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Quand la CNSS et la CNRPS siphonnent les finances de la CNAM : les créanciers et le système de santé trinquent

Les dettes de la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM) envers les hôpitaux publics ont dépassé 2,2 milliards à fin juin 2026, selon un bilan arrêté à fin juin 2026 par le Syndicat général des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes hospitalo-universitaires.

Ces dettes ont enregistré une forte hausse par rapport à fin 2025 (environ 1,95 milliard de dinars) et fin 2024 (près de 1,5 milliard de dinars).

Les structures sanitaires publiques dont les créances auprès de la CNAM étaient particulièrement élevées en juin dernier sont, entre autres, l’hôpital universitaire Fattouma Bourguiba de Monastir (plus de 135 millions de dinars) et les hôpitaux Farhat Hached et Sahloul à Sousse, ainsi que Charles Nicolle à Tunis (entre 130 et 135 millions de dinars).

L’origine du mal remonte à 2015, lorsque le gouvernement avait fait le choix de réorienter une grande partie des cotisations sociales perçues par la CNAM vers la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) et la Caisse nationale de retraite et de prévoyance sociale (CNRPS) pour pallier leurs déficits et garantir le versement des pensions de retraite et autres prestations sociales, causant une grave crise de liquidités au niveau de la caisse chargée d’administrer le régime national d’assurance-maladie.

Selon le dernier rapport du ministère des Finances sur les établissements publics, publié début 2024, les dettes cumulées de la CNSS et de la CNRPS envers la CNAM atteignaient la somme colossale de 8,787 milliards de dinars à la fin de l’année 2022. Cette somme aurait augmenté considérablement au cours des dernières années. Mais l’impact de la crise de liquidités de la CNAM ne s’arrête pas au niveau des établissements publics de santé. Privés de ces fonds importants, ceux-ci rencontrent de grandes difficultés financières pour assurer leurs charges de fonctionnement, entretenir leur matériel ou régler leurs propres fournisseurs. Ainsi, une boucle de non-paiement s’est formée menaçant l’ensemble des intervenants, tels que la Pharmacie centrale de Tunisie (PCT), les fournisseurs d’équipements et de consommables médicaux ou encore les laboratoires pharmaceutiques locaux et étrangers. Le système de santé fonctionne comme une chaîne, dont les différents maillons sont interdépendants financièrement.

Début septembre, la Chambre syndicale nationale des entreprises de dispositifs et équipements médicaux a pressé les autorités de tutelle d’accélérer le règlement des créances accumulées par ces entreprises auprès des établissements publics de santé.

Cet appel a été lancé à l’issue d’une Assemblée générale de la Chambre syndicale consacrée au suivi des derniers développements des travaux de la commission mixte entre le ministère de la Santé et la Chambre, ainsi qu’à l’évaluation de la situation actuelle du secteur.

Lors de cette réunion, les acteurs du secteur ont fait état de tensions de trésorerie asphyxiantes liées au retard de paiement de leurs créances accumulées auprès des structures sanitaires publiques. Ils ont également indiqué que ces difficultés financières ont franchi un cap critique et commencent à se répercuter directement sur les stocks disponibles, faisant planer le spectre d’une pénurie généralisée de matériel médical au sein des établissements publics. 

Une réforme globale est plus que jamais nécessaire 

Face à ces difficultés croissantes, le gouvernement avait annoncé, fin 2025, l’octroi d’un financement exceptionnel de 290 millions de dinars destiné à soulager la trésorerie des hôpitaux publics. Cette enveloppe devait notamment leur permettre d’apurer une partie des impayés envers la Pharmacie centrale de Tunisie, afin de garantir la continuité de l’approvisionnement en médicaments.

Le manque de liquidités de la CNAM donne, par ailleurs, du fil à retorde aux prestataires de soins privés. Début juillet dernier, le Syndicat tunisien des médecins libéraux (STML) a tiré la sonnette d’alarme sur un allongement inquiétant des délais de paiement de ses adhérents par la caisse dans le cadre du système du tiers payant. 

«La crise relative au système du tiers payant n’est pas nouvelle, mais elle s’aggrave jour après jour du fait de l’accumulation des créances des médecins du secteur privé auprès de la CNAM, lesquelles ont atteint environ 80 millions de dinars», ont précisé les représentants du syndicat lors d’une séance d’audition par la Commission de la santé, des affaires de la femme, de la famille, des affaires sociales et des personnes handicapées relevant de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP).

Les représentants du STML ont également indiqué que cette situation «a provoqué une crise de liquidité aiguë pour les médecins du secteur privé, en particulier les médecins de première ligne, tout en ayant un impact négatif sur la relation entre le médecin et le patient». Auparavant, le Syndicat tunisien des biologistes privés a également interpellé récemment la caisse pour le règlement immédiat de ses arriérés de paiement, enregistrant des retards similaires de 5 à 6 mois. Ces impayés récurrents constituent, selon le syndicat, «une violation flagrante de la convention sectorielle et placent les laboratoires d’analyses dans l’incapacité d’honorer leurs engagements envers leurs fournisseurs, l’administration fiscale et les caisses de sécurité sociale, mettant en péril la qualité des soins et la sécurité des patients». 

Même constat du côté des pharmaciens d’officine, qui ont menacé à maintes reprises de suspendre le système du tiers payant, avant de trouver un accord de dernière minute avec la CNAM.  

Pour sortir de cette impasse, les prestataires de soins réclament une réforme en profondeur du régime d’assurance maladie, qui doit passer en premier lieu par le transfert direct et intégral des cotisations salariales vers la CNAM, afin de garantir une couverture sanitaire universelle effective et pérenne pour l’ensemble des citoyens.

Walid KHEFIFI

 

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L’injustice infligée par la santé publique au Dr Jalel Taktak

Le drame que vit aujourd’hui le Dr Jalel Taktak, ex-chef de service d’ophtalmologie à l’hôpital universitaire Ibn Al-Jazzar de Kairouan, est une véritable injustice que lui inflige, à 66 ans, la santé publique qu’il avait servie quarante ans durant.  

«Après avoir consacré sa vie à soigner les autres, mon père doit aujourd’hui se battre pour obtenir son propre traitement. La CNAM refuse la prise en charge de sa thérapie ciblée sous prétexte que le médicament coûte cher», a rapporté son fils dans un post Facebook.

Firas Taktak raconte : «Mon père a servi la santé publique pendant plus de 40 ans je me souviens très bien de ses jours de consultation où il dépassait les 14h de travail continu. Il avait fait une règle :  consultation sans rendez-vous. Peu importe le nombre de patients, peu importe l’heure, il reçoit tout le monde. Je l’ai vu faire ça pendant des années. Dans une ville de près de 700 000 habitants, il dépassait parfois les 1 000 interventions chirurgicales par an, dans une spécialité aussi délicate que l’ophtalmologie. Certains diront que c’est impossible ou surhumain mais ceux qui le connaissent peuvent en témoigner. Et malgré toutes les tentations, il n’a jamais voulu quitter le secteur public parce qu’il croyait profondément que la santé ne devait pas devenir un privilège réservé à ceux qui peuvent payer. Aujourd’hui, il souffre d’un cancer métastatique, et c’est une réalité difficile à accepter, parce qu’il a toujours eu une hygiène de vie irréprochable : il n’a jamais fumé, jamais bu, faisait attention à son alimentation et à sa santé. Le seul facteur de risque que j’ai réellement connu dans sa vie, était ce stress permanent, cette pression quotidienne et ces années de travail intense. Après plus de 40 ans au service de la santé publique, voilà donc comment ce pays remercie ceux qui ont consacré leur vie aux autres : on transforme leur survie en calcul comptable. Il ne demande aucun privilège parce qu’il est médecin. Il demande d’être traité comme un patient, avec dignité et humanité. Mon père n’a jamais compté les patients qu’il soignait. Aujourd’hui, son pays compte le prix de sa vie.»

Beaucoup de collègues du Dr Taktak s’adressent au ministre de la Santé publique, Dr Mustapha Ferjani, médecin lui-même,  lui demandant d’intervenir personnellement pour que l’ophtalmologue chirurgien puisse disposer des médicaments dont sa santé a besoin. La balle est dans son camp…

I. B.  

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CNAM : Une révision des maladies et médicaments pris en charge se prépare

Le dispositif de prise en charge des maladies, médicaments et produits médicaux en Tunisie pourrait prochainement évoluer. Le ministère de la Santé indique qu’une révision globale est actuellement menée avec le ministère des Affaires sociales, sous la supervision de la présidence du gouvernement, avec un enjeu direct pour les assurés sociaux.

Un dispositif en cours de réexamen

Dans une réponse officielle à une question parlementaire en date du 10 septembre, le ministère de la Santé fait état de travaux portant notamment sur la classification des maladies ainsi que sur les listes des médicaments, produits et équipements médicaux pris en charge.

Cette démarche concerne donc plusieurs composantes du dispositif actuel de couverture, sans pour autant modifier, à ce stade, les règles appliquées aux assurés de la CNAM.

Le ministère précise que les travaux sont conduits en coordination avec le ministère des Affaires sociales. La supervision de la présidence du gouvernement souligne par ailleurs que le dossier dépasse le seul cadre sanitaire et touche directement au fonctionnement de la couverture sociale.

Pas encore de nouvelles règles pour les assurés

L’annonce ne signifie toutefois pas qu’une nouvelle liste de maladies ou de médicaments est déjà arrêtée. Aucun nouveau plafond de prise en charge ni aucune date d’entrée en vigueur d’un dispositif révisé n’ont été annoncés dans la réponse ministérielle.

Pour les assurés, l’enjeu sera surtout de connaître les critères retenus pour cette révision et ses conséquences concrètes sur les soins et produits actuellement couverts.

À ce stade, plusieurs questions restent donc ouvertes : quelles pathologies seront concernées par la nouvelle classification ? Quels médicaments, produits ou équipements feront l’objet d’un réexamen ? Les niveaux de prise en charge seront-ils modifiés ? Et surtout, quand ces éventuelles évolutions pourraient-elles entrer en vigueur ?

Lire aussi :

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CNAM: Erhöhung der Höchstbeträge für die Kostenübernahme ab dem 1. Februar

Ab dem 1. Februar 2024 wird die jährliche Höchstgrenze der Beträge für die Kostenübernahme von Gesundheitsdienstleistungen, die von der Nationalen Krankenversicherungskasse (CNAM) übernommen werden, offiziell Mehr

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