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Tunisie | Lancement officiel du Prix Kamel Labidi pour les médias

Amnesty International Tunisie lance la quatrième édition de son prix des médias pour les droits humains, baptisé cette année «Prix Kamel Labidi pour les médias». Ce concours vise à honorer les journalistes professionnels, les jeunes et les créateurs de contenu engagés dans la défense des droits humains.

Décédé le 17 janvier 2026, Kamel Labidi était un journaliste indépendant et intègre et un défenseur de la liberté de la presse et de la liberté d’expression en Tunisie et dans le monde arabe. Il a pris part à la construction et à la réforme du secteur de la presse et des médias en Tunisie en président l’Instance nationale pour la réforme de de l’information et la communication (Inric) après la révolution du 14 janvier 2011; mais lorsque les libertés ont de nouveau reculé dans le pays, il a choisi de se mettre en retrait une fois de plus, et s’est installé au Liban où il est décédé.

Le prix est ouvert aux journalistes professionnels, aux jeunes, aux citoyens et citoyennes ainsi qu’aux créateurs et créatrices de contenu qui s’engagent à défendre les droits humains et contribuent, par leurs travaux, à mettre en lumière les questions qui y sont liées.

Les candidatures sont ouvertes du 15 septembre au 15 novembre 2026 via le formulaire en ligne.

Vous trouverez les conditions et les modalités de participation à ce lien.

I. B.

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Le cinéma tunisien au 37e Fameck, vitrine des cinémas arabes en France  

Trois cinéastes tunisiens seront présents à la 37e édition du Festival du film arabe de Fameck qui se tiendra au 1er au 11 octobre 2026 à Thionville Fensch (France). Il s’agit de Hind Meddeb qui présentera son film ‘‘Soudan, souviens-toi’’ hors compétition et présidera le jury de la compétition du documentaire. Pour leur part, Mohamed Ali Nahdi et Amel Guellaty présenteront leurs longs métrages de fiction respectifs ‘‘Le 13e round’’ et ‘‘D’où vient le vent ‘’ en compétition officielle.  

Cette 37e édition, qui sera plus que jamais centrée sur le cinéma comme langage universel et espace de résistance pour saisir les enjeux que traverse le monde arabe contemporain, présentera un panorama de 40 longs et 12 courts métrages de fiction, d’animation et documentaires venus d’Algérie, d’Arabie Saoudite, d’Égypte, d’Irak, de Jordanie, du Liban, du Maroc, de Palestine, de Syrie, de Tunisie et du Yémen (dont plusieurs inédits et avant-premières).

Dans le cadre d’un focus, et pour la première fois, le Festival met aussi à l’honneur le Soudan à travers une dizaine de films et célèbre un cinéma de résistance marqué par la censure, qui renaît et se réinvente à travers l’exil.

Porté par des cinéastes engagés, il s’impose dans les festivals par sa maîtrise des codes cinématographiques et sa signature esthétique originale, œuvrant à faire sortir du silence, voire de l’indifférence, un pays meurtri par une grave crise humanitaire et un très important déplacement de population.

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Hypothèse de travail | Et si la Tunisie utilisait l’euro ?

La Tunisie ne rejoindra pas la zone euro. Elle n’est pas membre de l’Union européenne (UE), elle ne siège ni à la Banque centrale européenne (BCE), ni dans les institutions qui fixent la politique monétaire du continent. Mais une question mérite d’être posée – à titre d’hypothèse : un pays aussi étroitement arrimé à l’économie européenne a-t-il intérêt à utiliser l’euro ?

Ali Guidara *  

L’idée peut sembler iconoclaste. Le dinar est un symbole de souveraineté et un instrument de politique économique. Mais toute monnaie doit aussi être jugée à l’aune de son utilité concrète : facilite-t-elle les échanges, sécurise-t-elle l’investissement, protège-t-elle le pouvoir d’achat et permet-elle à l’économie d’absorber les chocs ?

Pour une économie largement tournée vers l’Europe, la question n’est donc pas théorique. Elle est commerciale, industrielle et financière – mais aussi, on le verra, politique. Il ne s’agit pas de plaider ici pour une adoption immédiate de l’euro, mais d’utiliser cette hypothèse comme un révélateur : que dit-elle de la place de la monnaie dans le modèle économique tunisien ?

Une économie fortement arrimée à l’Europe

La Tunisie exporte massivement vers le marché européen et importe de l’UE une part importante de ses biens d’équipement, de ses intrants et de ses produits intermédiaires. Elle accueille des entreprises européennes et s’insère dans leurs chaînes de valeur, notamment dans les composants électriques, l’automobile, le textile, l’aéronautique et certains services. L’Europe n’est pas seulement son principal client. Elle est aussi un fournisseur, un investisseur et un partenaire de production.

Dès lors, une frontière monétaire traverse l’économie tunisienne. Les recettes d’exportation sont souvent libellées en euros, tandis que les salaires et une large partie des charges sont payés en dinars. Les machines, les technologies, certains composants et certains financements sont acquis en devises, alors que les entreprises tiennent l’essentiel de leur comptabilité en monnaie nationale. Les investisseurs européens, eux, raisonnent en euros et supportent un risque de change qui pèse sur leurs décisions.

Selon les données de l’Institut national de la statistique (INS) pour 2025, l’UE représentait environ 55% du commerce extérieur tunisien. Près de 70% des exportations tunisiennes étaient destinées au marché européen, contre un peu moins de 44% des importations. Les échanges de biens entre la Tunisie et l’UE ont atteint 26 milliards d’euros en 2025, selon la Commission européenne. Ces chiffres ne suffisent pas à imposer un changement de monnaie, mais ils justifient que le sujet ne soit plus traité comme une simple provocation.

Le précédent des Balkans

L’objection juridique est claire : un pays non membre de l’UE ne peut pas adhérer à la zone euro. L’adoption officielle de l’euro suppose une intégration à l’Union, le respect de critères de convergence et une participation pleine aux institutions monétaires européennes. Mais utiliser l’euro est une autre chose.

Le Kosovo et le Monténégro ont adopté l’euro de manière unilatérale, sans appartenir à l’UE ni à la zone euro, et sans disposer d’un accord monétaire leur donnant accès aux instances de décision de la BCE. Bruxelles et Francfort ont toujours regardé cette situation avec réserve. L’UE ne reconnaît pas l’euroïsation unilatérale comme une voie d’accès à la zone euro. Le précédent montre néanmoins une réalité simple : il est possible, pour un État, de choisir l’euro comme moyen de paiement et unité de compte sans participer à sa gouvernance – et donc sans voix au chapitre sur les décisions qui affectent son économie.

Cette situation en évoque une autre, plus familière en Afrique : le franc CFA. La comparaison est nécessaire. Le franc CFA est une union monétaire instituée par traité, héritée de la période coloniale, adossée à une garantie du Trésor français et à une gouvernance partagée. Aucun pays membre ne peut y renoncer seul. L’euroïsation unilatérale ne crée ni union, ni garantie extérieure, ni gouvernance commune : un État qui choisit l’euro pourrait, en théorie, y renoncer seul, au prix d’une désorganisation économique.

La question tunisienne devient alors plus claire : quels gains pourraient compenser la perte de souveraineté monétaire – et la marge de manœuvre qui l’accompagne ?

Ce que l’euro apporterait

Le premier avantage serait la réduction du risque de change avec le principal partenaire économique du pays. Aujourd’hui, une entreprise tunisienne qui exporte en euros, mais importe aussi des équipements, de l’énergie, des composants ou des services en devises, reste exposée aux mouvements du dinar. Une dépréciation de la monnaie nationale peut améliorer, en apparence, la valeur en dinars des recettes d’exportation. Mais elle renchérit simultanément les importations indispensables à la production. L’effet n’est donc ni uniforme ni mécaniquement favorable à l’économie tunisienne.

Les entreprises les plus intégrées aux chaînes de valeur européennes pourraient gagner en visibilité sur leurs coûts, leurs marges et leurs contrats. Les investisseurs européens seraient moins exposés à l’incertitude monétaire. Les entreprises tunisiennes qui achètent des machines ou mobilisent des financements européens disposeraient d’un cadre plus prévisible.

Le tourisme pourrait aussi y trouver un intérêt : une monnaie directement familière à une clientèle de la zone euro supprimerait le risque de change pour le touriste, rendrait les prix plus immédiatement comparables et simplifierait la comptabilité des opérateurs touristiques.

Des indépendants travaillant avec des firmes internationales et des salariés de groupes étrangers qui perçoivent des revenus en euros, ou encore les familles qui vivent en partie des transferts de la diaspora gagneraient en prévisibilité : ces transferts, envoyés depuis l’Europe notamment, représentaient 6,5% du PIB tunisien à fin 2024 selon la BCT.

L’adoption de l’euro par la Tunisie ne crée pas, à elle seule, de richesse. Mais elle peut réduire les coûts de transaction, améliorer la lisibilité des prix et limiter une part de l’incertitude qui freine l’investissement.

Le coût du dinar

Le revers est majeur : la Tunisie perdrait son instrument monétaire. Avec le dinar, la Banque centrale de Tunisie (BCT) peut agir, dans certaines limites, sur les taux d’intérêt, la liquidité et le taux de change. Une dépréciation peut contribuer à restaurer temporairement la compétitivité-prix des exportations ou à amortir un choc extérieur. Elle a toutefois un coût : elle renchérit les importations, nourrit l’inflation et pèse sur le service de la dette libellée en devises.

L’euro supprimerait cette possibilité. En cas de choc proprement tunisien – crise du tourisme, hausse du coût énergétique ou ralentissement de l’activité – le pays ne pourrait plus ajuster son taux de change. Il lui faudrait absorber le choc autrement : par une modération des salaires ; par une réduction des dépenses publiques, plus difficiles à financer faute de la soupape du taux de change ; ou par une émigration accrue, qui allège la pression sur le marché du travail et ramène des devises via les transferts des expatriés.

C’est l’un des enseignements essentiels de toute union monétaire : lorsque le taux de change disparaît, l’économie doit être suffisamment flexible, productive et solide pour s’ajuster autrement.

L’expérience de la zone euro elle-même le rappelle : la BCE fixe une politique unique, calibrée sur le cycle des grandes économies qui pèsent le plus dans ses décisions. Un pays dont la conjoncture évolue à contretemps de ce cycle, sans possibilité d’ajuster ses taux, doit encaisser le choc autrement – c’est ce qu’ont appris à leurs dépens plusieurs économies périphériques lors de la crise de la dette souveraine des années 2010. Une Tunisie euroïsée n’aurait aucune voix pour infléchir cette politique dans un sens plus favorable à sa propre conjoncture.

Du point de vue de la théorie des zones monétaires optimales, la question centrale est celle de la symétrie des chocs et de la flexibilité interne : dans quelle mesure les cycles tunisien et européen sont-ils alignés, et à quel prix l’économie tunisienne peut-elle s’ajuster sans levier de change ? L’hypothèse de l’euro oblige à poser cette question frontalement, même si la réponse, aujourd’hui, penche clairement en faveur du maintien d’une marge de manœuvre monétaire.

Coexistence des monnaies

Entre le dinar intégralement souverain et l’euro pleinement adopté, il existe une voie intermédiaire : la cohabitation prolongée des deux monnaies.

Cette solution serait sans doute la plus réaliste à court terme. La Tunisie pourrait élargir l’usage de l’euro dans les secteurs déjà exposés aux devises, sans abolir le dinar. Cette cohabitation n’a rien d’abstrait : une partie des mécanismes bancaires liés aux devises existe déjà, notamment pour les entreprises ayant des revenus d’exportation et pour certains comptes en devises. La loi de finances 2026 a d’ailleurs introduit, pour les particuliers, un compte en devises sans autorisation préalable de la BCT – mais le dispositif reste étroit et soumis à des restrictions.

Une forme de coexistence existe à travers les comptes professionnels en devises et les mécanismes destinés aux entreprises exportatrices. Mais elle reste fortement encadrée par la réglementation des changes et ne constitue pas une véritable liberté de circulation entre le dinar et l’euro.

L’enjeu ne serait donc pas d’inventer de toutes pièces un usage de l’euro, mais de construire, pour les entreprises comme pour les particuliers, des circuits plus fluides, plus lisibles et plus larges. Cette transition permettrait de tester les avantages et les inconvénients avant un basculement plus radical. Mais elle comporterait aussi un risque : si les agents économiques perdent confiance dans le dinar, l’euro peut progressivement s’imposer par les faits, dans l’épargne, les contrats et les transactions. L’euroïsation partielle peut alors devenir une euroïsation de fait.

Le vrai débat

Adopter l’euro ne constituerait ni une panacée ni une abdication automatique. Ce serait un arbitrage entre deux choix.

Le premier est monétaire : conserver le dinar, maintenir la capacité de fixer ses propres taux et d’ajuster le taux de change en cas de crise. Le second est économique : réduire l’incertitude avec le principal partenaire commercial du pays et faciliter les décisions d’investissement, pour autant que la réglementation soit claire et la stabilité durable.

Il existe un troisième terme, moins souvent formulé : le terme politique. Une économie davantage arrimée à l’euro devient plus dépendante de décisions prises à Francfort et à Bruxelles sans y avoir voix – une asymétrie déjà visible au Kosovo et au Monténégro. Cette dépendance pourrait peser, plus largement, sur le rapport de force dans les négociations commerciales ou budgétaires avec l’UE, qui n’aurait de son côté aucune obligation nouvelle envers Tunis. Ce n’est pas un argument contre l’euro : le dinar n’offre lui non plus aucune garantie d’indépendance réelle face à un partenaire qui pèse 55% du commerce extérieur du pays.

Le dinar offre une capacité d’adaptation, mais au prix d’une vulnérabilité aux tensions de change et à l’inflation importée. L’euro promet davantage de stabilité, mais impose une discipline bien plus exigeante : compétitivité par la productivité plutôt que par la dévaluation, finances publiques soutenables, système bancaire robuste, montée en gamme industrielle et amélioration du climat des affaires, notamment l’écart entre le cadre réglementaire et son application concrète pour les entreprises. Les indicateurs récents de la Banque mondiale montrent que la Tunisie conserve un écart important entre la qualité du cadre réglementaire et son application opérationnelle, ce qui constitue un frein à l’investissement.

C’est peut-être là que réside l’intérêt principal de cette hypothèse. Non pas dans l’annonce prématurée de la disparition du dinar, mais dans la question qu’elle oblige à poser : la Tunisie peut-elle bâtir un modèle de croissance moins dépendant de l’ajustement monétaire et davantage fondé sur l’investissement, la productivité et la confiance ?

L’euro ne résoudrait pas les fragilités structurelles de l’économie tunisienne. Mais le débat sur son adoption aiderait à clarifier ce que le pays attend réellement de sa monnaie – et ce qu’il est prêt à transformer pour gagner en stabilité et en prospérité. En ce sens, parler de l’adoption de l’euro, c’est surtout tendre un miroir au modèle économique tunisien.

* Docteur en politiques publiques.

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Le faux débat sur l’islam en Europe

Alors que l’islam est attaqué de toutes parts en Europe et sans aucune nuance par les partis d’extrême droite qui ont le vent en poupe et que les musulmans sont stigmatisés, le magazine britannique The Economist affirme dans un éditorial cette semaine que les allégations selon lesquelles l’islam en tant que religion menacerait l’Europe sont fausses mais que l’islamisme en tant qu’idéologie et l’islamophobie nourrie par l’extrême droite constituent bel et bien un danger. Les musulmans ne représentent que 6% de la population européenne qui compte plus de 500 millions d’habitants donc la fable de l’islam conquérant chère à l’extrême droite pour insuffler une peur panique aux électeurs ne tient pas.

Imed Bahri

Dans cet éditorial intitulé «La vérité et les mensonges à propos de l’islam en Europe», publié à l’occasion du 25e anniversaire des attentats du 11 septembre 2001, l’auteur constate que la peur de l’islam s’intensifie dans les pays européens, la moitié de la population estimant désormais que l’islam est incompatible avec les valeurs occidentales.

Le 6 septembre, le parti populiste de droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) a remporté 44% des voix en Saxe-Anhalt, son plus large score à ce jour lors d’une élection régionale, mettant en garde contre «l’islamisation» de l’Allemagne et menaçant de déportations forcées. 

La paranoïa de la droite extrême

Le même week-end, en Grande-Bretagne, des centaines d’individus masqués ont occupé la ville de Douvres, plaque tournante de l’immigration clandestine entre la France et l’Angleterre, scandant «Arrêtez les embarcations» et «Jésus est le Roi». Cet épisode montre que souvent l’immigration est liée à la religion musulmane et à la menace qu’elle constituerait pour l’Occident chrétien. 

En France, l’appel de Marine Le Pen à interdire le port du voile dans les lieux publics recueille le soutien de 60% des électeurs.

Le magazine britannique constate que cette obsession s’est enracinée en Amérique. La crainte n’est plus celle du terrorisme, comme après le 11 septembre, mais celle d’un «complot islamique» visant à prendre le contrôle de l’Europe de l’intérieur, tandis que des membres de l’administration Trump mettent en garde contre le «déclin de la civilisation européenne».

Cette vision nuit aux relations transatlantiques et est fondamentalement erronée. L’Europe n’est confrontée à aucune menace de domination islamique, à aucune radicalisation massive des musulmans ni à une éradication de sa culture.

The Economist rapporte qu’il n’existe pas de «zones de non-droit», la charia n’est pas intégrée au droit national et aucune «grande alternative» démographique ne se profile à l’horizon.

Cependant, le véritable danger qui menace l’Europe selon le magazine britannique est différent. Il s’agit de l’extrémisme alimenté par l’islamisme (la conviction que l’État doit imposer les principes islamiques) et la paranoïa de la droite extrême attisée par les réseaux sociaux. La gauche aggrave la situation en niant les menaces, certes modestes mais bien réelles, que représente l’islam politique. Les responsables politiques du centre font de même, en gardant le silence par crainte d’être accusés de racisme.

Cette dynamique pourrait déjà nuire aux démocraties libérales en Europe, non pas en les remplaçant par un système de califat mais en ralentissant l’intégration et en favorisant des politiques qui porteraient durablement atteinte à leurs libertés.

Les musulmans représentent 6% de la population européenne

The Economist affirme que ces craintes extrêmes sont facilement démasquées. Malgré une immigration record en provenance de pays à majorité musulmane, les musulmans ne représentent que 6% de la population européenne, qui compte plus de 500 millions d’habitants. Si les nouveaux arrivants ont généralement plus d’enfants que les immigrés nés dans le pays, les taux de fécondité tendent à converger en deux générations. En réalité, la plupart des immigrés musulmans souhaitent rester et vivre dans leur nouveau pays et non imposer une version des sociétés qu’ils viennent de quitter.

Également, les enfants de migrants ont plutôt de bons résultats à l’école. En Grande-Bretagne, 67% des Bangladais ayant passé des tests standardisés en 2021 étaient inscrits à l’université avant l’âge de 19 ans, contre 38% des Britanniques blancs. De nombreux musulmans sont engagés en politique, comme en témoignent la ministre de l’Intérieur britannique, Shabana Mahmood, et le maire de Londres, Sadiq Khan. À bien des égards, les attitudes des musulmans peuvent être similaires à celles des autres Européens. Un sondage réalisé par le magazine auprès de musulmans britanniques a révélé peu d’opposition au travail des femmes.

The Economist s’interroge sur les motivations de tant d’Européens à s’opposer à l’islam et considère que certaines positions répandues chez les musulmans nourrissent cette méfiance envers l’Islam. Les sondages du magazine montrent que 52% des musulmans considèrent l’homosexualité comme immorale et que les jeunes musulmans (41% des moins de 35 ans) sont plus enclins que les musulmans plus âgés (25%) à penser que la violence est justifiée en cas d’insulte au Prophète.

Ne pas confondre l’islamisme politique et l’islam comme religion

Pour autant, selon le magazine britannique, le fait d’avoir des opinions socialement conservatrices ne constitue pas en soi une menace. Certains militants d’extrême droite en Europe ne sont pas moins hostiles aux homosexuels qu’aux musulmans qu’ils condamnent mais certaines de ces positions devraient inquiéter les libéraux qui ont longtemps cru que les sociétés ouvertes finiraient par rendre les gens plus tolérants.

The Economist insiste sur le fait que le danger provient de l’islamisme en tant qu’idéologie politique et ne doit pas être confondu avec l’islam en tant que religion. L’islam n’est pas le problème en soi, c’est l’islamisme qui peut l’être. Contrairement aux djihadistes du 11 septembre, la plupart des islamistes ne prônent pas la violence mais beaucoup se livrent à de l’infiltration, c’est-à-dire qu’ils infiltrent les institutions démocratiques pour promouvoir un programme illibéral. Le principal danger de l’infiltration réside au niveau local. De petits réseaux bien organisés peuvent prendre le contrôle d’une école, d’une mosquée, d’un conseil municipal ou d’une association caritative, utilisant ces institutions pour décourager l’intégration et imposer une conformité religieuse aux autres musulmans vivant à proximité.

Les services de sécurité européens sont de plus en plus préoccupés par ces islamistes non violents. En France, les autorités craignent l’infiltration clandestine des Frères musulmans. Un rapport officiel publié l’année dernière mettait en garde contre le risque que l’islamisme ne menace, à terme, les lois laïques et les droits des femmes. Toutefois, cette perspective semble désormais improbable. Le ministère français de l’Intérieur estime que seuls 139 des 2 800 lieux de culte musulmans sont liés aux Frères musulmans. Les principales victimes sont d’autres musulmans.

Dans la moitié des douze circonscriptions de Blackburn, dans le nord de l’Angleterre, les musulmans représentent plus de 60% de la population, et dans deux d’entre elles, ce chiffre dépasse les 80%. Dans ces zones, les femmes peuvent se sentir contraintes de se soumettre aux conseils de la charia pour les questions concernant leur famille. Les musulmans LGBTQ+ et les personnes de tendance libérale sont également victimes d’intimidation. Les musulmans qui n’adhèrent pas à la charia se plaignent que les autorités occidentales, par crainte d’être accusées de racisme s’ils réagissent, ne leur accordent pas la même protection qu’aux citoyens non musulmans.

Face à ces réalités, The Economist met en garde contre le danger de l’islamisme, arguant que ces menaces locales pourraient se transformer en menace continentale du fait de leur instrumentalisation.

Il est dans l’intérêt des islamistes d’affirmer que toute critique de leur projet politique est une attaque contre l’islam lui-même. La gauche populiste, notamment La France insoumise et le Parti vert britannique, a tendance à qualifier de racistes ceux qui soulèvent les questions liées à l’immigration, à la criminalité et à l’Islam politique. Et de son côté, la droite populiste attise souvent la peur en prétendant que tous les musulmans représentent une menace.

Elon Musk compte parmi les plus fervents défenseurs de cette rhétorique, utilisant les réseaux sociaux pour façonner la perception mondiale de l’islam et soutenant la droite antimusulmane en Europe, du parti Alternative pour l’Allemagne (AfD) à Tommy Robinson, l’agitateur britannique qui fera l’objet d’une série de podcasts dès cette semaine.

Les solutions proposées par la droite populiste ne sont pas moins extrêmes que celles offertes par les islamistes dont elle prétend protéger l’Europe. Les promesses d’expulsions massives, de ségrégation et d’interdictions vestimentaires terrorisent les musulmans, entravent leur intégration et les poussent dans les bras des extrémistes. Tout pays qui met en œuvre de telles politiques se rendra compte que la haine qu’elle déchaîne causera des dommages profonds et durables.

Les musulmans européens s’intègrent progressivement

Par conséquent, les responsables politiques européens doivent proposer une alternative. La violence et les menaces de violence doivent être poursuivies en justice mais il ne doit y avoir aucun tabou au nom de la sensibilité culturelle, la liberté d’expression n’est pas l’ennemie de la tolérance mais bien une condition essentielle à celle-ci.

La solution ne sera pas rapide mais l’espoir est permis. Les musulmans européens s’intègrent progressivement, à l’instar des vagues précédentes de migrants catholiques, juifs et caribéens dans les pays d’accueil. L’arrivée de ces groupes avait suscité une vive inquiétude quant à leur intégration. Finalement, tous ont trouvé leur place. Les musulmans trouveront la leur aussi si la division et la suspicion n’entravent pas leur intégration.

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Football | Comment comparer les performances sportives avant un pari important

Une étude publiée en 2026 sur la Bundesliga a comparé plusieurs indicateurs de performance avec des modèles prédictifs appliqués aux saisons 2022/23 à 2024/25. Les résultats montrent que l’EPV pré-match atteignait 58,3 % de précision, contre 55,6 % pour le modèle xG pré-match. (Photo Unsplash:  joueur sur le terrain de football).

Ce résultat rappelle qu’un simple bilan de victoires ne suffit pas pour évaluer correctement une équipe avant un pari, y compris lors de l’analyse de données provenant de plateformes telles que 1xbet.cm; la comparaison gagne en précision lorsque les résultats récents sont rapprochés des occasions créées, du niveau des adversaires et du contexte du match.

La forme récente donne un premier repère

Le bilan des derniers matchs reste utile pour mesurer la dynamique immédiate d’une équipe. Pourtant, le nombre de points obtenus ne décrit pas toujours la qualité réelle des performances produites.

Une étude publiée dans Plos One a examiné différentes statistiques utilisées pour prévoir les résultats futurs dans plusieurs grands championnats européens. Les chercheurs ont constaté que les données xG prédisaient généralement mieux les résultats suivants que les buts ou les tirs seuls, une approche qui peut également être appliquée aux données consultées après un 1xbet télécharger; si une équipe gagne trois matchs avec peu d’occasions franches, son bilan mérite donc une lecture plus prudente. Une série favorable peut aussi découler d’une efficacité inhabituelle devant le but.

Le niveau des adversaires change la lecture des statistiques

Une série de résultats n’a pas la même valeur selon les adversaires rencontrés. Une équipe peut afficher quatre victoires consécutives après avoir affronté plusieurs formations situées dans le bas du classement.

À l’inverse, deux défaites contre des adversaires nettement mieux classés peuvent masquer une performance compétitive. Les modèles Elo répondent précisément à ce problème en intégrant la qualité relative des équipes rencontrées.

Une étude publiée dans International Journal of Forecasting a montré que les évaluations Elo fournissaient des variables utiles pour prévoir les résultats des matchs de football.

Le principe reste simple : une performance contre un adversaire fort pèse davantage lorsqu’on mesure la qualité réelle d’une équipe.

Les métriques avancées affinent la comparaison

Les statistiques traditionnelles décrivent le résultat, tandis que les métriques avancées cherchent à quantifier la manière dont l’équipe l’a obtenu.

Le xG estime la qualité des occasions créées à partir de caractéristiques associées à chaque tentative. L’EPV évalue plutôt la valeur attendue d’une situation de possession selon sa capacité à produire une progression dangereuse.

Une recherche récente sur trois saisons de Bundesliga a précisément comparé ces deux approches dans les prévisions pré-match. L’EPV obtenait une précision de 58,3 %, tandis que le modèle xG atteignait 55,6 %.

Ces chiffres ne signifient pas que l’EPV gagne systématiquement contre le xG. Ils montrent plutôt que plusieurs métriques peuvent apporter des informations différentes avant un match.

Quels indicateurs faut-il comparer avant un pari ?

Une comparaison structurée réduit le risque de donner trop de poids à une seule statistique. Chaque indicateur doit aussi correspondre à la question que pose le match.

Les données les plus utiles comprennent généralement :

  • les résultats des cinq ou six derniers matchs ;
  • le différentiel xG sur cette même période ;
  • les buts attendus créés et concédés ;
  • la qualité moyenne des adversaires récents ;
  • les performances à domicile ou à l’extérieur ;
  • les absences susceptibles de modifier le niveau collectif ;
  • les ratings Elo ou autres évaluations de force ;
  • l’évolution récente des performances plutôt que les seuls résultats.

Une fenêtre de six matchs peut offrir un compromis raisonnable entre actualité et volume statistique. Une étude consacrée aux modèles xG a justement utilisé les six rencontres précédentes pour construire certaines variables prédictives.

Le xG permet de distinguer résultat et performance

Le nombre de buts marqués peut varier fortement d’un match à l’autre. Le xG cherche plutôt à mesurer la qualité sous-jacente des occasions produites.

Une équipe qui marque quatre buts sur six tirs difficiles peut afficher un excellent bilan tout en créant moins que ses adversaires. Une équipe qui obtient davantage d’occasions dangereuses mais convertit peu de tirs peut présenter le profil inverse.

Une étude consacrée aux clubs européens a montré que les résultats à court terme peuvent être fortement influencés par l’aléatoire. Les auteurs recommandent donc d’associer les résultats observés aux données xG pour évaluer la performance.

Le contexte du match modifie la valeur des statistiques

Les statistiques brutes ne tiennent pas toujours compte du score, du lieu ou des circonstances qui ont influencé le comportement des équipes. Une équipe menée 0-1 ne produit pas les mêmes séquences offensives qu’une équipe devant 1-0.

Une étude publiée en 2026 a précisément analysé l’effet du score et des écarts disciplinaires sur les tirs cadrés et le xG. Les chercheurs ont utilisé des données minute par minute issues des cinq grands championnats européens.

Cette approche permet de mieux interpréter les chiffres lorsqu’une équipe adapte son risque tactique au scénario.

Les divergences statistiques peuvent fournir un signal

Une divergence entre résultats et métriques avancées mérite une analyse distincte. Elle peut révéler une série particulièrement efficace ou, au contraire, une période où les résultats sous-estiment la qualité produite.

Une étude publiée en 2026 sur la Bundesliga a également comparé un modèle xG récent avec les prix du marché sur onze saisons. Les cotes affichaient une meilleure calibration statistique, tandis que le modèle conservait certains signaux distincts des prix.

Cette observation renforce l’intérêt d’une comparaison indépendante avant de considérer une cote comme suffisamment attractive.

La comparaison doit rester orientée vers le prochain match

Les données historiques deviennent utiles lorsqu’elles éclairent les conditions du match à venir. Une longue série de résultats perd rapidement de sa pertinence si l’effectif, l’entraîneur ou le contexte tactique ont changé.

Les ratings Elo offrent une manière de conserver une mesure de force relative, tandis que les métriques xG décrivent plus directement la production offensive et défensive récente.

Si plusieurs indicateurs convergent, l’évaluation gagne en cohérence. Si les données divergent fortement, il vaut mieux réduire le poids accordé aux statistiques les plus superficielles.

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Orang Gholikhani fait dialoguer l’exil occidental et l’éternité persane

Au cœur des réserves silencieuses d’un musée, un manuscrit attribué à Omar Khayyâm ouvre une porte vers un autre temps. Dans ‘‘Khayyâm et moi’’, Orang Gholikhani fait dialoguer la figure du grand savant persan du XIe siècle avec sa propre trajectoire, entre Iran, France et exil. Une traversée où la poésie, la science et la mémoire deviennent autant de moyens d’interroger la liberté.

Djamal Guettala

Au Louvre, la découverte d’un manuscrit présenté comme le journal intime d’Omar Khayyâm bouleverse le narrateur. Face à ces pages venues des siècles passés, une question s’impose : faut-il les rendre publiques ou respecter le silence de celui qui les a écrites ? L’hésitation devient le point de départ d’un dialogue imaginaire entre deux hommes séparés par près d’un millénaire.

Cette rencontre constitue le fil conducteur de ‘‘Khayyâm et moi’’, publié le 15 janvier 2026 aux éditions L’Harmattan, dans la collection «L’Iran en transition». Orang Gholikhani y mêle récit de vie, histoire, réflexion philosophique et traduction de cent quatrains. Le livre fait ainsi circuler le lecteur entre la Perse médiévale de Khayyâm, l’Iran bouleversé par les événements de la fin du XXe siècle et l’expérience personnelle de l’auteur installé en France.

Khayyâm, au-delà du poète du vin

La figure de Khayyâm constitue évidemment le cœur du récit. L’auteur entend cependant se démarquer d’une représentation souvent réductrice du poète, ramené à ses quatrains sur le vin, le plaisir et la beauté fugitive de l’existence.

Mathématicien, astronome et philosophe, Khayyâm apparaît comme un homme de connaissance, habité par le doute et la volonté de comprendre le monde. Pour Orang Gholikhani, cette curiosité est fondamentale : «Pour moi, Khayyâm est avant tout quelqu’un de curieux, qui cherche à comprendre le monde et la vie, et qui refuse les explications toutes faites de la société.»

Cette recherche de vérité explique aussi la place du doute dans son œuvre. Khayyâm ne semble jamais totalement satisfait des réponses que les hommes apportent à leur propre existence. La mort, le temps, le destin, la religion et la place de l’être humain dans l’univers traversent ses interrogations.

L’auteur découvre Khayyâm dès l’adolescence. Cette rencontre intellectuelle aura une influence durable sur son parcours : «Il m’a appris qu’un scientifique pouvait aussi être un homme de poésie, de vin et de contemplation, et que la science pouvait servir à mieux saisir le mystère de l’univers.»

La langue et le savoir comme résistance

Pour comprendre Khayyâm, le livre remonte loin dans l’histoire persane. Cette plongée historique n’est pas un simple décor. Elle permet à Orang Gholikhani de réfléchir à la manière dont une civilisation conserve son identité malgré les invasions, les changements de pouvoir et les ruptures historiques. Cyrus, la conquête arabe, Ferdowsi et son ‘‘Shahnameh’’, puis la Perse médiévale et ses grandes figures scientifiques composent les différentes étapes de cette histoire. La langue persane, la littérature et les sciences apparaissent comme des formes de continuité. L’auteur résume cette conviction dans une formule particulièrement évocatrice : «La poésie et les sciences sont, en ce sens, des roches insubmersibles qui nous maintiennent à la surface, même au cœur des tempêtes les plus violentes.»

Cette conception de la transmission explique aussi pourquoi le livre s’adresse, au-delà des lecteurs familiers de la littérature persane, aux jeunes générations issues de l’immigration iranienne. Gholikhani souhaite leur offrir une porte d’accès à une histoire et à une culture dont ils peuvent être éloignés.

Le récit personnel trouve ici toute sa place. Arrivé en France à 18 ans, l’auteur relit son propre parcours à la lumière de celui de Khayyâm. L’exil n’est plus seulement une rupture géographique : il devient une autre manière de regarder son pays d’origine et son histoire.

Trois femmes pour imaginer Khayyâm aujourd’hui

La dernière partie du livre réserve un choix particulièrement significatif. Lorsqu’il s’interroge sur celui ou celle qui pourrait incarner Khayyâm aujourd’hui, Orang Gholikhani répond par trois femmes : Forugh Farrokhzad, Maryam Mirzakhani et Jasmin Moghbeli.

La première représente la poésie et la liberté de création. La deuxième, les mathématiques et l’excellence scientifique. La troisième, l’exploration spatiale et une nouvelle génération iranienne présente au-delà des frontières terrestres.

Ce choix repose aussi sur une constatation de l’auteur : notre époque, marquée par une spécialisation croissante des savoirs, laisse moins de place aux figures universelles capables de réunir science, philosophie et poésie comme Khayyâm ou Léonard de Vinci.

À travers ces trois femmes, l’auteur inscrit donc l’héritage de Khayyâm dans le présent. Il ne s’agit plus seulement de célébrer une figure historique, mais de chercher où son esprit pourrait se reconnaître aujourd’hui.

La traduction de cent quatrains vient prolonger cette réflexion. Le temps, la beauté éphémère, le doute, le plaisir de l’instant et la condition humaine y retrouvent leur place.

‘‘Khayyâm et moi’’ est finalement un livre sur la transmission autant que sur l’exil. Orang Gholikhani ne cherche pas simplement à ressusciter un poète du XIe siècle. Il tente de comprendre pourquoi sa pensée continue de nous parler, près de mille ans plus tard. «Nous ne sommes qu’un maillon dans l’évolution de l’humanité. Il nous appartient d’assumer notre rôle du mieux possible», écrit-il. Une manière de refermer le livre sur une idée simple : Khayyâm appartient au passé, mais les questions qu’il pose appartiennent toujours au présent.

Auteur franco-iranien, Orang Gholikhani est arrivé en France à l’âge de 18 ans pour y poursuivre des études universitaires en électronique. Après son diplôme, il a travaillé dans les technologies de l’information, notamment dans le domaine des solutions logicielles destinées aux sciences de la vie, où il a exercé des fonctions liées au management et à la relation clients. Parallèlement à son parcours professionnel, il s’est consacré à l’écriture et à la valorisation de la culture persane.  »Khayyâm et moi », s’inscrit dans cette démarche, entre littérature, histoire et transmission de la culture persane.

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Football | Comment les compositions changent la lecture d’un match

En football, une composition d’équipe ne se limite pas à onze noms. Elle révèle une hiérarchie, des rôles et des choix de rythme. Ces éléments modifient la manière dont un match peut se dérouler. (Photo : Tableau de tactique de football avec des pions de joueurs, à côté d’un terrain de stade.).

Les cotes affichées sur 1xBet mobile Sénégal constituent une photographie du marché à un moment donné. Elles peuvent évoluer après une annonce officielle.

Les rôles comptent plus que les réputations

L’absence d’un joueur reconnu attire souvent les commentaires. Son rôle concret compte pourtant davantage que son nom. Un milieu défensif, par exemple, influence à la fois la récupération et la protection de la défense.

Un ailier remplacé par un profil plus axial peut réduire les situations de débordement. À l’inverse, un latéral offensif peut donner davantage de largeur. Le dessin tactique annoncé permet de repérer ces changements avant le coup d’envoi.

La continuité entre les joueurs reste également importante. Deux défenseurs centraux habitués à évoluer ensemble communiquent différemment d’une paire recomposée. Cela ne garantit aucun résultat, mais décrit une source possible d’incertitude.

Le gardien mérite une lecture séparée. Son jeu au pied peut faciliter une relance courte ou imposer des dégagements plus directs. Cette différence agit sur le pressing adverse et sur le nombre de ballons disputés au milieu.

Les informations disponibles avant le coup d’envoi

La feuille de match fournit plusieurs indices vérifiables. Elle indique les titulaires, le banc et les positions de départ annoncées. Les changements de dernière minute restent possibles, mais ils sont moins fréquents après la publication officielle.

Trois points permettent d’organiser cette lecture :

  1. Le poste du joueur absent indique la zone la plus susceptible de changer.
  2. Le remplaçant annoncé montre si l’équipe conserve ou adapte son système.
  3. Le banc précise les options disponibles pour modifier le rythme après la pause.

Les règles internationales donnent un cadre à cette dernière donnée. L’IFAB prévoit que les compétitions autorisant cinq remplacements limitent généralement chaque équipe à trois fenêtres de changements. Les remplacements effectués à la mi-temps ne comptent pas dans ces fenêtres.

Cette règle donne une valeur tactique au banc, sans prédire son utilisation. Un entraîneur peut conserver ses changements pour la dernière demi-heure. Un autre peut modifier rapidement son milieu après une première période déséquilibrée.

Les cotes face aux annonces d’équipe

Après la publication des compositions, les marchés ajustent parfois leurs prix. Une cote plus basse traduit surtout une modification de l’opinion collective. Elle ne mesure pas, à elle seule, l’impact exact d’une absence ou d’un retour.

Les données visibles sur 1xBet Sénégal peuvent ainsi servir de repère chronologique. Comparer un prix d’ouverture avec celui affiché après les équipes permet d’identifier un mouvement. L’explication reste à chercher dans les informations sportives disponibles.

Un changement de gardien peut influencer un marché différemment d’un changement d’ailier. Tout dépend de la structure de l’équipe, du style adverse et de la profondeur du banc. Une même annonce peut donc avoir des effets opposés selon le contexte.

Les communiqués du club, l’horaire du match et les absences déjà connues complètent cette lecture. Une réaction forte à une information attendue n’a pas le même sens qu’une réaction à une blessure annoncée tardivement. La chronologie évite de confondre nouveauté et confirmation.

Un scénario qui reste ouvert

La composition donne une base de lecture, mais le ballon, le rythme et les décisions de jeu restent déterminants. Une équipe prudente sur le papier peut presser très haut. Une équipe offensive peut ralentir la rencontre après avoir marqué.

Les premières minutes apportent souvent des indications plus concrètes. La position des latéraux, la hauteur du bloc et la répartition des ballons arrêtés précisent les intentions. Ces observations complètent la feuille de match au lieu de la remplacer.

Le score final ne valide pas automatiquement une lecture initiale. Un carton, une blessure ou un rebond peuvent déplacer le scénario rapidement. Les compositions restent donc un élément d’analyse parmi d’autres, et non une certitude.

La météo, la fatigue et l’enchaînement des rencontres influencent aussi les choix de départ. Ces données doivent être replacées dans le contexte du tournoi. Elles expliquent parfois une rotation sans en faire une preuve de faiblesse.

Le calendrier et l’importance de la rencontre restent donc indispensables à toute interprétation.

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Hammamet accueille le championnat d’Afrique de golf 2026

La Fédération tunisienne de golf (FTG), créée en 1992, va accueillir pour la première fois de son histoire les plus grands golfeurs du continent africain au golf Citrus à Hammamet, pour le Championnat d’Afrique de golf, du 14 au 17 octobre 2026.

Ce sera un grand rendez-vous pour tous les joueurs amateurs de golf sur le sol africain soucieux de réaliser un bon chemin pouvant les mener au circuit pro.

L’édition tunisienne connaitra un nombre record de participants avec la présence de 19 pays (Algérie, Botswana, Cameroun, Egypte, Gabon, Ghana, Kenya, Libye, Ile Maurice, Maroc, Réunion, Afrique du Sud, Seychelles, Sierra Leone, Tanzanie, Ouganda, Zambie, Zimbabwe et Tunisie).

La Tunisie accueillera par la même occasion l’assemblée générale de la Confédération africaine de golf (CAG) qui se tiendra le vendredi 16 octobre a Hammamet et qui devra élire le nouveau bureau exécutif de l’instance africaine pour le mandat 2026-2030.

Outre les dirigeants du golf en Afrique, bon nombre d’invités parmi les responsables du golf mondial seront également présents.

Appelée à défendre les couleurs nationales à cet important rendez-vous, la sélection tunisienne poursuit sa préparation au Golf Citrus Hammamet. Rabeh Bedoui, Baha Boulakmine et Aziz Dardouri effectuent des séances quotidiennes sous la férule de l’entraineur national Hatem Nasr, alors que Mehdi Ben Youssef se prépare d’arrache pied aux Etats-Unis afin d’être fin prêt le jour J.

Le comité d’organisation est, lui aussi, au four et au moulin ces derniers temps en vue d’assurer le meilleur séjour possible aux hôtes de la Tunisie ainsi que le succès à cet événement sportif continental.

Une conférence de presse se tiendra pour présenter l’événement est prévue le 14 octobre au Golf Citrus, juste avant le démarrage des compétitions.

I. B.

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Industrie | Eurostat Group s’implante en Tunisie

Eurostat Group, spécialiste de la protection ESD* pour l’électronique sensible, a inauguré son site tunisien, le lundi 14 septembre 2026, implantation qui renforce la présence industrielle du groupe Eurostat en Afrique du Nord et complète ses capacités de production en Europe.

Le site tunisien de 1500 m2 est consacré notamment au thermoformage, à l’usinage de moules et de pièces spécifiques pour l’assemblage de produits ESD* destinés à l’industrie électronique.

Eurostat Tunisie dispose de deux lignes de thermoformage, de deux centres d’usinage et d’un atelier d’assemblage de produits spécifiques dédiés à l’électronique sensible. Il s’appuie également sur une équipe locale dédiée à la production, au développement commercial et à différentes fonctions de support du groupe. L’extension tunisienne représente au total 28 collaborateurs et devrait continuer à augmenter dans les prochains mois.

À travers cette implantation, Eurostat souhaite rapprocher ses capacités industrielles de ses clients présents en Tunisie et répondre plus directement aux besoins du marché local de l’électronique sensible, avec une offre associant production locale et disponibilité de stock dédié au marché tunisien.

Mais aussi, grâce à l’écosystème électronique tunisien, Eurostat Tunisie devient pour le groupe Eurostat le site de compétence du groupe pour les produits assemblés. Il hébergera aussi des fonctions groupe pour aider les opérations en France, Italie, Allemagne et Europe centrale. Et enfin il aura la mission de développer les ventes du groupe Eurostat sur le marché MEA. A terme, 20% de la valeur du groupe sera générée par ce site.

La cérémonie s’est déroulée en présence de l’ambassadrice de France Anne Guéguen et du directeur des industries métallurgiques, mécaniques, électriques et des matériaux de construction au sein du ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, Slim Ferchichi.

Basée à Toulouse en France et active dans la fabrication, la conception et la distribution de produits de manutention, de stockage et de protection contre les nuisances électrostatiques en milieu électronique. Avec 50 ans d’expérience et de savoir-faire de pointe et plus de 10 millions d’euros d’investissements réalisés à ce jour, Eurostat dispose de 3 usines en France, en Pologne et en Tunisie, emploie 150 collaborateurs et réalise un chiffre d’affaires de 35 millions d’euros, dont 80 % réalisés à l’export.

* Acronyme anglais Electro Static Discharge – désignant les décharges électrostatiques.

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La Tunisie œuvre pour une refonte globale de la loi antidrogue

Renforcement des moyens d’enquête face aux réseaux internationaux de trafic de drogue ; 15 000 affaires liées à ce fléau enregistrées en 2025 (contre «seulement» 5000 en 2022) : la Tunisie envisage de réviser la loi n° 52 de 1992 relative aux stupéfiants afin d’adapter les moyens d’enquête à l’évolution des réseaux criminels et des trafics internationaux, de plus en plus liés aux nouvelles technologies et aux itinéraires transfrontaliers.

C’est ce qu’a indiqué à la télévision nationale Mohamed Ali Chaïbi, responsable du service antidrogue de la police judiciaire d’El Gorjani.

Selon lui, le ministère de l’Intérieur travaille à la révision de cette réglementation, qui n’avait été que partiellement modifiée en 2017.

Parmi les outils réclamés par les forces de sécurité figurent des techniques d’enquête spéciales — telles que l’interception des communications et les opérations d’infiltration — qui doivent faire l’objet d’un encadrement législatif explicite.

15 253 affaires en 2025, impliquant 27 338 suspects

Le dossier est déjà à l’étude auprès des institutions concernées. La Commission de la législation générale de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) examine actuellement la proposition de loi n° 11/2025 visant à modifier la loi n° 52, tandis que des représentants du ministère de l’Intérieur ont informé le Parlement qu’une commission interministérielle travaillait sur un projet plus vaste de refonte globale de la législation antidrogue.

Cette initiative législative est motivée par l’évolution rapide du phénomène. Selon les données du ministère de l’Intérieur présentées au Parlement, 15 253 procédures pour des infractions liées aux stupéfiants ont été enregistrées en Tunisie en 2025, impliquant 27 338 personnes. 89 % d’entre elles étaient âgées de 19 à 40 ans. Le Grand Tunis, la bande côtière et certaines zones du nord-ouest figurent parmi les régions les plus touchées par la consommation et le trafic.

La Tunisie, carrefour des routes maritimes, aériennes et terrestres

Les autorités soulignent tout particulièrement le caractère de plus en plus transnational de ce trafic. M. Chaïbi a qualifié la Tunisie de carrefour des routes maritimes, aériennes et terrestres et a désigné la frontière avec la Libye comme l’un des points d’entrée pour la cocaïne, l’ecstasy et les substances psychotropes. La propagation de la prégabaline, commercialisée sous des marques telles que Lyrica, suscite également des inquiétudes, cette substance ayant désormais alimenté un véritable marché intérieur.

Selon le responsable de la lutte contre la drogue, les quantités de cocaïne et de comprimés psychotropes saisies ont considérablement augmenté au cours des cinq dernières années. En septembre 2025, les autorités avaient annoncé la saisie, au port de Radès, d’environ 12 millions de comprimés à base de prégabaline dissimulés dans un conteneur en provenance d’Europe, l’une des plus importantes opérations de ce type jamais réalisées dans le pays.

Le débat sur la réforme porte toutefois aussi sur le traitement réservé aux consommateurs. Des médecins spécialistes des addictions et des représentants des pharmaciens, auditionnés ces derniers mois par le Parlement, ont demandé une distinction plus nette entre le consommateur et le trafiquant ; ils préconisent une approche sanitaire, psychologique et sociale pour les personnes souffrant d’addiction, tout en concentrant la réponse répressive sur les organisations criminelles et le trafic, notamment en milieu scolaire. Cette question a pris une importance accrue à l’approche de la rentrée scolaire.

Le 11 septembre, le président Kaïs Saïed a accordé sa grâce à un groupe d’étudiants et d’élèves incarcérés pour consommation ou détention de stupéfiants — sans lien avec des activités de trafic — dans le but déclaré de leur permettre de reprendre leurs études.

Parallèlement, le ministère de la Famille a lancé un programme national de prévention ciblant en priorité les enfants, les adolescents et les familles.

I. B.

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Tunisie | Les crues des oueds perturbent le transport du phosphate  

Les fortes pluies qui se sont abattues le week-end dernier sur le bassin minier de Gafsa, dans le sud-ouest de la Tunisie, ont provoqué la crue de plusieurs oueds et causé d’importants dégâts au réseau ferroviaire dans la zone de Métlaoui et d’Oum Larayes. Ces intempéries ont contraint à interrompre le transport ferroviaire de phosphate et à suspendre la circulation des trains sur les tronçons concernés, dans l’attente du rétablissement des conditions de sécurité.

La zone montagneuse du Jebel Thelja a été particulièrement touchée ; elle est traversée par l’oued du même nom ainsi que par la ligne ferroviaire reliant les sites miniers du bassin de Gafsa.

La crue soudaine de l’oued Thelja a submergé certains segments de voie, causant des dommages notamment au niveau des gares de Thelja et de Kef Eddour, l’un des principaux pôles de lavage et de manutention du phosphate de la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG).

L’écoulement des eaux a compromis le fonctionnement de certaines parties de l’infrastructure ferroviaire, rendant nécessaire la suspension du trafic dans les secteurs endommagés en attendant des vérifications techniques.

Avant de pouvoir autoriser à nouveau le passage des convois, il faudra contrôler la stabilité de l’assiette de la voie, les rails et les installations, tout en procédant à des travaux de remise en état aux endroits érodés ou touchés par la crue.

Les intempéries ont également affecté le personnel des chemins de fer et de la compagnie des phosphates.

Samedi, la Protection civile de Métlaoui a porté secours à trois employés de la SNCFT et de la CPG, piégés dans une gare ferroviaire à la suite de la montée soudaine des eaux de l’oued Thelja. L’eau avait encerclé le bâtiment, empêchant les hommes de sortir en toute sécurité. On a par ailleurs signalé que d’autres cheminots s’étaient retrouvés bloqués sur les hauteurs du Jebel Thelja, surpris par la crue.

L’interruption concerne en premier lieu les convois utilisés pour le transport du phosphate depuis les sites d’extraction de la région. La voie ferrée constitue en effet l’un des axes essentiels de la filière minière tunisienne, reliant notamment les sites de Redeyef, Métlaoui, Oum Larayes et Kef Eddour aux installations de transformation et aux terminaux industriels du pays. Une prolongation de l’arrêt pourrait donc ralentir l’acheminement du minerai vers les usines du Groupe chimique tunisien (GCT), à Sfax et Gabès.

Les services techniques de la SNCFT et de la CPG sont en train d’évaluer l’ampleur des dégâts et d’œuvrer pour remettre en état les tronçons ferroviaires touchés par les eaux.

Aucune estimation officielle des coûts ni aucune date précise pour le rétablissement complet de la circulation sur les sections du Jebel Thelja affectées par la crue n’ont été communiquées.

I. B.

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Tunisie | Un été 2026 particulièrement chaud

Août 2026 a été le mois d’août le plus chaud jamais enregistré en Tunisie depuis le début des relevés en 1950, indique le bilan climatique préliminaire de l’Institut national de la météorologie (INM), ajoutant que la température moyenne nationale a atteint 32,3 degrés, soit une anomalie positive de 3,4 degrés par rapport à la moyenne climatique de référence (28,9 degrés).

Selon l’INM, cette donnée confirme une situation de «chaleur exceptionnelle» à l’échelle nationale et s’inscrit dans un été marqué par la persistance des vagues de chaleur. Le mois de juillet précédent s’était déjà classé au deuxième rang des mois de juillet les plus chauds enregistrés en Tunisie depuis 1950, avec une température moyenne de 31,7 degrés et, là aussi, un écart de 3,4 degrés par rapport à la normale.

Le graphique élaboré par l’institut météorologique, basé sur la période de référence climatique 1991-2020, montre également que les anomalies thermiques positives pour le mois d’août sont devenues plus fréquentes ces dernières années, la valeur de 2026 atteignant le niveau le plus élevé de toute la série analysée.

Ce record tunisien s’inscrit dans un contexte de températures exceptionnellement élevées à l’échelle internationale : selon le service européen Copernicus, le mois d’août 2026 a été le plus chaud jamais enregistré au niveau mondial, avec une température moyenne de 16,96 degrés.

Pour les mois à venir, l’INM prévoit des températures supérieures aux normales saisonnières sur l’ensemble de la Tunisie durant l’automne, entre septembre et novembre, accompagnées de précipitations susceptibles d’être légèrement supérieures aux moyennes de saison.

I. B.

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Les dessous de la rupture entre l’Algérie et les Émirats

L’Algérie a justifié la rupture de ses relations diplomatiques avec les Émirats arabes unis par «une accumulation d’actes provocateurs et hostiles» sans pour autant révéler «ces actes». Aucune explication. En réalité, cette rupture n’est pas un différend bilatéral, c’est l’influence régionale grandissante de l’Axe Rabat-Abou Dhabi-Tel Aviv qui agace Alger, un axe concurrent et aux intérêts divergents. Le modèle d’influence des Émirats gagne en puissance alors le modèle traditionnel de l’Algérie est confronté à une pression grandissante et ses outils ne sont plus efficaces et adaptées au contexte régional actuel. L’architecture régionale est en pleine mutation et l’influence n’est plus dictée automatiquement par la taille du territoire. La donne a changé et les outils ont évolué. (Photo : Abdelmadjid Tebboune discute avec Mohammed Ben Zayed , lors du sommet du G7 en Italie le 14 juin 2024).

Imed Bahri

L’analyste politique marocain Amine Ayoub a publié une analyse dans Ynet Global, version anglophone en ligne du journal israélien Yediot Aharonot, dans laquelle il revient sur le divorce houleux entre Alger et Abou Dhabi. Selon lui, lorsque l’Algérie a ordonné à l’ambassadeur des Émirats de quitter son territoire sous quarante-huit heures, le 10 septembre 2026, et a annoncé des restrictions visant les aéronefs militaires et civils immatriculés aux Émirats —tout en exemptant les vols commerciaux jusqu’à la fin de l’année—, cette rupture a immédiatement mis en lumière un réalignement régional plus profond. Les déclarations officielles algériennes ont fait état d’une accumulation d’actes «provocateurs et hostiles», sans toutefois désigner un incident déclencheur unique.

Deux modèles de puissance régionale distincts

Abou Dhabi a exprimé ses regrets et a dit espérer que cette rupture pourrait, à terme, être annulée. L’absence d’une cause bien déterminée est, en soi, un élément révélateur. Il ne s’agit pas tant d’un différend bilatéral que d’une confrontation ouverte entre deux modèles de puissance régionale distincts, s’étendant de l’Afrique du Nord au Sahel et au Moyen-Orient au sens large.

L’Algérie s’appuie sur un modèle étatique fondé sur l’étendue de son territoire, ses ressources énergétiques, sa capacité militaire et une diplomatie formelle.

Les Émirats, quant à eux, opèrent selon un modèle en réseau, déployant capitaux, logistique, infrastructures commerciales et partenariats de sécurité ciblés bien au-delà de leurs frontières. Dans des environnements politiques fragmentés, ce modèle en réseau permet de générer un levier d’influence plus rapidement et avec plus de souplesse que le poids géographique traditionnel.

Cette différence est devenue de plus en plus manifeste à mesure que l’Algérie et les Émirats ont poursuivi des intérêts divergents sur plusieurs théâtres régionaux au cours des dernières années.

Le Maroc, ligne de fracture

Le Maroc en offre l’illustration la plus frappante. Pendant des décennies, la rivalité entre Alger et Rabat a été centrée sur la question du Sahara occidental, l’Algérie apportant un soutien de longue date au Front Polisario. La nature de cette confrontation bilatérale a changé en novembre 2020, lorsque les Émirats ont ouvert un consulat à Laâyoune, dans la partie marocaine du territoire contesté, et exprimé leur soutien à l’intégrité territoriale du Maroc. Cette initiative s’inscrivait dans le contexte de la normalisation des relations entre le Maroc et Israël dans le cadre des Accords d’Abraham et de la reconnaissance, par les États-Unis, de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental.

Il n’en a pas résulté une alliance militaire formelle dirigée contre l’Algérie mais plutôt un réseau de plus en plus dense de partenariats qui se chevauchent. Parmi les exemples concrets, on peut citer les investissements émiratis dans les infrastructures et l’énergie au Maroc —notamment des projets majeurs dans les secteurs de l’eau et de l’électricité— ainsi que le développement, depuis 2020, d’une coopération industrielle et de défense entre Rabat et Tel Aviv.

La portée de ces initiatives dépasse le simple cadre économique. Selon Amine Ayoub, elles renforcent les capacités du Maroc, approfondissent ses partenariats extérieurs et confèrent à des acteurs tiers des intérêts croissants dans l’environnement stratégique entourant le Sahara occidental, autant de formes d’influence que l’Algérie ne peut aisément contrer par la diplomatie traditionnelle ou des pressions bilatérales.

Le Maroc ne fait plus face à l’Algérie en tant que voisin isolé. Cela s’inscrit dans un réseau en pleine expansion reliant Rabat, Abou Dabi, Tel Aviv et Washington. Pour Israël, cet aspect est crucial, car la relation avec le Maroc renforce sa présence stratégique et ses liens de défense vers l’ouest. La coopération avec Rabat étend l’influence d’Israël le long des façades atlantique et méditerranéenne de l’Afrique du Nord, selon des modalités inédites il y a dix ans.

La combinaison de la reconnaissance diplomatique, des investissements économiques et de la coopération sécuritaire a modifié l’équilibre des influences aux abords de la frontière occidentale de l’Algérie, sans pour autant nécessiter un pacte militaire formel.

Cette évolution a des conséquences concrètes sur la manière dont l’Algérie évalue ses options régionales et sur la façon dont les puissances extérieures interagissent avec le Maghreb.

Le Sahel, théâtre d’une rivalité plus profonde

Une évolution parallèle s’observe au sud de l’Algérie. Alger a longtemps considéré le Sahel comme un terrain privilégié pour la médiation diplomatique. L’Accord d’Alger de 2015 sur le Mali a marqué l’apogée de cette approche, fondée sur des négociations formelles entre États et des engagements institutionnels. Les coups d’État militaires survenus au Mali, au Burkina Faso et au Niger entre 2020 et 2023 ont bouleversé le paysage institutionnel sur lequel reposait la diplomatie algérienne.

Les nouveaux gouvernements militaires se sont montrés moins réceptifs aux médiations extérieures, perçues comme une entrave à leur souveraineté et plus ouverts à des partenariats alternatifs offrant des ressources sans les mêmes conditions politiques.

Des acteurs extérieurs proposant des ressources flexibles ont investi l’espace ainsi libéré. ​​Les Émirats ont apporté capitaux, projets commerciaux et capacités logistiques dans des zones où l’Algérie misait davantage sur la proximité géographique et une médiation fondée sur la souveraineté.

Dans la Corne de l’Afrique, les investissements émiratis dans les infrastructures portuaires, aériennes et de sécurité —notamment leur présence de longue date à Berbera dans le Somaliland— ont créé des canaux d’influence opérant largement en dehors des cadres traditionnels de médiation diplomatique. Ces relations confèrent à Abou Dhabi un accès concret et un levier d’action, même là où les institutions politiques formelles sont faibles ou fragmentées.

Ce contraste est également visible en Libye. L’Algérie a généralement privilégié les institutions formelles et les processus soutenus par l’Onu visant la réconciliation nationale. À l’inverse, les Émirats ont entretenu des liens plus étroits avec les forces militaires de l’Est associées à Khalifa Haftar, privilégiant des objectifs sécuritaires ciblés au détriment de règlements politiques globaux. Cette divergence d’approche ne relève pas de la simple tactique, elle reflète deux conceptions distinctes de l’exercice de l’influence dans des contextes politiques fragmentés où l’autorité de l’État est contestée ou incomplète.

Le cas du Soudan accentue cette même divergence. Les Émirats ont fait face à de graves accusations de la part d’enquêteurs de l’Onu et de Human Rights Watch concernant des réseaux assurant la logistique et le soutien aux Forces de soutien rapide (FSR), Abou Dabi dément fermement avoir apporté un tel soutien. Au-delà du différend sur ces accusations précises, cet épisode illustre une tendance plus large.

Dans des environnements politiques fragmentés, les capitaux, la logistique et les réseaux informels peuvent générer un levier d’influence plus rapidement que la médiation diplomatique traditionnelle. Pour l’Algérie, cela représente un défi majeur, alors que les États africains fragiles deviennent le théâtre d’une concurrence accrue pour l’influence extérieure.

Israël, bénéficiaire discret

L’auteur estime que l’angle israélien constitue l’élément le plus déterminant de cette rupture, bien qu’il faille l’aborder avec précaution. Il considère qu’Israël n’est pas à l’origine de la rupture entre Alger et Abou Dabi mais cette que rupture renforce une configuration régionale dans laquelle le Maroc et les Émirats sont de plus en plus liés à Israël, tandis que l’Algérie demeure en marge de ce réseau.

Les Accords d’Abraham ne se limitaient pas à de simples accords commerciaux bilatéraux. Ils ont jeté les bases de partenariats croisés dans les domaines du renseignement, de la sécurité maritime, de la défense aérienne et des technologies de défense. L’intensification de la coopération entre Israël, le Maroc et les Émirats a tissé une toile de plus en plus dense de relations sécuritaires couvrant certaines parties de l’Afrique du Nord.

Ces relations englobent une coopération industrielle dans le domaine de la défense, le partage de renseignements sur les menaces communes et une coordination des positions diplomatiques sur des questions régionales clés. L’Algérie, qui applique une politique stricte de non-normalisation et place la question palestinienne au cœur de son identité régionale, reste en dehors de ce réseau.

Et Washington dans tout ça !

La politique américaine doit éviter de considérer l’Algérie et les partenaires des Accords d’Abraham comme des piliers interchangeables de sa stratégie en Afrique du Nord. L’Algérie demeure un fournisseur d’énergie important pour l’Europe et conserve un rôle dans certains dispositifs de lutte antiterroriste. Toutefois, sa posture stratégique est limitée par une doctrine d’autonomie et par des liens étroits en matière de défense avec des fournisseurs non occidentaux. Selon les données du Sipri*, la Russie a représenté 48% des importations d’armes majeures de l’Algérie entre 2020 et 2024, alors même que le volume global des importations d’armes algériennes a diminué en valeur absolue sur cette période, chutant d’environ 73% par rapport au quinquennat précédent.

Dans son analyse, Amine Ayoub estime que Washington aurait tout intérêt à accorder une importance accrue au réseau Maroc-Israël-Émirats en tant que cadre émergent pour la sécurité régionale, le commerce et la coopération technologique, tout en maintenant un engagement pragmatique avec l’Algérie lorsque les intérêts américains l’exigent.

Il convient également d’encourager les partenaires à la prudence sur les théâtres d’opérations africains fragiles afin que les rivalités n’exacerbent pas les conflits et ne profitent pas, en fin de compte, aux acteurs hostiles.

L’objectif ne doit pas être d’isoler l’Algérie de façon permanente. Il s’agit de reconnaître que l’architecture régionale est en pleine mutation et d’aligner la politique américaine sur les partenaires les plus disposés et les plus aptes à approfondir la coopération concrète en matière de sécurité et d’intérêts économiques communs.

Un ordre régional en mutation 

La rupture entre l’Algérie et les Émirats ne signifie pas l’effondrement de la diplomatie arabe. Elle confirme que l’influence régionale ne se transmet plus automatiquement par la taille du territoire ou une hiérarchie formelle. Le pouvoir se génère de plus en plus grâce à la mobilité des capitaux, aux infrastructures commerciales, aux réseaux logistiques et aux partenariats de sécurité adaptatifs qui transcendent les frontières traditionnelles.

L’Algérie conserve des atouts considérables : son territoire, ses ressources énergétiques, une armée puissante et des décennies d’expérience diplomatique. Ces atouts demeurent pertinents. Toutefois, ils se traduisent moins efficacement en ce levier d’influence transfrontalier propre aux puissances agissant en réseau.

La rupture entre Alger et Abou Dhabi n’a pas engendré le nouvel ordre régional, elle a mis en lumière l’ampleur de l’érosion de l’ancien.

L’avantage dont bénéficie Israël ne réside donc ni dans une nouvelle alliance spectaculaire ni dans un gain militaire immédiat. Il tient à l’expansion constante d’un réseau stratégique dans une région où la position de l’Algérie est de plus en plus contestée. Dans la nouvelle configuration qui se dessine en Afrique du Nord et en Méditerranée orientale, le Maroc et les Émirats arabes unis renforcent leurs liens avec Tel Aviv, tandis que l’Algérie s’éloigne davantage de cette dynamique émergente. C’est pourquoi, selon Amine Ayoub, Israël s’impose comme le vainqueur discret.

* L’indice ou les bases de données du SIPRI (Stockholm International Peace Research Institute) mesurent les dépenses militaires mondiales, le volume des transferts d’armes et la production d’armements à travers des rapports de référence.

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Omar Oueslati à ses collègues | «Les gens n’oublient pas l’injustice qu’ils ont subie»

Dans un message à ses collègues, posté lundi 14 septembre 2026 sur les réseaux sociaux, à l’occasion de la nouvelle année judiciaire, que nus traduisons ci-dessous, le magistrat Omar Oueslati, ancien membre de Haute autorité indépendante pour la communication audiovisuelle (Haica), leur a lancé : «Rappelez-vous que derrière chaque dossier se trouve un être humain… et que chaque jugement aura un impact susceptible de perdurer toute une vie…»

«Mon message à votre intention : une nouvelle année judiciaire s’ouvre, apportant avec elle une multitude de dossiers, des droits en attente et des destins suspendus à la décision de juges qui ne connaissent d’autre boussole que l’équité. N’oubliez jamais que derrière chaque dossier se trouve un être humain, et que chaque jugement laisse une trace susceptible de perdurer toute une vie. Les gens peuvent oublier le nom du juge, mais ils n’oublient ni la justice qui leur a rendu leurs droits, ni l’injustice qu’ils ont subie.

«La magistrature est un engagement sacré qui ne souffre aucun compromis, une indépendance qui ne plie devant rien, et une intégrité qui ne se mesure pas aux mots, mais aux actes lorsque les pressions s’intensifient. Faisons en sorte que nos décisions soient justes, que nos consciences soient plus fortes que toute influence et que nos jugements témoignent en notre faveur, et non contre nous. Le marteau peut se taire lorsque le juge quitte son siège, mais l’écho d’un jugement équitable ne s’éteint jamais, et son impact demeure. Une nouvelle année judiciaire commence… Portons cette responsabilité comme il se doit : dans la justice, l’intégrité et la dignité. Car la justice est une sécurité à laquelle nous aspirons tous ; c’est une responsabilité qui n’incombe pas à un seul individu, mais à nous tous.»

I. B.

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Les gouvernances archaïques face à l’IA partagée

Le débat mondial sur le ralentissement de la course à l’intelligence artificielle (IA) est quasi systématiquement présenté sous l’angle des failles sécuritaires, de la cybersécurité ou des risques d’alignement. L’actualité récente — entre restrictions d’accès aux modèles de frontière, souveraineté sur les données et contrôles à l’exportation des briques algorithmiques — semble donner raison aux prudents. Pourtant, cette lecture purement technologique occulte l’essentiel : la rupture provoquée par l’IA n’est pas d’ordre technique, elle est éminemment politique et systémique. (Illustration de l’article gérée par IA).

Abdelwaheb Ben Moussa *

Les structures d’autorité traditionnelles — qu’elles soient technocratiques, bureaucratiques ou patriarcales — ont historiquement fondé leur hégémonie sur trois piliers : la rétention d’information, le monopole de l’expertise et l’opacité des arbitrages. Dans ces systèmes verticaux, le statut social, le réseau de cooptation et le poids de la hiérarchie ont longtemps prévalu sur la rigueur de la preuve et l’efficacité opérationnelle.

Contrairement aux idées reçues, l’IA ne constitue ni une entité autonome étrangère à notre espèce, ni une boîte noire magique dispensée d’expertise humaine. Elle est le réceptacle et le condensateur de la mémoire, de la logique et de la connaissance accumulées par l’humanité depuis des siècles. Certes, l’outil nécessite un cadre d’ingénierie rigoureux pour éviter les biais et les hallucinations, mais en rendant ce patrimoine intellectuel collectif immédiatement accessible à tout individu, l’IA opère une redistribution radicale de la puissance cognitive.

L’IA vient désintégrer ce modèle de domination.

Dès lors que la donnée devient vérifiable et le savoir partagé, l’asymétrie d’information s’effondre. Un citoyen, un cadre bancaire ou un chercheur armé d’une capacité d’analyse globale et impartiale peut instantanément challenger un dogme administratif, pointer l’incohérence d’un choix d’investissement ou exposer les failles d’une décision publique. L’argument d’autorité cède irréversiblement la place à l’exigence d’objectivité.

La véritable menace perçue par les gouvernances vieillissantes ne réside donc pas dans les risques de cybersécurité — que l’ingénierie sait parfaitement cloisonner par des architectures souveraines —, mais dans cette démocratisation sans précédent de la raison analytique. Une population disposant d’un accès direct à une intelligence partagée devient infiniment plus difficile à maintenir dans la dépendance, la bureaucratie ou la soumission statutaire.

Il ne s’agit pas de prôner un utopisme technologique naïf ou de nier la nécessité d’un cadre réglementaire strict. Il s’agit de refuser que le prétexte sécuritaire serve de bouclier au statu quo. Plutôt que d’agiter le spectre de la menace technologique pour préserver des rentes de position dépassées, nos institutions doivent opérer leur propre mutation : passer d’une gouvernance fondée sur la rétention et le statut à une gouvernance fondée sur la transparence, la logique de la preuve et l’ingénierie d’exécution.

* Ingénieur informatique, cadre de banque publique.

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ISO 9001:2026 | Vers un système de management intelligent et durable  

De 1987 à 2026, le parcours de l’ISO 9001 est l’histoire du passage de la qualité comme conformité vers un système de management véritablement intelligent, agile, résilient et orienté vers la création durable de valeur et de richesse, tant économiques que sociales.

Taoufik Halila & Mohamed Férid Herelli *

Depuis sa première publication en 1987, ISO 9001 s’est imposée comme la référence internationale du management de la qualité. Plus qu’une simple norme de conformité, elle a progressivement accompagné la transformation des entreprises, des administrations et des organisations en faisant évoluer leur manière de maîtriser leurs processus, de prévenir les risques, d’améliorer leurs performances et, surtout, de répondre aux attentes de leurs clients.

L’histoire d’ISO 9001 est précisément celle de cette transformation. De l’assurance qualité fondée sur des procédures et des contrôles en 1987, la norme s’est progressivement orientée vers une approche par les processus en 2000, puis vers le management stratégique, le leadership et la gestion des risques en 2015.

La prochaine évolution, ISO 9001:2026 (qui devrait être publiée en principe le 16 septembre 2026) s’inscrit dans cette continuité tout en ouvrant une nouvelle étape : celle d’un système de management de la qualité plus global, plus numérique, plus agile et davantage tourné vers l’avenir.

1987 : les fondations de l’assurance qualité

La première édition d’ISO 9001 paraît en 1987. Inspirée notamment de la norme britannique BS 5750, elle répond à une préoccupation majeure de l’époque : garantir la conformité des produits et maîtriser les activités à travers des procédures formalisées.

La logique est essentiellement celle de l’assurance qualité. L’organisation doit démontrer qu’elle maîtrise ses activités au moyen d’un ensemble d’exigences structurées, avec une forte place accordée à la documentation et aux contrôles.

Cette première version, organisée autour de 20 éléments d’un système qualité, est particulièrement adaptée aux environnements industriels et de production.

Elle pose toutefois une première pierre essentielle : la qualité ne doit plus seulement être contrôlée à la fin du processus ; elle doit être organisée et maîtrisée en amont.

1994 : renforcer la maîtrise et la prévention

La révision de 1994 consolide cette logique. La documentation des procédures occupe une place centrale et la conformité des produits repose largement sur l’inspection, les essais et la maîtrise des non-conformités. Les actions correctives et préventives prennent également une importance croissante. Mais cette approche demeure largement fondée sur la conformité et sur une vision relativement cloisonnée de la qualité. Les fonctions, les processus et les responsabilités peuvent encore être gérés de manière séparée. La qualité est alors principalement perçue comme un système à démontrer et à contrôler, conception qui allait progressivement évoluer.

2000 : le tournant majeur de l’approche processus

La version 2000 constitue une véritable rupture dans l’histoire d’ISO 9001. Les normes ISO 9001, ISO 9002 et ISO 9003 sont regroupées en une seule norme, mais surtout, l’organisation est désormais considérée comme un ensemble de processus interdépendants.

Cette évolution change profondément la philosophie de la norme. L’objectif n’est plus seulement de démontrer la conformité à travers des procédures. Il s’agit de comprendre comment les activités s’enchaînent, comment elles interagissent et comment leur maîtrise contribue à la performance globale de l’organisation.

La satisfaction du client devient un objectif central. L’amélioration continue s’affirme comme un principe fondamental, tandis que la direction est davantage responsabilisée dans la définition des orientations et dans l’efficacité du système de management.

Les huit principes du management de la qualité consacrent notamment l’orientation client, le leadership, l’implication du personnel, l’approche processus, l’amélioration continue et la prise de décision fondée sur des faits.

La qualité commence alors à sortir du seul domaine du contrôle pour devenir une véritable démarche de management.

2008 : consolider plutôt que révolutionner

La version 2008 ne bouleverse pas le modèle établi en 2000. Elle cherche principalement à clarifier les exigences, améliorer leur interprétation et faciliter leur mise en œuvre.

Cette stabilité n’est cependant pas synonyme d’immobilisme. La norme renforce notamment la compréhension des processus externalisés et améliore sa compatibilité avec d’autres systèmes de management, notamment ISO 14001.

Cette étape permet ainsi de consolider l’approche processus et de préparer le terrain pour une évolution beaucoup plus profonde.

2015 : la qualité devient stratégique

Avec ISO 9001:2015, le système de management de la qualité franchit une nouvelle étape. La qualité ne peut plus être considérée comme une fonction isolée. Elle doit être intégrée à la stratégie, au contexte et aux objectifs de l’organisation.

La norme introduit notamment une approche fondée sur les risques et accorde une importance accrue au contexte de l’organisation, au leadership et à l’engagement de la direction.

La structure de haut niveau facilite également l’intégration d’ISO 9001 avec d’autres référentiels de management.

La notion d’«informations documentées» remplace l’ancienne distinction entre documents et enregistrements, donnant davantage de souplesse aux organisations dans la manière de gérer leurs informations.

Avec cette évolution, le message est clair : la qualité n’est plus uniquement l’affaire du responsable qualité ; elle devient une responsabilité managériale et stratégique.

L’organisation doit comprendre son environnement, anticiper les risques et opportunités, aligner ses processus sur ses orientations stratégiques et démontrer sa capacité à créer durablement de la valeur pour ses parties intéressées, en particulier ses clients.

2026 : le numérique et l’IA au cœur du système qualité

La prochaine évolution d’ISO 9001 marque une étape particulièrement importante. Après avoir successivement privilégié la conformité, les procédures, les processus, puis les risques et la stratégie, la version 2026 s’inscrit dans un environnement où la transformation numérique et l’intelligence artificielle (IA) modifient profondément les modèles organisationnels et les modes de décision.

L’enjeu n’est donc plus simplement de disposer d’un système qualité conforme. Il s’agit de construire un système de management capable d’apprendre, de s’adapter, d’anticiper et de progresser en permanence.

Cette nouvelle génération d’ISO 9001 doit ainsi être envisagée dans une perspective beaucoup plus globale.

Les organisations produisent aujourd’hui une quantité considérable de données. Les processus sont digitalisés, les documents sont dématérialisés, les audits peuvent être réalisés à distance et les décisions s’appuient de plus en plus sur des indicateurs disponibles en temps réel. Le système de management de la qualité doit donc évoluer avec cet environnement.

La qualité de demain sera de moins en moins fondée uniquement sur la vérification a posteriori et davantage sur la surveillance, l’analyse et l’anticipation en temps réel.

La digitalisation offre ainsi la possibilité de mieux détecter les dérives, de mesurer la performance des processus, de sécuriser les informations et d’améliorer la réactivité des organisations.

C’est dans cette perspective que s’inscrit la norme ISO/IEC 27001, élaborée conjointement par l’Organisation internationale de normalisation (ISO) et la Commission électrotechnique internationale (IEC). Ainsi et dans sa version ISO/IEC 27001:2022, elle vise à répondre à une question devenue essentielle : comment protéger les informations de l’organisation contre les pertes, les erreurs, les accès non autorisés et les cybermenaces ?

L’IA : un nouveau levier pour la qualité

L’arrivée massive de l’IA constitue probablement l’un des changements les plus significatifs auxquels les systèmes de management doivent désormais s’adapter.

L’IA peut contribuer à analyser les données qualité, détecter des tendances, identifier des anomalies, anticiper certains risques, faciliter l’analyse des causes et soutenir la prise de décision.

La qualité ne consiste donc plus seulement à contrôler un processus humain ou industriel. Elle doit également permettre de maîtriser les nouveaux processus numériques et les décisions assistées par l’intelligence artificielle.

C’est l’un des enjeux majeurs de la nouvelle génération des systèmes de management basés sur l’IA. C’est pour cela qu’en 2023, une édition consacrée à cette nouvelle technologie, l’ISO/IEC 42001, a été publiée. Cette norme concerne le système de management de l’IA, non pas d’un point de vue purement technique, mais plutôt en définissant les exigences permettant à une organisation de mettre en place un système destiné à gouverner l’utilisation de l’IA, en identifiant les risques et les opportunités, tout en assurant la transparence et la traçabilité, et en tenant compte des questions d’éthique, de sécurité et de protection des données.

Ainsi, grâce à ce progrès technologique, il ne suffit plus d’améliorer périodiquement les processus. Les organisations doivent désormais être capables d’observer, de mesurer, de comprendre, d’apprendre, de décider, de corriger et d’innover en permanence.

Une qualité plus agile, plus résiliente et plus responsable

L’ISO 9001:2026, l’ISO/IEC 27001 et l’ISO/IEC 42001 s’inscrivent actuellement dans un environnement marqué par l’incertitude : crises sanitaires, tensions géopolitiques, ruptures d’approvisionnement, changement climatique, transformations réglementaires et mutations technologiques.

Dans ce contexte, la performance d’une organisation ne peut plus être évaluée uniquement à travers sa capacité à fonctionner dans des conditions normales. Elle doit plutôt démontrer sa capacité à résister aux perturbations, à s’adapter rapidement et à maintenir la continuité de ses activités, en s’appuyant sur ces normes, dont l’objectif fondamental est de permettre à l’organisation de fournir régulièrement des produits et des services conformes aux exigences applicables et d’accroître la satisfaction de ses clients.

Ces innovations et ces architectures montrent que la philosophie de l’ISO ne se limite donc plus à «obtenir une certification». Elle propose progressivement une véritable démarche de pilotage de la qualité, fondée sur plusieurs principes : définir un langage commun, structurer le système de management, mesurer la performance, écouter le client, auditer, apprendre, corriger et améliorer en continu.

Près de quarante ans après sa première publication, l’ISO 9001  a démontré une capacité exceptionnelle à accompagner les mutations du monde économique. De la maîtrise des procédures en 1987 à l’approche processus de 2000, puis à l’intégration des risques, du leadership et de la stratégie en 2015, chaque génération de la norme a élargi le champ de la qualité jusqu’à la publication prochaine de l’ISO 9001/2026 qui intervient à un moment où les organisations connaissent une transformation sans précédent : digitalisation des processus, intelligence artificielle, automatisation, décisions fondées sur les données, nouvelles exigences environnementales, volatilité des marchés et évolution rapide des attentes des clients et citoyens.

L’ISO indique elle-même que la dernière révision de l’ISO 9001 vise à maintenir la pertinence de la norme face aux besoins actuels des entreprises et aux attentes des parties prenantes.

Ainsi, au regard des données présentées, il est clair et évident que l’ISO 9001:2026, associée à l’ISO/IEC 27001 et à l’ISO/IEC 42001, pourrait contribuer, ensemble, à favoriser un passage rationnel d’un système de management de la qualité centré sur la maîtrise des processus à un système de management véritablement intelligent, agile, résilient et orienté vers la création durable de valeur et de richesse, tant économiques que sociales.

* Ingénieurs-conseillers du Doyen de l’Ordre des ingénieurs tunisiens (OIT).

Bibliographie

ISO — Organisation internationale de normalisation, ISO 9000:2026 — Management de la qualité — Principes essentiels et vocabulaire, ISO, 2026.

ISO — Organisation internationale de normalisation, ISO 9001:2015 — Systèmes de management de la qualité — Exigences, ISO, 2015, avec amendement 1:2024 relatif aux changements concernant les actions en lien avec le climat.

ISO — Organisation internationale de normalisation, ISO 9004:2018 — Management de la qualité — Qualité d’un organisme — Lignes directrices pour obtenir des performances durables.

ISO — Organisation internationale de normalisation, ISO 9000 family — Quality management, présentation officielle de la famille des normes ISO 9000.

ISO/TC 176/SC 2, ISO 9001 Revision Update, informations officielles relatives au processus de révision et à l’édition 2026.

ISO, Selection and use of the ISO 9000 family of standards, document de référence présentant la complémentarité entre ISO 9000, ISO 9001, ISO 9004, ISO 10000 et ISO 19011.

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Tunisie | Les enseignants de l’Ipsi solidaires avec leur collègue Mohamed Yousfi

Un groupe d’enseignants de l’Institut de presse et des sciences de l’information (IPSI) de Tunis a publié la pétition suivante pour défendre la liberté de la presse et l’indépendance du travail médiatique, et pour exprimer sa solidarité avec le journaliste Mohamed Yousfi, placé en détention provisoire et poursuivi en justice pour des faits liés à ses fonctions de rédacteur en chef de la plateforme médiatique Alqatiba.

Nous, enseignants de l’Institut de presse et des sciences de l’information, convaincus que la liberté de la presse ne constitue pas un privilège réservé à une catégorie professionnelle spécifique, mais qu’elle est une condition fondamentale du droit de la société à l’information, de la liberté du débat public ainsi que de l’instauration d’un État de droit et d’institutions :

– suivons avec inquiétude et étonnement les circonstances de l’interpellation du journaliste Mohamed Yousfi, laquelle a été déclenchée par des publications et commentaires diffusés sur Facebook — selon le rapport de transmission du dossier — évoquant un accroissement suspect de sa fortune, alors qu’il n’existe pas le moindre indice sérieux quant à la véracité de ces allégations. Cette interpellation soudaine, survenue alors qu’il se rendait à une émission radiophonique, contrevient aux principes consacrés par l’article 55 de la Constitution tunisienne, notamment ceux de nécessité et de proportionnalité régissant la restriction des droits et libertés ;

– considérons que les journalistes exerçant leur profession dans le respect de la loi doivent bénéficier de la protection nécessaire pour accomplir leur mission — à savoir transmettre l’information, demander des comptes aux décideurs et susciter le débat sur les questions d’intérêt sociétal ;

– soulignons que toute poursuite judiciaire, lorsqu’elle repose sur des fondements juridiques sérieux, doit se dérouler dans une transparence totale, dans le respect de la présomption d’innocence, des droits de la défense et des garanties d’un procès équitable, sans que les procédures judiciaires ne soient détournées pour sanctionner un journaliste en raison de ses opinions ou de son activité professionnelle ;

– suivons avec une vive inquiétude les informations faisant état de la détérioration de l’état de santé de Mohamed Yousfi et de l’intervention chirurgicale qu’il a subie, ainsi que les préoccupations suscitées par ses conditions de détention et la garantie de son droit aux soins et à une prise en charge médicale, notamment après son transfert en prison.

À cet égard, nous :

– exprimons notre entière solidarité avec le journaliste Mohamed Yousfi, ainsi qu’avec sa famille et ses collègues, et faisons part de notre profonde préoccupation quant à sa situation judiciaire et sanitaire ;

– exigeons que sa sécurité physique et psychologique soit garantie et qu’il puisse bénéficier, sans délai, des soins de santé nécessaires ;

– appelons à réexaminer la décision de le placer en détention et à lui permettre de suivre la procédure en état de liberté, afin de garantir le respect de la présomption d’innocence et du principe de proportionnalité dans le recours aux mesures privatives de liberté ;

– exigeons la garantie du plein exercice des droits de la défense, la possibilité pour les avocats d’accomplir leur mission sans entraves, ainsi que le respect de toutes les procédures et garanties prévues par la loi, y compris le droit de l’accusé d’être présent, d’être interrogé et d’assurer sa propre défense ;

– affirmons que l’exercice du journalisme, la participation à des entretiens ou à des interventions médiatiques, ainsi que la publication d’opinions, d’analyses et de critiques relatives aux affaires publiques, ne sauraient constituer, en soi, un motif de poursuites pénales ou d’emprisonnement ;

– appelons à ne pas recourir aux lois pénales ou aux procédures judiciaires pour restreindre le travail journalistique, soumettre les médias indépendants ou intimider les journalistes ;

– rejetons le fait de faire des journalistes la cible de campagnes de diffamation, d’incitation à la haine et de stigmatisation ;

– soulignons que le cas de Mohamed Yousfi dépasse sa personne, car il soulève une question fondamentale concernant l’avenir de la liberté de la presse en Tunisie et la capacité des journalistes à exercer leur rôle de contrôle et de critique sans craindre l’emprisonnement ou les poursuites en raison de leur travail ;

– réitérons notre solidarité et notre soutien à tous les journalistes emprisonnés ou faisant l’objet de poursuites judiciaires en raison de leur travail journalistique ;

– considérons que la protection de la presse indépendante relève d’une responsabilité partagée entre l’État, le pouvoir judiciaire, l’université, la société civile et les instances professionnelles ; l’université tunisienne — et plus particulièrement les établissements de formation au journalisme — ne saurait rester simple spectatrice lorsque le droit des journalistes à exercer leur métier et le droit des citoyens à l’information sont menacés.

En tant qu’enseignants formant des générations de journalistes aux valeurs de professionnalisme, d’indépendance, de responsabilité et d’éthique du métier, nous estimons que garder le silence face à l’emprisonnement d’un journaliste ou aux restrictions qui lui sont imposées dans l’exercice de ses fonctions contrevient à l’essence même de la mission que nous accomplissons au sein de l’université.

Par conséquent, nous appelons les autorités judiciaires à libérer le journaliste Mohamed Yousfi, à garantir le plein respect de ses droits et à lui assurer les soins de santé nécessaires, conformément aux dispositions de la Constitution et aux engagements internationaux de la Tunisie en matière de liberté d’expression et de liberté de la presse.

Nous invitons également nos collègues des milieux universitaire, médiatique et de la défense des droits humains à poursuivre la défense pacifique et légale de la liberté de la presse, ainsi que du droit des Tunisiennes et des Tunisiens à une information libre, indépendante et pluraliste.

Suivent 18 signatures.

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Tunis | Démantèlement d’un réseau de trafic de cocaïne dirigé par un rappeur

Un réseau de trafic de cocaïne vient d’être démantelé. Il opérait aux Berges du Lac, à La Marsa et à Gammarth, dans le Grand-Tunis, a rapporté l’agence gouvernementale Tap, ce lundi 14 septembre 2026, en citant une source sécuritaire bien informée.  

Le réseau était dirigé par un rappeur célèbre, a indiqué la ​​même source, sans préciser le nom de ce dernier, ajoutant qu’à l’issue des investigations, une série de perquisitions simultanées a été menée dans les secteurs de Manouba, Sidi Daoud, Bhar Lazreg, La Marsa et les Berges du Lac.

Elles ont abouti à l’arrestation de 13 membres du réseau, dont le rappeur en question, tandis qu’un autre individu fait l’objet d’un avis de recherche.

Par ailleurs, l’opération a permis la saisie d’une quantité importante de cocaïne, d’un drone et d’une somme d’argent conséquente – qui proviendrait, selon toute vraisemblance, du trafic de stupéfiants – ainsi que de trois voitures et de deux grosses motos utilisées pour le transport et la distribution de la drogue.

L’enquête, menée par des unités de la Garde nationale, se poursuit sous la supervision de la Brigade centrale de lutte contre les stupéfiants et en coordination avec les autorités judiciaires compétentes, afin d’identifier les éventuels autres membres du réseau et de faire toute la lumière sur ses activités.

I. B.

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TABC | Nouveau bureau, nouvelle feuille de route

Le Tunisia Africa Business Council (TABC) a tenu, samedi 12 septembre 2026 à Tunis, son 2ᵉ Congrès, marqué par la tenue de son assemblée générale ordinaire élective, le renouvellement de ses instances dirigeantes et la présentation de sa nouvelle feuille de route stratégique à l’horizon 2030.

Après plus d’une décennie consacrée à la construction de l’organisation et au développement de sa présence en Afrique, le TABC ouvre ainsi un nouveau cycle autour d’une ambition : un deuxième mandat pour consolider les acquis et transformer l’organisation.

Ce nouveau mandat vise également à préparer progressivement la relève, favoriser l’émergence d’une nouvelle génération de dirigeants et hisser le TABC parmi les trois organisations économiques de référence sur le continent africain.

Une décennie d’action au service de l’Afrique

Créé en 2015, le TABC s’est progressivement imposé comme une plateforme de rapprochement entre les entreprises tunisiennes et les marchés africains, en développant son action autour des grands événements économiques internationaux, des missions économiques sur le continent, des rencontres B2B et B2G et de la construction d’un réseau de partenaires africains et internationaux.

Le TABC affiche un bilan significatif : 11 années d’action, 9 éditions du Financing Investment and Trade in Africa (Fita), 37 pays africains couverts, 43 missions économiques, 4 500 adhérents cumulés, 47 000 participants aux différents événements, 80 délégations étrangères accueillies, près de 25 000 rencontres B2B et B2G, 103 conventions et partenariats et près de 90 pays représentés dans les événements organisés par le TABC.

Ces réalisations constituent le résultat d’un travail collectif porté par les différents bureaux exécutifs, les équipes du TABC, ses adhérents ainsi que ses nombreux partenaires institutionnels, économiques et financiers en Tunisie, en Afrique et à l’international.

À cette occasion, le président du TABC, Anis Jaziri, a tenu à rendre hommage et à exprimer sa reconnaissance aux membres du bureau exécutif sortant, pour leur engagement et leur contribution à la construction et au rayonnement de l’organisation durant les dernières années.

Vision 2030 : changer d’échelle

Fort de ces acquis, le TABC entend désormais franchir une nouvelle étape.

La Vision TABC 2030 prévoit de faire évoluer progressivement l’organisation de son rôle historique de mise en relation et d’accompagnement des entreprises vers un modèle capable de contribuer à l’identification, la structuration, le financement et la réalisation de projets en Afrique.

Cette transformation a commencé en 2025 avec le lancement du Tunisia Consortium for African Development (Tucad), fédérant des entreprises et expertises tunisiennes autour des infrastructures et des grands projets structurants.

Le TABC prévoit le déploiement progressif de nouveaux consortiums sectoriels, notamment ST2A dans les technologies et la transformation numérique, TACTE dans l’enseignement supérieur et la formation, TH2A dans le tourisme, ainsi que des consortiums dédiés à la santé et à l’industrie.

L’objectif est de fédérer les compétences tunisiennes au sein d’offres intégrées et solutions globales capables de répondre aux besoins croissants du continent en matière d’infrastructures, de technologie, de capital humain, de santé, de tourisme et d’industrialisation.

La Vision TABC 2030 comporte également une dimension financière. Le think tank prévoit ainsi la mise en place de Virunga Investment Partners (VIP), une banque d’affaires destinée notamment à accompagner la structuration financière, la levée de fonds et le financement des projets portés par cet écosystème.

À l’horizon 2030, une fois les différents consortiums et mécanismes mis en place, l’ambition est de structurer l’ensemble au sein d’une TABC Holding, destinée à assurer la gouvernance, la coordination et le développement de cet écosystème, qui sera introduite simultanément à la BVMT, la Bourse de Tunis, et à la BRVM, la Bourse régionale des valeurs mobilières dont le siège est à Abidjan.

Le TABC entend ainsi passer progressivement d’une logique de promotion des opportunités africaines à une logique de construction et de financement de projets, en mobilisant les entreprises, les compétences, les investisseurs et les institutions financières.

Avec son nouveau bureau exécutif et sa Vision 2030, le TABC entend poursuivre son engagement pour renforcer la présence économique tunisienne en Afrique et contribuer plus directement à la transformation et au développement du continent.

Liste des membres du BE (2026-2031)

Anis Jaziri (président) ; Sami Driss (vice-président) ; Mondher Khanfir (VP chargé du think tank) ; Walid Loukil (VP chargé des relations internationales) ; Nadia Yaich (secrétaire générale) ; Skander Hadj Mabrouk (trésorier) ; Meriem Ben Salah ( responsable du pôle finances) ; Moncef Gloulou (responsable du pôle BTP) ; Salma Abid Mnif (responsable du pôle juridique et droit privé) ; Skander Handous (responsable du pôle IT) ; Slaheddine Hellara (responsable du pôle éducation et formation) ; Chiraz Azizi (responsable du pôle transition écologique & développement durable) ; Jamil Korked (responsable du pôle transition énergétique) ; Nesrine Lachkar (responsable du pôle communication) ; Dr Bassem Allani (responsable du pôle santé).

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Tunisie | L’AMT se dit préoccupée par la hausse des décès en milieu carcéral

Dans le communiqué suivant, publié à Tunis le dimanche 13 septembre 2026, l’Association des magistrats tunisiens (AMT) a exprimé sa vive inquiétude face aux «informations et rapports apparus récemment concernant l’augmentation des cas de décès dans plusieurs prisons et lieux de détention en Tunisie».

Le Bureau exécutif de l’Association des magistrats tunisiens, tout en suivant avec une vive préoccupation les informations et rapports parus récemment concernant la multiplication des décès dans plusieurs prisons et lieux de détention en Tunisie — notamment ceux relayés par des organisations nationales et de défense des droits humains, ainsi que par des avocats et les familles des défunts — et au vu des circonstances entourant certains de ces décès, lesquelles soulèvent de sérieuses interrogations quant au respect des garanties juridiques et humanitaires prévues pour les personnes privées de liberté, rappelle que :

– l’État tunisien a la responsabilité de préserver la vie de tout citoyen placé dans un établissement pénitentiaire, de lui assurer des soins de santé et des conditions de détention adéquates, ainsi que de garantir sa dignité et son intégrité physique et morale ;

– le droit à la vie, le droit à l’intégrité physique et psychique et le droit à la protection contre la torture et les traitements cruels, inhumains ou dégradants sont des droits inhérents à tout être humain, qui ne sauraient être ni supprimés ni restreints du seul fait de la privation de liberté.

Tout en constatant le refus du ministère de la Justice d’éclaircir la réalité de la situation au sein des établissements pénitentiaires — en particulier dans un contexte de conditions climatiques exceptionnelles marquées par des températures élevées, de difficultés d’approvisionnement en électricité et en eau, et alors que la Ligue tunisienne des droits de l’homme se voit interdire d’effectuer des visites pour constater les conditions réelles qui y prévalent — :

– concernant la responsabilité de l’État, l’Association souligne que tout citoyen placé dans un établissement pénitentiaire relève de la responsabilité de l’État, lequel est tenu de garantir son intégrité physique et morale ainsi que de lui assurer des conditions de subsistance et d’hébergement conformes à la Loi n° 52 de 2001 du 14 mai 2001 relative au régime pénitentiaire et aux obligations de l’État tunisien découlant des conventions et traités internationaux relatifs aux droits de l’homme ;

– elle souligne également la responsabilité de l’État d’informer l’opinion publique sur la situation dans les prisons et de faire toute la lumière sur les informations circulant concernant le décès de plusieurs citoyens au sein de ces établissements ;

– concernant les procédures judiciaires d’urgence, elle souligne que l’établissement des causes du décès et la détermination des responsabilités en découlant relèvent de la compétence de l’autorité judiciaire compétente, une fois achevées les investigations et enquêtes prescrites par la loi;

– elle affirme également que tout décès survenant au sein d’un établissement pénitentiaire ou de détention impose l’ouverture immédiate d’une enquête judiciaire indépendante, efficace et impartiale, conformément aux dispositions légales et aux normes internationales pertinentes ; cette enquête doit permettre d’établir les causes et les circonstances du décès, de faire toute la lumière sur les faits, de tirer les conséquences juridiques des faits et responsabilités établis, et de permettre aux familles des victimes de connaître les causes et circonstances du décès ainsi que les responsabilités juridiques déterminées à l’issue des investigations ;

– elle souligne que le ministère public et les autorités judiciaires compétentes sont tenus de s’acquitter pleinement de leurs obligations légales en matière de protection des droits et libertés, de mettre en lumière tout manquement ou négligence et de garantir l’absence d’impunité ;

– elle attire également l’attention sur la nécessité pour les juges d’application des peines d’assumer leurs responsabilités concernant le suivi des conditions d’exécution des peines privatives de liberté, l’examen des signalements relatifs à l’état de santé des détenus et l’établissement des rapports requis sur la situation des établissements pénitentiaires ;

– concernant les mesures d’urgence au sein des établissements pénitentiaires, elle appelle le ministère de la Justice, en sa qualité d’autorité de tutelle des établissements pénitentiaires, à prendre des mesures immédiates et efficaces garantissant des soins de santé réguliers et appropriés — notamment pour les personnes atteintes de maladies chroniques ou exposées à des complications de santé — ainsi qu’une intervention médicale immédiate en cas urgence ;

– appelle également à réduire la surpopulation carcérale, à remédier à toutes les conditions de détention inadéquates, à préserver la dignité des personnes privées de liberté et à établir un protocole clair pour la prise en charge des cas de santé critiques et des décès, en définissant les responsabilités ainsi que les délais d’intervention et de notification.

Traduit de l’arabe.

Pour le Bureau exécutif,

Aicha Benbelhassan, vice-présidente de l’association.

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