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La Tunisie veut réduire sa dépendance aux importations d’énergie

La transition énergétique n’est plus seulement une question environnementale, mais une composante de la sécurité et de la souveraineté économiques de la Tunisie, appelée à réduire sa dépendance aux importations d’énergie ainsi que son exposition aux turbulences des marchés internationaux. C’est le message délivré par le secrétaire d’État à la Transition énergétique, Wael Chouchane, lors de l’ouverture de la deuxième édition de l’Ifriqiya Energy Hub, un forum qui réunit, les 24 et 25 septembre 2026, à la Cité de la Culture, à Tunis, plus de 200 experts et acteurs issus de pays africains, européens et méditerranéens.

Selon Chouchane, la conjoncture internationale actuelle — marquée par l’instabilité géopolitique, la volatilité des marchés, les risques pesant sur la sécurité des approvisionnements et des engagements climatiques de plus en plus contraignants — impose à la Tunisie d’accélérer l’élaboration d’un nouveau modèle énergétique.

Cette stratégie repose sur deux axes principaux : le développement des énergies renouvelables, afin de diversifier l’approvisionnement et de réduire les coûts, et l’efficacité énergétique, pour maîtriser la consommation, renforcer la compétitivité des entreprises et diminuer la dépendance extérieure.

Le gouvernement mise également sur l’autoproduction d’électricité et sur la modernisation du réseau national, une étape nécessaire pour intégrer des parts croissantes d’énergie solaire et éolienne.

Dans ce contexte, Chouchane a rappelé les différents projets d’énergies renouvelables lancés dans le pays ainsi que les travaux en cours pour réviser le Code des hydrocarbures, avec pour objectif affiché de rendre le cadre réglementaire plus propice aux investissements et de réduire les risques pour les opérateurs privés.

La Tunisie ambitionne de porter la part des énergies renouvelables à 35 % de son mix électrique d’ici 2030, et à 50 % d’ici 2035, contre seulement 6 à 7% aujourd’hui.

Cet enjeu est particulièrement sensible pour un pays dont le déficit énergétique dépasse 60% et qui reste fortement dépendant des importations de pétrole et de gaz.

Dans ce contexte aussi, le projet Elmed — une interconnexion électrique sous-marine reliant la Tunisie à l’Italie — joue un rôle central.

Chouchane a présenté ce projet comme une infrastructure stratégique destinée à renforcer la sécurité énergétique de la Tunisie et les échanges entre les deux rives de la Méditerranée, en complément de la coopération énergétique traditionnelle avec l’Algérie.

Cette liaison, d’une capacité de 600 mégawatts et longue d’environ 220 kilomètres entre la Sicile et le cap Bon tunisien, constituera la première connexion électrique directe entre la Tunisie et l’Italie. La Banque mondiale, qui a approuvé en 2023 un financement de 268,4 millions de dollars pour le projet, en prévoit la mise en service d’ici 2028.

Elmed est conçu comme une liaison bidirectionnelle, destinée à la fois à soutenir la stabilité du réseau tunisien et à créer, grâce à l’augmentation des capacités en énergies renouvelables, un canal d’échange d’électricité entre l’Afrique du Nord et l’Europe.

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Aéronautique | Aksa Composites s’implante en Tunisie

La société turque Aksa Composites, filiale du groupe Akkök, vient d’officialiser son implantation en Tunisie avec la signature, jeudi 24 septembre 2026, de son bail industriel au Technopole de Borj Cédria, au sud de Tunis. «La Tunisie confirme son attractivité dans les industries aéronautiques et les matériaux avancés», commente le Groupement des industries tunisiennes aéronautiques et spatiales (Gitas) dans un communiqué.

Le projet représente un investissement initial annoncé de 5 millions de dollars et constitue la première implantation d’Aksa Composites sur le continent africain. L’entreprise prévoit de développer en Tunisie des activités liées à la fabrication de composants et matériaux composites destinés notamment au secteur aéronautique.

Le Gitas à la manœuvre

Cette implantation est aussi le résultat d’un travail engagé en amont par l’écosystème aéronautique tunisien et, notamment, par le Gitas, sous l’impulsion de sa présidente Stefania Sonia Dallali, qui a joué un rôle important dans l’identification et la mise en relation avec l’investisseur turc.

Les premiers contacts avec Aksa Composites remontent au Hamburg Aviation Forum 2025, où des échanges ont été initiés avec le Gitas. Ils ont ensuite donné lieu à plusieurs discussions, rencontres et démarches visant à faire connaître à l’entreprise les capacités industrielles tunisiennes, son tissu de sous-traitants, ses compétences et son intégration dans les chaînes de valeur aéronautiques internationales.

«Cette dynamique illustre l’une des missions fondamentales du Gitas : rapprocher les industriels internationaux de l’écosystème tunisien et favoriser l’émergence de nouvelles opportunités d’investissement et de coopération dans l’aéronautique et le spatial», souligne le groupement professionnel dans son communiqué.  

Mme Dallali a souligné la portée de l’arrivée d’Aksa Composites en Tunisie. Pour le Gitas, le choix de la Tunisie par un acteur turc spécialisé dans les matériaux composites avancés constitue une nouvelle illustration de la confiance acquise par la filière aéronautique tunisienne au cours des dernières décennies.

Avec un tissu industriel de plus de 80 entreprises et une forte orientation export, la filière tunisienne s’est progressivement intégrée aux chaînes de valeur internationales. La qualité des compétences, la proximité de l’Europe, la flexibilité industrielle et l’existence d’un écosystème de fournisseurs constituent autant d’atouts mis en avant pour attirer de nouveaux investissements.

Stefania Sonia Dallali entourée des représentants de la société turque.

Fipa assure l’accompagnement institutionnel

La présidente du Gitas a également rappelé l’importance du développement des partenariats internationaux de la filière, notamment avec les organisations professionnelles française et allemande de l’aéronautique.

Le rôle du Gitas s’inscrit dans une dynamique complémentaire avec celui de la Fipa-Tunisia. L’agence de promotion de l’investissement extérieur a accompagné le projet dans ses différentes étapes et a notamment participé aux échanges portant sur le choix du site, les conditions d’implantation et les démarches nécessaires à la concrétisation de l’investissement.

Une rencontre organisée par la Fipa le 19 mai 2026 avait notamment permis de confirmer le projet et de poursuivre les discussions autour de son implantation en Tunisie.

La signature du bail industriel à Borj Cédria vient ainsi concrétiser un processus auquel ont contribué plusieurs acteurs de l’écosystème tunisien : Gitas, Fipa, le Technopole de Borj Cédria ainsi que les partenaires institutionnels et professionnels tunisiens et turcs.

Un investissement à forte valeur ajoutée

À travers cette implantation, Aksa Composites entend développer une activité industrielle orientée vers les matériaux composites et les applications aéronautiques.

Le groupe dispose déjà d’une expertise internationale dans les matériaux composites et dans différentes opérations industrielles destinées notamment aux secteurs aéronautique et à haute performance. Il a également développé des collaborations avec plusieurs grands acteurs internationaux de l’industrie aéronautique.

Selon les informations communiquées, le futur site de Borj Cédria devrait constituer le point de départ d’un développement industriel appelé à évoluer progressivement en Tunisie. Des sources sectorielles évoquent un démarrage opérationnel envisagé à l’horizon 2028 et la création à terme de plusieurs dizaines d’emplois directs.

Au-delà du montant de l’investissement, l’enjeu réside donc également dans le transfert de technologies, le développement des compétences locales et le renforcement de la place de la Tunisie dans les chaînes de valeur internationales des matériaux avancés et de l’aéronautique. joué par le Gitas dans la dynamique industrielle et par la FIPA dans l’accompagnement de l’investissement.

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Les urgences environnementales en Méditerranée en débat à Bizerte

Le Forum Mondial de la Mer à Bizerte a été ouvert jeudi 24 septembre 2026 par Rym Benzina, présidente de La Saison Bleue, plaçant d’emblée la solidarité entre les villes méditerranéennes au centre des débats. Un objectif partagé s’est dégagé dès les premiers échanges : renforcer la résilience des littoraux face aux urgences environnementales et bâtir des réponses collectives durables.

Lotfi Sahli

La séance de l’après-midi a mis à l’honneur le projet Share4Med, lors d’une rencontre réunissant scientifiques, experts internationaux et représentants des municipalités tunisiennes. Pensée comme un véritable outil d’aide à la décision pour les collectivités, la plate-forme Share4Med sert de tremplin pour l’esquisse d’une coalition régionale et d’un agenda de transition commun à l’horizon 2027.

Regards croisés et réalités du terrain

Au cours d’une session interactive particulièrement riche, plusieurs figures engagées se sont succédé à la tribune pour partager leurs expériences de terrain : Giulia Antidormi (SDG4MED), Boumediene Beladjine (Université d’Oran), Tawfik Hassan (Université de Tripoli), Suzan Kholeif (experte en climat et environnement marin basée à Alexandrie), Fayçal Mechri (commune de Kerkennah), ainsi qu’une délégation de la municipalité de Mahdia.

Cette première journée s’est conclue par la présentation d’une feuille de route d’engagements et par l’officialisation de la création de l’association locale CirceMed, un réseau d’organisations mettant l’économie circulaire au service de la transition écologique et sociale de la région Méditerranée, et ce en présence de ses membres fondateurs.

Au-delà de la densité des débats, les participants ont unanimement salué une organisation exemplaire : démarrée à l’heure dite, la session s’est déroulée avec une précision horlogère tout au long de l’après-midi, le débat fut enrichissant pour tous les présents et riche en propositions et recommandations.

Rym Benzina.

Lutte contre le plastique : du constat à l’action

Interrogée sur la possibilité d’éliminer définitivement le plastique en Méditerranée, Rym Benzina s’est voulue pragmatique, rappelant que la priorité absolue demeurait la réduction drastique de ces pollutions à la source.

Les travaux se poursuivent ce vendredi,centrés sur la lutte contre la pollution plastique et le passage du constat à l’action.

La matinée s’ouvre sur les enjeux du Traité mondial contre la pollution plastique, suivis d’un état des lieux scientifique (Horizon 2030) et d’un zoom sur les réalités tunisiennes, conciliant tourisme, économie circulaire et innovation. Les gouvernements et l’Union européenne (UE) partageront leurs positions sur l’économie bleue et les politiques maritimes.

L’après-midi sera consacrée aux alliances multiple-acteurs, mettant en lumière le projet PlasticMed Lab, les initiatives de la société civile et les synergies entre villes méditerranéennes. La jeunesse prendra ensuite le relais avec un focus sur l’éducation environnementale via les Aires marines éducatives et les Clubs Jeunes Océans.

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Converse retire une pub accusée de références au Ku Klux Klan

La marque américaine de baskets a présenté des excuses après des critiques sur les réseaux sociaux l’accusant de références à l’imagerie suprémaciste du Ku Klux Klan. La publicité a été initialement postée sur le compte Instagram de Converse. On y…

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Tunisie. Pourquoi la Banque mondiale prédit-elle un ralentissement de la croissance ?

Après le rebond enregistré en 2025, l’économie tunisienne semble déjà entrer dans une nouvelle phase de ralentissement, selon l’institution financière de Washington. Dans son dernier Bulletin de conjoncture économique consacré à la Tunisie, publié le 22 septembre, la Banque mondiale…

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Tunisie. Les paradoxes du projet de loi de finances 2027

À moins d’un mois du dépôt du projet de loi de finances 2027 au Parlement tunisien, Kaïs Saïed vient de fixer une première orientation : alléger la pression fiscale et faciliter la création d’entreprises, qu’il s’agisse d’initiatives privées ou de…

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Chiffre de la semaine : les transferts d’argent ont doublé en 10 ans

La somme est colossale : près de 729 milliards de dollars ont été envoyés en 2025 par les diasporas et travailleurs migrants pour soutenir leurs proches dans les pays à revenus faibles ou moyens. C’est près de deux fois plus…

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La destination Maroc brille à l’IFTM TopResa 2026 de Paris

Le Maroc a inauguré, mardi 15 septembre, son Pavillon au salon du tourisme (IFTM Top Résa 2026), qui se tient du 15 au 17 septembre à Paris lors d’une cérémonie officielle.     En bref Le Maroc inaugure son Pavillon…

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Tunisie. Inflation : le 5,4 % officiel masque-t-il une réalité bien plus lourde ?

Le taux d’inflation en Tunisie est remonté à 5,4 % en août 2026, contre 5,1 % un mois auparavant. Un chiffre qui, selon de nombreux experts, ne traduit qu’imparfaitement la réalité vécue par les ménages tunisiens. Parmi les économistes qui…

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