois, le commandant des forces navales américaines en Europe et en Afrique, l’amiral George Wikoff, avait visité le centre en construction à Bizerte.
C’est dans le cadre feutré de l’hôtel Kasbah de Kairouan que le Conseil d’administration (CA) de la Confédération des entreprises citoyennes de Tunisie (Conect) s’est rassemblé, le samedi 26 septembre 2026, sous la conduite de son dynamique président, Aslan Berjeb. Autour de la table, les figures clés du réseau étaient au rendez-vous : les membres du Bureau exécutif national, le président de la Conect Internationale, le Comité des sages, ainsi que l’ensemble des présidents et délégués des bureaux régionaux et des groupements professionnels de l’organisation patronale.
Lotfi Sahli
Les échanges se sont ouverts sur un exposé consacré à la Plate-forme nationale de l’investisseur, présenté par Atef Belkadhi Jamoussi, au nom de l’Agence tunisienne de l’investissement (TIA). Saisissant toute l’importance de ce levier, le CA a appuyé chaque mesure propre à alléger le parcours des investisseurs et à accélérer les calendriers.
Dans ce droit fil, il a vivement invité les équipes régionales et sectorielles de la Conect à se faire le relais actif de cet outil auprès du tissu d’entreprises adhérentes.
Par la suite, les membres ont découvert avec attention la feuille de route de la Cité médicale des Aghlabides à Kairouan, dévoilée par Ridha Hentati, président-directeur général du projet. Une initiative chaleureusement saluée par la Conect, qui y voit l’illustration éclatante de l’attractivité de la région et du rôle moteur de l’initiative privée pour façonner des projets structurants au cœur des territoires. Il reste cependant à lever les obstacles, à trouver les financements et à accélérer la réalisation du projet pour qu’il ne reste pas éternellement à l’état de projet.
Sur le plan institutionnel, le CA a donné son aval au rapport financier et aux états financiers de la Conect pour l’exercice 2025, appuyés par le rapport du commissaire aux comptes. L’assistance s’est aussi penchée sur le bilan d’étape du deuxième trimestre 2026, analysant la feuille de route menée par la Conect centrale, ses maillages régionaux, ses métiers et la Conect Internationale. Cette tribune a permis de tracer les grandes lignes des rendez-vous clés inscrits au calendrier de la fin d’année.
Le référentiel et la gouvernance de la RSE
S’exprimant sur les enjeux d’avenir, Hosn El Woujoud Ben Mustapha a rappelé combien la responsabilité sociétale des entreprises (RSE) s’impose désormais comme un pilier stratégique pour marier performance globale, pérennité et ancrage territorial. Un cadre qui repose sur 3 dimensions fondamentales : la démarche recherche un équilibre harmonieux entre volet social (santé, égalité, compétences), la transition environnementale (décarbonation, efficacité énergétique, préservation des ressources) et l’impératif économique associé à la gouvernance (éthique, viabilité, transparence).
Le déploiement opérationnel se concentre sur 4 chapitres d’action : les ressources humaines, l’empreinte environnementale, la loyauté commerciale et l »implication dans la vie locale.
La réussite repose sur l’impulsion d’un Comité de pilotage (Copil) dédié, qui dresse l’état des lieux initial, hiérarchise les urgences, fixe le cap et pilote avec rigueur l’évolution des indicateurs.
Autre sujet brûlant au menu des discussions : l’avenir des bureaux de contrôle technique. Le CA a passé en revue les actions menées par le groupement sectoriel à l’approche de la date couperet du 16 octobre 2026, marquant le risque d’un arrêt total des activités selon le cahier des charges de la profession. Face à ce défi, la Conect a réitéré sa détermination à poursuivre le dialogue pour débloquer la situation et déboucher sur des réponses adaptées aux contraintes du secteur.
Un partenariat économique renforcé avec l’Algérie.
Tourné vers le large, le CA s’est félicité des démarches entreprises par la Conect pour tisser des liens forts à l’international et booster le commerce transfrontalier, tout particulièrement avec les pays voisins. Une dynamique illustrée par la mission économique menée en Algérie par la Conect Internationale du 22 au 24 septembre 2026. Ce déplacement a posé des jalons précieux vers la concrétisation d’un partenariat stratégique ambitieux entre la Tunisie et l’Algérie. L’ambition affichée est claire : transformer les zones frontalières en véritables viviers de création de richesse, en développant des corridors économiques et des projets conjoints et en stimulant l’innovation au service de l’intégration régionale.
L’élaboration du projet de loi de finances pour 2027 s’est imposée au cœur des arbitrages. Les participants ont écouté l’analyse éclairée de Soltane Jebniani, membre du bureau exécutif national, qui a esquissé les pistes de propositions de la Conect à destination des parlementaires, fruit d’une concertation menée sur le terrain avec les structures régionales et sectorielles. À cette occasion, la Conct s’est dite pleinement mobilisée pour nourrir le débat budgétaire 2027, guidée par la volonté de concevoir des réponses équilibrées capable d’allier rigueur des finances publiques et soutien indispensable au financement de l’appareil productif.
Bureaux régionaux et groupements professionnels.
Un panorama complet des activités régionales et des groupements professionnels nationaux a été dressé par leurs présidents respectifs. À cette occasion, un débat sans concession a permis de cibler les freins du secteur et de définir ensemble des solutions concrètes pour surmonter ces obstacles. Dans ce même esprit, les interventions ont exploré les leviers essentiels pour permettre aux entreprises tunisiennes de produire, d’investir sereinement et de soutenir l’emploi.
Au terme d’échanges d’une grande richesse, le CA a réaffirmé l’ambition de la Conect de demeurer cette force de proposition indépendante, lucide et constructive, résolument engagée au service du tissu économique et de la nation.
Un séminaire consacré au lancement du «Programme d’accompagnement des entreprises industrielles dans leur transition numérique vers l’industrie 4.0» se tiendra le 30 septembre 2026 à l’Hôtel Royal Asbu, à Tunis.
Cette rencontre, organisée par le Hub Industrie 4.0 de l’Agence de promotion de l’industrie et de l’innovation (Apii), en partenariat avec le ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie et la Giz, l’agence de coopération pour le développement allemande, dans le cadre de l’initiative nationale «Vers une Industrie 4.0 en Tunisie», s’inscrit dans la dynamique nationale visant à accompagner les entreprises industrielles tunisiennes dans l’adoption des technologies numériques, l’amélioration de leur compétitivité et l’accélération de leur transformation vers des modèles de production plus intelligents et performants.
Au programme, la présentation des services et dispositifs d’accompagnement proposés par le Hub Industrie 4.0, ainsi que du dispositif d’accompagnement à la transformation numérique des entreprises industrielles et de l’outil Tunisian Intelligent Manufacturing Assessment (Tima), destiné à évaluer le niveau de maturité Industrie 4.0 des entreprises et à identifier leurs axes prioritaires de transformation.
Ce séminaire, qui réunira des représentants des institutions publiques, des partenaires de la coopération, des experts ainsi que des entreprises industrielles tunisiennes, constituera une occasion de présenter les mécanismes mis à leur disposition pour les accompagner concrètement dans leur parcours de transformation numérique.
Ce sera aussi l’occasion pour des échanges autour des enjeux et des opportunités liés à la transition numérique de l’industrie tunisienne.
La production de la grenade en Tunisie a connu une croissance globale remarquable entre 2010 et 2026, hissant le pays parmi les 10 premiers producteurs mondiaux. Cette filière est passée d’un statut de culture traditionnelle à celui de secteur agro-industriel hautement stratégique. La production est passée de70 000 tonnes en 2016à106 000 tonnes en 2021avec l’entrée en production des jeunes vergers.Pourcettesaison 2026, les estimations affichent un net redressement de 8 % avec 98 000 tonnes attendues.
La saison d’exportation des grenades tunisiennes débutera le 29 septembre courant pour les variétés locales, avec l’adoption d’un prix de référence évolutif, actualisé au fil de la saison en fonction des conditions du marché ainsi que de l’offre et de la demande.
Tarek Tira, sous-directeur du développement des exportations au Groupement interprofessionnel des fruits (Gifruits), a déclaré à l’agence Tap que la fixation de cette date faisait suite à une réunion de travail tenue avant-hier, jeudi, au siège du groupement.
Cette réunion a rassemblé la Direction générale de la production agricole, des représentants des Commissariats régionaux au développement agricole (CRDA) des principales zones de production, ainsi que des représentants de la profession.
La détermination de la date de commercialisation à l’exportation de ce fruit a été décidée après le suivi des indicateurs de maturité et de coloration des grenades, et en coordination avec les différentes parties prenantes.
Concernant la nouvelle récolte de grenades, le responsable a indiqué que la production nationale a atteint 98 000 tonnes, contre 91 000 tonnes l’année précédente, soit une hausse de 8 %, et ce, malgré une réduction de 15 % des superficies cultivées — une baisse principalement attribuée aux facteurs climatiques ayant affecté le secteur.
M. Tira a précisé que les exportations de grenades ont atteint, au 31 décembre 2025, un volume de 9 791 tonnes pour une valeur avoisinant les 34,3 millions de dinars, contre 11 459 tonnes exportées à la même date en 2024 pour une valeur de 29,7 millions de dinars ; cela représente un recul de 15 % en termes de volume, mais une augmentation de 16 % en termes de valeur.
Le porte-parole a indiqué qu’il a été convenu, lors de la réunion susmentionnée, d’élaborer un programme de promotion de la grenade sur le marché intérieur. Ce programme prévoit la création de supports publicitaires et d’un spot promotionnel pour la grenade tunisienne en arabe et en français, accompagnés de sous-titres en anglais.
Par ailleurs, le groupement participera au Salon international de l’investissement agricole et de la technologie (Siat), prévu du 28 au 31 octobre 2026, ainsi qu’à diverses manifestations régionales et locales liées à la filière de la grenade, notamment le Festival de la grenade de Testour, le Festival de la grenade de Kettana et le Salon international des développements agricoles et hydrauliques de Gabès.
Il a également été convenu d’organiser des activités de promotion de la grenade tunisienne et de ses dérivés en marge de la journée de présentation du salon MacFrut, prévue pour le 20 octobre 2026, au Rimini Expo Centre, en Italie, ainsi que de lancer une campagne d’affichage pour faire connaître la grenade tunisienne et ses atouts.
Concernant le programme de promotion internationale de la grenade tunisienne, M. Tira a indiqué qu’une participation au salon Sial à Paris est prévue du 17 au 21 octobre 2026, l’objectif étant de renforcer la présence de la grenade tunisienne et de ses produits sur les marchés internationaux et d’établir des relations avec des opérateurs économiques et des importateurs.
Un accord a été conclu avec les différentes parties prenantes pour participer au salon international Fruit Attraction à Madrid (Espagne), du 6 au 8 octobre 2026, afin de faire connaître et de promouvoir la grenade tunisienne, ainsi que d’explorer de nouvelles opportunités commerciales. Par ailleurs, des activités d’animation et de promotion seront organisées sur le marché italien — notamment aux marchés de gros de Rome et de Milan — pour stimuler la demande et faire découvrir aux professionnels et aux acheteurs les caractéristiques et la qualité du produit tunisien.
Une campagne d’affichage sera également déployée au point de passage de Ras Jedir (sud-est) à la frontière avec la Libye pour promouvoir la grenade tunisienne et renforcer sa visibilité auprès des consommateurs et des opérateurs économiques, en particulier durant le pic de la saison.
Il convient de noter qu’en 2025, la Tunisie a exporté des grenades vers une dizaine de pays à travers le monde.
Les ressources halieutiques de la Tunisie sont en baisse constante, et ce pour trois raisons principales, résumée par Salah Charfeddine, président de l’Union régionale de l’agriculture et de la pêche à Mahdia, lors de son intervention ce samedi 26 septembre 2026, sur Diwan FM.
La première raison réside dans la prolifération de la pêche au chalut (technique de pêche qui consiste à tracter un grand filet en forme de cône à l’aide d’un ou plusieurs navires ), une pratique qui, selon lui, n’a pas été combattue par les autorités compétentes, a expliqué Charfeddine.
La deuxième raison tient aux mauvaises conditions météorologiques et aux coupures d’électricité, facteurs ayant entraîné une réduction du nombre de jours de travail, sachant qu’auparavant, la durée d’activité atteignait 180 jours, alors qu’elle ne dépasse pas actuellement les 100 jours.
La troisième raison est la hausse des prix du carburant ainsi que l’augmentation de 100 % du coût du matériel de pêche.
Ces facteurs, conjugués à l’absence de soutien, ont pesé sur l’activité des marins-pêcheurs.
Rappelons que la production du secteur de la pêche en Tunisie tourne autour de 150 000 tonnes par an, pour une valeur globale dépassant les 1,5 milliard de dinars.
Cependant, la production de la pêche et de l’aquaculture a connu une évolution contrastée entre 2010 et 2026, marquée par la stagnation de la pêche traditionnelle en mer et la forte progression de l’aquaculture.
Pour compenser la baisse potentielle des ressources sauvages, l’aquaculture s’impose comme le nouveau moteur du secteur. La production aquacole est passée d’environ 11 700 tonnes au milieu des années 2010 à plus de 23 000 tonnes en 2024, avec un objectif étatique fixé à 35 000 tonnes d’ici 2030.
Elle représente aujourd’hui 17% de la production totale.
À l’heure où le monde se prépare à la révolution technologique qui vient, la véritable question en Tunisie n’est peut-être pas seulement de savoir combien nous pouvons investir, mais aussi combien de talents nous risquons de perdre si nous continuons à leur fermer les portes de l’innovation.(Image d’illustration réalisée par IA.)
Lassaad Bouazzi *
Suivre les débats des candidats français à l’élection présidentielle sur des sujets ô combien techniques, mais aussi porteurs d’avenir, me donne parfois beaucoup à réfléchir. Comparer ces débats à ceux organisés par notre télévision nationale lors de l’élection présidentielle de 2019 relève presque de l’impossible, tant la différence de niveau est importante, aussi bien entre les candidats français et les nôtres qu’entre les journalistes qui ont animé ces débats.
Hier, j’ai pu suivre un débat consacré à l’intelligence artificielle et je me suis régalé : ses avantages, ses inconvénients, les risques que pourrait engendrer le mariage entre l’IA et la robotique, ainsi que la nécessité d’une régulation, ont été abordés en détail et d’une manière pédagogique. Cela témoigne d’un véritable effort de préparation et de vulgarisation de sujets pourtant particulièrement complexes.
Il apparaît d’ailleurs que les data centers sont de très grands consommateurs d’énergie, ce qui pourrait, à terme, avoir des répercussions importantes sur les ressources énergétiques et, indirectement, sur le bien-être de la population.
Notre pays, dont une partie de la population connaît encore les coupures d’électricité, s’il aspire réellement à développer de grands centres de données, doit dès maintenant réfléchir à une stratégie énergétique à long terme, y compris à la question du nucléaire, afin d’être au rendez-vous des besoins de demain.
La Tunisie dispose pourtant d’ingénieurs et de compétences capables de nous rendre compétitifs dans des domaines aussi prometteurs que l’IA, la robotique, la monnaie électronique, les énergies renouvelables et bien d’autres secteurs susceptibles de nous apporter innovation, savoir-faire et richesse.
Ce qui accable notre jeunesse et la tire vers le fond, ce n’est pas seulement le manque de financement. C’est aussi, et peut-être surtout, une législation trop contraignante qui freine l’initiative et l’innovation.
Posséder un drone pour lancer une activité est déjà soumis à des contraintes réglementaires extrêmement lourdes, qui peuvent finir par décourager les plus entreprenants. Que dire alors de la possibilité de concevoir et de fabriquer un drone en Tunisie ?
À l’heure où le monde se prépare à la révolution technologique qui vient, la véritable question n’est peut-être pas seulement de savoir combien nous pouvons investir, mais aussi combien de talents nous risquons de perdre si nous continuons à leur fermer les portes de l’innovation.
L’Allemagne, autrefois considérée comme le moteur économique de l’Europe, fait aujourd’hui face à un effondrement structurel qui pourrait avoir des conséquences dramatiques non seulement pour l’Europe, mais pour l’économie mondiale. Ce phénomène, que certains experts appellent déjà «la fin du moteur de l’Europe», s’explique par une combinaison de crises internes, notamment une dépendance excessive à l’énergie russe, une transition ratée vers les énergies renouvelables, et une désindustrialisation rapide. Cet article explore les causes profondes de cet effondrement économique, les conséquences pour l’Union Européenne (UE), et ce que cela signifie pour le futur de l’économie mondiale.
Habib Glenza
L’économie allemande a longtemps reposé sur trois piliers fondamentaux : l’excellence de son industrie manufacturière, l’énergie bon marché, et une croissance axée sur les exportations. Cependant, ces trois éléments, qui sont interdépendants, se trouvent aujourd’hui en crise.
L’Allemagne est célèbre pour ses produits industriels de haute qualité, notamment les automobiles, les machines-outils et les équipements électroniques. Mais aujourd’hui, les industries lourdes traversent une période difficile. Les géants allemands de l’automobile, tels que Volkswagen, BMW et Mercedes-Benz, connaissent une baisse de production et une réduction des investissements.Les entreprises industrielles font face à des coûts de production de plus en plus élevés et à une concurrence accrue des fabricants chinois, notamment dans le domaine des véhicules électriques.
L’Allemagne a longtemps bénéficié d’un approvisionnement en gaz russe à bas prix. Mais suite au conflit russo-ukrainien, l’Allemagne a perdu cet avantage stratégique. L’arrêt des livraisons de gaz, suite à la destruction des pipelines Nord Stream, a fait exploser les prix de l’énergie, rendant les coûts industriels insoutenables. En conséquence, de nombreuses entreprises allemandes ont déménagé leur production vers des pays où l’énergie est moins coûteuse, comme la Chine et les États-Unis. Ce phénomène de délocalisation accélère le processus de désindustrialisation.
Les conséquences de la crise économique allemande
L’Allemagne, en tant que première économie de l’UE, a toujours été le moteur de la croissance européenne. Mais si l’Allemagne entre en récession, l’impact se fait sentir bien au-delà de ses frontières. La crise économique allemande menace de fragiliser l’ensemble du modèle économique européen. L’Allemagne est le principal partenaire commercial de nombreux pays européens. Si l’économie allemande ralentit, cela réduit la demande de biens en provenance d’autres États membres de l’UE. Par exemple, les pays du Sud, comme la France, l’Italie et l’Espagne, qui dépendent des exportations vers l’Allemagne, pourraient se retrouver confrontés à un manque de demande. Une récession allemande pourrait donc plonger l’UE dans une crise de croissance généralisée.
La baisse de compétitivité de l’Allemagne pourrait également avoir un impact négatif sur l’euro. L’euro, étant la monnaie partagée par de nombreux pays européens, est fortement influencé par la santé économique de ses principaux acteurs, dont l’Allemagne. Une crise prolongée dans ce pays pourrait faire chuter la valeur de la monnaie européenne, augmentant les coûts pour tous les pays membres de l’ensemble.
L’industrie automobile allemande, pilier de l’économie du pays, traverse une crise sans précédent. La concurrence croissante des fabricants chinois a mis à mal les entreprises allemandes. Volkswagen, BMW et Mercedes-Benz ont annoncé des fermetures de sites de production en Allemagne et une réduction de leurs effectifs.
Le secteur automobile allemand est également confronté à une pression supplémentaire avec la réduction de la demande en Chine. Le marché chinois, qui représentait une part importante des ventes pour ces géants allemands, connaît une évolution rapide avec la montée en puissance des fabricants locaux. En conséquence, l’exportation de véhicules allemands vers la Chine a chuté, ce qui affecte directement la rentabilité des entreprises allemandes.
L’un des problèmes majeurs de l’Allemagne réside dans sa politique intérieure. Le pays souffre d’une paralysie politique qui empêche toute action décisive face à la crise. En attendant, le pays ne parvient pas à élaborer un plan de relance économique face aux défis colossaux ci-haut évoqués. En effet, le cadre budgétaire rigide imposé par la constitution allemande, ainsi que les règles de l’UE, limitent sévèrement la capacité du gouvernement à investir massivement dans l’infrastructure énergétique et industrielle nécessaires pour relancer l’économie. L’incapacité de prendre des mesures radicales dans cette période de crise est une des raisons pour lesquelles l’Allemagne, et avec elle l’Europe, se trouvent dans une impasse.
Un autre facteur aggravant est la crise démographique à laquelle l’Allemagne est confrontée. La population allemande vieillit rapidement, ce qui provoque une diminution de la population active. Cela représente une menace directe pour l’économie allemande, car moins de travailleurs sont disponibles pour soutenir les industries et financer les systèmes sociaux, notamment les pensions.
Si l’immigration n’est pas augmentée, cela pourrait entraîner des pénuries de main-d’œuvre et, par conséquent, une stagnation économique. Dans ce contexte, la montée de l’extrême-droite avec son discours populiste antimigrants, ne va guère faciliter la relance économique par l’injection de forces vives.
Les scénarios envisageables pour l’avenir
Alors que l’Allemagne navigue difficilement dans cette crise, plusieurs scénarios sont envisageables pour l’avenir de l’UE.
Un premier scénario pourrait être un déclin maîtrisé où l’Allemagne, au lieu de dépendre de son industrie lourde, se réoriente vers des secteurs comme les services, la finance, ou la santé.
Un deuxième scénario pourrait être la fragmentation de l’UE, où l’Allemagne et d’autres pays du Sud se retrouvent dans des conflits économiques et politiques.
Enfin, un scénario plus sombre envisage une montée de l’extrémisme et du nationalisme en Allemagne, créant un environnement politique instable qui pourrait avoir des conséquences désastreuses pour l’UE.
La crise économique allemande est bien plus qu’un simple problème national. C’est un défi systémique qui touche l’ensemble de l’Europe. Si l’Allemagne ne parvient pas à surmonter cette crise, cela pourrait entraîner une période prolongée de stagnation économique pour l’UE, avec des conséquences mondiales.
Le déclin de l’Allemagne est un avertissement pour toute l’Europe : le modèle économique mondial fondé sur des exportations bon marché, de l’énergie fiable et une compétitivité industrielle est peut-être révolu. L’avenir de l’UE dépendra de sa capacité à se réinventer face à ces défis. Et elle ne donne pas l’impression d’être sur la voie d’y parvenir. Elle se cherche encore, et tâtonne, alors que les bruits de bottes résonnent à ses frontières orientales.
L’implication de l’UE, notamment l’Allemagne, dans le conflit russo-ukrainien est l’une des conséquences majeures de la crise de l’industrie lourde allemande, surtout que l’Ukraine ne fait pas partie de l’Otan et de l’UE. Malheureusement, la majorité des politiciens européens agissent dans le sens des intérêts du complexe militaro-industriel mondial, qui tire profit des guerres, et non de celui des populations, européennes ou autres.
Depuis le début de l’invasion russe en février 2022, le soutien total de l’UE et de ses États membres à l’Ukraine s’élève à 216,3 milliards d’euros (chiffres actualisés à la mi-2026), presque le double de l’aide des Etats-Unis, estimée entre 114 et 175 milliards de dollars, selon les rapports officiels du Congrès américain et l’institut Kiel.
Pour ne rien arranger, le Parlement allemand vient d’approuver des dépenses militaires massives de plus de 300 milliards d’euros ! Cette masse d’argent va malheureusement tomber dans l’escarcelle des industriels de l’armement, au lieu de profiter au peuples allemands et européens qui s’apprêtent à vivre des moments très difficiles.
Pis encore : les milliards d’euros d’aide à l’Ukraine vont servir à financer l’achat d’armement américain et non européen.
Si ce n’est pas là de l’aveuglement politique, cela lui ressemble beaucoup.
La transition énergétique n’est plus seulement une question environnementale, mais une composante de la sécurité et de la souveraineté économiques de la Tunisie, appelée à réduire sa dépendance aux importations d’énergie ainsi que son exposition aux turbulences des marchés internationaux. C’est le message délivré par le secrétaire d’État à la Transition énergétique, Wael Chouchane, lors de l’ouverture de la deuxième édition de l’Ifriqiya Energy Hub, un forum qui réunit, les 24 et 25 septembre 2026, à la Cité de la Culture, à Tunis, plus de 200 experts et acteurs issus de pays africains, européens et méditerranéens.
Selon Chouchane, la conjoncture internationale actuelle — marquée par l’instabilité géopolitique, la volatilité des marchés, les risques pesant sur la sécurité des approvisionnements et des engagements climatiques de plus en plus contraignants — impose à la Tunisie d’accélérer l’élaboration d’un nouveau modèle énergétique.
Cette stratégie repose sur deux axes principaux : le développement des énergies renouvelables, afin de diversifier l’approvisionnement et de réduire les coûts, et l’efficacité énergétique, pour maîtriser la consommation, renforcer la compétitivité des entreprises et diminuer la dépendance extérieure.
Le gouvernement mise également sur l’autoproduction d’électricité et sur la modernisation du réseau national, une étape nécessaire pour intégrer des parts croissantes d’énergie solaire et éolienne.
Dans ce contexte, Chouchane a rappelé les différents projets d’énergies renouvelables lancés dans le pays ainsi que les travaux en cours pour réviser le Code des hydrocarbures, avec pour objectif affiché de rendre le cadre réglementaire plus propice aux investissements et de réduire les risques pour les opérateurs privés.
La Tunisie ambitionne de porter la part des énergies renouvelables à 35 % de son mix électrique d’ici 2030, et à 50 % d’ici 2035, contre seulement 6 à 7% aujourd’hui.
Cet enjeu est particulièrement sensible pour un pays dont le déficit énergétique dépasse 60% et qui reste fortement dépendant des importations de pétrole et de gaz.
Dans ce contexte aussi, le projet Elmed — une interconnexion électrique sous-marine reliant la Tunisie à l’Italie — joue un rôle central.
Chouchane a présenté ce projet comme une infrastructure stratégique destinée à renforcer la sécurité énergétique de la Tunisie et les échanges entre les deux rives de la Méditerranée, en complément de la coopération énergétique traditionnelle avec l’Algérie.
Cette liaison, d’une capacité de 600 mégawatts et longue d’environ 220 kilomètres entre la Sicile et le cap Bon tunisien, constituera la première connexion électrique directe entre la Tunisie et l’Italie. La Banque mondiale, qui a approuvé en 2023 un financement de 268,4 millions de dollars pour le projet, en prévoit la mise en service d’ici 2028.
Elmed est conçu comme une liaison bidirectionnelle, destinée à la fois à soutenir la stabilité du réseau tunisien et à créer, grâce à l’augmentation des capacités en énergies renouvelables, un canal d’échange d’électricité entre l’Afrique du Nord et l’Europe.
La société turque Aksa Composites, filiale du groupe Akkök, vient d’officialiser son implantation en Tunisie avec la signature, jeudi 24 septembre 2026, de son bail industriel au Technopole de Borj Cédria, au sud de Tunis. «La Tunisie confirme son attractivité dans les industries aéronautiques et les matériaux avancés», commente le Groupement des industries tunisiennes aéronautiques et spatiales (Gitas) dans un communiqué.
Le projet représente un investissement initial annoncé de 5 millions de dollars et constitue la première implantation d’Aksa Composites sur le continent africain. L’entreprise prévoit de développer en Tunisie des activités liées à la fabrication de composants et matériaux composites destinés notamment au secteur aéronautique.
Le Gitas à la manœuvre
Cette implantation est aussi le résultat d’un travail engagé en amont par l’écosystème aéronautique tunisien et, notamment, par le Gitas, sous l’impulsion de sa présidente Stefania Sonia Dallali, qui a joué un rôle important dans l’identification et la mise en relation avec l’investisseur turc.
Les premiers contacts avec Aksa Composites remontent au Hamburg Aviation Forum 2025, où des échanges ont été initiés avec le Gitas. Ils ont ensuite donné lieu à plusieurs discussions, rencontres et démarches visant à faire connaître à l’entreprise les capacités industrielles tunisiennes, son tissu de sous-traitants, ses compétences et son intégration dans les chaînes de valeur aéronautiques internationales.
«Cette dynamique illustre l’une des missions fondamentales du Gitas : rapprocher les industriels internationaux de l’écosystème tunisien et favoriser l’émergence de nouvelles opportunités d’investissement et de coopération dans l’aéronautique et le spatial», souligne le groupement professionnel dans son communiqué.
Mme Dallali a souligné la portée de l’arrivée d’Aksa Composites en Tunisie. Pour le Gitas, le choix de la Tunisie par un acteur turc spécialisé dans les matériaux composites avancés constitue une nouvelle illustration de la confiance acquise par la filière aéronautique tunisienne au cours des dernières décennies.
Avec un tissu industriel de plus de 80 entreprises et une forte orientation export, la filière tunisienne s’est progressivement intégrée aux chaînes de valeur internationales. La qualité des compétences, la proximité de l’Europe, la flexibilité industrielle et l’existence d’un écosystème de fournisseurs constituent autant d’atouts mis en avant pour attirer de nouveaux investissements.
Stefania Sonia Dallali entourée des représentants de la société turque.
Fipa assure l’accompagnement institutionnel
La présidente du Gitas a également rappelé l’importance du développement des partenariats internationaux de la filière, notamment avec les organisations professionnelles française et allemande de l’aéronautique.
Le rôle du Gitas s’inscrit dans une dynamique complémentaire avec celui de la Fipa-Tunisia. L’agence de promotion de l’investissement extérieur a accompagné le projet dans ses différentes étapes et a notamment participé aux échanges portant sur le choix du site, les conditions d’implantation et les démarches nécessaires à la concrétisation de l’investissement.
Une rencontre organisée par la Fipa le 19 mai 2026 avait notamment permis de confirmer le projet et de poursuivre les discussions autour de son implantation en Tunisie.
La signature du bail industriel à Borj Cédria vient ainsi concrétiser un processus auquel ont contribué plusieurs acteurs de l’écosystème tunisien : Gitas, Fipa, le Technopole de Borj Cédria ainsi que les partenaires institutionnels et professionnels tunisiens et turcs.
Un investissement à forte valeur ajoutée
À travers cette implantation, Aksa Composites entend développer une activité industrielle orientée vers les matériaux composites et les applications aéronautiques.
Le groupe dispose déjà d’une expertise internationale dans les matériaux composites et dans différentes opérations industrielles destinées notamment aux secteurs aéronautique et à haute performance. Il a également développé des collaborations avec plusieurs grands acteurs internationaux de l’industrie aéronautique.
Selon les informations communiquées, le futur site de Borj Cédria devrait constituer le point de départ d’un développement industriel appelé à évoluer progressivement en Tunisie. Des sources sectorielles évoquent un démarrage opérationnel envisagé à l’horizon 2028 et la création à terme de plusieurs dizaines d’emplois directs.
Au-delà du montant de l’investissement, l’enjeu réside donc également dans le transfert de technologies, le développement des compétences locales et le renforcement de la place de la Tunisie dans les chaînes de valeur internationales des matériaux avancés et de l’aéronautique. joué par le Gitas dans la dynamique industrielle et par la FIPA dans l’accompagnement de l’investissement.
Le Forum Mondial de la Mer à Bizerte a été ouvert jeudi 24 septembre 2026 par Rym Benzina, présidente de La Saison Bleue, plaçant d’emblée la solidarité entre les villes méditerranéennes au centre des débats. Un objectif partagé s’est dégagé dès les premiers échanges : renforcer la résilience des littoraux face aux urgences environnementales et bâtir des réponses collectives durables.
Lotfi Sahli
La séance de l’après-midi a mis à l’honneur le projet Share4Med, lors d’une rencontre réunissant scientifiques, experts internationaux et représentants des municipalités tunisiennes. Pensée comme un véritable outil d’aide à la décision pour les collectivités, la plate-forme Share4Med sert de tremplin pour l’esquisse d’une coalition régionale et d’un agenda de transition commun à l’horizon 2027.
Regards croisés et réalités du terrain
Au cours d’une session interactive particulièrement riche, plusieurs figures engagées se sont succédé à la tribune pour partager leurs expériences de terrain : Giulia Antidormi (SDG4MED), Boumediene Beladjine (Université d’Oran), Tawfik Hassan (Université de Tripoli), Suzan Kholeif (experte en climat et environnement marin basée à Alexandrie), Fayçal Mechri (commune de Kerkennah), ainsi qu’une délégation de la municipalité de Mahdia.
Cette première journée s’est conclue par la présentation d’une feuille de route d’engagements et par l’officialisation de la création de l’association locale CirceMed, un réseau d’organisations mettant l’économie circulaire au service de la transition écologique et sociale de la région Méditerranée, et ce en présence de ses membres fondateurs.
Au-delà de la densité des débats, les participants ont unanimement salué une organisation exemplaire : démarrée à l’heure dite, la session s’est déroulée avec une précision horlogère tout au long de l’après-midi, le débat fut enrichissant pour tous les présents et riche en propositions et recommandations.
Rym Benzina.
Lutte contre le plastique : du constat à l’action
Interrogée sur la possibilité d’éliminer définitivement le plastique en Méditerranée, Rym Benzina s’est voulue pragmatique, rappelant que la priorité absolue demeurait la réduction drastique de ces pollutions à la source.
Les travaux se poursuivent ce vendredi,centrés sur la lutte contre la pollution plastique et le passage du constat à l’action.
La matinée s’ouvre sur les enjeux du Traité mondial contre la pollution plastique, suivis d’un état des lieux scientifique (Horizon 2030) et d’un zoom sur les réalités tunisiennes, conciliant tourisme, économie circulaire et innovation. Les gouvernements et l’Union européenne (UE) partageront leurs positions sur l’économie bleue et les politiques maritimes.
L’après-midi sera consacrée aux alliances multiple-acteurs, mettant en lumière le projet PlasticMed Lab, les initiatives de la société civile et les synergies entre villes méditerranéennes. La jeunesse prendra ensuite le relais avec un focus sur l’éducation environnementale via les Aires marines éducatives et les Clubs Jeunes Océans.
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