Les ménages britanniques pourraient subir un nouveau choc énergétique au début de l’hiver. Dans une estimation de Bloomberg Economics publiée le 15 septembre, le plafond tarifaire fixé par le régulateur britannique Ofgem pourrait augmenter d’environ 25 % en janvier.
Les ménages britanniques sont déjà confrontés à une augmentation des tarifs. Pour la période d’octobre à décembre, Ofgem a fixé le plafond annuel pour un foyer type utilisant le gaz et l’électricité et payant par prélèvement automatique à 1 723 livres, contre 1 663 livres auparavant, soit une progression de 4 %.
La nouvelle estimation n’est toutefois pas encore un tarif officiel, et le montant définitif du plafond de janvier dépendra notamment de l’évolution des prix de gros durant la période de référence retenue par Ofgem. Mais si cette prévision se confirmait, le montant annuel dépasserait ainsi la barre des 2 000 livres, alourdissant sensiblement les dépenses des ménages au cours de l’hiver…
Un risque pour les fournisseurs
La hausse des factures ne signifie pas nécessairement une augmentation équivalente des bénéfices des fournisseurs d’énergie. Les entreprises doivent elles-mêmes absorber une partie des effets de la hausse des coûts et sont confrontées au risque d’une augmentation des impayés.
Centrica, maison mère de British Gas, a déjà enregistré une forte progression de ses créances douteuses sur les clients résidentiels britanniques. La hausse des factures pourrait accentuer cette pression financière si les ménages les plus exposés éprouvent des difficultés à régler leurs factures.
Pour l’économie britannique, le scénario constitue un nouveau risque à la fois pour le pouvoir d’achat et pour la trajectoire de l’inflation. Une facture annuelle proche de 2 150 livres représenterait un niveau nettement supérieur à celui observé depuis plusieurs trimestres. La hausse interviendrait en outre après plusieurs années de forte volatilité des prix énergétiques, qui avaient déjà contraint le gouvernement britannique à intervenir massivement pour protéger les ménages.
Le président de la République, Kaïs Saïed, a estimé que les perturbations ayant affecté cet été la distribution de l’eau et de l’électricité, dans un contexte de températures record, ne relevaient pas d’une situation « innocente » et pouvaient « atteindre le rang du crime ».
Lors d’une réunion tenue mardi 15 septembre au palais de Carthage avec la cheffe du gouvernement, Sarra Zaafrani Zenzri, et le ministre de l’Économie et de la Planification, Samir Abdelhafidh, le chef de l’État a notamment évoqué les coupures enregistrées au cours de la période estivale.
Selon le communiqué de la présidence, Kaïs Saïed a fait état d’une concomitance entre les pannes, la vétusté des réseaux, les coupures d’électricité et le déclenchement d’incendies, alors que les interventions des services concernés se poursuivaient « 24 heures sur 24 ».
Saïed accuse des parties de chercher à semer le désespoir
Le président de la République a considéré que ces événements s’inscrivaient dans un contexte plus large de lutte contre la corruption et de tentatives, selon lui, d’attiser les tensions à travers même les services de base.
Kaïs Saïed a également accusé certaines parties de chercher à « semer le désespoir et la frustration » parmi la population. Ces déclarations interviennent alors que les coupures d’eau et d’électricité ont constitué l’un des principaux sujets de mécontentement durant l’été, notamment dans plusieurs régions confrontées à de fortes chaleurs.
Agir avec davantage de détermination
Dans le même entretien, le président a appelé les responsables de l’État à agir avec davantage de détermination et de responsabilité, affirmant que les choix nationaux devaient permettre de répondre aux attentes de la population.
La Tunisie a produit davantage d’électricité au cours des sept premiers mois de 2026, mais cette progression masque une équation énergétique toujours fragile. La production nationale a augmenté de 6%, à 12.333 GWh, tandis que les énergies renouvelables ont progressé beaucoup plus rapidement, avec une hausse de 61%. Malgré cette accélération, le gaz naturel reste largement dominant dans le mix électrique.
Le solaire accélère
La part des énergies renouvelables dans la production nationale d’électricité a atteint 9% à fin juillet, contre une part nettement plus élevée pour le gaz naturel, qui représente encore 90,8% de la production.
Cette progression des renouvelables est notamment portée par le développement des projets solaires, en particulier ceux destinés à l’autoconsommation et à la production indépendante.
Les installations photovoltaïques atteignent désormais environ 515 MW dans le secteur résidentiel raccordé au réseau basse tension, auxquels s’ajoutent 130 MW dans les secteurs industriel, tertiaire et agricole, raccordés aux réseaux moyenne et haute tension.
La production des projets solaires indépendants illustre cette accélération : elle est passée de 39 GWh durant les sept premiers mois de 2025 à 359 GWh sur la même période de 2026. Cette progression s’explique notamment par l’entrée en exploitation de nouvelles centrales, dont celle de Kairouan, d’une capacité de 100 MW, en décembre 2025, puis celles de Sidi Bouzid et de Tozeur, de 50 MW chacune, en avril 2026.
Une demande toujours soutenue
La consommation d’électricité continue toutefois de peser sur le système. La pointe de demande enregistrée en juillet a atteint 4924 MW, soit une hausse de 2% par rapport aux 4837 MW enregistrés un an auparavant.
Dans le même temps, la consommation spécifique des centrales électriques s’est améliorée de 3%, atteignant 206 tonnes équivalent pétrole par GWh. La STEG a assuré 91% de la production nationale, tandis que les importations d’électricité ont reculé de 2% et ont couvert environ 10% des besoins du marché local.
Les ventes d’électricité ont, pour leur part, progressé de 1%, à 9455 GWh. Le secteur industriel représente 58% des ventes d’électricité à moyenne et haute tension.
Le déficit énergétique se creuse
L’accélération des renouvelables ne suffit toutefois pas à réduire la dépendance énergétique du pays. La production nationale d’hydrocarbures a continué de reculer sur les sept premiers mois de l’année.
La production de pétrole brut a diminué de 11%, à environ 0,78 million de tonnes équivalent pétrole, tandis que la production de gaz naturel a baissé de 14%, à environ 0,84 million de tonnes équivalent pétrole.
Dans ce contexte, le déficit commercial énergétique s’est aggravé de 8%, alors que le taux d’indépendance énergétique est passé de 46% à 42% en un an.
Le secteur électrique tunisien avance donc sur deux trajectoires simultanées : le solaire gagne rapidement du terrain, mais le système reste très fortement dépendant du gaz naturel et des ressources énergétiques importées.
Il y a quatre ans, la Tanzanie était confrontée à une grave pénurie d’électricité, contraignant la compagnie nationale d’électricité à rationner l’approvisionnement. Certaines régions subissaient des coupures de courant quotidiennes allant jusqu’à neuf heures. Nous vivons aujourd’hui une situation comparable en Tunisie. Notre déficit énergétique dépasse 60% et nous sommes contraints d’importer, au prix fort et en devises étrangères, l’essentiel du gaz nécessaire à la production de nos besoins en électricité. Qui plus est, nous faisons face, depuis le début de l’été, à des coupures intempestives d’électricité qui ont provoqué la colère des citoyens et beaucoup nui à l’économie du pays. Pour nous, la Tanzanie, où la situation a radicalement changé en seulement quelques années, offre un exemple à méditer et, surtout, à suivre.
Imed Bahri
En effet, la semaine dernière lorsque la présidente Samia Suluhu Hassan a inauguré officiellement une centrale hydroélectrique de grande envergure sur le fleuve Rufiji, le plus important du pays, faisant de la Tanzanie une nation excédentaire en matière de production d’électricité.
La spécificité de ce mégaprojet qui a coûté 2,9 milliards de dollars est le non recours à l’endettement extérieur pour le financer, la Tanzanie l’a intégralement autofinancé, un exploit qualifié par Bloomberg de «moment charnière pour l’Afrique». Seul hic, les conséquences environnementales.
L’analyse de l’économiste et éditorialiste de Bloomberg Mihir Sharma,, intitulée «Le barrage tanzanien marque un moment charnière pour l’autofinancement de l’Afrique», indique que le projet hydroélectrique Julius Nyerere, du nom du premier président tanzanien, a doublé la capacité de production d’électricité du pays. La production dépasse désormais la demande, ce qui signifie que les turbines du barrage ne fonctionneront qu’à 40% ou 50% de leur capacité si la Tanzanie n’investit pas davantage dans le développement de son réseau électrique et de ses interconnexions avec les pays voisins.
Prouesse financière, problème écologique
Un tel niveau d’abondance énergétique est un rêve même pour les pays développés, et a fortiori pour un pays comme la Tunisie.
Fait remarquable, la Tanzanie a réalisé cet exploit presque entièrement grâce à un autofinancement. Le budget de l’État a couvert ce projet de 2 115 mégawatts, ce qui en fait le plus important de ce type en Afrique après le barrage de la Renaissance éthiopienne, un ouvrage colossal et controversé.
Mihir Sharma écrit : «Pendant plus d’une décennie, nous avons craint que la baisse des financements occidentaux pour les projets d’infrastructure dans les économies émergentes ne contraigne les gouvernements asiatiques et africains à supporter des niveaux alarmants de dette envers la Chine. Or, il s’avère qu’une autre option existe: l’autofinancement, à condition de choisir avec soin les conditions et les entreprises».
L’auteur précise que l’idée de ce projet remonte à 1907, lorsque l’ingénieur colonial allemand Franz Stiegler (qui sera tué plus tard par un éléphant) proposa la construction d’un barrage sur le fleuve Rufiji mais il faudra attendre plus d’un siècle ! Le projet ne put véritablement démarrer qu’après que John Magufuli (président de 2015 à 2021), prédécesseur de l’actuelle présidente Samia Suluhu Hassan, l’eut adopté comme le projet phare de sa présidence.
Mihir Sharma indique que ce projet aura toutefois des conséquences négatives sur l’environnement mais les deux dirigeants précédemment cités l’ont imposé et personne ne pouvait bloquer le projet étant donné le caractère autoritaire du régime. Il rappelle que les deux dirigeants ont fait l’objet d’accusations crédibles de violence politique et de persécution de leurs opposants.
L’auteur s’alarme que dans les régimes autoritaires, l’impact environnemental de tels projets est difficile à évaluer, ce qui est regrettable car ces préoccupations ne doivent pas être ignorées. Les eaux du projet inonderont entre 1,5% et 3% de la réserve de gibier de Selous, site inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1982.
Les écologistes craignent que le projet ne perturbe les migrations et les habitats de la faune locale, notamment des éléphants et du rhinocéros noir, une espèce en danger critique d’extinction. L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) affirme que l’évaluation environnementale du gouvernement tanzanien «est loin de respecter les normes internationales».
Compte tenu des nombreux écueils liés à la construction de grands barrages, la réussite de la Tanzanie dans la réalisation de ce projet demeure toutefois remarquable. Malgré les critiques de l’organisme de surveillance gouvernemental concernant la mauvaise préparation des documents contractuels, qui a engendré des retards pour le gouvernement, le projet semble avoir été mené à bien dans les limites du budget et sans difficultés majeures. Selon les autorités, son coût s’est élevé à 2,9 milliards de dollars. Il a été financé, avec un nombre limité d’autres grands projets, presque entièrement par les recettes publiques, notamment grâce à une augmentation d’environ un tiers des taxes sur les carburants.
Cela n’a pas aggravé la dette nationale ni détourné l’attention du gouvernement de ses autres priorités pendant la construction du barrage. Les dépenses d’éducation et de santé ont augmenté au même rythme que la croissance du PIB au cours des deux dernières années et le gouvernement a mis en place un système d’assurance maladie universelle et dispensé six années d’enseignement secondaire gratuit.
La Tanzanie détermine les options de mise en œuvre
La Tanzanie a pris plusieurs décisions qui ont contribué au succès du projet. Premièrement, elle a écarté la possibilité d’obtenir un financement occidental, difficile à obtenir de toute façon, les banques de développement et les agences d’aide étant devenues réticentes à financer des projets hydroélectriques dans les pays en développement suite aux campagnes menées par des militants dans les années 1990.
Deuxièmement, la Tanzanie n’a pas remplacé l’Occident par Pékin. Magufuli avait auparavant rejeté une offre chinoise de 10 milliards de dollars pour la modernisation du port de Bagamoyo, la qualifiant d’«abusive et confuse», tandis que des responsables se plaignaient d’avoir été traités «comme des écoliers» par les négociateurs chinois.
Troisièmement, la Tanzanie n’a pas accepté précipitamment la première offre reçue, émanant de l’entreprise de construction brésilienne Odebrecht SA, connue pour ses antécédents de corruption en Amérique latine et dans les Caraïbes et qui cherchait à s’implanter en Afrique. Entreprise qui d’ailleurs s’est placée sous la protection de la loi sur les faillites en 2019. Odebrecht a également proposé de réaliser le projet à un coût bien supérieur à ce qu’aura finalement coûté le projet.
Les Tanzaniens ont quant à eux opté pour un consortium égyptien. Le président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi, présent aux côtés du président Hassan lors de la cérémonie d’inauguration, souhaitait démontrer que les vives objections de son pays au barrage de la Renaissance éthiopienne sur le Nil ne s’étendaient pas à d’autres projets. Le lac Victoria, dont la moitié est contrôlée par la Tanzanie, étant la source du Nil Blanc, il est dans l’intérêt de l’Égypte de maintenir des relations amicales avec la Tanzanie et que cette dernière conserve un potentiel hydroélectrique maximal.
Ainsi, ce projet colossal a été réalisé en deçà du budget, pour un coût de 1,37 million de dollars par mégawatt, soit un prix parmi les plus bas pour des projets similaires. Il a également été financé par les impôts africains et est resté sous le contrôle d’un consortium africain ce qui est une réussite remarquable.
La Chine participe et l’Occident est perdant
Bien entendu, une part importante des fonds est allée à la Chine. L’entreprise publique Dongfang Electric a fourni les turbines servant à la production d’électricité. Le groupe Sinohydro aurait reçu 969 millions de dollars pour la conception et la construction du barrage principal.
Toutefois, cela ne change pas grand-chose. Le coût est resté raisonnable, les conditions transparentes et le projet a largement fait appel à la main-d’œuvre locale tandis que le contrôle est resté entre les mains des autorités tanzaniennes et des maîtres d’œuvre égyptiens.
Le véritable perdant dans cette histoire, outre la faune sauvage de la réserve naturelle et les communautés de pêcheurs en aval, est le financement occidental. Les investisseurs, y compris ceux qui acheminent les fonds par le biais d’organismes multilatéraux et de la Banque mondiale, se sont montrés réticents à financer des projets de grande envergure dans les économies émergentes, en particulier les projets hydroélectriques.
Mihir Sharma conclut: «À mesure que les pays découvrent leur capacité à mener à bien ces projets de manière indépendante, ils n’ont plus besoin de l’Occident et de ses activistes ni de la Chine et de ses diplomates».
La Tunisie subit, en cette fin août, une deuxième vague de chaleur exceptionnelle. Jeudi 27 août, les maximales doivent atteindre 45 à 48 °C, avec des pointes locales à 49 °C. La veille, Kairouan et Béja ont frôlé les 50…
Eau du robinet incertaine, bouteilles d’eau minérale introuvables, médicaments manquants, coupures d’électricité à répétition : en cette fin août, les pénuries alimentent l’inquiétude en Tunisie. Au-delà de la crise immédiate, économistes et universitaires alertent sur une spirale où la faiblesse…