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Dora Milad : « L’hôtellerie doit assumer son rôle dans la transition écologique »

La Méditerranée se trouve au cœur de nombreuses réflexions sur la préservation de l’environnement et la lutte contre la pollution plastique. C’est ce qui ressort du Forum de la mer de Bizerte, organisé les 24 et 25 septembre 2026.

Durant ces deux journées, les acteurs du secteur touristique, entre autres, ont débattu des moyens de concilier croissance économique, valorisation des ressources maritimes et préservation de l’environnement.

L’objectif est d’instaurer un équilibre entre l’exploitation des ressources maritimes et la protection des écosystèmes. Cette question a été abordée lors de rencontres réunissant experts, professionnels et autres représentants de la société civile. La transition écologique du secteur touristique, notamment l’hôtellerie, a figuré parmi les principaux thèmes débattus.

Rencontrée en marge du forum, Dora Milad, présidente de la Fédération tunisienne de l’hôtellerie (FTH), a souligné l’engagement de la profession en faveur du tourisme durable. Selon elle, le secteur hôtelier s’est engagé depuis près de dix ans dans la transition écologique, notamment à travers la commission dédiée au tourisme durable.

« Nous sommes convaincus que l’hôtellerie doit assumer son rôle économique et social en sensibilisant l’ensemble des acteurs aux pratiques écoresponsables », a-t-elle déclaré à L’Économiste maghrébin.

Une centrale de tri à Hammam-Sousse

C’est dans ce sens que la présidente de la FTH a annoncé l’ouverture prochaine d’une centrale de collecte et de tri des déchets hôteliers à Hammam Sousse. Ce projet sera réalisé dans le cadre d’un partenariat public-privé réunissant la municipalité, le Centre international des technologies de l’environnement de Tunis (CITET) et la FTH.

La centrale s’inscrit dans le cadre de l’initiative méditerranéenne Tumali (Tourism Marine Litter), qui regroupe la Tunisie, le Maroc et l’Égypte. Elle bénéficiera d’un investissement de 330 000 euros destiné à financer les équipements de collecte et de tri.

« Il convient désormais d’encourager la création d’une véritable filière de revalorisation des déchets et de dupliquer ce modèle dans l’ensemble des stations balnéaires du littoral », ajoutera Mme Milad.

Et ce n’est pas tout. Elle a également évoqué l’utilisation d’un robot destiné au nettoyage des eaux du port d’El-Kantaoui. Financée par le ministère allemand de l’Environnement, cette initiative constitue, selon elle, une action concrète qui mériterait d’être étendue à d’autres sites. « Nous devons renforcer les programmes de coopération et les initiatives philanthropiques, en attendant une mobilisation accrue des investissements publics. Nous ne pouvons plus accueillir de touristes nationaux ou internationaux sans préserver notre environnement et sans sensibiliser l’ensemble des acteurs », a-t-elle insisté.

Vers la réactivation de l’écolabel

La responsable a par ailleurs appelé à la réactivation et à la mise à niveau de l’écolabel tunisien, créé en 2010-2011 conjointement par le CITET et l’Institut national de la normalisation et de la propriété industrielle (INNORPI). Cette actualisation devrait notamment intégrer de nouveaux critères liés à la responsabilité sociétale des entreprises (RSE). La promotion de ce label permettrait, selon Dora Milad, d’accompagner les établissements hôteliers dans leur transition écologique et de les rapprocher de certifications internationales davantage reconnues par la clientèle étrangère.

À cet égard, la convention récemment signée entre l’Office national du tourisme tunisien (ONTT) et le Conseil mondial du tourisme durable (Global Sustainable Tourism Council, GSTC) pourrait offrir un cadre favorable à la modernisation de l’écolabel tunisien et à l’obtention d’une reconnaissance par le GSTC.

Structurer la gestion des déchets

Dora Milad a rappelé que plusieurs établissements hôteliers pratiquent déjà le tri des déchets afin de répondre aux attentes d’une clientèle de plus en plus sensible aux enjeux du développement durable. Toutefois, ces déchets étaient souvent mélangés lors de la collecte municipale.

Le projet pilote de Hammam Sousse vise précisément à remédier à cette situation en structurant la collecte et le tri des déchets hôteliers. Bien que la gestion du dispositif relève actuellement de la municipalité, la FTH entend toutefois suivre activement le projet afin d’en assurer la pérennité et de favoriser son extension à d’autres destinations touristiques.

La réussite de cette initiative dépendra toutefois de la mise en place d’une filière complète, allant de la collecte au tri, en passant par le recyclage et la revalorisation des déchets.

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Tunisie – Wallonie : un nouveau cap pour la coopération économique et environnementale

Dans un discours prononcé à l’occasion des Fêtes de la Wallonie et de la Fédération Wallonie‑Bruxelles, le nouvel ambassadeur de Belgique en Tunisie, Jan De Pauw, a mis en avant la profondeur et la diversité du partenariat entre les deux pays, tout en réaffirmant l’attachement de la Belgique au multilatéralisme et à la coopération face aux défis communs.

 

Une fête à portée symbolique et actuelle

Arrivé en Tunisie il y a environ cinq semaines, Jan De Pauw a indiqué que cette intervention constituait l’une de ses premières prises de parole publiques. Il a rappelé que la Fête de la Fédération commémore le soulèvement du peuple belge contre le roi Guillaume Ier des Pays‑Bas, déclenché le 27 septembre 1830 à Bruxelles et ayant conduit à l’indépendance de la Belgique. « C’est assez révolutionnaire ce que nous commémorons ici, ce soir », a‑t‑il relevé, avant d’insister sur la dimension actuelle des valeurs portées par cette célébration : solidarité, innovation, ouverture au monde et créativité.

L’ambassadeur a également souligné la capacité de la Wallonie à conjuguer héritage industriel et excellence scientifique, au service d’un développement durable et inclusif, une approche qui trouve, selon lui, un écho particulier en Tunisie.

Des relations denses et ancrées dans la société

 

Jan De Pauw a décrit des relations belgo‑tunisiennes « profondes et diversifiées », reposant non seulement sur des cadres institutionnels solides, mais aussi sur des échanges humains, académiques, culturels, scientifiques et économiques qui rapprochent quotidiennement les deux sociétés. Il a salué le travail « énorme » de la Délégation générale Wallonie‑Bruxelles à Tunis, jugé essentiel pour entretenir cette dynamique.

À travers la Commission mixte permanente Wallonie‑Bruxelles–Tunisie, la coopération se déploie dans des domaines variés : enseignement supérieur, recherche, culture, gouvernance et développement durable.

L’eau, chantier prioritaire de la coopération

L’ambassadeur a mis en avant le projet consacré à la gestion équilibrée des eaux souterraines en Tunisie, comme illustration concrète de cette coopération. Porté par la Région wallonne, en partenariat avec l’agence belge de coopération au développement) et les institutions tunisiennes concernées. Ce projet vise à renforcer la résilience hydrique face aux effets du changement climatique.

Le comité de lancement est attendu courant octobre, associant administrations publiques, monde académique et opérateurs spécialisés. En mobilisant notamment l’expertise de la Société wallonne des eaux et de ses partenaires tunisiens, il contribuera, estime Jan De Pauw, à renforcer les capacités de gestion et de préservation des ressources en eau.

 

Multilatéralisme et rôle des Belges de Tunisie

S’adressant aux membres du corps diplomatique et aux partenaires internationaux, l’ambassadeur a réaffirmé l’attachement constant de la Belgique au multilatéralisme, au dialogue et à la recherche de solutions concertées aux défis globaux. Tout en rappelant que le ministre belge des Affaires étrangères avait réitéré cette ligne il y a deux jours à New York.

En sa qualité de nouvel ambassadeur, Jan De Pauw a indiqué mesurer « pleinement la qualité de l’héritage » qui lui est confié. « Je m’attacherai à poursuivre le renforcement de nos relations bilatérales et à accompagner les nombreuses initiatives qui rapprochent nos sociétés, dans un esprit de partenariat, de confiance et d’amitié », a‑t‑il promis.

Il a conclu son allocution par un appel à célébrer à la fois la Wallonie, la Fédération Wallonie‑Bruxelles et, avec un clin d’œil, la Flandre, invitée d’honneur des célébrations, avant de lancer : « Vivons l’amitié belgo‑tunisienne.

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Tunisie-Wallonie‑Bruxelles : climat, économie et université au cœur de la programmation 2026

La Délégation générale Wallonie‑Bruxelles à Tunis a récemment dévoilé sa nouvelle programmation et ses priorités pour 2026, à l’occasion des Fêtes de la Fédération Wallonie‑Bruxelles et de la Wallonie.

 

Rajae Essefiani, déléguée générale Wallonie‑Bruxelles à Tunis, a rappelé la valeur symbolique de cette célébration, marquée par le dialogue et par ce qui rassemble au sein de la Belgique, notamment avec la Flandre comme invitée d’honneur. Elle a toutefois indiqué que cette fête intervient dans un contexte mondial particulièrement mouvementé, marqué par les conflits, les tensions internationales, les incertitudes économiques et les effets de plus en plus visibles du changement climatique, des défis qui, par nature, ne connaissent pas de frontières.

Dans ce contexte, elle a mis en avant l’illustration concrète de ces défis en Tunisie, où la montée des températures et la canicule de cet été se sont accompagnées de tensions sur l’approvisionnement en électricité et en eau, pesant lourdement sur le quotidien de nombreuses familles. « Nous avons été très sensibles aux difficultés de la population », a-t-elle affirmé. Ajoutant que la Wallonie n’avait pas été épargnée, avec des incendies qui ont touché les Hautes‑Fagnes, brûlant plusieurs milliers d’hectares et atteignant l’un des espaces naturels les plus précieux de la région, qualifié de « joyau du pays » par le roi Philippe. « De part et d’autre de la Méditerranée, le constat est le même : les défis climatiques ne connaissent pas de frontières », insiste Mme Essefiani.

Face à ces enjeux, la déléguée a rappelé que des moyens d’action existent, à travers la recherche, l’innovation, les entreprises, les universités et la coopération internationale. Cet été, le gouvernement wallon a adopté sa nouvelle stratégie « Recherche, innovation et économie » pour la période 2027‑2034, articulée autour de cinq domaines prioritaires :

  • décarbonés (énergie, bâtiment, mobilité durable) ;
  • industrialisés (matériaux, industrie du futur) ;
  • nourrir (alimentation, biosolutions) ;
  • protégés (aéronautique, spatial, défense) ;
  • soignés (santé, nouvelles thérapies).

Cette capacité d’innovation se reflète dans les résultats économiques de la Wallonie, notamment en 2025 : les exportations wallonnes ont atteint près de 63 milliards d’euros, en progression de 13 %, tandis que la région a attiré environ 1,5 milliard d’euros d’investissements étrangers, créant quelque 1 300 emplois directs.

Cette dynamique nourrit directement la relation Wallonie‑Bruxelles–Tunisie. Les Business Days by Wallonia 2026 ont réuni plus de 200 entreprises wallonnes, et le bureau de l’AWEX à Tunis a rencontré une vingtaine d’entreprises tunisiennes, dans l’objectif de transformer cet intérêt en partenariats concrets. Du 6 au 9 décembre 2026, une mission économique sera organisée en Tunisie autour de trois secteurs clés : l’eau, l’énergie et l’environnement, des priorités fortes pour la Tunisie et des domaines d’expertise reconnus des entreprises wallonnes.

La déléguée a également insisté sur le caractère bidirectionnel de cette relation économique. Depuis le lancement, il y a six mois, de la campagne « Investissez en Wallonie », six entreprises tunisiennes ont déposé une demande d’implantation en Wallonie, dont deux sont en cours d’installation.

Elle a par ailleurs salué le partenariat de la Chambre de commerce tuniso‑belgo‑luxembourgeoise ainsi que celui de la CONECT.

Sur le plan académique, Rajae Essefiani a décrit un partenariat « très fort » entre les universités et hautes écoles de part et d’autre de la Méditerranée, avec une cinquantaine de conventions actives et un nombre d’étudiants tunisiens en Fédération Wallonie‑Bruxelles qui a doublé en dix ans. Un réseau des anciens étudiants a été créé en 2024 ; environ 300 à 350 alumni ont déjà été identifiés, parmi lesquels d’anciens ministres, secrétaires d’État, hauts fonctionnaires, managers et artistes. « Ils sont tous invités à rejoindre ce réseau », a-t-elle lancé.

Enfin, concernant la coopération sur les enjeux de société, la déléguée a indiqué vouloir mettre l’accent sur l’importance de renforcer la coopération tuniso-belge.

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Formalisation inclusive : les travailleurs informels en quête de formalité !

La conférence régionale intitulée “De l’informalité à l’inclusion : façonner l’avenir du travail “ organisée à Tunis par le Tunisia Inclusive Labor Institute a mis l’accent sur l’importance de la formalisation fondée sur les droits, la protection sociale et le dialogue avec les travailleurs. La rencontre a réuni des représentants de travailleurs, des organisations syndicales et des acteurs publics autour des transformations technologiques et climatiques qui bouleversent le monde professionnel.

Partant des expériences du Rwanda, de la Côte d’Ivoire et de l’Afrique du Sud montrent que pour garantir une véritable inclusion, l’enregistrement administratif ne suffit pas.

Pour Asma Ben Hassen, présidente du Tunisia Inclusive Labor Institute, la formalisation ne doit pas être réduite à une simple démarche administrative ou fiscale. Elle doit s’appuyer sur les principes de la recommandation n°204 de l’Organisation internationale du travail (OIT), adoptée en 2015. Celle-ci met notamment l’accent sur le respect des droits fondamentaux des travailleurs, la sécurité du revenu, l’extension progressive de la protection sociale et l’amélioration des conditions de travail.

Selon elle, la formalisation doit également garantir l’accès à la santé et à la sécurité au travail, aux compétences, au financement et aux marchés. Elle doit surtout assurer la représentation des travailleurs de l’économie informelle afin que leur participation aux politiques publiques soit effective.

Elle estime comme suit: « L’évolution rapide du marché du travail impose avant tout des cadres juridiques et sociaux. » Evoquant le télétravail, l’économie des plateformes, les activités numériques et l’apparition de nouveaux métiers rendent nécessaire la création de statuts accessibles et adaptés.

Les systèmes de protection sociale doivent pouvoir intégrer ces nouvelles catégories de travailleurs, souvent indépendants. Ce qui laisse entendre l’absence de couverture médicale, de retraite et de protection en cas d’incapacité de travail.

Il convient de noter qu’en Tunisie, le régime de l’auto-entrepreneur constitue une première étape vers la formalisation. Annoncé en 2018, adopté en 2020 et devenu officiellement opérationnel en novembre 2024, ce dispositif aurait permis à plus de 12.000 travailleurs informels de s’inscrire.

Ce chiffre reste toutefois limité vis-à-vis du chiffre réel lié à  l’économie informelle, englobant entre autres les travailleurs indépendants, les salariés, mais aussi des personnes qui emploient d’autres travailleurs sans que leur activité soit officiellement enregistrée.

Pour y faire face, il est d’autant plus important de  mieux comprendre cette réalité à travers des études et des données fiables. Les politiques publiques devront tenir compte des différentes catégories de travailleurs et proposer des mécanismes spécifiques aux activités émergentes. La sensibilisation et la formation sont également nécessaires pour rendre les statuts existants plus compréhensibles et plus attractifs.

Le risque d’une informalité durable

Les échanges ont également porté sur les risques liés au travail informel dans l’économie numérique. Les travailleurs à distance peuvent être exposés à l’isolement, à la dégradation de la santé mentale et à certaines maladies professionnelles. Travailler pendant de longues heures, parfois seul et durant la nuit, peut avoir des conséquences importantes sur la santé.

D’autres difficultés concernent les retards ou l’impossibilité de paiement, l’absence de protection sociale et l’incertitude concernant la retraite. Pour Asma Ben Hassen, l’informalité peut constituer une phase provisoire, mais elle ne doit pas devenir une situation qui dure dans le temps. Elle a notamment cité une enquête selon laquelle une proportion importante de travailleurs informels demeurent dans cette situation pendant plus de dix ans, dans l’attente d’un statut stable.

La transformation du travail exige ainsi une adaptation de l’ensemble de l’environnement institutionnel : législation, inspection du travail, protection sociale et dispositifs de formation. Il ne suffit pas de demander aux jeunes et aux travailleurs de s’adapter aux nouvelles technologies ; les institutions doivent également évoluer.

L’expérience du Rwanda

Jeannette Nyiramasengesho, secrétaire générale d’une organisation syndicale de travailleurs de l’économie informelle au Rwanda, a présenté l’expérience de son pays. Selon elle, l’inclusion constitue une priorité prise au sérieux par les autorités rwandaises.
Elle a rappelé que le Rwanda met en œuvre la recommandation n°204 à travers différentes institutions et cherche notamment à créer des espaces de travail et à faciliter l’enregistrement des travailleurs informels. Le pays aurait également réalisé des progrès importants en matière de protection sociale, notamment grâce à la couverture maladie mutualisée et à d’autres mécanismes destinés à élargir l’accès aux services sociaux.
L’expérience rwandaise montre que la formalisation nécessite un engagement public durable, ainsi qu’une coordination entre les institutions, les organisations de travailleurs et les acteurs économiques.

Des droits, pas seulement des recettes

En Afrique du Sud, Omar Parker, représentant de la Western Cape E-Hailing Association, a distingué deux approches de la formalisation.
La première est centrée sur les recettes publiques. Elle vise à enregistrer les activités, délivrer des licences et assurer la conformité fiscale. La seconde, fondée sur les droits, cherche à garantir la protection sociale, la liberté d’association, la négociation collective et de meilleures conditions de travail.
Cette distinction est particulièrement importante dans le transport via les plateformes. Les chauffeurs sont souvent présentés comme des « partenaires » ou des travailleurs indépendants, alors qu’ils ne bénéficient pas toujours de la reconnaissance et des protections accordées aux salariés.

Omar Parker estime que les organisations de travailleurs doivent être associées dès la conception, l’élaboration et la mise en œuvre des politiques publiques. Une consultation organisée après l’adoption des décisions ne peut pas être considérée comme un véritable dialogue social.
Selon lui, les travailleurs ne veulent pas seulement « un siège à la table ». Ils souhaitent participer réellement aux décisions qui concernent leurs conditions de travail. La formalisation doit améliorer leurs revenus, leur sécurité économique et leurs droits, et non transférer sur eux l’ensemble des coûts d’exploitation, des risques commerciaux et des obligations fiscales.

Une feuille de route inclusive

Les effets du changement climatique ont constitué un autre axe important de la conférence. Les inondations, les vagues de chaleur et les perturbations des activités affectent directement les travailleurs informels, souvent dépourvus de mécanismes de protection.
Les participants ont appelé à renforcer l’information, l’éducation et l’organisation collective afin de permettre aux travailleurs de mieux faire face aux mutations technologiques et climatiques.

Les deux journées de travaux doivent déboucher sur des recommandations élaborées avec les travailleurs informels, les associations, les organisations syndicales et les pouvoirs publics. Ces propositions pourraient contribuer à la future feuille de route de l’OIT pour 2027-2032.

Il faut désormais aller au-delà du simple enregistrement des activités. Pour être véritablement inclusive, la formalisation doit garantir aux travailleurs des droits, une protection sociale, une sécurité financière et une participation réelle aux décisions qui concernent leur avenir.

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Hichem Ben Yahia : « La Tunisie doit être dans l’ère du New Space au service du développement »

Souvent perçu comme un domaine lointain et réservé aux grandes puissances, le secteur spatial joue pourtant un rôle croissant dans la gestion des ressources, l’agriculture, la protection de l’environnement et la souveraineté des États. Où en est la Tunisie dans ce domaine ? Quels sont ses moyens, ses besoins et ses perspectives ? Hichem Ben Yahia, vice-président de l’Association tunisienne d’astronomie, revient sur les enjeux du spatial en Tunisie et sur la nécessité de mieux structurer cette filière. Interview: 

Comment fonctionne le secteur spatial en Tunisie ?

À l’échelle mondiale, le secteur spatial est dominé par plusieurs grandes puissances, notamment les pays européens, le Japon, la Chine et, plus récemment, l’Inde. La plupart de ces pays disposent d’agences spatiales nationales.

Pourquoi cette activité s’est-elle autant développée ?

Nous parlons aujourd’hui des satellites, qui représentent certes un investissement important pour les budgets publics. Mais il existe également les CubeSats, les nanosatellites et les petits satellites, dont les coûts de fabrication et de lancement sont beaucoup plus faibles.

La réduction du coût des lancements ainsi que la récupération des lanceurs ont également contribué au développement du secteur. Auparavant, les lanceurs étaient utilisés une seule fois avant d’être abandonnés. Aujourd’hui, notamment grâce à SpaceX, ils peuvent être récupérés et réutilisés. Cette technologie permet de faire atterrir les lanceurs sur leur plateforme de lancement ou sur une autre plateforme.

Les missions spatiales sont elles aussi devenues plus accessibles. Certaines missions, notamment vers la Lune, peuvent désormais être réalisées en quelques jours ou quelques semaines. Cette évolution a contribué à réduire les coûts et à ouvrir le secteur à de nouveaux acteurs.

L’espace représente également un enjeu majeur de souveraineté. Un pays peut ne pas posséder de satellite, mais avoir accès à des données satellitaires. Ces données sont utiles dans de nombreux domaines, notamment l’astronomie, l’agriculture, la gestion de l’eau et l’observation de l’environnement.

Nous sommes aujourd’hui confrontés à une quantité considérable de données. Des professionnels et des organisations peuvent transmettre des millions d’informations, ensuite réparties entre différents laboratoires ou institutions afin d’être analysées. Ces données contribuent à résoudre des problèmes spécifiques et à améliorer la prise de décision.

La Tunisie est-elle présente dans ce domaine ?

La Tunisie est présente, mais elle reste en retard. Nous disposons d’une Commission spatiale, mais j’ai toujours émis des réserves à son sujet. Notamment parce qu’il s’agit d’une commission interministérielle placée sous la tutelle du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique.

À mon avis, cette structure devrait être intégrée dans un véritable cadre légal et institutionnel. Certains pays disposent d’agences spatiales, comme l’Algérie, qui possède une agence spatiale nationale. En Tunisie, nous en sommes encore au stade d’une commission ministérielle. Par ailleurs, cette commission compte parfois des personnes qui ont pris leur retraite ou qui ne sont plus réellement actives. Or, une structure de ce type doit être dynamique et capable de suivre les évolutions rapides du secteur spatial.

Faut-il créer une agence spatiale avant de construire un lanceur ou un satellite, ou bien l’inverse ?

Il faut d’abord définir les besoins et les priorités. La création d’une agence spatiale devrait précéder la mise en œuvre de grands projets. Une telle agence permettrait de structurer le secteur, de définir une stratégie nationale et de coordonner les différents acteurs.

Il faut également comprendre que les activités spatiales sont encadrées par des règles internationales. Lorsqu’un satellite est lancé, il doit être enregistré au nom d’un État. Toute activité spatiale est donc soumise à un cadre juridique international.

La Tunisie dispose-t-elle d’une législation spatiale ?

La Tunisie ne dispose pas totalement d’une législation spatiale nationale complète et spécifique. Le cadre applicable repose essentiellement sur le droit international de l’espace. La mise en place d’un cadre juridique national apparaît néanmoins nécessaire pour structurer un écosystème spatial tunisien.

Des initiatives existent déjà. À Sfax, un projet de satellite a été mené à bien. À Tunis, un projet porté par la Cité des sciences a abouti à la conception d’un petit satellite destiné à la collecte de données.

Il convient de souligner que le secteur spatial ne se limite pas aux ingénieurs en aéronautique ou aux spécialistes des lanceurs. Il mobilise de nombreuses compétences dans des domaines tels que l’électronique, l’informatique, le développement logiciel, l’intelligence artificielle, les systèmes d’information, la télédétection, la cybersécurité, le climat, l’environnement, l’agriculture, le droit et la gestion des ressources hydriques. 

Même des métiers plus traditionnels peuvent contribuer aux activités spatiales. Il peut être nécessaire de faire appel à des médecins, des techniciens, des soudeurs, des peintres ou encore des artisans. Le secteur spatial mobilise donc un large éventail de compétences.

Il ne faut pas penser que seuls les étudiants qui suivent une formation directement liée à l’espace peuvent intégrer ce domaine. L’essentiel est de disposer de compétences utiles au secteur. L’État doit encourager et développer ces compétences afin qu’elles puissent ensuite être mobilisées dans les activités spatiales.

Une agence spatiale ne regroupe donc pas uniquement des astronautes et des ingénieurs. Elle comprend également des techniciens, des chercheurs, des universitaires et des spécialistes chargés de définir les orientations stratégiques.

Combien de satellites la Tunisie possède-t-elle actuellement ?

La Tunisie possède actuellement un seul satellite : Challenge One. Un autre satellite devrait être développé ou lancé à l’horizon 2027.

Il faut également distinguer les satellites de télécommunication des satellites scientifiques, notamment les télescopes spatiaux. Les satellites de télécommunication sont généralement placés sur des orbites situées à plusieurs centaines de kilomètres de la Terre. Tandis que certains télescopes spatiaux sont positionnés beaucoup plus loin.

Le télescope spatial James Webb, par exemple, se trouve à environ 1,5 million de kilomètres de la Terre. Il a été développé grâce à la coopération entre plusieurs pays, notamment les États-Unis, le Canada et des pays européens. Son miroir est recouvert d’une fine couche d’or afin d’améliorer ses performances scientifiques.

Cela montre que les grands projets spatiaux nécessitent des ressources financières importantes, des technologies avancées et une coopération internationale. Même lorsqu’un pays ne dispose pas des moyens suffisants pour construire seul un satellite ou un télescope, il peut participer à des projets internationaux.

Le secteur spatial peut-il contribuer à résoudre les problèmes liés à l’eau ?

Les applications spatiales sont particulièrement importantes pour la gestion de l’eau. Les satellites peuvent surveiller les barrages, suivre l’évolution de leur niveau de remplissage et fournir des données sur les ressources hydriques.

Ces informations sont utiles pour anticiper les périodes de sécheresse, suivre la progression de la désertification et améliorer la gestion des ressources naturelles. Elles peuvent également contribuer à protéger les zones sensibles et à mieux planifier les politiques publiques.

Prenons l’exemple d’un agriculteur qui possède une parcelle et souhaite la vendre à un prix élevé. Si l’on ne tient compte que de l’intérêt individuel, cette vente peut sembler avantageuse. Mais une observation à l’échelle du pays peut révéler que cette zone joue un rôle important dans la protection contre les inondations ou dans la préservation des terres agricoles.

Les satellites permettent justement d’avoir une vision globale du territoire. Ils fournissent des données précieuses sur l’occupation des sols, l’évolution des zones agricoles, la désertification et les risques environnementaux.

La Tunisie peut-elle accéder à ces données sans posséder de nombreux satellites ?

Oui. Même si la Tunisie ne dispose pas des moyens nécessaires pour lancer plusieurs satellites, elle peut accéder aux données produites par des satellites étrangers ou dans le cadre de projets internationaux.

Ces données peuvent être gratuites ou payantes. La Tunisie peut également participer à des programmes de coopération avec d’autres pays, notamment dans les domaines de l’observation de la Terre, de l’agriculture, de l’eau et du climat.

La collaboration avec l’Italie, par exemple, peut être utile. Lorsqu’un pays dispose d’un secteur spatial limité, il n’est pas nécessairement rentable pour lui d’investir seul dans des infrastructures très coûteuses. Il peut plutôt exploiter les données déjà disponibles ou participer à des projets communs.

L’essentiel est donc de définir clairement les besoins de la Tunisie et de déterminer comment les données spatiales peuvent contribuer au développement du pays.

La Tunisie doit ainsi renforcer son cadre institutionnel et juridique, développer ses compétences nationales et utiliser davantage les données satellitaires; même si elle ne possède pas encore un grand nombre de satellites. Autrement dit, la Tunisie doit être dans l’ère du New Space au service du développement.

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Transferts TRE et tourisme : 12,77 Mrds de dinars de recettes, en hausse de 4,96 % en septembre 2026

Les derniers indicateurs de la Banque centrale de Tunisie (BCT) publiés le 24 septembre 2026 font ressortir que les transferts des Tunisiens résidant à l’étranger (TRE) et les recettes touristiques ont généré 12,77 milliards de dinars au 20 septembre 2026. Soit une progression de 603 millions de dinars (+4,96 %) par rapport à la même période en 2025.

Les transferts des TRE restent en tête avec 6,67 milliards de dinars (+5,2 %), devant les recettes touristiques à 6,09 milliards de dinars (+4,69 %), soit un écart de 581,8 millions de dinars entre les deux postes.

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Nadia Hai : « L’urgence climatique est là, il faut agir pour la Méditerranée »

À la veille de la 9ᵉ édition du Forum mondial de la mer à Bizerte, placée sur le thème «Agir pour une Méditerranée sans plastique», l’Institut français de Tunisie (IFT) a organisé, le 23 septembre 2026, un débat sur les défis environnementaux communs au bassin méditerranéen et les réponses à construire ensemble. Dans ce contexte, quelles sont les priorités d’action et quelles initiatives concrètes existent, côté européen et tunisien, pour concilier les enjeux économiques et la protection de l’environnement? Rencontre exclusive avec l’ambassadrice Nadia Hai, déléguée interministérielle à la Méditerranée au ministère de l’Europe et des Affaires étrangères de France. 

 

La dimension scientifique est-elle essentielle pour mieux protéger l’environnement à grande échelle?

Absolument. La science est indispensable pour comprendre, mesurer et orienter l’action. Mais la protection de l’environnement ne peut pas se limiter aux études, aux analyses et aux recherches. Aujourd’hui, le constat est là.

Ce que nous imaginions comme un avenir lointain, c’est notre présent. Des personnes meurent lors de canicules extrêmes. Des incendies se multiplient à cause de la sécheresse et des bouleversements climatiques. Nous voyons aussi des inondations, des tempêtes et même des ouragans dans des régions de France où de tels phénomènes étaient inédits.

L’impact sur la santé humaine et animale est également avéré, notamment à travers la pollution, en particulier la pollution plastique, qui a beaucoup été évoquée lors du débat organisé à l’IFT dans le cadre des rendez-vous géopolitiques sur l’environnement.

Concrètement, que faire pour lutter efficacement contre le plastique?

La lutte contre la pollution plastique est au cœur du Forum mondial de la mer à Bizerte, qui réunit chercheurs, responsables politiques, autorités, scientifiques et entreprises pour réfléchir collectivement à la manière de limiter la production de plastique, d’en réduire les impacts sur la santé humaine et animale, et surtout d’agir vite.

L’urgence est là. Il faut passer du constat, des déclarations et des signatures de traités à l’action. Ces deux jours de forum sont importants: ils alertent les autorités, conduisent à des engagements, sensibilisent les pollueurs et tentent d’embarquer les industriels dans une transformation de leurs activités vers des modèles plus vertueux et plus protecteurs de l’environnement.

 

L’urgence est là. Il faut passer du constat, des déclarations et des signatures de traités à l’action. Ces deux jours de forum sont importants: ils alertent les autorités, conduisent à des engagements, sensibilisent les pollueurs et tentent d’embarquer les industriels dans une transformation de leurs activités vers des modèles plus vertueux.

 

Mais, en réalité, l’action commence chez chacune et chacun d’entre nous : trier ses déchets, ne pas les abandonner dans la nature, les mettre dans une poubelle, on en est parfois encore là. Limiter ses trajets en voiture, privilégier la marche ou le vélo,.. ce sont des gestes du quotidien.

Face aux grands pollueurs, l’effort individuel peut sembler dérisoire. Pourtant, si chacun y met du sien, le cumul devient considérable. La lutte contre les pollutions est à la portée de tous

Il est clair que ces forums sont aussi importants pour inciter, voire imposer, des normes et des réglementations aux plus gros émetteurs. Mais il faut que chacun se demande: qu’est-ce que je peux faire, à mon niveau, pour protéger l’environnement?

C’est la première fois que vous intervenez au Forum mondial de la mer?

Oui, car j’ai été nommée il y a un an et demi. L’année dernière, je n’ai pas pu m’y rendre : j’étais appelée à représenter la France à un autre événement de l’Union pour la Méditerranée, à Barcelone.

Cette année, je ne me voyais pas ailleurs qu’ici, à Bizerte, pour le Forum mondial de la mer. La Méditerranée est dans un état d’urgence absolue. Je me suis baignée cet été en Méditerranée, comme beaucoup de Tunisiennes et de Tunisiens, et j’ai remarqué quelque chose que je n’avais jamais observé auparavant : la température de l’eau, excessivement chaude.

Cela doit nous interpeller. Une mer plus chaude, c’est la disparition de la biodiversité marine. C’est la posidonie, cette plante qui capte le CO₂ et les émissions de gaz à effet de serre, qui est menacée. Selon les scientifiques, si nous ne faisons pas collectivement ce qu’il faut pour la préserver, la Méditerranée pourrait être déclarée « mer morte » d’ici 2050.

 

La préserver passe par les gestes du quotidien, mais aussi par la lutte contre tous les types de pollution: s’adresser aux industriels, décarboner le transport maritime, électrifier les ports, décarboner les activités portuaires.

 

La préserver passe par les gestes du quotidien, mais aussi par la lutte contre tous les types de pollution: s’adresser aux industriels, décarboner le transport maritime, électrifier les ports, décarboner les activités portuaires. C’est un ensemble d’actions à mener collectivement si nous voulons continuer à nous y baigner et surtout si nous voulons que cette mer continue de nous protéger.

Pensez-vous qu’agir maintenant, dire « stop » aux pollueurs, soit suffisant pour atteindre, à l’horizon 2050, l’objectif « zéro déchet, zéro pollution »?

En tout cas, c’est nécessaire. Toutes ces actions permettront, à défaut d’inverser immédiatement la tendance, de ralentir le phénomène, et peut-être, à terme, de le contenir.

Quand on défriche une terre, on voit parfois, au bout de quelque temps, de nouvelles plantes, de l’herbe, repousser. Il est donc possible de réimplanter des espèces vivantes en mer, de préserver la posidonie.

En définitive, il faut agir, parce que c’est obligatoire, parce que c’est urgent. Les résultats, on les verra ensuite. Mais il faut commencer maintenant.

 

Quand on défriche une terre, on voit parfois, au bout de quelque temps, de nouvelles plantes, de l’herbe, repousser. Il est donc possible de réimplanter des espèces vivantes en mer, de préserver la posidonie.

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Mohamed Ali Nafti à l’ONU : la Tunisie vise 62 % de réduction carbone d’ici 2035

Le ministre des Affaires étrangères, de la migration et des Tunisiens à l’étranger, Mohamed Ali Nafti, a réaffirmé l’engagement de la Tunisie à accélérer la transition vers les énergies propres et à renforcer sa résilience climatique, notamment dans les domaines de l’eau, de l’alimentation et de l’énergie. Il s’exprimait lors d’une réunion de haut niveau sur l’action climatique organisée par le secrétaire général de l’ONU à New York.

 

De ce fait, il a présenté la « Contribution Déterminée au niveau National » (CDN 3.0), qui vise une réduction de 62 % de l’intensité carbone d’ici 2035 (par rapport à 2010) et une part de 35 % d’énergies renouvelables dans le mix électrique d’ici 2030, un programme estimé à 55 milliards de dollars.

Le ministre a insisté sur la nécessité d’un soutien international accru aux pays en développement (financements concessionnels, dons, transferts de technologies) et a annoncé un atelier national le 7 octobre 2026, en coopération avec le PNUD, pour améliorer l’accès aux financements climatiques multilatéraux.

Il a aussi insisté sur la nécessité, pour les pays en développement, notamment les pays les plus vulnérables aux changements climatiques, de bénéficier d’un accès facilité aux financements concessionnels et aux dons, du transfert de technologies, du renforcement des capacités ainsi que de partenariats d’investissement renforcés, particulièrement dans les domaines des énergies renouvelables et de l’adaptation aux changements climatiques.

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Forum africain de l’énergie : la Tunisie mise sur les renouvelables et les partenariats internationaux

Le secrétaire d’État chargé de la Transition énergétique, Ouael Chouchane, a inauguré à Tunis la deuxième édition du Forum africain de l’énergie, organisée sous le thème : « Leadership et coopération pour un avenir sûr et durable ».

Il a souligné le rôle central de l’énergie dans la souveraineté économique, la compétitivité industrielle et l’attractivité des investissements. Face au déficit énergétique, la Tunisie mise notamment sur le développement des énergies renouvelables, l’amélioration de l’efficacité énergétique, la modernisation du réseau électrique et le recours aux technologies telles que l’intelligence artificielle, les réseaux intelligents et les solutions de stockage.

Le secrétaire d’État a également insisté sur l’importance de l’autoproduction d’électricité renouvelable pour aider les entreprises à réduire leurs coûts et à renforcer leur compétitivité. Il a rappelé les investissements engagés dans les centrales solaires et les projets éoliens.

Enfin, il a mis en avant le rôle des partenariats régionaux et internationaux, notamment avec l’Algérie, l’Italie et l’Union européenne, à travers le projet d’interconnexion électrique ELMED. Organisé par l’Association des professionnels de l’énergie, en partenariat avec l’ETAP et l’ANME, le forum vise à favoriser l’échange d’expertises et à identifier de nouvelles opportunités de coopération et d’investissement.

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Mission d’affaires Tunisie-Algérie sous le signe du partenariat économique

La première journée de la Mission d’affaires Tunisie–Algérie, organisée du 22 au 24 septembre 2026 par la CONECT International, en partenariat avec la Confédération Algérienne du Patronat Citoyen (CAPC), s’est déroulée sous le signe des échanges économiques et du renforcement des partenariats bilatéraux.

Conduite par Tarek Cherif, la délégation tunisienne réunit des entreprises opérant dans plusieurs secteurs, notamment l’industrie, l’agroalimentaire, l’énergie, les matériaux de construction, les services et le digital.

La journée a été marquée par une rencontre avec les membres de la CAPC, en présence de représentants de l’Ambassade de Tunisie à Alger, du CEPEX et d’organisations professionnelles algériennes. Les discussions ont porté sur les échanges commerciaux, les secteurs porteurs, les opportunités d’investissement et le potentiel de coopération stratégique entre les deux pays.

La rencontre s’est poursuivie par une session de networking B2B, permettant aux entreprises tunisiennes et algériennes d’explorer de nouvelles opportunités de partenariat. La journée s’est clôturée par un dîner de networking offert par la CAPC, dans une ambiance propice aux échanges, avant la poursuite de la mission jusqu’au 24 septembre 2026.

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