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Trend80 et IA: quand la nostalgie devient une affaire de données

L’intelligence artificielle s’installe rapidement dans les usages quotidiens. On lui demande de rédiger, de traduire, d’analyser, de répondre à des questions, mais aussi de modifier des photos. Le récent #Trend80 sur Instagram en donne une illustration assez parlante. Des utilisateurs de par le monde ont recours à l’IA pour transformer leur portrait dans une esthétique inspirée des années 1980, avec coiffures, vêtements, décors et couleurs caractéristiques de cette époque. La tendance joue sur la nostalgie. Mais derrière une photo transformée en quelques secondes se pose une question beaucoup moins visible, celle des données que l’utilisateur transmet au service pour obtenir ce résultat. 

Pour Habib Soula, Software Engineer chez Value, c’est précisément là que se situe une partie du problème. L’usage de ces outils s’est tellement banalisé que l’utilisateur ne se demande pas toujours ce qui se passe derrière l’interface. Il rappelle, avec une pointe d’humour, qu’un service proposé gratuitement repose nécessairement sur un modèle économique. Les grands laboratoires d’IA disposent par ailleurs de volumes considérables de données pour développer et améliorer leurs modèles.

Son propos ne revient pas à considérer que toute utilisation de l’IA constitue une menace. Il invite plutôt à regarder de plus près ce que l’on accepte en utilisant ces services. Les paramètres de confidentialité ne sont pas accessoires. Ils déterminent notamment, selon les services et les fonctionnalités activées, la manière dont certaines conversations ou certains contenus peuvent être conservés ou utilisés.

Le #Trend80 permet de rendre cette question très concrète. Pour obtenir une image dans le style des années 1980, l’utilisateur transmet son visage à un outil. Or un visage n’est pas une donnée comme une autre. Il peut permettre d’identifier une personne et prendre une dimension particulière lorsqu’il s’agit de photos d’enfants ou de personnes qui n’ont pas donné leur accord.

Habib Soula insiste également sur une confusion fréquente entre supprimer une application ou un compte et faire disparaître automatiquement toutes les données associées. Ces deux opérations ne sont pas nécessairement équivalentes. La conservation et la suppression des données dépendent des règles propres à chaque service, de ses paramètres et de ses politiques de confidentialité. Autrement dit, désinstaller une application ne signifie pas forcément que les données déjà transmises au service disparaissent au même moment.

Il prend l’exemple de sa mère, qui utilise régulièrement l’IA. Son propre usage est différent. Il estime que près de 98% de ses interactions avec ces outils sont liées au développement, le reste concernant notamment la culture, la santé ou des questions du quotidien. Il raconte que, deux ans auparavant, sa mère avait demandé à ChatGPT d’analyser ses résultats médicaux. Aujourd’hui, l’existence de fonctionnalités de mémoire ou la conservation de certains échanges peut, selon les paramètres du service, permettre à l’outil de tenir compte d’éléments issus de conversations antérieures. Pour lui, cet exemple montre surtout que l’utilisateur peut progressivement constituer un historique beaucoup plus riche qu’il ne le pense. Une question isolée sur la santé, une photo, une information professionnelle ou une préférence personnelle peuvent, une fois mises bout à bout, dessiner un profil beaucoup plus précis de l’utilisateur.

Cette accumulation soulève aussi la question de la sécurité. Plus les utilisateurs confient de données aux plateformes, plus la protection de ces données devient stratégique. Le risque ne se limite donc pas à la manière dont une entreprise décide de traiter ou d’utiliser les informations qui lui sont confiées. Il concerne également leur exposition potentielle en cas de faille de sécurité ou de cyberattaque.

Les récentes affaires qui ont touché le secteur de l’IA alimentent d’ailleurs cette réflexion. Habib Soula évoque notamment les alertes lancées par certains chercheurs et anciens collaborateurs de grandes entreprises du secteur sur les risques liés au développement rapide de ces technologies. Il ne défend pas l’idée d’abandonner l’IA. Son propos porte davantage sur la nécessité de conserver des mécanismes de contrôle et un cadre de régulation à mesure que les capacités des modèles progressent.

Cette vigilance ne concerne d’ailleurs pas uniquement ChatGPT, Gemini ou les autres outils d’IA générative. Le même raisonnement peut être appliqué aux grandes plateformes numériques, notamment Meta et les réseaux sociaux. À chaque fois, l’utilisateur échange une partie de ses données contre un service, souvent sans mesurer précisément la valeur de ce qu’il transmet.

Quelques réflexes peuvent néanmoins limiter l’exposition. Avant d’envoyer la photo d’une autre personne à un outil d’IA, il est préférable d’obtenir son accord, avec une vigilance particulière pour les images d’enfants. Il est également utile de vérifier les autorisations accordées aux applications et de privilégier, lorsque c’est possible, l’accès à certaines photos plutôt qu’à l’ensemble de la galerie. Les paramètres liés à l’utilisation des conversations et des contenus doivent également être vérifiés régulièrement, car les options peuvent évoluer d’un service à l’autre.

Le véritable enjeu n’est donc plus seulement de savoir ce que l’IA peut produire. À mesure qu’elle devient un outil du quotidien, il faut aussi se demander ce que l’on lui donne pour parvenir à ce résultat. Le #Trend80 n’est qu’un exemple parmi d’autres. Une photo publiée pour quelques secondes de nostalgie peut aussi être, pour une plateforme, une nouvelle donnée à traiter. C’est cette asymétrie entre la simplicité apparente de l’usage et la complexité de ce qui se passe derrière l’écran qui mérite désormais davantage d’attention.

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Slim Ghribi prend la direction marketing de Power Brands Group

Slim Ghribi a rejoint Power Brands Group en tant que directeur marketing, une arrivée annoncée par le responsable sur son compte LinkedIn. Il occupait auparavant le même poste chez Délice Danone.

Dans ses nouvelles fonctions, il intervient sur un portefeuille composé de 25 marques et de plus de 130 références, réparties sur six catégories de produits. Le périmètre couvre notamment les boissons gazeuses, les jus, les eaux minérales, les energy drinks, les chips et les cakes.

Cette nouvelle fonction intervient ainsi sur un portefeuille couvrant plusieurs segments de la grande consommation. Dans son annonce, Slim Ghribi indique que son travail portera notamment sur le développement des marques et leur croissance, en s’appuyant sur les consumer insights pour orienter les stratégies marketing et leur mise en œuvre sur le marché.

Son parcours comprend plusieurs expériences dans le marketing de l’agroalimentaire, dont son passage chez Délice Danone. Il a également exercé des fonctions marketing dans d’autres entreprises du secteur avant de rejoindre Power Brands Group.

Après deux mois dans son nouveau poste, Slim Ghribi a présenté cette prise de fonction comme une nouvelle étape professionnelle, en remerciant la direction générale du groupe ainsi que les équipes pour leur accueil.

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Afrique-Chine: le déficit commercial atteint 80 milliards de dollars en 8 mois

Le commerce entre l’Afrique et la Chine continue de battre des records, sans pour autant réduire le déséquilibre qui caractérise cette relation. Entre janvier et août 2026, le déficit commercial africain vis-à-vis de la Chine s’est établi à 80,07 milliards de dollars, en progression de 34,48% sur un an, selon les données rapportées par l’Agence Ecofin.

Le chiffre mérite d’être regardé au-delà de son montant. Car dans le même temps, les exportations africaines vers la Chine ne reculent pas. Elles ont augmenté de 19%, pour atteindre 96,93 milliards de dollars. Ce qui s’est accéléré davantage, ce sont les ventes chinoises au continent, en hausse de 25,8%, à environ 177 milliards de dollars. Au total, les échanges bilatéraux ont atteint près de 274 milliards de dollars sur huit mois, en hausse de 23,3%.

Le paradoxe apparent est donc celui d’un commerce en forte expansion qui produit, dans le même mouvement, un déficit plus important. Mais ce n’est pas réellement un paradoxe. Les deux économies n’entrent pas dans l’échange avec la même structure productive.

Depuis plusieurs décennies, la Chine a construit une puissance industrielle capable de fournir à des marchés très différents des biens allant des équipements électriques aux véhicules, des machines aux produits électroniques. L’Afrique, elle, reste largement positionnée sur l’exportation de ressources naturelles et de produits peu transformés. Cette spécialisation explique en grande partie pourquoi une hausse des échanges ne produit pas mécaniquement un rapprochement des balances commerciales.

La question est d’autant plus importante que la Chine n’est plus seulement un partenaire commercial parmi d’autres pour le continent. Elle est devenue un acteur majeur de ses infrastructures, de ses chaînes d’approvisionnement et de ses marchés de consommation. Les entreprises chinoises sont présentes dans les télécommunications, l’automobile, l’énergie, les équipements industriels ou encore les technologies numériques. Pour les économies africaines, cette présence permet d’accéder à des biens et à des équipements à des coûts souvent compétitifs. Elle exerce aussi une pression accrue sur les producteurs locaux.

Le déficit commercial ne doit donc pas être interprété isolément comme une perte. Une partie des importations chinoises correspond à des machines, des équipements ou des intrants susceptibles de soutenir l’investissement et la production africaine. Le problème apparaît lorsque ces importations de biens manufacturés ne s’accompagnent pas d’une progression suffisamment rapide des capacités africaines à exporter des produits transformés.

C’est précisément sur ce terrain que se joue la prochaine étape de la relation sino-africaine. Pékin a d’ailleurs élargi depuis mai 2026 l’accès préférentiel à son marché en supprimant les droits de douane sur certains produits provenant de 53 pays africains. Cette ouverture peut favoriser les exportations africaines, mais elle ne règle pas la question de l’offre.

Pour accroître durablement ses ventes sur le marché chinois, l’Afrique doit pouvoir produire davantage, mais surtout produire différemment. Transformer localement le cacao, le coton, les minerais ou les produits agricoles permettrait de capter une part plus importante de la valeur avant exportation. C’est aussi ce qui donnerait davantage de contenu industriel aux échanges avec la Chine.

 

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Crédits sur l’honneur: un nouveau mécanisme sans intérêts entre en vigueur le 1er octobre

Le système bancaire tunisien s’apprête à mettre en œuvre, à partir du 1er octobre 2026, un nouveau mécanisme de “crédits sur l’honneur” destinés à faciliter l’accès au financement sans intérêts. Selon l’agence tap, le dispositif, prévu par la loi n°41 de 2024, est encadré par le décret n°2026-148 du 23 juillet 2026 et la circulaire n°8-2026 de la Banque centrale de Tunisie (BCT), publiée le 1er septembre 2026.

Ces crédits seront accordés sans intérêts, garanties, frais de dossier ni commissions bancaires. D’après la même source, le remboursement pourra s’étaler sur une période maximale de deux ans, avec une période de grâce pouvant atteindre six mois.

Le mécanisme prévoit un plafond de 5.000 dinars pour les particuliers, 10.000 dinars pour les PME et 25.000 dinars pour les sociétés communautaires. Les demandes devront être déposées exclusivement via une plateforme numérique dédiée.

Afin d’assurer l’alimentation de cette ligne de financement, les banques sont tenues d’affecter au moins 8 % de leurs bénéfices de l’exercice précédent aux crédits sur l’honneur.

En effet, la mesure intervient dans un contexte marqué par un niveau encore limité de bancarisation en Tunisie. Selon l’expert bancaire Mohamed Nkhili, le taux d’accès aux services bancaires se situe autour de 36 %.

Les données de la Banque mondiale pour 2024 indiquent, pour leur part, que 37 % des Tunisiens disposent d’un compte auprès d’une institution financière. Le taux est encore plus faible chez les femmes, à 29 %, et chez les personnes appartenant aux catégories de revenus les plus modestes, à 32 %.

Dans le même temps, la BCT recensait plus de 10,6 millions de comptes bancaires à fin 2024. Leur nombre n’a toutefois progressé que de 1,6 % en moyenne sur la période 2020-2024.

Pour Mohamed Nkhili, l’obligation de disposer d’un compte bancaire pour accéder au nouveau financement pourrait justement pousser une partie des personnes opérant essentiellement en espèces, notamment dans le secteur informel, à intégrer davantage le circuit bancaire.

Une portée limitée face à l’ampleur du défi

L’impact du dispositif sur l’inclusion financière reste toutefois sujet à débat. L’expert-comptable et spécialiste bancaire Sofiène Werimi estime que le mécanisme ne suffira pas, à lui seul, à réduire significativement l’exclusion financière.

Selon son estimation, les 8 % des bénéfices bancaires au titre de l’exercice 2025 représenteraient environ 120 millions de dinars, soit une enveloppe permettant de financer au maximum quelque 12.000 bénéficiaires, sur la base d’un montant moyen de 10.000 dinars.

À cette contrainte s’ajoutent les critères de solvabilité. Malgré l’absence de garanties et d’intérêts, les banques devront continuer à vérifier la capacité de remboursement des demandeurs.

Cette exigence pourrait écarter une partie des personnes précisément visées par le dispositif, notamment celles dont les revenus sont irréguliers ou qui exercent dans l’informel.

Le cas de Wassim Sebaï, 30 ans, employé dans une épicerie au Bardo, illustre cette difficulté. Souhaitant obtenir 3.500 dinars pour acheter une moto et se lancer dans la livraison afin de compléter ses revenus, il avait écarté la microfinance en raison du coût des crédits.

Il envisageait alors d’ouvrir un compte bancaire pour bénéficier du nouveau mécanisme sans intérêts. Mais son statut de travailleur journalier l’a finalement rendu inéligible au dispositif.

Le lancement des crédits sur l’honneur ouvre ainsi une nouvelle voie de financement à coût nul, mais leur capacité à toucher les populations les plus éloignées du système bancaire dépendra largement des critères d’éligibilité et de leur mise en œuvre effective.

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Classement: pourquoi le déficit tunisien s’alourdit malgré la hausse des exportations

Les chiffres du commerce extérieur tunisien sur les 8 premiers mois de 2026 montrent une situation moins simple qu’un simple creusement du déficit. La Tunisie continue d’augmenter ses exportations, mais ses importations progressent plus rapidement. C’est cet écart qui pèse aujourd’hui sur la balance commerciale.

Selon les données de l’Institut national de la statistique (INS), les exportations ont atteint 44,67 milliards de dinars entre janvier et août, en hausse de 8% sur un an. Les importations, elles, ont progressé de 12%, à 62,5 milliards de dinars. Le déficit s’établit ainsi à 17,8 milliards de dinars, contre 14,6 milliards sur la même période de 2025. Le taux de couverture recule parallèlement de 74% à 71%.

Le constat mérite d’être nuancé. La progression des exportations n’est pas négligeable. Elle est même soutenue dans plusieurs filières. Mais elle ne suffit pas à suivre le rythme des achats extérieurs. En d’autres termes, le problème n’est pas que la Tunisie n’exporte pas assez, mais que ses besoins d’importation augmentent plus vite que ses recettes d’exportation.

L’énergie reste le premier facteur de pression. Le déficit énergétique atteint 8,9 milliards de dinars, contre 7,2 milliards un an auparavant. Les importations de produits énergétiques ont augmenté de 29%. Dans le même temps, les exportations énergétiques ont progressé de 44%, notamment grâce à la hausse des ventes de produits raffinés. Cette amélioration du côté des exportations ne suffit toutefois pas à compenser le poids des approvisionnements énergétiques.

Et même en retirant l’énergie, le déficit commercial reste conséquent, à 8,9 milliards de dinars. Cela signifie que la question dépasse la seule facture énergétique. Elle renvoie plus largement à la structure des échanges et à la capacité de l’économie à transformer ses besoins d’importation en capacité productive et, à terme, en recettes d’exportation.

Les performances de certaines filières montrent pourtant que des marges existent. Les industries agroalimentaires enregistrent une hausse de 21%, portée notamment par l’huile d’olive, dont les exportations atteignent 3,77 milliards de dinars, contre 2,70 milliards un an auparavant. Les industries mécaniques et électriques progressent également de 8,5%.

Ces résultats sont importants parce qu’ils montrent que la Tunisie dispose encore de secteurs capables de générer davantage de recettes à l’extérieur. Mais cette dynamique reste inégale. Le textile, l’habillement et le cuir reculent de 4,8%, tandis que les exportations de mines, phosphates et dérivés diminuent de 12%.

Du côté des importations, la hausse concerne pratiquement tous les grands groupes de produits. Les achats de produits alimentaires augmentent de 17%, ceux des biens de consommation de 8%, des matières premières et demi-produits de 8% et des biens d’équipement de 6%.

Cette dernière évolution doit d’ailleurs être regardée avec prudence. Une hausse des importations de biens d’équipement n’est pas nécessairement un mauvais signal. Elle peut traduire des investissements, le renouvellement des équipements ou une augmentation des capacités de production. Le véritable enjeu est de savoir si ces importations contribuent ensuite à produire davantage, à substituer certaines importations ou à renforcer les exportations.

La géographie des échanges confirme, elle aussi, certaines constantes. L’Union européenne absorbe 70% des exportations tunisiennes. Les ventes progressent notamment vers la France, l’Italie et l’Allemagne. Dans le même temps, la Tunisie cherche à développer d’autres débouchés. Les exportations vers l’Égypte et l’Arabie Saoudite progressent fortement, tandis que celles vers l’Algérie et le Maroc reculent.

Au fond, les chiffres des huit premiers mois ne racontent donc pas une histoire de faiblesse généralisée des exportations. Ils montrent plutôt une économie qui continue à vendre à l’extérieur, mais dont la facture des achats augmente encore plus vite. L’enjeu est désormais de renforcer les filières qui créent le plus de valeur à l’export, d’élargir les débouchés et de mieux transformer les importations nécessaires à la production en capacités supplémentaires d’exportation.

Avec un déficit de près de 17,9 milliards de dinars après seulement huit mois, la question n’est donc pas uniquement de savoir comment exporter davantage. Elle est aussi de savoir comment faire en sorte que la croissance des exportations rattrape durablement celle des importations.

Voici le top 5 des pays clients

  1. France

  2. Italie

  3. Allemagne

  4. Espagne

  5. Libye 

Top 5 des pays fournisseurs

  1. Chine

  2. Italie

  3. France

  4. Allemagne

  5. Algérie

Classement des secteurs par croissance des exportations

  1. Énergie : +44,3%

  2. Industries agro-alimentaires : +20,8%

  3. Industries mécaniques et électriques : +8,5%

  4. Textile, habillement et cuirs : -4,8%

  5. Mines, phosphates et dérivés : -12,0%

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SNCFT: le train Tunis-Annaba suspendu temporairement pour travaux en Algérie

La liaison ferroviaire internationale entre Tunis et Annaba est temporairement interrompue. La Société nationale des chemins de fer tunisiens (SNCFT) a annoncé, dimanche soir, la suspension de la desserte prévue lundi 14 septembre 2026 au matin, en raison de travaux en cours sur le réseau ferroviaire algérien.

Les travaux concernent le tronçon reliant les gares de Ghardimaou et d’Annaba, selon la SNCFT. La société précise que la suspension restera en vigueur jusqu’à l’achèvement des travaux, sans avancer, à ce stade, de date précise pour la reprise du trafic. Les voyageurs seront informés progressivement du rétablissement de la circulation du train international.

Cette desserte constitue une liaison ferroviaire directe entre la Tunisie et l’est de l’Algérie. Dans le sens Tunis-Annaba, le train circule habituellement les lundis, mercredis et vendredis. Le départ de Tunis est programmé à 8h25, avec une arrivée à Annaba à 18h20.

Le parcours comprend notamment des arrêts à Béja, Jendouba et Ghardimaou côté tunisien, puis à Souk Ahras avant l’arrivée à Annaba. Dans le sens inverse, les départs d’Annaba sont habituellement programmés les dimanches, mardis et jeudis.

La suspension annoncée concerne donc la desserte prévue ce lundi. Pour les prochaines rotations, leur maintien dépendra de l’avancement des travaux sur le réseau algérien. À ce jour, la SNCFT n’a communiqué aucun calendrier de reprise et invite les voyageurs à suivre ses prochaines annonces.

Rappelons que cette liaison s’inscrit dans une relation économique soutenue entre les deux pays. En 2025, les échanges commerciaux tuniso-algériens ont atteint 8,3 milliards de dinars, contre 7,7 milliards en 2024 et 6,3 milliards en 2023. Par ailleurs, les exportations tunisiennes vers l’Algérie se sont établies à environ 1,8 milliard de dinars.

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Libye: 2,5 milliards de dollars pour un complexe sidérurgique à Benghazi

Un projet industriel d’envergure devrait mobiliser environ 2,5 milliards de dollars d’investissement dans l’est de la Libye. Développé à Benghazi par la coentreprise turco-libyenne Tosyali Sulb Steel Industries, le complexe devrait démarrer sa production commerciale début 2028. Il s’agit d’un nouvel investissement du groupe sidérurgique turc Tosyali Holding, déjà présent en Turquie, en Algérie, au Sénégal, en Angola et en Espagne.

Le site sera principalement consacré à la production de fer de réduction directe (DRI), un intrant utilisé dans la fabrication de l’acier et pouvant être produit à partir de gaz naturel, avec une empreinte carbone inférieure à celle des procédés sidérurgiques traditionnels reposant sur le charbon. La capacité totale visée est de 8,1 millions de tonnes par an, dont environ 2,7 millions de tonnes pour la première phase.

Selon Ahmed Gadalla, président de Tosyali Sulb, près de 90 % de la production devraient être exportés, tandis que le complexe produira également des barres d’armature et des tubes destinés au marché libyen.

La localisation de Benghazi, sur la côte méditerranéenne, constitue un atout pour desservir les marchés européens et africains. Le projet s’inscrit également dans la transformation de la sidérurgie mondiale vers des procédés moins carbonés, alors que les exigences environnementales se renforcent notamment sur le marché européen.

Les accords d’approvisionnement en gaz nécessaires à la première phase ont été finalisés et une centrale électrique dédiée est en cours de construction pour répondre à une partie des besoins énergétiques du complexe. Le projet, annoncé pour la première fois en 2024, associe le sidérurgiste turc Tosyali Holding à la Libya United Steel Company for Iron and Steel Industry (SULB).

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City Cars: une transaction de bloc de 1 MD à la Bourse de Tunis

Une transaction de bloc portant sur 55 953 actions City Cars a été réalisée le 11 septembre 2026 à la Bourse de Tunis, au prix unitaire de 18 dinars, pour un montant total de 1 million de dinars.

Cette opération intervient alors que le concessionnaire officiel de KIA en Tunisie évolue dans un contexte de ralentissement du marché automobile. Au premier semestre 2026, City Cars a enregistré un chiffre d’affaires de 165,254 millions de dinars, en repli de 8,6% sur un an.

La baisse a principalement concerné les véhicules neufs de tourisme hors régime populaire, dont les ventes ont reculé de 13,2% à 129,160 millions de dinars. À l’inverse, les voitures populaires ont progressé de 24,8%, atteignant 29,695 millions de dinars.

Malgré le recul de l’activité, la société a préservé ses niveaux de rentabilité. Le résultat d’exploitation s’est établi à 17,098 millions de dinars, soit une marge d’exploitation de 10,3%. Le résultat net a, pour sa part, atteint 13,984 millions de dinars, soutenu notamment par les revenus du portefeuille de placements, qui ont généré 5,748 millions de dinars sur le semestre.

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Voici les zones concernées par le projet de 5 millions de dollars pour accélérer la valorisation des déchets

La Tunisie passe à une nouvelle étape dans sa stratégie de gestion des déchets. Le projet national de transition vers le “Zéro Déchet” a été lancé vendredi à Tunis, avec l’objectif de faire du Grand Tunis un terrain d’expérimentation pour de nouveaux modèles de prévention, de traitement et de valorisation des déchets. Doté de 5 millions de dollars, le projet est financé par le Fonds pour l’environnement mondial (FEM) et élaboré par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).

Le lancement s’est déroulé lors d’une séance de travail réunissant le ministre de l’Environnement, Habib Abid, et la représentante résidente du PNUD en Tunisie, Céline Moyroud. Le ministre s’est également rendu sur le site destiné à accueillir une unité de valorisation des déchets domestiques et assimilés ainsi qu’une unité de production d’engrais organiques à La Marsa.

Des infrastructures pour le Grand Tunis

Le projet cible les quatre gouvernorats du Grand Tunis et leurs 34 communes. L’objectif est d’accompagner ces collectivités dans l’élaboration d’un plan d’investissement et de financement destiné à développer les infrastructures nécessaires au traitement et à la valorisation des déchets. Une première réalisation concernera notamment les communes de La Marsa, Sidi Bou Saïd et Carthage, qui doivent bénéficier d’une unité de valorisation des déchets domestiques et assimilés. Une unité dédiée à la production d’engrais organiques est également prévue à La Marsa.

Au-delà des infrastructures, le programme entend agir sur l’ensemble de la chaîne de gestion des déchets. Il prévoit ainsi de renforcer le cadre réglementaire destiné à limiter les plastiques à usage unique et de développer la responsabilité élargie des producteurs pour plusieurs catégories de déchets, notamment ceux issus de la construction et de la démolition, les emballages et les équipements électroniques.

Le compostage des déchets verts et organiques figure également parmi les axes d’intervention.

Du déchet à une ressource énergétique

Autre volet du projet, la valorisation des déchets non recyclables sous forme de combustible alternatif. La Tunisie souhaite notamment mettre à profit son expérience dans l’utilisation du RDF (Refuse Derived Fuel) dans les fours des cimenteries.

Cette solution permet de transformer une partie des déchets qui ne peuvent pas être recyclés en combustible et de réduire progressivement le recours aux énergies fossiles dans l’industrie cimentière.

Le projet “Zéro Déchet” dépasse ainsi la seule question de l’élimination des ordures. Il s’inscrit dans une logique d’économie circulaire, où une partie des déchets peut devenir une matière première, un fertilisant ou une source d’énergie.

L’initiative s’inscrit dans un programme multinational du PNUD et du FEM déployé dans cinq pays, à savoir la Tunisie, la Chine, l’Uruguay, la Sierra Leone et la Turquie. Pour la Tunisie, le Grand Tunis doit servir de laboratoire pour tester ces nouveaux modèles avant d’envisager leur déploiement à plus grande échelle.

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Khaled Maalej: de la Tunisie à la pointe mondiale des puces IA

Khaled Maalej a commencé à travailler sur les technologies qui font tourner le numérique bien avant que l’intelligence artificielle ne s’impose dans le débat économique.

Son parcours passe par Sagem, la Silicon Valley, puis DiBcom, une entreprise de semi-conducteurs qu’il cofonde en 2000 et qui deviendra un acteur mondial de la télévision numérique mobile. Après la cession de DiBcom en 2012, il repart avec une partie de son équipe sur un nouveau projet. Ce sera VSORA, créée en 2015 autour d’une autre question technologique, celle de l’architecture des processeurs capables d’exécuter les calculs de l’IA. Le fil conducteur est resté le même. Comprendre la technologie, puis trouver le marché capable de la faire vivre. Tout commence en Tunisie. Après son baccalauréat en 1987, Khaled Maalej part en France pour des classes préparatoires, puis l’École polytechnique et Télécom Paris. Il rejoint ensuite Sagem. Au début des années 1990, l’entreprise rachète une startup de la Silicon Valley. Maalej a assuré le lien entre les équipes françaises et américaines. “Cela m’a un peu ouvert les yeux”, raconte-t-il. La Silicon Valley lui montre surtout une autre manière de penser l’innovation. Avec un collègue, il envisage alors de créer une startup européenne dans l’électronique. Le financement ne suit pas. Il poursuit néanmoins son parcours dans l’industrie avant de franchir le pas en 2000.

DiBcom, première aventure

Avec plusieurs associés, il fonde DiBcom. L’entreprise développe des puces destinées à recevoir la télévision numérique sur des terminaux mobiles. À l’époque, regarder la télévision sur un téléphone ou dans une voiture n’a rien d’évident. DiBcom travaille précisément sur cette difficulté technique. La tech trouve des débouchés dans l’automobile, les téléphones portables et les ordinateurs. L’entreprise grandit jusqu’à devenir une référence mondiale dans son domaine. Cette première aventure lui apprend surtout ce qu’il faut pour transformer une technologie en entreprise. Il faut concevoir le produit, trouver les financements, convaincre les clients et gérer les périodes où le modèle économique reste encore à construire. “Une startup, ce n’est pas que des temps de gloire, c’est aussi des temps très durs”, résume-t-il. La vente de DiBcom en 2012 marque une étape. Maalej accompagne encore l’opération pendant environ deux ans. Puis il revient à ce qu’il connaît le mieux, la technologie. En 2015, il cofonde VSORA avec plusieurs anciens membres de son équipe. Le projet change de terrain. Il ne s’agit plus de recevoir des données, mais de repenser la manière dont les machines les traitent. L’entreprise travaille sur de nouvelles architectures de calcul et sur des puces destinées notamment aux applications d’intelligence artificielle. Maalej en est aujourd’hui le cofondateur et CEO. Cette continuité entre les deux entreprises est importante. VSORA n’est pas le résultat d’un virage opportuniste vers l’IA. Elle prolonge une expertise accumulée pendant des années dans les architectures électroniques, le traitement du signal et les semi-conducteurs. Et Maalej n’a pas quitté le terrain technique en devenant dirigeant. “Si le CEO ne comprend pas les technologies dans les détails, ça ne peut pas fonctionner”, affirme-t-il. Chez VSORA, son travail oscille donc entre technologie et entreprise. Il participe aux choix d’architecture, discute avec les investisseurs, réfléchit au positionnement des produits et suit les évolutions du marché. Une fonction qui exige, selon lui, de pouvoir passer rapidement d’un sujet à l’autre.

Pour la Tunisie, pas forcément une usine de puces

Lorsqu’il évoque la Tunisie, Maalej ne défend pas l’idée d’une course à la fabrication des semi-conducteurs. Il connaît les barrières à l’entrée. Concevoir une puce avancée demande déjà des investissements importants avant même qu’un premier produit n’arrive sur le marché. Construire et exploiter une usine de fabrication relève d’une autre échelle encore. “Vous mettez 30 millions de dollars pour voir un premier produit sortir”, explique-t-il. Son raisonnement l’amène donc à déplacer la question. Pour lui, l’enjeu n’est pas de reproduire en Tunisie ce qui existe déjà en Asie ou aux États-Unis. Il est plutôt de déterminer où le pays peut se positionner dans la chaîne de valeur technologique. Cette réflexion dépasse d’ailleurs les seuls semi-conducteurs. Maalej estime que l’Europe elle-même doit trouver son propre modèle d’adoption de l’IA. “L’Europe ne peut pas copier ce que font les États-Unis ni ce que fait la Chine”. Pour la Tunisie, cela signifie notamment réfléchir à l’usage de l’IA dans les entreprises et à la capacité de l’écosystème local à développer des solutions adaptées à ses propres besoins. C’est dans ce cadre qu’il regarde les possibilités de collaboration avec le pays. VSORA cherche aujourd’hui à renforcer ses équipes d’ingénieurs et étudie l’ouverture de centres de conception dans plusieurs pays. La Tunisie figure parmi les options envisagées, avec le Maroc, la Pologne et l’Inde. Le projet tunisien n’est pas encore décidé. Mais le besoin qui le motive est bien réel. “On a beaucoup de postes qui sont ouverts où on n’arrive pas à trouver les ingénieurs”, explique-t-il. Pour la Tunisie, un tel centre ne signifierait pas la création d’une usine de fabrication de puces. Il s’agirait de bureaux d’ingénierie et de conception travaillant avec les équipes de VSORA. C’est précisément sur ce type d’activité que Maalej voit un potentiel pour le pays, à condition de transformer l’expertise scientifique et technique en capacité industrielle et commerciale. Il revient régulièrement en Tunisie et reste en contact avec la diaspora. Cette proximité compte dans sa réflexion sur une éventuelle implantation. “C’est plus simple pour moi de venir en Tunisie que d’aller au Maroc”, dit-il. Son parcours permet ainsi de lire autrement la question du retour de la diaspora. Maalej ne revient pas avec un discours général sur les compétences tunisiennes à l’étranger. Il arrive avec une expérience entrepreneuriale construite sur deux décennies, une première entreprise technologique devenue un acteur mondial, puis une seconde qui travaille aujourd’hui sur les architectures de calcul pour l’IA.

De DiBcom à VSORA, le secteur a changé. La logique, elle, est restée la même. Partir d’une technologie complexe, identifier le problème qu’elle peut résoudre et construire autour d’elle une entreprise capable de trouver sa place sur un marché mondial.

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Pôles d’innovation 2026: la Tunisie absente du top 100, un seul pays africain représenté

La Tunisie ne figure pas parmi les 100 principaux pôles d’innovation recensés en 2026 par l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI). Dans ce classement qui mesure les concentrations géographiques d’inventeurs, de chercheurs et d’investissements en capital-risque, un seul cluster africain apparaît. Il s’agit du Caire, classé 86e à l’échelle mondiale.

Le constat est d’autant plus notable que le classement de l’OMPI ne cherche pas simplement à mesurer la capacité d’innovation d’un pays. Il identifie les territoires où se concentrent les activités qui alimentent les écosystèmes d’innovation, à partir notamment des demandes internationales de brevets, des publications scientifiques et des opérations de capital-risque. La présence ou l’absence d’un pays dans ce top 100 doit donc être lue à travers cette logique de concentration géographique.

À l’échelle mondiale, les écarts sont considérables. Le classement 2026 est dominé par Shenzhen-Hong Kong-Guangzhou, suivi de Tokyo-Yokohama et de San Jose-San Francisco. Séoul et Pékin complètent le top 5. La Chine compte à elle seule 25 clusters parmi les 100 premiers, devant les États-Unis avec 20.

Pour l’Afrique, la situation est beaucoup plus limitée. Le Caire est le seul cluster du continent à franchir le seuil du top 100, avec une 86e position. L’Égypte dispose ainsi d’un pôle suffisamment dense pour apparaître dans ce classement mondial, alors qu’aucun cluster tunisien n’y est recensé.

Cette absence ne signifie toutefois pas que la Tunisie est exclue du Global Innovation Index dans son ensemble. Le classement des clusters constitue un indicateur distinct, centré sur la concentration territoriale de l’innovation. Il ne doit donc pas être confondu avec le classement général des économies du GII.

Reste que le signal est intéressant pour la Tunisie. Dans une économie où plusieurs pôles universitaires, technologiques et industriels existent, aucun territoire ne rassemble encore suffisamment de brevets internationaux, de publications scientifiques et de financements privés pour apparaître parmi les 100 principaux clusters mondiaux recensés par l’OMPI.

 

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Il a travaillé chez OpenAI et Anthropic. Il affirme que l’IA pourrait tous nous tuer d’ici la fin de la décennie

À 27 ans, Jacob Coxon vient de faire un choix peu banal dans une industrie où les chercheurs les plus recherchés sont plutôt encouragés à rester dans la course. Le 9 septembre, il a annoncé sa démission d’Anthropic et son départ définitif du secteur de l’intelligence artificielle. Son parcours donne immédiatement du poids à son avertissement. Pendant trois ans, il a travaillé dans la recherche en pré-entraînement chez OpenAI puis chez Anthropic. Il a notamment participé chez OpenAI au travail autour du system card de GPT-4o.

Puis, il a décidé de partir. “J’ai démissionné d’Anthropic aujourd’hui”, écrit-il sur X. Et la suite donne le ton: “Aucune des deux entreprises n’agit de manière responsable. Elles se précipitent vers une superintelligence auto-améliorante et jouent avec nos vies”.

Le message, publié exactement dans la nuit du 8 au 9 septembre, a rapidement dépassé le cercle des chercheurs et des spécialistes de l’IA. Plusieurs médias internationaux ont relayé ses déclarations. Coxon ne parle pas ici d’une technologie lointaine. Il parle d’un secteur dans lequel il vient lui-même de travailler, et dont il connaît les méthodes, les ambitions et les contraintes. Son inquiétude tient surtout à la vitesse de la course. Selon lui, les progrès ne ralentissent pas et les futurs systèmes pourraient devenir capables de “pirater n’importe quel système”, de transformer rapidement certains domaines et d’accumuler d’importantes ressources. Mais c’est une autre phrase qui a particulièrement marqué les esprits. “Les concepteurs de l’IA croient sincèrement qu’elle pourrait tous nous tuer d’ici la fin de la décennie”, affirme-t-il. Coxon assure que cette crainte existe chez certains dirigeants et chercheurs, même si elle serait davantage nuancée lorsqu’ils s’expriment publiquement. 

Pourquoi continuer, alors? C’est justement là que son récit se complique. Coxon ne place pas OpenAI et Anthropic exactement sur le même plan. Chez OpenAI, estime-t-il, les enjeux civilisationnels ne seraient pas suffisamment intégrés. Chez Anthropic, ils seraient au contraire bien compris, mais l’entreprise resterait prise dans une course où chacun redoute de laisser le premier rôle à son concurrent.

Coxon appelle donc les chercheurs à regarder de près ce qui les attend. “Voulez-vous lancer un entraînement de renforcement vers la superintelligence sans comprendre rigoureusement son esprit?”, leur demande-t-il en substance, avant de les inviter à ne pas simplement considérer que “cela arrivera de toute façon”.

Pour autant, réduire cette affaire à la peur d’un chercheur serait trop simple. Anthropic a elle-même publié le 9 septembre une analyse de plusieurs incidents observés lors d’évaluations de cybersécurité. Certains modèles avaient notamment obtenu un accès non autorisé à des systèmes tiers dans le cadre de tests. Rien qui permette de conclure à une IA incontrôlable, mais suffisamment pour rappeler que plus les modèles gagnent en autonomie, plus leur encadrement devient délicat.

Et c’est peut-être là que l’histoire de Coxon devient intéressante pour les entreprises. Le sujet n’est plus seulement de savoir ce que l’IA peut faire. Il faut aussi savoir ce qu’on accepte de lui laisser faire.

Derrière la course aux modèles toujours plus puissants se pose donc une question beaucoup plus terre à terre: qui garde la main lorsque la machine devient capable d’en faire davantage que ce que son concepteur avait prévu?

 

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Jort: 8,2 MD pour équiper 12 piscines publiques en chauffe-eau solaires

La Tunisie va consacrer 8,2 millions de dinars à l’équipement de 12 piscines publiques couvertes en systèmes solaires collectifs destinés au chauffage de l’eau. Le programme, prévu sur trois ans, a été officialisé par un arrêté conjoint daté du 17 août 2026 et publié au Jort le 21 août.

D’ailleurs, l’ANME pilotera sa mise en œuvre avec les ministères de l’Intérieur et de la Jeunesse et des Sports. Et, le financement proviendra du Fonds de transition énergétique.

Le dispositif ne se limite pas à l’installation des équipements. Il prévoit également des diagnostics énergétiques, des études de faisabilité, un suivi de la consommation et la formation des intervenants. L’objectif est de réduire la consommation énergétique des piscines publiques et de mesurer les gains obtenus.

L’intérêt économique du programme réside donc dans le suivi de la consommation après investissement. Les résultats obtenus sur ces 12 piscines permettront notamment d’évaluer la pertinence d’étendre ce type de solution à d’autres infrastructures publiques.

 

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