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Tribune | La liberté de la presse vue par le libéral Benjamin Constant

Il est toujours utile de rappeler, même dans l’histoire de la pensée politique, l’évidente nécessité de la liberté de presse et d’opinion, face aux tentations arbitraires de toutes les autorités du monde. Benjamin Constant est un de ceux qui a…

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Tunisie | Les enseignants de l’Ipsi solidaires avec leur collègue Mohamed Yousfi

Un groupe d’enseignants de l’Institut de presse et des sciences de l’information (IPSI) de Tunis a publié la pétition suivante pour défendre la liberté de la presse et l’indépendance du travail médiatique, et pour exprimer sa solidarité avec le journaliste Mohamed Yousfi, placé en détention provisoire et poursuivi en justice pour des faits liés à ses fonctions de rédacteur en chef de la plateforme médiatique Alqatiba.

Nous, enseignants de l’Institut de presse et des sciences de l’information, convaincus que la liberté de la presse ne constitue pas un privilège réservé à une catégorie professionnelle spécifique, mais qu’elle est une condition fondamentale du droit de la société à l’information, de la liberté du débat public ainsi que de l’instauration d’un État de droit et d’institutions :

– suivons avec inquiétude et étonnement les circonstances de l’interpellation du journaliste Mohamed Yousfi, laquelle a été déclenchée par des publications et commentaires diffusés sur Facebook — selon le rapport de transmission du dossier — évoquant un accroissement suspect de sa fortune, alors qu’il n’existe pas le moindre indice sérieux quant à la véracité de ces allégations. Cette interpellation soudaine, survenue alors qu’il se rendait à une émission radiophonique, contrevient aux principes consacrés par l’article 55 de la Constitution tunisienne, notamment ceux de nécessité et de proportionnalité régissant la restriction des droits et libertés ;

– considérons que les journalistes exerçant leur profession dans le respect de la loi doivent bénéficier de la protection nécessaire pour accomplir leur mission — à savoir transmettre l’information, demander des comptes aux décideurs et susciter le débat sur les questions d’intérêt sociétal ;

– soulignons que toute poursuite judiciaire, lorsqu’elle repose sur des fondements juridiques sérieux, doit se dérouler dans une transparence totale, dans le respect de la présomption d’innocence, des droits de la défense et des garanties d’un procès équitable, sans que les procédures judiciaires ne soient détournées pour sanctionner un journaliste en raison de ses opinions ou de son activité professionnelle ;

– suivons avec une vive inquiétude les informations faisant état de la détérioration de l’état de santé de Mohamed Yousfi et de l’intervention chirurgicale qu’il a subie, ainsi que les préoccupations suscitées par ses conditions de détention et la garantie de son droit aux soins et à une prise en charge médicale, notamment après son transfert en prison.

À cet égard, nous :

– exprimons notre entière solidarité avec le journaliste Mohamed Yousfi, ainsi qu’avec sa famille et ses collègues, et faisons part de notre profonde préoccupation quant à sa situation judiciaire et sanitaire ;

– exigeons que sa sécurité physique et psychologique soit garantie et qu’il puisse bénéficier, sans délai, des soins de santé nécessaires ;

– appelons à réexaminer la décision de le placer en détention et à lui permettre de suivre la procédure en état de liberté, afin de garantir le respect de la présomption d’innocence et du principe de proportionnalité dans le recours aux mesures privatives de liberté ;

– exigeons la garantie du plein exercice des droits de la défense, la possibilité pour les avocats d’accomplir leur mission sans entraves, ainsi que le respect de toutes les procédures et garanties prévues par la loi, y compris le droit de l’accusé d’être présent, d’être interrogé et d’assurer sa propre défense ;

– affirmons que l’exercice du journalisme, la participation à des entretiens ou à des interventions médiatiques, ainsi que la publication d’opinions, d’analyses et de critiques relatives aux affaires publiques, ne sauraient constituer, en soi, un motif de poursuites pénales ou d’emprisonnement ;

– appelons à ne pas recourir aux lois pénales ou aux procédures judiciaires pour restreindre le travail journalistique, soumettre les médias indépendants ou intimider les journalistes ;

– rejetons le fait de faire des journalistes la cible de campagnes de diffamation, d’incitation à la haine et de stigmatisation ;

– soulignons que le cas de Mohamed Yousfi dépasse sa personne, car il soulève une question fondamentale concernant l’avenir de la liberté de la presse en Tunisie et la capacité des journalistes à exercer leur rôle de contrôle et de critique sans craindre l’emprisonnement ou les poursuites en raison de leur travail ;

– réitérons notre solidarité et notre soutien à tous les journalistes emprisonnés ou faisant l’objet de poursuites judiciaires en raison de leur travail journalistique ;

– considérons que la protection de la presse indépendante relève d’une responsabilité partagée entre l’État, le pouvoir judiciaire, l’université, la société civile et les instances professionnelles ; l’université tunisienne — et plus particulièrement les établissements de formation au journalisme — ne saurait rester simple spectatrice lorsque le droit des journalistes à exercer leur métier et le droit des citoyens à l’information sont menacés.

En tant qu’enseignants formant des générations de journalistes aux valeurs de professionnalisme, d’indépendance, de responsabilité et d’éthique du métier, nous estimons que garder le silence face à l’emprisonnement d’un journaliste ou aux restrictions qui lui sont imposées dans l’exercice de ses fonctions contrevient à l’essence même de la mission que nous accomplissons au sein de l’université.

Par conséquent, nous appelons les autorités judiciaires à libérer le journaliste Mohamed Yousfi, à garantir le plein respect de ses droits et à lui assurer les soins de santé nécessaires, conformément aux dispositions de la Constitution et aux engagements internationaux de la Tunisie en matière de liberté d’expression et de liberté de la presse.

Nous invitons également nos collègues des milieux universitaire, médiatique et de la défense des droits humains à poursuivre la défense pacifique et légale de la liberté de la presse, ainsi que du droit des Tunisiennes et des Tunisiens à une information libre, indépendante et pluraliste.

Suivent 18 signatures.

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La FAPaJ appelle à libérer le journaliste tunisien Mohamed El Yousfi  

La Fédération des journalistes d’Asie-Pacifique (FAPaJ) exhorte le président tunisien à prendre des mesures immédiates pour obtenir la libération du journaliste Mohamed El Yousfi, arrêté le 4 septembre 2026 devant les locaux d’Express FM alors qu’il s’apprêtait à participer à une émission sur la politique de l’eau en Tunisie.

La FAPaJ, qui regroupe des représentants d’organisations de journalistes de cinq sous-régions d’Asie-Pacifique — Pacifique, Asie de l’Ouest, Asie de l’Est, Asie du Sud et Asie centrale — exprime sa solidarité avec El Yousfi, le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) et l’ensemble des journalistes en Tunisie.

Rappelons qu’El Yousfi, a été conduit à la Troisième brigade centrale d’enquête sur les crimes financiers complexes de la Garde nationale, à El Aouina, et placé en garde à vue le samedi 5 septembre.

Selon les informations recueillies par le SNJT auprès de son équipe juridique, une enquête a été ouverte sur la base de publications Facebook.

El Yousfi a également été interrogé sur son travail journalistique et sur la ligne éditoriale d’Alqatiba, l’un des principaux médias indépendants de Tunisie dont il est le rédacteur en chef.

Son arrestation fait suite à une campagne de dénigrement et d’incitation à la haine menée à son encontre sur les réseaux sociaux par des groupes se réclamant du régime en place depuis 2021.

El Yousfi est le dernier journaliste en date à être emprisonné en Tunisie en raison de son travail ou de ses prises de position publiques. Il rejoint Mourad Zeghidi et Borhen Bsaïes, détenus depuis mai 2024 et condamnés à de lourdes peines de prison, ainsi que Zied El Heni, arrêté en avril 2026 et condamné à un an de prison pour avoir critiqué une décision de justice.

La FAPaJ appelle le président Saïed à agir avec détermination et à garantir la libération immédiate et inconditionnelle de Mohamed El Yousfi. Les autorités doivent cesser de recourir aux arrestations, aux détentions, à l’intimidation et aux poursuites judiciaires pour réduire les journalistes au silence et entraver le travail journalistique légitime, souligne l’organisation.

L’emprisonnement de journalistes pour leur travail ou l’expression d’opinions critiques menace le journalisme indépendant et porte atteinte au droit du public à l’information, ajoute-t-elle.

Le journalisme n’est pas un crime, et les journalistes ne doivent jamais faire l’objet d’emprisonnement ou de représailles pour le simple fait d’exercer leur métier, rappelle la FAPaJ, qui exprime sa solidarité avec Mohamed El Yousfi et tous les journalistes confrontés à la persécution en Tunisie.

Nous exhortons le président de la Tunisie à défendre la liberté de la presse, à protéger les journalistes et à garantir qu’ils puissent travailler librement, en toute indépendance et en toute sécurité, sans crainte d’arrestation ou de répression, souligne encore l’organisation.

I. B.

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