Le gouverneur de la Banque centrale de Tunisie, Fethi Zouhaier Nouri, a participé du 16 au 18 septembre 2026, à Nairobi, aux 48es Réunions annuelles de l’Association des banques centrales africaines.
En sa qualité de président de la sous-région Afrique du Nord au sein du bureau de l’ABCA pour la période 2025-2026, il a plaidé pour la création d’une « Union africaine de résilience monétaire et financière », préalable, selon lui, à une future union monétaire durable.
À l’issue de ces réunions, le gouverneur de la BCT a été élu membre du conseil d’administration de l’Institut monétaire africain, dont la création est en cours. Les discussions ont également porté sur la coopération monétaire, l’intégration économique et le renforcement de l’autonomie financière du continent.
Fethi Zouhaier Nouri a par ailleurs participé à un symposium consacré à l’intégration monétaire africaine ainsi qu’à une conférence sur l’intelligence artificielle, la gouvernance des données et la transformation numérique des banques centrales.
Le ministre de l’Économie et de la Planification, Samir Abdelhafidh, et Malinne Blomberg, directrice générale adjointe du bureau de la Banque africaine de développement (BAD) en Tunisie, ont signé, mardi 22 septembre 2026, deux accords de garantie entre la République tunisienne et la Banque.
Ces accords portent sur deux financements destinés à la Société nationale d’exploitation et de distribution des eaux (SONEDE) et au Groupe chimique tunisien. Ils ont également été signés par les présidents-directeurs généraux des deux entreprises, Abdelhamid Menja et Omar Bouzouada.
Le premier financement, d’un montant de 111,5 millions d’euros, soit environ 377 millions de dinars, contribuera à la réalisation d’un projet visant à améliorer les performances techniques et énergétiques du réseau d’eau potable du Grand Tunis.
Le second financement, d’une valeur de 110 millions de dollars, soit environ 321 millions de dinars, sera consacré à un projet de soutien à la mise à niveau environnementale et à la modernisation des unités de production du Groupe chimique.
Dans son intervention, Samir Abdelhafidh a souligné que ces deux projets s’inscrivaient dans les priorités et orientations stratégiques du Plan de développement 2026-2030, notamment en matière de sécurité alimentaire et hydrique, de sécurité énergétique et de protection de l’environnement.
Le ministre a également mis en avant la volonté du gouvernement de soutenir les entreprises publiques stratégiques afin de leur permettre d’améliorer leurs performances et leur efficacité, et de réaliser les objectifs économiques et sociaux.
Il a, par ailleurs, salué le niveau de coopération entre la Tunisie et la BAD, ainsi que le rôle de la Banque dans l’accompagnement du développement économique et social du pays.
De son côté, Malinne Blomberg a confirmé la solidité de la coopération entre les deux parties et la disponibilité de la BAD à poursuivre son soutien à la mise en œuvre des priorités et programmes de développement de la Tunisie.
Elle a souligné l’importance des deux projets, notamment pour renforcer la sécurité hydrique et alimentaire, réduire la pollution environnementale, améliorer l’efficacité énergétique, soutenir l’activité économique et contribuer à l’amélioration des conditions de vie.
Le rapport de la Banque mondiale souligne que l’amélioration des précipitations et la hausse du niveau des barrages enregistrées l’année dernière ont apporté un répit à court terme, sans pour autant modifier les défis hydriques structurels auxquels la Tunisie reste confrontée.
Pour traduire le Plan Eau 2050 en résultats durables, le gouvernement prévoit des investissements d’environ 900 millions de dollars par an jusqu’au milieu du siècle. Toutefois, ces financements dans les infrastructures devront être accompagnés de réformes visant à renforcer la gouvernance de l’eau, améliorer la viabilité financière du secteur et accroître la performance des opérateurs de services.
Parmi les mesures jugées prioritaires figurent la modernisation du Code des eaux, la mise en place d’un cadre réglementaire pour la réutilisation des eaux usées traitées, l’amélioration du recouvrement des coûts et la protection des ménages vulnérables.
La Banque mondiale recommande également de réduire les pertes dans les réseaux, d’accélérer la digitalisation des services et de renforcer la gestion de l’irrigation. Ces réformes sont considérées comme essentielles pour garantir la sécurité hydrique et préserver les perspectives économiques de la Tunisie.
Selon le dernier Bulletin de conjoncture économique pour la Tunisie de la Banque mondiale, intitulé « Le défi de l’eau en Tunisie : de la pénurie à la résilience », l’économie tunisienne évolue depuis plusieurs années sur une trajectoire de croissance modérée. Elle demeure également vulnérable à la hausse des prix des importations et aux déséquilibres persistants des finances publiques.
La croissance économique a atteint 2,7% en 2025 et 2,4% en glissement annuel au premier semestre 2026, soutenue notamment par la reprise de l’agriculture, des industries mécaniques et électriques ainsi que du tourisme. Selon les prévisions de la Banque mondiale, elle devrait toutefois ralentir à 2,3% en 2026, avant de s’établir à une moyenne de 2,1% sur la période 2027-2028.
Sur le marché du travail, le taux de chômage a reculé à 14,9% au deuxième trimestre 2026. Les femmes restent néanmoins confrontées à une situation nettement plus défavorable, avec un taux de chômage de 21,6%, soit près du double de celui enregistré chez les hommes.
La pénurie d’eau, un risque économique majeur
Dans son chapitre spécial, la Banque mondiale souligne que la sécurité hydrique constitue un facteur de plus en plus déterminant pour la croissance économique et la création d’emplois en Tunisie.
Le pays dispose actuellement d’environ 380 mètres cubes d’eau douce renouvelable par habitant et par an, un niveau largement inférieur au seuil international de pénurie absolue d’eau. Le changement climatique, l’augmentation de la demande et la dégradation des ressources devraient accentuer la pression sur un système hydrique déjà fortement fragilisé.
Le coût économique de l’inaction pourrait être considérable. Selon le rapport de la Banque mondiale, la pénurie d’eau pourrait entraîner une baisse de 6,4% du PIB tunisien d’ici 2050.
L’agriculture figure parmi les secteurs les plus exposés. Elle emploie environ 14% de la population active nationale et jusqu’à la moitié des travailleurs dans les zones rurales. En l’absence de mesures d’adaptation, le stress hydrique et climatique pourrait entraîner la disparition d’au moins 30% des emplois agricoles d’ici le milieu du siècle, tout en réduisant sensiblement la production agricole.
Les répercussions ne se limiteraient pas au secteur agricole. Elles concerneraient également le tourisme, l’agro-industrie, l’industrie et l’ensemble des activités dépendantes de l’accès à l’eau.
La sécurité hydrique, un levier de création d’emplois
La Banque mondiale souligne toutefois que la sécurité hydrique ne doit pas être perçue uniquement comme un enjeu environnemental ou comme un facteur de risque. Elle représente également une opportunité de renforcer la résilience de l’économie tunisienne, de stimuler l’investissement et de créer de nouveaux emplois.
Soutenu par le Groupe de la Banque mondiale, le programme RESEau constitue, à cet égard, une initiative majeure destinée à renforcer la résilience du secteur de l’eau en Tunisie. Sa première phase devrait générer environ 4 000 emplois permanents et 13 400 emplois temporaires.
Selon le communiqué de la Banque mondiale, la sécurité hydrique est ainsi fondamentale pour préserver les capacités de production, soutenir l’emploi et favoriser une croissance plus résiliente. La gestion durable des ressources en eau apparaît donc comme une priorité économique, sociale et environnementale pour la Tunisie.
Va-t-il enfin se concrétiser, le port d’Enfidha dont on entend parler depuis des années ? D’ailleurs, des études ont été réalisées depuis longtemps, et une commission chargée de cette étude remonte à 2008. Peut-on convenir d’une date fixe ? Finalement, le ministre des Transports, Rachid Ami, a réagi et a déclaré clairement que les travaux du port d’Enfidha débuteront au début de 2028. Cela a été annoncé lors de la conférence « Seaports Days ». Il a également ajouté que les études réalisées précédemment sont actuellement en cours de mise à jour, et que les travaux doivent commencer d’ici un an et demi.
En ce qui concerne le financement, le ministre a confirmé que toutes les options de financement sont envisagées, que ce soit par le biais de prêts ou de partenariats. Il a indiqué qu’il existait de nombreuses possibilités.
Autrement dit, on se demande s’il y a une intention de partenariat public-privé (PPP) ou autres… Pour l’instant, rien n’est encore clair.
Annoncé dès les années 1990, étudié à partir de 2008, jamais construit : le projet de port en eau profonde d’Enfidha symbolise à lui seul les ambitions inabouties de la Tunisie en matière d’infrastructures.
Le congrès « Seaports Days » a réuni ce mardi 22 septembre 2026 des experts, des responsables tunisiens et des acteurs du secteur portuaire et du transport maritime. Y participaient également des représentants du secteur privé américain et d’institutions financières américaines et internationales.
Étaient aussi présents lors de cette conférence le ministre des Transports, Rachid Amri, l’ambassadeur des États-Unis en Tunisie Bill Bazzi ainsi que des responsables de plusieurs institutions tunisiennes concernées par le secteur du transport maritime et des ports, notamment la Direction générale du transport maritime du ministère des Transports, l’Office de la marine marchande et des ports (OMMP), la Société du port de Nabeul (SPE), la Compagnie tunisienne de navigation (CTN) et bien d’autres…
Le ministre des Transports, Rachid Amri, a identifié plusieurs chantiers structurants. Il a cité à cet égard la modernisation des sept ports commerciaux (Radès, Bizerte, Sousse, Sfax, Gabès, Zarzis et La Goulette), le développement des zones logistiques qui leur sont associées, ainsi que le renforcement des liaisons ferroviaires et routières. L’objectif étant de mieux désenclaver les plateformes portuaires. À cela s’ajoutent la digitalisation et le verdissement des opérations portuaires. L’ensemble de ces projets est ouvert à la coopération internationale, que ce soit en matière d’expertise technique que de financement.
Pour sa part, l’ambassadeur des États-Unis en Tunisie, Bill Bazzi, a souligné que « la Tunisie a une vision pour le développement et la modernisation du secteur maritime et a besoin de partenaires dans ce domaine ».
Interrogé sur ce que peuvent apporter les institutions et les experts américains, il a répondu : « Les entreprises américaines disposent d’infrastructures de pointe. Nombre d’entre elles réalisent d’importants projets d’infrastructure, tant aux États-Unis qu’à l’international. Ces entreprises excellent non seulement dans la construction de ports et de navires, mais elles respectent aussi les normes internationales, notamment les normes de qualité et la souveraineté nationale. Elles proposent également des financements et soutiennent les projets de modernisation. »
Projet du port d’Enfidha : des entreprises américaines envisagent d’y participer
A cet égard, on peut noter la participation de la DFC (U.S. International Development Finance Corporation). « Lors de cet atelier, l’ambassade a réuni des entreprises américaines intéressées par les ports, notamment les ports en eaux profondes, ainsi que des institutions financières prêtes à apporter leur soutien dans ce domaine. Elles possèdent une longue expérience et sont disposées à la partager avec leurs partenaires locaux » a rappelé M. Bazzi.
Interrogé par L’Économiste Maghrébin sur les solutions qui façonnent le secteur portuaire, l’ambassadeur Bill Bazzi a déclaré : « J’ai mentionné certaines de ces entreprises. Elles sont très expérimentées dans les projets d’infrastructures de très grande envergure, qu’il s’agisse de construction que de reconstruction ». Tout en ajoutant : « Les entreprises et institutions américaines peuvent offrir à la Tunisie un package complet associant ingénierie de pointe, respect des normes internationales et solutions de financement adaptées, notamment pour les projets structurants comme le port en eaux profondes d’Enfidha et la modernisation des ports de Radès, Bizerte, Zarzis et Gabès. »
Expertise technique : construction, rénovation et gestion portuaire
Ainsi, les États-Unis disposent d’un réseau portuaire dense et diversifié (Atlantique, Pacifique, Grands Lacs, fleuves intérieurs), avec des entreprises spécialisées dans la construction et la reconstruction d’infrastructures portuaires (quais, zones logistiques), la gestion de projets en eaux profondes, qu’il s’agisse de grands que de petits chantiers, ainsi que l’intégration de technologies avancées (systèmes de manutention automatisés, digitalisation des opérations, sécurité et sûreté portuaire). Ces entreprises sont habituées à travailler selon des normes internationales strictes (qualité, sécurité, environnement) et à s’adapter aux exigences locales, tout en respectant la souveraineté nationale.
Sur le plan financier, la DFC est active en Tunisie et peut accompagner les projets portuaires via des prêts garantis et des lignes de crédit ainsi que des mécanismes de partenariats public-privé (PPP) et de financement de projet (project finance). D’autres institutions financières américaines sont également prêtes à proposer leurs services aux partenaires tunisiens, avec une volonté claire de soutenir la modernisation des infrastructures portuaires.
Projet d’Enfidha : un champ d’opportunités pour les acteurs américains
Les estimations avancées des années 2020 du coût du projet de port en eaux profondes d’Enfidha, étaient autour de 5 milliards de dinars tunisiens. En 2026, ce chiffre doit être révisé à la lumière de l’inflation, des évolutions technologiques et des nouveaux standards environnementaux. Plus encore, un tel projet pourrait servir de plateforme intermédiaire sur les routes maritimes internationales, générant des retombées indirectes pour l’économie tunisienne. Mais une chose est certaine : il faut penser “système de transport” dans son ensemble. Même si la Tunisie a investi dans le transport aérien, notamment via la multiplication des aéroports à Monastir et Enfidha, le transport de marchandises repose toujours sur le maritime et le ferroviaire.
Le Tunisia Inclusive Labor Institute (TILI), en partenariat avec la Global Fairness Initiative (GFI), organise une conférence régionale intitulée « From Informality to Inclusion: Shaping the Future of Work and Workers », qui se tiendra le 24 septembre 2026 à Tunis.
Cet événement rassemblera institutions publiques, organisations de travailleurs, acteurs de la société civile, chercheurs, organisations internationales et partenaires de la coopération autour des grandes mutations qui redéfinissent le monde du travail : digitalisation et intelligence artificielle, essor de l’économie des plateformes, changement climatique et transition juste, développement des compétences, protection sociale et formalisation inclusive avec un accent particulier sur les travailleurs de l’économie informelle.
Les axes du débats porteront sur quatre panels :
– Le rôle de la coopération internationale dans la construction d’un avenir du travail inclusif et résilient.
– L’impact de la transformation numérique, de l’intelligence artificielle et de l’économie des plateformes sur le travail et les travailleurs.
– Les enjeux du changement climatique, de la résilience et de la transition juste.
– La formalisation inclusive, en lien avec la future Feuille de route de l’OIT 2027–2032 et le rôle des organisations représentant les travailleurs de l’économie informelle.
Si la Tunisie recevait un bulletin scolaire, la mention serait « peut mieux faire, doit redoubler d’efforts ». Avec une moyenne nationale de 40,8 % sur l’ensemble de ses services essentiels, le pays valide difficilement son année. Recalé en logement et en culture, il peine à rattraper par l’alimentation et les transports. Le nouvel Indice national de performance du développement (INPD) dresse, délégation par délégation, le relevé de notes d’un État qui peine à transformer ses ambitions en résultats tangibles.
Cet indice INPD évalue les performances économiques, sociales et environnementales des secteurs liés aux services fondamentaux et aux droits humains, jusqu’à l’échelle des délégations. Ces données alimenteront prochainement l’application PerfECT, déjà accessible en ligne.
Des écarts importants entre les secteurs
Des secteurs tels que l’alimentation et la finance (56,4 %) et les transports/télécommunications (50,3 %) tirent la moyenne vers le haut. Et ce, sans pour autant traduire une performance satisfaisante. À l’inverse, le logement ou le tourisme obtiennent un score de 26,5%. Tandis que l’instruction et la culture (33,3%) restent les principaux chantiers. Ils sont d’autant plus préoccupants qu’ils touchent des besoins essentiels et des leviers de développement humain.
Les disparités territoriales persistent
Le Grand Tunis (49,4 %) et Nabeul (45,2 %) arrivent en tête du classement territorial, loin devant Sidi Bouzid (33,8 %), Kairouan et Kasserine (34,6 %). Ce sont des écarts anciens que les politiques publiques n’ont pas réussi à résorber depuis 2011.
L’eau : une ressource sous tension
La Tunisie dispose aujourd’hui d’environ 400 m³ d’eau par habitant et par an, contre près de 850 m³ en 1996. Ce qui est bien en dessous du seuil de rareté fixé par la FAO (1 000 m³). Près de la moitié de l’eau d’irrigation serait perdue à cause de réseaux vétustes. Et le taux de raccordement à l’ONAS plafonnait à 64,9 % en 2022.
Des pénuries qui révèlent les fragilités du système
Pain, lait, café, viandes rouges : les pénuries récurrentes persistent malgré le coût élevé de la compensation, dont l’efficacité est évaluée à seulement 13 %. La capacité du système à résister aux crises d’approvisionnement plafonne, elle, autour de 15 % — dans un pays où le droit à l’alimentation n’est pas explicitement consacré par la Constitution.
Un secteur législatif à 35 %
Ce score ne tient pas qu’aux moyens disponibles : l’organisation hémicyclique du débat parlementaire favorise la constitution de majorités plutôt que la recherche de consensus. Ce qui laisse aux acteurs les mieux dotés en ressources une influence disproportionnée sur des dossiers clés (salaire minimum, fiscalité, foncier, crédit).
Au final, l’INPD confirme que la performance publique n’est ni homogène ni figée. Elle est plutôt un outil pour mieux cibler les politiques et mesurer leurs effets, territoire par territoire.
Pas de changement : la grève du transport des hydrocarbures est maintenue les 23 et 24 septembre 2026.
Les transporteurs d’hydrocarbures ont fait connaître leur dernière position : ils réclament notamment l’ouverture de négociations salariales, estimant n’avoir pas bénéficié de leur couverture sociale durant la période concernée. Ils jugent cette situation inacceptable, d’autant que l’accord relatif à ces droits sociaux remonte au 2 mai 2019.
Au cœur de leur mouvement : l’ouverture de négociations salariales et la reconnaissance de droits sociaux dont ils estiment ne pas avoir bénéficié.
Les sociétés de distribution de carburant affirment ne pas pouvoir régler les cotisations de sécurité sociale des employés du transport. La prime prévue par un accord du 2 mai 2019 demeure également impayée, alors que la réunion de négociation devait aboutir à un accord sur ce point.
Dans un communiqué publié le 18 septembre, la Fédération générale du pétrole a rappelé la grève annoncée et dénoncé l’absence de concertation. Elle estime que certaines parties non syndicales contribueraient à entretenir le conflit et à pousser les travailleurs vers la grève.Une situation qui soulève une question simple : combien de temps un accord peut-il rester sans effet avant de devenir une source de conflit ?
Depuis 1956, nous parlons d’une « Tunisie unifiée ». Mais qu’en est-il réellement ? Derrière les chiffres, que révèle la réalité du terrain ? Faouzi Abderrahmane, ancien ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle, dresse un bilan économique via sa page officielle Facebook.
Il part du constat suivant concernant le tissu industriel : 85 % des entreprises industrielles et 87,5 % de la main-d’œuvre industrielle se concentrent dans seulement 13 gouvernorats côtiers. Quant à l’indice de développement régional 2024, il s’établit à 5,39 pour Tunis, contre 1,36 pour Kasserine, soit près de quatre fois moins.
L’investissement privé est quatre fois moins important à l’intérieur du pays, malgré un investissement public par habitant plus élevé dans l’ouest de la Tunisie. En matière d’investissement direct étranger (2025), 64 % du total des investissements étrangers (hors énergie) sont dirigés vers la seule région du Grand Tunis et sa périphérie.
Le chômage par région montre des écarts marqués : Tataouine arrive systématiquement en tête (32 %), suivie de Gafsa (28,2 %) et de Kebili (25,8 %), contre Monastir (6,6 %) et Sfax (9,8 %). Mais l’essentiel ici n’est pas le chiffre en lui-même, mais ce qu’il révèle : Tunis même (19,5 %) et Ben Arous (18,4 %) enregistrent un taux de chômage supérieur à la moyenne nationale. « Ce n’est pas une contradiction avec la « malédiction de la géographie », mais une confirmation plus profonde de celle-ci : les grandes villes elles-mêmes sont entourées de ceintures de quartiers populaires (comme El Tadamoun, Douar Hicher et certaines parties de Ben Arous et de la Manouba) dont les indicateurs sont tout à fait similaires à ceux de l’intérieur du pays. La malédiction de la géographie ne se limite pas à l’opposition entre l’Est et l’Ouest ; elle se répète au sein même de l’Est, entre le centre-ville et sa périphérie », explique-t-il.
Quant au taux de pauvreté (2021), il est de 4,7 % dans le Grand Tunis contre 37 % dans le Centre-Ouest, soit près de huit fois plus.
Par ailleurs, l’analphabétisme serait en hausse. Il est d’environ 10 % à Tunis et à Ben Arous. Tandis qu’à Jendouba et à Kasserine, il dépasse les 25–28 %.
L’économie informelle, quant à elle, dépasse les 50 % à Mahdia, à Sidi Bouzid, à Kairouan et à Médenine. Du côté de la croissance démographique, alors que le taux national affiche une croissance annuelle de 0,87 %, les gouvernorats du Kef et de Siliana connaissent une croissance démographique négative, traduisant un véritable recul de la population.
Au baccalauréat 2024, Sfax arrive en tête, tandis que Kasserine et Gafsa ferment la marche (29,87 % et 28,82 %). L’écart est moins marqué que dans d’autres domaines (près de deux fois plus important), mais il reste bien réel et récurrent depuis des décennies.
Concernant les hôpitaux universitaires, les neuf hôpitaux universitaires historiques sont tous situés dans des villes de l’est du pays. Un premier correctif partiel ? Une décision prise il y a quelques jours à peine, le 31 juillet 2026, confère pour la première fois le statut d’hôpital universitaire à l’hôpital de Jendouba ainsi qu’à certains services de Kasserine et de Kébili.
En matière d’hébergements touristiques, plus de 51 % des 895 établissements se trouvent dans trois régions touristiques côtières seulement ; le reste se répartit principalement sur d’autres zones côtières, avec une présence quasi inexistante de l’intérieur du pays dans l’ensemble du secteur.
Tout cela nous amène à dire que l’histoire se répète et ne change pas : entre 1956 et 2011, 80 % à 90 % des crédits de développement ont été alloués à la Tunisie orientale; contre seulement 10 % à 20 % à la Tunisie occidentale. Aujourd’hui, les gouvernorats du nord-est et du littoral attirent plus de 70 % des investissements privés déclarés. Tandis que la part cumulée de plusieurs gouvernorats de l’intérieur ne dépasse pas 15 % du total des investissements nationaux. Ce chiffre est inchangé depuis des décennies.
Sept décennies d’indépendance, quatre programmes de développement successifs, un système politique qui a radicalement changé à plusieurs reprises et la seule constante qui n’ait jamais varié est cette concentration de la richesse à l’est. Mieux encore, cette concentration se reproduit à plus petite échelle au sein des grandes villes, entre leur centre et leurs banlieues populaires.
En guise de conclusion, Faouzi Abderrahmane souligne que « la Tunisie n’a pas besoin d’une énième réforme partielle. Elle a besoin d’être reconstruite à partir de ses fondements, selon un modèle de développement entièrement nouveau, et non d’un simple rafistolage d’un modèle qui a prouvé son échec répété au cours de sept décennies entières : un modèle à deux vitesses, ou deux modèles pour un seul pays ».
Et voici l’une des amères ironies avérées : « seules les prisons restent les plus équitables en termes de répartition géographique avec 30 établissements pénitentiaires répartis dans 22 des 24 gouvernorats. « L’État qui n’a pas réussi à construire un hôpital dans chaque région a réussi à construire une prison dans presque chaque région » conclut Faouzi Abderrahmane.
Une étude d’envergure, dévoilée en août 2026 et intitulée « Pourquoi la réforme économique a échoué en Tunisie : évaluation des bailleurs de fonds et d’un pays en transition » (en anglais : Why Economic Reform Failed in Tunisia: Assessing Four Donors and a Country in Transition), met en lumière les défis et les opportunités rencontrés par la Tunisie dans son parcours de réformes économiques. Cette recherche a été menée par Sabina Henneberg, chercheuse de renom spécialisée dans les affaires nord-africaines et les relations internationales à l’Institut de Washington pour les politiques du Proche-Orient.
Elle a apporté des contributions notables à l’étude des processus de transition politique et démocratique dans la région, notamment avec son ouvrage Gérer la transition : la première phase post-révolution en Tunisie et en Libye, publié aux Presses de l’Université de Cambridge.
L’expert en économie Ridha Chkoundali s’appuie sur cette étude pour dresser un bilan sans de la décennie 2011-2021.
Une transition politique réussie, une économie en souffrance
La transition tunisienne, après les soulèvements de 2011, a été perçue comme le meilleur espoir de transition démocratique pour le Moyen-Orient, grâce à une constitution consensuelle, des élections libres et des institutions indépendantes. Cependant, les crises économiques profondes sont restées latentes et n’ont pas été traitées avec la même rigueur que le changement politique.
Il est essentiel de reconnaître la fin de l’illusion : l’effondrement officiel de l’expérience démocratique le 25 juillet 2021 a révélé une réalité brutale, à savoir que les réformes économiques n’ont pas réussi à soutenir la démocratie ni à améliorer la vie quotidienne des citoyens.
Quatre bailleurs de fonds au cœur de l’analyse
L’étude se concentre sur les acteurs clés du financement international : la Banque mondiale, le Fonds monétaire international qui sont considérés comme représentatifs de la vision occidentale du soutien apporté à la Tunisie entre 2011 et 2021.
La révolution a engendré une perte économique significative durant les premières années, pesant lourdement sur les perspectives de croissance et de stabilité du pays.
Recommandations et enseignements tirés
L’auteure de l’étude formule plusieurs recommandations pour améliorer l’efficacité de l’aide internationale dans les contextes de transition :
Importance d’une vision à long terme : les bailleurs de fonds doivent planifier leurs interventions sur de longues périodes (dix à vingt ans) pour soutenir les transformations économiques, car une seule décennie ne suffit pas à opérer un changement structurel.
Réalisme, clarté et absence de complaisance : il faut éviter de qualifier tous les pays en transition démocratique de « réussites » illusoires simplement parce qu’ils ont échappé à la guerre civile. Il est également nécessaire de prendre au sérieux les chocs externes en mettant en place des mécanismes d’urgence spécifiques.
Modifier les stratégies de communication avec les populations : il convient de convaincre la rue et l’opinion publique des avantages des réformes par le biais de campagnes de communication locales, afin d’empêcher la diabolisation des réformes et leur qualification de « complots impérialistes ».
Renforcer intelligemment les conditions : il est indispensable d’appliquer des conditions strictes dès les premières étapes décisives de la transition, notamment lors de la formation des premiers gouvernements.
Quelle appréciation critique de Ridha Chkoundali?
Selon Ridha Chkoundali, cette étude constitue un document analytique et documentaire important permettant de retracer les détails d’une décennie entière de dérives en matière de développement et d’aide extérieure en Tunisie, entre 2011 et 2021. Son idée centrale consiste à déconstruire le « paradoxe de la démocratie enlisée dans le pain », en montrant que les régimes démocratiques naissants s’effondrent lorsqu’ils ne parviennent pas à répondre aux aspirations en matière de conditions de vie, en raison de l’enlisement des réformes structurelles, de l’absence de consensus social et de la résistance des intérêts dominants.
Cependant, d’un point de vue critique, l’étude semble obéir à une vision partiale des prescriptions du Fonds monétaire international. Elle impute aux syndicats et à la rue la responsabilité de l’échec des réformes, en ignorant que la destruction de la classe moyenne. De même, l’étude tombe dans le piège du formalisme démocratique et passe sous silence le durcissement des conditions de prêt extérieur imposées par le FMI, qui consacrent souvent la dépendance au détriment de la souveraineté nationale et du développement autonome, à moins d’être accompagnées de négociations fermes de la part des emprunteurs.
Fermeture du détroit d’Ormuz, flambée des prix du baril de pétrole : autant d’éléments déterminants pour savoir si le conflit Iran–États-Unis–Israël persistera ou si l’on assistera à la fin des hostilités. Tout porte à croire que les scénarios sont multiples.
Au vu de la situation actuelle au Moyen-Orient, trois scénarios sont à considérer pour l’évolution future des indicateurs économiques en Tunisie. C’est ce qu’a annoncé l’économiste Aram Belhaj via sa page officielle sur Facebook.
Selon les dernières prévisions, le scénario le plus probable est, d’après lui, celui d’une stagnation du conflit, c’est-à-dire le maintien de la situation actuelle sans issue. Dans ce contexte, le prix du baril est estimé entre 95 et 110 dollars. Cette situation pourrait entraîner un déficit budgétaire d’environ 20 milliards de dinars, un déficit commercial d’environ 25 milliards de dinars et des réserves de devises équivalant à 90 jours à la fin de l’exercice fiscal en cours.
Dans le cadre des efforts visant à favoriser une stabilisation des tensions géopolitiques, » nous avons négocié une accalmie dans le détroit d’Ormuz », estime-t-il. Cette initiative, qui s’inscrit dans notre stratégie globale de gestion des risques, vise également à apaiser les tensions dans le détroit de Bab el-Mandeb. « Dans ce scénario, le prix du baril se stabiliserait entre 75 et 85 dollars, ce qui résoudrait le problème de l’érosion des réserves et freinerait l’aggravation des déficits, tout en permettant une baisse progressive de l’inflation vers 5% « , poursuit-il.
Dans l’éventualité d’une escalade majeure, avec une frappe américano-israélienne de grande envergure ou un retrait de l’Iran du Traité de non-prolifération nucléaire, nous anticipons une fermeture quasi totale du détroit d’Ormuz et du détroit de Bab el-Mandeb. Cette issue, bien que peu probable, représenterait un danger majeur pour notre organisation. Selon les estimations actuelles, le prix du baril de Brent se situerait dans une fourchette de 130 à 150 dollars. Cette situation pourrait entraîner un déficit budgétaire supérieur à 22 milliards de dinars, une inflation pouvant dépasser 8% et des réserves susceptibles de descendre en dessous du seuil des 90 jours.
Il est à noter que, pour l’instant, le scénario « commercial » est plus probable que le scénario « monétaire ». Cette situation est attribuable au gel des prix des carburants, qui a pour effet de reporter le choc sur la balance des paiements plutôt que sur le portefeuille du consommateur. Cependant, si le premier scénario, et surtout le troisième, se concrétisent, l’équation changera inévitablement.
Notre harissa est officiellement inscrite, depuis 2022, au nom de la Tunisie sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO. La bonne nouvelle, c’est que personne ne peut désormais nous la copier. Et oui, c’est notre fierté culinaire.
Il faut bien se l’avouer : les saveurs tunisiennes s’imposent un peu partout dans le monde. Au-delà de notre savoir-faire ancestral, il est de notre devoir de préserver et de valoriser ce patrimoine. Cette reconnaissance montre également que le tourisme culinaire devrait se développer davantage, car ce n’est que le début ! Il faudrait peut-être revenir aux vieilles recettes de grand-mère ; qui sait, cela pourrait révéler des merveilles culinaires dont nous ignorons encore l’existence.
Le politologue Sami Jallouli est revenu sur la souveraineté économique, dénonçant la montée du phénomène d’appropriation étrangère du patrimoine tunisien en général, et de la harissa en particulier. Il a également déploré le fait que ce produit soit faussement et injustement attribué à d’autres, sans parler de l’atteinte portée à sa qualité.
Il appelle les usines tunisiennes productrices de harissa à ajouter, sur chaque boîte ou chaque tube, le texte suivant :
« Nous sommes fiers de vous présenter la harissa, officiellement inscrite au nom de la Tunisie sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO depuis 2022. »
Premièrement, ce texte consacrerait la reconnaissance internationale officielle accordée par l’UNESCO en 2022, coupant ainsi l’herbe sous le pied à toute tentative de pillage du patrimoine tunisien ou d’attribution de ce produit à d’autres parties.
Deuxièmement, il s’agirait d’une étape stratégique pour protéger le patrimoine national.
Troisièmement, cette mesure contribuerait à renforcer la valeur marketing du produit tunisien sur les marchés extérieurs, en lui conférant un avantage différenciant unique, lié à son authenticité, à sa qualité et à son histoire millénaire.
Quatrièmement, cette démarche permettrait d’ancrer l’identité tunisienne dans l’esprit du consommateur et de faire connaître, à l’échelle internationale, l’origine tunisienne de la harissa. Elle inciterait ainsi les consommateurs étrangers à rechercher ce produit sous son nom et avec ses spécifications d’origine, à l’image de la salade méchouia, que certains ont tenté, il y a quelques années, d’imiter et de s’approprier, mais que les douanes de Marseille auraient réussi à contrecarrer.
Bien entendu, ceux qui attribuent faussement la harissa à leur propre pays ne pourront pas apposer cette mention. S’ils le faisaient, cela servirait les intérêts de la Tunisie, ce qu’ils ne souhaitent pas. Mettront-ils le nom de leur propre pays ? Peut-être. Mais sans mentionner explicitement la décision de l’UNESCO, leur produit pourrait être considéré comme une imitation ou comme une marchandise de qualité inférieure.
En définitive, les autres pays qui tentent de s’approprier ce produit ne pourront pas utiliser ce libellé, puisqu’il atteste explicitement de son inscription au nom de la Tunisie, ce qui ne sert pas leurs intérêts.
L’ajout de cette donnée historique et culturelle sur les emballages ne serait pas une simple formalité, mais une mesure décisive pour contrer les tentatives d’appropriation et assurer une meilleure protection de notre économie et de notre patrimoine.
Que tous les professionnels unissent leurs efforts afin de faire de cette inscription une véritable marque d’authenticité tunisienne à l’échelle internationale. Cette mention pourrait être apposée sur les boîtes et les tubes, une opération technique qui ne coûterait presque rien.
Et rappelons-nous toujours les mots attribués au général carthaginois Hannibal Barca : « Nous trouverons un chemin, ou nous en créerons un. »
Le World Economic Forum a dévoilé le 16 septembre 2026 la 20ᵉ édition de son Global Gender Gap Report. Verdict pour la planète : encore 120 ans avant l’égalité parfaite. Pour la Tunisie : un score qui s’améliore doucement, mais un classement qui, lui, recule inexorablement, un signe d’un pays qui avance, certes, mais au ralenti pendant que ses voisins accélèrent.
Vingt ans de recul, c’est rare pour évaluer une politique publique. Voilà que le Global Gender Gap Report, fête sa 20ᵉ édition en suivant, de façon continue depuis 2006, un échantillon constant de 97 économies parmi les 145 couvertes en 2026. Mais une chose est sûre: le constat global tient en une phrase : la parité mondiale s’est améliorée de 5,2 % en deux décennies, un rythme si lent qu’il faudrait encore 120 années pour l’atteindre pleinement. En tête du classement, l’Islande frôle la perfection avec un score de 93 %, suivie de la Finlande (87,2 %) et de la Norvège (85,7 %) — un trio scandinave qui n’a, une fois de plus, laissé aucune place à la surprise.
Un score qui grimpe, un rang qui chute
Il convient de noter qu’entre 2006 et 2026, le score du pays est passé de 62,9 % à 65,0 %, soit une progression de 2,1 points avec un pic à 66,8 % en 2024. Mais dans le même temps, la Tunisie a dégringolé de 35 places au classement mondial, passant du 90ᵉ au 125ᵉ rang sur 145 pays.
La question qu’on sepose: Comment un pays peut-il progresser et reculer en même temps ? La réponse tient à la nature même de l’indice : un classement est une photographie relative. Si la Tunisie améliore ses scores, d’autres économies, souvent partant de plus bas, progressent plus vite encore, la reléguant mécaniquement plus loin dans le peloton. C’est un peu la course où l’on court plus vite qu’hier, mais où l’on finit quand même dernier parce que tout le monde a sprinté.
Dans sa région, le constat est similaire : la Tunisie occupe désormais la 3ᵉ place MENA, derrière les Émirats arabes unis et Bahreïn, alors qu’elle occupait la 2ᵉ position en 2006. Une régression de rang qui masque, là aussi, une progression réelle mais insuffisante.
Le grand écart entre le capital humain et le pouvoir réel
Le rapport détaille la performance tunisienne à travers quatre piliers, et la lecture qui en ressort est sans appel : deux Tunisie coexistent.
D’un côté, une Tunisie qui a fait ses devoirs. En éducation, le pays affiche un score de 97,4 %, avec une parité intégrale (100 %) dans les taux de scolarisation primaire, secondaire et supérieur. En santé, la performance est tout aussi solide : 96,8 %, portée par un ratio de masculinité à la naissance particulièrement favorable.
Sur ces deux fronts, filles et garçons, femmes et hommes, partent aujourd’hui à armes quasi égales.
De l’autre, une Tunisie qui peine à transformer cet essai. Le pilier participation économique plafonne à 51,9 %, plaçant le pays au 131ᵉ rang mondial. Le taux d’activité féminin seulement 41,1 % et le revenu du travail estimé (36,3 %) sont les maillons les plus faibles. Quant à l’émancipation politique, c’est la dimension la plus problématique : un score de seulement 14 % et un 109ᵉ rang, plombés par une représentation parlementaire des femmes qui ne dépasse pas 18,8 %.
Le message du rapport est limpide : le problème tunisien n’est plus un problème d’accès — aux bancs de l’école, aux soins de santé — mais un problème de conversion. Les filles tunisiennes sont scolarisées à parité parfaite, mais cette réussite éducative ne se traduit ni en emplois, ni en salaires, ni en sièges de décision.
Un phénomène qui dépasse les frontières tunisiennes
Ce décalage n’est pas propre à la Tunisie, il structure d’ailleurs le rapport mondial dans son ensemble. Selon les projections du WEF, la parité pourrait être atteinte en seulement 8 ans dans les domaines de l’éducation et de la santé, contre 129 ans pour la participation économique et… 194 ans pour l’émancipation politique. Le fossé se creuse précisément là où se jouent le pouvoir et l’argent.
Un signal supplémentaire, glissé dans le rapport, mérite l’attention : les femmes restent sous-représentées dans les entreprises spécialisées en intelligence artificielle, et ce à tous les niveaux hiérarchiques, un déséquilibre qui, s’il perdure, pourrait hypothéquer la participation économique féminine des prochaines décennies, au moment même où ce secteur redessine le marché du travail.
Ce que ça dit et ce que ça ne dit pas
Le tableau régional replace enfin la Tunisie dans son contexte. Sur le continent africain, elle recule du 14ᵉ rang (sur 23 pays mesurés en 2006) au 32ᵉ rang (sur 38 pays en 2026) un déclassement à nuancer toutefois : sur les 31 économies africaines qui la devancent aujourd’hui, 14 n’étaient tout simplement pas mesurées il y a vingt ans, et seuls quatre pays effectivement présents dans les deux échantillons: Cameroun, Angola, Nigeria, Burkina Faso, l’ont réellement dépassée sur la période.
Reste un chiffre qui résume, à lui seul, le défi qui attend le pays : entre acquis éducatifs et sanitaires quasiment consolidés d’un côté, et participation économique et politique à la traîne de l’autre, la Tunisie a construit le capital humain de la parité, il lui reste à en récolter les fruits.
Grêle, rafales, routes noyées : le Grand Tunis a plié sous les orages jeudi. Mauvaise nouvelle, la météo n’a pas dit son dernier mot.
Il est important de noter que la situation ne devrait pas se résoudre rapidement. D’après les informations collectées par lachaineemeteo.fr, de puissants orages ont frappé le nord et le centre de la Tunisie jeudi après-midi, avant de se déplacer vers l’est du pays.
Tunis sous le joug d’une crise hydrique
Les précipitations, dont la concentration dans le temps a été extrêmement élevée, ont atteint 30 à 35 mm en moins d’une heure sur l’agglomération tunisoise. Dans la banlieue sud, à Boumhel, Ezzahra, Hammam-Lif et Hammam-Chott, plusieurs axes routiers ont été submergés en quelques minutes. En raison de conditions climatiques défavorables, les rues de la ville ont été le théâtre d’un ruissellement intense, entraînant une paralysie de la circulation et d’un nombre important d’automobilistes. Face à cette situation, les services de la Protection civile ont été sollicités pour procéder à des opérations de déblaiement et de désencombrement.
L’après-midi du mercredi 17 septembre 2025, l’arrivée du froid et des pluies intempestives a de nouveau transformé plusieurs rues de la capitale en torrents. En quelques dizaines de minutes, des accumulations d’eau importantes, des véhicules immobilisés et une circulation fortement perturbée ont révélé, une fois de plus, la fragilité des réseaux d’évacuation des eaux pluviales.
Un an après les inondations qui avaient touché un grand nombre de régions du pays, la question se pose : existe-t-il de véritables mesures de précaution ? Face à cet épisode, le ministère de l’Équipement, de l’Habitat et de l’Aménagement du territoire a gardé le silence. Qu’en est-il cette année ?
Interventions municipales et appel à la responsabilité
Au lendemain des intempéries, la municipalité de Tunis a renouvelé, vendredi 18 septembre 2026, son appel aux citoyens à ne pas jeter déchets, gravats et résidus de chantier dans les avaloirs et les conduites d’évacuation. Ses équipes ont constaté l’obstruction de plusieurs ouvrages, en partie due à l’accumulation de matériaux de construction.
Les services municipaux ont poursuivi leurs interventions durant la nuit : pompage et évacuation des eaux infiltrées dans les logements, débouchage et nettoyage d’avaloirs, ainsi que rétablissement de l’écoulement dans plusieurs zones touchées. Cela dit, cela aurait dû être fait bien avant…
Il convient de noter que l’Institut national de la météorologie avait annoncé des pluies temporairement orageuses et localement intenses, avec des cumuls pouvant atteindre 30 à 50 mm dans certaines zones du Grand Tunis, mettant en garde contre des accumulations rapides et des débordements des réseaux d’assainissement.
Pourtant, il aura suffi d’un peu de pluie pour que tout parte en vrille. La persistance des inondations montre que les mesures de prévention restent insuffisantes face à des phénomènes météorologiques de plus en plus fréquents. Et par-dessus tout, l’incivisme des citoyens, qui jettent leurs déchets et leurs mégots dans la rue, ne fait qu’aggraver la situation.
Dans un contexte marqué par des mutations économiques rapides, des tensions budgétaires persistantes et un environnement international de plus en plus incertain, L’Économiste maghrébin lance « L’Éco en Clair », un talkshow dédié aux grands enjeux qui structurent l’actualité économique tunisienne. Pour son quatrième épisode, l’émission pose une question cruciale : la trajectoire d’endettement de la Tunisie traduit-elle une stratégie viable ou un simple report de problèmes structurels ? Décryptage.
Une dette comme système, pas seulement comme chiffre
Ouvrir le débat sur la dette en Tunisie, c’est d’abord refuser de la réduire à un simple ratio. Comme le rappelle l’introduction de l’émission, la dette est un système : un ensemble de sources, d’échéances, de risques et d’effets en cascade sur l’économie réelle.
Le constat est sans appel : la Tunisie rembourse sa dette extérieure tout en augmentant sa dette intérieure, dans une logique officiellement assumée d’ “autonomie”. Mais derrière cette stratégie se cache une interrogation fondamentale : cette politique finance-t-elle une nouvelle capacité productive ou reporte-t-elle, une fois de plus, des réformes structurelles douloureuses ?
La situation tunisienne s’inscrit dans un contexte africain plus large. Pendant des décennies, le continent a emprunté facilement, profitant de taux bas et d’une liquidité abondante. Aujourd’hui, la donne a changé. Ce n’est plus tant le volume de la dette qui pose problème que sa structure et ses sources de financement.
En Afrique du Nord, les trajectoires divergent. Si certains indicateurs montrent une stabilisation, voire une baisse projetée du ratio dette/PIB d’ici 2028, les chemins empruntés diffèrent radicalement : programme strict avec le FMI en Égypte, discipline budgétaire progressive et maîtrisée au Maroc, et en Tunisie, un programme national centré sur le remboursement de la dette extérieure et la stabilité du dinar, mais sans réformes structurelles suffisantes pour garantir la pérennité du modèle.
Le véritable risque, souligné par les intervenants, réside dans l’émergence d’une dette « invisible » et peu régulée. Ces financements opaques, souvent conclus hors des marchés publics, menacent de déplacer les risques du secteur public vers le secteur bancaire, étouffant au passage le financement de l’économie privée.
Dhafer Saidane : la diversification, entre opportunité et bombe à retardement
Pour Dhafer Saidane, professeur à SKEMA Business School et président de l’African Finance Network (AFN), la diversification des sources de financement représente théoriquement une chance historique pour l’Afrique. Elle permet au continent de sortir d’un tête-à-tête exclusif avec les créanciers traditionnels et d’accéder directement aux marchés mondiaux.
Mais cette opportunité cache un péril majeur. “Sans gouvernance forte, cette diversification se transforme en bombe à retardement” , alerte le président de l’AFN. Les raisons sont multiples : une coordination extrêmement complexe en cas de restructuration de la dette, l’opacité croissante des engagements et l’absence de reporting consolidé transparent.
Sa recommandation est sans équivoque : il est impératif de mettre en place des cadres légaux contraignants obligeant les États à publier régulièrement des rapports transparents sur leur dette publique. La diversification ne doit jamais se faire au détriment de la redevabilité.
Le poids du service de la dette illustre l’urgence de la situation. Dans de nombreux pays africains, on consacre désormais plus de ressources au remboursement de la dette qu’à l’éducation et à la santé combinées. Ce constat amer s’explique par un “design” de la dette défavorable, caractérisé par des primes de risque élevées, mais aussi par une incapacité structurelle à transformer la dette en croissance. Trop de financements alimentent des dépenses courantes (salaires, fonctionnement) au lieu d’investissements productifs générateurs de richesse.
Dhafer Saidane met également en lumière l’effet d’éviction : l’endettement public excessif pousse les banques commerciales à préférer les titres publics, jugés moins risqués et plus rentables, au financement des PME et TPE. Résultat : un sous-financement chronique du secteur privé, alors même que l’Afrique regorge de richesses potentielles.
Parmi les pistes de sortie de crise, l’expert cite une coordination continentale unifiée face aux créanciers, le développement des marchés financiers régionaux (en particulier le compartiment obligataire en monnaie locale), le recours aux fonds de garantie et aux partenariats public-privé (PPP) pour les infrastructures, ainsi que l’accélération digitale pour mobiliser l’épargne intérieure.
La Tunisie sous surveillance : les chiffres qui inquiètent
Les indicateurs présentés dans l’émission dressent un tableau sans concession de la situation tunisienne :
Explosion du stock : sur 10 ans, le stock total de la dette a augmenté d’environ 150 %.
Bascule du risque : sur les trois dernières années, la structure s’est inversée. Hier composée à environ 75 % de dette extérieure, elle est aujourd’hui dominée à près de 70 % par la dette intérieure. Le risque s’est donc déplacé de l’extérieur vers l’intérieur.
Pression sur les devises : les besoins nets en devises pour 2025 sont estimés à 3,136 milliards de dinars, en hausse de 98 millions par rapport à 2024. La stabilité du dinar dépend plus que jamais de la disponibilité de devises.
Contexte africain : en 2024, environ 27,5 % des recettes publiques en Afrique seraient consacrées au seul paiement des intérêts de la dette, au détriment des secteurs sociaux et des transports.
Le débat des experts : Ridha Chkoundali vs Mouez Soussi
Pour décrypter ces chiffres, deux éminents économistes ont confronté leurs analyses : l’universitaire et expert en économie Ridha Chkoundali et le professeur en Sciences Economiques Mouez Soussi.
Ridha Chkoundali : “La soutenabilité passe par l’économie réelle”
Pour le Professeur Ridha Chkoundali, la soutenabilité de la dette ne se mesure pas uniquement à l’aune du non-défaut. Le véritable indicateur de santé réside dans la capacité du pays à créer de la richesse et des devises via une économie réelle dynamique.
Il estime que le virage vers la dette intérieure est davantage une contrainte subie qu’un choix stratégique assumé. Faute d’avoir pu mobiliser les financements extérieurs budgétisés (l’objectif d’emprunt extérieur ayant été largement manqué en 2024), l’État s’est tourné vers le marché local par nécessité.
“Le service de la dette en 2025 pèse lourd : environ 24,4 milliards de dinars, soit près de 45 % des recettes totales de l’État”, souligne l’économiste. Ce poids comprimé menace dangereusement la marge de manœuvre pour l’investissement public et la croissance.
Ridha Chkoundali met en garde contre une dette “cachée” : celle des entreprises et établissements publics, souvent garantie implicitement par l’État. Tant qu’aucune réforme profonde ne sera menée pour assainir ces structures, elles continueront de peser sur la soutenabilité globale. Sa priorité absolue ? Améliorer le climat des affaires. “La santé de l’économie réelle détermine in fine les équilibres financiers et monétaires”, conclut-il.
Mouez Soussi : “Une dette soutenable mais sous pression”
De son côté, Mouez Sassi défend une thèse nuancée : la dette tunisienne est “soutenable mais sous pression”. Il s’appuie sur des indicateurs quantitatifs pour étayer son propos, tout en reconnaissant les risques liés au financement par la Banque centrale.
Sa règle de base est technique mais éclairante : la croissance nominale doit rester supérieure au coût moyen de la dette. Avec une croissance réelle faible (~2–2,5%) et une inflation autour de 5–6%, la croissance nominale se situerait vers 8%. Tandis que le coût moyen de la dette oscillerait entre 4,75% et 7,5%. “Il reste une marge, mais elle est fragile” prévient l’expert.
Mouez Soussi note une évolution positive dans la structure de la dette intérieure : la part des bons du Trésor à court terme a baissé (de ~45,5% en 2022 à ~23–24% récemment), réduisant la pression de refinancement immédiat. Cependant, il alerte sur le recours aux avances de la Banque centrale et à l’utilisation du stock de devises pour éviter le défaut, des pratiques qu’il juge “non soutenables indéfiniment”.
Ses priorités pour sortir de l’impasse sont claires : cibler les subventions pour alléger la charge budgétaire et ancrer la politique monétaire sur la lutte contre l’inflation, sans pour autant étouffer l’investissement par des taux directeurs trop élevés.
Vers une prise de conscience ?
Comme l’a résumé la conclusion de l’émission : les pays qui sortent de la crise de la dette ne le font pas simplement parce qu’ils ont remboursé leurs échéances, mais parce qu’ils ont réussi à créer de la richesse, à exporter et à attirer l’investissement. Reste à savoir si la Tunisie a encore le temps d’opérer ce virage.
Voir l’intégralité de la vidéo:
Avec « L’Éco en Clair », L’Économiste Maghrébin propose ainsi un format à la fois pédagogique et analytique, destiné à éclairer des sujets souvent complexes. L’objectif est clair : offrir un espace de compréhension et de débat ouvert sur les réformes et les transformations en cours en Tunisie, afin de mieux en saisir les enjeux et les blocages réels.
L’intégralité de ce premier épisode de « L’Éco en Clair » est à retrouver sur la chaîne YouTube de L’Économiste Maghrébin, pour aller plus loin dans l’analyse des réformes et des défis économiques en Tunisie.
Cet article a été produit dans le cadre de « On en parle ! Tunisie 360° », un projet financé par l’Union Européenne, cofinancé par le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement et mis en œuvre par le consortium DW Akademie et AMAJ.
Son contenu relève de la seule responsabilité de L’Économiste Maghrébin et ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position des bailleurs et du consortium susmentionnés.
Le harcèlement et les moqueries ont dépassé toutes les limites. Personne ne devrait subir une telle pression face à une situation aussi intolérable. Il est temps de mettre fin aux moqueries et au harcèlement visant les mères qui attendent devant les écoles primaires.
Ce qui semblait, au départ, être une plaisanterie innocente s’est progressivement transformé en une véritable campagne de moquerie et de harcèlement. Les victimes sont, cette fois-ci, les mères d’élèves.
Dans un coup de gueule publié sur sa page Facebook officielle, Hanen Essid Manai, conseillère générale en information et en orientation scolaire et universitaire au ministère de l’Éducation, dénonce ces pratiques.
Elle rappelle que tout a commencé par des publications sarcastiques, avant de se transformer en vidéos diffusées sur TikTok et Facebook, mêlant sarcasme et méchanceté. Les commentaires ciblent notamment les « robes à motifs « , les « ongles écaillés » et autres…
Ce que ces harceleurs ignorent, c’est que les femmes qu’ils ridiculisent sont souvent des travailleuses fatiguées, voire épuisées. Si elles avaient le choix, elles ne se présenteraient pas ainsi devant l’école, et encore moins n’y resteraient aussi longtemps.
Chaque mère représente cette Tunisienne issue de la classe laborieuse ou de cette classe moyenne qui ne l’est plus et qui a progressivement basculé dans la précarité.
Avant de se rendre à l’école, cette mère prépare les vêtements de son enfant, son petit-déjeuner et, parfois, le déjeuner de toute la famille. Elle se lève à l’aube afin que son enfant et son mari trouvent un repas prêt à leur retour. Ensuite, elle se précipite pour accompagner son enfant à l’école à l’heure. Dans cette course quotidienne, elle oublie souvent de prendre soin d’elle-même.
La solution la plus simple consiste alors à enfiler une robe noire « cache-misère », qui dissimule sa tenue de maison, ou une robe à motifs qu’elle porte aussi bien chez elle qu’à l’extérieur. Cette robe, souvent bon marché, peut coûter moins de 20 dinars. Or, cette somme pourrait servir à acheter plusieurs vêtements d’occasion pour ses enfants ou à aider la famille à tenir jusqu’au prochain repas.
Et si, par malheur, l’enseignant ou l’enseignante est absent(e) ? Faudrait-il laisser l’enfant rentrer seul ? Chacun peut imaginer les dangers auxquels il serait exposé dans la rue, ainsi que les risques de violence, de harcèlement ou de comportements dangereux auxquels il pourrait être confronté sans la présence d’un adulte.
Cette mère aimerait rentrer chez elle, mais elle est obligée de rester devant l’école pour s’assurer que son enfant entre bien en classe.
Il n’est donc pas rare de voir un groupe de femmes attendre pendant une heure devant l’établissement. Elles ne le font pas parce qu’elles s’ennuient, mais parce que leurs enfants, entrés à huit heures, peuvent parfois sortir à neuf heures, après une seule heure de cours. Une heure ne suffit pas pour rentrer chez soi, accomplir les tâches nécessaires et revenir chercher son enfant.
Il est ainsi fréquent de voir de nombreuses femmes, ainsi que quelques hommes, attendre devant les écoles pour récupérer leurs enfants. La mère qui a passé la matinée à courir entre la préparation du petit-déjeuner, le ménage et les autres tâches domestiques n’a pas toujours le temps de se changer, de se maquiller ou de prendre soin d’elle-même. Elle porte parfois un foulard à 7 dinars et une robe à 15 dinars, puis se mêle à la foule devant l’école en attendant son enfant.
Il est donc grand temps que les « créateurs de contenu » qui se moquent de ces travailleuses aient honte de leurs pratiques et cessent de les utiliser comme matière première pour obtenir des likes et des interactions.
La mère qui se tient devant l’école est une femme qui lutte et résiste à des conditions matérielles et sociales difficiles pour offrir un avenir meilleur à ses enfants. Elle mérite le respect et non le mépris.
Derrière chaque robe ordinaire, chaque attente interminable devant une école, il y a une mère qui se bat pour ses enfants. La filmer, la ridiculiser et transformer sa précarité en contenu destiné à récolter des likes ne relève pas de l’humour, mais d’un véritable mépris social. Ces femmes ne méritent ni moqueries ni harcèlement : elles méritent respect, dignité et reconnaissance.
Sur les 309 projets solaires sélectionnés, la puissance totale atteindra 455 MW. Et ce, avec une répartition en 187 installations de 1 MW, 119 de 2 MW et 3 de 10 MW. L’électricité produite sera vendue à la Société Tunisienne de l’Électricité et du Gaz (STEG), via un contrat d’achat à tarifs garantis.
L’électricité produite sous ce régime est entièrement vendue à la STEG, selon un contrat d’achat standardisé, avec des tarifs garantis établis par arrêté ministériel. Ces tarifs varient en fonction de la taille des installations solaire. Sachant qu’ils sont plus élevés pour les petites installations et diminuent progressivement à mesure que la puissance augmente. Cette approche vise à compenser les coûts fixes proportionnellement plus élevés des petits projets.
Pour les installations de plus grande envergure financées en devises étrangères dans ce même régime, une partie du tarif d’achat peut être indexée sur l’euro, dans une limite fixée par le texte réglementaire. Et ce, afin de refléter le risque de change perçu par les investisseurs internationaux vis-à-vis du dinar tunisien.
Skander Ounaies, économiste et universitaire de renom, professeur d’économie à l’Université de Carthage, est décédé ce mercredi 16 septembre 2026. Il est reconnu pour ses analyses rigoureuses et ses perspectives éclairées sur des sujets d’importance nationale, telles que la dette, l’inflation, les finances publiques et les décisions en matière de politique économique.
Formation et parcours académique
Il est docteur en sciences économiques, diplôme décerné à la Faculté des sciences économiques de l’Université de la Méditerranée (Aix-Marseille II), avec mention « Très honorable » et félicitations du jury. Il a construit une carrière universitaire longue de plus de trois décennies. Nommé professeur des universités en 1991, il occupe depuis un poste au sein du ministère de l’Enseignement supérieur tunisien, à l’Université de Carthage. Il y assure des responsabilités en matière d’enseignement, de recherche et d’encadrement doctoral. Il entretient des collaborations avec la Faculté des sciences économiques et de gestion de Nabeul (FSEG Nabeul) et avec des entités de recherche en économie.
Expérience internationale et conseil économique
Avant de rejoindre l’université, Skander Ounaies a acquis une expérience significative en tant que conseiller économique auprès du Fonds souverain du Koweït (Kuwait Investment Authority, KIA). Cette fonction lui a permis d’acquérir une expertise approfondie des marchés financiers, de la gestion de portefeuille souverain et des enjeux macroéconomiques globaux. Cette double expertise, académique et pratique, renforce la crédibilité de ses analyses sur la Tunisie et la région.
Skander Ounaies a par ailleurs apporté sa contribution à notre magazine L’Économiste maghrébin, où il a su imposer une voix à la fois critique et pédagogique, de plus en plus écoutée dans le débat public. On retiendra notamment sa participation au « Face à Face » de L’Economiste maghrébin, un espace de débat approfondi consacré à plusieurs sujets d’actualité économique tunisienne.
Dans le cadre du volet économique, il s’était concentré principalement sur deux axes :
– l’analyse de la viabilité de la dette publique et des risques potentiels de surendettement pour la Tunisie ;
– l’évaluation de la soutenabilité de la dette publique et des risques de surendettement.
L’inflation, un sujet d’actualité qui se décline en deux axes :
– ses causes structurelles,
– ses conséquences sociales.
La rédaction de L’Economiste maghrébin adresse ses sincères condoléances à la famille et aux proches du défunt.
Paix à son âme.