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Banque de Tunisie : Le bénéfice en hausse, la caisse en baisse

La Banque de Tunisie (BT) publie des états financiers intermédiaires au 30 juin 2026 qui affichent une nette progression de sa rentabilité, avec un résultat net semestriel de 95,616 millions de dinars (MDT) contre 85,016 MDT un an plus tôt. Ce résultat en hausse doit toutefois être lu à la lumière de deux nuances, une […]

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À propos de l’article de Larguèche sur Bouarrouj | Acte de mémoire ou… guerre des mémoires ?

Nous publions ci-dessous la réponse d’un ancien dirigeant du Parti communiste tunisien (PCT), ainsi que du parti Ettajdid et parti Al Massar, ses héritiers historiques, à un article de l’historien et ancien militant du PCT, Abdelhamid Larguèche, publié par Kapitalis et intitulé « Noureddine Bouarrouj, la mémoire effacée du communisme tunisien ». «La vérité est pareille à l’eau qui prend la forme du vase qui la contient», écrivait Ibn Khaldoun, nous apprenant que l’Histoire aussi est sujette à des points de vue divergents et à des interprétations différentes. Ce débat en est l’illustration.

Hichem Skik

Dans un long article publié dans Kapitalis le 12 septembre 2026, mon ami et collègue à l’Université (et aussi, c’est important, ex-camarade au Parti communiste tunisien), a évoqué le souvenir d’un ancien dirigeant important du PCT, feu Noureddine Bouarrouj, à l’occasion du trente-quatrième anniversaire de sa disparition.

On se serait, donc, attendu à «un acte de mémoire… un hommage et un devoir de mémoire», comme le déclare l’auteur dans son introduction. Cela aurait été utile et réellement souhaitable, car ce rôle et cet apport sont, effectivement, injustement méconnus, en dehors du cercle restreint de ses anciens camarades et de quelques collègues. C’est d’ailleurs le cas de nombreux valeureux militants de gauche, que l’historiographie officielle du parti unique a délibérément occultés.

Malheureusement – et dès le titre – on est surpris par le fait que l’auteur se place, délibérément, et d’emblée sur un tout autre terrain que l’hommage mérité à un dirigeant disparu :  celui de la polémique.

L’article est, en effet, intitulé : «Noureddine Bouarrouj, la mémoire effacée du communisme tunisien». Et ce thème est repris (je dirais : martelé) avec une insistance qui indique que ce sera le thème majeur de l’article (on relève, en effet, dans les seules premières lignes : «mémoire effacée, cet effacement, occulté, marginalisé, mise à l’écart, écartés, tus, mises à l’écart…».

L’article annonce donc clairement qu’il s’agira, non d’un hommage à un dirigeant, mais d’une sorte de «réhabilitation»– et cette «réhabilitation»  ne concernera pas, dans l’article, le seul Noureddine Bouarrouj, mais un groupe de communistes réunis autour de lui et qui auraient été tous «écartés» du Parti.

Et là, on se pose tout de suite la question : Pourquoi donc il-ou plutôt ils- ont été ainsi «marginalisés», «écartés», etc. ?

Et la réponse de l’auteur est simple, claire, précise, affirmée avec une grande assurance et sans aucune ambiguïté. Il la formule ainsi : «Cet effacement n’est pas un simple oubli. Il est le produit d’une gestion du parti centrée sur une personne et sur un appareil…»

Pour ceux qui n’ont pas compris, soyons clairs, semble dire l’auteur, qui précise donc : «L’histoire du communisme tunisien s’est longtemps écrite autour d’un nom : celui de Mohamed Harmel…»… «A force de faire reposer sa légitimité sur la figure d’un seul dirigeant… le parti a fini par transformer sa propre histoire en un récit de personnes : celui d’un sauveur et de ceux qu’il aurait, volontairement ou non, écartés.»

Ainsi se révèle au lecteur, l’objectif – assumé d’ailleurs par l’auteur – de l’article.

Il est inutile que je poursuive ici la lecture de l’article -lecture que j’ai faite plus d’une fois, car en tant qu’ami et ex-camarade, Abdelhamid m’a fait l’honneur de me le faire lire avant sa publication pour avoir mon avis-avis que je n’ai pas manqué de lui faire parvenir par écrit, lui faisant part de mes interrogations, mes réserves et mes désaccords sur plusieurs aspects de son texte. D’autres amis et camarades, à qui le texte a été soumis, ont, eux aussi, exprimé des avis recoupant largement le mien.

Jusque-là, nous pensions que le texte était une réflexion, un projet auquel Abdelhamid réfléchissait et qu’il suggérait un débat entre nous sur un important épisode de la vie du PCT. J’ai donc été très surpris de voir le texte immédiatement publié sous forme d’article.

La publication inattendue de l’article m’autorise donc, me semble-t-il, à répondre à l’invite de Abdelhamid à participer à ce nécessaire  débat, en commençant ici par quelques remarques d’ordre méthodologique  ou de caractère général, comptant sur  l’engagement intellectuel et l’esprit d’ouverture de Abdelhamid – ainsi que  sur la contribution d’autres personnes intéressées par le sujet-pour mener à bien et sur le fond un tel débat, de la manière la plus approfondie, la plus objective et la plus sereine possible.

Cher Abdelhamid !

1/ Tu affirmes : «jusqu’à aujourd’hui, certains sont irrités par la seule évocation des noms de Bouarrouj, Ali Mtimet ou Bechir El Feni». Je serais vraiment curieux de savoir qui sont ces «certains». En revanche, ce que je sais, car je l’ai vécu personnellement, c’est que, par exemple :  

– concernant Salah Garmadi, outre notre «compagnonnage linguistique» et les «combats» scientifiques que nous avons menés, au Ceres, avec toute une équipe de chercheurs pour une approche objective de la situation linguistique complexe dans notre pays. C’est avec une grande émotion que j’évoque la profonde amitié personnelle qui nous liait, et qui englobait même nos familles… Et c’est à moi qu’a échu le douloureux devoir d’annoncer son décès et de lui rendre un vibrant hommage à la Une du journal du PCT, Attariq al-Jadid. Lorsque le Ceres a voulu lui rendre hommage, c’est tout naturellement à moi qu’on a pensé… Il en est de même pour la Faculté des Lettres, à laquelle je n’appartenais pas encore, mais qui a jugé utile de m’associer – à côté, notamment, de Si Mongi Chamli, Si Chedli Ayari… à l’hommage «du 40e jour» qui lui a été rendu… ;

– concernant Ali Mtimet : en plus de notre militantisme commun au sein du PCT, les relations entre nos deux familles étaient très étroites et se sont poursuivies jusqu’à sa maladie, puis son décès, et se poursuivent – quoique par intermittence malheureusement, avec sa femme et ses enfants. Après la révolution – dans laquelle il s’était beaucoup impliqué, à Tunis et surtout dans diverses régions intérieures qu’il avait sillonnées –, il s’était associé à diverses manifestations et actions du Mouvement Ettajdid. A la cérémonie d’hommage organisé par sa famille après sa mort, son camarade Habib Kazdaghli a été invité à faire une intervention, qui fut très émouvante, de l’avis de tous les présents, et dans laquelle il avait souligné les multiples facettes et qualités, scientifiques, associatives, syndicales, politiques et humaines du défunt ;

– concernant Habib Attia, malgré les divergences survenues, il avait toujours maintenu des contacts avec nous, ses camarades du PCT, puis d’Ettajdid. Après la révolution, il me téléphonait souvent pour me faire part de ses avis et conseils sur la politique à suivre à propos de tel ou tel événement. Et grâce à son exceptionnelle connaissance de la campagne tunisienne, il a apporté – en tant que membre de la Commission économique du parti – une contribution précieuse à l’élaboration de son programme économique et social pour les élections. Je garde un souvenir ému de notre dernière rencontre avant sa disparition. En compagnie d’une petite délégation, nous lui rendîmes une visite d’amitié chez lui : il nous avait exprimé sa joie pour cette visite et avait, notamment, eu une longue conversation sur Jendouba avec notre camarade Baccar Ghrib, qui était alors Doyen de la Faculté d’économie de la ville. A son décès, le triste privilège de son éloge funèbre en tant qu’universitaire et en tant que militant communiste au cimetière de Carthage échut (tout naturellement), à son camarade Habib Kazdaghli ;

– même chose pour le grand maître de la critique littéraire Taoufik Baccar :  nos rapports ont toujours été amicaux, au niveau politique, il a été également associé aux discussions pour la préparation du 8e congrès, de même que  et nous étions nombreux à contribuer à l’hommage qui lui a été rendu à la Faculté des Lettres de Manouba au mois de juin 2017.

Tels sont quelques échantillons pour illustrer cette vérité évidente : non seulement les membres restés au PCT, puis à Ettajdid puis à Al Massar n’éprouvent aucune «irritation» à l’évocation des camarades qui ont choisi une autre voie, mais ils sont plutôt blessés qu’on se permette d’affirmer – gratuitement – le contraire.

Nous avons, certes, été en désaccord, à une certaine époque, mais nous n’avons jamais confondu divergence et inimitié.

2/ Tu écris : «… reprendre une question que l’histoire officielle du parti a préféré ne pas poser…» ; «L’histoire du communisme tunisien s’est longtemps écrite autour d’un nom…»; «le parti a fini par transformer sa propre histoire en un récit de personnes…» ; «…la manière dont l’histoire même du parti a fini par s’écrire…» ; «…l’histoire officielle  du mouvement ne retenait que les noms de ses dirigeants successifs et le récit de ses querelles» ;  «une pensée que l’histoire officielle de la gauche tunisienne a trop souvent laissée dans l’ombre.»

Six fois, dans un article, tu évoques «l’histoire officielle du parti» (pour dénoncer ce que tu considères comme ses parti-pris pour certains dirigeants et contre d’autres).

Personnellement, je déclare que je suis absolument prêt à partager ces conclusions s’il s’avère que ladite histoire officielle du parti a, en effet, procédé avec les biais et les «oublis» que tu dénonces. Le problème, c’est que, ayant vécu plus de soixante-ans dans ce parti, je n’ai jamais eu entre les mains une histoire – officielle ou même officieuse – du PCT ! Je n’ai jamais entendu parler d’une telle histoire, ni au parti, ni à l’université ni dans la presse nationale ou internationale. Ce que je sais, c’est que nous avons toujours salué et soutenu les quelques contributions d’universitaires tunisiens à l’écriture de certains aspects de cette histoire (Chaker, Kraiem, Hamza, Bouguerra, Lakhdar, Larguèche, Blili et surtout Kazdaghli.) Malheureusement, la plupart de ces travaux présentés à l’Université ont porté sur la période coloniale (excepté la recherche de Latifa Lakhdhar). La seule tentative pour donner un aperçu  de l’histoire du parti  de sa fondation à la levée de l’interdiction (parue non signée) qui a été faite par Habib Kazdaghli  et publiée (sans signature) dans le premier numéro d’Attariq al-Jadid : nous étions tous très heureux de cette contribution, qui permettait pour la première fois d’avoir une idée de l’itinéraire du parti- bien que cela ait été un «survol» sur deux pages du journal, qui n’a, en aucune façon, abordé des problèmes tels que ceux que tu soulèves. Depuis, plusieurs expositions de journaux, photos etc. ont été organisées à l’occasion de divers événements, mais… toujours aucune «histoire officielle» !

 Désolé Abdelhamid, mais un historien –qui se présente comme tel dans son article – et qui y dénonce aussi vigoureusement une «histoire officielle du parti», qui… n’a jamais existé, c’est, pour le moins… regrettable.

3/ Venons-en à la question principale, que tu as «occultée» vraiment, celle-là, et d’une manière particulièrement surprenante, par toi, Abdelhamid. Cette question est la suivante : on est tous d’accord sur le fait qu’il y a bien eu un problème qui a séparé Noureddine Bouarrouj – et les autres camarades qui l’ont rejoint – de l’autre groupe de camarades restés au PCT et ont participé à ses évolutions ultérieures : mais quel est ce problème ? Non seulement tu évites complètement d’aborder le véritable contenu des divergences, mais tu tentes de leur substituer un récit imaginaire, que contredisent radicalement les faits dans leur déroulement réel.

Tu affirmes, en effet : «Militant de la clandestinité, puis exilé pendant une quinzaine d’années, il (Noureddine Bouarrouj) revient en Tunisie et devient l’un des artisans les plus actifs de la recherche d’unité entre communistes tunisiens. Autour de lui se constitue le ‘‘groupe de Tunis’’, parfois appelé ‘‘groupe Kléber’’ qui réunit notamment Taoufik Baccar, Salah Garmadi, Habib Attia, Hamadi Ben Rachid, Bechir El Fani et Ali Mtimet…»

Vraiment désolé, là aussi, mon cher ami, mais tu as tout faux ! Etant historien de métier, et ayant adhéré au PCT après les faits que tu évoques, tu as puisé dans des sources, «bien sélectionnées», ce qui t’a induit en erreur, et tu t’es contenté de la version d’une seule partie, ce qui t’a privé des moyens de corriger ton erreur.

Une lecture apaisée d’évènements remontant parfois à plus de 50 ans, t’aurait permis une vision plus objective des faits. Les divergences ont bel et bien existé (ce sont des signes de vie d’un parti politique) ; elles remontent au milieu des années soixante et ont porté sur des points précis : la nature de classe du régime qui avait entrepris des réformes des structures économiques et les  positions politiques à prendre par le parti par rapport au régime (au cours et après le déroulement des réformes). La gestion de ces divergences internes, aussi bien lors de la rédaction du texte fondateur «Pour une nouvelle alternative démocratique et progressiste», publié en 1974, que lors de la préparation du 8e congrès (entamée fin 1978 et achevée en février 1981),  l’élaboration de positions à l’occasion  d’évènements importants (la grève du 26 janvier, l’attaque de Gafsa, la légalité retrouvée à partir de juillet 1981, etc.)  sont autant d’étapes d’une histoire commune et en partage du PCT et de la Tunisie, même s’il y a eu divergences d’appréciation entre militants et groupes de militants.

Qui dit histoire, cher Abdelhamid, dit documents et références précises à l’appui. Cela implique aussi que les documents sont à rechercher chez tous les protagonistes et non chez un seul parmi les informateurs ; sans indication précise de la collecte des sources orales ou écrites. L’honnêteté intellectuelle impliquerait de les faire connaitre et de les rendre publiques pour permettre aux lecteurs d’apprécier à sa juste valeur l’interprétation faite par l’historien. Or, on découvre, avec stupéfaction, que tes sources principales sont, d’une part, le manuscrit d’un livre sur Bouarrouj de Si Hedi Dhoukar (non encore publié !), et, d’autre part, les posts sur fb d’une personne jusqu’ici complètement inconnue et qui cherche à se forger un profil d’historien ex-militant…

3) Enfin, un mot à propos du 8e congrès du parti, tenu dans la clandestinité, et de la préparation duquel tu affirmes avec assurance (encore un problème de source fiable !) que le camarade Bouarrouj et ses amis ont été exclus. 

Permets-moi, cher Abdelhamid, de te démentir encore une fois : en tant qu’un des acteurs de la préparation du congrès, je t’informe que ces camarades ont tous été associés, comme les autres membres du parti, à la discussion du projet de résolution du congrès. Ainsi,  à titre d’exemple, je coordonnais les discussions-qui ont duré plus d’une année (fin 1978 et durant toute l’année 1979)-  dans un groupe de camarades constitué de:  Salah Garmadi, Salah Hajji, Ali Mtimet  et Habib Kazdaghli. Des camarades ont été chargés de discuter avec Bouarrouj à Paris, où il était parti pour préparer un doctorat et où il s’est installé définitivement. Ces camarades ont maintenu leurs positions et ont refusé le projet de résolution globalement ; on peut donc difficilement prétendre qu’ils ont été exclus de la préparation du congrès. Et malgré les divergences survenues à l’intérieur du parti, nous nous sommes à nouveau retrouvés dans le cadre d’un mini groupe pour discuter et préparer le 8e congrès sur des bases unitaires.

Cher ami, collègue et ex-camarade…

Je termine en te disant, avec beaucoup de regret, crois-moi, qu’au lieu d’être le prélude d’un débat apaisé et fructueux, sur un passé en partage, ton texte s’est malheureusement placé sur le terrain des récits polémiques, univoques et tronqués. Pour toutes ces raison, force est de constater qu’au lieu d’aboutir à un acte de mémoire tant espéré, tu as choisi de continuer et d’une manière maladroite, la piste tant décriée, parce que très dangereuse, de la… guerre des mémoires ! Dommage !

Tunis, 21 septembre 2026

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Sur les routes : Les mosquées ocres des ksours du sud tunisien

En visitant les ksours dans le sud-est du pays, j’ai toujours cherché à retrouver les mosquées subreptices qui se cachaient dans ces nids d’aigle.

Car si lorsqu’ils se trouvent dans un village, le ksar ou la kalaa sont flanqués d’une mosquée à la blancheur immaculée qui jaillit dans l’ocre, ceux qui sont perchés sur les hauteurs ne peuvent que celer ne serait-ce qu’un oratoire.

Nid d’aigle à la blancheur immaculée

Cette hypothèse, j’ai pu la vérifier à plusieurs reprises, en découvrant d’incroyables « moussala » dans les arcanes des greniers fortifiés des siècles antérieurs.

J’ai ressenti cette révélation à Ksar Jouamaa, non loin de Beni Khedache, lorsque les hasards du chemin m’avaient mené à passer la nuit dans cet édifice alors totalement délaissé.

Au petit matin, dans ce paysage lunaire, j’ai retrouvé creusé dans le roc, la trace d’un mihrab qui ne pouvait qu’indiquer la présence d’une mosquée.

Des traces parfois imperceptibles

Dès lors, comment ne pas communier avec ce dépouillement virginal, cette foi qui par la puissance suggestive d’une cavité indiquait la « kibla » ?

La même vision, bien des années plus tard, m’a saisi à Ksar Hallouf, non loin de Chenini, lorsque je me suis retrouvé devant la même trace. Presque rupestre, dans une paroi où affleuraient des sédiments immémoriaux, la niche d’un mihrab, au cœur d’une mosquée minuscule.

C’était une simple galerie, si étroite que deux personnes tenaient à peine dans sa largeur. Comme un couloir qui avançait dans les entrailles de la montagne, une grotte hors du temps, pour s’élever dans la prière. Comme un contrepoint chaulé, dont la vive blancheur suggérait la sacralité.

Un dépouillement virginal

Ces mosquées des ksours sont depuis lors, l’un de mes horizons qui se confond avec les grottes d’anachorétes. Ce n’est pas autrement que j’imagine les retraites mystiques de Sidi Belhassen et Sidi Bou Said, en leurs collines.

Sur ces monts pelés de la Dorsale tunisienne, les élans intérieurs, l’immersion dans le sacré, les quêtes intimes sont aussi une recherche d’absolus minéraux.

Ces mosquées des confins me le chuchotent et me le psalmodient. Comme la voix d’un orant incrusté dans une pierre ocre mais translucide. Comme ces « mihrab », boussoles pétrifiées, symboles s’il en est de l’Orient magnétique.

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Ligue 1 : Le Club Africain face au Stade Tunisien pour solder la 3ème journée

Le Stade Tunisien accueille le Club Africain ce jeudi 17 septembre à 16h00 au complexe Hédi Enneifer du Bardo, dans le cadre du dernier match de rattrapage de la troisième journée de Ligue 1. Un derby qui permettra aux deux équipes de mettre leur calendrier à jour.

Le Club Africain veut poursuivre son sans-faute

Le Club Africain arrive au Bardo avec six points en deux matches. Les Rouge et Blanc ont remporté leurs deux premières rencontres de championnat sur le même score de 1-0, face à l’ES Métlaoui puis à l’ES Hammam-Sousse. Le CA reste également sur une qualification pour le deuxième tour préliminaire de la Ligue des champions africaine.

Le derby intervient donc dans une séquence dense pour les hommes de Maher Kanzari, avec la nécessité de bien gérer les efforts après le déplacement africain.

Kanzari retrouve le Stade Tunisien

Cette rencontre aura également une dimension particulière pour Maher Kanzari, qui retrouve le Stade Tunisien, son ancien club.

Le technicien clubiste cherchera à maintenir la dynamique de son équipe, qui n’a toujours pas concédé de point depuis son entrée en lice en championnat.

Le Stade Tunisien veut confirmer son redressement

Le Stade Tunisien aborde ce rendez-vous avec un bilan plus contrasté. Après ses deux premiers matches de championnat, les Stadistes comptaient un point, avant de renouer avec la victoire lors de la quatrième journée face à l’ES Hammam-Sousse.

Le coup d’envoi du derby sera donné à 16h00 au complexe Hédi Enneifer du Bardo. La rencontre sera arbitrée par Haythem Trabelsi, avec le Slovène David Smaj à l’assistance vidéo.

La rencontre sera diffusée sur Watania 1 et Al Kass 2.

Lire aussi :

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L’ingénieur tunisien au cœur de la transformation de l’Afrique

L’ingénieur tunisien s’impose aujourd’hui comme un moteur clé du développement industriel et économique de l’Afrique. C’est le constat central du forum organisé par le think tank Tunisia Africa Business Council (TABC), samedi 12 septembre 2026 à Tunis, en marge de son assemblée générale ordinaire. L’événement a réuni un parterre d’experts, de décideurs et d’acteurs de terrain autour d’un objectif clair : dépasser la simple prestation technique pour faire de l’ingénierie tunisienne un partenaire stratégique et durable des grandes transitions du continent.

Lotfi Sahli

En ouverture, le président du TABC, Anis Jaziri a retracé le parcours de son organisation. Chiffres à l’appui, le bilan impressionne : 4 500 adhérents, 43 missions déployées dans 37 pays, 9 éditions de la conférence internationale Financing Investment & Trade in Africa (Fita), 25 rencontres B2B/B2G et 103 conventions signées.

Mais M. Jaziri ne souhaite pas en rester là. Tout en reconnaissant les freins actuels — notamment le manque de réseaux structurés et d’accompagnement —, il a dévoilé une feuille de route audacieuse pour le TABC : le lancement d’une banque d’affaires à l’horizon 2029, couplé à une double introduction en bourse de sa holding à Tunis et Abidjan.

De la compétence isolée à l’offre intégrée

Le Doyen de l’Ordre des ingénieurs tunisiens (OIT), Mohsen Gharsi, a apporté un éclairage sans détours sur la situation des compétences nationales. Sur 106 000 ingénieurs inscrits à son organisation, plus de 45 000 exercent à l’étranger. En Afrique subsaharienne, les jeunes diplômés font souvent face à de réels obstacles : absence de soutien public, difficultés à mobiliser des garanties bancaires et trajets complexes faute de lignes aériennes directes.

L’ingénieur tunisien est en passe de devenir un partenaire stratégique et durable des grandes transitions en Afrique.

Animé par Anis Morai, le panel principal a réuni plusieurs figures majeures du secteur — Jamel Ksibi (FNTP), Hassen Zargouni (Sigma Conseil), Sami Driss (Comet), Saïd Drira (Scet) et Mourad Mastouri (Adenit) — pour fixer les conditions du succès collectif :

Faire ses preuves chez soi : M. Ksibi a rappelé que l’aventure continentale repose sur des bases solides. À l’image du chantier emblématique de l’autoroute Hammamet-Enfidha, une entreprise doit d’abord s’imposer sur son marché national avant de prétendre rayonner à l’international.

Miser sur la Data et les solutions intelligentes : Hassen Zargouni a plaidé pour une évolution vers l’ingénierie augmentée. L’Afrique change vite ; exporter des compétences ne suffit plus, il faut proposer des solutions intégrées et guidées par la donnée pour répondre aux défis d’urbanisme, de mobilité et de santé.

S’implanter durablement : s’appuyer sur la simple exportation de marchandises depuis Tunis ne suffit plus pour conquérir le continent. C’est le diagnostic sans appel dressé par M. Driss, fort de son expérience de terrain. Selon lui, les marchés africains privilégient désormais l’ancrage local : ils recherchent des partenaires investis, capables de produire sur place, de créer des emplois pour les ouvriers, techniciens et cadres locaux, et d’assurer le transfert de compétences par la formation Pour illustrer ce virage stratégique, le dirigeant a cité l’exemple révélateur du marché algérien. Lorsque l’Algérie a fermé ses frontières aux importations de matériels roulants, le groupe Comet — déjà implanté localement — s’est retrouvé en position de force, devenant le seul acteur en mesure de répondre immédiatement à la demande nationale. Une démonstration claire qu’en Afrique, la présence industrielle physique sur le terrain constitue le meilleur rempart face aux aléas réglementaires

Allier expérience et humilité : riche d’un ancrage de 45 ans et d’une présence dans 30 pays africains, M. Drira aborde le continent avec l’humilité du pionnier : pour lui, chaque nouveau marché représente à la fois une conquête et une école. Fort de cette maturité de terrain, il souligne la haute estime dont jouit l’ingénieur tunisien à l’échelle internationale. Une réussite continentale qui s’accompagne d’une fidélité intègre envers la patrie, prouvant qu’il est possible de rayonner à travers l’Afrique tout en gardant des racines profondément ancrées en Tunisie.

Former dès l’université : M. Mastouri a mis en avant le rôle primordial de l’Enit (15 000 diplômés). Pour lui, la réussite en Afrique passe par l’ouverture académique et l’accueil des étudiants du continent, bâtissant ainsi dès la formation des réseaux de confiance durables.

Anis Jaziri ne manque pas d’ambition pour le TABC.

Une fois la séance levée pour céder la place aux travaux de l’assemblée élective, M. Jaziri s’est exprimé sur les perspectives d’expansion continentale. Interrogé sur son état d’esprit quant à la poursuite de cette dynamique en Afrique, il s’est montré résolument confiant et serein. Pour le dirigeant, la clé du succès ne doit rien au hasard : elle repose avant tout sur une planification rigoureuse des objectifs stratégiques et sur l’alignement précis des moyens déployés pour les atteindre.

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