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HawKar, 10 ans pour mettre une voiture tunisienne sur la route

Il aura fallu près de dix ans à HawKar pour passer de l’idée au véhicule. Le projet prend forme en 2015, après les études de sa fondatrice, puis entre dans une phase de développement en 2016. L’entreprise est finalement créée en octobre 2018. Depuis, la startup travaille sur un véhicule électrique destiné aux personnes à mobilité réduite, avec une particularité dès sa conception, l’accès direct en fauteuil roulant.

HawKar a fait le choix de développer son propre véhicule plutôt que de partir d’un modèle existant à aménager. Un choix qui a allongé le processus de mise au point. La conception d’un véhicule impose en effet des développements mécaniques et électroniques, des prototypes, des essais de résistance et de comportement sur route, ainsi que des démarches liées à la conformité et aux exigences de sécurité.

Le financement a également rythmé l’évolution du projet. Pour avancer d’une étape à l’autre, la startup a eu recours à des subventions, des concours, des financements d’amorçage et différents partenariats. HawKar s’inscrit aujourd’hui dans l’écosystème tunisien de l’innovation et indique bénéficier de la dynamique du Startup Act.

Son réseau de partenaires s’est constitué progressivement. ACTIA accompagne le projet depuis 2017 et le business angel Walid Charfi depuis 2018. Le CIPPH a rejoint le dispositif en 2021, suivi par la GIZ en 2022. En 2024, CTAMA est entrée au capital de HawKar.

Le passage aux essais pilotes

La startup a récemment présenté son véhicule final au Technopole d’El Ghazala. Elle se trouve désormais dans une phase de tests pilotes menée avec des partenaires institutionnels et stratégiques. Cette étape doit permettre de poursuivre la validation du véhicule avant son passage à la production.

HawKar prépare également une nouvelle levée de fonds. Les ressources recherchées doivent servir à financer les pilotes et à accompagner le passage du stade pré-industriel à une offre commercialisable de véhicules haut de gamme et personnalisables.

À ce jour, la startup ne communique pas de volumes de production ni de chiffres de ventes. Son activité reste donc principalement orientée vers le développement, les essais et la préparation de la phase commerciale.

Les prochaines priorités sont clairement identifiées. HawKar veut achever les pilotes en cours, renforcer ses partenariats industriels et financiers et préparer son lancement commercial en Tunisie. L’entreprise envisage ensuite une extension vers les marchés africains.

Ce positionnement répond à une difficulté que HawKar identifie dans la région MENA et en Afrique. Les transports collectifs et certaines infrastructures restent peu adaptés aux personnes à mobilité réduite, tandis que les véhicules aménagés importés peuvent représenter un coût important. La startup cherche à apporter une solution conçue spécifiquement autour de cet usage.

Pour sa fondatrice, le développement d’un projet industriel passe également par la capacité à réunir les bonnes compétences autour de l’entreprise. Elle insiste notamment sur l’importance de s’entourer d’experts lorsque les besoins dépassent ses propres domaines de compétence. Elle encourage par ailleurs les femmes entrepreneures à investir des secteurs comme l’automobile, la mécanique et la mobilité.

Après plusieurs années consacrées au développement du véhicule, HawKar entre ainsi dans une phase où les enjeux portent désormais sur les tests, le financement et le passage à la production. La prochaine étape sera celle de la commercialisation, d’abord en Tunisie, puis sur les marchés africains.

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Tunisie : ANAVA et InnovaTech pour décentraliser le financement des startups et PME innovantes

Après une première tournée en 2025 dans quatre villes ; Bizerte, Kairouan, Sfax et Gabès, le projet « Startups et PME Innovantes » enchaîne avec quatre nouvelles étapes prévues d’ici fin octobre. Porté par la Banque mondiale et piloté par la Caisse des Dépôts et Consignations en partenariat avec Smart Capital, le programme cherche à combler le déficit de financement dont souffrent les jeunes entreprises innovantes en dehors des grands centres, en irriguant progressivement l’ensemble du territoire.

Le Roadshow 2026 démarre au Kef le 28 septembre, avant de passer par Monastir le 6 octobre, puis Gafsa et Zarzis respectivement les 22 et 23 octobre. Par rapport à la première édition, l’accent est mis cette fois sur les particularités économiques de chaque bassin régional plutôt que sur une présentation uniforme des dispositifs.

Des outils de financement mis en avant sur le terrain

À chaque étape, les organisateurs détailleront deux leviers : d’un côté, ANAVA, un fonds qui s’adresse à plusieurs Child Funds pour muscler le capital-investissement dans les startups ; de l’autre, InnovaTech, orienté vers les PME innovantes. Au-delà de la présentation technique, l’initiative cherche à créer des contacts directs entre porteurs de projets, investisseurs, banques régionales, SICAR, universités, technopoles et organisations professionnelles locales.

Ce format itinérant répond à une réelle problématique : la majorité des mécanismes de financement de l’innovation restent concentrés sur le Grand Tunis et les grands pôles économiques, alors que les régions ciblées disposent de compétences universitaires et de filières économiques spécifiques encore sous-exploitées.

Pour les investisseurs en capital-risque et les SICAR régionales, ce type de rendez-vous constitue un canal d’identification de deal-flow en dehors des circuits habituels et un test de la capacité de dispositifs comme ANAVA ou InnovaTech à irriguer réellement l’investissement hors des zones côtières.

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Les startuppeuses africaines reçoivent moins de 1% des fonds mobilisés

Les startups dirigées par des femmes restent en marge du paysage du financement en Afrique. C’est ce qui ressort des chiffres annoncés lors du She Code Africa Summit 2026 tenu à Lagos. Il s’agit d’une organisation visant à rendre les femmes opérant dans la technologie plus visible.

Les femmes entrepreneurs en solo ou en équipes reçoivent moins de 1 % du capital recensé sur les marchés africains. Par contre, leurs homologues masculins accaparent 91 % des ressources. Le gap est énorme.

Pour plusieurs, la réduction de cet écart passe, en partie, par le placement davantage de femmes dans les sociétés d’investissement et les fonds de capital-risque. La réalité montre que cela ne suffit pas. Il faut plutôt placer les femmes dans des positions où les décisions d’investissement sont réellement prises.

Ce manque de financement n’est pas exclusivement la responsabilité de l’écosystème. Les femmes qui ont réussi à passer le cap doivent aussi prendre leurs responsabilités et soutenir d’autres femmes en quête de ressources pour se développer.

En même temps, il faut améliorer la manière d’aller chercher des capitaux. Les femmes doivent maîtriser leurs opérations, développer des relations avec les investisseurs et communiquer clairement à la fois leur proposition de valeur et leur potentiel de croissance. Les bailleurs de fonds cherchent de plus en plus de la rentabilité et sans des perspectives claires de pouvoir dégager des bénéfices dans des délais logiques, il est quasiment impossible de les convaincre.

Enfin, les fonds propres ne sont pas la seule voie. La dette pourra ouvrir plus de pistes pour accéder aux ressources financières et les statistiques montrent qu’elles représentent aujourd’hui le principal levier de financement dans le continent.

Il faudra de longues années pourque cette situation s’améliore. L’accompagnement et l’encadrement des femmes est le seul moyen capable de les aider à concrétiser leurs projets.

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