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La musique tunisienne perd l’une de ses icônes : Mohamed Garfi

Le compositeur, chef d’orchestre et musicologue tunisien Mohamed Garfi s’est éteint ce dimanche 13 septembre 2026, à l’âge de 78 ans, au terme d’un riche parcours artistique et créatif de plusieurs décennies, durant lequel il a contribué à enrichir la musique tunisienne et arabe.

Né à Tunis en 1948, le défunt est considéré comme l’un des musiciens tunisiens les plus novateurs, ayant opté dès ses débuts pour une démarche fondée sur la recherche et l’innovation.

Mohamed Garfi a entamé sa carrière musicale en 1969 en tant qu’altiste au sein de l’Orchestre symphonique tunisien. Il a ensuite fondé le «Groupe 71» et a par la suite dirigé la Troupe musicale de la ville de Tunis. Il a collaboré avec le poète Abdelhamid Khraief ainsi qu’avec les interprètes Thameur Abdeljaouad, Aziza Bouteraâ et Ahmed Zarrouk. Il a également travaillé avec le metteur en scène Béchir Drissi — son ami et collègue — sur plusieurs œuvres théâtrales et opérettes dont il a assuré la conception et la mise en scène.

Le regretté Mohamed Garfi a contribué, en tant que compositeur et chef d’orchestre, à de nombreuses œuvres pour le théâtre, le cinéma et la télévision ; il a également collaboré avec les frères Rahbani, Marcel Khalifé, Julia Boutros et Ali El Haggar dans le cadre des ‘‘Voix de la liberté’’.

Après avoir quitté la Troupe de musique de la ville de Tunis, qu’il avait marquée de son empreinte, il a présenté le spectacle ‘‘Zakharef Arabiya’’ (Arabesques) lors de plusieurs festivals. Sa dernière œuvre fut le spectacle ‘‘Min Qa’ al-Khabiya’’ (Du fond de la jarre), qui a inauguré le Festival international de Carthage le 19 juillet 2025.

Le défunt a mis en musique des poèmes de grands poètes, parmi lesquels Mahmoud Darwish, Aboul-Qacem Chebbi, Ahmed Fouad Nagm, Saïd Aql, Mansour Rahbani, Abdelhamid Khraief, Manaouar Smadeh et Souilmi Boujemaa.

Sa dernière œuvre, ‘‘Min Qa’ al-Khabiya’’ (Du fond de la jarre), a inauguré le Festival de Carthage le 19 juillet 2025.

Outre son parcours artistique, Mohamed Garfi a laissé derrière lui plusieurs ouvrages et études consacrés à la musique, notamment «Les formes instrumentales dans la musique classique en Tunisie» (1996), «Pages de musique universelle» (1997) et «Le théâtre musical arabe» (2009), ainsi qu’une traduction d’un ouvrage d’Antonin Lafage sur la musique arabe (2006).

Avec la disparition de Mohamed Garfi, la scène culturelle et artistique tunisienne perd un artiste novateur, compositeur et chef d’orchestre qui a contribué à enrichir le paysage musical et théâtral, tant en Tunisie que dans le monde arabe, et a laissé une empreinte marquante dans la mémoire artistique nationale.

I. B.

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Tunis | Le président de la Chambre des bouchers soupçonné de spéculation

Le juge d’instruction du Pôle judiciaire financier de Tunis a décidé de prolonger de quatre mois la détention préventive d’Ahmed Amiri, président de la Chambre syndical des bouchers, qui fait l’objet d’une enquête judiciaire, suite à une plainte déposée contre lui par la Société Ellouhoum, rapporte Mosaique.

Cette plainte porte sur des soupçons de détournement de fonds publics appartenant à ladite entreprise publique ; ces fonds lui avaient été confiés en vertu d’un mandat donné par plusieurs bouchers pour l’approvisionnement en viandes réfrigérées importées.

Il est aussi soupçonné de manipulation des circuits de distribution en utilisant, à leur insu, les identités fiscales de bouchers, pour retirer des quantités de viande auprès de la Société Ellouhoum — en vue de monopoliser et spéculer sur ces produits subventionnés par l’État — en les vendant dans des circuits autres que ceux agréés par ladite société.

Après avoir auditionné Ahmed Amiri, le premier juge d’instruction du Pôle judiciaire économique et financier a émis un mandat de dépôt à son encontre pour des faits de blanchiment d’argent — en tirant parti des facilités offertes par sa fonction ainsi que par ses activités professionnelles et sociales —, de monopole et de spéculation illicites, d’abus de confiance aggravé, ainsi que pour complicité avec un agent assimilé à un fonctionnaire public ayant délibérément usé de sa qualité pour causer un préjudice matériel à une entreprise dont l’État détient une participation au capital, afin d’en retirer un avantage indu.

I. B.

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Tunisie | Me Ghazi Mrabet et six co-accusés déférés devant le juge d’instruction

L’avocat Ghazi Mrabet et six autres suspects — dont un trafiquant de drogue connu des services — seront déférés devant le juge d’instruction du Pôle judiciaire économique et financier de Tunis, leur garde à vue ayant été prolongée dans le cadre de l’enquête. Cette mesure, décidée, avant-hier, vendredi 11 septembre 2026, s’inscrit dans le cadre des investigations en cours concernant une suspicion de détention de stupéfiants.

L’affaire a débuté lorsque l’avocat a été surpris au domicile du deuxième suspect — un trafiquant de drogue faisant l’objet d’une condamnation par contumace à 40 ans de prison, qui serait l’un de ses clients, selon plusieurs de ses collègues.

Lors de l’opération, les autorités ont saisi 8 kg de cocaïne, 40 plaquettes de résine de cannabis (zatla) et une somme d’argent estimée à 394 000 dinars.

À la suite de l’ouverture de l’enquête, quatre autres suspects ont été arrêtés, tandis qu’un célèbre footballeur, dont le nom n’a pas été divulgué, a été déféré devant le parquet.

La semaine dernière, le ministère public près le Tribunal de première instance de Tunis a ordonné aux agents de la sous-direction de lutte contre les stupéfiants (relevant de la direction de la police judiciaire) de placer en garde à vue l’avocat Ghazi Mrabet ainsi que le trafiquant de drogue en question.

Leur garde à vue a été fixée à cinq jours pour des chefs d’accusation incluant la constitution d’un réseau de trafic de drogue et le blanchiment d’argent. Les deux hommes ont été interpellés au domicile du trafiquant recherché ; la perquisition des lieux a permis la saisie d’importantes quantités de stupéfiants.

Selon l’agence Tap, citant une source judiciaire, Me Mrabet, qui se trouvait en compagnie du trafiquant de drogue, a tenté d’entraver le travail des agents de la police judiciaire pour permettre la fuite de son client, mais ces derniers sont parvenus à les interpeller tous deux.

I. B.  

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Tunisie | Décès de prisonniers à cause de la chaleur, les autorités nient

Au moins 23 détenus seraient décédés en Tunisie ces dernières semaines en raison de la chaleur extrême enregistrée en juillet et août, aggravée par la surpopulation carcérale et les longues coupures d’électricité et d’eau, s’indignent les défenseurs des droits humains qui dénoncent depuis longtemps des conditions de détention difficiles. Aucun des décès en prison ne peut être attribué à la chaleur sans confirmation des médecins légistes, répondent les autorités, qui ne communiquent aucun chiffre.

Selon le président de la Ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH), Bassem Trifi, cité par l’AFP, son organisation a recensé 23 décès en s’appuyant sur des informations fournies par des médecins, des avocats et des proches de détenus morts en prison à cause de la chaleur.

Parmi les détenus décédés figurait l’homme d’affaires Lazhar Sta, selon sa fille. Un autre était un étudiant de 24 ans.

Un homme d’affaires libanais est également décédé dans une prison tunisienne, a précisé M. Trifi. Une source judiciaire libanaise a indiqué à l’AFP que le père du défunt avait informé les autorités libanaises de sa mort une semaine auparavant. «Les conditions sont déjà inhumaines en temps normal, mais avec la vague de chaleur et des températures dépassant parfois 45 °C dans des cellules surpeuplées, la situation menace la vie des détenus», a déclaré M. Trifi.

Les prisons tunisiennes sont depuis longtemps critiquées pour leur surpopulation chronique et leurs mauvaises conditions de détention.

Les organisations de défense des droits humains dénoncent la surpopulation des cellules, une ventilation insuffisante et un accès limité à l’eau — des accusations que l’administration pénitentiaire a rejetées.

L’Organisation mondiale contre la torture (OMCT) s’est dite cette semaine «préoccupée par la détérioration des conditions de détention et l’augmentation des décès en prison». Elle a également appelé à des enquêtes «transparentes» et «indépendantes», déplorant l’absence de données officielles concernant ces décès.

Les proches de détenus avaient déjà exprimé leurs inquiétudes quant aux conditions de détention à mesure que les températures grimpaient au cours de l’été.

Les alertes lancées par les proches de figures de l’opposition emprisonnées ont largement circulé sur les réseaux sociaux et, à un degré moindre, sur les médias.

Parmi ces figures figure Rached Ghannouchi, 85 ans, chef du parti Ennahdha; ses avocats avaient qualifié son état de santé de «critique» en juillet, après des informations faisant état d’un évanouissement et d’un épuisement sévère en détention.

Figure également sur cette liste le militant Ahmed Nejib Chebbi, 82 ans, dont la fille a aussi exprimé son inquiétude quant aux conditions de détention de son père et d’autres détenus. «Je n’attendrai pas que mon père et mon oncle meurent en prison», a déclaré l’avocate Haifa Chebbi.

Son oncle, Issam Chebbi, est lui aussi emprisonné à la suite d’accusations de complot contre la sûreté de l’Etat, que des organisations de défense des droits humains ont dénoncées comme étant motivées par des considérations politiques. «Je ne garderai pas le silence. Libérez les détenus», a-t-elle écrit sur les réseaux sociaux.

En juillet, l’administration pénitentiaire avait affirmé que tous les détenus recevaient des «soins médicaux conformes à la réglementation» et que «toutes les mesures nécessaires» avaient été prises face à la chaleur.

Depuis 2023, des dizaines de personnalités politiques, de journalistes et d’hommes d’affaires, entre autres, ont été placés en détention ou condamnés pour diverses accusations.

L’OMCT a appelé les autorités tunisiennes à prendre «les mesures nécessaires pour protéger la vie» des détenus et à autoriser les organisations de défense des droits à effectuer des visites dans les prisons.

La LTDH avait indiqué qu’elle se voyait interdire l’accès aux prisons depuis novembre 2025. Ces derniers jours, l’inquiétude s’est accrue concernant l’état de santé du journaliste d’investigation Mohamed Yousfi. Ce dernier a été arrêté la semaine dernière alors qu’il s’apprêtait à évoquer les pénuries d’eau lors d’une émission de radio. Il a par la suite été opéré de l’appendicite et placé en détention.

Le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) a rapporté que les membres de sa défense avaient dû quitter une séance d’interrogatoire pour lui procurer des médicaments, car M. Yousfi «hurlait de douleur».

Par ailleurs, la fille du journaliste indépendant emprisonné Zied El Heni a fait part de ses craintes pour son père. «À chaque fois que je rends visite à mon père, j’ai peur qu’on m’annonce sa mort», a déclaré Aram El Heni dans une vidéo largement partagée sur Facebook. «À chaque fois que je quitte la prison, je me dis que c’est peut-être la dernière fois que je le vois», a-t-elle ajouté.

D’après AFP.

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«Ni eau, ni électricité, ni liberté» | Les Destouriens manifestent à Tunis

Des partisans du Parti destourien libre (PDL) ont participé à une marche de protestation, le samedi 12 septembre 2026, à Tunis, sous le slogan «Ni eau, ni électricité, ni liberté, ni médicaments», pour dénoncer la détérioration des conditions de vie, les difficultés d’accès aux services de base ainsi que ce qu’ils considèrent comme des restrictions des libertés et des poursuites judiciaires visant leurs membres et leurs dirigeants.

Rappelons que la présidente du parti, l’avocate et ex-députée Abir Moussi, est incarcérée depuis le 3 octobre 2023. Elle est poursuivie en justice dans plusieurs affaires à caractère politique.

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L’envolée des prix en Tunisie depuis 2011

Les régimes dictatoriaux des «pays frères» qui, craignant la contagion, ont misé sur l’échec de la transition démocratique en Tunisie, et y ont beaucoup contribué de diverses manières, doivent pavoiser. L’échec du «Printemps arabe» dans le pays même qui l’a déclenché les remplit aujourd’hui de joie. Comme pour donner une preuve tangible de cet échec, Al Jazeera a suivi l’évolution des prix des produits alimentaires courants dans notre pays et les a comparés aux tarifs en vigueur avant la «révolution» de 2010-2011. La crise du coût de la vie, qui avait contribué à renverser l’ancien régime, a perduré bien après sa chute, conclut le média qatari dans son article que nous reproduisons ci-dessous.  

 Alia Chughtai & Marium Ali

Le 17 décembre 2010, le vendeur ambulant Mohamed Bouazizi s’immolait par le feu à Sidi Bouzid après des années de harcèlement policier, déclenchant une vague de contestation alimentée par le chômage, la corruption, la hausse du coût de la vie et les violences policières.

Ce mouvement, baptisé «Printemps arabe», a fini par renverser le président de longue date Zine El Abidine Ben Ali ainsi que quatre autres dirigeants du monde arabe.

Près de 16 ans plus tard, toutefois, les Tunisiens sont toujours confrontés à une crise du coût de la vie que certains jugent pire que jamais.

Pour illustrer l’évolution des prix au quotidien, Al Jazeera a relevé le coût de produits alimentaires courants et l’a comparé aux tarifs pratiqués en 2010.

Le dinar a perdu la moitié de sa valeur face au dollar

En décembre 2010, un dollar américain permettait d’acheter 1,47 dinar tunisien. Aujourd’hui, il en faut 2,93 ; cela signifie que chaque dinar ne vaut plus que la moitié (49 %) de sa valeur en dollars d’il y a 15 ans.

La Tunisie importe une grande partie de ses denrées alimentaires, qu’elle règle en dollars et en euros. La dépréciation du dinar renchérit le coût de ces achats, une hausse que les consommateurs constatent directement en caisse.

Les prix pratiqués en supermarché illustrent bien la situation.

En 2010, avec huit dinars tunisiens, on pouvait acheter 4 kg de tomates, un demi-kilo de poulet et un litre d’huile de cuisson. Aujourd’hui, cette même somme permet d’acheter moins de la moitié de ces quantités. Le prix des tomates a augmenté de 113 %, celui du poulet de 118 % et celui de l’huile de cuisson de 129 %.

Les prix des légumes ont connu une hausse encore plus spectaculaire. Les carottes coûtent désormais 428 % plus cher (soit plus de cinq fois le prix de 2010) et les pommes de terre 268 % de plus. Le bœuf, déjà l’article le plus onéreux de la liste, a vu son prix grimper de 290 % (presque quadrupler) pour atteindre 52,5 dinars le kilo, soit environ 18 dollars.

Abdessattar*, 55 ans, originaire d’El Jem, affirme qu’à l’exception des produits subventionnés, les hausses de prix sont flagrantes. «On a l’impression que 20, 30 ou 40 dinars ne permettent plus d’acheter grand-chose», confie-t-il à Al Jazeera. Le beurre, le fromage, les produits d’entretien et les collations scolaires ont tous vu leur prix augmenter depuis l’année dernière.

Le graphique ci-dessous compare les prix moyens de 2010, issus du bulletin mensuel de statistiques tunisien, à ceux relevés cette semaine.

La Tunisie subventionne les produits alimentaires de base depuis 1970, date de la création de la Caisse générale de compensation. L’État maintient les prix de certains produits essentiels en dessous du cours du marché et verse la différence aux producteurs et aux importateurs.

Au fil des décennies, toutefois, certains produits ont été retirés de la liste. Fin 2022, le gouvernement a accepté de supprimer progressivement les subventions alimentaires universelles au profit de transferts monétaires ciblés afin d’obtenir un prêt du FMI, mais le président Kaïs Saïed a suspendu la mise en œuvre de ces mesures en 2023.

Il en résulte une situation à deux vitesses : les produits subventionnés ont conservé leurs prix fixes, tandis que les prix des denrées non subventionnées ont grimpé en flèche.

«Les résultats ont été vraiment, vraiment décevants»

Hamed el-Matri est ingénieur et militant politique ; il vit aujourd’hui au Qatar. Il se trouvait en Tunisie lors du soulèvement de 2010 et affirme avoir été en première ligne.

M. El-Matri se souvient que le soulèvement était motivé par des revendications socio-économiques, notamment l’emploi, la liberté et la dignité.

«Les attentes étaient très élevées à l’époque. Mais quand je vois la situation actuelle, ou même celle des quinze dernières années, les résultats ont été vraiment, vraiment décevants», confie-t-il à Al Jazeera.

Selon M. El-Matri, ces quinze années ne peuvent être considérées comme une période unique. Il décrit la période allant de 2011 à 2021 comme «une transition démocratique laborieuse» et ce qui a suivi comme «une sorte de régime totalitaire populiste, avec une rhétorique très agressive mais une politique assez floue».

M. El-Matri affirme qu’au cours des cinq dernières années, le système économique tunisien s’est considérablement affaibli, voire s’est effondré. Il explique que les investissements ont pratiquement cessé et que l’économie est au bord de la stagnation.

Yassine*, 44 ans, père de famille à Tunis, explique que la préparation de la rentrée scolaire de ses enfants est devenue une source d’angoisse. Les cahiers subventionnés et autres fournitures scolaires bon marché ont disparu des magasins, dit-il, et les familles se revendent désormais entre elles des livres et du matériel d’occasion.

Les transports constituent une autre source de préoccupation. «Les transports publics ne sont plus fiables, nous sommes donc contraints d’utiliser des moyens de transport privés. C’est devenu un souci majeur pour tous les Tunisiens», déclare-t-il.

«Les gens ne peuvent plus subvenir à leurs besoins fondamentaux»

Il cite l’exemple de l’huile de cuisson : alors qu’elle coûtait autrefois un dinar le litre, elle n’est plus vendue qu’en une version à cinq dinars le litre.

Les tensions se font sentir à tout moment. Lors des récentes fêtes de l’Aïd, raconte Yassine, la plupart de ses connaissances n’ont pas pu célébrer l’événement dignement, et beaucoup ont acheté des vêtements d’occasion.

Hanen*, 45 ans, ouvrière dans une usine à Tunis, a confié à Al Jazeera que les prix avaient augmenté si rapidement que «les gens ne peuvent plus subvenir à leurs besoins fondamentaux». La viande rouge, qui se vendait autrefois 20 dinars le kilo, en coûte désormais 60 ou plus, explique-t-elle, tandis que le prix des médicaments grimpe chaque jour. Les produits de base — comme les tomates en conserve, le sucre et l’huile de cuisson — ont tous connu une forte hausse, tout comme les fruits et légumes. «La flambée des prix est extrême. C’est anormal », déclare-t-elle.

Traduit de l’anglais.

Source : Al Jazeera.

*Certains prénoms ont été modifiés pour préserver l’anonymat.

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La Chine met les bouchées doubles pour décarboner le transport routier

‘‘Quand la Chine s’éveillera… le monde tremblera’’ titrait Alain Peyrefitte un essai publié en 1973. Soixante ans plus tard, ce présage qui avait valeur d’avertissement est en train de se réaliser et le monde commence déjà à trembler car le dragon chinois crache du feu et risque de tout brûler sur son passage. Dans le secteur de l’automobile, en tout cas, les constructeurs chinois sont déjà en avance sur leurs homologues européens et américains. (Photo: Station de recharge électrique pour camions créée par Huawei).

Habib Glenza                                                    

La Chine déplace des volumes massifs, atteignant des dizaines de milliards de tonnes de marchandises par an grâce à ses réseaux logistiques. Le marché du transport routier de marchandises est un pilier majeur de sa logistique intérieure et transfrontalière, évalué à environ 500 milliards de dollars et en forte croissance. Et il devrait atteindre une valeur de 668,55 milliards de dollars d’ici 2031.

Profitant de cette forte croissance commerciale et économique, le pays veut franchir un nouveau cap dans l’électrification du transport de marchandises. Il vient d’ailleurs de dévoiler un plan massif visant à porter à 40 % la part des camions à énergie électrique dans les immatriculations de poids lourds d’ici 2030. Avec des milliers de stations de recharge et d’échange de batteries, le pays entend accélérer encore et creuser l’écart avec les marchés occidentaux.

Onze agences gouvernementales chinoises ont publié une feuille de route destinée à révolutionner le transport routier de marchandises. La Chine, déjà largement en avance sur l’Europe dans ce domaine, veut désormais changer d’échelle. Le plan fixe trois objectifs pour les poids lourds de plus de 12 tonnes à l’horizon 2030. Les véhicules à énergies nouvelles devront représenter 40 % des immatriculations neuves. Le parc total atteindra 1,6 million d’unités, soit environ 20 % des poids lourds en circulation. Enfin, ces véhicules devront assurer 18 % du fret transporté sur les grands axes autoroutiers.

Un fossé toujours plus grand avec l’Europe

Pour soutenir cette transition, Pékin prévoit de subventionner la construction de 3 000 stations de recharge et d’échange de batteries. Objectif : créer 30 000 kilomètres de corridors de fret décarbonés sur les principales autoroutes du pays. Les nouvelles aires d’autoroute, ainsi que celles rénovées, devront intégrer des infrastructures de recharge ou réserver des espaces pour leur installation future.

Ces chiffres illustrent une nouvelle fois l’avance prise par la Chine. En 2025, le pays a immatriculé 231 100 poids lourds à énergies nouvelles, contre seulement 6 372 camions rechargeables de plus de 16 tonnes en Europe, selon l’European Automobile Manufacturers’ Association (Acea).

Là où l’Europe avance progressivement avec un parc encore fortement diésélisé, Pékin combine subventions, réglementation et infrastructures à grande échelle pour accélérer la conversion des transporteurs. 

Certaines régions bénéficieront de mesures encore plus ambitieuses. Dans les zones fortement urbanisées, les autorités visent un taux d’électrification de 80 % pour les liaisons courtes et régulières.

Il est à signaler que la plupart des batteries utilisées dans le monde sont fabriquées en Chine, ainsi que les cellules qui composent les batteries. 

La Chine détient le monopole des métaux rares dans le monde, nécessaires pour la fabrication de batteries, ce qui explique les raisons qui ont poussé les fabricants chinois de batteries comme BYD et Xiaomi à s’investir fortement dans la production des véhicules électriques.

Vers de nouveaux modèles économiques

Le gouvernement prévoit de renforcer les aides financières pour l’achat des véhicules et le déploiement des infrastructures. Alors que les collectivités locales sont encouragées à mobiliser des fonds pour accompagner les transporteurs, les autorités souhaitent également favoriser la séparation entre le camion et sa batterie. Le leasing de batteries et les modèles d’échange rapide sont ainsi encouragés afin de réduire le coût d’acquisition des véhicules.

Pour accélérer l’adoption de poids lourds électriques, Pékin appelle à multiplier le «Battery Swap»

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L’ingénieur tunisien au cœur de la transformation de l’Afrique

L’ingénieur tunisien s’impose aujourd’hui comme un moteur clé du développement industriel et économique de l’Afrique. C’est le constat central du forum organisé par le think tank Tunisia Africa Business Council (TABC), samedi 12 septembre 2026 à Tunis, en marge de son assemblée générale ordinaire. L’événement a réuni un parterre d’experts, de décideurs et d’acteurs de terrain autour d’un objectif clair : dépasser la simple prestation technique pour faire de l’ingénierie tunisienne un partenaire stratégique et durable des grandes transitions du continent.

Lotfi Sahli

En ouverture, le président du TABC, Anis Jaziri a retracé le parcours de son organisation. Chiffres à l’appui, le bilan impressionne : 4 500 adhérents, 43 missions déployées dans 37 pays, 9 éditions de la conférence internationale Financing Investment & Trade in Africa (Fita), 25 rencontres B2B/B2G et 103 conventions signées.

Mais M. Jaziri ne souhaite pas en rester là. Tout en reconnaissant les freins actuels — notamment le manque de réseaux structurés et d’accompagnement —, il a dévoilé une feuille de route audacieuse pour le TABC : le lancement d’une banque d’affaires à l’horizon 2029, couplé à une double introduction en bourse de sa holding à Tunis et Abidjan.

De la compétence isolée à l’offre intégrée

Le Doyen de l’Ordre des ingénieurs tunisiens (OIT), Mohsen Gharsi, a apporté un éclairage sans détours sur la situation des compétences nationales. Sur 106 000 ingénieurs inscrits à son organisation, plus de 45 000 exercent à l’étranger. En Afrique subsaharienne, les jeunes diplômés font souvent face à de réels obstacles : absence de soutien public, difficultés à mobiliser des garanties bancaires et trajets complexes faute de lignes aériennes directes.

L’ingénieur tunisien est en passe de devenir un partenaire stratégique et durable des grandes transitions en Afrique.

Animé par Anis Morai, le panel principal a réuni plusieurs figures majeures du secteur — Jamel Ksibi (FNTP), Hassen Zargouni (Sigma Conseil), Sami Driss (Comet), Saïd Drira (Scet) et Mourad Mastouri (Adenit) — pour fixer les conditions du succès collectif :

Faire ses preuves chez soi : M. Ksibi a rappelé que l’aventure continentale repose sur des bases solides. À l’image du chantier emblématique de l’autoroute Hammamet-Enfidha, une entreprise doit d’abord s’imposer sur son marché national avant de prétendre rayonner à l’international.

Miser sur la Data et les solutions intelligentes : Hassen Zargouni a plaidé pour une évolution vers l’ingénierie augmentée. L’Afrique change vite ; exporter des compétences ne suffit plus, il faut proposer des solutions intégrées et guidées par la donnée pour répondre aux défis d’urbanisme, de mobilité et de santé.

S’implanter durablement : s’appuyer sur la simple exportation de marchandises depuis Tunis ne suffit plus pour conquérir le continent. C’est le diagnostic sans appel dressé par M. Driss, fort de son expérience de terrain. Selon lui, les marchés africains privilégient désormais l’ancrage local : ils recherchent des partenaires investis, capables de produire sur place, de créer des emplois pour les ouvriers, techniciens et cadres locaux, et d’assurer le transfert de compétences par la formation Pour illustrer ce virage stratégique, le dirigeant a cité l’exemple révélateur du marché algérien. Lorsque l’Algérie a fermé ses frontières aux importations de matériels roulants, le groupe Comet — déjà implanté localement — s’est retrouvé en position de force, devenant le seul acteur en mesure de répondre immédiatement à la demande nationale. Une démonstration claire qu’en Afrique, la présence industrielle physique sur le terrain constitue le meilleur rempart face aux aléas réglementaires

Allier expérience et humilité : riche d’un ancrage de 45 ans et d’une présence dans 30 pays africains, M. Drira aborde le continent avec l’humilité du pionnier : pour lui, chaque nouveau marché représente à la fois une conquête et une école. Fort de cette maturité de terrain, il souligne la haute estime dont jouit l’ingénieur tunisien à l’échelle internationale. Une réussite continentale qui s’accompagne d’une fidélité intègre envers la patrie, prouvant qu’il est possible de rayonner à travers l’Afrique tout en gardant des racines profondément ancrées en Tunisie.

Former dès l’université : M. Mastouri a mis en avant le rôle primordial de l’Enit (15 000 diplômés). Pour lui, la réussite en Afrique passe par l’ouverture académique et l’accueil des étudiants du continent, bâtissant ainsi dès la formation des réseaux de confiance durables.

Anis Jaziri ne manque pas d’ambition pour le TABC.

Une fois la séance levée pour céder la place aux travaux de l’assemblée élective, M. Jaziri s’est exprimé sur les perspectives d’expansion continentale. Interrogé sur son état d’esprit quant à la poursuite de cette dynamique en Afrique, il s’est montré résolument confiant et serein. Pour le dirigeant, la clé du succès ne doit rien au hasard : elle repose avant tout sur une planification rigoureuse des objectifs stratégiques et sur l’alignement précis des moyens déployés pour les atteindre.

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Paris en ligne | Conseils pour comparer le 1X2 et le handicap avant de parier

Le marché 1X2 et le handicap apparaissent souvent côte à côte, mais ils ne demandent pas le même résultat. Le premier paie si l’équipe choisie gagne. Le second dépend aussi de la marge et peut parfois partager le résultat entre gain et remboursement selon la ligne. (Photo : Ballon de football sur la pelouse d’un stade éclairé). 

Sur une plateforme comme 1xbet, comparer les deux marchés permet surtout de vérifier ce que la cote demande réellement. Choisir automatiquement le 1X2 le plus court parce qu’il paraît plus sûr peut conduire à accepter un moins bon prix que le handicap voisin.

1X2 et handicap ne décrivent pas le même scénario

Le 1X2 propose trois issues : domicile, nul ou extérieur. Si le favori est joué en victoire simple, il doit gagner. Un nul fait perdre le pari.

Le handicap européen ajoute un avantage ou un désavantage virtuel au score. Le handicap asiatique utilise des lignes comme −0,5, −1, +0,5 ou des quarts de ligne. Une demi-ligne supprime le nul sur le pari. Une ligne au quart peut partager la mise entre deux résultats possibles.

Le choix dépend donc du scénario visé : «cette équipe va gagner» n’est pas la même chose que «cette équipe gagnera avec au moins deux buts d’écart».

La marge compte autant que le statut du favori

Un grand club à domicile peut afficher une cote 1X2 très courte en Premier League ou en Liga. Le handicap montre alors l’écart attendu.

Un favori à −1 ou −1,5 est déjà censé dominer. Si la cote 1X2 tourne autour de 1,30, le prix paie surtout la victoire, pas son ampleur.

Un score de 1–0 suffit pour une victoire simple et couvre −0,5, mais pas −1,5. Sur certaines lignes −1, il peut entraîner un remboursement.

Il faut donc comparer le résultat nécessaire plutôt que le nom de l’équipe.

Quatre lignes, quatre exigences

Pour un même favori :

  • 1X2 domicile : l’équipe doit gagner ;
  • domicile −0,5 : même exigence qu’une victoire simple ;
  • domicile −1,0 : une victoire d’un but peut être remboursée selon le type de ligne ;
  • domicile −1,5 : il faut gagner par au moins deux buts.

Les quatre paris concernent la même équipe, mais pas le même scénario.

Les nouvelles d’équipe peuvent déplacer le handicap d’abord

Une absence en défense, un attaquant forfait ou une forte rotation peut modifier davantage l’écart attendu que l’identité du favori.

Si la ligne −1,5 devient moins attractive alors que la victoire simple change peu, le marché peut encore considérer la victoire comme plausible tout en réduisant l’attente d’un large succès.

Si le 1X2 et le handicap raccourcissent ensemble après une composition confirmée, une partie de l’information est déjà intégrée dans la cote.

Le nul change beaucoup la lecture du 1X2

Dans un championnat où les scores 0–0 et 1–1 sont fréquents, une victoire simple sur un favori reste exposée au nul.

Avec un handicap asiatique +0 sur l’outsider, le fonctionnement ressemble au «draw no bet» : victoire de l’outsider, pari gagnant ; match nul, mise remboursée.

Avec +0,5, le nul devient gagnant pour le pari. Un +1,5 va plus loin : l’outsider peut perdre d’un but et couvrir encore la ligne.

Après un but, le marché est différent

Le direct n’est pas une deuxième version du même pari d’avant-match.

Après un but à la 20e minute, le 1X2 et le handicap sont recalculés à partir d’un nouveau score. Une équipe qui mène 1–0 devient généralement plus courte sur le marché victoire, tandis qu’un handicap en direct −0,5 ou −1 ne représente plus la ligne d’avant-match.

Le temps restant, les cartons, les changements tactiques et le rythme du match entrent désormais dans le prix.

Après avoir comparé les marchés sur ordinateur, certains préfèrent télécharger 1xbet pour suivre les cotes en direct sur mobile. Une ligne en direct doit toutefois être relue comme un nouveau marché, pas comme la suite automatique d’une idée d’avant-match.

Les matchs de coupe compliquent la comparaison

Un grand club peut rester favori en 1X2 tout en présentant une équipe fortement remaniée.

Dans ce cas, le marché victoire peut rester court grâce au statut du club, alors que le handicap devient plus prudent. Rotation, manque de rythme et changement de système influencent surtout la marge.

La composition confirmée peut donc compter davantage pour le handicap que pour la simple question de savoir quelle équipe est la meilleure.

Points de comparaison entre le 1X2 et le handicap

Avant de choisir entre 1X2 et handicap :

  • définir le score minimum nécessaire ;
  • vérifier si une victoire d’un but gagne, rembourse ou perd la ligne ;
  • comparer victoire simple et handicap sur le même scénario ;
  • regarder le prix de l’outsider avec un handicap positif ;
  • vérifier les mouvements après les compositions officielles ;
  • éviter de cumuler 1X2 et −1,5 sur la même équipe sans mesurer le risque commun.

Le 1X2 répond à une question simple : qui gagne ? Le handicap en ajoute une autre : avec quelle marge ?

C’est cette deuxième question qui permet de savoir si deux cotes proches représentent réellement le même risque.

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Le poème du dimanche | ‘‘Mon pays à moi’’ de Giorgos Kalozoïs

Après des études de lettres à l’Université d’Athènes, Giorgos Kalozoïs est Professeur de littérature. Depuis 1992, il a publié une douzaine de recueils de poésie remarqués pour leur forme «en colonnes».

Remarquable éveilleur de la langue grecque, il est le récipiendaire du Prix du jeune poète (1992-1993) ainsi que du Prix national de la poésie chypriote, en 2000 et en 2009, pour les recueils ‘‘Le Monde à l’envers’’ et ‘‘La Conjugaison du verbe’’.

Tahar Bekri

Mon pays à moi ce sont des chaînes de montagnes

des arbres que quelqu’un a renversés

en ouvrant le jeu d’enfant

Farma*

des nuages véloces demeurés prisonniers

des gaz d’échappement et des prières

pour que vienne la pluie

des animaux exploitables

et d’autres qui trouvent seuls

leur pâture

des fleuves asséchés mais des grenouilles

chanteuses

Mon pays à moi c’est la terre et tout ce

qui est renfermé dans la terre

des graines semées dans d’incroyables

profondeurs pour ne pas être brûlées de soleil

des ancêtres que l’on a plantés

sous des pavages de maisons avec un

toit tout rond

mais il se peut aussi que les toits fussent

plats

des ancêtres sous les seuils

avec une pierre qui leur écrase

la poitrine dans la position du fœtus

crainte des morts mais aussi

signe de respect

j’ai su il y a peu que certains

autres très loin de nous

les Achilpa

transportaient (car ce sont des nomades)

un tronc de bois qu’ils fichaient

profondément dans la terre

c’est ainsi qu’ils s’orientaient

c’est ainsi que le chaos entrait dans un moule

ce chaos que nous n’avons pas pu

gérer car nous autres

autre nourriture autre digestion

autres indigestions car

avec nos aliments on devait manger

des pierres non pas comme certains oiseaux

les perdrix et d’autres qui les

picorent pour digérer

nous on devait manger des pierres bouillies

des pierres frites tartinées

de boue c’était là notre régime

de père en fils

Traduit du grec par Danielle Morichon

Extrait du ‘‘Déplacement de la terre’’, 2005.

(Remerciements à la traductrice).

* Le jeu pour enfants « Farma » comprend des représentations en miniature des éléments propres à la campagne et à la ferme (animaux, végétaux, objets, etc.) NDT. 

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S&P et Fitch maintiennent inchangée la notation de la Tunisie à «B-»

S&P et Fitch maintiennent inchangée la notation de la Tunisie à « B- », tout en lui conservant une perspective «stable», le pays étant soutenu par les fonds des bailleurs de fonds et les prêts des banques centrales. Il est également importateur d’énergie et subit les répercussions de la guerre.

Le soutien à la notation provient de facteurs extérieurs à l’économie elle-même. La Tunisie a remboursé une obligation en euros de 700 millions d’euros en juillet grâce à des prêts de sa propre banque centrale. Le pays est par ailleurs importateur d’énergie et subit les conséquences de la guerre au Moyen-Orient : une facture énergétique alourdie par la fermeture du détroit d’Ormuz, ce qui creuse les déficits courants et fait grimper les dépenses de subvention à un rythme que le gouvernement ne parvient pas à compenser.

Selon Fitch, la guerre affecte la Tunisie par un canal unique : le prix des carburants importés. Le déficit budgétaire devrait se creuser pour atteindre 6,4 % du PIB cette année — contre une médiane de 3,3 % pour les États notés «B-» —, les subventions aux carburants représentant à elles seules 0,8 point de pourcentage de cette hausse. Fitch prévoit que le déficit s’aggraverait encore de 1,4 point de pourcentage si le cours du brut se maintenait à 87 dollars le baril jusqu’en 2028. Le déficit du compte courant s’élargit à 3,9 % du PIB avant de repasser sous la barre des 2,5 % en 2027-2028, sous l’hypothèse d’une baisse des prix du pétrole.

Concernant les sources de financement : la Tunisie a remboursé en juillet son euro-obligation de 700 millions d’euros grâce à des prêts de la Banque centrale ; le volume de ces prêts devrait atteindre 11 milliards de dinars en 2026, contre 7 milliards en 2024. Les sorties nettes de financement extérieur devraient refluer à 1,4 % du PIB, après avoir atteint un niveau record de 3,6 % en 2024, et les réserves couvriront 3,3 mois de paiements extérieurs cette année pour atteindre 3,7 mois d’ici 2028 — un niveau qui reste toutefois inférieur à la médiane de 4,1 mois observée pour la catégorie «B».

I. B.

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Le passeport tunisien se classe 120e mondial

Selon les données des Rapports sur les passeports, la Tunisie se classe au 11e rang sur 54 pays africains, avec un accès total à 66 % des destinations du continent grâce à l’entrée sans visa, aux dispositifs d’entrée simplifiés ou à l’autorisation électronique de voyage. À l’échelle mondiale, le passeport tunisien occupe la 120e place, avec un score de mobilité de 75 et un taux d’accès mondial de 37,9 %.

Le score de mobilité de 75 se compose de 36 destinations accessibles sans visa, de 35 destinations relevant du visa à l’arrivée ou d’autres modalités d’entrée simplifiées, et de quatre destinations accessibles avec une autorisation électronique de voyage. Le rapport classe par ailleurs 123 destinations dans la catégorie où un visa est requis au préalable.

L’Afrique, principale zone d’accès

En Afrique, les titulaires d’un passeport tunisien disposent de 18 destinations sans visa, de 15 destinations avec visa à l’arrivée ou autre dispositif simplifié, et de deux destinations avec autorisation électronique de voyage. Dix-huit pays africains restent dans la catégorie du visa requis. L’accès total atteint ainsi 66 % du continent, un niveau nettement supérieur au taux d’accès mondial du passeport tunisien.

Parmi les destinations africaines sans visa figurent notamment l’Algérie, le Maroc, l’Afrique du Sud, le Kenya, Maurice et le Sénégal. Le Burundi, Djibouti, l’Éthiopie, Madagascar, la Namibie, la Tanzanie et l’Ouganda apparaissent parmi les pays proposant un visa à l’arrivée ou une autre procédure simplifiée.

Le Ghana et les Seychelles sont classés sous autorisation électronique de voyage, le rapport signalant pour les Seychelles un enregistrement touristique pouvant aller jusqu’à 90 jours.

Des écarts marqués entre les régions

En Asie, le taux d’accès atteint 48 %, avec huit destinations sans visa, 14 relevant de procédures d’entrée simplifiées et deux avec autorisation électronique de voyage. Le Japon est accessible sans visa pour 90 jours, tandis que la Malaisie est indiquée avec une carte d’arrivée et un séjour de 90 jours. Le Népal figure dans la catégorie d’entrée simplifiée avec une durée allant jusqu’à 150 jours, et l’Arménie jusqu’à 120 jours.

En Europe, l’accès total n’est que de 2,1 % : la Turquie est la seule destination classée sans visa, pour 90 jours, tandis que 46 destinations européennes exigent un visa.

Dans les six pays du Golfe recensés, toutes les destinations sont classées comme exigeant un visa, soit 0 % d’accès simplifié. Le taux d’accès atteint 35,3 % au Moyen-Orient, 42,9 % en Océanie, 43,8 % dans les Caraïbes, 33,3 % en Amérique du Sud, 26,1 % en Amérique du Nord et 40,0 % en Asie centrale.

La Tunisie dans les classements comparatifs

Au-delà de sa 11e place en Afrique, la Tunisie se classe 8e sur 24 pays dans le classement lié à la langue arabe et 8e sur 22 au sein de la Ligue arabe. Elle occupe également le 18e rang sur 57 pays de l’Organisation de la coopération islamique, le 11e sur 54 au sein de l’Union africaine, le 68e sur 132 dans le G77 et le 112e sur 159 parmi les membres de l’Organisation mondiale du commerce.

Dans le classement des pays les plus accueillants, qui mesure la facilité d’entrée en Tunisie pour les détenteurs de passeports étrangers et non la capacité du passeport tunisien à voyager à l’étranger, la Tunisie occupe la 83e place sur 199. Le rapport présente aussi des signaux de réciprocité montrant que les conditions d’entrée peuvent différer selon le sens du voyage, sans attribuer ces écarts à une cause politique ou diplomatique.

Réciprocité et conditions d’entrée en Tunisie

Le rapport distingue l’accès des Tunisiens aux pays étrangers des conditions de visa pour entrer en Tunisie applicables aux titulaires de passeports étrangers. Dans les signaux de réciprocité, un premier groupe réunit des pays dont les ressortissants peuvent entrer en Tunisie sans visa, avec une autorisation électronique ou avec un visa à l’arrivée, alors que les Tunisiens doivent obtenir un visa pour s’y rendre. Un second groupe présente la situation inverse. Ces écarts sont rapportés comme des différences de régime d’entrée, sans jugement sur leur origine.

Les durées de séjour soulignent également la diversité des conditions. La Barbade permet jusqu’à 180 jours sans visa, tandis que Fidji et le Vanuatu sont indiqués jusqu’à 120 jours. Le Japon, la Turquie et plusieurs autres destinations affichent des séjours allant jusqu’à 90 jours. Ces durées restent liées aux conditions spécifiques associées à chaque destination dans le rapport.

Au total, le passeport tunisien obtient un score de mobilité de 75 grâce à 36 destinations sans visa, 35 destinations avec entrée simplifiée et quatre destinations avec autorisation électronique de voyage. L’Afrique demeure la zone offrant la couverture la plus large, avec 66,0 % d’accès, tandis que le classement mondial reste à la 120e place et que l’accès à l’ensemble des destinations mondiales s’établit à 37,9 %.

Source : Rapports sur les passeports

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L’huile d’olive tunisienne doit monter en gamme

La Tunisie est l’un des plus grands producteurs d’huile d’olive au monde, mais il est rare de voir son nom figurer sur une étiquette. Pendant des décennies, l’huile d’olive tunisienne a franchi les frontières dans l’anonymat. Une nouvelle génération de producteurs cherche aujourd’hui à changer la donne quant à la captation de la valeur.

Salome Grouard

La Tunisie produit de l’huile d’olive depuis près de trois millénaires et pourrait se hisser au deuxième rang mondial en termes de volume de production pour la campagne 2025-2026. Pourtant, à l’étranger, les consommateurs croisent rarement des bouteilles portant clairement la mention «produit en Tunisie».

La majeure partie de l’huile d’olive tunisienne quitte le pays en vrac. Pour la campagne 2025-2026, 86 % des exportations étaient destinées à être conditionnées sous des marques étrangères. L’Espagne, l’Italie et les États-Unis en sont les principaux acheteurs. Sur ces marchés, l’huile tunisienne est souvent mélangée à des huiles produites localement, dissimulant ainsi sa véritable origine au consommateur final.

Les règles de l’Union européenne autorisent des formulations vagues, telles que «mélange d’huiles d’olive originaires de l’Union européenne et de pays tiers». Aux États-Unis, l’étiquetage ne précise pas toujours clairement où l’huile a été produite, importée ou récoltée.

Sarah Ben Romdhane, fondatrice de la marque d’huile d’olive vierge extra biologique Kaïa, estime que ce système a cantonné la Tunisie au rôle de fournisseur de matières premières bon marché, alors même que la qualité de ses produits répond aux exigences du haut de gamme.

L’impact de l’héritage colonial sur le marché

L’économiste tunisien Fadel Kaboub, auteur de la lettre d’information  Global South Perspectives et professeur associé à l’université Denison dans l’Ohio, établit un lien entre la situation actuelle et le passé colonial du pays, les quotas commerciaux ainsi que la répartition inégale des bénéfices.

La Tunisie a été sous domination française de 1881 à 1956. Selon Fadel Kaboub, l’héritage de cette période continue d’influencer la politique gouvernementale et les relations commerciales avec l’Union européenne.

L’accès au financement demeure l’un des défis auxquels sont confrontés les agriculteurs. Les terres sont souvent héritées de structures tribales et ne disposent pas de documents officiels modernes attestant de la propriété. Par conséquent, les producteurs peinent à obtenir des prêts.

Le manque de financements abordables contraint de nombreux agriculteurs à vendre leur future récolte par anticipation à des grossistes italiens ou espagnols. Le prix est alors fixé avant même le début de la récolte des olives, indépendamment de la qualité du produit final.

Ce modèle aggrave la pauvreté dans les zones rurales. La majorité des travailleurs participant à la récolte des olives sont des femmes ; elles travaillent de manière saisonnière, souvent dans des conditions dangereuses. Au cours de la dernière décennie, de nombreux accidents et décès ont été recensés parmi les personnes transportées dans des camions non conçus pour le transport de passagers.

A la conquête du marché haut de gamme

Sarah Ben Romdhane incarne une nouvelle génération de producteurs indépendants désireux de changer l’image de l’huile d’olive tunisienne. Parmi les autres marques valorisant les produits locaux sur le segment haut de gamme, on peut citer Le Moulin Mahjoub, Triumph Tukkabor (de la famille Ben Ismail) et le Domaine Fendri.

Née à Paris au sein d’une famille tuniso-syrienne, Sarah Ben Romdhane a grandi à Londres tout en passant ses vacances dans le domaine familial. Durant la pandémie de Covid-19, elle a décidé de renouer avec ses racines et a entrepris de développer la production d’huile issue d’oliviers centenaires cultivés par sa famille depuis cinq générations.

En l’espace de cinq ans, la marque Kaïa — qui utilise des olives de la variété locale Chemlali et met en avant l’origine du produit — a fait son entrée dans des épiceries fines réputées en France, au Royaume-Uni et aux États-Unis.

En France, les produits de la marque sont vendus dans une centaine d’épiceries fines et une cinquantaine de restaurants. L’huile Kaïa est également disponible dans des hôtels de charme en Tunisie.

Aux États-Unis, la bouteille de 50 centilitres de Kaïa est vendue 34,99 dollars. Ce prix permet à l’entreprise d’adopter un modèle différent : la marque emploie une cinquantaine de femmes et les rémunère au même niveau que les hommes. Une telle pratique reste rare en Tunisie.

Son propre moulin à huile pour augmenter la production

Ben Romdhane prévoit d’ouvrir son propre moulin à huile en 2027. Pour l’heure, comme la plupart des producteurs tunisiens, l’entreprise utilise des installations partagées. Avant de produire de l’huile d’olive extra vierge, ces installations doivent être nettoyées minutieusement, ce qui engendre du temps et des coûts supplémentaires.

Posséder son propre moulin permettra à la marque d’embaucher du personnel permanent, d’augmenter son volume de production actuel (10 tonnes par an) et de créer un lieu d’accueil touristique pour les amateurs d’huile d’olive.

La saison dernière, seule 3,9 % de l’huile d’olive produite en Tunisie a été vendue hors d’Afrique. Parallèlement, Fadel Kaboub considère l’Amérique latine et l’Asie comme des marchés prometteurs, où la demande pour des produits de haute qualité est en pleine croissance.

Les producteurs indépendants ambitionnent de transformer l’huile d’olive tunisienne : d’une simple matière première méconnue, ils veulent en faire un produit haut de gamme reconnu. Pour y parvenir, ils mettent en place leurs propres systèmes de contrôle qualité, préservent les traditions et étendent progressivement leur présence, passant des épiceries fines aux grandes chaînes de distribution.

Traduit de l’anglais.

Source : CNN.

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Tunisie | Appel à la vigilance face aux inondations

A l’orée de l’automne, et alors que les météorologues avertissent contre les fortes averses à venir, l’inquiétude des Tunisiens augmente, d’autant que les premières pluies d’hier, vendredi 11 septembre 2026, ont provoqué des inondations dans plusieurs régions du pays, y compris dans certains quartiers de Tunis.   

Les autorités, pour leur part, se veulent rassurants. Chokri Khelifi, directeur des eaux urbaines au ministère de l’Équipement et de l’Habitat, a indiqué, ce samedi 12 septembre, à Diwan FM, que son département a réussi, entre le début janvier et fin août dernier, à curer et nettoyer plus de 2 600 kilomètres d’oueds, de cours d’eau et d’ouvrages hydrauliques, ce qui représente environ 70 % du programme annuel.

M. Khelifi a ajouté que le ministère a procédé au curage d’environ 70 hectares de bassins de rétention d’eau, précisant que des crédits avoisinant les 37 millions de dinars ont été alloués à la réalisation de ces travaux.

Il a également souligné que le ministère œuvre, depuis le début de l’année, à la mise en œuvre de plusieurs programmes préventifs incluant le curage des oueds, des cours d’eau et des ouvrages hydrauliques, afin de garantir leur bon état de fonctionnement et de réduire les risques d’inondation, notamment lors des périodes de fortes précipitations.

Le directeur des eaux urbaines a expliqué que toutes les régions du pays sont désormais exposées aux inondations en raison du changement climatique, soulignant l’importance de la vigilance et de la nécessité d’œuvrer à leur protection.

Le système d’évacuation des eaux pluviales repose sur trois volets complémentaires : la protection en amont grâce à la construction de barrages et de retenues collinaires ; la protection des villes et des zones contre les risques d’inondation ; et l’évacuation des eaux pluviales au sein même des zones urbaines.

Par ailleurs, Chokri Khelifi a critiqué certaines pratiques consistant à jeter des déchets sur les accotements des routes, soulignant que leur accumulation risque d’obstruer les cours d’eau et les oueds, perturbant ainsi le système d’évacuation des eaux pluviales.

Il a appelé les citoyens à faire preuve de civisme et à veiller à la propreté des abords des routes et des voies d’écoulement des eaux, une gestion adéquate des déchets contribuant à soutenir les efforts de l’État en matière de prévention des inondations et de protection des zones urbaines.

I. B.

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Tunisie | Le nombre d’affaires de drogue a triplé en 5 ans

Mohamed Ali Chaibi, représentant du ministère de l’Intérieur, a déclaré à la télévision nationale que le nombre d’affaires liées à la drogue enregistrées en Tunisie a connu une hausse notable ces dernières années, passant de plus de 5 000 affaires en 2020 à plus de 15 000 en 2025.

M. Chaibi a expliqué que cette augmentation est due, d’une part, à la multiplication des saisies et aux succès des opérations de sécurité et, d’autre part, à l’aggravation du phénomène de la drogue ainsi qu’à l’évolution de la criminalité qui y est associée.

Le représentant du ministère de l’Intérieur a, toutefois, assuré que la Tunisie ne produit ni ne fabrique de stupéfiants, précisant que les substances en circulation dans le pays y sont introduites par le biais de la contrebande.

Une révision de la loi sur les stupéfiants est en cours pour l’adapter à l’évolution de ce type de criminalité, a indiqué M. Chaibi, tout en soulignant la nécessité de créer des centres spécialisés dans le traitement de la toxicomanie.

La Tunisie en compte deux : l’Hôpital Razi (La Manouba) dispose de services de référence en addictologie ; et le centre de Jbel Oust qui propose également des cures de désintoxication résidentielles.

Le ministère de la Santé déploie des structures d’accueil et des traitements (notamment à la méthadone) à travers des centres spécialisés comme Tanit et Espoir.

Il y a aussi l’Association tunisienne d’information et d’orientation sur le sida et la toxicomanie (Atiost) qui gère plusieurs antennes et centres d’écoute et d’orientation des toxicomanes à Tunis, Mhamdia, Hammam-Lif et Menzel Bourguiba.

Ce dispositif reste cependant insuffisant et les autorités sanitaires envisagent d’implanter des centres régionaux dédiés à Monastir, Gafsa, Jendouba, Le Kef et Kairouan.

I. B.

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Tunisie-Algérie | 900 Km de rails pour charger notre destin économique

La Banque mondiale estime que la Tunisie pourrait gagner jusqu’à 11–14 % de PIB en devenant un hub régional. Alors qu’attendent Tunis et Alger pour construire les corridors qui rendraient cette ambition possible ? Il arrive un moment où les discours sur le «partenariat stratégique algéro-tunisien» doivent laisser place au béton, à l’acier, aux ports et aux rails. Ce moment est arrivé.

Abdelbasset Sammari *

La Tunisie cherche désespérément les moteurs capables de porter durablement sa croissance au-delà de 5 ou 6 %.

L’Algérie investit massivement dans ses infrastructures, ses mines, son industrie et son réseau ferroviaire. Entre les deux pays se trouve une frontière de près de mille kilomètres. À l’Est de l’Algérie : un immense hinterland économique. À l’Est de la Tunisie : la Méditerranée et des ports à quelques centaines de kilomètres seulement. Il suffit désormais de relier les deux.

La Banque mondiale nous dit où se trouve une partie de la croissance. Ce n’est plus une intuition. Ce n’est même plus seulement notre proposition.

Dans son Tunisia Economic Monitor – Better Connectivity to Grow, publié en 2025, la Banque mondiale a chiffré le potentiel économique considérable d’une transformation logistique de la Tunisie. Ses estimations sont spectaculaires.

Une meilleure connectivité maritime et une réduction du temps d’immobilisation des marchandises dans les ports pourraient générer un gain de 4 à 5 % du PIB en seulement trois à quatre ans. Et à plus long terme, si la Tunisie réussissait à transformer son système portuaire au point de devenir un véritable hub régional de transbordement, les gains économiques pourraient atteindre 11 à 14 % du PIB.

Plus important encore pour notre proposition : la Banque mondiale ne parle pas seulement des quais et des grues. Elle recommande également de renforcer la connexion entre le rail et les ports, d’améliorer la traction ferroviaire pour le fret et de réhabiliter les lignes permettant l’acheminement des marchandises vers et depuis les ports.

Autrement dit : les ports seuls ne suffisent pas. Pour devenir un hub logistique, il faut leur donner un hinterland. Et l’hinterland naturel de la Tunisie ne s’arrête certainement pas à Kasserine, Gafsa ou Le Kef. Il continue profondément en Algérie. Alors construisons les trois corridors

Nous proposons aux gouvernements tunisien et algérien de lancer immédiatement les études et la réalisation coordonnée de trois grands corridors ferroviaires :

1- Tébessa-Kalaa Khasba-Siliana-El Fahs- Port de Radès : un corridor reliant l’Est algérien au Nord tunisien et au principal complexe portuaire du Grand Tunis. Il donnerait simultanément une nouvelle profondeur économique au port de Radès et une fonction logistique majeure aux régions tunisiennes de l’intérieur.

2- Tébessa-Fériana-Gafsa-Port de Gabès : c’est le grand corridor minier et industriel. Il rapprocherait le bassin minier algérien de Tébessa du bassin phosphatier de Gafsa, puis des industries et infrastructures portuaires de Gabès. Minerais, phosphates, engrais, produits industriels, équipements, conteneurs : nous ne parlons plus ici d’un simple train. Nous parlons d’une véritable colonne vertébrale industrielle tuniso-algérienne.

3- El Oued-Taleb Larbi/Hazoua-Rjim Maatoug-Douz-Tataouine-Médenine-Port de Gabès : c’est le corridor du futur. Il donnerait au Sud-Est algérien une nouvelle ouverture ferroviaire vers la Méditerranée et traverserait certaines des régions tunisiennes qui ont précisément le plus besoin d’investissements structurants. Hazoua, Rjim Maatoug, Douz, Tataouine et Médenine pourraient progressivement devenir des étapes d’un grand axe logistique, industriel et commercial régional.

900 kilomètres, 2 à 3 milliards de dinars 

Voilà l’ordre de grandeur que nous avançons pour ces trois corridors : environ 900 km de lignes à construire, réhabiliter ou moderniser, pour une première enveloppe indicative de l’ordre de 2 à 3 milliards de dinars tunisiens, qui devra naturellement être précisée par des études techniques détaillées.

Posons maintenant la vraie question :

2 à 3 milliards de dinars, est-ce trop cher pour changer la géographie économique d’un pays pendant cinquante ans ?

Certainement pas. Surtout si l’investissement est réalisé progressivement, corridor par corridor, avec une participation des deux États et la mobilisation possible des institutions financières régionales et internationales.

Il faut également comprendre qu’une voie ferrée ne produit pas seulement des recettes ferroviaires. Autour de ces 900 kilomètres pourraient apparaître des ports secs, plateformes logistiques, zones industrielles, entrepôts, centres de transformation, services de maintenance et nouvelles entreprises. Le rail créerait ainsi son propre écosystème économique.

Arrêtons de traiter nos régions intérieures comme des terminus !

Depuis soixante ans, la Tunisie parle de développement régional. Mais notre erreur fondamentale reste la même : nous regardons Le Kef, Siliana, Kasserine, Gafsa, Tozeur, Kébili et Tataouine comme des régions périphériques éloignées de Tunis et du littoral.

Changeons la carte. Kalaa Khasba ne serait plus seulement une ville éloignée de Tunis : elle deviendrait une étape entre Tébessa et Radès. Fériana ne serait plus une ville frontalière marginalisée : elle se trouverait sur l’axe Tébessa-Gafsa-Gabès. Hazoua et Rjim Maatoug ne seraient plus au bout de la Tunisie : elles deviendraient des portes du corridor El Oued-Gabès.

Voilà ce qu’est une véritable politique d’aménagement du territoire : transformer la périphérie en corridor.

L’Algérie aussi a énormément à gagner

Ce projet ne doit surtout pas être présenté comme une faveur algérienne accordée à la Tunisie. L’intérêt doit être mutuel.

L’Algérie possède un immense marché, un territoire considérable, des ressources minières et énergétiques et une profondeur continentale exceptionnelle. La Tunisie possède une proximité géographique remarquable avec l’Est algérien et une façade méditerranéenne équipée de plusieurs ports. Pourquoi opposer ces avantages ? Additionnons-les.

Offrir aux régions de Tébessa et d’El Oued des corridors ferroviaires supplémentaires vers la Méditerranée tunisienne renforcerait la résilience et la diversification logistique algériennes. Et donner à Radès et Gabès un hinterland dépassant largement les 12 millions de consommateurs tunisiens changerait complètement l’équation économique de nos ports.

Comme l’expérience tunisienne le montre déjà, les routes seules ne suffisent pas, nous avertit la Banque mondiale qui souligne que l’amélioration des routes, si elle n’est pas accompagnée d’une véritable intégration logistique et économique, ne suffit pas à provoquer la transformation attendue. Elle appelle donc à combiner infrastructures, chaînes d’approvisionnement, connexions avec les ports et amélioration de la logistique.

C’est précisément la philosophie de ces trois corridors : rails + ports + zones logistiques + industrie + frontière = croissance.

Pas des infrastructures isolées. Un système.

Aux gouvernements tunisien et algérien : qu’attendez-vous ? Nous avons la géographie. Nous avons les ports. Nous avons les bassins miniers. Nous avons les marchés. Nous avons les ingénieurs. Nous avons les entreprises. Nous avons besoin d’investissements. Nous avons besoin d’emplois. Et nous avons même désormais les analyses de la Banque mondiale qui montrent l’ampleur du potentiel économique d’une Tunisie transformée en plateforme logistique régionale. Alors qu’attendons-nous ? Une nouvelle commission ? Un nouveau séminaire ? Une nouvelle déclaration sur «l’excellence des relations fraternelles entre les deux pays» ?

Cela ne suffit plus. Créons immédiatement une commission exécutive ferroviaire et portuaire algéro-tunisienne, avec les ministères concernés, les chemins de fer des deux pays, les autorités portuaires et les spécialistes de la logistique. Donnons-lui six mois pour établir les tracés définitifs, identifier les tronçons existants à moderniser et ceux à construire, arrêter les normes techniques, chiffrer précisément les investissements et proposer le montage financier.

Puis commençons les travaux : 1- Tébessa- Kalaa Khasba-Siliana-El Fahs-Radès ; 2- Tébessa-Fériana-Gafsa-Gabès ; 3- El Oued- Taleb Larbi/Hazoua-Rjim Maatoug-Douz- Tataouine-Médenine-Gabès.

900 kilomètres. 2 à 3 milliards de dinars. Trois corridors. Deux pays. Une ouverture commune sur la Méditerranée. Et potentiellement une transformation économique qui se chiffre en points de PIB, puisque la Banque mondiale elle-même estime que le développement de la connectivité portuaire peut générer des gains considérables et qu’à long terme le positionnement de la Tunisie comme hub de transbordement pourrait représenter 11 à 14 % du PIB.

Alors cessons de chercher la croissance uniquement dans les lois de finances, les réunions ministérielles et les discours. La croissance est aussi devant nous, dessinée sur la carte. Il ne manque plus que la décision politique : le partenariat stratégique tuniso-algérien n’a plus besoin d’un communiqué supplémentaire. Il a besoin de 900 kilomètres de rails.

* Fondateur et gérant de Robobat Afrique.

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La traçabilité d’un flux financier ne vaut pas quitus juridique

Alors que la question du financement étranger de certaines ONG se pose avec insistance dans le débat public en Tunisie, alimentant doutes, suspicions et accusations tous azimuts, une certitude simpliste refait régulièrement surface : un flux financier ayant emprunté le circuit bancaire officiel, sous le regard du régulateur et la responsabilité des intermédiaires agréés, serait par nature affranchi de toute suspicion d’illégalité. Cette affirmation repose sur une confusion fondamentale entre l’exécution technique d’un virement et la qualification juridique de sa finalité.

Abdelwaheb Ben Moussa *

Certes, le dispositif prudentiel tunisien n’est pas passif. Les banques de la place et la Banque centrale de Tunisie (BCT) appliquent des filtres automatisés rigoureux : vérification des identités (KYC), croisement avec les listes de sanctions et contrôle de la régularité formelle des pièces justificatives. Les mécanismes de déclaration de soupçon (DOS) permettent d’ailleurs d’interrompre certaines opérations manifestement atypiques.

Le filtre n’est pas un brevet d’innocence

Mais franchir ces barrages initiaux ne constitue en aucun cas une attestation de légalité absolue. Une banque — et a fortiori l’autorité monétaire — n’est ni un juge d’instruction en temps réel, ni un auditeur d’intention. Le système bancaire garantit la traçabilité de l’acheminement ; il ne délivre aucun certificat d’exonération quant à l’usage réel des fonds, l’existence de conflits d’intérêts ou la qualification de délit financier.

Prétendre que l’absence de blocage immédiat vaut quitus relève d’une méconnaissance du fonctionnement de la compliance moderne. L’investigation financière approfondie s’opère quasi-exclusivement a posteriori.

Un dossier d’ouverture de compte ou une convention d’assistance peut présenter toutes les apparences de la régularité documentaire à l’instant t sans que cela ne préjuge de la vérité économique sous-jacente. C’est uniquement par le recoupement d’informations, l’analyse comportementale des flux sur la durée et le travail d’enquête des cellules spécialisées (telle que la Commission tunisienne des analyses financières –  CTAF) que le caractère illicite d’une opération est caractérisé. Un virement peut donc s’exécuter aujourd’hui en toute transparence formelle et faire l’objet demain d’une incrimination pénale si l’instruction révèle des motifs factices ou détournés.

Protéger la crédibilité du régulateur

Vouloir draper chaque transaction bancaire du voile d’infaillibilité de la BCT est une posture à double tranchant. En attribuant au régulateur un rôle de certificateur universel qu’aucune banque centrale au monde ne peut assumer, on fragilise l’institution elle-même en la rendant comptable de déviances qu’elle n’a pas vocation à détecter en amont.

Respecter les prérogatives du système bancaire exige de la lucidité : la traçabilité est un instrument d’investigation a posteriori, non une amnistie préalable. Il est temps que le débat public distingue la rigueur du tuyau technique de la vérité du droit.

* Ingénieur informatique, cadre de banque publique.

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Jeux en ligne | Comment reconnaître une stratégie de mise à espérance positive durable

Seulement 3 à 5 % des parieurs sportifs dégagent un profit sur le long terme selon les données de marché de 2024-2025. Cette réalité chiffrée fixe le cadre de toute analyse sérieuse, y compris lorsqu’on examine les données disponibles sur 1xbet; une stratégie de mise à espérance positive durable se reconnaît à des critères précis qui dépassent le simple résultat court terme. (Photo : Intérieur du casino).

L’espérance positive repose sur un calcul mesurable : si votre estimation de probabilité dépasse la probabilité implicite de la cote, l’espérance devient positive. La formule s’écrit EV = (p × gain net) – ((1 – p) × mise). Un résultat supérieur à zéro indique un avantage mathématique. Les professionnels ciblent généralement un edge de 2 à 5 % par mise. Ce niveau reste modeste mais se compose avec le volume. Un pari isolé ne prouve rien. Seule une série longue révèle si l’avantage tient.

Les cotes standards à –110 exigent environ 52,4 % de réussite pour atteindre l’équilibre. Un taux de réussite de 53 à 55 % sur ces cotes produit un ROI annuel de 3 à 6 % chez les praticiens expérimentés. Ces chiffres proviennent d’analyses de marché publiées en 2025 et 2026, notamment dans les données disponibles pour des opérateurs comme 1xbet; si l’edge reste inférieur à 2 %, la variance domine longtemps et masque le signal.

Le closing line value valide l’avantage réel

Le closing line value, ou CLV, mesure l’écart entre la cote prise et la cote de fermeture du marché. Une CLV moyenne positive sur plusieurs centaines de mises confirme que le marché a reconnu la valeur de vos choix. Les données montrent qu’une CLV de +1 à +2 % constitue un signal décent. Une moyenne de +2 à +3 % indique un avantage solide. Au-delà de +5 %, le signal devient rare et souvent temporaire car les limites de compte interviennent vite.

Si vous enregistrez une CLV positive sur 200 mises ou plus, le processus possède une base réelle. Le résultat court terme peut rester négatif pendant des semaines. La variance produit des écarts importants. Sur 100 mises, un praticien à 53 % de réussite réelle peut afficher entre 43 et 63 % de wins purement par hasard. Seul le CLV résiste mieux à ce bruit.

Le volume transforme l’avantage en résultat

Un edge de 2 % sur 2 000 mises génère plus de profit attendu qu’un edge de 5 % sur 200 mises. Le turnover de bankroll convertit les petits avantages en gains concrets. Les simulations Monte Carlo confirment ce principe. Avec un edge moyen de 3 à 4 % et un staking discipliné, la bankroll croît de façon significative après plusieurs milliers de paris. Sur 1 000 mises correctement dimensionnées, la convergence mathématique se produit. Sur 50 mises, elle reste improbable.

Les praticiens qui maintiennent un volume élevé tout en préservant la qualité des sélections observent un ROI réaliste de 3 à 7 % à long terme. Les rendements supérieurs à 10 % apparaissent exceptionnels et rarement soutenables à grande échelle. Si le volume chute parce que les comptes se limitent, l’avantage s’érode même si le CLV reste positif.

Les indicateurs de suivi séparent le signal du bruit

Un registre détaillé enregistre pour chaque mise la cote prise, la cote de fermeture, la probabilité estimée, le montant engagé et le résultat. Après 300 mises, les données permettent d’évaluer la calibration des estimations. Si vos « 55 % » se réalisent réellement autour de 55 %, le modèle tient. Le ROI seul trompe car la variance le distord. Le CLV moyen et le pourcentage de mises à CLV positif donnent une image plus fidèle.

Voici les métriques principales à surveiller :

  • CLV moyen sur 200 mises minimum
  • ROI calculé sur le volume total misé
  • Taux de réussite ajusté aux cotes moyennes
  • Drawdown maximal observé
  • Nombre de mises par mois

Ces chiffres permettent de juger si le processus reste viable. Si le CLV stagne en territoire négatif sur un échantillon suffisant, l’avantage n’existe pas ou a disparu.

La variance impose la patience

Même avec un edge réel, des périodes négatives surviennent. Sur 250 mises, un praticien à 53 % peut enregistrer un taux entre 47 et 59 %. Ces fluctuations font partie de la distribution statistique. Si le processus conserve un CLV positif pendant ces phases, il n’y a pas de raison de l’abandonner. Les données de 2025 indiquent que les betteurs qui maintiennent une CLV positive sur 1 000 mises ou plus restent rentables dans une proportion nettement supérieure à la moyenne.

Si la méthode repose uniquement sur l’intuition sans enregistrement systématique, elle s’effondre dès que la chance tourne. Les praticiens qui documentent chaque décision et ajustent le staking en fonction de la bankroll réelle traversent mieux les phases difficiles.

Les éléments qui confirment la durabilité

Une stratégie de mise à espérance positive durable combine plusieurs conditions. Elle s’appuie sur une estimation de probabilité calibrée. Elle sélectionne uniquement les cotes qui offrent un edge mesurable. Elle dimensionne les mises selon la bankroll disponible. Elle suit le CLV et le ROI sur des échantillons significatifs. Elle accepte les périodes de variance sans modifier les règles de base.

Les chiffres de marché de 2024 à 2026 montrent que seuls les processus qui respectent ces exigences produisent un résultat positif sur plusieurs années. Un edge de 2 à 5 % appliqué sur un volume suffisant, protégé par un staking prudent et validé par un CLV positif, constitue le noyau d’une approche qui tient. Sans ces éléments mesurables, le résultat reste aléatoire et finit par converger vers la marge des opérateurs.

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Métamorphoser la ligne ferroviaire Tunis-Bizerte

Le rail entre Tunis et Bizerte s’apprête à changer d’époque. Réunis au siège du gouvernorat de Bizerte des hauts responsables publics et des membres de la société civile ont disséqué le plan de modernisation de la liaison ferroviaire reliant les deux villes. Confié à la Société nationale des chemins de fer tunisiens (SNCFT) et financé conjointement par la Banque européenne d’investissement (BEI) et la Banque africaine de développement (BAD), ce chantier de 945 millions de dinars prévoit la remise à neuf de 90,5 kilomètres de voie d’ici 2031.

Lotfi Sahli

Etaient présents à la réunion, présidée par le secrétaire général du gouvernorat de Bizerte Abdellatif Hmaied, des responsables locaux, des représentants ministériels (Défense) et acteurs économiques (CCINE, Conect, Parc d’activités économiques, Pôle de compétitivité…)

L’enjeu central réside dans le gain de temps. Aujourd’hui plafonnée à 50 km/h, la vitesse commerciale des rames passera dans un premier temps à 140 km/h, pour atteindre 160 km/h au terme des travaux.

Comme l’a détaillé la cheffe du projet, Maha Bousrih, la feuille de route s’articule autour de quatre tronçons majeurs, qui constitueraient une section clé de la ligne Tunis-Alger :

– les liaisons El Gobâa – El Jadida et El Jadida – Tinja ;

– le tronçon Tinja-Bizerte ;

– la bretelle Tinja-Menzel Bourguiba.

Un projet à portée économique et sociale

Le secrétaire général du gouvernorat de Bizerte, Abdel Latif Hmaied, a mis en avant la dimension stratégique du projet, notamment en matière de développement économique et social, d’amélioration des infrastructures de transport et de protection de l’environnement.

Selon lui, cette infrastructure devrait contribuer à dynamiser l’activité économique, à renforcer l’attractivité de la région et à favoriser davantage de stabilité sociale.

Il a, par ailleurs, appelé la SNCFT à accélérer les interventions liées à l’’aménagement des abords de la gare principale de Bizerte, ainsi que celles concernant les autres gares, les lignes et les infrastructures connexes.

L’investissement se déploiera en deux étapes distinctes :

– infrastructures et matériel (724,5 MD) : réfection des voies, achat de nouvelles rames, réhabilitation des gares et mise aux normes sécuritaires et environnementales ;

– ouvrages d’art et automatisation (220,5 MD) : percement de tunnels, construction de ponts et déploiement d’une signalisation automatisée moderne.

Les études techniques et administratives s’achevant progressivement, l’appel d’offres international devrait être lancé d’ici 2027.

Propositions pour accélérer la mise en œuvre

Si les participants ont salué ce projet attendu comme un levier d’attractivité économique et de stabilité sociale, les débats ont vite abordé le volet pragmatique. Libération des emprises foncières, contraintes environnementales et calendrier de réalisation ont été au cœur des échanges pour éviter d’éventuels retards. Le gouvernorat a profité de l’occasion pour inviter fermement la SNCFT à accélérer l’aménagement des abords de la gare principale de Bizerte et des gares secondaires.

À travers leurs différentes interventions, les participants ont exprimé leur enthousiasme et leur adhésion à ce projet porteur, perçu comme une véritable opportunité pour la région de Bizerte. Les échanges ont également fait ressortir l’espoir de voir cette nouvelle dynamique réconcilier les citoyens de la région avec la SNCFT, en redonnant au transport ferroviaire la place qu’il mérite dans le développement économique et social de la région.

En marge de la rencontre, une annonce a retenu l’attention : le pôle de compétitivité de Bizerte vient de sécuriser 75 hectares à Louata (Bizerte Sud) pour étendre sa réserve foncière industrielle.

Anticipant l’implantation future de près de 7 500 emplois sur le site, les responsables du pôle ont immédiatement plaidé pour la création d’une halte ferroviaire dédiée. Raccorder directement cette zone d’activité au nouveau réseau permettrait de désengorger les routes tout en offrant un mode de transport décarboné aux milliers de futurs salariés — concrétisant ainsi le maillage entre développement industriel et mobilité durable dans la région.

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Avec “Najah” de Hayett Assurances, assurer l’avenir de ses enfants

Acteur de référence de l’assurance vie en Tunisie, Hayett Assurances propose des solutions d’épargne et de prévoyance adaptées aux besoins des familles tunisiennes. Parmi ses offres, le produit Najah se positionne comme une solution dédiée à la préparation des études des enfants, en combinant épargne progressive, protection et avantages fiscaux.

Le ton est posé, le regard confiant, Mme Souad, souscriptrice du contrat Najah, revient, dès les premières minutes de l’échange, sur une décision qu’elle considère aujourd’hui comme déterminante dans sa vie de mère et qui lui permit d’anticiper très tôt l’avenir de son fils. «Au début, j’avoue que j’étais hésitante. Chez nous, en Tunisie, l’assurance–vie n’est pas encore un réflexe. Je ne savais pas vraiment comment m’y prendre ni vers qui me tourner», confie-t-elle.      

C’est une discussion avec un membre de sa famille vivant à l’étranger qui va faire évoluer sa perception : «Une proche m’a expliqué qu’elle avait déjà mis en place un programme d’épargne pour ses enfants. Tout était organisé à l’avance pour leurs études. Ça m’a vraiment fait réfléchir… »

Encouragée par cet exemple, Mme Souad décide alors de chercher une solution similaire en Tunisie et c’était le contrat Najeh de Hayett Assurances.

À l’époque, Souad avait 35 ans et son fils Amine seulement 4 ans. Elle décide alors de franchir le pas : «Je voulais être tranquille. Je savais que les années passent vite et que les dépenses liées aux études peuvent devenir lourdes. Je ne voulais pas attendre.»  

Elle choisit donc de constituer une bourse mensuelle de 500 dinars pendant 4 ans, à partir des 19 ans de son fils. Mais ce qui a véritablement orienté son choix, c’est la sécurité offerte en cas d’imprévu : «Je me posais toujours la même question : et s’il m’arrivait quelque chose ? Je voulais être certaine que mon fils serait protégé quoi qu’il arrive.»

Elle s’assure que, même en cas d’aléas de la vie, Amine pourrait bénéficier d’un soutien financier : «Savoir qu’il pourrait recevoir immédiatement une partie de la bourse m’a énormément rassurée. C’est une vraie tranquillité d’esprit».

Aujourd’hui, avec le recul, Mme Souad parle de ce choix avec sérénité et satisfaction : «Franchement, je suis heureuse d’avoir pris cette décision à temps. Aujourd’hui, je sais que les études de mon fils sont assurées et qu’il pourra avancer sans pression.»

Elle souligne également un aspect important : l’optimisation financière du contrat : «Je paie de 125,650 dinars par mois, mais grâce aux avantages fiscaux, j’économise 43,080 dinars. Au final, le coût réel est d’environ 76,586 dinars par mois. C’est beaucoup plus accessible qu’on ne le pense.»

Pour elle, il ne s’agit pas seulement d’un placement financier, mais d’un véritable engagement : « Aujourd’hui, je suis apaisée. Mon fils pourra se concentrer sur ses études, et moi je sais que j’ai fait le nécessaire pour son avenir. Si c’était à refaire, je n’hésiterais pas une seconde.»

Derrière ce témoignage, se dessine l’histoire d’une mère qui a choisi d’agir aujourd’hui pour offrir à son enfant la liberté de réussir demain.
Engagée à accompagner durablement les familles dans leurs projets d’avenir, Hayett Assurances met à la disposition des parents ses conseillers dédiés pour un accompagnement personnalisé, joignables au 82 100 002, et les encourage à consulter le site officiel Hayett afin de demander un devis et découvrir l’ensemble des avantages de la solution Najah.

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